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1532JU – Denier César – Publius Sepullius Macer

1532JU – Denier César – Publius Sepullius Macer Avers : CAESAR / DICT. PERPETVO (Cæsar Dictator In Perpertuo, César dictateur perpétuel) Tête laurée de César tournée à droite. Revers : P SEPVLLIVS / MACER (MACER écrit de de haut en bas) (Publius Sepullius Macer) Vénus debout à gauche, tenant une Victoriola de la main droite et une lance transversale de la main gauche, appuyée sur un bouclier placé sur un globe. British Museum 3.69g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Sepullia et Julia Références : RRC 480/10 – B.48 (Julia) – Syd.1073 ce denier n’est pas seulement une pièce de monnaie ; c’est un manifeste politique frappé dans les derniers jours de la République romaine. Voici l’analyse de son symbolisme et de son contexte historique unique. 1. Le Contexte Historique : Le Franchissement de l’Interdit En 44 av. J.-C., Rome est sous le choc d’une révolution numismatique. Jules César devient le premier Romain vivant à faire figurer son propre portrait sur une monnaie. Dictateur Perpétuel : Le titre DICT PERPETVO inscrit sur cette pièce est crucial. Contrairement à la dictature traditionnelle qui était une magistrature d’exception limitée à six mois, César se fait nommer « dictateur à vie » en février 44. Pour l’aristocratie sénatoriale, c’est la preuve irréfutable de ses ambitions monarchiques, ce qui précipitera son assassinat quelques semaines plus tard. L’Ides de Mars : La rareté extrême de la variante 480/9 (où le nom du monétaire Macer est écrit de bas en haut) suggère que la production a été brutalement interrompue, probablement par la mort du dictateur le 15 mars 44 av. J.-C. 2. Le Symbolisme de l’Avers : La Personnification du Pouvoir Le portrait de César est chargé de codes destinés à légitimer son autorité : La couronne de laurier : Symbole du triomphateur, elle rappelle ses victoires militaires (Gaule, Égypte, Afrique). Le réalisme (style vériste) : Contrairement aux portraits idéalisés des rois grecs, César est représenté avec un cou décharné et des traits marqués. Cette esthétique romaine traditionnelle visait à projeter la gravitas (sérieux) et l’autorité d’un homme d’État expérimenté. Les attributs religieux : On retrouve souvent derrière sa tête le lituus (bâton d’augure), rappelant qu’il est aussi Pontifex Maximus (Grand Pontife), le chef de la religion d’État. 3. Le Symbolisme du Revers : La Légitimité Divine Le revers présente Vénus Victrix (Vénus Victorieuse), un choix loin d’être anodin : L’ascendance divine : César affirmait que sa famille, la Gens Julia, descendait d’Iule, fils d’Énée, lui-même fils de Vénus. En plaçant Vénus sur ses monnaies, il proclame que son pouvoir ne vient pas seulement du Sénat, mais de son sang divin. La Victoire en main : Vénus tient une petite Victoire (Victoriola), signifiant que la paix romaine dépend de la faveur divine accordée à César. Le Bouclier et le Globe : Le bouclier évoque la protection militaire, tandis que le globe (souvent présent sous les pieds de Vénus ou à côté du bouclier) symbolise la domination de Rome sur le monde connu. Le magistrat monétaire responsable de l’émission de cette monnaie est Publius Sepullius Macer. C’est un personnage clé de la numismatique romaine, bien que sa biographie historique soit paradoxalement très mince en dehors de ses monnaies. Voici les informations essentielles sur ce monétaire : 1. Identité et Statut Nom complet : Publius Sepullius Macer. Fonction : Il fait partie du collège des quatuorviri monétaires (IIIIvir AAAFF) de l’année 44 av. J.-C. Origine : La famille Sepullia est d’origine plébéienne, possiblement originaire de Padoue (Patavium). En dehors de Macer, cette famille est quasiment inconnue dans les fastes consulaires. Le Collège de 44 av. J.-C. : Jules César a augmenté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre (quatuorviri) pour faire face au besoin massif de numéraire avant sa campagne prévue contre les Parthes. Macer a travaillé aux côtés de L. Aemilius Buca, C. Cossutius Maridianus et L. Flaminius Chilo. 2. Un rôle de transition historique P. Sepullius Macer a eu le destin singulier d’être en fonction pendant et après l’assassinat de César (15 mars 44 av. J.-C.). Son monnayage se divise en trois phases révélatrices : Avant les Ides de Mars (Janvier – Février 44) : Il frappe les deniers à la légende CAESAR IMP (comme le RRC 480/5) puis CAESAR DICT PERPETVO. Ce sont les premières monnaies montrant un dictateur vivant. Immédiatement après la mort de César (Mars – Avril 44) : Macer continue de frapper des monnaies, mais le portrait de César apparaît désormais voilé (indiquant son statut de Pontifex Maximus ou son caractère sacré posthume) avec la légende PARENS PATRIAE (Père de la Patrie). Sous l’influence de Marc Antoine : Plus tard dans l’année, il frappe des types représentant Marc Antoine avec une barbe de deuil, montrant son ralliement au camp césarien après le meurtre du dictateur. 3. Types monétaires notables Outre le denier à l’étoile (480/5), P. Sepullius Macer a signé : Le type « Clementia Caesaris » (RRC 480/21) : Représentant un temple dédié à la clémence de César, une vertu que le dictateur mettait en avant pour se distinguer de la cruauté de Sylla. Le type du Desultor (RRC 480/20) : Un cavalier sautant d’un cheval à l’autre, une référence possible à des jeux célébrés par César. Variante : MACER écrit du bas vers le haut au revers. Références : RRC 480/9 – B.48 (Julia) – Syd.1073a Moins de cinq exemplaires observés. British Museum 4.08g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Sepullia n’est connue que par deux représentants : l’un est le monétaire P. Sepullius Macer sur lequel on n’a pas d’autres renseignements historiques que ceux que nous fournissent les médailles; l’autre est l’orateur Sepullius Bassus mentionné par Sénèque.P. Sepullius Macer frappa monnaie en 710 (44 av. J.-C.), avant la mort de César, et il resta en charge après le meurtre du dictateur. Il remplaça, comme magistrat monétaire, M. Mettius, avant les ides de Mars de l’an 710, et ses collègues furent L. Aemilius Buca, C. Cossutius Maridianus et L. Flaminius Chilo. Nous avons donné quelques détails sur ce collège, à la famille Julia. Tous les types numismatiques qui figurent sur les monnaies de P.

