
1671CL – Aureus Claudia – Caius Claudius Vestalis
INDICE DE RARETE : 10
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ATELIER : Rome
Datation : 41 avant J.C.
Matière : Or
Gens : Claudia
Références : RRC 512/1 – B.12 (Claudia) – Syd.1134
Symbolisme et Contexte Historique : L’Aureus de C. Clodius Pulcher (41 av. J.-C.)
Alors que Rome est sous le joug du Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide), cet aureus frappé par le magistrat C. Clodius C. f. Pulcher se distingue par un refus de l’imagerie politique immédiate au profit d’une célébration de la gens Clodia et des vertus ancestrales.
1. L’Avers : Flore et l’Héritage des Clodii
Le choix de Flore (Flora), déesse des fleurs et du renouveau printanier, dépasse la simple esthétique :
Lien Généalogique : Le monnayeur rappelle que sa famille a présidé à l’instauration ou au développement des Ludi Florales (Jeux de Flore). C’est une affirmation de prestige : la gens Clodia est l’une des plus anciennes et influentes de Rome.
Le Lys : Attribut floral par excellence, il renforce l’aspect purificateur de la déesse. Dans le chaos des guerres civiles de 41 av. J.-C., l’image de Flore symbolise un espoir de retour à la prospérité et à la vie civile normale.
2. Le Revers : La Vestale et la Pietas Romaine
Le revers, portant la légende VESTALIS, est l’un des plus célèbres de la numismatique républicaine tardive :
L’Héroïne Claudia Quinta : La figure assise est généralement identifiée à l’ancêtre du monnayeur, la vestale Claudia Quinta. En 204 av. J.-C., elle aurait prouvé sa vertu en tirant seule, à l’aide de sa ceinture, le navire transportant la statue de la Magna Mater (Cybèle) qui s’était échoué dans le Tibre.
Le Cymbium (ou Kylix) : Ce vase à boire profond est un instrument rituel. Sa présence entre les mains de la vestale souligne le rôle protecteur du culte : tant que les rites sont observés et les vestales pures, Rome survit.
Message Politique : En choisissant cette figure, C. Clodius Pulcher prône la Pietas (la piété filiale et religieuse) comme remède aux déchirements de l’État. C’est un appel indirect au respect des institutions face à la puissance arbitraire des triumvirs.
3. Contexte de Frappe : Un « Aureus » de Prestige
Destinataires : Contrairement aux deniers d’argent, l’aureus était frappé en quantités limitées, principalement pour payer les hauts gradés de l’armée ou pour les échanges de prestige.
L’Exception Traditionnelle : En 41 av. J.-C., la plupart des monnaies affichent les portraits d’Octave ou d’Antoine. Ce denier est une exception « conservatrice » qui montre que les grandes familles républicaines tentaient encore d’occuper l’espace symbolique monétaire avec leurs propres récits.
Identité du Monétaire : C. Clodius C. f. Pulcher
Le magistrat responsable de cette émission est Caius Clodius, fils de Caius, portant le cognomen Pulcher.
Nom complet : Caius Clodius Caii filius Pulcher.
Fonction : Il occupe la fonction de Triumvir Monetalis (tresviri aere argento auro flando feriundo) en 41 av. J.-C.
Appartenance : Il appartient à la branche patricienne des Claudii Pulchri, bien qu’il utilise ici la graphie « Clodius » (souvent associée à la branche plébéienne ou à une volonté de proximité populaire, popularisée par son parent Publius Clodius Pulcher quelques années plus tôt).
Son Rôle en 41 av. J.-C.
Caius Clodius Pulcher frappe monnaie dans un contexte de haute tension. Après la victoire des Triumvirs à Philippes (42 av. J.-C.), l’Italie est en proie à des divisions entre les partisans d’Octave et ceux de Marc Antoine.
Un magistrat « traditionnel » : Contrairement à ses collègues monétaires de la même année (comme L. Mussidius Longus) qui frappent massivement les portraits des Triumvirs, C. Clodius Pulcher choisit de rester fidèle à la tradition républicaine.
