
1396CO – Denier Cornelia – Faustus Cornelius Sylla
Avers : FEELIX
Buste imberbe diadémé d’Hercule à droite, le léonté nouée sur le cou. “Felix”, (Chanceux).
Revers : FAVSTVS
Diane dans un bige galopant à droite, coiffée d’un croissant et d’un nimbe, drapée et ailée, tenant les rênes de la main gauche et un lituus de la main droite; au-dessus, deux étoiles à six rais centrée; une autre étoile à six rais.
INDICE DE RARETE : 8
1
10+
ATELIER : Rome
Datation : 56 avant J.C.
Matière : Argent
Gens : Cornelia
Références : RRC 426/2 – B.60 (Cornelia) – Syd.883
👑 L’Iconographie des Couronnes
Votre interprétation des quatre couronnes sur le revers (souvent représentées par des symboles dans le champ) est l’interprétation la plus acceptée par les numismates pour certaines variantes de cette série (notamment le RRC 426/3, qui présente des symboles similaires) :
Les Trois Premières Couronnes (Les Trois Continents)
Elles font référence au triple Triomphe de Pompée le Grand, célébré le 28 septembre 61 av. J.-C.
Ces triomphes célébraient ses victoires sur les trois continents :
Afrique (victoire sur les partisans de Marius en 81 av. J.-C.).
Europe (victoire sur Sertorius en Espagne en 71 av. J.-C.).
Asie (victoire sur Mithridate et les pirates, achevée en 61 av. J.-C.).
La Quatrième Couronne (Couronne d’Or)
Comme vous l’indiquez, cette couronne (probablement une couronne triomphale en or) symbolise l’honneur exceptionnel accordé à Pompée par le Sénat en 63 av. J.-C.
Il reçut le privilège de ceindre une couronne d’or et de porter les insignes triomphaux en permanence lors des Jeux du Cirque, un honneur rarissime qui le plaçait au-dessus des autres citoyens romains.
Ce denier est donc un témoignage remarquable des alliances politiques et des influences personnelles de la fin de la République, où les monétaires utilisaient la frappe pour immortaliser les gloires de leurs familles ou de leurs alliés puissants.
Le monétaire en question, Faustus Cornelius Sulla, est une figure fascinante de la fin de la République romaine.
Il est célèbre pour être le fils du dictateur Lucius Cornelius Sulla (Sylla) et pour être le gendre d’un autre géant romain, Pompée le Grand.
Voici les informations clés sur sa vie et sa carrière, notamment son rôle en tant que monétaire :
Faustus Cornelius Sulla (vers 86 – 46 av. J.-C.)
1. Filiation et Héritage
Père: Lucius Cornelius Sulla (Sylla), le célèbre dictateur.
Mère: Metella (sa quatrième épouse).
Nom: Il reçut le prénom de Faustus (prospère, chanceux), soulignant le triomphe de son père, qui avait adopté le surnom de Felix (fortuné, bienheureux).
2. Jeunesse et Distinctions
Pupille de Lucullus: Après la mort de son père en 78 av. J.-C., il fut placé sous la tutelle de l’éminent général Lucius Licinius Lucullus.
Gendre de Pompée: Il épousa Pompeia Magna, la fille de Pompée le Grand. Ce mariage cimenta une alliance politique entre la lignée de Sylla et Pompée.
Fait d’armes (63 av. J.-C.): Il se distingua militairement lors du siège de Jérusalem, mené par Pompée, où il fut le premier à franchir les murs de la ville.
Augure: Il fut consacré augure (prêtre chargé d’interpréter la volonté des dieux à travers les auspices) avant 57 av. J.-C.
3. Le Monétaire (Triumvir Monetalis)
Période: Il a exercé la fonction de triumvir monetalis (membre du collège des trois magistrats responsables de la frappe des monnaies) vers 56 av. J.-C. (d’où le RRC 426/1).
Objectif de son Monnayage: Ses deniers sont de véritables outils de propagande familiale.
Le revers célèbre la capture de Jugurtha par Sylla (avec Bocchus et Jugurtha agenouillés devant Sylla) et porte l’inscription FELIX (le surnom de son père).
