1226VI – Semis Vibia – Caius Vibius Pansa

1226VI – Semis Vibia – Caius Vibius Pansa Avers : Anépigraphe Tête laurée de Neptune à droite, derrière marque de valeur S. Revers : C. VIBI. (PA) (Caius Vibius Pansa) Proue de navire à droite. British Museum 5.19g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 90 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Vibia Références : RRC 342/8a – B.13 (Vibia) – Syd.690f C.Vibius C.f. Pansa (Caius Vibius, fils de Caius) était un important monétaire de la République romaine, actif autour de 90 av. J.-C. à Rome. 🏛️ Informations Clés sur le Monétaire Identité : C. Vibius C.f. Pansa (Caius Vibius, fils de Caius, surnommé Pansa). Période : Vers 90 av. J.-C. (pendant la Guerre Sociale). Rôle : Magistrat monétaire (tresviri monetales), responsable de la frappe des monnaies. Famille : Il appartenait à la gens Vibia, une famille plébéienne. Postérité Numismatique : Il est le père (probable) de C. Vibius Pansa Caetronianus, qui fut consul en 43 av. J.-C. et qui frappa également des monnaies (RRC 449) reprenant certains types de son père (comme le masque de Pan). ⚔️ Contexte de Frappe La période durant laquelle C. Vibius C.f. Pansa a frappé monnaie (90 av. J.-C.) correspond à la Guerre Sociale (91-88 av. J.-C.), un conflit majeur opposant Rome à ses alliés italiens. Ses émissions de deniers, qui étaient très importantes en quantité, ont largement servi à financer l’effort de guerre de la République romaine. Les types les plus courants de ses deniers (RRC 342/5) représentent souvent la tête laurée d’Apollon à l’avers et Minerve conduisant un quadrige à l’inverse, commémorant peut-être les premières victoires romaines dans ce conflit. Pour plus de clichés de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Vibius C. j. Pansa. Monétaire vers 664 (90 av. J.-C.) Il est probable que ce magistrat est le père de C. Vibius Pansa C. f. C. n. qui fut consul en 711 (43 av. J.-C.). Le prénom concorde parfaitement avec cette identification, ainsi que le style des médailles. Mais on ne sait rien sur l’histoire de ce monétaire, sinon qu’il fut proscrit par Sylla en 672 (82 av. J.-C.). Il fit partie du même collège monétaire que Q. Titius dont les deniers sont de style semblable.Nous avons fait remarquer ailleurs que Q. Titius copia sur ses pièces de bronze la plupart des types des deniers de C. Vibius Pansa. Ajoutons ici que l’as n. 10 de C. Vibius Pansa porte, au droit, une tête de Janus à barbe pointue, pareille à celle qui figure sur l’as de Q. Titius. Nous n’avons rien à dire de la tête d’Apollon et du quadrige de Pallas identifiée à la dea Roma, qu’on voit sur les cinq premières médailles. Sur le denier n. 6, Cérès ou Déméter, tenant deux torches, est à rapprocher de Diane Lucifera sur un denier de P. Clodius Turrinus ; c’est un type emprunté à la numismatique des villes grecques ou siciliennes, sans que nous connaissions les motifs de ce choix. Le cochon qui accompagne souvent Cérès à la recherche de sa fille Perséphone, rappelle les cochons qui, suivant la légende, bouleversèrent le sol afin de cacher la trace du passage de Perséphone. Les masques bachiques sur les autres deniers, sont des types parlants qui font allusion au cognomen du monétaire.
