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161AN – Victoriat Anonyme

161AN – Victoriat Anonyme Avers : Anépigraphe Tête laurée de Jupiter à droite. Revers : ROMA Victoire debout à droite couronnant un trophée. Bibliothèque nationale de France 2.74g INDICE DE RARETE : 3 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 211 avant J.C. Matière : Argent Gens : Anonyme Références : RRC 44/1 – Syd. 83 Ce Victoriat est d’une grande importance historique, car il est introduit pendant une période critique de l’histoire romaine : la Deuxième Guerre Punique (218-201 av. J.-C.) contre Hannibal. Réforme Monétaire de 211 av. J.-C. : Ce Victoriat fait partie d’une réforme monétaire majeure qui a vu l’introduction du denier (le principal étalon d’argent) et du quinarius. Le Victoriat était une monnaie d’argent de valeur inférieure au denier, pesant environ 3,4 grammes, soit la moitié d’un quadrigat ou environ 3/5 d’un denier des débuts. Usage Commercial et Militaire : Les Victoriats étaient probablement destinés aux transactions commerciales, en particulier en dehors de Rome, et au paiement des troupes. Leur iconographie de la Victoire était un message clair de propagande en période de guerre, soulignant la confiance de Rome dans sa victoire finale contre Carthage. Circulation : Ces monnaies ont eu une large circulation et sont fréquemment retrouvées dans des trésors monétaires de l’époque, particulièrement en Italie et en Sicile. Leur frappe massive témoigne des besoins financiers considérables de Rome pendant le conflit. Absence de Marque de Valeur : Contrairement au denier qui portait la marque « X » (pour 10 as), le Victoriat n’avait pas de marque de valeur claire, ce qui a pu entraîner des fluctuations dans son acceptation et sa valeur relative au fil du temps. Il semble qu’il ait eu une valeur d’environ 3/4 de denier dans certaines régions et périodes. En résumé, ce Victoriat est une monnaie emblématique de la République Romaine, témoin des efforts financiers et de la propagande de guerre durant l’un des conflits les plus importants de son histoire. Lieux de découverte (756 exemplaires): Enregistrer Enregistrer Enregistrer

094AN – Drachme Anonyme

094AN – Drachme Anonyme Avers : Anépigraphe Tête laurée et janiforme des Dioscures. Revers : ROMA Jupiter dans un quadrige galopant à gauche, conduit par la Victoire tenant les rênes, brandissant un foudre de la main droite et tenant un sceptre long de la gauche ; grènetis linéaire circulaire. ROMA en creux à l’exergue sur une tablette en relief. Bibliothèque nationale de France 3.41g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Incertain Datation : 225 – 214 avant J.C. Matière : Argent Gens : Anonyme Références : RRC 29/4 – Syd. 65 Autre désignation pour ce didrachme: Demi-Quadrigatus. Cette drachme fait partie de la période des monnaies quadrigatus, qui précède l’introduction du denier vers 211 av. J.-C. Ces monnaies étaient influencées par les systèmes monétaires grecs, notamment ceux des colonies grecques du sud de l’Italie (Magna Graecia).Elle était probablement utilisée pour le commerce avec les régions du sud de l’Italie et de la Sicile, où les drachmes grecques étaient courantes. Cette pièce reflète l’adoption par Rome du format des drachmes pour faciliter les échanges avec les non-citoyens habitués au système monétaire grec.La période de frappe (225–212 av. J.-C.) correspond à la Deuxième Guerre punique, un moment où Rome avait besoin de financer ses campagnes militaires, notamment contre Carthage.

093AN – Didrachme Anonyme

093AN – Didrachme Anonyme Avers : Anépigraphe Tête laurée et janiforme des Dioscures. Revers : ROMA Jupiter dans un quadrige galopant à droite, conduit par la Victoire tenant les rênes, brandissant un foudre de la main droite et tenant un sceptre long de la gauche ; grènetis linéaire circulaire. British Museum 6.52g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Incertain Datation : 225 – 214 avant J.C. Matière : Argent Gens : Anonyme Références : RRC 29/3 – Syd. 64 Autre désignation pour ce didrachme: Quadrigatus. Ce didrachme fait partie des émissions romano-campaniennes, frappées dans le sud de l’Italie, probablement pour financer les efforts de guerre, notamment contre Pyrrhus ou durant la Deuxième Guerre punique (218-201 av. J.-C.). Il s’inscrit dans un système monétaire bimétallique (argent et bronze), avant l’introduction du denier vers 211 av. J.-C. Le « quadrigat » tire son nom du quadrige au revers, un motif symbolisant la puissance et la victoire romaine. Ce terme est utilisé par Tite-Live pour désigner ces monnaies dans le contexte des rançons demandées par Hannibal. Lieu de découverte (1 exemplaire) Enregistrer Enregistrer Enregistrer