D’autres types de monnaies frappées par lui célébraient les trois triomphes de son beau-père, Pompée, reconnaissant ainsi l’importance de son allié et protecteur.
4. Fin de Carrière et Guerre Civile
Questeur (54 av. J.-C.): Il devint questeur et fut chargé de la reconstruction de la Curia Hostilia (le siège du Sénat), qui avait été incendiée. La curie reconstruite fut alors renommée Curia Cornelia en l’honneur de sa gens (famille).
Guerre Civile: Au début de la guerre civile (49 av. J.-C.), il se rangea naturellement du côté de son beau-père, Pompée, contre Jules César.
Mort: Après la défaite des Pompéiens à Thapsus en 46 av. J.-C., Faustus Cornelius Sulla fut capturé et exécuté peu de temps après.
Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon
Faustus Cornelius Sylla. Monétaire vers 690 (64 av. J.-C.); questeur en 701 (53 av. J.-C.)
Les monnaies qui suivent ont été frappées par Faustus Cornélius Sylla, fils du dictateur, né vers 665 (89 av. J.-C.). A la mort de son père, en 676(78 av. J.-C.), Faustus fut placé sous la tutelle de L. Licinius Lucullus et il fut en butte aux attaques des ennemis de son père. Il accompagna Pompée en Asie et se distingua à l’assaut du temple de Jérusalem en 691 (63 av. J.-C.). Plus tard, il fut augure, puis, en 699 (55 av. J.-C.), investi de la charge de questeur : il fut chargé quelque temps après de rebâtir la curia Hoslilia qui avait été incendiée lors du meurtre de Clodius ; elle reçut dès lors le nouveau nom de curia Cornelia. Au commencement de l’an 705 (49 av. J.-C.) Pompée, dont il était gendre, l’envoya en Mauritanie avec le titre de propréteur ; on le trouve à Pharsale, et enfin en Afrique avec une division de l’armée pompéienne. Fait prisonnier après la bataille de Thapsus en 708 (46 av. J.-C.), il était conduit à César, lorsqu’en arrivant au camp du vainqueur, il fut massacré. Faustus Sylla exerça la charge de triumvir monétaire vers l’an 690, date approximative des monnaies qui sont décrites ici ; dix ans plus tard environ, il fit frapper, comme questeur, d’autres pièces décrites plus loin. Sur celles-ci, on voit au droit (n. 59) la tête de Diane parce que le dictateur Sylla, nous l’avons vu sur ses propres monnaies et les textes nous le disent, honorait particulièrement cette divinité , et c’est encore ce que rappelle le denier de L. Aemilius Buca ; le lituus fait allusion aux fonctions d’augure du dictateur. Quant au revers, il est fort intéressant à rapprocher du texte des auteurs. C’est une allusion à l offrande en or, consacrée au Capitole par Bocchus, roi de Mauritanie, lorsqu’il fut déclaré l’ami des Romains. Bocchus présente à Sylla une branche d’olivier, tandis que Jugurtha est à ses côtés, enchaîné et à genoux Ce même sujet était gravé, paraît-il, sur l’anneau de Sylla, car Valère Maxime nous dit : « L. Sulla Jugurthae a Boccho rege ad Marium perducli totam sibi laudem tam cupide adseruit, ut annulo, quo signatorio utebatur, insculptam illam traditionem haberet ».
Sur le droit de la pièce n. 60, il faut voir une allusion à la même offrande, et la tête figurée est très probablement celle de Jugurtha, plutôt, comme on l’a dit, que celle de l’Hercule africain, ou même celle de Bocchus lui-même. Cette même tête paraît sur des pièces africaines attribuées à Jugurtha. Le bige de Diane fait allusion au culte de Sylla pour cette divinité, culte que nous avons signalé plus haut. On remarquera que tous ces deniers de Faustus Sylla sont consacrés à célébrer la gloire de son père ; le nom de Felix qui fut celui du dictateur et qui figure sur ces pièces en est une nouvelle preuve.
Lieux de découverte (14 exemplaires)