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1569AN – Quinaire Fulvie – Marcus Antonius

1569AN – Quinaire Fulvie – Marcus Antonius Avers : III VIR R P C (Triumviri Rei Publicæ Constituandæ, Triumvirat pour la restauration du gouvernement) Buste ailé de Victoria (la Victoire) à droite sous les traits de Fulvie. Revers : ANTONI // IMP ; (AN) à gauche et XLI à droite. (Antoni Imperatori / Anno unquarantegesimus, À Antoine Imperator / quarante-et-unième anniversaire) Lion passant à droite. Bibliothèque nationale de France 1.82g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Lugdunum Datation : 43-42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Antonia Références : RRC 489/6 – B.32 (Antonia) – Syd.1363 Ce quinaire est une monnaie de propagande exceptionnelle qui marque une rupture majeure dans l’histoire numismatique romaine. Frappé en 42 av. J.-C. à Lugdunum (Lyon), il témoigne de l’affirmation du pouvoir de Marc Antoine alors qu’il se trouve en Gaule. Voici l’analyse détaillée de son symbolisme et de son contexte. 1. Analyse du Symbolisme Cette pièce est célèbre pour l’audace de ses types iconographiques : L’Avers : La Victoire aux traits de Fulvie Bien que le buste soit officiellement celui de la Victoire, les historiens et numismates s’accordent pour y voir le portrait de Fulvie, l’épouse de Marc Antoine. Portée politique : C’est la toute première fois qu’une femme romaine vivante est représentée sur une monnaie. Cela témoigne de l’influence politique colossale de Fulvie et de la dérive « monarchique » d’Antoine, qui place sa famille au-dessus des traditions républicaines. Légende : III VIR R P C (Triumvir pour la restauration de la République), rappelant son titre officiel au sein du Second Triumvirat. Le Revers : Le Lion et l’âge d’Antoine Le Lion : C’est le symbole personnel d’Antoine. Se prétendant descendant d’Hercule, il utilisait le lion pour illustrer sa force indomptable. Plutarque rapporte d’ailleurs qu’il fit circuler dans Rome un char tiré par des lions pour frapper les esprits. Le chiffre XLI (41) : Contrairement à l’usage, Antoine fait inscrire son âge sur la monnaie. Le chiffre XLI indique qu’il entame sa 41ème année, ce qui permet de dater précisément l’émission à l’an 42 av. J.-C. (le type précédent, RRC 489/5, portait le chiffre XL). 2. Contexte Historique : L’atelier de Lyon et la Guerre Civile Le paiement des troupes : En 42 av. J.-C., les Triumvirs (Antoine, Octave et Lépide) préparent la campagne décisive contre les assassins de César (Brutus et Cassius) qui mènera à la bataille de Philippes. Le quinaire, valant un demi-denier, était une coupure idéale pour la solde des soldats et les menues dépenses militaires. L’intégration de la Gaule : Frappé à Lugdunum (fondée seulement un an plus tôt), ce quinaire avait un poids similaire à l’ancien denier gaulois. Ce choix stratégique facilitait l’acceptation de la monnaie par les populations locales et les auxiliaires gaulois intégrés dans les armées d’Antoine. Affirmation face à ses collègues : Bien que membre d’un triumvirat, Antoine occupe le revers avec son propre nom (ANTONI IMP) et son symbole personnel, montrant qu’en Gaule, il est le seul véritable maître. Cette émission est l’une des plus fascinantes du monnayage imperatorial car elle préfigure l’usage de la monnaie comme instrument de glorification personnelle et familiale, un trait qui deviendra la norme sous l’Empire. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L’attribution de ces traits féminins à Fulvie, la première femme de Marc Antoine, ne peut être -contestée depuis que M. Waddington a publié une monnaie de la ville de Fulvia de Phrygie, sur laquelle on voit un buste ailé analogue à celui qui est figuré sur le présent quinaire, et qui ne saurait être autre chose, comme l’a démontré le savant auteur de cette découverte, que le portrait de Fulvie . C’est la première fois que les traits d’une femme paraissent sur les médailles romaines. Quant au type du revers, il reçoit son explication d’un passage de Pline qui raconte que Marc Antoine fit dompter des lions qu’il dressa à traîner son char: dès le temps de la bataille de Pharsale, le futur triumvir, pareil à Cybèle, prenait plaisir à figurer sur un bige de lions; c’est sans doute ce fait que rappelle le type des quinaires de la colonie de Lugdunum On voit également un lion en course sur une monnaie légionnaire d’Auguste publiée par M. Friedlaender, et qui porte pour toute légende LEG. XVI. Lieux de découverte (22 exemplaires)