Affirmation de la « Gens » : En utilisant l’or (métal rare et prestigieux), il ne cherche pas seulement à payer les troupes, mais à réaffirmer le nom des Claudii au sommet de l’État. C’est une stratégie de survie politique : rappeler que malgré le pouvoir des Triumvirs, les grandes familles historiques de Rome restent les gardiennes des rites (les Vestales) et de la prospérité (Flore).
Éléments biographiques et confusion possible
Il est crucial de ne pas le confondre avec d’autres membres de la famille :
Distinction : Ce n’est pas le célèbre ennemi de Cicéron (mort en 52 av. J.-C.), mais un parent (probablement un neveu ou un cousin) qui poursuit la carrière familiale dans les années agitées qui suivent la mort de Jules César.
Le passage à l’Empire : Sa carrière après 41 av. J.-C. reste mal connue des historiens, ce qui est fréquent pour les monétaires de cette époque charnière, dont beaucoup ont péri ou se sont retirés durant les proscriptions ou les guerres civiles suivantes.
Nota
« C. Clodius C. f. Pulcher incarne cette noblesse romaine qui, tout en servant le nouveau régime des Triumvirs, s’efforce de maintenir vivante l’iconographie des ancêtres. Son aureus est un acte de mémoire familiale autant qu’un instrument financier. »
Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon
C. Clodius C. f. Pulcher. Monétaire en 711 (43 av. J.-C.)
Il s agit de l’un des deux fils de C. Claudius Pulcher préteur en 698 (56 av. J.-C.). Il porte sur ses médailles le prénom de Caius, mais dans les textes on lui donne généralement le prénom d’Appius parce qu’il fut adopté par son oncle Appius Claudius Pulcher, consulen 700 (54 av. J.-C.). On connaît peu sa carrière, et les historiens le confondent souvent avec son frère qui porte le même prénom : tous deux se rangèrent, à la mort de leur parent P. Clodius, parmi les accusateurs de Milon. On ne sait lequel des deux frères fut magistrat monétaire ni lequel des deux obtint le consulat en 716 (38 av J.-C.).
L’aureus et le denier de C. Clodius Pulcher ont été frappés après la mort de César en 711 (43 av. J.-C.), époque où C. Clodius fut quatuorvir monétaire du Sénat avec M. Arrius Secundus, C. Numonius Vaala, et L. Servius Rufus. Telle est du moins l’opinion la plus généralement admise. Toutefois Fr. Lenormant pense que C. Clodius frappa monnaie au moment où il remplissait les fonctions de légat de Brutus et d’Hortensius en Macédoine. Cette hypothèse nous paraît inutile puisqu’à cette époque le Sénat s’était arrogé le droit de frapper de la monnaie d’or. La tète de Flore rappelle les jeux Floralia qu’un des ancêtres du monétaire, le consul Ap. Clodius Centho avait organisés en l’honneur de cette déesse en 514(240 av. J.-C.). Ces fètes annuelles, très populaires et très lascives, se célébraient dans le temple de Flore bâti près du cirque Maximus et duraient du 28 avril au 3 mai. La Vestale qui figure au revers est la vestale Claudia Quinta, célèbre par l’-histoire du transport de la statue de Cybèle, de Pessinonte à Rome, lors de la seconde guerre Punique en 549. La déesse refusait obstinément de remonter le cours du Tibre, et un oracle avait prédit qu’une fille vierge pourrait seule faire avancer jusqu’à Rome le vaisseau qui portait la statue. La Vestale Claudia Quinta qu’on accusait d’avoir violé son voeu de chasteté partit pour Ostie avec Scipion; elle réussit à faire entrer la statue dans Rome et prouva ainsi son innocence. En souvenir de ce fait extraordinaire une statue fut élevée à la Vestale Claudia dans le vestibule du temple de Cybèle c est la reproduction de cette statue qui figure sur notre médaille.
Lieux de découverte (2 exemplaires)