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Némésis : Bien plus que la Vengeance, l’Équilibre du Monde

Diane Nemorensis : La Dame Noire du Lac de Nemi – Dupliquer – [#193422] Souvent réduite à une simple figure de châtiment, Némésis est l’une des divinités les plus nuancées et indispensables du panthéon grec. Elle n’est pas la colère aveugle, mais la force régulatrice qui veille à ce qu’aucun mortel — ni aucun dieu — ne dépasse les limites imparties par le destin. L’Origine d’une Puissance Primordiale Selon la théogonie d’Hésiode, Némésis est une divinité cthonienne, fille de Nyx (la Nuit). Contrairement aux dieux olympiens qui agissent souvent par passion, Némésis est une entité abstraite et implacable. Son nom dérive du grec nemein, qui signifie « répartir ». Elle est celle qui distribue : le bonheur comme le malheur. Sa mission est de maintenir l’équilibre (l’homéostasie) de l’univers. Aureus Vibia – Caius Vibius Varus Le Fléau de l’Hubris L’ennemi juré de Némésis est l’Hubris : l’orgueil démesuré, la démesure ou l’arrogance. Dans la pensée grecque, lorsqu’un homme connaît un succès trop éclatant ou accumule trop de richesses, il risque d’oublier sa condition de mortel. Le rôle de Némésis : Elle intervient pour rabaisser ceux qui s’élèvent trop haut. La nuance avec la vengeance : Alors que les Érinyes poursuivent les crimes de sang (parricides, etc.), Némésis sanctionne l’excès de chance ou de fierté qui insulte l’ordre naturel. Ses Attributs Symboliques On la représente souvent avec des objets qui illustrent sa fonction de contrôle et de mesure : La balance : Pour l’équilibre et la justice. Le mors ou la bride : Pour freiner les élans de l’arrogance. Le glaive ou le fouet : Pour le châtiment. La roue : Symbolisant la rapidité de son intervention et le cycle de la fortune (préfigurant la Rota Fortunae médiévale). Némésis et le Mythe de Narcisse L’un des exemples les plus célèbres de son intervention est le mythe de Narcisse. Ce jeune homme, d’une beauté exceptionnelle, méprisait tous ceux qui l’aimaient. En rejetant la nymphe Écho avec cruauté, il fit preuve d’une arrogance qui attira l’attention de la déesse. C’est Némésis qui entendit les prières des éconduits et poussa Narcisse à se regarder dans l’eau d’une source. En le condamnant à un amour impossible pour son propre reflet, elle rétablit l’équilibre : la beauté qui servait à faire souffrir devint l’instrument de sa propre perte. Pourquoi Némésis nous fascine-t-elle encore ? Aujourd’hui, le terme « némésis » désigne l’ennemi juré ou l’obstacle insurmontable. Pourtant, redécouvrir la divinité antique nous enseigne une leçon de modestie. Dans un monde prônant la croissance infinie et l’ego roi, Némésis nous rappelle que chaque excès appelle, tôt ou tard, un retour de flamme. Elle est la gardienne de la limite, celle qui nous murmure que la véritable sagesse réside dans la mesure.