1541JU – Denier César – Publius Sepullius Macer

1541JU – Denier César – Publius Sepullius Macer Avers : CAESAR PARENS PATRIAE Tête laurée et voilée de Jules César à droite, devant un lituus et derrière un bonnet de flamine. Revers : P·SEPVLLIVS – MACER (Publius Sepullius Macer) Voltigeur galopant portant un fouet de la main droite et rênes du second cheval de la main gauche. Dans le champ, couronne et branche de palmier. Bibliothèque nationale de France 2.83g INDICE DE RARETE : 10+ (Il s’agit du seul exemplaire que j’ai pu observé; en raison de son faible poids, je n’écarte pas l’hypothèse d’un hybride reprenant l’avers à l’effigie de César du denier de Caius Cossutius Maridianus et le revers du desultor du denier de Publius Sepullius Macer.) 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Julia et Sepullia Référence : RRC 480/20 – B.51 (Julia) L’étude de ce denier révèle un programme iconographique complexe, conçu par le monétaire Publius Sepullius Macer dans l’atmosphère électrique qui a suivi l’assassinat de Jules César en 44 av. J.-C. 1. Symbolisme de l’Avers : La sacralisation du Dictateur L’avers présente César avec des attributs qui soulignent sa double nature de chef d’État et de chef religieux : Le Voile (Capite Velato) : Bien que César ait été Pontifex Maximus depuis 63 av. J.-C., le voile sur cette émission posthume est souvent interprété comme un signe de pietas (piété) ou de deuil national. Il transforme l’image du dictateur en une figure quasi-divine ou héroïque. Le Lituus et l’Apex : Le lituus (bâton d’augure) et l’apex (bonnet des flamines) sont des symboles forts des sacerdoces romains. Ils rappellent que César possédait l’autorité religieuse suprême pour interpréter les présages et diriger les rituels. La Légende « PARENS PATRIAE » : Ce titre (« Père de la Patrie ») lui fut décerné par le Sénat peu avant sa mort. Son utilisation sur cette monnaie vise à présenter son assassinat non pas comme l’élimination d’un tyran, mais comme un parricide contre le père de tous les citoyens. 2. Le Revers : Le Desultor et les Jeux de la Paix Le revers, montrant un cavalier acrobate (desultor) sautant entre deux chevaux, est riche de sens : Les Parilia : Ce type est traditionnellement associé au festival des Parilia (21 avril), qui célébrait la fondation de Rome. En 44 av. J.-C., ces jeux furent particulièrement fastueux car ils célébraient également la victoire de César à Munda. Popularité et Propagande : En remplaçant les divinités classiques (comme Vénus) par une scène de cirque, le monétaire s’adressait directement au peuple et aux vétérans. C’est une image de liesse populaire qui cherche à apaiser les tensions civiles. Lien avec Marc Antoine : Ce revers est identique à celui utilisé pour les monnaies de Marc Antoine (RRC 480/22). Cela suggère une volonté délibérée de l’entourage d’Antoine de se présenter comme le seul véritable héritier spirituel et politique de César. 3. Contexte Historique : L’après Ides de Mars Frappée probablement entre avril et mai 44 av. J.-C., cette monnaie s’inscrit dans la stratégie de Marc Antoine pour contrer la montée en puissance du jeune Octave (le futur Auguste). L’abolition de la Dictature : Alors qu’Antoine fait voter l’abolition du titre de « Dictateur » pour apaiser les républicains, il utilise la monnaie pour maintenir vivante l’image de César en tant que Parens Patriae. Une monnaie de transition : Le RRC 480/20 marque la fin du monnayage césarien et le début du monnayage des chefs de guerre (Imperator) qui caractérisera la fin de la République. Le magistrat monétaire responsable de l’émission de cette monnaie est Publius Sepullius Macer. C’est un personnage clé de la numismatique romaine, bien que sa biographie historique soit paradoxalement très mince en dehors de ses monnaies. Voici les informations essentielles sur ce monétaire : 1. Identité et Statut Nom complet : Publius Sepullius Macer. Fonction : Il fait partie du collège des quatuorviri monétaires (IIIIvir AAAFF) de l’année 44 av. J.-C. Origine : La famille Sepullia est d’origine plébéienne, possiblement originaire de Padoue (Patavium). En dehors de Macer, cette famille est quasiment inconnue dans les fastes consulaires. Le Collège de 44 av. J.-C. : Jules César a augmenté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre (quatuorviri) pour faire face au besoin massif de numéraire avant sa campagne prévue contre les Parthes. Macer a travaillé aux côtés de L. Aemilius Buca, C. Cossutius Maridianus et L. Flaminius Chilo. 2. Un rôle de transition historique P. Sepullius Macer a eu le destin singulier d’être en fonction pendant et après l’assassinat de César (15 mars 44 av. J.-C.). Son monnayage se divise en trois phases révélatrices : Avant les Ides de Mars (Janvier – Février 44) : Il frappe les deniers à la légende CAESAR IMP (comme le RRC 480/5) puis CAESAR DICT PERPETVO. Ce sont les premières monnaies montrant un dictateur vivant. Immédiatement après la mort de César (Mars – Avril 44) : Macer continue de frapper des monnaies, mais le portrait de César apparaît désormais voilé (indiquant son statut de Pontifex Maximus ou son caractère sacré posthume) avec la légende PARENS PATRIAE (Père de la Patrie). Sous l’influence de Marc Antoine : Plus tard dans l’année, il frappe des types représentant Marc Antoine avec une barbe de deuil, montrant son ralliement au camp césarien après le meurtre du dictateur. 3. Types monétaires notables Outre le denier à l’étoile (480/5), P. Sepullius Macer a signé : Le type « Clementia Caesaris » (RRC 480/21) : Représentant un temple dédié à la clémence de César, une vertu que le dictateur mettait en avant pour se distinguer de la cruauté de Sylla. Le type du Desultor (RRC 480/20) : Un cavalier sautant d’un cheval à l’autre, une référence possible à des jeux célébrés par César.

1731JU – Denier Octave et Agrippa – Marcus Vipsanius Agrippa

1731JU – Denier Octave et Agrippa – Marcus Vipsanius Agrippa Avers : DIVOS IVLIVS – DIVI.F (Divos Iulios Divi Filius, du divin Jules fils du divin) Têtes affrontées de Jules César laurée et d’Octave nue. Revers : M. AGRIPPA. COS / DESIG (Marcus Agrippa Consul / Designatus, Marc Agrippa consul / désigné) Légende en deux lignes dans le champ. British Museum 3.94g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Italie ou Gaule Datation : 38 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Vipsania et Julia Références : RRC 534/2 – B.130 (Julia) – Syd.1330 Le Pouvoir de l’Héritage Ce denier est l’une des pièces les plus audacieuses de la fin de la République, utilisant le portrait pour légitimer une transition de pouvoir dynastique. L’Avers : Le Duo Dynastique Les têtes face à face (confrontées) : Ce design, rare et frappant, crée un lien visuel indissoluble entre le dictateur défunt (Jules César) et son héritier (Octave). Le regard d’Octave, tourné vers son père adoptif, suggère à la fois le respect filial (Pietas) et une transmission de mandat divine. DIVOS IVLIVS & DIVI F : Les légendes renforcent l’image. César est déjà Divos (Divin), ce qui permet à Octave de se proclamer Divi Filius (Fils du Divin). En 38 av. J.-C., ce titre est son arme politique la plus puissante face à Marc Antoine. Le Revers : L’homme d’action, Marcus Agrippa Une rareté épigraphique : Contrairement à la majorité des monnaies de l’époque qui arborent des divinités au revers, le RRC 534/2 présente une légende purement politique : M.AGRIPPA.COS / DESIG. L’affirmation d’un second : C’est l’une des rares occasions où Octave partage sa monnaie avec un individu n’appartenant pas à la famille impériale. Cela souligne le statut unique d’Agrippa : il n’est pas qu’un général, il est le pilier opérationnel du futur Principat. Contexte Historique : L’Année 38 av. J.-C., un Tournant La frappe de ce denier s’inscrit dans un moment de tension extrême pour le Second Triumvirat. Le Renouvellement du Triumvirat : En 38 av. J.-C., les pouvoirs d’Octave, Marc Antoine et Lépide expirent. Le pacte de Tarente (début 37) les renouvellera, mais en attendant, Octave doit prouver sa légitimité. Cette monnaie est un manifeste : il est l’héritier de César, soutenu par le meilleur général de Rome. La Menace de Sextus Pompée : À cette date, Sextus Pompée bloque l’approvisionnement en grain de Rome depuis la Sicile. Octave subit des revers militaires humiliants. L’élévation d’Agrippa au rang de Consul Designatus (Consul désigné) est une réponse politique : Octave met en avant l’homme qui va construire la flotte de guerre et remporter, plus tard, la bataille de Nauloque. L’Atelier Itinérant : La pièce a probablement été frappée par un atelier militaire accompagnant Octave en Italie ou Agrippa en Gaule. Cela explique le style parfois vigoureux et moins « urbain » que les frappes de l’atelier de Rome, soulignant le caractère urgent et militaire de l’émission. Nota Ce type monétaire illustre parfaitement la thématique des « Gémeaux Politiques ». Si les Dioscures (Castor et Pollux) sont les protecteurs mythiques de Rome, Octave et Agrippa forment ici un « doublé » bien réel : l’un apporte la légitimité du sang et du nom (César), l’autre apporte la force et la compétence consulaire. « Ce denier ne se contente pas de montrer des visages ; il met en scène la passation de pouvoir. En plaçant Agrippa au revers de la lignée césarienne, Octave transforme une amitié personnelle en une institution d’État, préfigurant l’organisation du futur Empire Romain. » Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon M. Vipsanius Agrippa fut consul effectif pour la première fois en 717 (37 av. J.-C.); par conséquent, ces pièces sont un peu antérieures à cette date et doivent être classés en 716 (38 av. J.-C.). On a longtemps cherché quel était le sens du mot TER dans la légende du droit de l’aureus précédent. Nous l’avons interprété, avec Borghesi, par iterum, c’est-à-dire iterum triumvirt, le renouvellement du triumvirat ayant eu lieu en 716, date des médailles. Cependant, Mommsen: a lu tertio, en interprétant imperator… tertio. Mais nous ne saurions accepter l’opinion du savant allemand pour les deux raisons suivantes : 1° il serait sans exemple en numismatique que le chiffre de la salutation impératoriale fut ainsi éloigné du mot imperator; 2° sur les monnaies d’Octave, le chiffre de la salutation impératoriale n ‘est jamais marqué quand le mot imperator est placé comme un prénom devant le mot de Caesar. Ajoutons que, de toutes les pièces d’Octave que nous avons décrites jusqu’ici, la dernière (n. 130) est la seule sur laquelle le mot IMP. précède le nom d’Octave; nous avons constamment trouvé CAESAR IMP., sans chiffre de salutation impératorialc, bien entendu, puisqu’Octave n’avait encore qu’une seule salutation. Sur les pièces qui vont suivre, nous trouverons au contraire IMP. CAESAR, et dans ce cas, avons-nous dit, le chiffre de l’impératorat ne figure jamais. Si, par exception, on lit CAESAR IMP., le mot IMP. est toujours suivi d’un chiffre. C’est faute d’avoir observé ces règles que la confusion la plus grande a régné jusqu’ici dans la chronologie des monnaies d’Octave et d’Auguste. Lieux de découverte (4 exemplaires)

