LesDioscures.com

628AN – Quinaire Anonyme

628AN – Quinaire Anonyme Avers : Anépigraphe Tête casquée de Rome à droite; derrière, marque de valeur V. Revers : ROMA Luna sur un bige, croissant au dessus de sa tête. Crevette sous les chevaux. Numismatica Ars Classica 1.76g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 179-170 avant J.C. Matière : Argent Gens : Anonyme Référence : RRC 156/2 La présence de la crevette sur cette monnaie n’a pas une signification symbolique majeure liée à la thématique de la monnaie elle-même (qui représente Roma et Luna). Dans le monnayage de la République Romaine, la crevette (ou plus précisément le motif qui y ressemble, parfois interprété comme un crustacé ou même une palourde) est un symbole de contrôle. Le Rôle du Symbole de Contrôle Pendant la période des émissions anonymes (comme cette monnaie, frappée entre 179 et 170 av. J.-C.), les monnaies ne portaient pas encore le nom du magistrat monétaire (le triumvir monétaire) responsable de la frappe. Pour identifier la série, l’atelier ou l’équipe de frappe qui a produit un lot donné, le monétaire utilisait des symboles de contrôle variés et discrets, placés sur l’avers ou le revers (dans ce cas, sous le bige de Luna). Fonction Administrative : Ce système permettait à l’administration de l’atelier de Rome de différencier les émissions et, surtout, de contrôler la production et de garantir la qualité du métal. Si une plainte était déposée concernant une mauvaise qualité ou un poids insuffisant, l’autorité savait immédiatement quel moneyer ou quelle équipe était responsable de cette série spécifique. La Crevette (ou Crustacé) : Le symbole de la crevette (ou du crustacé/coquillage selon les interprétations) n’est donc pas un symbole religieux, politique ou familial, mais simplement la marque distinctive choisie pour cette émission particulière. En résumé, la crevette sur cette monnaie est une marque administrative de l’atelier de Rome utilisée pour l’organisation interne de la frappe monétaire. Seuls deux exemplaires observés.