1568AN – Quinaire Fulvie – Marcus Antonius

1568AN – Quinaire Fulvie – Marcus Antonius Avers : Anépigraphe Buste ailé de Victoria (la Victoire) à droite sous les traits de Fulvie. Revers : DVNI A XL // LVGV (Lugduni/ Anno quarantegesimus, Lyon quarantième anniversaire) Lion passant à droite. Bibliothèque nationale de France 1.54g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Lugdunum Datation : 43-42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Antonia Références : RRC 489/5 – B.32 (Antonia) – Syd.1360 Ce quinaire n’est pas seulement une pièce de monnaie ; c’est un manifeste politique et un témoin chronologique rare de la montée en puissance de Marc Antoine après l’assassinat de Jules César. Ce quinaire est indissociable de la fondation de Lugdunum (Lyon) et du contrôle de la Gaule par Antoine. 1. Le Symbolisme de l’Iconographie L’imagerie de cette pièce combine des symboles traditionnels romains et des messages personnels forts : L’Avers : La Victoire et Fulvie Le buste de la Victoire ailée est omniprésent sur les quinaires (type « victoriatus »). Cependant, les traits de cette Victoire sont largement acceptés par les historiens comme étant ceux de Fulvie, l’épouse de Marc Antoine. Signification : C’est un acte d’audace politique. Faire figurer les traits d’une femme vivante sur une monnaie était sans précédent à Rome. Cela montre l’influence de Fulvie et la volonté d’Antoine de rompre avec les traditions républicaines pour instaurer une forme de « dynastie » personnelle. Le Revers : Le Lion marchant Le lion est le symbole personnel par excellence de Marc Antoine. Selon les récits de l’époque (notamment Plutarque), Antoine se prétendait descendant d’Hercule et, pour affirmer sa force, il fit un jour défiler un char tiré par des lions dans les rues de Rome. Signification : Le lion incarne la force brute, le courage et la domination. En plaçant cet animal au revers, Antoine rappelle son caractère indomptable et son statut de chef militaire (Imperator) capable de dompter les forces les plus sauvages, y compris la Gaule. 2. Le Contexte Historique : L’An 43 av. J.-C. La période de frappe (fin 43 av. J.-C.) est l’une des plus instables de l’histoire romaine. Le Second Triumvirat : La pièce est émise juste après la formation du Second Triumvirat (novembre 43 av. J.-C.) entre Octave, Marc Antoine et Lépide. Antoine reçoit le gouvernement de la Gaule Chevelue. La Naissance de Lyon (Lugdunum) : La colonie de Lugdunum venait d’être fondée en 43 av. J.-C. par Lucius Munatius Plancus. Antoine y installe un atelier monétaire pour payer ses légions. Le quinaire était un module très apprécié en Gaule car son poids correspondait à l’ancien denier gaulois, facilitant ainsi les échanges avec les populations locales. Le Jalon Chronologique (A XL) : L’inscription A XL (Anni 40) est unique. Elle indique qu’Antoine avait 40 ans au moment de l’émission. Ce détail permet de dater la pièce précisément avant son 41e anniversaire (marqué par le type A XLI / RRC 489/6), soit entre novembre 43 et janvier 42 av. J.-C. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Cette pièce a été émise dans l’atelier de Lyon; en effet, un quinaire aux mêmes types porte en légende au revers, LVGVDVNI; on y lit en même temps le chiffre XL. Borghesi a prouvé que ces chiffres XL et XLI (40 et 41) représentent l’âge de Marc Antoine à l’époque où ces pièces furent frappées, c’est-à-dire, ainsi que l’a démontré F. Bompois , en 711 et 712, après que, sur l’ordre du Sénat, -une colonie eût été envoyée à Lyon sous la conduite de L. Munatius Plancus; la Gaule était alors placée sous le commandement supérieur de Marc Antoine.L’attribution de ces traits féminins à Fulvie, la première femme de Marc Antoine, ne peut être -contestée depuis que M. Waddington a publié une monnaie de la ville de Fulvia de Phrygie, sur laquelle on voit un buste ailé analogue à celui qui est figuré sur le présent quinaire, et qui ne saurait être autre chose, comme l’a démontré le savant auteur de cette découverte, que le portrait de Fulvie . C’est la première fois que les traits d’une femme paraissent sur les médailles romaines. Quant au type du revers, il reçoit son explication d’un passage de Pline qui raconte que Marc Antoine fit dompter des lions qu’il dressa à traîner son char: dès le temps de la bataille de Pharsale, le futur triumvir, pareil à Cybèle, prenait plaisir à figurer sur un bige de lions; c’est sans doute ce fait que rappelle le type des quinaires de la colonie de Lugdunum On voit également un lion en course sur une monnaie légionnaire d’Auguste publiée par M. Friedlaender, et qui porte pour toute légende LEG. XVI. Lieux de découverte (9 exemplaires)

1567AN – Quinaire Marc Antoine – Marcus Antonius

1567AN – Quinaire Marc Antoine – Marcus Antonius Avers : M·(ANT)·IMP (Marcus Antonius Imperator, Marc Antoine, Imperator) Emblèmes de l’augurat, lituus, vase à sacrifice (capis) et corbeau. Revers : Anépigraphe  Victoria (la Victoire) debout à gauche, tournée à droite couronnant un trophée placé à droite. British Museum 1.77g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Gaule cisalpine Datation : 43-42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Antonia Références : RRC 489/4 – B.7 (Antonia) – Syd.1159 Ce quinaire de Marc Antoine est une monnaie dont le symbolisme est indissociable du climat de guerre civile et de la quête de légitimité qui suit l’assassinat de Jules César. Ce type monétaire a été frappé vers 43-42 av. J.-C., principalement en Gaule cisalpine. À cette époque, Marc Antoine cherche à s’imposer comme l’héritier politique et religieux de César tout en consolidant son autorité militaire. Symbolisme de l’Avers : La légitimité religieuse L’avers présente trois emblèmes majeurs qui célèbrent l’augurat de Marc Antoine : Le Lituus : Bâton recourbé utilisé par les augures pour délimiter les régions du ciel. Il symbolise le pouvoir de divination et la faveur divine. Le Capis (Vase à sacrifice) : Il souligne la piété de l’imperator et son rôle dans les rituels sacrés de l’État. Le Corbeau : Oiseau sacré d’Apollon associé aux augures. Sa présence renforce la dimension sacrée de la fonction d’Antoine. Le message : En affichant ces symboles, Antoine ne se présente pas seulement comme un chef de guerre (Imperator), mais comme un magistrat dont les actions sont validées par les dieux, ce qui « sacralisait sa personne » face à ses rivaux. Symbolisme du Revers : La célébration militaire Le revers représente la Victoire couronnant un trophée. La Victoire : Elle est le gage de la réussite militaire et de la protection des légions. Sur certains types voisins (comme le RRC 489/6), la Victoire emprunte parfois les traits de Fulvie, l’épouse de Marc Antoine, soulignant l’influence politique de cette dernière. Le Trophée : Composé d’armes capturées à l’ennemi (souvent une cuirasse, un casque et des boucliers fixés sur un tronc), il rappelle les succès remportés sur le terrain, notamment après le siège de Modène et le ralliement des troupes de Lépide. Contexte Historique : L’atelier gaulois Le choix du quinaire (demi-denier) n’est pas anodin. À cette période, Marc Antoine est en Gaule : Équivalence monétaire : Selon les recherches publiées sur LesDioscures.com, le quinaire était particulièrement populaire en Gaule car il correspondait, en poids et en titre d’argent, au denier gaulois local. Cela facilitait le paiement des troupes et le commerce avec les populations locales. Affirmation de supériorité : Bien que frappé peu après l’alliance avec Lépide, ce quinaire (RRC 489/4) est anépigraphe au revers ou mentionne uniquement Antoine. Cela suggère une volonté d’Antoine de marquer sa prédominance sur son collègue triumvir dans cette province. Note historique : Cette monnaie est frappée alors qu’Antoine est déclaré « ennemi public » par le Sénat, mais avant la formalisation officielle du Second Triumvirat (novembre 43 av. J.-C.). Elle sert donc d’outil de propagande pour maintenir la fidélité des vétérans de César. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Marc Antoine fit frapper ces médailles (nos 3 à 7), peu après la mort de César dont il se proclamait le vengeur ; il en ordonna l’émission comme général, pour la solde de ses troupes, pendant le siège de Modène, à la fin de l’année710 (44 av. J.-C.). Sur l’une de ces pièces, le titre d’imperator reipublicae consiiluendae se rapproche de la formule qui sera adoptée, quelques mois plus tard, après la constitution du triumvirat. Lieux de découverte (29 exemplaires)