Diane Nemorensis : La Dame Noire du Lac de Nemi

Diane Nemorensis : La Dame Noire du Lac de Nemi Au cœur des monts Albains, non loin de Rome, repose le lac de Nemi, surnommé le « Miroir de Diane » (Speculum Dianae). C’est ici que résidait l’une des figures les plus fascinantes et les plus sombres de la mythologie latine : Diane Nemorensis, la Diane des Bois. Loin de l’image épurée de la chasseresse grecque Artémis, cette divinité locale plonge ses racines dans un passé pré-romain, marqué par des rites de fertilité et des traditions guerrières uniques. Le Sanctuaire de Nemi : Un Centre de Pouvoir Le temple de Diane à Nemi n’était pas seulement un lieu de culte, mais le centre politique de la Ligue Latine. Avant l’hégémonie de Rome, c’est vers ce bois sacré (nemus) que convergeaient les cités du Latium. Le site était réputé pour son atmosphère mystique, combinant une nature sauvage et une dévotion profonde envers la lune et la protection des femmes. Denier Accoleia – Publius Accoleius Lariscolus Le Rex Nemorensis : Le Roi du Bois L’aspect le plus singulier du culte de Diane Nemorensis est sans doute la règle de succession de son grand-prêtre, le Rex Nemorensis. Selon la tradition (étudiée en détail par Sir James Frazer dans Le Rameau d’Or), le titre de prêtre-roi ne s’obtenait que par le sang : La condition : Le prétendant devait être un esclave fugitif. Le rite : Il devait réussir à cueillir un rameau d’or sur un arbre sacré du bosquet. Le combat : Une fois le rameau cueilli, il devait tuer le prêtre en titre dans un duel à mort pour prendre sa place. Ce cycle de violence perpétuel faisait du prêtre un « roi traqué », veillant jour et nuit sur son domaine, sachant que sa propre mort était la condition de la survie du culte. Une Divinité Triple Diane Nemorensis n’était pas une divinité simple. Elle était souvent honorée sous une forme triple, la Trivie (Diana Trivia), régnant sur trois mondes : Le Ciel : En tant que déesse lunaire, réglant les cycles biologiques. La Terre : En tant que maîtresse des bêtes sauvages et des bois. L’Inframonde : Liée à Hécate, elle guidait les âmes et présidait aux accouchements. Pourquoi cette figure résonne-t-elle encore ? L’étude de Diane Nemorensis nous rappelle que la mythologie n’est pas faite que de récits figés, mais de rituels vivants et parfois brutaux. Elle représente le lien indissociable entre la vie (la fertilité, la naissance) et la mort (le sacrifice du Roi du Bois).

Le Temple de la Clémence : Quand Rome tenta de sacraliser le pardon

Le Temple de la Clémence : Quand Rome tenta de sacraliser le pardon Dans le tumulte des guerres civiles romaines, entre le fracas des boucliers et les intrigues du Sénat, une divinité singulière a tenté de se faire une place au panthéon du pouvoir : Clementia. Plus qu’une simple vertu, elle devint un outil politique majeur sous Jules César, au point de se voir promettre un sanctuaire unique : le Temple de la Clémence. Un temple né de la fin des guerres civiles L’idée de ce temple ne naît pas d’une piété désintéressée, mais d’un moment charnière de l’histoire romaine. En 44 av. J.-C., après sa victoire sur Pompée et ses partisans, Jules César adopte une posture radicalement différente de ses prédécesseurs (comme Sylla) : il choisit de pardonner à ses ennemis plutôt que de les proscrire. Pour célébrer cette « vertu » qui le distingue, le Sénat décrète la construction d’un temple dédié à la Clémence de César (Clementia Caesaris). Pourquoi ce temple était-il révolutionnaire ? L’association d’un mortel à une divinité : C’était l’une des premières fois qu’une vertu abstraite était directement liée au nom d’un dirigeant vivant. Sur les monnaies de l’époque, on voit d’ailleurs le temple représenté avec César et Clementia se donnant la main. Un message de paix : Après des décennies de massacres, le temple devait symboliser la réconciliation nationale. Denier César – Publius Sepullius Macer L’architecture du pardon Bien que nous n’ayons jamais retrouvé les fondations physiques de ce temple (vraisemblablement jamais achevé à cause de l’assassinat de César aux Ides de Mars), les numismates et historiens nous en donnent une vision précise : Le style : Un temple périptère (entouré de colonnes) de style classique. L’iconographie : La déesse Clementia était souvent représentée tenant une branche d’olivier et un sceptre, symboles de paix et d’autorité royale tempérée. La Clémence : Vertu divine ou masque du tyran ? Si le projet du temple visait à apaiser les tensions, il eut l’effet inverse chez les puristes républicains. Pour des hommes comme Brutus ou Cassius, ériger un temple à la « Clémence de César » était une insulte : Le pardon suppose un crime. En pardonnant aux sénateurs, César se plaçait de facto au-dessus d’eux, brisant l’égalité républicaine. Le temple n’était donc pas seulement un lieu de culte, mais un manifeste politique affirmant que le pouvoir de vie et de mort appartenait désormais à un seul homme. L’héritage de Clementia Après la mort de César, son héritier Auguste préférera mettre en avant la Pietas (la piété) et la Justitia (la justice), moins provocatrices. Pourtant, l’idée que le souverain doit être clément restera un pilier de la philosophie politique, influençant des auteurs comme Sénèque dans son traité De Clementia. Aujourd’hui, le Temple de la Clémence reste dans l’imaginaire historique comme le symbole d’une transition : celle d’une République rigide vers un Empire où la volonté du Prince, même teintée de douceur, devient la loi suprême.