1669PO – Denier Sextus Pompée – Sextus Pompeius Magnus

1669PO – Denier Sextus Pompée – Sextus Pompeius Magnus Avers : MAG. PIVS IMP. ITER (Magnus pius imperatori iterum, Pompée, le grand, pieux Imperator pour la deuxième fois) Tête nue de Pompée à droite entre un vase (capis) et un lituus. Revers : PR(AE)F OR(AE) (MAR) IT ET / CLAS.EX.S C (Praefectus classis et oræ maritimæ ex senatus consulto, Préfet de la flotte et de la côte maritime par décret du Sénat) Neptune nu debout à gauche, le manteau sur l’épaule, le pied droit posé sur une proue de navire entre les frères Anapias et Amphinomus portant leurs parents sur leurs épaules .Deux tête de Scylla à la base. British Museum 3.93g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Catane Datation : 42-40 avant J.C. Matière : Argent Gens : Pompeia Références : RRC 511/3b – B.27 (Pompeia) – CRR.1344 1. Le Contexte Historique : L’Exil Sicilien Frappé entre 42 et 40 av. J.-C., ce denier intervient dans une période de vide constitutionnel après l’assassinat de Jules César. Le Maître de la Mer : Sextus Pompée, proscrit par le Second Triumvirat, s’est emparé de la Sicile. Grâce à sa puissante flotte, il bloque l’approvisionnement en blé de Rome, affamant la cité pour contraindre Octave et Marc Antoine à la négociation. La Légitimité : Le titre figurant au revers, Praefectus Classis et Orae Maritimae (Préfet de la flotte et du littoral), lui avait été légalement conféré par le Sénat en 43 av. J.-C. avant d’être révoqué. En le maintenant sur ses monnaies, Sextus affirme qu’il est le seul véritable défenseur de la légalité républicaine face aux « tyrans » du Triumvirat. 2. Analyse du Symbolisme A. L’Avers : L’Héritage de Magnus Le portrait n’est pas celui de Sextus, mais celui de son père, Pompée le Grand. La Piété Filiale (Pietas) : En utilisant le portrait de son père, Sextus se présente comme le vengeur de la mémoire paternelle. Son cognomen PIVS (le Pieux) souligne ce lien sacré. Les Symboles Auguraux : Le lituus et la capis rappellent que Pompée le Grand était membre du collège des augures. Cela confère une dimension religieuse et ancestrale à la revendication de pouvoir de Sextus. B. Le Revers : Neptune et les Frères Catanéens C’est ici que l’iconographie devient unique et complexe. Sextus, « Fils de Neptune » : La figure centrale de Neptune, le pied sur une proue, symbolise la domination absolue de Sextus sur les mers. Il se prétendait littéralement le fils du dieu marin, une étape audacieuse vers la divinisation de son vivant. Les Frères Catanéens (Amphinomos et Anapias) : Ce mythe local sicilien raconte comment deux frères sauvèrent leurs parents lors d’une éruption de l’Etna en les portant sur leurs épaules. Résonance locale : Le choix de ce motif ancre Sextus dans son territoire de base, la Sicile. Double sens de la Pietas : Tout comme les frères ont sauvé leurs parents, Sextus sauve la mémoire et la cause de son père. Le message est clair : la loyauté familiale surpasse le danger de l’État (ou des proscriptions). 3. Intérêt pour le collectionneur et l’historien Ce denier est une monnaie charnière. Elle marque la transition entre la monnaie républicaine (où l’on honorait les ancêtres lointains) et la monnaie impériale (où le chef de guerre utilise le monnayage pour son culte personnel et sa propagande immédiate). Nota : Cette monnaie est souvent frappée sur des flans légèrement étroits, ce qui rend les exemplaires avec les légendes complètes (PRÆF CLAS…) et les visages des frères Catanéens bien visibles particulièrement rares et recherchés. Variante : Légende au revers PRAEF ORAE MAR IT ET / CLAS S C Références : RRC 511/3c – B.26 (Pompeia) Bibliothèque nationale de France 3.82g Bibliothèque nationale de France 3.82g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Le type du revers des deux deniers qui précèdent est à rapprocher du type du denier de M. Herennius. La présence des frères de Catane sur les monnaies de Sextus Pompée, prouve que ces pièces ont été frappées dans cette ville de Sicile. Lieux de découverte (7 exemplaires)