1566AN – Quinaire Marc Antoine et Lépide

1566AN – Quinaire Marc Antoine et Lépide Avers : M·(ANT)·IMP (Marcus Antonius Imperator, Marc Antoine, Imperator) Emblèmes de l’augurat, lituus, vase à sacrifice (capis) et corbeau. Revers : M·LEPI·IMP (Marc Lépide Imperator) Instruments pontificaux: simpulum, aspersoir, hache à sacrifices et apex (chapeau de pontife). British Museum 1.84g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Gaule cisalpine Datation : 43-42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Antonia et Aemilia Références : RRC 489/3 – B.29 (Aemilia) – Syd.1158a L’étude de ce quinaire révèle un message politique puissant, caché derrière une imagerie religieuse traditionnelle. Frappée vers juin 43 av. J.-C., cette monnaie est un témoin direct de la transition brutale entre la République et l’Empire. 1. Symbolisme : La sacralisation du pouvoir Le choix des motifs sur cette pièce n’est pas décoratif, mais purement propagandiste. En l’absence de portraits (qui deviendront la norme peu après), les deux chefs de guerre utilisent leurs fonctions sacerdotales pour légitimer leur autorité. L’Avers (Marc Antoine – Augure) : Le Lituus : Le bâton recourbé des augures, utilisé pour délimiter les secteurs du ciel lors de la prise des auspices. Il symbolise le lien direct d’Antoine avec la volonté divine. Le Corbeau : Oiseau sacré associé à Apollon et aux augures. Son apparition sur la monnaie renforce l’idée qu’Antoine agit sous la protection des dieux. Le Capis (Vase) : Un récipient utilisé lors des sacrifices. Message : Antoine ne se présente pas seulement comme un général (Imperator), mais comme un intermédiaire sacré indispensable à la survie de Rome. Le Revers (Lépide – Pontifex Maximus) : Simpulum et Aspersoir : Instruments utilisés par les pontifes pour les libations et la purification. Hache et Apex : La hache sacrificielle et le bonnet de prêtre (apex) soulignent le rôle de Lépide en tant que chef suprême de la religion romaine. Message : Lépide affirme sa position de successeur de César dans la plus haute charge religieuse, consolidant ainsi la légitimité du camp césarien. 2. Contexte Historique : L’alliance des « Ennemis Publics » La période de frappe (mi-43 av. J.-C.) est l’un des moments les plus critiques de l’histoire romaine : Après la bataille de Modène : Marc Antoine a été vaincu par les troupes sénatoriales (et le jeune Octave) et déclaré « ennemi public ». Il s’enfuit vers la Gaule pour rejoindre Lépide. La jonction des forces : Le 29 mai 43 av. J.-C., les deux généraux font leur jonction près de Fréjus. Comme l’indique LesDioscures.com, cette monnaie est frappée précisément pour sceller cette union. Elle montre au monde que les deux chefs de guerre les plus puissants de l’Occident sont désormais alliés. Le choix du quinaire : Le choix de frapper des quinaires (demi-deniers) en Gaule est stratégique. Ce module circulait déjà largement dans la région sous forme de monnaies gauloises locales. En produisant ce type, Antoine et Lépide s’assurent que leur solde militaire est facilement acceptée par les populations et les troupes locales. 3. Une étape vers le Triumvirat Ce quinaire est une monnaie de transition. Elle précède de quelques mois la Lex Titia (novembre 43 av. J.-C.) qui officialisera le Second Triumvirat avec Octave. Sur cette pièce, ils ne portent que le titre d’Imperator ; ils n’osent pas encore se proclamer « Triumvirs pour la restauration de la République » (III VIR R.P.C.). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Les médailles qui précèdent (nos 27 à 30), et sur lesquelles Marc Antoine et Lépide ne prennent que le titre d’impcrator, ont été frappées avant la constitution du triumvirat le 27 novembre 711. Elles ont été émises en Gaule, lorsqu’Antoine, après le siège de Modène, eut passé les Alpes et fait alliance avec Lépide, le 29 mai 711. Lieux de découverte (10 exemplaires)