1547AE – Sesterce Aemilia – Lucius Aemilius Buca

1547AE – Sesterce Aemilia – Lucius Aemilius Buca Avers : Anépigraphe Tête de Luna surmontée d’un croissant, à droite. Revers : L·AEMILIVS·BVCA Etoile à six rayons. Bibliothèque nationale de France 0.81g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gens : Aemilia Références : RRC 480/26 – B.19 (Aemilia) – Syd.1066 L’analyse de ce sesterce est particulièrement riche, car elle touche aux fondements religieux et dynastiques que Jules César a tenté d’instaurer juste avant sa mort. 1. Le Symbolisme : L’Ordre Cosmique et la Divinité Contrairement aux images de guerre, ce sesterce utilise un langage astral pour légitimer le pouvoir de César. Luna (Avers) : La déesse de la lune représente ici la pérennité et le cycle éternel. Dans la symbolique romaine, Luna est souvent liée à l’éternité de l’Empire (Aeternitas Imperii). Son apparition sur une monnaie de 44 av. J.-C. est aussi un rappel subtil de la réforme du calendrier julien : César a mis de l’ordre dans le temps lui-même, un acte quasi divin. L’Étoile à six rayons (Revers) : C’est l’élément le plus puissant de cette monnaie. Elle préfigure le Sidus Iulium (la comète de César). Bien que la comète soit apparue après sa mort, l’étoile était déjà un symbole de la Gens Iulia, prétendant descendre de Vénus. Placer une étoile au revers d’une monnaie signifie que le régime de César est sous une protection céleste et qu’il apporte une ère nouvelle, un « siècle d’or ». 2. Le Contexte Historique : La « Quattuorviri » de 44 av. J.-C. Cette monnaie est frappée dans un climat d’urgence et de transformation radicale de l’État : L. Aemilius Buca : Il est l’un des quatre magistrats monétaires (Quattuorviri) nommés par César. Son rôle était de saturer le marché monétaire pour financer les immenses dépenses publiques et les préparatifs de la campagne contre les Parthes. La Divinisation de la Dictature : En 44 av. J.-C., le Sénat accorde à César des honneurs sans précédent. L’utilisation de symboles comme Luna et l’Étoile sur une monnaie divisionnaire (le sesterce, utilisé pour les petits échanges quotidiens) permet de diffuser l’idée de la nature quasi divine du dictateur auprès de toutes les couches de la population. Une monnaie de prestige malgré sa taille : Le sesterce en argent est alors une dénomination rare. Le frapper avec une telle iconographie montre que même la « petite monnaie » était utilisée comme un vecteur de propagande complexe. 3. Lien avec la série RRC 480 Cette pièce fait partie d’un ensemble cohérent où l’on retrouve : Le sesterce de Macer avec le caducée (la Paix). Le sesterce de Buca avec l’étoile (la Divinité/L’Éternité). Ensemble, ces pièces racontent une histoire : César a apporté la paix (Caducée) et cette paix est bénie par les dieux et inscrite dans l’éternité (Luna/Étoile). Lucius Aemilius Buca est un personnage clé de la numismatique romaine, bien que sa trace dans les textes historiques soit plus discrète que sur ses monnaies. Il appartient à la prestigieuse gens Aemilia, l’une des familles patriciennes les plus anciennes de Rome. 1. Identité et Origines Fils de monétaire : Lucius est le fils de Marcus Aemilius Scaurus (monétaire en 58 av. J.-C.), un homme politique influent et proche de Sylla. Cela explique pourquoi Lucius utilise le « Songe de Sylla » sur le denier RRC 480/1 : il s’agit d’une référence aux gloires de sa propre famille. Soutien politique : Il est mentionné historiquement en 54 av. J.-C. comme l’un des soutiens (souscripteur) lors du procès de Scaurus, ce qui confirme ses attaches avec l’aristocratie traditionnelle. 2. Rôle en 44 av. J.-C. : Le Quattuorvirat Buca occupe la fonction de Quattuorvir monétaire (IIII. VIR) en 44 av. J.-C. Cette année-là, Jules César modifie le fonctionnement de l’atelier monétaire de Rome : De trois à quatre : Traditionnellement, les magistrats monétaires étaient trois (Triumviri Monetales). César porte leur nombre à quatre pour répondre à ses besoins massifs en numéraire pour ses projets de guerres (notamment contre les Parthes). Un collège de transition : Buca travaille aux côtés d’autres magistrats comme Cossutius Maridianus. Ensemble, ils supervisent le passage historique du portrait divin (Vénus) au portrait du dirigeant vivant (César). 3. Son importance numismatique Buca est considéré comme le plus prolifique et le plus intéressant des quatre magistrats de cette année charnière : Iconographie personnelle : Il est le seul du collège à avoir frappé des monnaies avec un motif purement familial (le Songe de Sylla, RRC 480/1) avant de se plier entièrement à la propagande césarienne. Témoin de l’histoire : Ses émissions permettent de suivre précisément l’évolution des titres de César. On trouve sous son nom des deniers avec les légendes : CAESAR IM P M (César Imperator, Grand Pontife) CAESAR DICT PERPETVO (César Dictateur à vie) — cette dernière légende ayant été l’un des déclencheurs du complot des sénateurs. 4. Disparition Après l’assassinat de Jules César aux Ides de Mars (15 mars 44 av. J.-C.), la trace de Lucius Aemilius Buca disparaît des archives. On suppose qu’il n’a plus exercé de responsabilités monétaires majeures après cette année mouvementée, son nom n’apparaissant plus sur les émissions ultérieures. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Aemilius Buca. Quatuorvir monétaire en 710 (44 av. J. C.) Ce personnage mentionné dans le procès de Scaurus , était le fils du monétaire M. Scaurus, contemporain de Sylla. Il fut quatuorvir monétaire l’année même de la mort de Jules César, en 710 (44 av. J.-C.) . L histoire de L. Aemilius Buca n’est pas autrement connue; les types de ses médailles se rapportent tous à Jules César; on en trouvera l’explication et les dessins à la gens Julia, avec l’histoire du collège monétaire dont L. Buca a fait partie.