1515VA – Sesterce Valeria – Lucius Valerius Acisculus

1515VA – Sesterce Valeria – Lucius Valerius Acisculus – Dupliquer – [#2221] Avers : ACISCVLVS Petite pioche (Acisculus).  Revers : Anépigraphe Tête de Sibylle à droite, branche de laurier à droite. SITNAM 1.2g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 45 avant J.C. Matière : Argent Gens : Valeria Référence : RRC 474/8 L’émission de ce sesterce par L. Valerius Acisculus en 45 av. J.-C. s’inscrit dans une période charnière de l’histoire romaine : l’année de la victoire définitive de Jules César à Munda et la consolidation de son pouvoir absolu à Rome. Voici une analyse détaillée du symbolisme et du contexte de cette monnaie. 1. Le Symbolisme de l’Avers : L’Identité de la Gens L’élément central de l’avers est l’acisculus (une petite hache de tailleur de pierre ou herminette). Un type « parlant » : À Rome, il était fréquent que les magistrats monétaires utilisent des jeux de mots visuels pour illustrer leur nom. Ici, l’outil est une référence directe au cognomen (surnom) du magistrat : Acisculus. Affirmation familiale : En plaçant cet outil de manière isolée sur le sesterce (contrairement aux deniers de la même série où il accompagne une divinité), Valerius Acisculus souligne l’importance de sa lignée au sein de la prestigieuse gens Valeria. 2. Le Symbolisme du Revers : La Sibylle et le Destin de Rome La représentation de la Sibylle est plus politique qu’il n’y paraît au premier abord. La Prophétesse : Les Sibylles étaient les gardiennes des Livres Sibyllins, consultés par le Sénat uniquement lors de crises majeures. Sa présence évoque la protection divine et la piété. Le lien avec les Valerii : La tradition voulait que le premier des Valerii ait été lié à l’instauration des jeux séculaires, souvent associés aux prophéties sibyllines. La Branche de Laurier : Symbole de victoire et de purification, elle fait écho aux récents succès militaires de César. Elle suggère que la paix et la prospérité reviennent sous l’égide des anciennes traditions. 3. Contexte Historique : Rome en 45 av. J.-C. Frapper monnaie en 45 av. J.-C. n’est pas un acte anodin. C’est l’année où César est nommé Dictateur à vie. Propagande monétaire : Bien que le magistrat soit techniquement indépendant, l’iconographie des monnaies de cette année-là tend à célébrer la stabilité retrouvée. La Sibylle, en tant que figure du destin national, légitime indirectement le nouvel ordre césarien comme étant « écrit » ou voulu par les dieux. Fonction économique du sesterce : À cette époque, le sesterce en argent est une monnaie d’appoint. Sa rareté aujourd’hui s’explique par le fait qu’il s’agissait d’une petite coupure, facilement perdue ou ultérieurement remplacée par le sesterce en bronze beaucoup plus pratique sous Auguste. 4. Synthèse du message politique En combinant l’Acisculus (son nom) et la Sibylle (le destin prophétique), L. Valerius Acisculus lie le prestige de sa propre famille à la pérennité de l’État romain. C’est un message de continuité : malgré les guerres civiles, les institutions et les grandes familles veillent sur le destin de Rome. Lucius Valerius Acisculus est un personnage dont la vie publique est indissociable de la fin de la République romaine. Bien que les détails biographiques précis soient rares, son activité en 45 av. J.-C. en tant que magistrat monétaire nous livre des informations cruciales sur son rang et ses attaches. Comme le soulignent les études de LesDioscures.com, ce monétaire appartient à l’une des familles les plus prestigieuses de Rome : la gens Valeria. 1. Identité et Carrière Magistrat monétaire (Triumvir Monetalis) : En 45 av. J.-C., il fait partie du collège des trois magistrats responsables de la frappe de la monnaie. C’était une étape clé du cursus honorum pour les jeunes aristocrates. Tribun de la Plèbe : Certaines sources, notamment le British Museum, mentionnent qu’il aurait exercé la fonction de tribun de la plèbe, bien que la date exacte reste incertaine (probablement peu après son mandat monétaire). Partisan de César : Son activité se déroule sous la dictature de Jules César. Frapper monnaie à cette époque nécessitait une proximité, ou du moins une absence d’opposition, avec le nouveau pouvoir en place. 2. Le nom « Acisculus » : Un outil et un symbole Le surnom (cognomen) Acisculus est ce qui rend ce monétaire célèbre chez les numismates. Étymologie : En latin, l’acisculus est un petit marteau de tailleur de pierre ou une petite pioche. Le « Type Parlant » : Fidèle à la tradition romaine, il utilise cet objet sur ses pièces comme une signature visuelle. C’est un moyen d’affirmer son identité familiale de manière ludique et mémorable. 3. Un représentant de la Gens Valeria En tant que membre de la gens Valeria, Lucius s’inscrit dans une lignée qui se prétendait d’origine sabine, remontant aux premiers jours de la République avec Valerius Publicola. Prestige : Sa famille jouissait de privilèges uniques à Rome, comme le droit d’ouvrir les portes de leur maison vers la rue (sur la Velia) ou d’avoir une place réservée au Cirque. Religion : Par ses choix iconographiques (Apollon Soranus, Diane), il réaffirme le rôle de sa famille en tant que gardienne de cultes anciens et spécifiques, renforçant ainsi sa légitimité politique par la piété religieuse. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Tous les types des monnaies de L. Valerius Acisculus se rattachent à l’origine mythologique de la famille Valeria et se résument dans les idées de force et de valeur, unies à celles de santé et de salut qu’on retrouvait étymologiquement dans le mot valere.