1342CR – Denier Serratus Creperia – Quintus Creperius Rucus

1342CR – Denier Serratus Creperia – Quintus Creperius Rucus Avers : Anépigraphe Buste drapé d’Amphitrite à droite, vu de trois quarts en arrière, les cheveux longs tombant sur la nuque et le dos; de chaque côté du buste, une marque de contrôle. Revers : Q.CREPER.M.F ROCVS (Quintus Crepereius, Marcus Filius Rocus) Neptune nu jusqu’à la ceinture dans un bige de chevaux marins voguant à gauche, brandissant un trident transversal de la main droite et tenant les rênes de son char marin ; au-dessus, dans le champ, marque de contrôle. British Museum 3.87g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 72 avant J.C. Matière : Argent Gens : Creperia Références : RRC 399/1b – B.2 (Creperia) – Syd.796a Le monétaire Q. Crepereius M.f. Rocus (Quintus Crepereius Rocus, fils de Marcus) est un personnage dont l’existence est surtout connue grâce à sa production monétaire en 72 av. J.-C. Voici les informations principales sur lui et sa famille, la gens Crepereia : 1. La Gens Crepereia (Famille) Statut: La gens Crepereia était une famille plébéienne de rang équestre (Ordre équestre), et non pas sénatorial, bien que ses membres aient pu exercer des magistratures. Caractère: Cicéron mentionne la discipline stricte des Crepereii, suggérant qu’ils étaient réputés pour leur rigueur morale. Connexions Familiales: Q. Crepereius M.f. Rocus était vraisemblablement le frère de Marcus Crepereius, qui fut désigné comme tribun militaire pour 69 av. J.-C. et fut l’un des juges dans l’affaire de Verrès, mentionnée par Cicéron. 2. Le Monétaire (Q. Crepereius M.f. Rocus) Période d’activité: Il a émis des monnaies en 72 av. J.-C. en tant que tresvir monetalis (un des trois magistrats monétaires), la charge qui lui permettait d’apposer son nom sur le monnayage. Les Thèmes Monétaires: Les types (dessins) qu’il a choisis sont très significatifs : Avers: Buste d’Amphitrite (ou de Salacia, l’équivalent romain), déesse de la mer et épouse de Neptune. Revers: Neptune sur son char tiré par des hippocampes. Hypothèses sur les Types: Le choix de ces divinités marines (Neptune et Amphitrite/Salacia) suggère une connexion familiale avec la mer ou les affaires navales. Certains spécialistes, comme Michael Crawford, pensent que le monétaire et sa famille étaient probablement liés aux negotiatores (hommes d’affaires romains) actifs dans la Grèce de l’Est et peut-être à Corinthe, d’où la forte influence grecque dans les types monétaires. Les Marques de Contrôle: Ses deniers dentelés sont notables pour leur système de marques de contrôle très élaboré. Elles consistent en une lettre de l’alphabet latin associée à un symbole marin (dauphin, crabe, poulpe, etc.), permettant d’identifier les paires de coins utilisées pour la frappe. En résumé, Q. Crepereius M.f. Rocus est un représentant de l’ordre équestre dont la monnaie de 72 av. J.-C. est une source précieuse sur ses possibles origines orientales et son statut social au sein de la République romaine tardive. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Cette famille,d’ordre équestre, était célèbre par l’austérité de ses membres. Cicéron mentionne un Marcus Crepereius, tribun militaire désigné et sénateur, qui en 684 (70 av. J.-C.),fut l’un des juges de Verres. C’était probablement le père de Q. Crepereius Rocus, monétaire que ses pièces désignent comme fils de Marcus. Cavedoni classe ses deniers entre 690 et 698 (64 et 56 av. J.