1545AE – Quinaire Aemilia – Lucius Aemilius Buca

1545AE – Quinaire Aemilia – Lucius Aemilius Buca Avers : PAXS Tête de Pax (La Paix) à droite. Revers : L·AEMILIVS·BVCA·IIII·VIR (Lucius Aemilius Buca Quatuorvir) Mains serrées. British Museum 1.73g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gens : Aemilia Références : RRC 480/24 – B.18 (Aemilia) – Syd.1065 Ce quinaire, frappé en 44 av. J.-C. par le magistrat monétaire L. Aemilius Buca, est un témoin numismatique crucial des derniers mois de la vie de Jules César. Son symbolisme est entièrement tourné vers la légitimation du pouvoir personnel de César sous les traits de la réconciliation nationale. 1. Le Symbolisme de l’Avers : La Paix (PAXS) L’avers présente la tête laurée de Pax, la personnification de la Paix. Message Politique : En plaçant Pax sur ses monnaies, le régime césarien cherche à effacer le souvenir des guerres civiles sanglantes (contre Pompée, puis ses fils). Le message est clair : César n’est pas un tyran, mais celui qui a ramené le calme dans le monde romain. L’orthographe PAXS : L’utilisation de cette forme archaïque (avec un ‘S’ final) est typique de cette émission et souligne peut-être un retour aux valeurs anciennes et à la stabilité républicaine « retrouvée ». Ressemblance iconographique : Certains numismates notent que les traits de Pax sur cette série tendent parfois à s’approcher de ceux de César lui-même, amorçant une fusion entre la divinité et le dictateur. 2. Le Symbolisme du Revers : La Concorde et la Fidélité Le revers montre deux mains jointes (dextrarum iunctio). La Dextrarum Iunctio : Ce geste est l’un des symboles les plus forts de la Rome antique. Il représente la Fides (la bonne foi, la loyauté) et la Concordia (l’harmonie). Lien avec l’armée et le peuple : Sur cette pièce, les mains jointes symbolisent l’union entre César et les différentes composantes de l’État : le Sénat, le peuple et, surtout, l’armée. C’est un appel à l’unité derrière le chef. Le rôle du monétaire : L’inscription L·AEMILIVS·BVCA·IIIVIR identifie le responsable de la frappe. Buca était un partisan de César, et son travail consistait à traduire en images les slogans politiques du dictateur. 3. Contexte Historique : L’ombre de l’assassinat Ce quinaire est frappé au début de l’année 44 av. J.-C., précisément au moment où César est nommé Dictateur à vie (Dictator Perpetuo). Comme je le souligne l’étude des types monétaires, ces émissions servaient de véritable propagande de masse. Alors que les deniers de Buca (comme le RRC 480/6) utilisaient des symboles plus complexes (caducée, faisceaux, globe), le quinaire simplifie le message pour le rendre immédiatement compréhensible : César égale la Paix par l’Union. L’ironie historique veut que ces symboles de « paix » et de « mains jointes » aient circulé alors même que la conspiration des Libérateurs (Brutus et Cassius) se formait. Quelques semaines seulement après l’émission de ces pièces prônant la concorde, César était assassiné en plein Sénat le 15 mars 44. Lucius Aemilius Buca est un personnage clé de la numismatique romaine, bien que sa trace dans les textes historiques soit plus discrète que sur ses monnaies. Il appartient à la prestigieuse gens Aemilia, l’une des familles patriciennes les plus anciennes de Rome. 1. Identité et Origines Fils de monétaire : Lucius est le fils de Marcus Aemilius Scaurus (monétaire en 58 av. J.-C.), un homme politique influent et proche de Sylla. Cela explique pourquoi Lucius utilise le « Songe de Sylla » sur le denier RRC 480/1 : il s’agit d’une référence aux gloires de sa propre famille. Soutien politique : Il est mentionné historiquement en 54 av. J.-C. comme l’un des soutiens (souscripteur) lors du procès de Scaurus, ce qui confirme ses attaches avec l’aristocratie traditionnelle. 2. Rôle en 44 av. J.-C. : Le Quattuorvirat Buca occupe la fonction de Quattuorvir monétaire (IIII. VIR) en 44 av. J.-C. Cette année-là, Jules César modifie le fonctionnement de l’atelier monétaire de Rome : De trois à quatre : Traditionnellement, les magistrats monétaires étaient trois (Triumviri Monetales). César porte leur nombre à quatre pour répondre à ses besoins massifs en numéraire pour ses projets de guerres (notamment contre les Parthes). Un collège de transition : Buca travaille aux côtés d’autres magistrats comme Cossutius Maridianus. Ensemble, ils supervisent le passage historique du portrait divin (Vénus) au portrait du dirigeant vivant (César). 3. Son importance numismatique Buca est considéré comme le plus prolifique et le plus intéressant des quatre magistrats de cette année charnière : Iconographie personnelle : Il est le seul du collège à avoir frappé des monnaies avec un motif purement familial (le Songe de Sylla, RRC 480/1) avant de se plier entièrement à la propagande césarienne. Témoin de l’histoire : Ses émissions permettent de suivre précisément l’évolution des titres de César. On trouve sous son nom des deniers avec les légendes : CAESAR IM P M (César Imperator, Grand Pontife) CAESAR DICT PERPETVO (César Dictateur à vie) — cette dernière légende ayant été l’un des déclencheurs du complot des sénateurs. 4. Disparition Après l’assassinat de Jules César aux Ides de Mars (15 mars 44 av. J.-C.), la trace de Lucius Aemilius Buca disparaît des archives. On suppose qu’il n’a plus exercé de responsabilités monétaires majeures après cette année mouvementée, son nom n’apparaissant plus sur les émissions ultérieures. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Aemilius Buca. Quatuorvir monétaire en 710 (44 av. J. C.) Ce personnage mentionné dans le procès de Scaurus , était le fils du monétaire M. Scaurus, contemporain de Sylla. Il fut quatuorvir monétaire l’année même de la mort de Jules César, en 710 (44 av. J.-C.) . L histoire de L. Aemilius Buca n’est pas autrement connue; les types de ses médailles se rapportent tous à Jules César; on en trouvera l’explication et les dessins à la gens Julia, avec l’histoire du collège monétaire dont L. Buca a fait partie.

1544ME – Quinaire Mettia – Marcus Mettius

1544ME – Quinaire Mettia – Marcus Mettius Avers : Anépigraphe Tête de Junon Sospita à droite portant une peau de chèvre. Serpent derrière le buste. Revers : M METTI (Marcus Mettius) Victoria (la Victoire) pilotant une bige à droite. British Museum 1.6g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gens : Mettia Références : RRC 480/23 – B.1 (Mettia) – Syd.1058 Ce quinaire s’inscrit dans l’une des périodes les plus tendues et les plus denses de l’histoire de Rome : les mois précédant et suivant l’assassinat de Jules César. 1. Le Symbolisme de l’Avers : Junon Sospita La représentation de Junon Sospita (« la Salvatrice ») est riche en significations : Identité Familiale : Pour le magistrat Marcus Mettius, c’est une affirmation de ses origines. Junon Sospita est la divinité tutélaire de Lanuvium. En l’affichant, il célèbre son prestige familial et ses racines religieuses. Protection et Salut : Le terme Sospita évoque la protection. Dans le contexte de 44 av. J.-C., où les tensions civiles sont extrêmes, invoquer une divinité protectrice n’est jamais neutre. Elle symbolise la préservation de l’État. L’attribut du Serpent : Le serpent accompagnant Junon fait référence aux rites de Lanuvium, où des jeunes filles devaient nourrir un serpent sacré dans une grotte pour prouver leur pureté et garantir la fertilité des terres. 2. Le Symbolisme du Revers : La Victoire et le Bige La Victoire sur un char (bige) est un motif classique, mais il prend une dimension particulière sous César : Légitimation du Pouvoir : En 44 av. J.-C., César est au sommet de sa gloire après ses victoires dans les guerres civiles. La Victoire sur la monnaie de son fidèle lieutenant Mettius célèbre les triomphes passés et la « paix » imposée par les armes. Dynamisme et Rapidité : Le mouvement galopant du bige souligne l’autorité triomphante de Rome. 3. Le Contexte Historique : L’année de la Rupture L’émission 480/23 appartient au collège des Quattuorviri monetales (un collège de quatre magistrats exceptionnellement créé par César pour augmenter la masse monétaire). Le Financement Militaire : Les quinaires, valant un demi-denier, étaient souvent utilisés pour la paye des soldats (le stipendium). Cette frappe massive de 44 av. J.-C. servait probablement à financer les préparatifs de la grande campagne que César projetait contre les Parthes. Transition Numismatique : Ce quinaire est l’un des derniers à suivre les codes « républicains » classiques (divinités au droit) juste avant que Marcus Mettius ne frappe les premiers deniers montrant le visage de César de son vivant — une rupture radicale avec la tradition qui sera l’un des griefs des conjurés pour l’assassinat des Ides de Mars. Le saviez-vous ? La rareté de cette pièce s’explique par le fait que les quinaires étaient moins produits que les deniers et circulaient souvent jusqu’à l’usure complète ou étaient refondus lors des réformes monétaires impériales. Marcus Mettius est un personnage fascinant dont la carrière illustre parfaitement le passage de la fidélité militaire à la haute administration sous Jules César. 1. Un compagnon d’armes fidèle Marcus Mettius apparaît pour la première fois dans l’histoire en 58 av. J.-C. César, dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules (Livre I, 47), mentionne l’avoir choisi pour une mission diplomatique périlleuse. L’ambassade auprès d’Arioviste : César envoie Mettius comme médiateur auprès du chef germain Arioviste. Le choix n’est pas anodin : Mettius était lié à Arioviste par les liens de l’hospitalité. La captivité : Malgré son statut de diplomate, Arioviste le fait jeter aux fers. César raconte l’avoir secouru personnellement après sa victoire, affirmant que le plaisir de retrouver son ami sain et sauf était presque égal à celui de la victoire elle-même. 2. Le Magistrat Monétaire de l’an 44 En 44 av. J.-C., Mettius est nommé l’un des quattuorviri monetales (collège de quatre magistrats chargés de la frappe des monnaies). Cette année est cruciale car César a augmenté le nombre de monétaires de trois à quatre pour intensifier la production de numéraire. Le Collège des Monétaires : Il partageait cette fonction avec L. Aemilius Buca, P. Sepullius Macer et C. Cossutius Maridianus. Rôle de Propagande : En tant que partisan dévoué, Mettius a utilisé son mandat pour ancrer l’image de César dans l’esprit des Romains. Son denier est historiquement fondamental car il a été frappé avant le 15 mars, participant à la sacralisation du vivant de César. 3. Origines et Identité : La Gens Mettia Le nom de Mettius est associé à une ancienne lignée latine et sabine. Origine géographique : L’iconographie de ses pièces (notamment Junon Sospita) confirme que les Mettii étaient originaires de Lanuvium, une ville célèbre pour son sanctuaire dédié à cette déesse. Le Serpent de Junon : Sur d’autres types de monnaies qu’il a supervisés (comme le quinaire RRC 480/28), on voit une jeune fille nourrissant un serpent, une référence directe aux rites de virginité pratiqués à Lanuvium. En résumé, Marcus Mettius est l’exemple type de l’homme nouveau (homo novus) dont l’ascension sociale a été portée par le génie de César. Son nom reste gravé dans l’histoire principalement grâce à ces deniers qui ont, malgré eux, précipité la chute du dictateur en affichant son visage comme celui d’un roi. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Le nom de Mettius est déjà illustre chez les Sabins et les Latins. Citons, par exemple, Mettius Fuffetius, dictateur d’Albe la Longue, au temps du roi Tullus Hostilius, avec lequel fut réglé le combat des Horaces et des Curiaces et qui prit parti pour Fidènes et Veies contre Rome. Mettius Geminus commandait la cavalerie de Tusculum dans la guerre entre Rome et les cités latines confédérées en 414 (340 av. J.-C.). P. Mettius, partisan de Saturninus et de Glaucia, tua C. Memmius, un des candidats au consulat en 654 (100 av. J.-C.). Enfin, M. Mettius, lieutenant de Jules César, est celui qui fit frapper les monnaies qui suivent, en 710 (44 av. J.-C.). Envoyé par César, pendant la guerre des Gaules, comme ambassadeur, auprès d’Arioviste, le chef de la confédération germanique, il fut retenu prisonnier par le barbare; mais César, après sa victoire, le fit