658AN – Denier Anonyme

658AN – Denier Anonyme Avers : Anépigraphe Tête casquée de Rome à droite; derrière marque de valeur X. Revers : ROMA Luna (la lune) dans un bige galopant à droite, tenant le kentron de la main droite et les rênes de la main gauche. Dessous, une plume. British Museum 3.56g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 179-170 avant J.C. Matière : Argent Gens : Anonyme Références : RRC 163/1 – Syd.325 Signification du petit symbole ressemblant à une plume (ou un plumeau) 1. Nature et Rôle du Symbole Dans le contexte des premières émissions de deniers de la République, le rôle de ces petits symboles dans le champ (souvent appelés symboles de contrôle) est clair, même si leur signification iconographique précise n’est pas toujours entièrement élucidée : Marques de Contrôle (ou de Série) : Le rôle principal de ces symboles, y compris le « plumeau » ou « plume », est de servir de marques internes à l’atelier monétaire. Elles permettaient aux fonctionnaires (les tresviri monetales ou leurs subordonnés) de distinguer les différentes émissions, séries ou paires de coins, notamment pour des raisons de comptabilité et de contrôle qualité (pour s’assurer de l’aloi de l’argent et éviter la contrefaçon interne). Ce denier  fait partie d’une série plus vaste (les deniers anonymes au bige de Diana/Luna) qui comporte de nombreuses variations de symboles (une roue, une ancre, une torche, etc.) pour distinguer les lots de frappe. Le « plumeau » est l’un d’eux. 2. Interprétation Iconographique du « Plumeau » Quant à la signification exacte du « plumeau » ou de la « plume » (souvent représenté comme un objet long et fin avec des traits au sommet, parfois appelé stylus ou flabellum – un petit éventail ou un plumeau cérémoniel), les interprétations sont plus spéculatives : Allusion Cérémonielle ou Religieuse : Il pourrait s’agir d’une allusion à un objet de culte, à une cérémonie spécifique (peut-être liée à la déesse représentée au revers, la déesse Luna ou la Victoire conduisant un bige), ou à un collège de prêtres. Un objet cérémoniel lié au culte est une possibilité. Arme ou Trophée (Moins probable) : Bien que des armes ou des trophées se trouvent sur d’autres monnaies, la forme fine de cet objet suggère plus un instrument qu’une arme de combat. Simple Différenciation : Le plus souvent, pour ces symboles de contrôle, l’élément clé est la différence elle-même. Les monétaires républicains puisaient leurs symboles dans la vie quotidienne, la religion ou les traditions familiales (plus tard). Ce symbole a été choisi pour démarquer une série de frappe sans nécessairement porter un message politique ou religieux majeur, son sens profond étant d’abord celui d’une marque technique. En résumé, le symbole de la « plume » (ou flabellum) au revers de ce denier est avant tout une marque de contrôle interne à l’atelier de Rome durant la période anonyme de la République. S’il a une signification iconographique précise (possiblement liée à un rite ou un objet cérémoniel), celle-ci est secondaire par rapport à sa fonction technique de classification des émissions.