-C.) ; cette date est confirmée par l’examen des trouvailles. Les types marins des deniers de Q. Crepercius Rocus permettent de croire que ce personnage y rappelle quelque exploit maritime de ses ancêtres, ou qu’il a fait frapper monnaie pendant qu’il remplissait quelque importante fonction sur la flotte romaine. Au droit, on voit le buste d’Amphitrite, et au revers, une divinité imberbe qui est peut-être Neptune, père de cette déesse, sur un char traîné par deux hippocampes. Le type du revers se trouve identique sur des monnaies de Corinthe, et rien ne s’oppose à ce que les monnaies de Q. Crepereius Rocus aient été frappéesà Corinthe ; on ne peut cependant admettre que ce personnage fût duumvir coloniæ deducendae, chargé de l’établissement de la colonie romaine à Corinthe en 708 (46 av. J.-C.) avec L. Cossutius Sabula. La composition des dépôts ne permet pas de faire descendre à cette date les monnaies de Q. Crepereius Rocus. Les symboles qu’on trouve dans le champ des pièces se rapportent tous à la mer ou à la navigation. Lieux de découverte (5 exemplaires)
1668PO – Denier Sextus Pompée – Sextus Pompeius Magnus

1668PO – Denier Sextus Pompée – Sextus Pompeius Magnus Avers : MAG. PIVS IMP. ITER (Magnus pius imperatori iterum, Pompée, le grand, pieux Imperator pour la deuxième fois) Tête nue de Pompée à droite entre un vase (capis) et un lituus. Revers : PRÆF // CLAS ET ORÆ (MAR)IT EX S C (Præfectus classis et oræ maritimæ ex senatus consulto, Préfet de la flotte et de la côte maritime par décret du Sénat) Neptune nu debout à gauche, le manteau sur l’épaule, le pied droit posé sur une proue de navire entre les frères Anapias et Amphinomus portant leurs parents sur leurs épaules .Deux tête de Scylla à la base. British Museum 3.99g INDICE DE RARETE : 6 1 10+ ATELIER : Catane Datation : 42 – 40 avant J.C. Matière : Argent Gens : Pompeia Références : RRC 511/3a – Syd. 1344 1. Le Contexte Historique : L’Exil Sicilien Frappé entre 42 et 40 av. J.-C., ce denier intervient dans une période de vide constitutionnel après l’assassinat de Jules César. Le Maître de la Mer : Sextus Pompée, proscrit par le Second Triumvirat, s’est emparé de la Sicile. Grâce à sa puissante flotte, il bloque l’approvisionnement en blé de Rome, affamant la cité pour contraindre Octave et Marc Antoine à la négociation. La Légitimité : Le titre figurant au revers, Praefectus Classis et Orae Maritimae (Préfet de la flotte et du littoral), lui avait été légalement conféré par le Sénat en 43 av. J.-C. avant d’être révoqué. En le maintenant sur ses monnaies, Sextus affirme qu’il est le seul véritable défenseur de la légalité républicaine face aux « tyrans » du Triumvirat. 2. Analyse du Symbolisme A. L’Avers : L’Héritage de Magnus Le portrait n’est pas celui de Sextus, mais celui de son père, Pompée le Grand. La Piété Filiale (Pietas) : En utilisant le portrait de son père, Sextus se présente comme le vengeur de la mémoire paternelle. Son cognomen PIVS (le Pieux) souligne ce lien sacré. Les Symboles Auguraux : Le lituus et la capis rappellent que Pompée le Grand était membre du collège des augures. Cela confère une dimension religieuse et ancestrale à la revendication de pouvoir de Sextus. B. Le Revers : Neptune et les Frères Catanéens C’est ici que l’iconographie devient unique et complexe. Sextus, « Fils de Neptune » : La figure centrale de Neptune, le pied sur une proue, symbolise la domination absolue de Sextus sur les mers. Il se prétendait littéralement le fils du dieu marin, une étape audacieuse vers la divinisation de son vivant. Les Frères Catanéens (Amphinomos et Anapias) : Ce mythe local sicilien raconte comment deux frères sauvèrent leurs parents lors d’une éruption de l’Etna en les portant sur leurs épaules. Résonance locale : Le choix de ce motif ancre Sextus dans son territoire de base, la Sicile. Double sens de la Pietas : Tout comme les frères ont sauvé leurs parents, Sextus sauve la mémoire et la cause de son père. Le message est clair : la loyauté familiale surpasse le danger de l’État (ou des proscriptions). 