089AN – Drachme Anonyme

089AN – Drachme Anonyme Avers : Anépigraphe Tête laurée et janiforme des Dioscures. Revers : ROMA Jupiter dans un quadrige galopant à gauche, conduit par la Victoire tenant les rênes, brandissant un foudre de la main droite et tenant un sceptre long de la gauche ; grènetis linéaire circulaire British Museum 3.38g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 225 – 212 avant J.C. Matière : Argent Gens : Anonyme Références : RRC 28/4 – Syd. 67 Autre désignation pour ce didrachme: Demi-Quadrigatus. Cette drachme fait partie de la période des monnaies quadrigatus, qui précède l’introduction du denier vers 211 av. J.-C. Ces monnaies étaient influencées par les systèmes monétaires grecs, notamment ceux des colonies grecques du sud de l’Italie (Magna Graecia).Elle était probablement utilisée pour le commerce avec les régions du sud de l’Italie et de la Sicile, où les drachmes grecques étaient courantes. Cette pièce reflète l’adoption par Rome du format des drachmes pour faciliter les échanges avec les non-citoyens habitués au système monétaire grec.La période de frappe (225–212 av. J.-C.) correspond à la Deuxième Guerre punique, un moment où Rome avait besoin de financer ses campagnes militaires, notamment contre Carthage.

088AN – Didrachme Anonyme

088AN – Didrachme Anonyme Avers : Anépigraphe Tête laurée et janiforme des Dioscures. Revers : ROMA Jupiter dans un quadrige galopant à droite, conduit par la Victoire tenant les rênes, brandissant un foudre de la main droite et tenant un sceptre long de la gauche ; grènetis linéaire circulaire. British Museum 6.64g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 225 – 212 avant J.C. Matière : Argent Gens : Anonyme Références : RRC 28/3 – Syd. 65 Ce didrachme fait partie des émissions romano-campaniennes, frappées dans le sud de l’Italie, probablement pour financer les efforts de guerre, notamment contre Pyrrhus ou durant la Deuxième Guerre punique (218-201 av. J.-C.). Il s’inscrit dans un système monétaire bimétallique (argent et bronze), avant l’introduction du denier vers 211 av. J.-C. Le « quadrigat » tire son nom du quadrige au revers, un motif symbolisant la puissance et la victoire romaine. Ce terme est utilisé par Tite-Live pour désigner ces monnaies dans le contexte des rançons demandées par Hannibal. Lieux de découverte (3 exemplaires) Enregistrer Enregistrer Enregistrer