632AN – Denier Anonyme

632AN – Denier Anonyme Avers : Anépigraphe Tête casquée de Rome à droite; derrière, marque de valeur X. Revers : ROMA Luna sur un bige, les chevaux cabrés, croissant au dessus de sa tête. British Museum 4.07g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 179-170 avant J.C. Matière : Argent Gens : Anonyme Références : RRC 158/1 –  Syd. 312 L’image des chevaux cabrés (souvent décrits comme bondissants ou s’élevant sur les pattes arrière) sur ce denier est cruciale pour l’interprétation et la symbolique de la scène. Voici la signification de cette iconographie, centrée sur la déesse Luna dans un bige : 1. L’Attelage Céleste et la Vitesse Dans l’imagerie romaine et grecque, les chars tirés par des chevaux sont les véhicules privilégiés des divinités. Luna (Séléné), la déesse de la Lune, est traditionnellement associée à un bige (char à deux chevaux), tout comme son homologue solaire, Sol (ou Hélios), conduit un quadrige (char à quatre chevaux). Les chevaux, qu’ils soient au galop ou cabrés, symbolisent le mouvement rapide et incessant du corps céleste (la Lune) dans le ciel nocturne. L’attitude cabrée ou bondissante des chevaux accentue cet effet de vitesse divine et d’énergie surnaturelle contrastant avec la simple marche ou le trot. C’est une manière de souligner que ce char n’est pas un véhicule terrestre ordinaire. 2. Le Thème du « Bigatus » Le bige lui-même a une signification économique et populaire importante dans le monnayage de l’époque : À partir de la fin du IIIe siècle av. J.-C., les deniers romains qui présentaient un char à deux chevaux au revers ont été surnommés les « bigati ». Ce terme est devenu, dans le langage courant romain (mentionné par Pline et Tite-Live), une désignation générique pour le denier en argent lui-même, en particulier celui avec la Victoire dans un bige. Ce denier est une variation de ce type très populaire. En choisissant une divinité céleste comme Luna pour conduire le bige, les monétaires (ici, la magistrature anonyme) s’inscrivaient dans une tradition monétaire reconnue et populaire tout en introduisant un nouveau motif divin. 3. Allusion à la Légitimité et à la Prophétie Les dieux célestes (Luna/Sol) et leurs mouvements sont liés au destin de Rome. Le motif de Luna dans son bige pourrait également faire allusion : À la puissance et au renouvellement cyclique de Rome, à l’image des cycles lunaires. À une prophétie ou un signe divin (les auspices) lié à la fondation ou à la bonne fortune de la République. L’imagerie est forte, dynamique et se veut protectrice. En résumé, l’image de Luna dans son bige aux chevaux cabrés sur ce denier est une représentation classique de la course divine de la Lune et s’inscrit dans la série des bigati, monnaies d’argent très courantes, dont l’iconographie symbolise la puissance céleste et la vitesse. Lieux de découverte (22 exemplaires)

568AN – Denier Anonyme

568AN – Denier Anonyme Avers : Anépigraphe Tête casquée de Rome à droite; derrière, marque de valeur X. Revers : ROMA Luna (la lune) dans un bige galopant à droite, tenant le kentron de la main droite et les rênes de la main gauche. British Museum 3.6g INDICE DE RARETE : 6 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 189-180 avant J.C. Matière : Argent Gens : Anonyme Références : RRC 140/1 – Syd.339 Ce denier, classé RRC 140/1 par Crawford, est particulièrement intéressant car il marque une période de transition dans le monnayage de la République Romaine. Voici plus de détails sur ses caractéristiques numismatiques et son contexte historique : Contexte Numismatique et Chronologie Période d’émission : Vers 189-180 av. J.-C. Cette période se situe après la Deuxième Guerre Punique (fin en 201 av. J.-C.) et la défaite d’Hannibal, marquant le début de l’hégémonie romaine sur la Méditerranée. « Série Anonyme » : Ce denier fait partie d’une longue série d’émissions dites « anonymes » ou « non-signées », qui étaient la norme au début du système du denier (introduit vers 211 av. J.-C.). Le nom du magistrat monétaire n’est pas inscrit sur la pièce. Seules des marques de contrôle (lettres, chiffres, symboles) permettaient de distinguer les émissions. Crawford a regroupé ces émissions anonymes en séries, d’où le numéro de référence RRC 140. Marques de contrôle : Bien que non signée, cette émission est souvent associée à des symboles spécifiques qui servaient probablement à différencier les ateliers ou les équipes de frappe. Pour ce denier, il s’agit d’une pièce de la première série (la plus courante) qui est soit anonyme, soit rattachée à des variétés symbolisées (comme le rostrum tridens dans des séries voisines). Lieux de découverte (80 exemplaires)

