1033CA – Bes Cassia – Caius Cassius

1033CA – Bes Cassia – Caius Cassius Avers : Anépigraphe Tête de Bacchus à droite, derrière marque de valeur S suivie de deux points. Revers : C. CASSI ROMA (Caius Cassius Rome) Légende sur une proue de navire; à l’exergue ROMA, à droite marque de valeur S et deux points. British Museum 9.57g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 126 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Cassia Références : RRC 266/3 – B.3 (Cassia) – Syd.504 Le monétaire de cette monnaie est C. Cassius C.f. Longinus. Identité et Magistrature Nom complet : Caius Cassius C.f. Longinus (C.f. signifiant Caii filius, fils de Caius). Fonction : Il était l’un des tresviri monetales (triumvir monétaire), les magistrats chargés de la frappe des monnaies à Rome, en 126 av. J.-C. Gens : Il appartenait à la Gens Cassia, une famille d’origine plébéienne connue pour son orientation politique traditionnellement favorable aux réformes populaires. Liens familiaux et politiques Il est très probable que ce monétaire soit Caius Cassius Longinus qui deviendra consul en 96 av. J.-C. (avec Cnaeus Domitius Ahenobarbus). Il était le fils de Lucius Cassius Longinus Ravilla, qui fut consul en 127 av. J.-C. et censeur en 125 av. J.-C. Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Cassius Longinus. Monétaire vers 645 (109 av. J.-C.) C. Cassius Longinus était le second des fils de L. Cassius Longinus Ravilla cité plus haut. Il fut consul en 658 (96 av. J.-C.) avec Cn. Domitius Ahenobarbus. On ne sait presque rien sur sa vie; il est mentionné par Cicéron comme un des rares personnages qui soient parvenus au consulat sans passer par l’édilité. Ses monnaies sont curieuses. Le denier nous présente au droit, derrière la tête de Rome, une urne de vote qui fait allusion au fameux procès des Vestales jugé en 641 (113 av. J.-C.) par le père du monétaire. Au revers, figure le quadrige de la Liberté, symbole des idées démocratiques des Cassii qui, pour cette raison, avaient été expulsés de l’ordre des patriciens, ce dont ils s’enorgueillissaient. Le denier de P. Maenius Antiaticus a quelque rapport de fabrique avec celui de C. Cassius Longinus. Signalons les deux autres pièces, le dodrans et le bes, l’un avec la tête de Vulcain, l’autre avec la tête de Bacchus, selon Borghesi de Vénus d’après Riccio on sait que ces divisions de l’as sont fort rares dans la suite romaine.
1614VI – Denier Vibia – Caius Vibius Varus

1614VI – Denier Vibia – Caius Vibius Varus Avers : Anepigraphe Tête de Bacchus ou de Liber à droite couronnée d’une branche de vigne avec des grappes de raisins. Revers : C VIBIVS / VARVS (Caius Vibius Varus) Panthère bondissant à gauche sur un autel enguirlandé sur lequel repose un masque de Bacchus; derrière un thyrse décoré posé transversalement. British Museum 4.12g INDICE DE RARETE : 6 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Vibia Références : RRC 494/36 – B.24 (Vibia) – Syd.1138 Le denier de Caius Vibius Varus, frappé en 42 av. J.-C., est une pièce fascinante qui mêle héritage familial et climat politique explosif de la fin de la République romaine. Voici une analyse détaillée de son symbolisme et de son contexte historique. 1. Symbolisme : Le Culte de Bacchus et la Gens Vibia L’iconographie est entièrement dédiée à Bacchus (ou Liber Pater), le dieu du vin, de la fertilité et de l’extase rituelle. L’Avers (Bacchus/Liber) : La tête couronnée de lierre évoque la nature sauvage et la renaissance. En 42 av. J.-C., ce choix n’est pas anodin : Bacchus est le dieu de la liberté (Liber), une notion centrale alors que la République se déchire. La Panthère (Revers) : Animal sacré du dieu, elle est souvent représentée dans son cortège (le thiasos). Elle symbolise la force sauvage domptée par la divinité. L’Autel et le Masque : La présence d’un masque de Silène (le précepteur de Bacchus) sur l’autel fait directement référence aux Liberalia, des fêtes célébrées le 17 mars où les jeunes Romains prenaient la toge virile. Le Thyrse : Ce sceptre orné d’une pomme de pin est l’attribut de pouvoir du dieu, soulignant son autorité sur le cycle de la vie. Note généalogique : Ce choix iconographique est aussi un hommage familial. Comme le souligne le site spécialisé LesDioscures.com, la gens Vibia utilisait régulièrement la figure de Bacchus (on la retrouve chez son ancêtre Caius Vibius Pansa en 48 av. J.