1463CA – Aureus Scipion et Crassus – Q. Cæcilius Metellus Pius Scipio

1463CA – Aureus Scipion et Crassus – Q. Cæcilius Metellus Pius Scipio Avers : METEL. PIVS / SCIP. IMP (Metellus Pius Scipio Imperator, Metellus pieux Scipion imperator) Tête barbue et laurée de Jupiter à droite; tête d’aigle tournée à gauche posée sur un sceptre horizontal. Revers : LEG. PRO. PR / CRASS.IVN (Crassus Iunianus Legatus pro Prætor, Crassus Junanius légat propréteur) Chaise curule, entourée d’un épi de blé à gauche et d’une tête de dragon tournée à gauche; au-dessus, une corne d’abondance servant de fléau à une balance . Bibliothèque nationale de France 8.07g INDICE DE RARETE : 10+ (l’aureus de la BnF est le seul que j’ai pu observer) 1 10+ ATELIER : Utique Datation : 47-46 avant J.C. Matière : Or Gentes : Caecilia et Licinia Référence : RRC 460/1 Cet aureus est une monnaie fascinante qui agit comme un manifeste politique et militaire en faveur de la cause pompéienne. Frappée en Afrique du Nord alors que la République romaine se déchire, chaque symbole a été choisi pour affirmer la légitimité de Scipion face à Jules César. 1. Le Contexte Historique : L’ultime résistance en Afrique Nous sommes en 47-46 av. J.-C., après la défaite de Pompée le Grand à Pharsale. Les derniers défenseurs de la République traditionnelle (les Optimates) se sont regroupés en Afrique (actuelle Tunisie/Libye) sous le commandement de Quintus Caecilius Metellus Pius Scipio. L’enjeu : Scipion s’allie au roi Juba Ier de Numidie pour lever une armée massive. Le besoin de monnaie : Ce denier sert principalement à payer les légions. Il est frappé par un atelier monétaire mobile qui suit l’armée. La fin d’une ère : Peu après l’émission de cette monnaie, César remportera la bataille de Thapsus (46 av. J.-C.), entraînant le suicide de Scipion et de Caton d’Utique. 2. Analyse de l’Iconographie  Le choix des images sur cette pièce est une réponse directe à la propagande césarienne. Là où César met en avant sa lignée divine (Vénus), Scipion met en avant les institutions et la stabilité. À l’avers : Jupiter et l’Autorité Divine La tête de Jupiter : Le dieu souverain du Panthéon romain symbolise l’ordre établi et la protection de l’État. C’est un rappel que les Pompéiens se considèrent comme les « vrais » Romains. L’aigle et le sceptre : Attributs classiques du pouvoir suprême. Ils renforcent l’idée que le commandement de Scipion est béni par les dieux et conforme aux traditions ancestrales. Au revers : La République et l’Abondance Le revers est exceptionnellement riche en symboles compactés : La Chaise Curule (Sella Curulis) : C’est l’élément central. C’est le siège des hauts magistrats (consuls, prêteurs). Elle proclame que Scipion et son légat Crassus Junianus détiennent le pouvoir légal (imperium) par délégation du Sénat. La Balance et la Cornucopia : La balance évoque la Justice (Aequitas), tandis que la corne d’abondance promet la prospérité. Le message est clair : « Sous notre commandement, l’équité et l’abondance reviendront. » L’épi de blé : Une référence directe à la province d’Afrique, « grenier de Rome ». Il assure aux soldats et aux citoyens que les ressources ne manqueront pas. Le Carnyx (trompette gauloise) : Ce symbole est plus ambigu. Il représente souvent un trophée militaire, rappelant peut-être les succès passés de la famille ou la victoire espérée sur les troupes de César (qui revenait de Gaule). 