Apollon Soranus : Le Dieu Solaire des Sommets et des Ombres

Apollon Soranus : Le Dieu Solaire des Sommets et des Ombres Dans le vaste panthéon de l’Antiquité, certaines divinités naissent de la rencontre entre deux mondes. Apollon Soranus est l’une de ces figures fascinantes : un pont jeté entre la clarté grecque et les mystères profonds de l’Italie pré-romaine. Pour les lecteurs de LesDioscures.com, plonger dans l’étude d’Apollon Soranus, c’est redécouvrir comment le culte solaire s’est enraciné dans les terres sauvages du Mont Soracte. 1. Les Origines : Qui était Soranus ? Avant d’être assimilé à Apollon, Soranus était une divinité chthonienne (souterraine) vénérée par les Sabins, les Falisques et les Étrusques. Son nom est intrinsèquement lié au Mont Soracte, un sommet calcaire imposant qui domine la vallée du Tibre. Le Dieu de l’Inframonde : À l’origine, Soranus est plus proche d’un dieu des morts ou des grottes que d’un dieu du soleil. On l’associait aux émanations de gaz toxiques s’échappant des fissures de la montagne, perçues comme des souffles du royaume des morts. La Fusion avec Apollon : Sous l’influence romaine et grecque, les attributs de Soranus (la purification, la prophétie) ont conduit à son assimilation avec Apollon. Cette fusion a donné naissance à une entité unique : un Apollon plus sombre, plus sauvage, lié aux forces de la terre. Denier Valeria – Lucius Valerius Acisculus 2. Les Hirpi Sorani : Les « Loups » de Soranus Le culte d’Apollon Soranus est célèbre pour ses rites spectaculaires pratiqués par une confrérie de prêtres appelés les Hirpi Sorani (les « Loups de Soranus »). La Marche sur le Feu : Lors des cérémonies annuelles, ces initiés marchaient pieds nus sur des charbons ardents sans se brûler. Ce rite de passage symbolisait la victoire de l’esprit sur la matière et la protection divine. L’Identité du Loup : En langue sabine, hirpus signifie « loup ». Les membres de cette confrérie s’identifiaient à l’animal, vivant peut-être en marge de la société, rappelant la fonction de « chasseur » et de protecteur des troupeaux d’Apollon. 3. Symbolisme : Entre Lumière et Obscurité Pourquoi cette figure est-elle si importante pour comprendre le paganisme antique ? Le Sommet et l’Abîme : Apollon Soranus réside sur les hauteurs (le mont) mais règne sur les profondeurs (les cavités). Il incarne la dualité de la vie et de la mort. La Purification par le Feu : Contrairement à l’Apollon classique, souvent associé à la lyre et aux arts, la variante Soranus met l’accent sur le feu purificateur et la survie en milieu sauvage. Note de la rédaction : L’histoire d’Apollon Soranus nous rappelle que les dieux ne sont pas des blocs monolithiques, mais des entités qui évoluent au gré des paysages et des peuples qu’ils rencontrent. Pour explorer d’autres mythes et secrets de l’Antiquité, n’hésitez pas à parcourir nos archives sur LesDioscures.com. Sources et Références Pline l’Ancien, Histoire Naturelle. Virgile, L’Énéide (Chant XI). Servius, Commentaires sur l’Énéide.