3. Intérêt pour le collectionneur et l’historien Ce denier est une monnaie charnière. Elle marque la transition entre la monnaie républicaine (où l’on honorait les ancêtres lointains) et la monnaie impériale (où le chef de guerre utilise le monnayage pour son culte personnel et sa propagande immédiate). Nota : Cette monnaie est souvent frappée sur des flans légèrement étroits, ce qui rend les exemplaires avec les légendes complètes (PRÆF CLAS…) et les visages des frères Catanéens bien visibles particulièrement rares et recherchés. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Le type du revers des deux deniers qui précèdent est à rapprocher du type du denier de M. Herennius. La présence des frères de Catane sur les monnaies de Sextus Pompée, prouve que ces pièces ont été frappées dans cette ville de Sicile. Lieux de découverte (74 exemplaires)
1667PO – Denier Sextus Pompée – Sextus Pompeius Magnus

1667PO – Denier Sextus Pompée – Sextus Pompeius Magnus Avers : (MA)G. PIVS IMP. ITER (Magnus pius imperatori iterum, Pompée, le grand, pieux Imperator pour la deuxième fois) Tête diadémée de Neptune à droite, un trident sur l’épaule. Revers : PRÆF // CLAS ET ORÆ (MAR)IT EX S C (Præfectus classis et oræ maritimæ ex senatus consulto, Préfet de la flotte et de la côte maritime par décret du Sénat) Trophée naval orné d’une proue et de l’aplustre. British Museum 4.02g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Catane Datation : 42 – 40 avant J.C. Matière : Argent Gens : Pompeia Références : RRC 511/2b – B.21 (Pompeia) – Syd.1347 I. Le Contexte Historique : La « Thalassocratie » de Sicile Frappé entre 42 et 40 av. J.-C., ce denier intervient au moment où Sextus Pompée, proscrit par le Second Triumvirat, s’est emparé de la Sicile. Légitimité Sénatoriale : Contrairement à l’image de « pirate » que la propagande d’Octavien tentera de lui coller, Sextus utilise la légende PRAEF CLAS ET ORAE MARIT EX S C. Il rappelle qu’il a été nommé officiellement « Préfet de la Flotte et des Côtes Maritimes » par le Sénat en 43 av. J.-C. Le dernier rempart de la République : La Sicile devient le refuge des proscrits et des républicains fuyant Rome. La monnaie sert alors de solde pour ses légions et ses marins, tout en affirmant sa souveraineté sur la Méditerranée. II. Analyse Symbolique de l’Avers : Neptune et l’Héritage L’apparition de Neptune à l’avers n’est pas qu’une référence à la marine ; c’est une revendication de filiation divine. Le « Fils de Neptune » : Après ses succès navals, Sextus s’est proclamé Filius Neptuni. En remplaçant l’effigie de la Liberté ou de Rome par celle de Neptune, il lie son destin personnel à la divinité des mers. Le Trident et le Diadème : Le trident souligne sa maîtrise militaire. Le diadème, souvent associé à la royauté hellénistique, suggère que Sextus règne en maître absolu sur son domaine insulaire. MAG PIVS : Le titre Magnus (le Grand) est l’héritage de son père, Pompée le Grand. Pius souligne sa Pietas : sa dévotion indéfectible à venger son père et à restaurer l’honneur de sa lignée. III. Analyse du Revers : Le Trophée Naval Le revers de ce denier est un condensé d’iconographie triomphale maritime. Composition du Trophée : Le trophée est orné d’une cuirasse, mais surtout de proues de navires (rostra), d’ancres et de tridents. Cela symbolise une victoire navale concrète (probablement ses succès contre la flotte d’Octavien au large de la Sicile). L’Empire des Mers : Alors qu’Octavien et Marc Antoine se partagent les terres, Sextus utilise cette monnaie pour signifier que rien ne peut circuler sans son accord. Le trophée est un avertissement : il est le seul véritable maître des routes du blé. Variante 1 : Légende de l’avers MAG. PIVS IMP. ITER Référence : RRC 511/2a National Numismatic Collection, De Nederlandsche Bank, Amsterdam 3.54g National Numismatic Collection, De Nederlandsche Bank, Amsterdam 3.54g Variante 2 : Légende de l’avers (MA)G. PIVS IMP. I(TE)R Référence : RRC 511/2c Bibliothèque nationale de France 3.83g Bibliothèque nationale de France 3.83g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Lieux de découverte (29 exemplaires)