-C.). C’était une manière pour le monétaire d’affirmer la continuité et la légitimité de sa lignée. 2. Contexte Historique : L’Ombre de Philippes (42 av. J.-C.) L’année 42 av. J.-C. est l’une des plus critiques de l’histoire romaine. C’est l’année de la Bataille de Philippes, où les triumvirs (Octave et Marc Antoine) affrontent les assassins de Jules César (Brutus et Cassius). Le Financement de la Guerre : Caius Vibius Varus était l’un des quattuorviri monetales (magistrats monétaires). Son rôle premier était de frapper d’énormes quantités de monnaie pour payer les légions des triumvirs qui s’apprêtaient à partir pour la Grèce. Propagande Religieuse : Alors que d’autres monnaies de Varus (comme la RRC 494/38) montrent des thèmes explicitement militaires (Hercule, Minerve), le type 494/36 offre une image de paix religieuse et de prospérité. C’est une promesse de retour à l’ordre et à la fertilité de l’Italie après des années de guerres civiles sanglantes. Marc Antoine et Dionysos : Il est intéressant de noter que Marc Antoine s’identifiait personnellement à Dionysos/Bacchus lors de ses campagnes en Orient. L’émission de Varus pourrait ainsi être vue comme une forme de flatterie ou de soutien idéologique envers Antoine. Le monétaire Caius Vibius Varus est une figure dont la carrière est principalement documentée par ses émissions monétaires. Il exerça ses fonctions à une époque de transition violente pour la République romaine. Voici ce que l’on sait de ce magistrat et de son rôle : 1. Identité et Famille Gens Vibia : Caius Vibius Varus appartient à la gens Vibia, une famille plébéienne qui n’apparaît de manière significative à Rome qu’au dernier siècle de la République. Les Cognomina : Les branches les plus connues de cette famille portent les noms de Pansa (notamment le consul de 43 av. J.-C.) et Varus. Le nom Varus signifie littéralement « aux jambes cagneuses ». Postérité : On pense qu’il est l’arrière-grand-père du sénateur Gaius Vibius Varus, actif sous l’Empire, montrant que sa lignée a su naviguer avec succès à travers les guerres civiles. 2. Sa Fonction : Le Collège des Quatuorvirs Caius Vibius Varus fait partie du collège des Quattuorviri Monetales (les quatre magistrats responsables de la frappe) de l’année 42 av. J.-C. Ses collègues étaient : Lucius Livineius Regulus Lucius Mussidius Longus Publius Clodius Turrinus Contrairement à ses collègues, il n’ajoute aucune qualification (comme IIIvir AAAFF) à son nom sur ses monnaies. Il frappe sous l’autorité du Sénat, mais ses émissions sont clairement destinées à soutenir les Triumvirs (Marc Antoine, Octave et Lépide) dans leur lutte contre les assassins de César. 3. Thématiques de son Monnayage Le monnayage de Varus se divise en deux grandes catégories de propagande : La Légitimité Triumvirale : Il émet des pièces aux portraits de Marc Antoine (comme votre RRC 494/32), d’Octave et de Lépide. Ces pièces servent à payer les armées et à familiariser le public avec les visages des nouveaux maîtres de Rome. Les Traditions Familiales et Religieuses : Sur d’autres types (comme le denier RRC 494/36), il privilégie des figures comme Bacchus (Liber Pater), souvent associé à la gens Vibia. On y voit souvent une panthère, un masque de Silène et un thyrse, symbolisant la fertilité et les fêtes des Liberalia. En résumé Caius Vibius Varus était un magistrat stratégique dont la mission était de financer l’effort de guerre des héritiers de César. Son travail illustre parfaitement la transformation de la monnaie romaine : d’un outil de célébration républicaine vers un instrument de culte de la personnalité au profit des chefs militaires. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Vibius Varus. Monétaire en 711-712 (43-42 av. J.-C.) Ce magistrat composa un collège monétaire avec L. Livineius Regulus, L. Mussidius Longus et P. Clodius Turrinus. Ses trois collègues prennent le titre de quatuorvir auro publico feriundo; lui seul n’ajoute à son nom aucune qualification. Mommsen plaçait ce collège en 716; le trésor de Pieve-Quinta a démontré qu’il date des années 711 et 712 (43-42 av. J.-C.). Nous ne savons rien de la carrière de C. Vibius Varus qui n’est connu que par les médailles. Outre les monnaies que ses collègues et lui ont fait frapper aux noms de Lépide, de