3. Une monnaie de « Légitimité » Contrairement aux monnaies de César qui sont souvent centrées sur sa propre personne, cet aureus est une monnaie de l’institution. Scipion ne se présente pas comme un dictateur, mais comme un défenseur des symboles de la République (la chaise curule, la justice, le blé). Pour comprendre l’émission de cette monnaie, il faut distinguer les deux figures mentionnées dans la légende : l’autorité émettrice (Scipion) et l’exécutant monétaire (Crassus Junianus). 1. Quintus Caecilius Metellus Pius Scipio (L’émetteur) Il est l’une des figures les plus puissantes et conservatrices de la fin de la République. Origine prestigieuse : Né Publius Cornelius Scipio Nasica, il appartient à la branche la plus illustre des Scipions. Il fut adopté par testament par Metellus Pius (consul en 80 av. J.-C.), unissant ainsi deux des plus grandes familles romaines (Gens Cornelia et Gens Caecilia). Lien avec Pompée : Il est le beau-père de Pompée le Grand, qui a épousé sa fille Cornelia Metella. En 52 av. J.-C., il est le collègue de Pompée au consulat. L’Imperator : Le titre SCIPIO IMP sur la pièce fait référence à ses victoires en Syrie (contre les populations du mont Amanus) avant de rejoindre le camp pompéien en Afrique. Sa fin : Après sa défaite contre Jules César à la bataille de Thapsus en 46 av. J.-C., il tente de s’enfuir par mer. Rattrapé par la flotte césarienne, il se suicide. Ses derniers mots célèbres furent : « Imperator se bene habet » (« Le général se porte bien »). 2. P. Licinius Crassus Junianus (Le magistrat monétaire) Son nom apparaît au revers (P·CRASSVS·IVN / LEG·PRO·PR). Identité : Il est probablement le fils d’un Damasippus, adopté par un membre de la famille des Licinii Crassi. Ami proche de Cicéron, il est un partisan convaincu de la cause sénatoriale. Fonction : Il n’est pas un « triumvir monétaire » classique de l’atelier de Rome, mais un Legatus Pro Praetore (Légat propréteur). Cela signifie qu’il agit comme lieutenant de Scipion avec des pouvoirs civils et militaires étendus. Rôle monétaire : En tant que légat, il supervise la frappe de la monnaie nécessaire pour payer les troupes de Scipion en Afrique. C’est lui qui garantit la qualité et le poids du métal précieux au nom de l’autorité de Scipion. Pourquoi deux noms sur une seule pièce ? À cette époque de guerre civile, les monnaies ne sont plus seulement des outils économiques, mais des documents officiels. Scipion (l’Imperator) apporte la légitimité militaire et le prestige familial (l’avers avec Jupiter). Crassus Junianus (le Légat) apporte la légitimité administrative et légale (le revers avec la chaise curule). Note historique : Ce duo de noms sur le denier souligne la volonté des Pompéiens de montrer qu’ils maintenaient un gouvernement républicain structuré (avec des magistrats nommés), par opposition à ce qu’ils considéraient comme la tyrannie personnelle de César. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Q. Caecilius Metellus Puis Scipio. Imperator en 706-708 (40-46 av