1665ST – Denier Statia – Lucius Statius Murcus

1665ST – Denier Statia – Lucius Statius Murcus Avers : Anépigraphe Tête de Neptune à droite, un trident derrière le buste. Revers : MVRCVS IMP (Murcus Imperator) Silhouette masculine (Murcus) à droite portant une épée de la main gauche et mettant à genou une silhouette féminine de la main droite. A l’arrière plan un trophée. Bibliothèque nationale de France 4.18g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Grèce Datation : 42 – 41 avant J.C. Matière : Argent Gens : Statia Référence : RRC 510/1 – B.1 (Statia) – Syd.1315 1. Contexte Historique : L’agonie de la République (42-41 av. J.-C.) Cette pièce est émise juste après la bataille de Philippes (octobre 42 av. J.-C.), où Brutus et Cassius, les assassins de César, ont été défaits par Marc Antoine et Octave. L. Staius Murcus était le commandant d’une immense flotte républicaine (environ 60 navires) stationnée dans l’Adriatique pour intercepter les renforts des triumvirs. Après la défaite et le suicide de Brutus et Cassius, Murcus refuse de se rendre. Il devient un chef de guerre indépendant, utilisant sa flotte comme une base souveraine. Le but de la monnaie : Ce denier n’est pas destiné au commerce civil, mais à la solde des légionnaires et des marins. Il doit réaffirmer la légitimité de Murcus en tant qu’ Imperator alors que la cause qu’il servait officiellement a disparu. 2. Symbolisme de l’Avers : Neptune et la Thallassocratie Le choix de Neptune, le dieu des mers, avec son trident, est hautement stratégique : La maîtrise des mers : À ce moment précis, les républicains n’ont plus de territoire terrestre. Leur seul pouvoir réside dans leur flotte. Murcus se présente comme le protégé de Neptune. Lien avec Sextus Pompée : Peu après cette émission, Murcus rejoindra Sextus Pompée en Sicile, ce dernier se prétendant « Fils de Neptune ». Cette imagerie préfigure l’alliance des forces navales dissidentes contre le Second Triumvirat. 3. Symbolisme du Revers : Le « Restitutor » (Le Restaurateur) Le revers est l’un des plus éloquents de la fin de la République : La figure agenouillée : Elle représente la République (Res Publica) ou Rome elle-même, affaiblie et prostrée par les guerres civiles. Le geste de Murcus : En tendant la main pour la relever, Murcus utilise l’iconographie de la restitutio. Il se présente non pas comme un rebelle, mais comme celui qui sauve et relève la patrie face à la tyrannie des triumvirs. Le Trophée : Placé au centre, il rappelle que cette légitimité de « sauveur » est acquise par la victoire militaire. C’est un message de force : la paix et la restauration de Rome ne passeront que par les armes de Murcus. En résumé Ce denier est le témoignage numismatique d’un homme qui tente de transformer une défaite politique totale en une mission divine et morale. C’est une pièce qui symbolise l’espoir ultime des républicains s’appuyant sur la force navale pour contester le partage du monde entre Antoine et Octave. L’autorité émettrice de ce denier est Lucius Staius Murcus, une figure fascinante et tragique de la fin de la République romaine. Son parcours illustre parfaitement le chaos des guerres civiles, passant du statut de lieutenant fidèle de Jules César à celui de dernier rempart de la cause républicaine en mer. 1. Un « Homme Nouveau » (Homo Novus) Originaire du Samnium (une région d’Italie centrale), Murcus n’appartenait pas à la vieille aristocratie romaine. Sa famille, la gens Statia, s’est élevée par le mérite militaire. Lieutenant de César : Il commence sa carrière comme officier supérieur (légat) sous les ordres de Jules César, notamment durant les campagnes d’Afrique et de Syrie entre 48 et 46 av. J.-C. Ascension politique : En récompense de ses services, César le fait nommer préteur en 45 av. J.-C., puis proconsul de Syrie. 