1798AN – Denier Marc Antoine – Marcus Antonius

1798AN – Denier Marc Antoine – Marcus Antonius Avers : M ANTONIVS AVG IMP IIII COS TERT III VIR R R P C (Marcus Antonius Augustus Imperator quartum Consul tertium triumvir Rei Publicae Constituandæ, Marc Antoine auguste imperator pour la quatrième fois, consul pour la troisième fois triumvir pour la restauration de la République) Tête nue de Marc Antoine à droite. Revers : Anépigraphe Dans une couronne de laurier, Victoire tenant de la main droite une couronne liée par des filets et une branche de palmier de la gauche. Bibliothèque nationale de France 3.8g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Incertain Datation : 31 avant J.C. Matière : Argent Gens : Antonia Références : RRC 545/2 – B.147 (Antonia) Le Denier de l’Ultime Confrontation Ce denier n’est pas une simple pièce de monnaie ; c’est un manifeste politique et militaire frappé dans l’urgence des préparatifs de la bataille d’Actium (31 av. J.-C.). Alors que Marc Antoine rassemble ses forces en Grèce pour affronter Octave, cette émission rare témoigne de sa stratégie de légitimation. 1. Analyse Symbolique : La Rhétorique de la Victoire Annoncée L’Avers : Le Portrait d’un Chef de Guerre Incontesté Le Portrait Nu : Marc Antoine est représenté avec une tête nue, tourné vers la droite. Contrairement à ses émissions antérieures où il pouvait apparaître avec une barbe de deuil (barba misera) pour César, il se présente ici comme un dirigeant serein et accompli. La Légende IMP IIII : Antoine revendique ici sa quatrième acclamation comme Imperator. En l’absence de grande victoire récente, ce titre est une véritable prophétie de propagande : il projette l’image d’un général invincible avant même que le premier coup ne soit porté contre Octave. Le Titre AVG (Augure) : En rappelant sa fonction sacerdotale, Antoine affirme que les dieux sont de son côté, un contrepoint nécessaire aux accusations d’Octave le décrivant comme « sous le charme » de Cléopâtre. Le Revers : L’Espoir de la Victoire Finale La Victoire (Victoria) : Elle est représentée debout, tenant une couronne de laurier et une palme. C’est le symbole universel du triomphe romain. Placer la Victoire au revers au moment même où la flotte se rassemble à Patras souligne que l’issue de la guerre civile ne peut être, selon Antoine, que sa propre victoire. La Signature de D. TVRVLLIVS : La présence du nom de Decimus Turullius est historiquement fascinante. Turullius était l’un des assassins de Jules César (les conjurés des Ides de Mars). Sa présence auprès d’Antoine démontre que ce dernier avait réussi à rallier les derniers républicains, qui voyaient en lui un moindre mal par rapport à l’autoritarisme croissant d’Octave. 2. Contexte Historique : Les Derniers Jours de la République Frappé vers 31 av. J.-C., ce denier circule dans les camps militaires de Grèce. Contrairement aux « deniers légionnaires » classiques (RRC 544), cette série est beaucoup plus confidentielle. Le Financement de la Guerre : La monnaie sert principalement à payer les troupes et les mercenaires. La qualité du métal et la précision de la gravure (certains exemplaires portent même la signature du graveur « P ») montrent qu’Antoine disposait encore de ressources financières considérables, supérieures à celles d’Octave à cette période. Un Destin Tragique : Après la défaite d’Actium, Decimus Turullius fut capturé et exécuté par Octave. Ce denier reste l’un des derniers témoignages de l’alliance paradoxale entre le lieutenant de César et l’un de ses assassins. Note Numismatique : Ce denier est considéré comme l’un des plus rares de la fin de la République. Sa rareté s’explique par le fait qu’après sa victoire, Octave a probablement fait fondre une grande partie des émissions d’Antoine pour effacer la mémoire de son rival (Damnatio memoriae). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Lieu de découverte (1 exemplaire)
1742JU – Quinaire Octave – Caius Julius Cæsar Octavianus

1742JU – Quinaire Octave – Caius Julius Cæsar Octavianus Avers : IMP. CAESAR (Impérator césar) Galère voguant à droite avec la voile déployée, rameurs et gouvernail. Revers : DIVI F (Divi Filius, fils du divin Jules) Victoria (la Victoire) debout à gauche, tenant une couronne de la main droite et une palme de la gauche. Bibliothèque nationale de France 2.01g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Italie Datation : 37 avant J.C. Matière : Argent Gens : Julia Références : RSC 1566 – B.132 (Julia) La datation de ce quinaire reste énigmatique. Elle ne figure pas dans le classement de M. Crawford et les auteurs du RIC et du BMC en plaçait la fabrication plutôt entre 30 et 27 avant J.-C. En réalité, ce quinaire serait liée à la victoire d’Agrippa sur Sextus Pompée à Nauloque en 36 avant J.-C. et peut-être à l’éviction de Lépide du deuxième Triumvirat. Descriptif de la proue de navire : Sur l’avers le navire est orienté à droite. Il comporte 9 rames, un gouvernail, un éperon à 3 lames terminée par un globe. Parfois on trouve une petit globe à l’extrémité des rames pour représenter les sabords et les rameurs sont parfois représentés par leur tête qui dépasse du plat-bord. L’aplustre présente 3 branches à la poupe et recouvre un timonier schématisé. La voile déployée présente parfois également des bandes horizontales et verticales de renforts.A la proue, à l’abri du stolos, un personnage debout tient un trident à bout de bras. La gestuelle montre que l’homme semble servir ou le brandir avec force. La Victoire ailée tient un gouvernail de la main gauche. Manifestement elle a conduit une force navale. Source : marine-antique.net Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ajoutons que, de toutes les pièces d’Octave que nous avons décrites jusqu’ici, la dernière (n. 130) est la seule sur laquelle le mot IMP. précède le nom d’Octave; nous avons constamment trouvé CAESAR IMP., sans chiffre de salutation impératoriale, bien entendu, puisqu’ Octave n’avait encore qu’une seule salutation. Sur les pièces qui vont suivre, nous trouverons au contraire IMP. CAESAR, et dans ce cas, avons-nous dit, le chiffre de l’impératoral ne figure jamais. Si, par exception, on lit CAESAR IMP., le mot IMP. est toujours suivi d’un chiffre. C’est faute d’avoir observé ces règles que la confusion la plus grande a régné jusqu’ici dans la chronologie des monnaies d’Octave et d’Auguste.