1469PO – Quinaire Porcia – Marcus Porcius Cato Uticensis

1469PO – Quinaire Porcia – Marcus Porcius Cato Uticensis Avers : M. C(AT)O PRO. PR (Marcus Cato Proprætor, Marcus Caton propréteur) Tête de Bacchus (Liber) à droite avec une couronne de vigne, les cheveux longs tombant sur la nuque. Revers : VICTRIX Victoria (la Victoire) assise à droite, les ailes déployées, tenant une patère de la main droite. British Museum 1.81g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Afrique Datation : 47-46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Porcia Références : RRC 462/2 – B.11 (Porcia)– Syd.1054a Ce quinaire n’est pas une simple pièce de monnaie ; c’est un outil de propagande politique frappé dans l’urgence des derniers instants de la République romaine. Voici une analyse approfondie de son symbolisme et du contexte dramatique de sa création. 1. Le Symbolisme iconographique Caton le Jeune utilise l’imagerie pour réaffirmer les valeurs de la faction des Optimates (les conservateurs) face à la montée du pouvoir personnel de Jules César. L’Avers : Liber (Bacchus) et la Liberté Le choix de Liber, dieu de la croissance et de la liberté, est un jeu de mots visuel. À cette époque, Liber est souvent assimilé à Libertas. En plaçant Liber sur sa monnaie, Caton se positionne comme le gardien de la Libertas républicaine contre la Dominatio (la tyrannie) de César. Le Revers : Victoire Victrix (La Victoire victorieuse) La représentation de la Victoire assise tenant une patera (vase sacrificiel) est un rappel direct d’une monnaie frappée par son ancêtre en 89 av. J.-C. Le message : Caton invoque la légitimité de sa lignée et l’espoir d’une victoire finale sanctionnée par les dieux, malgré une situation militaire désespérée. 2. Contexte Historique : L’ultime résistance (47-46 av. J.-C.) Ce quinaire est frappé en Afrique du Nord (Utique), après la défaite de Pompée à Pharsale. L’exil africain : Caton, ayant refusé de se soumettre, rejoint les forces républicaines en Afrique pour organiser une armée avec Metellus Scipion et le roi numide Juba Ier. La mention PRO PR : La légende M·CATO·PRO·PR indique son titre de Pro Praetore. Cela souligne qu’il agit au nom de la loi et du Sénat légitime, par opposition à César qu’il considère comme un usurpateur. La tragédie d’Utique : La production de cette monnaie cesse brutalement après la bataille de Thapsus (février 46 av. J.-C.). Voyant la cause perdue, Caton choisit de se donner la mort à Utique plutôt que d’accepter la clémence de César. Ce geste fera de lui le « martyr de la République ». 3. Importance Numismatique Cette monnaie est essentielle pour les historiens car elle témoigne de la continuité républicaine. En utilisant un type monétaire « familial » (celui de son ancêtre), Caton cherche à prouver que le passé de Rome est de son côté. Le monétaire responsable de cet émission est l’une des figures les plus emblématiques et inflexibles de l’histoire romaine : Marcus Porcius Cato, plus connu sous le nom de Caton d’Utique (ou Caton le Jeune). Voici les informations clés sur ce magistrat et son rôle particulier lors de cette émission. Le Monétaire : Marcus Porcius Cato (95-46 av. J.-C.) Bien que Caton ait exercé la fonction de questeur en 65 av. J.-C. (où il s’était déjà distingué par une gestion rigoureuse et honnête des finances publiques), il frappe cette monnaie avec le titre de Propréteur (PRO PR). 