1331EG – Denier Egnatia – Caius Egnatius Maxsumus

1331EG – Denier Egnatia – Caius Egnatius Maxsumus Avers : MAXSVMVS Buste nu et ailé de Cupidon à droite avec l’arc et la carquois sur l’épaule. Revers : C. EG(NA)TIVS CN. / F. / CN. N (Caius Egnatius Cnæi Filius Cnæi Nepos, Caius Egnatius fils de Cneius petit-fils de Cneius) Jupiter et Libertas debout de face dans un temple distyle (temple de Jupiter Libertas). Chiffre de contrôle dans le champ. British Museum 3.88g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 75 avant J.C. Matière : Argent Gens : Egnatia Références : RRC 391/2 – B.3 (Egnatia) – Syd.788  Caius Egnatius Maximus (vers 75 av. J.-C.) Fonction Monétaire : Il était l’un des triumviri monetales (triumvirs monétaires) en 75 av. J.-C., la fonction qui lui donnait le droit de frapper monnaie à Rome. Identité : L’inscription sur la pièce, C·EGNATIVS·CN·F / CN·N (Caius Egnatius, Gnaei filius, Gnaei nepos), indique qu’il était Caius Egnatius, fils et petit-fils d’un Gnaeus Egnatius. L’ajout de MAXSVMVS sur l’avers est le cognomen (surnom) de sa famille. Carrière : Sa frappe de monnaie est une étape au début de la carrière politique romaine (cursus honorum). La rareté des sources écrites pour cette période rend souvent difficile de reconstituer le reste de la carrière de ces individus, mais on trouve des mentions.  Connexions Historiques et Famille La gens Egnatia était une famille d’origine samnite (une région d’Italie centrale) qui s’est installée à Rome. Ascendance Samnite : La famille semble avoir joué un rôle important dans la politique samnite avant de s’intégrer à l’aristocratie romaine. Postérité (Selon certaines sources) : Il est possible que C. Egnatius Maximus ait fait partie de l’entourage de M. Licinius Crassus. Certaines sources l’associent à l’expédition de Crassus contre les Parthes et au désastre de Carrhes en 53 av. J.-C., où il se serait échappé avec 300 cavaliers. L’historien Appien mentionne un Egnatius et son fils qui furent inclus dans les proscriptions de 43 av. J.-C. (les purges politiques menées par le Second Triumvirat) et exécutés. Il est possible, mais non certain, qu’il s’agisse de C. Egnatius Maximus et de son fils. 🏛️ Contexte Politique et Numismatique L’année 75 av. J.-C. se situe dans la période agitée qui suit les guerres civiles et les proscriptions de Sylla (qui ont pris fin quelques années auparavant). Les types monétaires de C. Egnatius Maxsumus font souvent référence à ces événements : Référence à la Liberté : Le revers de ce denier représente le Temple de Jupiter Libertas (Jupiter Liberté) et la déesse Libertas (la Liberté) elle-même, symbolisée par le pileus (bonnet de liberté). Pour les numismates, cela pourrait être une allusion au retour à l’ordre et à la Liberté après la dictature de Sylla. Allusions Familiales : L’avers de cette monnaie, avec le buste de Cupidon, fait probablement allusion aux ancêtres du monétaire ou à un culte familial lié à Vénus, mère de Cupidon. L’épithète Maxsumus suggère un lien avec la branche la plus éminente de sa gens. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La gens Egnatia était originaire du Samnium, probablement même de la ville de Teanum. Gellius Egnatius commandait les Samnites pendant les grandes guerres que le Samnium soutint contre Rome, au troisième siècle avant notre ère’. Marius Egnatius fut aussi un des principaux chefs des alliés italiens dans la guerre Sociale qui prit fin en 665 (89 av. J.-C.). Fixée à Rome à la suite de tous ces événements, la gens Egnatia y obtint d’être admise au Sénat, et c’est un de ses principaux représentants, C. Egnatius Maximus,qui frappa les monnaies décrites plus bas; ce personnage accompagna M. Licinius Crassus dans son expédition contre les Parthes, et après le grand désastre de Carrhae en 701 (53 av. J.-C.), il s’échappa avec trois cents cavaliers. Appien le signale comme ayant été compris avec son fils dans la proscription de l’an 711 (43 av. J.-C.). C’est vers l’an 685 (69 av. J.-C.) qu’il exerça la charge de triumvir monétaire. Les types des médailles de C. Egnatius Maximus ont résisté jusqu’icià  une interprétation satisfaisante. Le denier n. 1 indique par sa dentelure qu’il était destiné au commerce avec les peuples barbares. Le type de la Liberté, au revers, peut faire croire que l’un des ancêtres du monétaire contribua à la construction d’un atrium Libertatis. Sur le n. 2, l’association de la déesse Rome et de Vénus fait songer au temple qui fut plus tard élevé, sous le règne de l’empereur Hadrien, à Rome et à Vénus, Romae et Veneri, et dont on voit encore les débris près de l’arc de triomphe de Titus. Ainsi donc, depuis longtemps déjà, quand on bâtit ce temple, Rome et Vénus avaient été associées dans un même culte qui rappelait d’ailleurs l’origine troyenne de Rome. Sur le denier n. 3, on voit, comme l’a remarqué Cavedoni, le temple de Jupiter et de la Liberté, appelé aedes Joins Libertatis. En somme, nous trouvons sur les monnaies de C. Egnatius Maximus, Vénus et Cupidon, la Liberté, la déesse Rome et Jupiter, divinités bien caractérisées parleurs attributs, mais rien ne nous apprend pour quels motifs le monétaire choisit ces types. La forme Maxsumus pour Maximus est un archaïsme qui nous porte à croire que les types qui accompagnent cette légende se rapportent à un Egnatius Maxsumus, ancêtre plus ou moins éloigné du monétaire qui portait le même nom. Lieux de découverte (108 exemplaires)