1656JU – Denier Brutus – Publius Servilius Casca

1656JU – Denier Brutus – Publius Servilius Casca Avers : CASCA LONGVS (Casca Longus) Tête laurée de Neptune à droite; au-dessous, sous le cou, un trident. Revers : BRVTVS / IMP (Brutus/ Imperator) Victoria (la Victoire) marchant à droite, les ailes déployées, sur un sceptre brisé, tenant de la main droite une couronne brisée et de la main gauche, une palme. British Museum 4.05g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Asie Mineure ou Macédoine Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Servilia et Junia Références : RRC 507/2 – B.44 (Junia) – Syd.1298 Ce denier est bien plus qu’une simple monnaie ; c’est un outil de communication politique (ou « monnaie de camp ») frappé par les Libérateurs (les assassins de César) peu avant leur défaite finale à Philippes. Voici une analyse approfondie de son symbolisme et de son contexte : 1. Contexte Historique : La lutte pour la « Libertas » Frappée entre 43 et 42 av. J.-C., cette pièce est émise par un atelier monétaire mobile qui suivait les armées de Marcus Junius Brutus et Cassius en Orient (Grèce/Asie Mineure). À ce moment-là, le monde romain est déchiré par la guerre civile. Brutus cherche à financer ses légions tout en légitimant son acte : le meurtre de Jules César. La monnaie sert alors de tract politique pour convaincre les soldats et les populations que leur cause est celle de la liberté contre la tyrannie. 2. Symbolisme de l’Avers : Neptune et la maîtrise des mers La figure de Neptune : Le dieu des mers, accompagné de son trident, ne figure pas ici par hasard. Signification : Cela célèbre la puissance navale des Républicains. Brutus et Cassius contrôlaient alors la Méditerranée orientale et avaient remporté plusieurs succès maritimes contre les forces du Second Triumvirat (Octave et Marc Antoine). C’est un message de confiance : les mers sont sous leur contrôle, assurant le ravitaillement de leurs troupes. 3. Symbolisme du Revers : La défaite de la Royauté C’est ici que le message politique est le plus explicite. On y voit la Victoire marchant sur un sceptre brisé et tenant un diadème royal, lui aussi brisé. Le Sceptre et le Diadème brisés : Dans le monde antique, ces deux objets sont les attributs par excellence des rois (le rex). César avait été accusé de vouloir restaurer la royauté à Rome. Le message : En montrant ces symboles brisés, Brutus proclame que la tyrannie a été vaincue. C’est une justification directe de l’assassinat de César : l’acte n’était pas un crime, mais un acte de salut public pour briser les chaînes de la monarchie. « BRVTVS IMP » : L’inscription Imperator souligne que Brutus a été acclamé par ses troupes, renforçant sa légitimité militaire face à ses adversaires. 4. L’importance de Casca Longus Le nom figurant sur la pièce, Casca Longus, est celui de Publius Servilius Casca, l’un des conspirateurs les plus célèbres. Selon la tradition (Plutarque), c’est lui qui porta le premier coup de poignard à César dans le Sénat. Sa présence sur la monnaie aux côtés de Brutus lie indéfectiblement l’objet à l’acte des Ides de Mars. Conclusion Ce denier est un témoignage fascinant d’une République à l’agonie qui utilise l’imagerie religieuse et militaire pour tenter de restaurer son autorité morale. Comme le soulignent souvent les analyses numismatiques détaillées, chaque élément visuel est choisi pour transformer un régicide en une victoire héroïque pour la liberté romaine. Le magistrat monétaire associé à cette monnaie est une figure historique majeure de la fin de la République : Publius Servilius Casca Longus. 1. Le premier agresseur de César Casca Longus est resté célèbre dans l’histoire pour son rôle lors des Ides de Mars (15 mars 44 av. J.-C.). Selon les récits de Plutarque et de Suétone, c’est lui qui a porté le premier coup de poignard à Jules César. Alors que les conjurés entouraient le dictateur, Casca se tenait derrière lui. Il l’aurait frappé à l’épaule ou à la gorge en criant à son frère (en grec) : « Frère, à l’aide ! ». Ce geste a déclenché l’assaut général des autres conspirateurs. 2. Identité et Famille Branche familiale : Il appartenait à la gens Servilia, une famille aristocratique ancienne. Bien que membre de la noblesse, il était initialement un proche de César avant de rejoindre le camp de Brutus et Cassius. Le rôle de son frère : Il ne faut pas le confondre avec son frère, Gaius Servilius Casca, qui était également l’un des conspirateurs. Les deux frères ont fui Rome ensemble après que la foule se soit retournée contre les assassins lors des funérailles de César. 3. Son rôle en tant que « Monétaire » (Legatus) Sur cet aureus, son nom apparaît sous la forme CASCA LONGVS. En 42 av. J.-C., il ne s’agit pas d’un magistrat monétaire ordinaire (comme ceux qui officiaient à Rome), mais d’un lieutenant (légat) de Brutus. Sa fonction de monétaire était de superviser la frappe de l’atelier mobile qui suivait l’armée des Libérateurs en Orient (en Asie Mineure puis en Grèce). En inscrivant son nom sur la pièce, il affirmait sa légitimité et son rang élevé au sein de la coalition républicaine. 4. Sa fin tragique Comme la plupart des conspirateurs, Casca ne survit pas longtemps après l’émission de cette monnaie. Il participe à la bataille de Philippes en octobre 42 av. J.-C. Après la défaite finale des forces républicaines contre Antoine et Octave, il se serait donné la mort, tout comme Brutus et Cassius, pour échapper à la capture et à l’exécution. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Servilius Casca Longus. en 711-712 (43-42 av. J.-C.) On connaît deux frères du nom de Servilius Casca Longus à qui les monnaies qui suivent peuvent être attribuées. L’un portait le prénom de Publius et l’autre celui de Caius. Le premier prit part au meurtre de Jules César en 710 (44 av. J.-C.); il était alors tribun du peuple. Il combattit à la bataille de Philippes, dans l’armée de Brutus, et il mourut peu après. Son frère, bien que lié d’amitié avec César, n’en conspira pas moins,
1646JU – Denier Brutus – C. Flavius Hemicillus