1. Un profil hors norme Stoïcien rigoureux : Caton était célèbre pour son austérité, son refus de la corruption et son adhésion stricte aux principes de la philosophie stoïcienne. Adversaire acharné de César : Il considérait Jules César comme une menace existentielle pour la Constitution républicaine. Il a passé sa carrière à s’opposer aux ambitions du futur dictateur. Lignage prestigieux : Il est l’arrière-petit-fils de Caton l’Ancien (le Censeur). En frappant le quinaire RRC 462/2, il imite volontairement le type monétaire créé par son ancêtre en 89 av. J.-C., affirmant ainsi que sa lutte s’inscrit dans la pure tradition familiale et romaine. 2. Pourquoi a-t-il frappé monnaie en Afrique ? Après la défaite de Pompée à Pharsale, Caton prend le commandement d’une partie des troupes républicaines et se replie sur Utique (en actuelle Tunisie). Rôle financier et logistique : Bien qu’il ait refusé le commandement militaire suprême (le laissant à Metellus Scipion, de rang consulaire), Caton s’est chargé de la défense d’Utique et de l’approvisionnement des troupes. Nécessité de guerre : La frappe du RRC 462/2 (quinaires et deniers) servait principalement à payer les soldats de l’armée républicaine et à financer la résistance contre César. 3. La mention « PRO PR » (Pro Praetore) Contrairement aux monétaires habituels de l’atelier de Rome (Tresviri Monetales), Caton signe ici en tant que magistrat en exercice dans une province. Cette mention est capitale : elle revendique la légalité de son autorité. Pour lui, le véritable État romain (le Sénat) se trouvait à Utique, et non à Rome sous l’occupation césarienne. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon M. Porcius Cato. Propréteur, de 706 à 708 (48-46 av. J.-C.) Il s’agit ici de Caton d’Utique, arrière petit-fils de Caton l’Ancien et fils du monétaire du même nom dont nous avons plus haut étudié le monnayage. Il naquit en 659 (95 av. J.-C.), servit dans la guerre contre Spartacus en 682 (72 av. J.-C.), et cinq ans plus tard, fut envoyé en Macédoine comme tribun militaire. Nommé ensuite questeur, il fit rendre gorge aux agents de Sylla qui s’étaient enrichis au pouvoir, puis, sur l’invitation du roi Déjotare, il partit en Asie: Pompée le reçut à Ephèse avec de grands honneurs. Rentré à Rome, il prêta son concours à Cicéron pour démasquer la conspiration de Catilina, en 691 (63 av. J.-C.). César qui redoutait l’influence de Caton à Rome, le fit envoyer en Chypre avec la mission de substituer dans l’île la domination romaine à celle de l’Egypte. Ami de la liberté avant tout, Caton se montra l’adversaire des triumvirs César, Pompée et Crassus, et son ardeur à défendre L. Domitius Ahenobarbus, le rival de Pompée et de Crassus au consulat de l’an de 699
1323CA – Denier Cassia – Lucius Cassius Longinus

1323CA – Denier Cassia – Lucius Cassius Longinus Avers : Anépigraphe Tête imberbe de Bacchus ou de Liber à droite, coiffée de la couronne de vigne avec un thyrse transversal sur l’épaule. Revers : L. CASSI. Q. F (Lucius Cassius Quinti Filius, Lucius Cassius fils de Quintus) Tête de Proserpine (Libera) à gauche, coiffée de la couronne de vigne. Bibliothèque nationale de France 4.12g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 78 avant J.C. Matière : Argent Gens : Cassia Références : RRC 386/1 – B.6 (Cassia) – Syd.779 Le monétaire qui a frappé ce denier est Lucius Cassius Quintus Filius Longinus (L. CASSI Q. F.). Cette émission a eu lieu aux environs de 78 av. J.-C., pendant une période de la République romaine caractérisée par de forts troubles politiques suite à la dictature de Sylla. 📜 Contexte Familial et Politique Gens Cassia Longini: Lucius Cassius Q.f. Longinus appartenait à la gens Cassia, une ancienne et noble famille plébéienne de Rome, connue pour son attachement aux valeurs républicaines et, parfois, pour ses positions populistes. Les Longini: Le surnom Longinus était commun au sein de cette branche de la famille. Ancêtres Célèbres: Un ancêtre notable de cette famille était Lucius Cassius Longinus Ravilla (consul en 127 av. J.-C. et censeur en 125 av. J.