1513VA – Quinaire Valeria – Lucius Valerius Acisculus

1513VA – Quinaire Valeria – Lucius Valerius Acisculus Avers : Anépigraphe Tête de Victoria à droite. Revers : ACISCVLVS Petite pioche (Acisculus). Le tout dans une couronne de laurier. Bibliothèque nationale de France 1.9g INDICE DE RARETE : 10+  1 10+ ATELIER : Rome Datation : 45 avant J.C. Matière : Argent Gens : Valeria Références : RRC 474/6 – B.22 (Valeria) – Syd. 1004 Ce quinaire, frappé en 45 av. J.-C. par le monétaire Lucius Valerius Acisculus, est une pièce fascinante qui mêle l’orgueil d’une lignée aristocratique et la propagande politique d’une Rome en pleine transition vers l’Empire. Voici une analyse détaillée de son symbolisme et de son contexte historique. 1. Symbolisme Iconographique : Entre Tradition et Jeu de Mots La particularité des monnaies républicaines réside souvent dans les « armes parlantes » (jeux de mots visuels sur le nom du monétaire) et les références mythologiques de la gens. L’Avers : La Victoire ailée La tête de la Victoire, divinité messagère du triomphe, est ici représentée de profil. En 45 av. J.-C., ce choix n’est pas neutre. Elle symbolise la faveur divine accordée à Rome et, par extension, à son maître du moment, Jules César. Le Revers : L’Acisculus et la Couronne L’Acisculus : Le symbole central est une petite pioche (ou marteau de tailleur de pierre), appelée acisculus en latin. C’est une référence directe au cognomen (surnom) du monétaire, Acisculus. Ce procédé permettait à la famille Valeria de marquer visuellement l’esprit des citoyens. La Couronne de Laurier : Elle entoure l’outil, transformant un simple instrument de travail en un symbole de gloire et de distinction. Lien avec la Gens Valeria : l’ensemble de l’émission de Valerius Acisculus (qui comprend aussi des deniers avec Apollon et Europa) souligne les idées de force, de valeur et de santé (étymologiquement liées au verbe valere). 2. Contexte Historique : L’Année de tous les Triomphes L’année 45 av. J.-C. est une période charnière pour la République romaine, marquée par la fin de la Guerre Civile. Le Triomphe de Munda : En mars 45 av. J.-C., Jules César remporte la bataille décisive de Munda en Espagne contre les fils de Pompée. C’est la fin de la résistance armée contre son pouvoir. À son retour à Rome, il célèbre des triomphes sans précédent. César, Dictateur à vie : Au moment où ce quinaire est frappé, César est au sommet de son pouvoir. Il a été nommé « Dictateur pour dix ans » (puis bientôt à vie). Les monétaires comme Acisculus, bien que magistrats indépendants en apparence, frappent des monnaies qui reflètent cette atmosphère de victoire et de paix retrouvée. Le Quinaire, une monnaie de circonstance : Le quinaire (valant un demi-denier) était souvent frappé en grandes quantités pour les distributions militaires ou les dons lors des triomphes. La présence de la Victoire sur cette petite pièce servait de rappel constant de la réussite militaire du régime césarien. Lucius Valerius Acisculus est un personnage dont la vie publique est indissociable de la fin de la République romaine. Bien que les détails biographiques précis soient rares, son activité en 45 av. J.-C. en tant que magistrat monétaire nous livre des informations cruciales sur son rang et ses attaches. Comme le soulignent les études de LesDioscures.com, ce monétaire appartient à l’une des familles les plus prestigieuses de Rome : la gens Valeria. 1. Identité et Carrière Magistrat monétaire (Triumvir Monetalis) : En 45 av. J.-C., il fait partie du collège des trois magistrats responsables de la frappe de la monnaie. C’était une étape clé du cursus honorum pour les jeunes aristocrates. Tribun de la Plèbe : Certaines sources, notamment le British Museum, mentionnent qu’il aurait exercé la fonction de tribun de la plèbe, bien que la date exacte reste incertaine (probablement peu après son mandat monétaire). Partisan de César : Son activité se déroule sous la dictature de Jules César. Frapper monnaie à cette époque nécessitait une proximité, ou du moins une absence d’opposition, avec le nouveau pouvoir en place. 2. Le nom « Acisculus » : Un outil et un symbole Le surnom (cognomen) Acisculus est ce qui rend ce monétaire célèbre chez les numismates. Étymologie : En latin, l’acisculus est un petit marteau de tailleur de pierre ou une petite pioche. Le « Type Parlant » : Fidèle à la tradition romaine, il utilise cet objet sur ses pièces comme une signature visuelle. C’est un moyen d’affirmer son identité familiale de manière ludique et mémorable. 3. Un représentant de la Gens Valeria En tant que membre de la gens Valeria, Lucius s’inscrit dans une lignée qui se prétendait d’origine sabine, remontant aux premiers jours de la République avec Valerius Publicola. Prestige : Sa famille jouissait de privilèges uniques à Rome, comme le droit d’ouvrir les portes de leur maison vers la rue (sur la Velia) ou d’avoir une place réservée au Cirque. Religion : Par ses choix iconographiques (Apollon Soranus, Diane), il réaffirme le rôle de sa famille en tant que gardienne de cultes anciens et spécifiques, renforçant ainsi sa légitimité politique par la piété religieuse. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Tous les types des monnaies de L. Valerius Acisculus se rattachent à l’origine mythologique de la famille Valeria et se résument dans les idées de force et de valeur, unies à celles de santé et de salut qu’on retrouvait étymologiquement dans le mot valere.