1646JU – Denier Brutus – C. Flavius Hemicillus Avers : C FLAV HEMIC LEG PRO PR (Caius Flavius Hemic. Legatus Pro Praetore, Caius Flavius Hemic. Légat Proprêteur) Buste d’Apollon drapé à droite; devant, une lyre. Revers : BRVT IMP Q CAEP (Quintus Cæpio Brutus Imperator, Quintus Caepio Brutus empereur) Victoire debout à gauche, couronnant un trophée de la main droite et tenant une palme de la main gauche. British Museum 3.9g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Grèce? Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Flavia, Servilia et Junia Références : RRC 504/1 – B.1 (Flavia) – Syd.1294 Ce denier est une monnaie d’une importance capitale pour comprendre la propagande des « Libérateurs » (les assassins de César) durant la guerre civile. 1. Contexte Historique : L’armée en marche (43-42 av. J.-C.) Après le meurtre de Jules César aux Ides de Mars en 44 av. J.-C., Brutus et Cassius quittent l’Italie pour l’Orient afin de lever une armée et des fonds. Ce denier est frappé par un atelier militaire itinérant, probablement en Thrace ou en Asie Mineure. Le besoin de légitimité : Brutus doit payer ses légions pour s’assurer de leur fidélité avant l’affrontement final contre Octave et Marc Antoine à Philippes. L’autorité : Le titre IMP (Imperator) sur le revers indique que Brutus a été acclamé par ses troupes, lui conférant une autorité militaire suprême indispensable pour contester le pouvoir du Second Triumvirat. 2. Symbolisme de l’Avers : Apollon et la Lyre Le choix d’Apollon n’est pas anodin. C’est une divinité aux multiples facettes que Brutus utilise pour porter son message : La Cause des Libérateurs : On raconte que le jour de la bataille de Philippes, le mot d’ordre donné par Brutus à ses soldats était « Apollon ». Le dieu représente ici l’ordre, la civilisation et la liberté face à ce que les républicains considéraient comme la « tyrannie » de César. La Culture et la Vertu : La lyre renforce l’image de Brutus comme un homme de culture et de philosophie, un « tyrannicide » agissant par devoir moral plutôt que par ambition personnelle. 3. Symbolisme du Revers : La Victoire et le Trophée Le revers est un message de propagande militaire pure : La Victoire (Victoria) : Elle est représentée en train de couronner un trophée. Cela suggère que Brutus a déjà remporté des succès militaires (probablement contre les tribus thraces ou lors du siège de cités lyciennes comme Xanthe). L’Anticipation du Triomphe : En montrant la Victoire, Brutus affirme à ses soldats et à ses partisans que leur cause est juste et qu’elle est destinée à triompher. C’est une promesse de victoire finale sur les héritiers de César. Le Trophée : Il symbolise la dépouille de l’ennemi vaincu. Dans ce contexte de guerre civile, il sert à galvaniser les troupes en rappelant les exploits passés de leur général. 4. L’Identité de Brutus : Q. Caepio Brutus Le nom inscrit au revers, Q. CAEP(IO) BRVT(VS), rappelle que Brutus avait été adopté par son oncle maternel, Quintus Servilius Caepio. Bien qu’il soit passé à la postérité sous le nom de Marcus Junius Brutus, il utilisait officiellement ce nom d’adoption sur ses monnaies pour honorer les traditions familiales et souligner son rang au sein de l’aristocratie romaine. En résumé, ce denier est une pièce de communication politique : il utilise la figure protectrice d’Apollon pour justifier la cause républicaine et l’imagerie de la Victoire pour affirmer la puissance militaire de Brutus face à l’imminence du choc de Philippes. L’étude de cette monnaie met en lumière un personnage clé, bien que relativement discret dans les textes classiques : Caius Flavius Hemicillus. Voici les informations essentielles sur ce magistrat monétaire et son rôle auprès de Brutus. 1. Identité et Statut Nom complet : Caius Flavius Hemicillus. Titre : Il porte sur la monnaie le titre de Legatus Pro Praetore (LEG PRO PR), ce qui signifie qu’il agissait en tant que lieutenant avec des pouvoirs prétoriens. Il ne s’agit donc pas d’un simple magistrat civil de Rome, mais d’un officier de haut rang nommé directement par Brutus pour administrer une partie de ses forces ou de ses territoires en Orient. Origine : Son cognomen « Hemicillus » est extrêmement rare. Certains linguistes suggèrent qu’il pourrait signifier « petit âne » ou « demi-âne » (du grec hemi, demi, et du latin illus), une forme de surnom assez courante dans l’aristocratie romaine (comme Asina ou Vitulus). 2. Relation avec Brutus Caius Flavius était l’un des partisans les plus fidèles du camp républicain : Chef de camp : Dans ses écrits, Plutarque mentionne un certain « Flavius » qui servait Brutus comme praefectus fabrum (chef du génie ou des ingénieurs). Il est très probable qu’il s’agisse de la même personne. Un ami proche : Cicéron, dans sa correspondance avec Atticus, fait référence à un « Flavius Noster » (« notre ami Flavius »), ce qui souligne son intégration dans le cercle intime des chefs républicains. Rôle financier : En tant que légat, il a supervisé la frappe de ce denier pour financer les préparatifs militaires en Thrace et en Lycie. Sa présence sur la monnaie aux côtés du nom de Brutus témoigne de la confiance absolue que ce dernier lui accordait. 3. Sa fin tragique L’histoire de Flavius Hemicillus se termine dans la violence des guerres civiles : La bataille de Philippes (42 av. J.-C.) : Il accompagne Brutus jusqu’à l’affrontement final contre Octave et Marc Antoine. Capture et exécution : Selon certaines sources historiques (notamment Appien), il aurait survécu à la bataille de Philippes mais aurait été capturé plus tard, après la chute de Pérouse en 40 av. J.-C., où il aurait été exécuté sur ordre d’Octave. En résumé Caius Flavius Hemicillus représente cette élite de l’ordre équestre ou sénatorial qui a tout misé sur la cause de la République. Sa signature sur ce denier transforme cet objet en une véritable « monnaie de guerre », signée par l’homme qui gérait la logistique et les finances de l’armée de la Liberté. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Flavius
1643JU – Quinaire Brutus – Lucius Sestius

1643JU – Quinaire Brutus – Lucius Sestius Avers : L SESTI / PRO Q (Lucius Sestius Proquaestor, L. Sestius pro questeur) Buste voilé et drapé de Libertas (la Liberté) à droite. Revers : Q. CAEPIO BRVTVS PRO COS (Quintus Caepio Brutus, Proconsul) Victoire avançant à droite avec branche de palmier et couronne. British Museum 1.8g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Thrace ou Macédoine? Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Sestia et Junia Références : RRC 502/3 – B.38 (Junia) – Syd.1291 Ce quinaire est bien plus qu’une simple pièce de monnaie ; c’est un outil de propagande politique frappé dans un moment de basculement historique. 1. Le Contexte Historique : La « Cause des Libérateurs » Cette pièce a été frappée entre 43 et 42 av. J.-C., une période de guerre civile intense après l’assassinat de Jules César. L’autorité : Elle est émise par Lucius Sestius (Proquaestor) pour Marcus Junius Brutus (Proconsul). Le lieu : L’atelier était mobile, accompagnant l’armée républicaine en Thrace ou en Macédoine. L’enjeu : Brutus et Cassius préparaient leur ultime affrontement contre les héritiers de César (Marc Antoine et Octave) qui culminera à la bataille de Philippes. 