-C.), célèbre pour sa sévérité et pour avoir fait voter la Lex Cassia Tabellaria (loi sur le vote secret). Descendant Célèbre (possible): Il est généralement considéré comme un parent du bien plus célèbre Caius Cassius Longinus (un des principaux assassins de Jules César en 44 av. J.-C.), bien que la parenté exacte soit débattue entre les historiens. 🍇 Signification du Type Monétaire Les motifs choisis pour cette pièce — les têtes de Liber (Bacchus) et de Libera (Proserpina) — sont significatifs : Liber et Libera étaient des divinités souvent associées au culte de Cérès (déesse des récoltes, dont le temple principal était sur l’Aventin). Ces divinités étaient traditionnellement vénérées par la plèbe. Le choix de ces symboles est souvent interprété comme une manière pour le monétaire L. Cassius Longinus de faire référence à l’héritage de sa famille, notamment l’association des Cassii avec les intérêts et les dieux de la plèbe, et peut-être aux lois agraires ou frumentaires (lois sur le blé) défendues par ses ancêtres. En frappant cette monnaie, Lucius Cassius Q.f. Longinus signalait probablement son allégeance politique et son héritage familial avant d’entamer sa carrière politique. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Cassius Q. f. Monétaire vers 675 (79 av. J.-C.) A l’époque où le denier qui suit a été frappé, nous rencontrons dans l’histoire plusieurs personnages portant le nom de L. Cassius. C’est d’abord L. Cassius Longinus dont la généalogie est incertaine: nous ne pouvons savoir s’il était fils d’un Quintus comme le veut la légende de notre denier. Il fut préteur en 688 (66 av. J.-C.) et il est cité par Cicéron comme l’un des juges de Cluentius . Il brigua en vain le consulat en 691 (63 av. J.-C.), et compromis trois ans plus tard dans la conspiration de Catilina, il fut condamné à mort . Un second L. Cassius Longinus fut tribun du peuple en 710 (44 av. J.-C.); mais il parait avoir été fils de C. Cassius Longinus Varus, consul en 681 (73 av. J.-C.), circonstance qui ne permet pas d’identifier ce personnage avec notre monétaire fils d’un Quintus. Un troisième L. Cassius fut tribun militaire en 685 (69 av. J.-C.) ; son père est inconnu. C’est probablement le premier ou le troisième de ces personnages qui a fait frapper le denier qui porte au droit la tête de Liber, comme le denier de M. Volteius, et au revers, la tête de Libéra. C est une allusion au temple appelé Aides Cereris, qui était voisin du cirque, et qui fut inauguré en 261 (493 av. J.-C.) par un des ancêtres du monétaire, le consul Sp. Cassius : il était consacré à Cérès, à Liber et à Libera . Liber, ou Bacchus couronné de lierre, et Libera ou Perséphone couronnée de pampres et de raisins, étaient surtout invoqués à l’époque des vendanges. Preller a montré les rapports qui existaient entre le temple de Cérès et le culte de Liber pater et de Libera ou de la Liberté plébéienne à la cause de laquelle les Cassii s’étaient traditionnellement consacrés : I oedes Cereris était devenu le temple des libertés plébéiennes. Lieux de découverte (124 exemplaires)
1320VO – Denier Volteia – Marcus Volteius

1320VO – Denier Volteia – Marcus Volteius Avers : Anépigraphe Tête de Liber ou de Bacchus à droite avec la couronne de vigne. Revers : M. VOLTEI. M. F (Marcus Volteius Marci Filius, Marc Volteius, fils de Marc) Cérès debout à droite, tenant une torche allumée dans chaque main, dans un char tiré par deux serpents; derrière, une marque de contrôle. British Museum 3.84g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 78 avant J.C. Matière : Argent Gens : Volteia Références : RRC 385/3 – B.3 (Volteia) – Syd.776 Le monétaire à l’origine de ce denier est Marcus Volteius M. f. (Marcus Volteius, fils de Marcus). Voici les informations numismatiques et historiques disponibles à son sujet : Identité et Période Nom Complet : Marcus Volteius Marci Filius (M. Volteius M. f.) Fonction : Triumvir Monetalis (l’un des trois magistrats chargés de la frappe des monnaies). Date d’émission : 78 av. J.