1715JU – Denier César – Quintus Voconius Vitulus

1715JU – Denier César – Quintus Voconius Vitulus Avers : Anépigraphe Tête laurée de Jules César à droite. Revers : Q. VOCONIVS // VITVLVS. Q. / DESIGN/ S|C (Quintus Voconius Vitulus Quæstor Designatus / Senatus consulto, Quintus Voconius Vitulus questeur désigné avec l’accord du Sénat) Veau à gauche. British Museum 3.82g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 40 avant J.C. Matière : Argent Gens : Voconia et Julia Références : RRC 526/4 – B.1 (Voconia) – CRR.1133 Ce denier, frappé en 40 av. J.-C., est une émission charnière du second triumvirat. Bien qu’émis sous l’autorité du questeur désigné Quintus Voconius Vitulus, il s’agit d’une pièce de propagande majeure au service d’Octave, futur Auguste. 1. Contexte Historique : La Consolidation d’Octave En 40 av. J.-C., Rome sort à peine de la guerre de Pérouse. Octave est resté seul en Italie tandis que Marc Antoine est en Orient. Cette période est marquée par : La Divinisation de César : Jules César a été officiellement déclaré Divus (Divin) en 42 av. J.-C. Octave utilise systématiquement cette filiation pour asseoir sa légitimité face à ses rivaux. Le Rôle du Questeur : Quintus Voconius Vitulus est qualifié de DESIGN S C (Designatus Senatus Consulto), soulignant que cette émission est officiellement autorisée par le Sénat, renforçant l’image d’Octave comme restaurateur de l’ordre républicain. 2. Analyse de l’Avers : Le Portrait Divinisé L’avers présente une tête laurée de Jules César. Symbolisme : Ce portrait posthume ne cherche pas le réalisme brut, mais la sacralisation. Le titre DIVI IVLI (souvent présent sur d’autres types de la série) confirme le statut de dieu du défunt dictateur. Objectif Politique : En frappant le portrait de son père adoptif, Octave rappelle qu’il est le Divi Filius (fils d’un dieu), un argument imparable pour s’assurer la loyauté des légions césariennes. 3. Analyse du Revers : Le « Veau » de Vitulus Le revers montre un veau (ou génisse) marchant à gauche. Le Jeu de Mots (Type Parlant) : Comme il est courant chez les monétaires romains, le motif est une allusion directe au cognomen du magistrat : Vitulus signifie « veau » en latin. L’Appendice Sexué : Comme le souligne votre base de données sur LesDioscures.com, l’animal est clairement identifié comme un mâle, ce qui confirme l’interprétation du « veau » plutôt que d’une génisse sacrificielle. Symbolisme Sacré : Bien que personnel au monétaire, l’animal peut aussi évoquer la piété et les sacrifices liés au culte de Divus Julius. Le Magistrat : Quintus Voconius Vitulus Bien que son nom figure sur l’une des monnaies les plus prestigieuses de la fin de la République, l’homme derrière la frappe reste une figure relativement mystérieuse de l’histoire romaine. 1. Identité et Rang Quintus Voconius Vitulus appartient à la gens Voconia, une famille plébéienne qui n’atteint les hautes sphères de l’État qu’assez tardivement. Titre : Sur les monnaies (notamment le denier RRC 526/4), il est qualifié de Q. DESIGN. S. C. (Quaestor Designatus Senatus Consulto). Cela signifie qu’il était questeur désigné au moment de la frappe et qu’il agissait par décret du Sénat. Fonction : Il fait partie du collège des magistrats monétaires de l’année 40 av. J.-C. Son collègue connu pour cette même année est Tiberius Sempronius Gracchus (RRC 525). 2. Origines : La Gens Voconia La famille est principalement connue pour deux autres membres illustres : Q. Voconius Saxa : Tribun de la plèbe en 169 av. J.-C., célèbre pour la Lex Voconia (approuvée par Caton l’Ancien), qui limitait le droit des femmes à hériter de grandes fortunes. Q. Voconius Naso : Préteur et juge lors du célèbre procès de Cluentius plaidé par Cicéron en 66 av. J.-C. 3. Allégeance Politique Voconius Vitulus est un partisan déclaré d’Octave. À une époque où le pouvoir est disputé entre les triumvirs, le choix de faire figurer le portrait d’Octave (avec la barbe de deuil) et celui du divin Jules César sur ses émissions montre une loyauté sans faille au camp césarien. Il est l’un de ces « nouveaux hommes » ou partisans de rang intermédiaire à qui Octave confie la gestion de l’atelier monétaire de Rome pour saturer l’espace public de sa propre image et de celle de son père adoptif. 4. Le Symbolisme du « Veau » (Vitulus) Le choix du revers de l’aureus (le veau) est une signature héraldique personnelle : C’est un type parlant : en latin, vitulus signifie « veau ». Cette pratique, typiquement républicaine, permettait au magistrat de marquer la monnaie de son identité familiale tout en servant l’autorité supérieure (ici Octave). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Les Voconii ne font leur apparition dans l’histoire romaine que dans les derniers siècles de la république. On connaît notamment Q. Voconius Saxa, tribun du peuple en 585 (169 av. J.-C.), auteur de la loi Voconia défendue par Caton l’Ancien; Q. Voconius Naso, juge dans le procès de Cluentius plaidé par Cicéron, en 688(66 av. J.-C.); et enfin Q. Voconius Vitulus, qui remplit la charge de monétaire.Q. Voconius Vitulus n’est connu que par les médailles qui le qualifient de quaeslor designalus; son collègue qui a aussi frappé monnaie était Ti. Sempronius Gracchus. Les médailles de Voconius ont, au revers, un veau, emblème du surnom du monétaire; elles portent au droit, les unes, l’effigie de Jules César, et les autres celle d’Octave; elles ont été frappées peu d’années après la mort de Jules César, sous le triumvirat d’Octave, Antoine et Lépide, selon l’opinion de Borghesi.La barbe que porte Octave, en signe de deuil à cause de la mort de Jules César, fait placer ces médailles au temps de la guerre contre Sex. Pompée en 716-718. Elles ne sauraient, en effet, être postérieures, car Dion Cassius nous apprend que c’est après la guerre contre Sextus Pompée qu’Octave se rasa pour la première fois depuis la mort de César. Les médailles de Q. Voconius Vitulus ne sauraient, d’autre part, être antérieures à l’an 713 (41 av. J.-C.), car Jules César ne reçut le titre de divus que le V des kalendes de décembre 712 (42 av. J.-C.). Ce titre paraissant sur toutes les médailles, il faut donc renoncer à les classer en 711 (43 av. J.-C.) comme on l’a