553AN – Denier Anonyme

553AN – Denier Anonyme Avers : Anépigraphe Tête casquée de Rome à droite; derrière, marque de valeur X. Revers : (AN) ou (AV)  / ROMA Luna (la lune) dans un bige galopant à droite, tenant le kentron de la main droite et les rênes de la main gauche. British Museum 3.51g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 194-190 avant J.C. Matière : Argent Gens : Anonyme (peut-être Aurelia) Références : RRC 136/1 – Syd. 326 La légende AV ou AN sur cette monnaie est une abréviation qui a fait l’objet de discussions parmi les numismates, car ce denier fait partie des premières émissions « anonymes » de la République Romaine. Selon l’interprétation numismatique la plus courante (notamment celle de Michael Crawford dans Roman Republican Coinage): Interprétation principale (AV → Gens Aurelia): Le plus souvent, la légende est lue comme AV, qui est considérée comme une abréviation du nom de la Gens Aurelia. À cette époque (vers 194-190 av. J.-C.), les monnaies étaient officiellement anonymes, mais l’ajout de ces lettres servait de marque de contrôle permettant d’identifier le magistrat (ou monétaire) responsable de l’émission. Interprétation Alternative (AN → Gens Annia): Dans certains cas, la légende est lue comme AN, ce qui pourrait renvoyer à la Gens Annia. En résumé, la légende AV est l’interprétation la plus acceptée et est vue comme une abréviation qui lie l’émission à la Gens Aurelia, bien que le nom complet du monétaire ne soit pas inscrit. Lieux de découverte (39 exemplaires)

569TO – Denier Todillia – Todillus

569TO – Denier Todillia – Todillus Avers : Anépigraphe Tête casquée de Rome à droite; derrière, marque de valeur X. Revers : TOD // ROMA Luna (la lune) dans un bige galopant à droite, tenant le kentron de la main droite et les rênes de la main gauche. Dessous, un oiseau sur le T de TOD. British Museum 3.74g INDICE DE RARETE : 6 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 189-180 avant J.C. Matière : Argent Gens : Todillia Références : RRC 141/1- Syd.345 Selon Ernest Babelon les trois lettres TOD serait les initiales du monnayeur, mais on n’a pu encore formuler à ce sujet que des conjectures. On a inventé une famille Todilia dont l’existence n’est pas prouvée. Il est néanmoins très vraisemblable que le nom ou surnom du monétaire se rapprochait du nom du petit oiseau appelé « todillus » ou « todinus ». Cette monnaie a été frappée dans la période qui suit immédiatement la Deuxième Guerre Punique (terminée en 201 av. J.-C.) et la Guerre de Macédoine (terminée en 197 av. J.-C.). C’est une période de grande expansion et de consolidation du pouvoir romain en Méditerranée. Lieux de découverte (65 exemplaires)