-C. Famille (Gens) : Volteia. Contexte Historique et Familial Connaissance limitée : On sait très peu de choses sur la biographie personnelle de Marcus Volteius M. f. Son existence est principalement attestée par les monnaies qu’il a émises. La Gens Volteia : La gens Volteia est une famille romaine connue surtout par l’intermédiaire de ses monnaies. Les sources anciennes ne la mentionnent que très brièvement, par exemple un certain L. Vulteius est mentionné comme propréteur en Sicile en 70 av. J.-C. Il est probable que M. Volteius M. f. était un parent proche de ce L. Vulteius. Autres monétaires Volteii : La famille a fourni à la République deux officiers monétaires connus : M. Volteius M. f. et L. Volteius Strabo. L’Œuvre Monétaire (RRC 385) L’ensemble de l’émission de M. Volteius M. f. (RRC 385/1 à 385/5) est remarquable pour son iconographie, car les cinq types de deniers différents commémorent ce qui semble être les cinq grandes fêtes agonales (jeux) de l’année romaine : RRC Divinité / Type Fête Commémorée (selon Mommsen) 385/1 Temple de Jupiter (Capitolin) Ludi Romani (Jeux Romains) 385/2 Tête d’Hercule / Sanglier d’Érymanthe Ludi Plebeii (Jeux Plébéiens) 385/3 Tête de Liber / Cérès en bige de serpents Ludi Cereales (Jeux de Cérès) 385/4 Tête d’Attis / Cybèle en bige de lions Ludi Megalenses (Jeux Mégalésiens) 385/5 Tête d’Apollon / Trépied et serpent Ludi Apollinares (Jeux Apollinaires) L’émission est donc une série thématique très intéressante, soulignant le rôle du monétaire dans la création et la diffusion de messages culturels et politiques par le biais de la monnaie. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Volteia est connue seulement par les médailles, par un passage de Cicéron et par un autre de Florus où il est question d’un certain L. Vulteius propréteur en Sicile. On ne sait rien ni sur l’origine ni sur le rang de cette race; elle a fourni à la république deux officiers monétaires : M. Volteius et L. Volteius Strabo. I. M. Volteius M. f. Monétaire vers 666 (88 av. J.-C.) Nous ne possédons aucun détail biographique sur ce personnage qui était probablement très proche parent de L. Vulteius propréteur en Sicile en 684 (70 av. J.-C.). Mais en revanche, les types figurés sur ses monnaies sont très intéressants, et ils n’avaient pas encore été expliqués jusqu’à Mommsen qui en a donné le véritable sens, en montrant qu’ils se rapportent à la fête de Rome, à la fête plébéienne, aux fêtes de Cérès, aux fêtes d’Apollon et aux jeux mégalésiens ; ce sont les cinq grandes fêtes agonistiques de l’année romaine. Sur le denier n. 3, on voit la tête de Liber comme sur plusieurs autres deniers du temps de la république, et le bige ordinaire de Cérès : ces types se rapportent aux fêtes de Cérès, appelées Cerialia, dans lesquelles on honorait Cérès, Liber et Libéra. D’après l’indication des livres sibyllins, on construisit à Rome, en 261 (493 av. J.-C.), près du circus maximus un temple grec appelé aedes Cereris, Liberi Liberaeque. Les édiles plébéiens en avaient la garde , et c’est là qu’ils distribuaient au peuple du pain et du blé, dans les moments de détresse. Les ludi ceriales que présidaient ces magistrats, avaient lieu tous les ans au mois d’avril. Institués à une date incertaine par C. Memmius, comme l’indique une médaille de la famille Memmia , ils consistaient en sacrifices et en jeux auxquels on invitait les patriciens. Lieux de découverte (179 exemplaires)
1229PO – Quinaire Porcia – Marcus Porcius Cato

1229PO – Quinaire Porcia – Marcus Porcius Cato Avers : M. C(AT)O (Marcus Cato, Marcus Caton) Tête imberbe de Bacchus ou de Liber à droite, coiffée d’une couronne de vigne; au-dessous, marque de contrôle. Revers : VIC(TR)IX (de la victoire) Victoria (la Victoire) assise à droite, les ailes déployées, tenant une patère de la main droite. British Museum 2.25g INDICE DE RARETE : 3 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 89 avant J.C. Matière : Argent Gens : Porcia Références : RRC 343/2b – B.7 (Porcia) – Syd.597c Le monétaire de ce quinaire est Marcus Porcius Cato (M. Cato). 👨👩👧👦 Filiation et Famille Illustre Ce Marcus Porcius Cato n’est pas le célèbre Caton l’Ancien (Cato Censorius, censeur en 184 av. J.