1713JU – Denier César – Quintus Voconius Vitulus

1713JU – Denier César – Quintus Voconius Vitulus Avers : DIVI·IVLI (Divi Iulii, Au divin Jules) Tête laurée de Jules César à droite. Derrière le buste, un lituus. Revers : Q. VOCONIVS // VITVLVS (Quintus Voconius Vitulus) Veau à gauche. British Museum 3.58g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 40 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Voconia et Julia Références : RRC 526/2 – B.2 (Voconia) – Syd. 1132 Frappé en 40 av. J.-C. par le monétaire Q. Voconius Vitulus, ce denier est un témoignage iconographique majeur de la transition entre la République et l’Empire. Il s’inscrit dans une stratégie de légitimation menée par le jeune Octave (futur Auguste). 1. L’Avers : La Divinisation de César L’avers présente le buste lauré de Jules César, marqué par la légende DIVI IVLI. Le Lituus : Situé derrière la nuque de César, cet instrument liturgique (le bâton recourbé des augures) rappelle que César appartenait au collège des Augures. C’est un rappel de sa pietas et de sa connexion privilégiée avec les dieux. Le Titre de Divus : En 42 av. J.-C., le Sénat a officiellement reconnu César comme une divinité (Divus Iulius). Cette monnaie, frappée deux ans plus tard, est l’un des premiers supports de diffusion de ce nouveau statut. Pour Octave, il ne s’agit pas seulement d’honorer son père adoptif, mais d’affirmer sa propre identité de Divi Filius (fils d’un dieu). 2. Le Revers : Jeux de Mots et Identité de Famille Le revers illustre un veau (ou un taurillon) marchant à gauche, entouré du nom du monétaire Q. VOCONIVS VITVLVS. Type Parlant (Canting Type) : Le choix du veau est un jeu de mots visuel sur le cognomen du monétaire, Vitulus, qui signifie littéralement « veau » en latin. C’était une pratique courante chez les magistrats monétaires romains pour marquer l’identité de leur gens. Le Statut de Vitulus : Q. Voconius Vitulus est désigné comme Quaestor Designatus. Le fait qu’il consacre l’avers à César plutôt qu’à une divinité républicaine traditionnelle montre l’alignement total de la magistrature romaine sur les intérêts du parti césarien à cette époque. 3. Contexte de Production (40 av. J.-C.) L’année 40 av. J.-C. est une période de tensions extrêmes : Le Siège de Pérouse : Octave vient de remporter la guerre de Pérouse contre Fulvie et Lucius Antonius (femme et frère de Marc Antoine). Propagande et Paix de Brindes : La frappe de ce denier coïncide avec les négociations qui mèneront au traité de Brindes, redistribuant le monde romain entre les triumvirs. En affichant le portrait de César, Octave rappelle à l’armée et au peuple que c’est lui le seul héritier légitime de l’héritage césarien, face à Marc Antoine. Le Magistrat : Quintus Voconius Vitulus Bien que son nom figure sur l’une des monnaies les plus prestigieuses de la fin de la République, l’homme derrière la frappe reste une figure relativement mystérieuse de l’histoire romaine. 1. Identité et Rang Quintus Voconius Vitulus appartient à la gens Voconia, une famille plébéienne qui n’atteint les hautes sphères de l’État qu’assez tardivement. Titre : Sur les monnaies (notamment le denier RRC 526/4), il est qualifié de Q. DESIGN. S. C. (Quaestor Designatus Senatus Consulto). Cela signifie qu’il était questeur désigné au moment de la frappe et qu’il agissait par décret du Sénat. Fonction : Il fait partie du collège des magistrats monétaires de l’année 40 av. J.-C. Son collègue connu pour cette même année est Tiberius Sempronius Gracchus (RRC 525). 2. Origines : La Gens Voconia La famille est principalement connue pour deux autres membres illustres : Q. Voconius Saxa : Tribun de la plèbe en 169 av. J.-C., célèbre pour la Lex Voconia (approuvée par Caton l’Ancien), qui limitait le droit des femmes à hériter de grandes fortunes. Q. Voconius Naso : Préteur et juge lors du célèbre procès de Cluentius plaidé par Cicéron en 66 av. J.-C. 3. Allégeance Politique Voconius Vitulus est un partisan déclaré d’Octave. À une époque où le pouvoir est disputé entre les triumvirs, le choix de faire figurer le portrait d’Octave (avec la barbe de deuil) et celui du divin Jules César sur ses émissions montre une loyauté sans faille au camp césarien. Il est l’un de ces « nouveaux hommes » ou partisans de rang intermédiaire à qui Octave confie la gestion de l’atelier monétaire de Rome pour saturer l’espace public de sa propre image et de celle de son père adoptif. 4. Le Symbolisme du « Veau » (Vitulus) Le choix du revers de l’aureus (le veau) est une signature héraldique personnelle : C’est un type parlant : en latin, vitulus signifie « veau ». Cette pratique, typiquement républicaine, permettait au magistrat de marquer la monnaie de son identité familiale tout en servant l’autorité supérieure (ici Octave). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Les Voconii ne font leur apparition dans l’histoire romaine que dans les derniers siècles de la république. On connaît notamment Q. Voconius Saxa, tribun du peuple en 585 (169 av. J.-C.), auteur de la loi Voconia défendue par Caton l’Ancien; Q. Voconius Naso, juge dans le procès de Cluentius plaidé par Cicéron, en 688(66 av. J.-C.); et enfin Q. Voconius Vitulus, qui remplit la charge de monétaire.Q. Voconius Vitulus n’est connu que par les médailles qui le qualifient de quaeslor designalus; son collègue qui a aussi frappé monnaie était Ti. Sempronius Gracchus. Les médailles de Voconius ont, au revers, un veau, emblème du surnom du monétaire; elles portent au droit, les unes, l’effigie de Jules César, et les autres celle d’Octave; elles ont été frappées peu d’années après la mort de Jules César, sous le triumvirat d’Octave, Antoine et Lépide, selon l’opinion de Borghesi.La barbe que porte Octave, en signe de deuil à cause de la mort de Jules César, fait placer ces médailles au temps de la guerre contre Sex. Pompée en 716-718. Elles ne sauraient, en effet, être postérieures, car Dion Cassius nous apprend que c’est après la guerre contre Sextus Pompée qu’Octave se rasa pour la première fois depuis la mort de César. Les médailles de Q. Voconius Vitulus ne sauraient, d’autre part, être antérieures à l’an