1512VA – Denier Valeria – Lucius Valerius Acisculus

1512VA – Denier Valeria – Lucius Valerius Acisculus Avers : ACISCVLVS Tête de Sol à droite; derrière, une petite pioche (Acisculus). Revers : L. VALERIVS (Lucius Valerius) Luna sur un bige à droite. British Museum 4.03g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 45 avant J.C. Matière : Argent Gens : Valeria Références : RRC 474/5 – B.20 (Valeria) – Syd.1002 1. Le Symbolisme : Dualité Cosmique et Identité Familiale Le choix iconographique de cette pièce est un mélange subtil de dévotion religieuse, de propagande familiale et d’allusions géographiques. Le Diptyque Sol/Luna : L’association du Soleil (avers) et de la Lune (revers) symbolise l’éternité (Aeternitas) et l’ordre cosmique. Dans le contexte des guerres civiles romaines, cette imagerie suggère que la domination de Rome est inscrite dans l’ordre naturel de l’univers, sous la protection des astres. Luna est ici représentée en Lucifera (porteuse de lumière). Le Pun Visuel (L’Acisculus) : Derrière la tête de Sol se trouve un petit marteau de tailleur de pierre appelé acisculus. C’est une « arme parlante » : un jeu de mots visuel sur le surnom (cognomen) du monétaire, Acisculus. Ce procédé était très courant chez les magistrats monétaires romains pour marquer leur identité. Origines de la Gens Valeria : La famille Valéria prétendait descendre de la cité étrusque de Faléries. Le culte de Sol et de Luna était particulièrement fort dans cette région. En affichant ces divinités, Lucius Valerius Acisculus réaffirme l’ancienneté et la piété de sa lignée. 2. Le Contexte Historique : L’Ombre de Jules César L’année 45 av. J.-C. est une période charnière de l’histoire romaine : La Dictature de César : Après sa victoire à la bataille de Munda en Espagne (mars 45 av. J.-C.) contre les fils de Pompée, Jules César rentre à Rome en triomphateur. Il est alors au sommet de son pouvoir. Le Collège des Monétaires : L. Valerius Acisculus est l’un des magistrats chargés de frapper la monnaie cette année-là. Bien que les motifs semblent religieux, ils ne sont jamais neutres. Frapper une monnaie d’une telle qualité esthétique participait à la célébration de la prospérité retrouvée sous l’égide de César. Réforme du Calendrier : Il est intéressant de noter qu’en 45 av. J.-C., la réforme du calendrier julien (introduite par César) entre pleinement en vigueur. L’utilisation du Soleil et de la Lune sur les pièces pourrait être une allusion discrète à cette nouvelle maîtrise du temps et du calendrier par le pouvoir central. Lucius Valerius Acisculus est un personnage dont la vie publique est indissociable de la fin de la République romaine. Bien que les détails biographiques précis soient rares, son activité en 45 av. J.-C. en tant que magistrat monétaire nous livre des informations cruciales sur son rang et ses attaches. Comme le soulignent les études de LesDioscures.com, ce monétaire appartient à l’une des familles les plus prestigieuses de Rome : la gens Valeria. 1. Identité et Carrière Magistrat monétaire (Triumvir Monetalis) : En 45 av. J.-C., il fait partie du collège des trois magistrats responsables de la frappe de la monnaie. C’était une étape clé du cursus honorum pour les jeunes aristocrates. Tribun de la Plèbe : Certaines sources, notamment le British Museum, mentionnent qu’il aurait exercé la fonction de tribun de la plèbe, bien que la date exacte reste incertaine (probablement peu après son mandat monétaire). Partisan de César : Son activité se déroule sous la dictature de Jules César. Frapper monnaie à cette époque nécessitait une proximité, ou du moins une absence d’opposition, avec le nouveau pouvoir en place. 2. Le nom « Acisculus » : Un outil et un symbole Le surnom (cognomen) Acisculus est ce qui rend ce monétaire célèbre chez les numismates. Étymologie : En latin, l’acisculus est un petit marteau de tailleur de pierre ou une petite pioche. Le « Type Parlant » : Fidèle à la tradition romaine, il utilise cet objet sur ses pièces comme une signature visuelle. C’est un moyen d’affirmer son identité familiale de manière ludique et mémorable. 3. Un représentant de la Gens Valeria En tant que membre de la gens Valeria, Lucius s’inscrit dans une lignée qui se prétendait d’origine sabine, remontant aux premiers jours de la République avec Valerius Publicola. Prestige : Sa famille jouissait de privilèges uniques à Rome, comme le droit d’ouvrir les portes de leur maison vers la rue (sur la Velia) ou d’avoir une place réservée au Cirque. Religion : Par ses choix iconographiques (Apollon Soranus, Diane), il réaffirme le rôle de sa famille en tant que gardienne de cultes anciens et spécifiques, renforçant ainsi sa légitimité politique par la piété religieuse. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Tous les types des monnaies de L. Valerius Acisculus se rattachent à l’origine mythologique dela famille Valeria et se résument dans les idées de force et de valeur, unies à celles de santé et de salut qu’on retrouvait étymologiquement dans le mot valere. Sur la médaille suivante (n. 20) où l’on voit la tête radiée du Soleil et le bige de Diane, Cavedoni y a reconnu une allusion à l’institution des jeux séculaires qui furent célébrés d’abord par Valerius Pubiicola avant d’être régulièrement institués vers le temps des guerres Puniques. On y voit le Soleil ou Apollon et Diane ou la Lune, les divinités honorées dans ces jeux; il en était encore ainsi au temps d’Horace. Lieux de découverte (21 exemplaires)