1259AN – Denier Anonyme

1259AN – Denier Anonyme Avers : Anépigraphe Tête laurée d’Apollon Véjovis à droite surmontant un foudre. Revers : Anépigraphe Jupiter dans un quadrige galopant à droite, brandissant un foudre de la main droite et tenant les rênes de la main gauche. British Museum 3.91g INDICE DE RARETE : 2 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 86 avant J.C. Matière : Argent Gens : Anonyme Références : RRC 350A/2 – Syd.723 Ce denier anonyme a été fabriqué conjointement avec une série de pièces pour Gargilius, Ogulnius et Vergilius  qui présentent toutes au droit la tête d’Apollon Véjovis. Ce type est aussi à mettre en rapport avec les deniers de Manlius Fonteius frappés en 85 avant J.-C. 🧑‍⚖️ Les Monétaires (Triumviri Monetales) Les noms abrégés figurant au revers de la monnaie sont : C. Gargilius Ogulnius M. Vergilius Leur titulature apparaît généralement sous la forme GAR OGVL VER (avec diverses variations dans l’ordre de l’abréviation) sur le revers, au-dessus ou dans l’exergue (la partie inférieure de la monnaie).   ⏳ Contexte Historique (86 av. J.-C.) Le rôle des monétaires était administratif et technique, mais à cette époque troublée, les frappes prenaient souvent une dimension politique ou de propagande. Période de Crise : 86 av. J.-C. se situe en pleine période des guerres civiles entre les factions de Marius (ou ses successeurs comme Cinna) et de Sylla. La ville de Rome était alors sous le contrôle des partisans de Marius et de Cinna. Contrôle de la Monnaie : Ces monétaires ont probablement été nommés par le gouvernement en place à Rome (Cinna étant consul en 86 av. J.-C. jusqu’à son assassinat en janvier, puis L. Valerius Flaccus). Le contrôle de l’atelier monétaire était crucial pour financer les armées. Iconographie : L’utilisation de thèmes comme Apollon (dieu lié à la prophétie et au Soleil) et Jupiter (dieu suprême, représenté lançant la foudre pour protéger ou punir) dans la conception du denier RRC 350a/1 est souvent interprétée comme un appel aux dieux pour le salut de Rome et une tentative d’affirmer la légitimité et la puissance du régime en place. Malheureusement, les informations biographiques précises sur les carrières ultérieures de C. Gargilius, Ogulnius et M. Vergilius eux-mêmes sont très rares pour cette période, au-delà de leur rôle de magistrats monétaires (triumviri a. a. a. f. f.). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Lieu de découverte (140 exemplaires)