1711JU – Denier César _ Tiberius Sempronius Graccus

1711JU – Denier César _ Tiberius Sempronius Graccus Avers : S.C (Senatus Consulto) Tête laurée de Jules César à droite. Revers : TI SEMPRONIVS GRACCVS Q DES (Tiberius Sempronius Graccus, Quaestor Designatus) Aigle légionnaire tourné à gauche, placée au centre entre une enseigne militaire, un araire et un bâton de mesure “decempeda”. British Museum 3.88g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 40 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Sempronia et Julia Références : RRC 525/4c – B.10 (Sempronia) – CRR.1129 Ce denier, frappé à Rome en 40 av. J.-C., est une émission charnière du Second Triumvirat. Il illustre la transition entre la mémoire du dictateur assassiné et la consolidation du pouvoir d’Octave à travers la gestion des vétérans. 1. Le Portrait : L’Héritage du Divin Jules L’avers présente la tête laurée de Jules César. En 40 av. J.-C., César est déjà mort depuis quatre ans, mais il a été officiellement divinisé (Divus Iulius) en 42 av. J.-C. Légitimation par le sang : En utilisant le portrait de César, le monétaire Ti. Sempronius Gracchus affirme la continuité du pouvoir. Pour Octave (le futur Auguste), faire figurer son père adoptif sur les monnaies est essentiel pour revendiquer le titre de Divi Filius (fils du divin). Continuité politique : Contrairement aux portraits réalistes et « émaciés » des émissions de 44 av. J.-C. (comme le RRC 480/3 de M. Mettius), le portrait ici tend vers une certaine idéalisation posthume, soulignant son statut de divinité tutélaire de l’État. 2. Le Revers : Un Manifeste de la Colonisation Militaire Le revers de cette pièce est l’un des plus riches en symboles techniques et militaires de la fin de la République. Il présente quatre objets distincts : Symbole Signification Symbolique Vexillum Étendard de la cavalerie ou des unités spéciales, symbolisant la présence active de l’armée. Aquila L’aigle légionnaire, emblème suprême de la puissance et de la cohésion des légions de César. Aratrum (Charrue) Symbole de la fondation des colonies (sulcus primigenius). Elle représente le retour à la terre du soldat. Decempeda Perche de dix pieds utilisée par les arpenteurs (agrimensores) pour diviser les terres. L’Enjeu : La Terre pour les Vétérans Ce revers n’est pas une simple décoration ; c’est un message politique brûlant. En 40 av. J.-C., après la bataille de Philippes, Octave doit gérer l’installation de près de 40 000 vétérans. L’association de l’Aigle (guerre) et de la Charrue/Decempeda (paix agricole) montre que la promesse de César est tenue : le soldat qui a servi l’Empire reçoit en récompense une part du sol italien. C’est également une réponse directe aux tensions de la guerre de Pérouse, où la question de la confiscation des terres pour les vétérans avait mis l’Italie à feu et à sang. 3. Le Monétaire : Ti. Sempronius Gracchus Peu connu par les textes, Tiberius Sempronius Gracchus porte ici le titre de Quaestor Designatus (Questeur désigné). Sa signature TI SEMPRONIVS GRACCVS Q DESIG souligne son rang administratif. La mention S C (Senatus Consulto) indique que cette émission, bien que pro-césarienne, conserve les formes de légalité républicaine en étant frappée par décret du Sénat. Le Monétaire : Tiberius Sempronius Gracchus Ti. Sempronius Gracchus est un personnage historique dont la carrière se situe au cœur des guerres civiles romaines. Contrairement aux tribuns réformateurs, il est un partisan actif du camp césarien, servant sous les ordres d’Octave. 1. Ses Titres et Fonctions Sur cette monnaie (et les deniers associés), il décline ses titres officiels : IIII. VIR (Quatuorvir) : Membre du collège des quatre magistrats monétaires (IIIIviri monetales). Sous Jules César, le nombre de magistrats était passé de trois à quatre, une tradition qu’Octave maintient temporairement en 40 av. J.-C. Q. D. (Quaestor Designatus) : Questeur désigné. Cela signifie qu’au moment de la frappe, il avait déjà été élu à la questure pour l’année suivante. C’est une marque de prestige indiquant qu’il est un homme politique en pleine ascension, soutenu par le pouvoir en place. 2. Identité et Origine Familiale Il appartient à la prestigieuse Gens Sempronia, l’une des familles les plus anciennes et les plus influentes de Rome. Un ralliement stratégique : Bien que sa famille ait été historiquement liée aux luttes populaires, ce Gracchus de la fin de la République a choisi de lier son destin à celui d’Octave (futur Auguste). Le dernier des monétaires : Il fait partie des tout derniers magistrats monétaires dont le nom apparaît sur les monnaies romaines. Peu après, avec la montée en puissance d’Auguste comme seul maître de Rome, les noms des magistrats disparaîtront des monnaies au profit de la seule titulature impériale. 3. Son rôle politique en 40 av. J.-C. Frapper cette monnaie au nom d’Octave en 40 av. J.-C. n’est pas un acte administratif anodin. À cette date, Octave sort de la violente guerre de Pérouse. En apposant son nom aux côtés du portrait d’Octave et de la légende DIVI IVLI F, Tiberius Sempronius Gracchus affirme publiquement la loyauté de sa lignée aristocratique envers l’héritier de César. Variante 1 : Légende du revers différente Revers : TI SEMPRONIVS GRACCVS Q DESI (Tiberius Sempronius Graccus, Quaestor Designatus) Référence : RRC 525/4b American Numismatic Society 3.51g American Numismatic Society 3.51g Variante 2 : Légende du revers différente Revers : TI SEMPRONIVS GRACCVS Q DESIG (Tiberius Sempronius Graccus, Quaestor Designatus) Référence : RRC 525/4a British Museum 4.03g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ti. Sempronius Gracchus. Monétaire entre 716 et 718 (38 à 36 av. J.-C.) Ce personnage fit battre monnaie comme quatuorvir monétaire, charge qu’il remplit tandis qu’il était quaestor designatus. Ses deniers frappés au nom de l’autorité du sénat (senalus consulto), portent soit la tête laurée de Jules César divinisé, soit celle d’Octave. Un de ses collègues fut Q. Voconius Vitulus. On ne connaît pas les deux autres; on ne sait rien non plus de la carrière de Ti. Sempronius Gracchus. Lieux de découverte (8 exemplaires)