1505LO – Quinaire Lollia – Marcus Lollius Palicanus

1505LO – Quinaire Lollia – Marcus Lollius Palicanus Avers : FELICITATIS Tête de Libertas (la Liberté) laurée à droite. Revers : PALIKANVS Victoria galopant sur un bige à droite. Bibliothèque nationale de France 2.08g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 45 avant J.C. Matière : Argent Gens : Lollia Références : RRC 473/3 – B.3 (Lollia)- Syd.962 Ce quinaire, frappé en 45 av. J.-C. par Marcus Lollius Palicanus, est une monnaie chargée de messages politiques et familiaux. Ce type monétaire s’inscrit dans une série plus large (incluant les deniers 473/1 et 473/2) qui sert de manifeste à la faction des Populares (le parti du peuple) à la fin de la République. Voici l’analyse du symbolisme et du contexte historique de cette pièce : 1. Symbolisme de l’Avers : Felicitas (ou Libertas) Le buste représenté est accompagné de la légende FELICITATIS. La Félicité (Felicitas) : Elle incarne la « bonne fortune » ou la prospérité de l’État. En 45 av. J.-C., après les ravages de la guerre civile entre César et Pompée, ce symbole annonce une ère de paix et de bonheur retrouvés sous l’égide de Jules César. Lien avec la Liberté : Certaines analyses (notamment sur LesDioscures.com) soulignent la ressemblance stylistique avec la tête de Libertas (la Liberté) présente sur les deniers du même monnayeur. Cela suggère que la prospérité (Felicitas) est vue comme le fruit de la liberté restaurée. 2. Symbolisme du Revers : La Victoire en bige La légende indique PALIKANVS, le nom du magistrat monétaire. La Victoire (Victoria) : Elle est représentée sur un char à deux chevaux (bige) au galop. Ce motif classique célèbre les triomphes militaires de Rome. Propagande Césarienne : L’année 45 av. J.-C. est celle de la bataille de Munda, l’ultime victoire de César sur les fils de Pompée. La monnaie célèbre donc la victoire finale du camp césarien, auquel la famille des Lollii était rattachée. 3. Le Contexte Historique : Une revanche politique Le monnayeur Marcus Lollius Palicanus utilise ces frappes pour réhabiliter la mémoire de son père, M. Lollius Palicanus (tribun en 71 av. J.-C.). La défense de la Plèbe : Le père était un partisan acharné de Pompée et un défenseur des droits des tribuns de la plèbe, dont les pouvoirs avaient été réduits par la dictature de Sylla. L’affront de 67 av. J.-C. : Bien que favori du peuple pour le consulat, sa candidature avait été illégalement rejetée par le consul conservateur Pison. En frappant monnaie en 45 av. J.-C. sous l’autorité de César, le fils affirme la légitimité de sa lignée et la victoire définitive des idées démocratiques sur l’ancienne oligarchie sénatoriale. Transition vers l’Empire : Cette pièce illustre la transition où les grandes familles romaines utilisent la monnaie non plus seulement pour l’État, mais pour leur propre promotion politique, un usage qui deviendra systématique sous l’Empire. Le monétaire Marcus Lollius Palicanus (ou Palikanus) appartient à la gens Lollia, une famille d’origine plébéienne (peut-être samnite) qui a marqué la fin de la République romaine par son attachement aux droits populaires. Voici les informations clés sur ce personnage et sa lignée : 1. Identité du monétaire (45 av. J.-C.) Le monétaire de cet émission est identifié comme le fils du célèbre tribun de la plèbe du même nom. À cette époque (45 av. J.-C.), la fonction de monétaire (tresvir monetalis) était souvent occupée par de jeunes hommes issus de familles sénatoriales, servant de tremplin pour leur future carrière politique (cursus honorum). 2. L’héritage de son père (M. Lollius Palicanus, Tribun en 71 av. J.-C.) La majeure partie du message de la monnaie rend hommage à l’action politique de son père. Ce dernier était un personnage central de la politique « populaire » : Défenseur de la plèbe : Il fut l’un des principaux artisans du rétablissement des pouvoirs des tribuns de la plèbe, qui avaient été drastiquement réduits par la dictature de Sylla. Orateur et opposant : Décrit par les sources (comme Valère Maxime ou Cicéron) comme un orateur fougueux, il fut un farouche opposant aux Optimates (la faction conservatrice du Sénat). Échec au consulat : En 67 av. J.-C., il brigua le consulat, mais le consul en charge des élections, Pison, refusa de proclamer son nom bien qu’il ait reçu les suffrages, le jugeant « indigne » en raison de son passé séditieux. 3. Carrière possible du monétaire Certains historiens et numismates (comme Crawford ou Babelon) suggèrent que ce monétaire pourrait être le même Marcus Lollius qui devint consul en 21 av. J.-C. sous Auguste : Proche d’Auguste : Si cette identification est correcte, il aurait été un fidèle de l’empereur, premier gouverneur de la Galatie et plus tard précepteur de Caius César (le petit-fils d’Auguste). La Clades Lolliana : Ce Marcus Lollius est resté célèbre pour une défaite militaire en Gaule contre les Germains en 16 av. J.-C., où il perdit l’aigle de la Vème Légion. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Les Lollii n ‘apparaissent pas dans l ‘histoire de Rome avant le dernier siècle de la république. On les croit d’origine samnite parce qu ‘un Samnite du nom de Lollius est mentionné dans la guerre contre Pyrrhus, roi d ‘Epire, en 485 (269 av. J.-C.). Le seul cognomen qu’on rencontre chez les Lollii est Palicanus; il fut porté pour la première fois par M. Lollius Palicanus ou Palikanus, tribun du peuple en 683 (71 av. J.-C.). Orateur médiocre, mais ardent défenseur de la classe plébéienne contre Sylla, il parvint à rendre aux tribuns du peuple leur ancienne puissance et fut un des principaux accusateurs de Verrès le  souvenir de son dévouement à la cause populaire a été conservé sur les médailles. La famille Lollia n’a fourni qu’un seul monétaire, dont le prénom est inconnu. C’était certainement un descendant du fameux tribun, puisque les monnaies sont frappées en son honneur. Ces monnaies qui datent de 709 (4, av. J.-C.) environ, peuvent être attribuées à M. Lollius M. f., probablement fils de Palicanus. et qui devint consul en 733 (21 av. J.-C.). Cinq ans plus tard, nous trouvons ce personnage comme légat en Gaule; il combattit