1511VA – Denier Valeria – Lucius Valerius Acisculus

1511VA – Denier Valeria – Lucius Valerius Acisculus Avers : ACISCVLVS Tête de Jupiter à droite, derrière, une petite pioche (Acisculus). Le tout dans une couronne de laurier. Revers : L. VALERIVS (Lucius Valerius) Anguipède géant de face prenant de la main droite l’éclair de Jupiter qui a frappé son flanc et la main gauche levée à l’agonie. British Museum 4.17g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 45 avant J.C. Matière : Argent Gens : Valeria Références : RRC 474/4 – B.21 (Valeria) – Syd.1002 Ce denier, frappé en 45 av. J.-C. par Lucius Valerius Acisculus, est un chef-d’œuvre de la numismatique de la fin de la République. Son iconographie est à la fois un hommage familial et une réponse au climat politique de l’époque. 1. Symbolisme Mythologique : La Gigantomachie Le revers de la pièce montre un géant anguipède (mi-homme, mi-serpent) frappé par la foudre de Jupiter. Ce motif n’est pas seulement décoratif ; il porte plusieurs couches de sens : Lien avec la Gens Valeria : Comme le souligne l’expert Ernest Babelon, le géant pourrait être identifié à Valens. Dans la mythologie, Valens est un géant dont le nom partage la même racine étymologique que Valerius (valere : être fort, vigoureux). C’est une manière pour le monétaire de s’approprier une ascendance divine et héroïque. La Victoire de l’Ordre : La Gigantomachie symbolise traditionnellement le triomphe de la civilisation (les Dieux de l’Olympe) sur le chaos et la barbarie (les Géants). En 45 av. J.-C., ce thème résonne fortement avec la fin des guerres civiles. 2. Le « Jeu de Mots » Numismatique L’avers présente la tête de Jupiter, mais l’élément le plus distinctif est la présence de l’acisculus (une petite pioche) derrière la tête du dieu. Il s’agit d’un type parlant : un rébus visuel sur le cognomen du monétaire, Acisculus. Cette pratique était courante chez les magistrats monétaires romains pour graver leur nom dans l’esprit du public de manière créative. 3. Contexte Historique : L’Ombre de Jules César L’année 45 av. J.-C. est une date charnière. C’est l’année de la bataille de Munda en Espagne, où Jules César écrase les derniers partisans de Pompée. Propagande de Paix : Selon certaines interprétations mentionnées, le géant foudroyé peut représenter les ennemis de la République (ou de César) enfin vaincus. Jupiter (souvent assimilé à César dans la propagande de l’époque) rétablit la paix universelle. Rareté Exceptionnelle : Cette monnaie est classée avec un indice de rareté de 10. Contrairement aux autres émissions d’Acisculus (comme celle avec Europa ou la Sibylle), le type au « Géant » a été produit en quantités très limitées, ce qui suggère une émission spéciale ou commémorative. Lucius Valerius Acisculus est un personnage dont la vie publique est indissociable de la fin de la République romaine. Bien que les détails biographiques précis soient rares, son activité en 45 av. J.-C. en tant que magistrat monétaire nous livre des informations cruciales sur son rang et ses attaches. Comme le soulignent les études de LesDioscures.com, ce monétaire appartient à l’une des familles les plus prestigieuses de Rome : la gens Valeria. 1. Identité et Carrière Magistrat monétaire (Triumvir Monetalis) : En 45 av. J.-C., il fait partie du collège des trois magistrats responsables de la frappe de la monnaie. C’était une étape clé du cursus honorum pour les jeunes aristocrates. Tribun de la Plèbe : Certaines sources, notamment le British Museum, mentionnent qu’il aurait exercé la fonction de tribun de la plèbe, bien que la date exacte reste incertaine (probablement peu après son mandat monétaire). Partisan de César : Son activité se déroule sous la dictature de Jules César. Frapper monnaie à cette époque nécessitait une proximité, ou du moins une absence d’opposition, avec le nouveau pouvoir en place. 2. Le nom « Acisculus » : Un outil et un symbole Le surnom (cognomen) Acisculus est ce qui rend ce monétaire célèbre chez les numismates. Étymologie : En latin, l’acisculus est un petit marteau de tailleur de pierre ou une petite pioche. Le « Type Parlant » : Fidèle à la tradition romaine, il utilise cet objet sur ses pièces comme une signature visuelle. C’est un moyen d’affirmer son identité familiale de manière ludique et mémorable. 3. Un représentant de la Gens Valeria En tant que membre de la gens Valeria, Lucius s’inscrit dans une lignée qui se prétendait d’origine sabine, remontant aux premiers jours de la République avec Valerius Publicola. Prestige : Sa famille jouissait de privilèges uniques à Rome, comme le droit d’ouvrir les portes de leur maison vers la rue (sur la Velia) ou d’avoir une place réservée au Cirque. Religion : Par ses choix iconographiques (Apollon Soranus, Diane), il réaffirme le rôle de sa famille en tant que gardienne de cultes anciens et spécifiques, renforçant ainsi sa légitimité politique par la piété religieuse. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Tous les types des monnaies de L. Valerius Acisculus se rattachent à l’origine mythologique dela famille Valeria et se résument dans les idées de force et de valeur, unies à celles de santé et de salut qu’on retrouvait étymologiquement dans le mot valere. L’explication mythologique du géant anguipède qui tient la foudre (n. 21) est due à M. le baron de Witte. C’est le géant Valens, le même mot, au fond, que Valerius. La légende mythologique raconte que Coronis, fille de Phlégyas et mère d’Esculape, était sur le point de donner le jour à son fils, quand le corbeau vint annoncer à Apollon que Coronis avait épousé Valens, fils d’Elatus, union d’où devait sortir Esculape. Irrité de l’infidélité de sa maitresse. Apollon perça de ses traits les deux amants. Une autre tradition appelle le héros Valens du nom de Lycus , loup, et nous avons vu que le loup est le symbole de l’Apollon du mont Soracte, près de Faléries. Le géant Valens, le type de la puissance, de la force et de la valeur, est représenté, dans la mythologie, comme luttant contre les dieux : il tient la foudre comme Jupiter, et sur notre denier, il est directement opposé au père des dieux dont la tête figure au droit. Son nom