2. Le Symbolisme de l’Avers : La tête de Libertas La figure de Libertas (la Liberté) est le pilier idéologique du camp de Brutus. Le voile et le drapé : Ils confèrent à la divinité une dignité religieuse et solennelle. Le message : En plaçant Libertas sur ses monnaies, Brutus justifie le meurtre de César non pas comme un crime, mais comme un acte sacré de libération. Il se présente comme le restaurateur de la « Libertas » républicaine face à la « Dominatio » (la tyrannie) du dictateur. Héritage familial : Brutus aimait rappeler qu’il descendait de Lucius Junius Brutus, celui qui avait chassé les rois de Rome en 509 av. J.-C. 3. Le Symbolisme du Revers : La Victoire (Victoria) La Victoire marchant avec une couronne et une palme est un symbole prophétique. La Couronne et la Palme : Ce sont les attributs classiques du triomphe. En les affichant, Brutus proclame sa certitude de vaincre les triumvirs. Lien avec la flotte : Certains chercheurs, cités par LesDioscures.com, suggèrent que ces types (Victoire sur un quinaire) pourraient spécifiquement commémorer des succès navals des Républicains ou exalter la fidélité des marins à la cause de la République. 4. L’importance de Lucius Sestius Le nom de L. SESTIUS apparaît sur l’avers. Fils de Publius Sestius (défendu par Cicéron), il était un ami proche de Brutus. Le saviez-vous ? Son attachement à Brutus était tel qu’il conserva ses portraits même après sa défaite. Malgré cela, sa valeur était telle qu’Auguste lui pardonna et le nomma consul en 23 av. J.-C., signe de la réconciliation progressive des élites romaines. Cette monnaie mentionne un personnage clé de l’état-major de Brutus : Lucius Sestius Quirinalis (orthographié L. SESTI sur la monnaie). Voici les informations essentielles sur ce magistrat monétaire et son rôle historique : 1. Son rôle auprès de Brutus Sur cette monnaie, Lucius Sestius porte le titre de PRO Q (Pro Quaestore). Fonction : En tant que pro-questeur, il était le responsable financier et logistique de Brutus durant sa campagne en Orient (43-42 av. J.-C.). Responsabilité monétaire : C’est lui qui supervisait l’atelier monétaire itinérant suivant l’armée. Il avait la lourde tâche de transformer le métal précieux (souvent issu de réquisitions en Asie Mineure) en pièces de monnaie pour payer les légions. 2. Un survivant politique Contrairement à son chef Brutus qui se suicida après la défaite de Philippes en 42 av. J.-C., Lucius Sestius a survécu aux guerres civiles : Amnistie : Il bénéficia de l’amnistie accordée par les membres du second triumvirat. Loyauté mémorielle : Il est resté célèbre pour sa fidélité à la mémoire de Brutus, conservant des statues du « Libérateur » chez lui, même après l’avènement d’Auguste. 3. Consul aux côtés d’Auguste Fait remarquable, son passé républicain ne l’empêcha pas d’atteindre le sommet de l’État sous l’Empire : Consul Suffect (23 av. J.-C.) : Auguste le choisit comme collègue au consulat lorsqu’il démissionna lui-même de cette fonction. Symbole de réconciliation : La nomination de Sestius (un ancien partisan de l’assassin de César) par Auguste était un geste politique fort. Cela prouvait que le nouveau régime (le Principat) pouvait intégrer les anciens républicains ralliés, renforçant l’image d’une « République restaurée ». 4. Liens culturels et archéologiques Horace : Le poète Horace lui a dédié l’une de ses célèbres odes (Ode I, 4, Solvitur acris hiems), ce qui témoigne de son appartenance à la haute société intellectuelle romaine. Production de briques et d’amphores : Des recherches archéologiques ont identifié des estampilles de briques et d’amphores au nom de L. SESTI. Il possédait d’importantes briqueteries et des domaines produisant du vin près de Cosa en Étrurie, faisant de lui l’un des hommes les plus riches de son temps. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Sestia, d’origine patricienne, remonte à une haute antiquité. Un de ses membres, P. Sestius Capitolinus Vaticanus, fut consul dès l’an 302 (452 av. J.-C.), avec T. Menenius Agrippa. On l’appelle quelquefois Sextius, et bien que, plus tard, on ait distingué les familles Sestia et Sexlia, elles paraissent sortir de la même souche et avoir porté primitivement le même nom. P. Sestius ou Sextius fut questeur en 691 (63 av. J.-C.) et aida Cicéron à démasquer la conspiration de Catilina. Tribun du peuple en 697 (57 av. J.-C.), préteur en 701 (53 av. J.-C.), il suivit la fortune du parti pompéien jusque dans le courant de l’année 706 (48 av. J.-C.), époque où il se rallia à César. Son fils, L. Sestius, le seul des Sestii qui ait inscrit son nom sur les médailles. servit en Macédoine dans l’armée de M. Brutus; c ‘est dans cette campagne qu’il frappa les monnaies qui le désignent sous le nom de proquaestor: son collègue fut C. Norbanus Flaccus. C’était après le meurtre de Jules César en 710 (44 av. J.-C.) et avant la bataille de Philippes en septembre 712 (42 av. J.-C.). Après la mort de M. Brutus,
1618MU – Denier Mussidia – Lucius Mussidius Longus

1618MU – Denier Mussidia – Lucius Mussidius Longus Avers : Anepigraphe Buste drapée de Victoire à droite. Revers : L · MVSSIDIVS · LONGVS (Lucius Mussidius Longus) Victoire sur un bige, tenant les rênes des deux mains. British Museum 3.88g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Mussidia Références : RRC 494/40 – B.4 (Mussidia) – Syd.1095 L’émission de ce denier, frappée par Lucius Mussidius Longus en 42 av. J.-C., est l’un des témoignages monétaires les plus fascinants de la fin de la République romaine. Son symbolisme est intrinsèquement lié aux tensions politiques du Second Triumvirat. 1. Symbolisme Iconographique Le choix de la Victoire (Victoria) sur les deux faces de la pièce n’est pas anodin. À cette époque, Rome est déchirée par la guerre civile. L’Avers (Le portrait de Fulvie) : Comme mentionné précédemment, la Victoire de l’avers présente des traits de portrait réalistes. L’identification à Fulvie, épouse de Marc Antoine, est largement acceptée. Signification : En prêtant ses traits à une divinité, Fulvie affirme l’autorité et la légitimité de son clan. C’est une étape cruciale vers la divinisation des membres de la famille impériale que l’on verra sous Auguste. Elle symbolise la victoire « domestiquée » par les partisans d’Antoine. Le Revers (La Victoire en bige) : Le bige (char à deux chevaux) au galop souligne l’aspect dynamique et imminent du triomphe. La Victoire tenant les rênes montre que le destin de Rome est guidé par cette force divine, justifiant par la force les actions des triumvirs. 