1118AQ – Denier Aquillia – Manius Aquillius

1118AQ – Denier Aquillia – Manius Aquillius Avers : Anépigraphe Tête radiée de Sol à droite, marque de valeur X sous le menton. Revers : (MN). AQVIL // ROMA (Manius Aquillius // Roma) Luna (la Lune) dans un bige galopant à droite, croissant de lune et trois étoiles au-dessus, étoile sous le bige. British Museum 3.88g INDICE DE RARETE : 4 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 109-108 avant J.C. Matière : Argent Gens : Aquillia Références : RRC 303/1 – B.1 (Aquillia) – Syd.557 🏛️ Qui était Manius Aquillius ? Le monétaire qui a frappé cette pièce en 109-108 av. J.-C. est très probablement la personne qui deviendra le célèbre consul Manius Aquillius Nepos (le Neveu) : Catégorie Détails Nom Complet Manius Aquillius (Fils de Manius, Petit-fils de Manius) Gens Aquillia (une famille plébéienne influente) Fonction Monétaire Triumvir monetalis (membre du collège des trois magistrats chargés de la frappe des monnaies) Période République romaine tardive (vers la fin du IIe siècle av. J.-C.)   🌍 Importance Historique et Lien avec la Monnaie Ce Manius Aquillius a eu une carrière politique et militaire significative, et les types monétaires qu’il a choisis reflètent les honneurs de sa famille : Lien avec la Sicile : Le personnage de Manius Aquillius est surtout connu pour ses actions en Sicile. Il est élu consul en 101 av. J.-C. et est envoyé sur l’île pour mettre fin à la Deuxième Guerre Servile (la révolte des esclaves de Salvius Tryphon), ce qu’il accomplit en 100 av. J.-C. Symbolisme : Sol (Avers) et Luna (Revers) : La présence du Soleil et de la Lune sur le denier RRC 303/1 est un type monétaire important. Certains pensent qu’il pourrait y avoir un jeu de mots ou une allusion à la constellation de l’Aigle (Aquila), en référence à son gens (famille), ou simplement une association avec le culte solaire, très populaire. Carrière Ulterieure : Après son consulat, il fut accusé de concussion, mais sauvé par l’orateur Marcus Antonius. Sa vie se termine tragiquement en 88 av. J.-C. alors qu’il était ambassadeur en Bithynie. Il est capturé et exécuté de manière cruelle par Mithridate VI du Pont, un événement qui contribua au déclenchement de la Première Guerre mithridatique. Il est important de noter qu’il ne faut pas le confondre avec son père ou grand-père, également nommés Manius Aquillius, qui était consul en 129 av. J.-C. Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Man. Aquillius. Monétaire vers 660 (94 av. J.-C.) On connaît un M’ Aquillius M’ filius M’ nepos qui fut consul en en 653 (101 av. J.-C.); mais, on ne saurait lui attribuer le denier qui suit. Mommsen croit cette pièce trop peu ancienne pour avoir été frappée par le consul de l’an 653. Il suppose que le monétaire est un fils de ce personnage, dont l’histoire n’aurait pas conservé le souvenir. M’ Aquillius consul en 653, fit la guerre aux esclaves révoltés pour la seconde fois en Sicile; il les écrasa, et tua de sa main, quoique blessé, leur chef Athenion . Accusé ensuite de concussion par L. Fufius, il fut défendu par l’orateur Marc Antoine et acquitté . En 666 (88 av. J.-C.), chargé de diriger la guerre en Asie contre Mithridate, il fut vaincu à Prototachium et fait prisonnier .Le denier que son fils a fait frapper pendant qu’il fut officier monétaire, collègue de L. Memmius et peut-être aussi de L. Flaminius Cilo, paraît, d’après Cavedoni, faire allusion aux victoires de son ancêtre Man. Aquillius consul en l’an 625 (129 av. J.-C.), qui obtint les honneurs du triomphe à Rome en l’an 627 (127 av. J.-C.), pour ses succès contre Aristonicus, fils d’Eumène roi de Pergame Le soleil, la lune et les étoiles seraient, selon la remarque du savant modénais, des emblèmes rappelant l’Orient où les divinités sidérales étaient particulièrement honorées. Cette conjecture est bien hasardée; la réunion du soleil, de la lune et des étoiles, fait peut-être allusion au culte des divinités diurnes et nocturnes, très répandu à Rome depuis l’origine. Le soleil avait un temple sur le frontispice duquel, dès l’an 461 (293 av. J.-C.), le consul L. Papirius Cursor fit tracer le premier cadran solaire; il était aussi, comme la lune, une des principales divinités du Cirque; et parmi les étoiles, la Grande Ourse, les Pléiades, Orion étaient l’objet de la superstition populaire . Il n’y aurait donc rien d’impossible à ce qu’un membre de la gens Aquillia eût été mêlé, pour une cause restée inconnue, à l’histoire de ces cultes à Rome. Lieux de découverte (100 exemplaires)