Trinacrus : Le Roi Oublié au Cœur de la Sicile

Trinacrus : Le Roi Oublié au Cœur de la Sicile Dans le panthéon des figures qui ont façonné l’identité de la Méditerranée, certains noms résonnent avec une force particulière tout en restant nimbés de mystère. Trinacrus (ou Trinacros) est de ceux-là. Fils de Neptune (Poséidon), il n’est pas seulement un héros de la mythologie gréco-romaine ; il est l’incarnation charnelle de la Sicile, l’île aux trois pointes. L’Origine d’un Nom, l’Âme d’une Île Le nom de Trinacrus est intrinsèquement lié au terme grec Trinacria. Ce mot, composé de treis (trois) et akra (promontoires), désigne la forme triangulaire de la Sicile. Selon la légende, Trinacrus régnait sur cette terre bien avant qu’elle ne soit connue sous son nom actuel. Il symbolise la transition entre le monde des dieux marins — par son ascendance neptunienne — et celui des hommes qui cultivent et protègent leur territoire. En tant que fils du dieu des mers, il ancre la Sicile comme un pivot central du monde antique, une terre émergeant de l’écume pour devenir un royaume de civilisation. Denier César – Aulus Allienus Le Triskèle : L’Héritage de Trinacrus Si le nom de Trinacrus est parfois éclipsé par d’autres héros, son héritage visuel est omniprésent : le Triskèle (ou Trinacria). Ce symbole composé de trois jambes humaines pliées, rayonnant autour d’un centre (souvent la tête de Méduse), est l’emblème de l’île depuis l’Antiquité. Le mouvement perpétuel : Les jambes symbolisent la course du temps et la dynamique de la vie. La protection : La tête de Gorgone au centre rappelle la puissance apotropaïque (qui détourne le mal), protégeant les habitants de l’île. La géographie : Chaque jambe pointe vers l’un des trois caps siciliens : Peloro, Passero et Lilibeo. Pourquoi Trinacrus nous fascine-t-il encore ? Étudier Trinacrus, c’est plonger dans les racines de la culture méditerranéenne. Il représente cette époque où la géographie et le sacré ne faisaient qu’un. Cette figure rappelle que derrière chaque paysage se cache une volonté divine et un récit héroïque. Trinacrus n’est pas qu’un roi du passé ; il est le gardien d’une identité insulaire forte, riche de ses influences grecques, phéniciennes et romaines. Il nous enseigne que l’histoire d’une terre commence toujours par un mythe.