2. Contexte Historique : L’ombre de Philippes L’année 42 av. J.-C. est une année charnière pour l’histoire romaine : Le Second Triumvirat en action : Octave, Marc Antoine et Lépide ont formé leur alliance l’année précédente. Ils ont besoin de fonds massifs pour financer leurs légions. Cette monnaie sert principalement à payer la solde des soldats. La campagne contre les Libérateurs : C’est l’année de la bataille de Philippes, où les triumvirs affrontent les assassins de Jules César (Brutus et Cassius). Le symbolisme de la Victoire sur le denier 494/40 est une forme de propagande préventive : il s’agit de galvaniser les troupes en leur promettant que la Victoire est déjà dans leur camp. Le rôle de Lucius Mussidius Longus : En tant que magistrat monétaire (monetalis), il était chargé de superviser la frappe. Ses émissions de 42 av. J.-C. (incluant également les célèbres deniers à l’effigie d’Antoine, d’Octave et de Lépide, ou encore le sanctuaire de Venus Cloacina) montrent un soutien indéfectible au Triumvirat. 3. Importance Numismatique Ce denier marque la transition entre la monnaie républicaine traditionnelle (où l’on représentait des ancêtres décédés ou des divinités abstraites) et la monnaie impériale (centrée sur le culte de la personnalité). Lucius Mussidius Longus est un personnage dont la trace historique repose quasi exclusivement sur son activité de monétaire (magistrat chargé de la frappe des monnaies). Malgré cette discrétion dans les textes anciens, ses émissions monétaires sont parmi les plus riches en symbolisme de la fin de la République. Voici ce que l’on sait de lui et de sa fonction : 1. Un « Homme Nouveau » au service des Triumvirs Origine familiale : La gens Mussidia était une famille plébéienne mineure, probablement originaire de Sulmona (pays des Paeligni). Lucius est considéré comme un « homme nouveau » (novus homo), parvenu à des responsabilités grâce à son ralliement à la cause des héritiers de César. Carrière : Après avoir été monétaire en 42 av. J.-C., il semble avoir poursuivi sa carrière sous Auguste. Certaines sources l’identifient comme le Lucius Mussidius qui fut proconsul de Sicile, où il fit également frapper des monnaies de bronze locales. Descendance : Son allégeance politique a porté ses fruits pour sa famille, puisque son fils (ou petit-fils), Titus Mussidius Pollianus, a atteint le rang prestigieux de consul sous le règne de Caligula. 2. Membre du Collège des Quattuorviri (42 av. J.-C.) Lucius Mussidius Longus n’exerçait pas seul. En 42 av. J.-C., les membres du Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine, Lépide) ont porté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre pour faire face aux besoins financiers colossaux de la guerre contre les assassins de César. Il faisait partie de ce collège de Quattuorviri Monetales aux côtés de : P. Clodius L. Livineius Regulus C. Vibius Varus 3. Son rôle politique et monétaire Sous le titre de IIII VIR A.P.F. (Quattuorvir chargé de la frappe de l’or et de l’argent), sa mission était double : Financement militaire : Produire massivement des deniers et des aurei pour payer les légions avant la bataille décisive de Philippes. Propagande : Ses pièces, dont le fameux denier au portrait de César (RRC 494/39), servaient à légitimer le pouvoir des triumvirs en rappelant leur lien avec le dictateur divinisé. 4. Ses types monétaires célèbres Outre le portrait de César, Mussidius Longus est connu pour deux autres types majeurs qui témoignent de ses attaches religieuses et politiques : Le sanctuaire de Vénus Cloacina : Représentant une petite plateforme sur le Forum Romain. Ce type célèbre le retour à la concorde et à la purification de l’État après les souillures des guerres civiles. Le buste de Sol (le Soleil) : Souvent associé à l’idée de renaissance et de protection divine sur l’Orient romain. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Mussidia n’est connue que par les monnaies de L. Mussidius Longus, fils de T. Mussidius Longus. On ne sait rien sur la vie de ce personnage qui fut monétaire en 711 et 712 (43-42 av. J.-C.) en même temps que P. Clodius M. f., L. Livineius Regulus et C. Vibius Varus. Outre les monnaies qui n’ont que son nom, L. Mussidius en a fait émettre qui portent les noms : 1° de Jules César, déjà mort quand elles furent frappées ; 2° de Lépide; 3° de Marc Antoine; 4° d’Octave. L. Mussidius Longus prend sur plusieurs médailles le titre de quatuorvir chargé de la fabrication des espèces d’or.La couronne, au revers des deniers n. 1, 2, 3, est la couronne d’épis attachée par des bandelettes de laine blanche,
1603JU – Denier Octave – Lucius Livineius Regulus

1603JU – Denier Octave – Lucius Livineius Regulus Avers : C·CAESAR – III.VIR·R·P.C (Caius Caesar, Triumvir Reipublicae Constituendae) Tête barbue d’Octave à droite. Revers : L·LIVINEIVS – REGVLVS (Lucius Livineius Regulus) Victoire debout à droite, tenant palme sur l’épaule gauche et une couronne dans la main droite. Bibliothèque nationale de France 4.11g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Livineia et Julia Références : RRC 494/25 – B.82 (Julia) – Syd.1107 Ce denier est une pièce maîtresse pour comprendre la transition brutale entre la République romaine mourante et l’avènement de l’Empire. Frappé en 42 av. J.-C. par Lucius Livineius Regulus, il est chargé d’une symbolique politique et religieuse intense. Voici l’analyse du contexte et des symboles, telle qu’étayée par les ressources de LesDioscures.com : 1. Le Contexte Historique : L’année de Philippes L’année 42 av. J.-C. est l’une des plus sombres et décisives de l’histoire romaine. Le Second Triumvirat : Octave, Marc Antoine et Lépide ont formé une alliance officielle pour venger Jules César et réorganiser l’État. La mention III·VIR·R·P·C sur la monnaie légitime leur pouvoir exceptionnel. La Guerre Civile : Au moment où cette pièce est frappée, les triumvirs se préparent à affronter les « Libérateurs » (Brutus et Cassius) lors de la bataille de Philippes en Macédoine. L’argent sert avant tout à payer les légions. La Divinisation de César : Jules César vient d’être officiellement divinisé par le Sénat (Divus Julius). Octave devient donc le « fils d’un dieu », une position qu’il utilise pour asseoir sa supériorité sur ses rivaux. 