1501PA – Quinaire Papia – Lucius Papius Celsus

1501PA – Quinaire Papia – Lucius Papius Celsus Avers : Anépigraphe Buste de Victoria à droite. Revers : L PAPIVS / CELSVS (Lucius Papius Celsus) Femme et serpent se faisant face. British Museum 2.01g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 45 avant J.C. Matière : Argent Gens : Papia Références : RRC 472/3 – B.4 (Papia) – Syd.966 Ce quinaire de Lucius Papius Celsus est une monnaie riche en symbolisme, mêlant les origines familiales du magistrat monétaire à la propagande politique de l’époque de Jules César (45 av. J.-C.). 1. Le Symbolisme de l’Avers : La Victoire L’avers présente le buste de Victoria (la Victoire). Propagande Césarienne : En 45 av. J.-C., Rome est sous la dictature de Jules César. Cette année marque sa victoire définitive à la bataille de Munda en Espagne contre les fils de Pompée. La présence de la Victoire sur cette monnaie célèbre les triomphes de César, stabilisant son pouvoir absolu. Identification possible : Certains numismates, comme Cavedoni, ont suggéré que les traits de la Victoire sur les monnaies de cette période pourraient s’inspirer de Calpurnia, l’épouse de César, renforçant ainsi le lien entre la divinité et la famille du dictateur. 2. Le Symbolisme du Revers : Le Rituel de Lanuvium Le revers montre une jeune fille nourrissant un serpent. Cette scène n’est pas une simple allégorie de la santé (Salus), mais une référence directe aux racines du monétaire, la gens Papia, originaire de Lanuvium. Le Mythe de la Grotte : À Lanuvium se trouvait un sanctuaire célèbre dédié à Junon Sospita (Junon la Protectrice). Chaque année, un rituel crucial avait lieu : une jeune fille vierge devait descendre dans une grotte pour offrir un gâteau d’orge à un serpent sacré. Le Test de Virginité : Si le serpent acceptait la nourriture, la virginité de la jeune fille était prouvée et l’année s’annonçait fertile. Si le serpent refusait, c’était un présage de famine et de malheur pour la cité. Lien avec Junon Sospita : Bien que Junon n’apparaisse pas directement sur ce quinaire (elle figure sur le denier RRC 472/1 du même monétaire), le serpent est son attribut principal à Lanuvium. 3. Contexte Historique : La Gens Papia et Rome Identité Familiale : Les monétaires de la République utilisaient souvent les monnaies pour glorifier l’histoire de leur famille ou de leur ville d’origine. En représentant ce rite local, Lucius Papius Celsus souligne l’importance religieuse et l’ancienneté de sa lignée. Légende de la fondation : Selon Denys d’Halicarnasse, la ville de Lanuvium fut fondée par Énée. D’autres monnaies de Papius Celsus illustrent d’ailleurs la légende de la louve et de l’aigle attisant un feu, un autre épisode lié à la fondation mythique de cette cité. Le monétaire Lucius Papius Celsus est une figure qui, bien que peu documentée par les textes historiques classiques, a laissé une trace indélébile à travers sa production monétaire de l’année 45 av. J.-C. Identité et Origines Gens Papia : Il appartient à la gens Papia, une famille d’origine plébéienne issue de la cité antique de Lanuvium (une ville de la Ligue Latine célèbre pour son temple de Junon Sospita). Filiation probable : Il est très certainement le fils de Lucius Papius, qui fut lui-même monétaire vers 79 av. J.-C. (auteur du denier dentelé RRC 384/1). Cette continuité familiale explique l’utilisation récurrente des symboles de Lanuvium sur leurs monnaies respectives. Le surnom « Celsus » : Son cognomen, Celsus, signifie littéralement « élevé » ou « grand », ce qui, à l’origine, désignait probablement un ancêtre de grande taille. Carrière et Titre III VIR (Triumvir Monétaire) : Comme l’indique la légende de ses pièces (CELSVS III VIR), il occupait la fonction de triumvir monetalis (membre d’un collège de trois magistrats chargés de la frappe des monnaies). C’était souvent une première étape prestigieuse dans le cursus honorum pour les jeunes aristocrates romains. Datation (45 av. J.-C.) : Sa magistrature se déroule durant une période charnière, sous la dictature de Jules César, juste après la bataille de Munda. Pourquoi est-il important ? L. Papius Celsus illustre parfaitement la manière dont les monétaires romains utilisaient leur charge pour promouvoir leur identité régionale (ici Lanuvium) tout en s’adaptant au climat politique de leur temps (le culte de la victoire césarienne). Ses monnaies sont parmi les plus riches en détails mythologiques de la fin de la République. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Papius Celsus. Monétaire vers 709 (45 av. J.-C.) Ce monétaire est aussi inconnu que le précédent dont il était peut-être le fils; mais les types de ses médailles sont très intéressants. La louve et l’aigle occupés à attiser le feu se rapportent à la fondation légendaire de Lanuvium, telle qu’elle est racontée par Denys d’Halicarnasse. Tandis qu’Enée, après sa fuite de Troie et son abordage sur les côtes d’Italie, était occupé à bâtir Lanuvium, on vit tout à coup le feu prendre à la forêt voisine. Une louve apportait dans sa gueule des morceaux de bois sec qu’elle jetait dans le brasier, tandis qu’un aigle agitait ses ailes pour activer la flamme. Mais survint maître renard qui plongeant sa queue dans la rivière voisine, s’approcha du foyer qu’il se mit à arroser de son mieux pour éteindre l’incendie et en arrêter les envahissements. On lutta longtemps et l’on fit de part et d’autre des efforts prodigieux; à la fin, le renard fut obligé de céder et il se retira tout confus de devant l’aigle et le loup, fiers de leur triomphe. Enée réfléchit sur ce prodige, et il prédit à ses compagnons que la nouvelle colonie qu’ils fondaient serait illustre, mais qu’elle aurait fort à lutter contre la jalousie de ses voisins qui s’opposeraient de toutes leurs forces à son développement; pourtant, elle finirait par triompher de toutes les rivalités. En souvenir de ce mémorable événement, les habitants de Lanuvium élevèrent, au forum de leur ville, des statues de bronze au loup et à l’aigle qui avaient ainsi fait présager leur destinée future :Ab agro rava decurrens lupa Lanuviodit Horace. Telle est la légende que rappellent les médailles; c’est aussi à Lanuvium que se rapporte la tête de Junon