912SP – Denier Spurilia – Aulus Spurilius

912SP – Denier Spurilia – Aulus Spurilius Avers : Anépigraphe Tête casquée de Rome à droite; marque de valeur derrière la tête X. Revers : SP(VR)I // ROMA (Aulus Spurilius // Rome) Luna (la Lune), coiffée d’un croissant dans un bige galopant à droite, tenant un fouet de la main droite et les rênes de la gauche. British Museum 3.89g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 139 avant J.C. Matière : Argent Gens : Spurilia Références : RRC 230/1 – B.1 (Spurilia) – Syd.448 Le monétaire de ce denier est A. Spurius. Nom (Latin): A. SPVRI (pour A. Spurius) Famille (Gens): Spurilia Fonction: Triumvir monétaire (Tresvir Monetalis), l’un des trois magistrats chargés de la frappe des monnaies à Rome. Date d’émission: 139 av. J.-C. Contexte Historique et Importance Numismatique : Comme pour la plupart des monétaires républicains de cette époque, les informations biographiques directes sur la carrière ultérieure de A. Spurius sont très rares. Cependant, le nom nous renseigne sur sa famille : La Gens Spurilia: Il appartenait à la gens Spurilia. Bien que ce ne soit pas l’une des familles les plus célèbres de la République, elle était suffisamment établie pour qu’un de ses membres accède au poste de monétaire. Le type de la pièce (Luna en bige) : Le choix de la déesse Luna (la Lune) conduisant un bige sur le revers est notable. Les monétaires républicains choisissaient souvent des types de monnaies faisant référence à leur famille ou à des légendes associées à leur nom. Dans le cas de Spurius, la référence exacte n’est pas claire, mais elle s’inscrit dans la tendance des magistrats de cette époque à s’éloigner des types standards (comme les Dioscures) et à introduire des éléments plus personnels ou mythologiques pour faire de la propagande ou rappeler l’histoire familiale. Datation : En tant que monétaire de 139 av. J.-C., il a exercé ses fonctions à une époque où le système monétaire républicain était en pleine transition et où les monétaires commençaient à affirmer plus ouvertement leur identité sur les pièces, prélude aux grandes émissions individualisées de la fin de la République. Curiosité : exemplaire de ce denier monté en pendentif (au vu de la couleur, probablement en or). Bibliothèque nationale de France 5.4g Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Cette famille n’est connue que par les médailles décrites plus loin, à moins que l’on n’admette la rectification proposée par quelques auteurs modernes qui proposent de corriger, dans le texte de Tite Live, le nom du fameux tribun Sp. Icilius par Spurilius, correction regardée comme certaine par Mommsen. Le monétaire s’appelait Aulus Spurilius; la ressemblance de son denier avec ceux de L. Furius Purpureo et de C. Decimius Flavus permet d’affirmer que ces trois personnages ont fait partie du même collège monétaire vers l’an 540 (214 av. J.-C.) : c’est, en effet, la même fabrique et le même type de revers. Lieux de découverte (104 exemplaires)