2. Le Symbolisme de l’Avers : Le portrait d’Octave La Jeunesse d’Octave : Le portrait montre un Octave très jeune (environ 21 ans). C’est l’une des premières fois qu’un dirigeant vivant impose son image sur une monnaie romaine, brisant une tradition républicaine séculaire. La Barbe de deuil (barbatus) : Octave est souvent représenté avec une barbe courte. Ce n’est pas un choix esthétique, mais un signe de piété filiale. Il a juré de ne pas se raser tant que les meurtriers de son père (César) n’auraient pas été punis. C’est un message de vengeance et de loyauté. 3. Le Symbolisme du Revers : La Victoire La Victoire ailée : Elle tient une couronne de laurier et une palme, symboles universels du triomphe militaire. L’Objectif Politique : Dans le contexte de 42 av. J.-C., cette Victoire est une promesse. Elle annonce que les triumvirs sont les seuls capables de ramener la paix par la victoire sur les « traîtres ». Le nom de L. LIVINEIVS REGVLVS apparaît. Bien que magistrat monétaire, il s’efface derrière le prestige d’Octave, montrant que les anciennes familles nobles se rallient désormais au pouvoir personnel des nouveaux maîtres de Rome. En résumé Ce denier n’est pas seulement une unité monétaire, c’est un outil de propagande. Il présente Octave comme l’héritier légitime, le fils pieux et le futur vainqueur des guerres civiles. Le monétaire Lucius Livineius Regulus est un personnage clé de la numismatique de la fin de la République, bien que sa biographie reste mystérieuse. Il fait partie de la gens Livineia, une famille plébéienne qui accède à la notoriété sous Jules César. Il appartient au collège des quatre magistrats monétaires de l’année 42 av. J.-C. (les Quattuorviri), aux côtés de L. Mussidius Longus, P. Clodius et C. Vibius Varus. 1. Fonctions et Rôle Politique Quattuorvir Monétaire : Sa mission principale était de superviser la frappe des monnaies destinées à financer l’effort de guerre du second Triumvirat. Préfet de la Ville (Praefectus Urbi) : Sur certaines de ses émissions (comme le denier RRC 494/28), il porte le titre de PRAEF VR. Selon l’analyse de T.V. Buttrey reprise par LesDioscures.com, il aurait exercé cette fonction prestigieuse à Rome en l’absence des consuls, ce qui en faisait probablement le membre le plus influent de son collège monétaire (primus). 2. Une Famille liée à César et Cicéron Le monétaire utilise ses monnaies pour glorifier son lignage, une pratique courante à cette époque de « promotion personnelle » : Le Père (L. Livineius Regulus) : Il était un ami proche de Cicéron. En tant que Préteur, il a servi comme lieutenant (legatus) de Jules César lors de la campagne d’Afrique en 46 av. J.-C. Son portrait apparaît d’ailleurs sur d’autres deniers de la série (RRC 494/27 et 494/29). Loyauté Césarienne : La famille semble avoir été indéfectiblement liée au parti de César, ce qui explique pourquoi Lucius Livineius Regulus a été chargé de frapper les portraits de César divinisé ainsi que ceux d’Octave, Marc Antoine et Lépide. 3. Les Types Monétaires associés En dehors du célèbre denier au taureau (RRC 494/24), ce monétaire a produit d’autres types remarquables mettant en scène son histoire familiale : Scènes de Venatio : Des combats de gladiateurs ou de bêtes sauvages (lion, sanglier) qui rappellent probablement les jeux organisés par son père ou ses ancêtres. Chaire Curule : Symbole du pouvoir des magistrats supérieurs (préteurs), entourée de faisceaux de licteurs, pour souligner le rang sénatorial de sa lignée. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Le gentilicium Livineius n’a été porté que par des Reguli qui eux-mêmes n’étaient qu’une branche de la gens Atilia. On considère comme certain que les deux frères L. Regulus et M. Regulus, que Cicéron cite parmi ses meilleurs amis, étaient des Livineii. On connaît encore un Livineius Regulus qui fut sénateur sous Tibère. Deux membres de la famille Livineia ont frappé monnaie; ils portent l’un et l’autre le nom de L. Livineius Regulus. L. Livineius Regulus. Monétaire en 711-712 (43-42 av. J.-C.) Ce personnage est historiquement inconnu; tout ce que l’on peut dire avec certitude, c’est qu’il fut triumvir monétaire avec L. Mussidius Longus, P. Clodius et C. Vibius Varus. La date des fonctions de ce collège est l’an 711-712 et non, comme l’a cru Mommsen, l’an 716.Les monnaies de L. Livineius Regulus, comme celles de ses collègues, peuvent se partager en diverses catégories : 1° celles qui portent la tête de Jules César, mort l’année précédente; 2° celles qui ont la tête de Marc Antoine; 3°
1569AN – Quinaire Fulvie – Marcus Antonius

1569AN – Quinaire Fulvie – Marcus Antonius Avers : III VIR R P C (Triumviri Rei Publicæ Constituandæ, Triumvirat pour la restauration du gouvernement) Buste ailé de Victoria (la Victoire) à droite sous les traits de Fulvie. Revers : ANTONI // IMP ; (AN) à gauche et XLI à droite. (Antoni Imperatori / Anno unquarantegesimus, À Antoine Imperator / quarante-et-unième anniversaire) Lion passant à droite. Bibliothèque nationale de France 1.82g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Lugdunum Datation : 43-42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Antonia Références : RRC 489/6 – B.32 (Antonia) – Syd.1363 Ce quinaire est une monnaie de propagande exceptionnelle qui marque une rupture majeure dans l’histoire numismatique romaine. Frappé en 42 av. J.-C. à Lugdunum (Lyon), il témoigne de l’affirmation du pouvoir de Marc Antoine alors qu’il se trouve en Gaule. Voici l’analyse détaillée de son symbolisme et de son contexte. 1. Analyse du Symbolisme Cette pièce est célèbre pour l’audace de ses types iconographiques : L’Avers : La Victoire aux traits de Fulvie Bien que le buste soit officiellement celui de la Victoire, les historiens et numismates s’accordent pour y voir le portrait de Fulvie, l’épouse de Marc Antoine. Portée politique : C’est la toute première fois qu’une femme romaine vivante est représentée sur une monnaie. Cela témoigne de l’influence politique colossale de Fulvie et de la dérive « monarchique » d’Antoine, qui place sa famille au-dessus des traditions républicaines. Légende : III VIR R P C (Triumvir pour la restauration de la République), rappelant son titre officiel au sein du Second Triumvirat. Le Revers : Le Lion et l’âge d’Antoine Le Lion : C’est le symbole personnel d’Antoine. Se prétendant descendant d’Hercule, il utilisait le lion pour illustrer sa force indomptable. Plutarque rapporte d’ailleurs qu’il fit circuler dans Rome un char tiré par des lions pour frapper les esprits. Le chiffre XLI (41) : Contrairement à l’usage, Antoine fait inscrire son âge sur la monnaie. Le chiffre XLI indique qu’il entame sa 41ème année, ce qui permet de dater précisément l’émission à l’an 42 av. J.-C. (le type précédent, RRC 489/5, portait le chiffre XL). 