1464CA – Denier Scipion et Crassus – Q. Cæcilius Metellus Pius Scipio

1464CA – Denier Scipion et Crassus – Q. Cæcilius Metellus Pius Scipio Avers : METEL. PIVS / SCIP. IMP (Metellus Pius Scipio Imperator, Metellus pieux Scipion imperator) Tête barbue et laurée de Jupiter à droite; tête d’aigle tournée à gauche posée sur un sceptre horizontal. Revers : LEG. PRO. PR / CRASS.IVN (Crassus Iunianus Legatus pro Prætor, Crassus Junanius légat propréteur) Chaise curule, entourée d’un épi de blé à gauche et d’une tête de dragon tournée à gauche; au-dessus, une corne d’abondance servant de fléau à une balance . British Museum 3.91g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Utique Datation : 47-46 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Caecilia et Licinia Références : RRC 460/2 – B.49 (Caecilia) – Syd.1048 Ce denier est une monnaie fascinante qui agit comme un manifeste politique et militaire en faveur de la cause pompéienne. Frappée en Afrique du Nord alors que la République romaine se déchire, chaque symbole a été choisi pour affirmer la légitimité de Scipion face à Jules César. 1. Le Contexte Historique : L’ultime résistance en Afrique Nous sommes en 47-46 av. J.-C., après la défaite de Pompée le Grand à Pharsale. Les derniers défenseurs de la République traditionnelle (les Optimates) se sont regroupés en Afrique (actuelle Tunisie/Libye) sous le commandement de Quintus Caecilius Metellus Pius Scipio. L’enjeu : Scipion s’allie au roi Juba Ier de Numidie pour lever une armée massive. Le besoin de monnaie : Ce denier sert principalement à payer les légions. Il est frappé par un atelier monétaire mobile qui suit l’armée. La fin d’une ère : Peu après l’émission de cette monnaie, César remportera la bataille de Thapsus (46 av. J.-C.), entraînant le suicide de Scipion et de Caton d’Utique. 2. Analyse de l’Iconographie  Le choix des images sur cette pièce est une réponse directe à la propagande césarienne. Là où César met en avant sa lignée divine (Vénus), Scipion met en avant les institutions et la stabilité. À l’avers : Jupiter et l’Autorité Divine La tête de Jupiter : Le dieu souverain du Panthéon romain symbolise l’ordre établi et la protection de l’État. C’est un rappel que les Pompéiens se considèrent comme les « vrais » Romains. L’aigle et le sceptre : Attributs classiques du pouvoir suprême. Ils renforcent l’idée que le commandement de Scipion est béni par les dieux et conforme aux traditions ancestrales. Au revers : La République et l’Abondance Le revers est exceptionnellement riche en symboles compactés : La Chaise Curule (Sella Curulis) : C’est l’élément central. C’est le siège des hauts magistrats (consuls, prêteurs). Elle proclame que Scipion et son légat Crassus Junianus détiennent le pouvoir légal (imperium) par délégation du Sénat. La Balance et la Cornucopia : La balance évoque la Justice (Aequitas), tandis que la corne d’abondance promet la prospérité. Le message est clair : « Sous notre commandement, l’équité et l’abondance reviendront. » L’épi de blé : Une référence directe à la province d’Afrique, « grenier de Rome ». Il assure aux soldats et aux citoyens que les ressources ne manqueront pas. Le Carnyx (trompette gauloise) : Ce symbole est plus ambigu. Il représente souvent un trophée militaire, rappelant peut-être les succès passés de la famille ou la victoire espérée sur les troupes de César (qui revenait de Gaule). 3. Une monnaie de « Légitimité » Contrairement aux monnaies de César qui sont souvent centrées sur sa propre personne, ce denier est une monnaie de l’institution. Scipion ne se présente pas comme un dictateur, mais comme un défenseur des symboles de la République (la chaise curule, la justice, le blé). Pour comprendre l’émission de cette monnaie, il faut distinguer les deux figures mentionnées dans la légende : l’autorité émettrice (Scipion) et l’exécutant monétaire (Crassus Junianus). 1. Quintus Caecilius Metellus Pius Scipio (L’émetteur) Il est l’une des figures les plus puissantes et conservatrices de la fin de la République. Origine prestigieuse : Né Publius Cornelius Scipio Nasica, il appartient à la branche la plus illustre des Scipions. Il fut adopté par testament par Metellus Pius (consul en 80 av. J.-C.), unissant ainsi deux des plus grandes familles romaines (Gens Cornelia et Gens Caecilia). Lien avec Pompée : Il est le beau-père de Pompée le Grand, qui a épousé sa fille Cornelia Metella. En 52 av. J.-C., il est le collègue de Pompée au consulat. L’Imperator : Le titre SCIPIO IMP sur la pièce fait référence à ses victoires en Syrie (contre les populations du mont Amanus) avant de rejoindre le camp pompéien en Afrique. Sa fin : Après sa défaite contre Jules César à la bataille de Thapsus en 46 av. J.-C., il tente de s’enfuir par mer. Rattrapé par la flotte césarienne, il se suicide. Ses derniers mots célèbres furent : « Imperator se bene habet » (« Le général se porte bien »). 2. P. Licinius Crassus Junianus (Le magistrat monétaire) Son nom apparaît au revers (P·CRASSVS·IVN / LEG·PRO·PR). Identité : Il est probablement le fils d’un Damasippus, adopté par un membre de la famille des Licinii Crassi. Ami proche de Cicéron, il est un partisan convaincu de la cause sénatoriale. Fonction : Il n’est pas un « triumvir monétaire » classique de l’atelier de Rome, mais un Legatus Pro Praetore (Légat propréteur). Cela signifie qu’il agit comme lieutenant de Scipion avec des pouvoirs civils et militaires étendus. Rôle monétaire : En tant que légat, il supervise la frappe de la monnaie nécessaire pour payer les troupes de Scipion en Afrique. C’est lui qui garantit la qualité et le poids du métal précieux au nom de l’autorité de Scipion. Pourquoi deux noms sur une seule pièce ? À cette époque de guerre civile, les monnaies ne sont plus seulement des outils économiques, mais des documents officiels. Scipion (l’Imperator) apporte la légitimité militaire et le prestige familial (l’avers avec Jupiter). Crassus Junianus (le Légat) apporte la légitimité administrative et légale (le revers avec la chaise curule). Note historique : Ce duo de noms sur le denier souligne la volonté des Pompéiens de montrer qu’ils maintenaient un gouvernement républicain structuré (avec des magistrats nommés), par opposition à ce qu’ils considéraient comme la tyrannie personnelle