1710JU – Denier César – Tiberius Sempronius Graccus

1710JU – Denier César – Tiberius Sempronius Graccus Avers : Anépigraphe Tête laurée de Jules César à droite. Revers : TI·SEMPRO NIVS. S – C. Q·DESIG // GRACCVS (Tiberius Sempronius Graccus, Quaestor Designatus) Aigle légionnaire tourné à gauche, placée au centre entre une enseigne militaire, un araire et un bâton de mesure “decempeda”. British Museum 3.67g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 40 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Sempronia et Julia Références : RRC 525/3 – B.11 (Sempronia) – Syd. 1123 Ce denier, frappé à Rome en 40 av. J.-C., est une émission charnière du Second Triumvirat. Il illustre la transition entre la mémoire du dictateur assassiné et la consolidation du pouvoir d’Octave à travers la gestion des vétérans. 1. Le Portrait : L’Héritage du Divin Jules L’avers présente la tête laurée de Jules César. En 40 av. J.-C., César est déjà mort depuis quatre ans, mais il a été officiellement divinisé (Divus Iulius) en 42 av. J.-C. Légitimation par le sang : En utilisant le portrait de César, le monétaire Ti. Sempronius Gracchus affirme la continuité du pouvoir. Pour Octave (le futur Auguste), faire figurer son père adoptif sur les monnaies est essentiel pour revendiquer le titre de Divi Filius (fils du divin). Continuité politique : Contrairement aux portraits réalistes et « émaciés » des émissions de 44 av. J.-C. (comme le RRC 480/3 de M. Mettius), le portrait ici tend vers une certaine idéalisation posthume, soulignant son statut de divinité tutélaire de l’État. 2. Le Revers : Un Manifeste de la Colonisation Militaire Le revers de cette pièce est l’un des plus riches en symboles techniques et militaires de la fin de la République. Il présente quatre objets distincts : Symbole Signification Symbolique Vexillum Étendard de la cavalerie ou des unités spéciales, symbolisant la présence active de l’armée. Aquila L’aigle légionnaire, emblème suprême de la puissance et de la cohésion des légions de César. Aratrum (Charrue) Symbole de la fondation des colonies (sulcus primigenius). Elle représente le retour à la terre du soldat. Decempeda Perche de dix pieds utilisée par les arpenteurs (agrimensores) pour diviser les terres. L’Enjeu : La Terre pour les Vétérans Ce revers n’est pas une simple décoration ; c’est un message politique brûlant. En 40 av. J.-C., après la bataille de Philippes, Octave doit gérer l’installation de près de 40 000 vétérans. L’association de l’Aigle (guerre) et de la Charrue/Decempeda (paix agricole) montre que la promesse de César est tenue : le soldat qui a servi l’Empire reçoit en récompense une part du sol italien. C’est également une réponse directe aux tensions de la guerre de Pérouse, où la question de la confiscation des terres pour les vétérans avait mis l’Italie à feu et à sang. 3. Le Monétaire : Ti. Sempronius Gracchus Peu connu par les textes, Tiberius Sempronius Gracchus porte ici le titre de Quaestor Designatus (Questeur désigné). Sa signature TI SEMPRONIVS GRACCVS Q DESIG souligne son rang administratif. La mention S C (Senatus Consulto) indique que cette émission, bien que pro-césarienne, conserve les formes de légalité républicaine en étant frappée par décret du Sénat. Le Monétaire : Tiberius Sempronius Gracchus Ti. Sempronius Gracchus est un personnage historique dont la carrière se situe au cœur des guerres civiles romaines. Contrairement aux tribuns réformateurs, il est un partisan actif du camp césarien, servant sous les ordres d’Octave. 1. Ses Titres et Fonctions Sur cette monnaie (et les deniers associés), il décline ses titres officiels : IIII. VIR (Quatuorvir) : Membre du collège des quatre magistrats monétaires (IIIIviri monetales). Sous Jules César, le nombre de magistrats était passé de trois à quatre, une tradition qu’Octave maintient temporairement en 40 av. J.-C. Q. D. (Quaestor Designatus) : Questeur désigné. Cela signifie qu’au moment de la frappe, il avait déjà été élu à la questure pour l’année suivante. C’est une marque de prestige indiquant qu’il est un homme politique en pleine ascension, soutenu par le pouvoir en place. 2. Identité et Origine Familiale Il appartient à la prestigieuse Gens Sempronia, l’une des familles les plus anciennes et les plus influentes de Rome. Un ralliement stratégique : Bien que sa famille ait été historiquement liée aux luttes populaires, ce Gracchus de la fin de la République a choisi de lier son destin à celui d’Octave (futur Auguste). Le dernier des monétaires : Il fait partie des tout derniers magistrats monétaires dont le nom apparaît sur les monnaies romaines. Peu après, avec la montée en puissance d’Auguste comme seul maître de Rome, les noms des magistrats disparaîtront des monnaies au profit de la seule titulature impériale. 3. Son rôle politique en 40 av. J.-C. Frapper cette monnaie au nom d’Octave en 40 av. J.-C. n’est pas un acte administratif anodin. À cette date, Octave sort de la violente guerre de Pérouse. En apposant son nom aux côtés du portrait d’Octave et de la légende DIVI IVLI F, Tiberius Sempronius Gracchus affirme publiquement la loyauté de sa lignée aristocratique envers l’héritier de César. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ti. Sempronius Gracchus. Monétaire entre 716 et 718 (38 à 36 av. J.-C.) Ce personnage fit battre monnaie comme quatuorvir monétaire, charge qu’il remplit tandis qu’il était quaestor designatus. Ses deniers frappés au nom de l’autorité du sénat (senalus consulto), portent soit la tête laurée de Jules César divinisé, soit celle d’Octave. Un de ses collègues fut Q. Voconius Vitulus. On ne connaît pas les deux autres; on ne sait rien non plus de la carrière de Ti. Sempronius Gracchus. Lieu de découverte (1 exemplaire)

1617JU – Denier César – Lucius Mussidius Longus

1617JU – Denier César – Lucius Mussidius Longus Avers : Anepigraphe Buste laurée de Jules César à droite. Revers : L · MVSSIDIVS · LONGVS (Lucius Mussidius Longus) Corne d’abondance sur globe; à gauche le gouvernail; à droite un caducée ailé et chapeau de prêtre. British Museum 4.15g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Mussidia et Julia Références : RRC 494/39a – B.58 (Julia) – Syd.1096 Ce denier, frappé en 42 av. J.-C. par le magistrat monétaire Lucius Mussidius Longus, est un chef-d’œuvre de communication politique. Émis deux ans après l’assassinat de Jules César, il s’inscrit dans une période de transition brutale vers l’Empire. Voici une analyse détaillée du symbolisme et du contexte historique de cette monnaie. 1. Contexte Historique : L’héritage de César En 42 av. J.-C., Rome est dirigée par le Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide). Cette année est marquée par la bataille de Philippes, où les héritiers de César écrasent les troupes des « Libérateurs » (Brutus et Cassius). Légitimation du pouvoir : Octave, fils adoptif de César, cherche à consolider sa position en rappelant son lien avec le dictateur défunt. Divinisation : César est officiellement divinisé par le Sénat en 42 av. J.-C. sous le nom de Divus Iulius. Le portrait sur le denier 494/39 est l’un des premiers à célébrer cette mémoire posthume sans le voile de deuil, présentant un César lauré, presque intemporel. L’atelier monétaire : Mussidius Longus est l’un des Quattuorviri Monetales (collège de quatre magistrats chargés de la monnaie), une expansion du traditionnel triumvirat monétaire, signe de l’ampleur des besoins financiers pour les guerres civiles. 2. Analyse du Revers : Une Cosmologie du Pouvoir Le revers est exceptionnel par l’accumulation de cinq attributs symboliques qui, ensemble, dessinent le programme politique des triumvirs. Symbole Signification Politique et Divine Le Globe Représente la domination universelle de Rome sur le monde connu (oikoumene). Le Gouvernail (Rudder) Symbolise la direction de l’État et le contrôle des mers (crucial contre la menace de Sextus Pompée). La Corne d’abondance Incarne la prospérité et l’abondance retrouvées après les privations de la guerre civile. Le Caducée ailé Attribut de Mercure, il symbolise la paix, le commerce florissant et la félicité publique. L’Apex Bonnet des flamines (prêtres), il rappelle la piété religieuse et l’autorité spirituelle de César. L’interprétation globale : Cette combinaison signifie que, sous l’égide de l’héritage césarien, Rome jouit d’une paix stable (caducée), d’une prospérité économique (corne d’abondance) et d’une domination totale (globe/gouvernail) bénie par les dieux (apex). 3. L’Avers : Un Portrait de Propagande Le portrait de César à l’avers est particulièrement fin. Il porte la couronne de laurier, symbole de victoire permanente. Contrairement aux monnaies frappées de son vivant (comme le RRC 480/13 de Sepullius Macer), ce portrait posthume vise à transformer l’homme en une icône politique indéboulonnable pour justifier le pouvoir de ses successeurs. Lucius Mussidius Longus est un personnage dont la trace historique repose quasi exclusivement sur son activité de monétaire (magistrat chargé de la frappe des monnaies). Malgré cette discrétion dans les textes anciens, ses émissions monétaires sont parmi les plus riches en symbolisme de la fin de la République. Voici ce que l’on sait de lui et de sa fonction : 1. Un « Homme Nouveau » au service des Triumvirs Origine familiale : La gens Mussidia était une famille plébéienne mineure, probablement originaire de Sulmona (pays des Paeligni). Lucius est considéré comme un « homme nouveau » (novus homo), parvenu à des responsabilités grâce à son ralliement à la cause des héritiers de César. Carrière : Après avoir été monétaire en 42 av. J.-C., il semble avoir poursuivi sa carrière sous Auguste. Certaines sources l’identifient comme le Lucius Mussidius qui fut proconsul de Sicile, où il fit également frapper des monnaies de bronze locales. Descendance : Son allégeance politique a porté ses fruits pour sa famille, puisque son fils (ou petit-fils), Titus Mussidius Pollianus, a atteint le rang prestigieux de consul sous le règne de Caligula. 2. Membre du Collège des Quattuorviri (42 av. J.-C.) Lucius Mussidius Longus n’exerçait pas seul. En 42 av. J.-C., les membres du Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine, Lépide) ont porté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre pour faire face aux besoins financiers colossaux de la guerre contre les assassins de César. Il faisait partie de ce collège de Quattuorviri Monetales aux côtés de : P. Clodius L. Livineius Regulus C. Vibius Varus 3. Son rôle politique et monétaire Sous le titre de IIII VIR A.P.F. (Quattuorvir chargé de la frappe de l’or et de l’argent), sa mission était double : Financement militaire : Produire massivement des deniers et des aurei pour payer les légions avant la bataille décisive de Philippes. Propagande : Ses pièces, dont le fameux denier au portrait de César (RRC 494/39), servaient à légitimer le pouvoir des triumvirs en rappelant leur lien avec le dictateur divinisé. 4. Ses types monétaires célèbres Outre le portrait de César, Mussidius Longus est connu pour deux autres types majeurs qui témoignent de ses attaches religieuses et politiques : Le sanctuaire de Vénus Cloacina : Représentant une petite plateforme sur le Forum Romain. Ce type célèbre le retour à la concorde et à la purification de l’État après les souillures des guerres civiles. Le buste de Sol (le Soleil) : Souvent associé à l’idée de renaissance et de protection divine sur l’Orient romain. Variante avec la légende du revers écrite dans le sens antihoraire  Références : RRC 494/39b – Syd.1096c British Museum 3.66g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Mussidia n’est connue que par les monnaies de L. Mussidius Longus, fils de T. Mussidius Longus. On ne sait rien sur la vie de ce personnage qui fut monétaire en 711 et 712 (43-42 av. J.-C.) en même temps que P. Clodius M. f., L. Livineius Regulus et C. Vibius Varus. Outre les monnaies qui n’ont que son nom, L. Mussidius en a fait émettre qui portent les