2. Contexte Historique : L’atelier de Lyon et la Guerre Civile Le paiement des troupes : En 42 av. J.-C., les Triumvirs (Antoine, Octave et Lépide) préparent la campagne décisive contre les assassins de César (Brutus et Cassius) qui mènera à la bataille de Philippes. Le quinaire, valant un demi-denier, était une coupure idéale pour la solde des soldats et les menues dépenses militaires. L’intégration de la Gaule : Frappé à Lugdunum (fondée seulement un an plus tôt), ce quinaire avait un poids similaire à l’ancien denier gaulois. Ce choix stratégique facilitait l’acceptation de la monnaie par les populations locales et les auxiliaires gaulois intégrés dans les armées d’Antoine. Affirmation face à ses collègues : Bien que membre d’un triumvirat, Antoine occupe le revers avec son propre nom (ANTONI IMP) et son symbole personnel, montrant qu’en Gaule, il est le seul véritable maître. Cette émission est l’une des plus fascinantes du monnayage imperatorial car elle préfigure l’usage de la monnaie comme instrument de glorification personnelle et familiale, un trait qui deviendra la norme sous l’Empire. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L’attribution de ces traits féminins à Fulvie, la première femme de Marc Antoine, ne peut être -contestée depuis que M. Waddington a publié une monnaie de la ville de Fulvia de Phrygie, sur laquelle on voit un buste ailé analogue à celui qui est figuré sur le présent quinaire, et qui ne saurait être autre chose, comme l’a démontré le savant auteur de cette découverte, que le portrait de Fulvie . C’est la première fois que les traits d’une femme paraissent sur les médailles romaines. Quant au type du revers, il reçoit son explication d’un passage de Pline qui raconte que Marc Antoine fit dompter des lions qu’il dressa à traîner son char: dès le temps de la bataille de Pharsale, le futur triumvir, pareil à Cybèle, prenait plaisir à figurer sur un bige de lions; c’est sans doute ce fait que rappelle le type des quinaires de la colonie de Lugdunum On voit également un lion en course sur une monnaie légionnaire d’Auguste publiée par M. Friedlaender, et qui porte pour toute légende LEG. XVI. Lieux de découverte (22 exemplaires)
1568AN – Quinaire Fulvie – Marcus Antonius

1568AN – Quinaire Fulvie – Marcus Antonius Avers : Anépigraphe Buste ailé de Victoria (la Victoire) à droite sous les traits de Fulvie. Revers : DVNI A XL // LVGV (Lugduni/ Anno quarantegesimus, Lyon quarantième anniversaire) Lion passant à droite. Bibliothèque nationale de France 1.54g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Lugdunum Datation : 43-42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Antonia Références : RRC 489/5 – B.32 (Antonia) – Syd.1360 Ce quinaire n’est pas seulement une pièce de monnaie ; c’est un manifeste politique et un témoin chronologique rare de la montée en puissance de Marc Antoine après l’assassinat de Jules César. Ce quinaire est indissociable de la fondation de Lugdunum (Lyon) et du contrôle de la Gaule par Antoine. 1. Le Symbolisme de l’Iconographie L’imagerie de cette pièce combine des symboles traditionnels romains et des messages personnels forts : L’Avers : La Victoire et Fulvie Le buste de la Victoire ailée est omniprésent sur les quinaires (type « victoriatus »). Cependant, les traits de cette Victoire sont largement acceptés par les historiens comme étant ceux de Fulvie, l’épouse de Marc Antoine. Signification : C’est un acte d’audace politique. Faire figurer les traits d’une femme vivante sur une monnaie était sans précédent à Rome. Cela montre l’influence de Fulvie et la volonté d’Antoine de rompre avec les traditions républicaines pour instaurer une forme de « dynastie » personnelle. Le Revers : Le Lion marchant Le lion est le symbole personnel par excellence de Marc Antoine. Selon les récits de l’époque (notamment Plutarque), Antoine se prétendait descendant d’Hercule et, pour affirmer sa force, il fit un jour défiler un char tiré par des lions dans les rues de Rome. Signification : Le lion incarne la force brute, le courage et la domination. En plaçant cet animal au revers, Antoine rappelle son caractère indomptable et son statut de chef militaire (Imperator) capable de dompter les forces les plus sauvages, y compris la Gaule. 2. Le Contexte Historique : L’An 43 av. J.-C. La période de frappe (fin 43 av. J.-C.) est l’une des plus instables de l’histoire romaine. Le Second Triumvirat : La pièce est émise juste après la formation du Second Triumvirat (novembre 43 av. J.-C.) entre Octave, Marc Antoine et Lépide. Antoine reçoit le gouvernement de la Gaule Chevelue. La Naissance de Lyon (Lugdunum) : La colonie de Lugdunum venait d’être fondée en 43 av. J.-C. par Lucius Munatius Plancus. Antoine y installe un atelier monétaire pour payer ses légions. Le quinaire était un module très apprécié en Gaule car son poids correspondait à l’ancien denier gaulois, facilitant ainsi les échanges avec les populations locales. Le Jalon Chronologique (A XL) : L’inscription A XL (Anni 40) est unique. Elle indique qu’Antoine avait 40 ans au moment de l’émission. Ce détail permet de dater la pièce précisément avant son 41e anniversaire (marqué par le type A XLI / RRC 489/6), soit entre novembre 43 et janvier 42 av. J.-C. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Cette pièce a été émise dans l’atelier de Lyon; en effet, un quinaire aux mêmes types porte en légende au revers, LVGVDVNI; on y lit en même temps le chiffre XL. Borghesi a prouvé que ces chiffres XL et XLI (40 et 41) représentent l’âge de Marc Antoine à l’époque où ces pièces furent frappées, c’est-à-dire, ainsi que l’a démontré F. Bompois , en 711 et 712, après que, sur l’ordre du Sénat, -une colonie eût été envoyée à Lyon sous la conduite de L. Munatius Plancus; la Gaule était alors placée sous le commandement supérieur de Marc Antoine.L’attribution de ces traits féminins à Fulvie, la première femme de Marc Antoine, ne peut être -contestée depuis que M. Waddington a publié une monnaie de la ville de Fulvia de Phrygie, sur laquelle on voit un buste ailé analogue à celui qui est figuré sur le présent quinaire, et qui ne saurait être autre chose, comme l’a démontré le savant auteur de cette découverte, que le portrait de Fulvie . C’est la première fois que les traits d’une femme paraissent sur les médailles romaines. Quant au type du revers, il reçoit son explication d’un passage de Pline qui raconte que Marc Antoine fit dompter des lions qu’il dressa à traîner son char: dès le temps de la bataille de Pharsale, le futur triumvir, pareil à Cybèle, prenait plaisir à figurer sur un bige de lions; c’est sans doute ce fait que rappelle le type des quinaires de la colonie de Lugdunum On voit également un lion en course sur une monnaie légionnaire d’Auguste publiée par M. Friedlaender, et qui porte pour toute légende LEG. XVI. Lieux de découverte (9 exemplaires)