Les Pénates : Gardiens de l’Intimité et Souffle du Foyer Romain

Les Pénates : Gardiens de l’Intimité et Souffle du Foyer Romain Dans la Rome antique, la religion ne s’arrêtait pas aux portes des grands temples de marbre. Elle battait son plein au cœur même des maisons, là où le sacré se faisait intime. Parmi les figures les plus emblématiques de cette piété domestique, les Pénates occupent une place de choix. Souvent cités aux côtés des Lares, ces « dieux du garde-manger » incarnent la continuité de la lignée et la sécurité du foyer. Qui étaient réellement les Pénates ? Le terme Penates dérive du mot latin penus, qui désigne la réserve de nourriture, l’endroit le plus reculé et le mieux protégé de la demeure. À l’origine, ils étaient les protecteurs des provisions. Par extension, ils sont devenus les gardiens de l’unité familiale et de sa prospérité. Contrairement aux Lares (qui sont souvent liés au lieu physique de la maison), les Pénates sont attachés à la famille. Si une famille déménageait, elle emportait ses Pénates avec elle. Ils symbolisaient l’identité même de la lignée, se transmettant de père en fils. Denier Antia – Caius Antius Restio Le culte au quotidien : Le Lararium Le culte des Pénates était simple mais rigoureux. Le chef de famille, le pater familias, officiait devant le lararium, un petit autel domestique. Les offrandes : On leur offrait une part de chaque repas, un peu de vin, de l’encens ou des couronnes de fleurs. La présence : Leurs statuettes (souvent en terre cuite, en bronze ou en argent) étaient sorties lors des moments clés de la vie familiale : mariages, naissances ou retours de voyage. Des Pénates de la Maison aux Pénates de l’État Il existait une hiérarchie dans ces divinités. Si chaque famille avait ses propres protecteurs, la cité de Rome possédait également ses Pénates Publics. Selon la légende rapportée par Virgile dans l’Énéide, c’est le héros Énée qui aurait rapporté les Pénates de Troie en flammes jusqu’en Italie. Ces dieux étaient considérés comme les garants de la survie de Rome. Ils étaient conservés dans le temple de Vesta, et leur protection s’étendait à tout le peuple romain. Pourquoi ce concept résonne-t-il encore aujourd’hui ? Aujourd’hui, l’expression « regagner ses pénates » est restée dans le langage courant. Elle a perdu son sens religieux pour désigner simplement le fait de rentrer chez soi. Pourtant, l’idée de fond demeure : le foyer n’est pas qu’un assemblage de briques, c’est un sanctuaire personnel, un lieu de protection contre les aléas du monde extérieur.

Le Simpulum : Bien plus qu’une simple louche de la Rome Antique

Le Simpulum : Bien plus qu’une simple louche de la Rome Antique Dans l’arsenal des objets rituels de la Rome antique, certains passent inaperçus derrière la majesté des temples ou la complexité des augures. Pourtant, le simpulum (ou simpuvium) occupe une place fondamentale dans la gestuelle sacrée. Petit par la taille, il était immense par sa symbolique religieuse et politique. Qu’est-ce qu’un Simpulum ? Le simpulum est un ustensile de sacrifice prenant la forme d’une petite louche munie d’un long manche, souvent recourbé à son extrémité. Principalement utilisé par les pontifes (membres du collège des prêtres à Rome), il servait à puiser le vin dans le crater (vase de mélange) pour en verser quelques gouttes dans la patera (coupe libatoire) ou directement sur la tête de la victime sacrificielle. Ce geste précis marquait le passage de l’objet ou de l’animal du monde profane au monde sacré. Quinaire César – Caius Julius Cæsar Un symbole de piété et de prestige Au-delà de sa fonction pratique, le simpulum est devenu un véritable emblème de la pietas romaine. Sa présence sur les bas-reliefs ou les monnaies ne laissait aucun doute sur la fonction sacerdotale du personnage représenté. Sur les monnaies : On le retrouve fréquemment au revers des deniers romains, aux côtés d’autres instruments du culte comme l’aspersoir (aspergillum), la hache (securis) ou le couteau (culter). Signe de distinction : Arborer le simpulum sur une monnaie était, pour un empereur ou un magistrat, une manière d’affirmer son appartenance au prestigieux Collège des Pontifes, renforçant ainsi sa légitimité divine. Évolution et distinction : Simpulum vs Cyathus Il ne faut pas confondre le simpulum avec le cyathus. Si les deux se ressemblent par leur forme de louche : Le cyathus est un instrument domestique utilisé lors des banquets pour servir le vin. Le simpulum est strictement réservé au domaine du sacré. Pline l’Ancien mentionne d’ailleurs que, par tradition et respect pour les rites anciens, le simpulum de terre cuite est resté longtemps privilégié dans les cérémonies, bien avant que l’argent ou le bronze ne deviennent la norme, rappelant ainsi la simplicité originelle des premiers temps de Rome.