-C.), mais il est un membre direct de cette illustre lignée : Il était le petit-fils de Caton l’Ancien (Marcus Porcius Cato Censorius). Il était le père de Caton d’Utique (Marcus Porcius Cato Uticensis, le célèbre Républicain qui s’opposa à César). Il a exercé la magistrature de monétaire en 89 av. J.-C., une période extrêmement troublée par la Guerre Sociale. 🍷 Signification du type d’Avers : Liber Contrairement au denier (RRC 343/1) qui portait un buste féminin (Roma ou Liberté/Victoire) en lien avec la gloire militaire de la gens Porcia, le quinaire utilise la tête de Liber (ou Bacchus, dieu romain de la vigne, du vin et de la liberté). Interprétation : Ce choix iconographique est souvent interprété comme une référence à l’Italie et à la Liberté. Le culte de Liber était populaire dans la péninsule. En pleine Guerre Sociale, la monnaie peut ainsi faire allusion à l’obtention de la citoyenneté par les alliés (les Italiens), ou à la liberté que Rome était censée défendre ou garantir. Note technique : Liber/Bacchus était une divinité très présente dans l’iconographie des monétaires républicains à cette époque. 🌟 Thème du Revers : Continuité Le revers de la Victoire assise (VICTRIX) est le même que celui du denier, renforçant l’hommage à l’aïeul, Caton l’Ancien, qui avait voué un temple à Victoria Virgo. Le thème de la Victoire était particulièrement pertinent au milieu des conflits de la Guerre Sociale. En résumé, le quinaire RRC 343/2 est une pièce éminemment politique qui, par ses types monétaires, met en valeur à la fois l’héritage familial du monétaire (M. Cato) et les enjeux politiques et militaires de l’époque (Guerre Sociale, Liberté, Victoire). Variante sans marque de contrôle à l’avers. Références : RRC 343/2a – B.7 (Porcia) – Syd.597var Bibliothèque nationale de France 1.96g Bibliothèque nationale de France 1.96g Pour plus de clichés de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon M. Porcius Cato. Monétaire vers 653 (101 av. J.-C.) Ce personnage était le petit-fils de Caton l ‘Ancien, et le fils de M. Porcius Cato Salonianus. Il fut le père de Caton d ‘Utique. Il était l’ami de Sylla et mourut au moment d ‘être préteur, après 659 (95 av. J.-C.), année de la naissance de son fils, et avant 663 (91 av. J.-C.), époque où mourut M. Livius Drusus, à qui avait été confiée la tutelle de Caton d’Utique.La tête de la Liberté paraît sur ses pièces, comme sur celles d’un grand nombre de monétaires du parti républicain ; on l’identifia avec Rome, comme l’a remarqué Borghesi à cause de l’inscription Roma Viclrix. Le type de la Victoire rappelle le temple consacré à la Victoria virgo, par Caton l’Ancien, grand-père du monétaire, après ses succès militaires en Espagne. Ce type de la Victoire assise est copié sur les pièces autonomes de Terina dans le Bruttium. Sous le siège de la Victoire, on lit quelquefois les lettres ST, que Cavedoni a expliquées par stala, stabilis, en rapportant cette épithète à la Victoire; Borghesi lit stipendium : ces deux explications sont aussi peu sûres l’une que l’autre. Les types de ces pièces ont été imités sur les deniers italiotes frappés par les confédérés de la guerre Sociale. Lieux de découverte (619 exemplaires)
1213TI – Denier Titia – Quintus Titius

1213TI – Denier Titia – Quintus Titius Avers : PANSA Tête imberbe de Bacchus ou de Liber à droite, coiffée d’une couronne de vigne. Revers : Q. TITI (Quintus Titius) Pégase s’élançant à droite. British Museum 4.05g INDICE DE RARETE : 2 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 90 avant J.C. Matière : Argent Gens : Titia Références : RRC 341/2 – B.2 (Titia) – Syd.692 👤 Le Monétaire Q. Titius Fonction : Monétaire (un des magistrats chargés de la frappe des monnaies à Rome). Date d’activité : Vers 90 av. J.-C. Contexte Historique : Son émission de monnaie a eu lieu pendant la Guerre Sociale (91-88 av. J.-C.), une période de crise majeure et de réformes importantes pour la citoyenneté romaine. Identité Personnelle : On ne sait pas avec certitude qui était ce Quintus Titius. Certains chercheurs suggèrent qu’il pourrait être identifié à un certain Q. Titius mentionné par Plutarque comme s’occupant de commerce, qui serait venu voir Sylla en 86 av. J.