2. Le basculement après l’assassinat de César Bien que promu par César, Murcus choisit le camp des Libérateurs (Brutus et Cassius) après l’Ides de Mars. Commandant de la flotte : Cassius lui confie le titre de Praefectus Classis (préfet de la flotte). Il devient l’un des amiraux les plus efficaces de la faction républicaine. Succès militaires : Avant Philippes, il remporte des victoires notables sur la flotte de Dolabella et celle des Rhodiens, ce qui lui vaut le titre d’Imperator (que l’on retrouve sur la légende de votre pièce : MVRCVS IMP). 3. Le chef de guerre indépendant Après la défaite de Philippes (42 av. J.-C.), Murcus se retrouve dans une position unique : Il refuse de se soumettre au Second Triumvirat (Octave, Antoine, Lépide). Il conserve le contrôle d’une armada puissante (environ 60 navires et deux légions), faisant de lui un acteur incontournable en Méditerranée. C’est durant cette période d’errance entre la Grèce et la Sicile (42-41 av. J.-C.) qu’il fait frapper le denier RRC 510/1 pour maintenir la loyauté de ses troupes. 4. Une fin tragique en Sicile En 41 av. J.-C., il finit par rejoindre Sextus Pompée en Sicile pour unir leurs forces navales. Cependant, l’entente tourne court : Murcus, fier de son rang et de son expérience, entre en conflit avec l’entourage de Sextus Pompée (notamment ses affranchis). Jaloux de son influence ou craignant une trahison, Sextus Pompée l’accuse de conspiration et le fait assassiner à Syracuse en 39 av. J.-C. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Statia paraît originaire du Samnium ou de la Lucarne; mais une partie de ses membres était déjà fixée à Rome à une époque très ancienne, car nous y trouvons, en 279 (475 av. J.-C.), T. Statius comme tribun du peuple. Un général Samnite du nom de Statius Gellius fut battu par les Romains et fait prisonnier pendant les guerres du Samnium, en 449 (305 av. J.-C.). L. Statius Murcus, dont le nom figure sur les médailles, était lieutenant de César en 706 (48 av. J.-C.). Il fut l’un des trois commissaires envoyés pour entreprendre des négociations avec les Pompéiens, à Oricum. Préteur en 709-710 (45-44 av. J.-C.), il passa en Syrie avec le titre de proconsul, et
1656JU – Denier Brutus – Publius Servilius Casca

1656JU – Denier Brutus – Publius Servilius Casca Avers : CASCA LONGVS (Casca Longus) Tête laurée de Neptune à droite; au-dessous, sous le cou, un trident. Revers : BRVTVS / IMP (Brutus/ Imperator) Victoria (la Victoire) marchant à droite, les ailes déployées, sur un sceptre brisé, tenant de la main droite une couronne brisée et de la main gauche, une palme. British Museum 4.05g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Asie Mineure ou Macédoine Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Servilia et Junia Références : RRC 507/2 – B.44 (Junia) – Syd.1298 Ce denier est bien plus qu’une simple monnaie ; c’est un outil de communication politique (ou « monnaie de camp ») frappé par les Libérateurs (les assassins de César) peu avant leur défaite finale à Philippes. Voici une analyse approfondie de son symbolisme et de son contexte : 1. Contexte Historique : La lutte pour la « Libertas » Frappée entre 43 et 42 av. J.-C., cette pièce est émise par un atelier monétaire mobile qui suivait les armées de Marcus Junius Brutus et Cassius en Orient (Grèce/Asie Mineure). À ce moment-là, le monde romain est déchiré par la guerre civile. Brutus cherche à financer ses légions tout en légitimant son acte : le meurtre de Jules César. La monnaie sert alors de tract politique pour convaincre les soldats et les populations que leur cause est celle de la liberté contre la tyrannie. 2. Symbolisme de l’Avers : Neptune et la maîtrise des mers La figure de Neptune : Le dieu des mers, accompagné de son trident, ne figure pas ici par hasard. Signification : Cela célèbre la puissance navale des Républicains. Brutus et Cassius contrôlaient alors la Méditerranée orientale et avaient remporté plusieurs succès maritimes contre les forces du Second Triumvirat (Octave et Marc Antoine). C’est un message de confiance : les mers sont sous leur contrôle, assurant le ravitaillement de leurs troupes. 