1488CO – Quinaire Considia _ Caius Considius Pætus

1488CO – Quinaire Considia _ Caius Considius Pætus Avers : PAETI Tête diadémée de Vénus à droite. Revers : C. CONSIDIVS (Caii Considii) Victoria (la Victoire) marchant à droite et portant un trophée. British Museum 1.82g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Considia Références : RRC 465/7 – B.8 (Considia) – Syd.996a Ce quinaire de Caius Considius Paetus s’inscrit dans un contexte politique et militaire d’une intensité rare. Voici l’analyse de son symbolisme et du cadre historique de sa création : 1. Contexte Historique : L’apogée de César (46 av. J.-C.) L’année 46 av. J.-C. est marquée par le triomphe absolu de Jules César. Après avoir écrasé les partisans de Pompée à la bataille de Thapsus (en Afrique), César revient à Rome. Il n’est plus seulement un général en campagne, mais le maître civil de la République, nommé dictateur pour dix ans. Caius Considius Paetus frappe cette monnaie en tant que monétaire (magistrat responsable de l’atelier de Rome). Bien que sa famille (la gens Considia) ne soit pas de la plus haute noblesse, il utilise cette charge pour affirmer la loyauté de l’administration monétaire envers le nouvel ordre césarien, tout en respectant les formes républicaines. 2. Analyse du Symbolisme Le choix des motifs sur ce quinaire est un message de légitimité et de célébration : L’Avers : La tête de Pallas/Minerve Signification : Minerve est la déesse de la sagesse, mais aussi de la guerre juste et stratégique. Sa présence souligne que la victoire obtenue n’est pas seulement le fruit de la force brute, mais d’une supériorité intellectuelle et d’une protection divine. Lien avec César : César se revendiquait souvent de la protection de divinités guerrières. Pallas symbolise ici la paix retrouvée grâce à une conduite militaire éclairée. Le Revers : La Victoire (Victoria) avec couronne et palme Signification : C’est le symbole par excellence du triomphe militaire romain. La couronne de lauriers est destinée au vainqueur, et la palme représente la gloire durable. Message politique : En 46 av. J.-C., Rome célèbre quatre triomphes consécutifs de César (Gaule, Égypte, Pont, Afrique). Ce quinaire, par sa petite taille et sa circulation rapide, servait de support de propagande « de poche » pour rappeler aux citoyens que la guerre civile touchait à sa fin par la victoire de la faction césarienne. Le monétaire C. Considius Paetus (Caius Considius Paetus) est une figure fascinante de la fin de la République, dont l’histoire personnelle illustre parfaitement la politique de clémence de Jules César. 1. Identité et Origines C. Considius Paetus est identifié par les historiens (notamment Borghesi) comme le fils de Caius Considius Longus. Son père (Considius Longus) : C’était un fervent partisan de Pompée et propréteur en Afrique. Il a farouchement résisté à César, refusant même de lire ses messages de paix. Après la défaite de Thapsus en 46 av. J.-C., Longus a tenté de s’enfuir avec ses trésors mais a été assassiné par ses propres gardes numides. Le pardon de César : Le jeune Paetus se trouvait avec son père en Afrique lors de cette campagne. Contrairement à son père, il a été épargné par César après la victoire de ce dernier. 2. Sa fonction de Monétaire Paetus est nommé Triumvir Monetalis (membre du collège des trois magistrats chargés de la frappe des monnaies) en 46 av. J.-C., l’année même de la mort de son père et de sa soumission à César. Un acte d’allégeance : La frappe du denier RRC 465/1 est souvent perçue comme un geste de réconciliation. En célébrant les nouveaux honneurs de César (la chaise curule), Paetus montre publiquement sa loyauté envers celui qui lui a laissé la vie sauve. Ses collègues : Il a exercé cette fonction aux côtés de Titus Carisius et Manlius Cordius Rufus, qui ont également frappé des monnaies riches en symbolisme césarien cette année-là. 3. Liens avec Apollonie d’Illyrie Une hypothèse intéressante, soutenue par l’analyse des styles monétaires, suggère que Paetus aurait pu commencer à frapper monnaie à Apollonie d’Illyrie avant de le faire à Rome. C’est ce qui expliquerait la présence fréquente de la tête d’Apollon sur ses pièces (Avers du 465/1), Apollon étant la divinité tutélaire de cette ville. Cela placerait Paetus au cœur des zones de conflit de la guerre civile avant qu’il ne rejoigne le camp des vaincus en Afrique, puis celui des ralliés à Rome. Variante : légende PAETI à l’avers et au revers C·CONSIDI Référence : RRC 465/7b British Museum 2.13g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Considius Paetus. Monétaire en 705 (49 av. J.-C.) Borghesi a reconnu dans ce monétaire le personnage désigné ainsi par Hirtius : C. Considius filiusi, qui était le fils de C. Considius Longus, propréteur en Afrique et partisan de Pompée. Le monétaire se déclara aussi, comme son père, l’adversaire de César, mais après la bataille de Thapsus en 707 (47 av. J.-C.), il fit sa soumission et obtint son pardon avec le gouvernement d’Hadrumète. Ses monnaies ont été frappées en 705 (49 av. J.-C.) à Apollonie d’Illyrie. Cicéron nous parle des pièces d’argent qu’on fit frapper dans cette ville à cette époque de détresse; C. Considius fuyait avec les partisans de Pompée. Le buste de Pallas et le quadrige de la Victoire, ainsi que la Victoire portant un trophée, expriment évidemment les voeux et les espérances des Pompéiens; la tête de Vénus Erycine fait allusion aux souvenirs de la famille Considia que nous avons signalés plus haut; la chaise curule nous indique que C. Considius Paetus était probablement édile curule à l’époque où il fit frapper monnaie. Quant à la tête laurée à l’aspect féminin qui figure sur les deniers n° 2, 3 et 4, dans laquelle Eckhel a voulu reconnaître Vénus, et d’autres la Liberté, elle est la même divinité que celle qui est figurée sur les deniers de Q. Pomponius Musa et de P. Clodius Turrinus. Borghesi a prouvé que c’était la tête d’Apollon, telle qu’on la voit plus tard sur des monnaies de l’empereur Domitien frappées à Apollonie, le lieu même où C. Considius Paetus a fabriqué ses médailles, et c’est par Apollo que doit être interprétée la lettre