1602JU – Denier César – Lucius Livineius Regulus

1602JU – Denier César – Lucius Livineius Regulus Avers : Anepigraphe Tête laurée de Jules César à droite entre une branche de laurier à gauche et un caducée à droite. Revers : L·LIVINEIVS – REGVLVS (Lucius Livineius Regulus) Taureau chargeant à droite. British Museum 3.87g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Livineia et Julia Références : RRC 494/24 – B.57 (Julia) Ce denier, frappé en 42 av. J.-C., est une monnaie riche en symboles qui témoigne de la période charnière suivant l’assassinat de Jules César. Ce type monétaire s’inscrit dans une stratégie de légitimation du second Triumvirat. Voici une analyse détaillée du symbolisme et du contexte historique : 1. Le Contexte Historique : L’apothéose de César En 42 av. J.C., Rome est en pleine guerre civile. Les héritiers de César (Octave, Marc Antoine et Lépide) s’apprêtent à affronter les « Libérateurs » (Brutus et Cassius) à la bataille de Philippes. Posthume et Divin : César a été officiellement divinisé (Divus Iulius) peu avant. Cette pièce sert à rappeler sa mémoire, mais surtout à affirmer que ses successeurs sont les héritiers d’un dieu. Le monétaire : Lucius Livineius Regulus, qui supervise la frappe, utilise cette émission pour honorer à la fois le dictateur défunt et la loyauté de sa propre famille envers la cause césarienne. 2. Symbolisme de l’Avers (Le Portrait) Le portrait de César est entouré de deux attributs majeurs : Le Caducée ailé : Attribut de Mercure, il symbolise la Paix, la Félicité et la renaissance du commerce. Après des années de guerres civiles, le message est clair : César (et ses héritiers) apporte la prospérité retrouvée. Le Rameau (Laurier ou Olivier) : Placé derrière la tête, il renforce l’idée de la victoire militaire (laurier) débouchant sur la paix (olivier). C’est la Pax Romana obtenue par les armes. 3. Symbolisme du Revers (Le Taureau furieux) Le taureau chargeant est l’élément le plus complexe et le plus documenté par les numismates, notamment sur LesDioscures.com : L’allusion aux ancêtres : Le père du monétaire a servi sous César lors de la campagne d’Afrique. Le taureau pourrait rappeler un événement précis de la bataille de Thapsus, où un taureau sacrificiel s’était échappé, incident que César avait transformé en présage de victoire. L’ascendance divine (Vénus) : Le taureau est le signe zodiacal du Taureau, régi par la planète Vénus. La Gens Iulia (famille de César) prétendait descendre directement de Vénus. Le taureau est donc une signature généalogique divine. La Force Militaire : Animal puissant et impétueux, le taureau chargeant représente la force irrésistible des légions césariennes face aux conspirateurs. Le monétaire Lucius Livineius Regulus est un personnage clé de la numismatique de la fin de la République, bien que sa biographie reste mystérieuse. Il fait partie de la gens Livineia, une famille plébéienne qui accède à la notoriété sous Jules César. Il appartient au collège des quatre magistrats monétaires de l’année 42 av. J.-C. (les Quattuorviri), aux côtés de L. Mussidius Longus, P. Clodius et C. Vibius Varus. 1. Fonctions et Rôle Politique Quattuorvir Monétaire : Sa mission principale était de superviser la frappe des monnaies destinées à financer l’effort de guerre du second Triumvirat. Préfet de la Ville (Praefectus Urbi) : Sur certaines de ses émissions (comme le denier RRC 494/28), il porte le titre de PRAEF VR. Selon l’analyse de T.V. Buttrey reprise par LesDioscures.com, il aurait exercé cette fonction prestigieuse à Rome en l’absence des consuls, ce qui en faisait probablement le membre le plus influent de son collège monétaire (primus). 2. Une Famille liée à César et Cicéron Le monétaire utilise ses monnaies pour glorifier son lignage, une pratique courante à cette époque de « promotion personnelle » : Le Père (L. Livineius Regulus) : Il était un ami proche de Cicéron. En tant que Préteur, il a servi comme lieutenant (legatus) de Jules César lors de la campagne d’Afrique en 46 av. J.-C. Son portrait apparaît d’ailleurs sur d’autres deniers de la série (RRC 494/27 et 494/29). Loyauté Césarienne : La famille semble avoir été indéfectiblement liée au parti de César, ce qui explique pourquoi Lucius Livineius Regulus a été chargé de frapper les portraits de César divinisé ainsi que ceux d’Octave, Marc Antoine et Lépide. 3. Les Types Monétaires associés En dehors du célèbre denier au taureau (RRC 494/24), ce monétaire a produit d’autres types remarquables mettant en scène son histoire familiale : Scènes de Venatio : Des combats de gladiateurs ou de bêtes sauvages (lion, sanglier) qui rappellent probablement les jeux organisés par son père ou ses ancêtres. Chaire Curule : Symbole du pouvoir des magistrats supérieurs (préteurs), entourée de faisceaux de licteurs, pour souligner le rang sénatorial de sa lignée. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Le gentilicium Livineius n’a été porté que par des Reguli qui eux-mêmes n’étaient qu’une branche de la gens Atilia. On considère comme certain que les deux frères L. Regulus et M. Regulus, que Cicéron cite parmi ses meilleurs amis, étaient des Livineii. On connaît encore un Livineius Regulus qui fut sénateur sous Tibère. Deux membres de la famille Livineia ont frappé monnaie; ils portent l’un et l’autre le nom de L. Livineius Regulus. L. Livineius Regulus. Monétaire en 711-712 (43-42 av. J.-C.) Ce personnage est historiquement inconnu; tout ce que l’on peut dire avec certitude, c’est qu’il fut triumvir monétaire avec L. Mussidius Longus, P. Clodius et C. Vibius Varus. La date des fonctions de ce collège est l’an 711-712 et non, comme l’a cru Mommsen, l’an 716.Les monnaies de L. Livineius Regulus, comme celles de ses collègues, peuvent se partager en diverses catégories : 1° celles qui portent la tête de Jules César, mort l’année précédente; 2° celles qui ont la tête de Marc Antoine; 3° celles qui ont la tête d’Octave: 4° celles qui ont la tête de Lépide; 5° enfin celles qui portent exclusivement des types spéciaux au monétaire et se rapportant à