-C., mais cette identification reste hypothétique. 🏛️ La Gens Titia et les Monnaies La famille (ou gens) Titia était d’origine plébéienne et n’a accédé à une visibilité politique significative que très tardivement dans l’histoire de la République. Aucun de ses membres n’a atteint le consulat avant la fin de la République. 1. Types Monétaires (Allusion Familiale) Q. Titius est célèbre pour le choix audacieux et inhabituel des types figurant sur ses pièces, qui semblent être des types parlants (faisant allusion au nom de la famille) : Avers : Tête de Liber/Bacchus (avec la couronne de lierre) – peut symboliser la richesse, l’abondance, ou le culte des Titii. Revers : Pégase (le cheval ailé). Le Pégase, sur ces monnaies, pourrait également se rapporter à Mutinus Titinus, dont le culte était particulièrement honoré à Lampsaque, ville où Pégase était aussi représenté. 2. Autres Membres Connus Sex. Titius : Tribun de la plèbe en 89 av. J.-C., connu pour son action politique. M. Titius : Un chef de flotte sous Marc Antoine, qui se rallia plus tard à Octave et devint consul suffect en 31 av. J.-C. C’est le premier membre de la famille Titia à obtenir le consulat. En résumé, si nous connaissons le monétaire Q. Titius par ses monnaies datées de 90 av. J.-C., l’individu derrière le nom reste largement une énigme, bien que ses choix de motifs monétaires nous donnent un aperçu de son contexte familial et culturel. Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Titia, d’origine plébéienne, était néanmoins sénatoriale dès le VIle siècle de Rome. On trouve Sex. Titius, tribun du peuple en 665 (89 av. J.-C.); il se montra le vengeur de Saturninus et de Glaucia tués l’année précédente. A la même époque, vivait un de ses parents, C. Titius, orateur distingué. Nous citerons encore M. Titius un des chefs de la flotte romaine, qui fut fait prisonnier en l’an 714 (40 av. J.-C.) par Sex. Pompée, sur les côtes de la Gaule Narbonnaise. On le trouve en Orient, dans la guerre des Parthes, sous les ordres de Marc Antoine, en 718 (36 av. J.-C.); il se rallia plus tard à Octave et fut consul suffectus, en 723.Les médailles donnent le seul nom de Q. Titius, monétaire vers 664 (90 av. J.-C.) avec C. Vibius Pansa. Mais on ne sait quel est ce personnage, à moins qu’on ne l’identifie avec Q. Titius qui s’occupait de négoce, et vint, selon Plutarque, trouver Sylla en 668 (86 av. J.-C.) après la bataille de Chéronée.Sur le denier n. 1, on voit la tête du dieu Mutinus ou Mutunus Tilinus, surnom de Priape; c’est un type parlant, faisant allusion au nom de famille Titius. Dans la même intention, le chef gaulois Tatinos a reproduit aussi cette tête avec une barbe cunéiforme et des ailerons, sur ses monnaies. Festus rapporte que le dieu Mutinus Titinus avait, à Rome, un temple où les matrones romaines venaient sacrifier, revêtues de robes prétextes : les jeunes mariées étaient tenues d’offrir symboliquement à Mutinus Titinus le tribut de leur virginité. Le Pégase, au revers du même denier, se rapporte aussi à cette même divinité : c’est le type des monnaies de Lampsaque, ville où le culte de Priape était particulièrement en honneur. Sur le denier n. 2, figure la tête de Bacchus, ordinaire aussi sur des monnaies grecques de Lampsaque. L’analogie de ces types s’explique « non par une intention d’imitation servile de la part de l’artiste romain, mais par une communauté de culte entre les deux villes Rome et Lampsaque, communauté qui devait produire des figures semblables pour les mêmes divinités’ » Le Cabinet des Médailles possède un buste de marbre, à double tête comme Janus, dont une des têtes est celle de Bacchus imberbe et couronné de lierre, et l’autre, celle du dieu priapique Mutinus Titinus, ailée, avec la barbe cunéiforme. L’association de ces deux têtes montre le rapport qui existait entre le culte de Bacchus et celui de Mutinus Titinus, le Priape romain. Lieux de découverte (1216 exemplaires)