1556FL – Denier Flaminia – Lucius Flaminius Chilo

1556FL – Denier Flaminia – Lucius Flaminius Chilo Avers : IIII·VIR – PRI·FL (Quatuorvir, Primus Flavit) Tête diadémée de Venus. Revers : L·FLAMINI // CHILO (Lucius Flaminius Chilo) Victoria (la Victoire) sur un bige à droite. British Museum 3.91g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 43 avant J.C. Matière : Argent Gens : Flaminia Références : RRC 485/2 – B.2 (Flaminia) – Syd.1088 Ce denier, frappé en 43 av. J.-C. par Lucius Flaminius Chilo, est une monnaie dont le symbolisme est indissociable du climat politique de l’année suivant l’assassinat de Jules César. 1. Symbolisme de l’Avers : Vénus et la Légitimité Julienne L’avers représente la tête de Vénus, parée d’un diadème. Ce choix n’est pas simplement religieux, il est profondément politique : Vénus Genetrix : La famille de César (la gens Iulia) prétendait descendre directement d’Énée, fils de Vénus. En plaçant Vénus sur la monnaie, le monétaire affirme sa loyauté à l’héritage de César. Contraste avec l’adversité : Alors que les partisans des « Libérateurs » (les assassins de César) utilisaient souvent l’allégorie de la Liberté sur leurs pièces, les césariens comme Chilo privilégiaient Vénus pour souligner la légitimité divine de leur cause. 2. Symbolisme du Revers : La Victoire et l’Honneur Familial Le revers montre la Victoire conduisant un bige. Message de Triomphe : La Victoire brandissant une couronne symbolise les succès militaires passés et à venir des partisans de César (notamment Octave, le futur Auguste). Piété filiale et continuité : Le design est une reprise quasi exacte du denier frappé par l’ancêtre du monétaire en 109-108 av. J.-C. (RRC 302/1). En numismatique romaine, copier le type d’un ancêtre permettait de lier le prestige de son propre nom au service de l’État. 3. Contexte Historique : L’Année 43 av. J.-C. L’année de frappe est l’une des plus tumultueuses de l’histoire romaine : La transition de pouvoir : Cette monnaie est frappée juste avant ou pendant l’ascension d’Octave à Rome. Elle témoigne du contrôle de l’atelier de Rome par les pro-césariens. Le Collège des Quattuorviri : La mention IIII·VIR (Quattuorvir) indique que César avait augmenté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre pour mieux contrôler la production et la diffusion de ses messages politiques. L’inscription PRI FL : Signifiant Primus Flavit (« A frappé le premier »), elle suggère que Chilo occupait une place prédominante au sein de ce collège, étant responsable de l’ouverture de l’émission monétaire de l’année. Note historique : Malgré son zèle pro-césarien affiché sur cette pièce, Lucius Flaminius Chilo finira par être proscrit l’année suivante, en 42 av. J.-C., lors des purges sanglantes du Second Triumvirat. L’identité et le rôle du monétaire Lucius Flaminius Chilo sont cruciaux pour comprendre la portée politique de ce denier. Il appartient à la gens Flaminia, une famille plébéienne illustre de Rome. Voici les informations clés sur ce personnage : 1. Un Magistrat de Haut Rang : Le « Quattuorvir » Alors que la plupart des émissions républicaines sont signées par un collège de trois hommes (Triumviri Monetales), Lucius Flaminius Chilo fait partie d’un collège élargi à quatre membres : les Quattuorviri. Signification : Cette augmentation du nombre de magistrats (passant de 3 à 4) a été instaurée par Jules César pour répondre aux besoins croissants de production monétaire durant les guerres civiles. Titre complet : Sur d’autres émissions, il est désigné sous le titre de IIII VIR PRI. FLA. (Quattuorvir primus flavit), ce qui indique qu’il était le premier ou le responsable principal de la fonte et de la frappe au sein de son collège. 2. Un Positionnement Politique « Pro-Césarien » Chilo frappe cette monnaie au cours de l’été 43 av. J.-C., une période de flottement après la mort de César. Loyauté : En choisissant de faire figurer le portrait de César (alors que celui-ci est mort l’année précédente), il affiche clairement son soutien au parti césarien et à l’héritage du dictateur. Transition : Selon l’analyse de LesDioscures.com, le fait qu’il n’inscrive aucun titre (comme Dictateur) sur le portrait suggère qu’il prépare l’opinion publique à la divinisation de César, qui interviendra officiellement quelques mois plus tard, le 1er janvier 42 av. J.-C. 3. Une Fin Tragique : La Proscription Malgré son apparente allégeance au parti de César, le destin de Lucius Flaminius Chilo bascule lors de la formation du Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide) à la fin de l’année 43 av. J.-C. Le sort du monétaire : Son nom figure sur les listes de proscription de 42 av. J.-C. Cela signifie qu’il a été déclaré « ennemi public », ses biens ont été confisqués et il a probablement été mis à mort. Paradoxe : Il est ironique qu’un homme ayant contribué à la propagande césarienne par ce denier ait été victime des héritiers directs de César. Cela illustre la violence et l’instabilité extrême des purges politiques de cette époque. 4. Distinguer les Homonymes Il est important de ne pas le confondre avec son ancêtre homonyme, également nommé Lucius Flaminius Chilo (ou Cilo), qui fut monétaire vers 109-108 av. J.-C. et dont les deniers représentent une tête de Rome au droit et la Victoire dans un bige au revers (RRC 302/1). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Flaminius Chilo. Monétaire en 710 (44 av. J.-C.) Ce personnage était probablement un descendant du précédent monétaire, mais les textes n ‘en ont pas conservé le souvenir. Sur l’une de ses monnaies, on lit, à la suite de la qualification de quatuorvir, les lettres PRI. FLA. qu’on a interprétées à tort par primus flamen. Eckhel avait lu plus justement quatuorvir primas flandae monetae; Mommsen lit dans le même sens : primas flavit, légende qui rappelle que L. Flaminius Chilo fut le surveillant en chef de l ‘émission, parmi les membres du collège monétaire qui fut, cette année, pour la première fois, composé de quatre magistrats. Sur le denier n. 2, la tète de Vénus se rapporte aux souvenirs légendaires de la gens Julia, tandis que le revers de la même pièce est identique au revers du denier de L. Flaminius Cilo, père ou grand-père du monétaire de l’an 710. Lieux de découverte (3 exemplaires)