1594JU – Denier César – Publius Clodius

1594JU – Denier César – Publius Clodius Avers : IMP – CAESAR (Caesar Imperator) Tête laurée de Jules Cesar à droite. Revers : P CLODIVS / M F (Publius Clodius Marci Filius, Publius Claudius fils de Marc) Mars debout de face avec un casque; tête à gauche; portant épée dans son fourreau et reposant sur une lance. British Museum 3.93g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Claudia et Julia Références : RRC 494/16 – B.56 (Julia) – Syd.1123 Ce denier est une monnaie charnière de l’histoire romaine. Frappée en 42 av. J.-C., elle se situe au cœur des guerres civiles qui ont suivi l’assassinat de Jules César. 1. Symbolisme de l’Avers : La Légitimité Religieuse L’avers présente la tête laurée de Jules César. Le portrait est traité avec un réalisme frappant (cou gracile, traits marqués), rompant avec l’idéalisation qui avait commencé à apparaître l’année précédente. Le Lituus : Ce bâton d’augure placé derrière sa tête est le symbole le plus fort. Il rappelle que César était non seulement le maître politique de Rome, mais aussi le Pontifex Maximus (Grand Pontife) et un augure capable d’interpréter les présages. Signification : Pour les triumvirs, afficher César avec ces attributs sert à sacraliser sa mémoire et à présenter ses assassins (Brutus et Cassius) non comme des libérateurs, mais comme des sacrilèges ayant frappé le chef de la religion romaine. 2. Symbolisme du Revers : L’Appel aux Armes Le revers montre Mars, le dieu de la guerre, debout et armé (casque, lance et épée). L’Iconographie : Mars est représenté ici dans son aspect guerrier et protecteur. L’absence de légende autre que le nom du monétaire (P. CLODIVS M. F.) laisse toute la place à l’image divine. La Vengeance : Le choix de Mars est une référence directe à la guerre imminente contre les forces républicaines. Ce denier a été frappé pour financer la levée des légions qui allaient affronter les conjurés à la bataille de Philippes en octobre 42 av. J.-C. Mars est ici le « vengeur » (Mars Ultor), un thème qui deviendra central sous le règne d’Auguste. 3. Contexte Historique : L’Année des Triumvirs En 42 av. J.-C., le collège monétaire (dont fait partie Publius Clodius) travaille sous l’autorité des trois triumvirs. Un collège de quatre membres : P. Clodius officie aux côtés de L. Livineius Regulus, L. Mussidius Longus et C. Vibius Varus. Ils émettent des séries parallèles pour Octave, Antoine et Lépide, mais ce denier à l’effigie de César est sans doute le plus symbolique. Financement de la guerre : La production massive de ces deniers visait à payer la solde des soldats dont la fidélité reposait sur l’héritage de César. Frapper la monnaie au nom du « Père de la Patrie » garantissait le soutien des vétérans. Le monétaire responsable de l’émission de cette monnaie est Publius Clodius, fils de Marcus (P. Clodius M.f.). Malgré l’importance de son monnayage, l’homme derrière le nom reste une figure relativement mystérieuse de l’histoire romaine. Voici ce que nous savons de lui : 1. Identité et Origines Nom complet : Publius Clodius M.f. Turrinus (parfois identifié avec le cognomen Turrinus). La Gens Clodia : Il appartient à la gens Clodia, une variante orthographique « populaire » de la célèbre et ancienne famille patricienne des Claudii. Cette modification de nom était souvent un choix politique pour paraître plus proche du peuple (populares). Distinction généalogique : Il est crucial de ne pas le confondre avec le célèbre et sulfureux Publius Clodius Pulcher (l’ennemi de Cicéron tué en 52 av. J.-C.). Notre monétaire précise bien M.f. (Marci filius, fils de Marcus), alors que le célèbre tribun était le fils d’un Appius. 2. Son rôle en 42 av. J.-C. Publius Clodius faisait partie des Quattuorviri Monetales (un collège de quatre magistrats chargés de la monnaie) de l’année 42 av. J.-C. Ses collègues étaient : L. Mussidius Longus L. Livineius Regulus C. Vibius Varus Ce groupe a travaillé sous l’autorité directe du Second Triumvirat. Leur mission principale était de financer la campagne militaire contre les assassins de César (Brutus et Cassius). 3. Un monétaire polyvalent Bien que le denier au portrait de César (RRC 494/16) soit le plus célèbre, P. Clodius a supervisé une production diversifiée cette année-là : Il a frappé des monnaies pour les trois triumvirs (Octave, Marc Antoine et Lépide), utilisant souvent le même revers au type de Mars, symbolisant la solidarité du triumvirat dans la guerre à venir. Il a également émis des types plus « classiques » mettant en scène des divinités comme Apollon et Diane Lucifère (comme sur le denier RRC 494/23), ce qui, selon LesDioscures.com, pourrait être lié aux cultes sabins d’origine de sa famille ou à la déification de César. 4. Style artistique On lui attribue le mérite d’être revenu à un style de portrait réaliste pour César. Alors que d’autres monétaires de l’époque tendaient vers une idéalisation du dictateur défunt, les coins de P. Clodius conservent les traits caractéristiques et humains de César, renforçant ainsi l’impact émotionnel et politique de la monnaie auprès des soldats. En résumé : Publius Clodius M.f. est un magistrat dont la carrière politique est peu documentée en dehors de ses monnaies, mais son travail témoigne d’une grande maîtrise de la propagande visuelle au service des héritiers de César. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon P. Clodius Turrinus. Monétaire en 711 (43 av. J.-C.) Publius Clodius, fils de Marcus Clodius, fut magistrat monétaire en 711 (43 av. J.-C.). On connaît un P. Clodius qui vivait à cette époque, mais il ne saurait être notre monétaire, car il était fils de P. Clodius Pulcher,le célèbre adversaire de Milon,etles médailles disent que le monétaire était fils d’un Marcus. Il faut aussi éviter de confondre le monétaire avec le Clodius que César envoya en Macédoine en 706 (48 av. J.-C.) rejoindre Metellus Scipion; ce dernier doit être le même qu’Appien appelle Clodius Bithynicus qui combattit au siège de Pérouse, fut fait prisonnier et mis à mort