3. Symbolisme du Revers : La défaite de la Royauté C’est ici que le message politique est le plus explicite. On y voit la Victoire marchant sur un sceptre brisé et tenant un diadème royal, lui aussi brisé. Le Sceptre et le Diadème brisés : Dans le monde antique, ces deux objets sont les attributs par excellence des rois (le rex). César avait été accusé de vouloir restaurer la royauté à Rome. Le message : En montrant ces symboles brisés, Brutus proclame que la tyrannie a été vaincue. C’est une justification directe de l’assassinat de César : l’acte n’était pas un crime, mais un acte de salut public pour briser les chaînes de la monarchie. « BRVTVS IMP » : L’inscription Imperator souligne que Brutus a été acclamé par ses troupes, renforçant sa légitimité militaire face à ses adversaires. 4. L’importance de Casca Longus Le nom figurant sur la pièce, Casca Longus, est celui de Publius Servilius Casca, l’un des conspirateurs les plus célèbres. Selon la tradition (Plutarque), c’est lui qui porta le premier coup de poignard à César dans le Sénat. Sa présence sur la monnaie aux côtés de Brutus lie indéfectiblement l’objet à l’acte des Ides de Mars. Conclusion Ce denier est un témoignage fascinant d’une République à l’agonie qui utilise l’imagerie religieuse et militaire pour tenter de restaurer son autorité morale. Comme le soulignent souvent les analyses numismatiques détaillées, chaque élément visuel est choisi pour transformer un régicide en une victoire héroïque pour la liberté romaine. Le magistrat monétaire associé à cette monnaie est une figure historique majeure de la fin de la République : Publius Servilius Casca Longus. 1. Le premier agresseur de César Casca Longus est resté célèbre dans l’histoire pour son rôle lors des Ides de Mars (15 mars 44 av. J.-C.). Selon les récits de Plutarque et de Suétone, c’est lui qui a porté le premier coup de poignard à Jules César. Alors que les conjurés entouraient le dictateur, Casca se tenait derrière lui. Il l’aurait frappé à l’épaule ou à la gorge en criant à son frère (en grec) : « Frère, à l’aide ! ». Ce geste a déclenché l’assaut général des autres conspirateurs. 2. Identité et Famille Branche familiale : Il appartenait à la gens Servilia, une famille aristocratique ancienne. Bien que membre de la noblesse, il était initialement un proche de César avant de rejoindre le camp de Brutus et Cassius. Le rôle de son frère : Il ne faut pas le confondre avec son frère, Gaius Servilius Casca, qui était également l’un des conspirateurs. Les deux frères ont fui Rome ensemble après que la foule se soit retournée contre les assassins lors des funérailles de César. 3. Son rôle en tant que « Monétaire » (Legatus) Sur cet aureus, son nom apparaît sous la forme CASCA LONGVS. En 42 av. J.-C., il ne s’agit pas d’un magistrat monétaire ordinaire (comme ceux qui officiaient à Rome), mais d’un lieutenant (légat) de Brutus. Sa fonction de monétaire était de superviser la frappe de l’atelier mobile qui suivait l’armée des Libérateurs en Orient (en Asie Mineure puis en Grèce). En inscrivant son nom sur la pièce, il affirmait sa légitimité et son rang élevé au sein de la coalition républicaine. 4. Sa fin tragique Comme la plupart des conspirateurs, Casca ne survit pas longtemps après l’émission de cette monnaie. Il participe à la bataille de Philippes en octobre 42 av. J.-C. Après la défaite finale des forces républicaines contre Antoine et Octave, il se serait donné la mort, tout comme Brutus et Cassius, pour échapper à la capture et à l’exécution. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Servilius Casca Longus. en 711-712 (43-42 av. J.-C.) On connaît deux frères du nom de Servilius Casca Longus à qui les monnaies qui suivent peuvent être attribuées. L’un portait le prénom de Publius et l’autre celui de Caius. Le premier prit part au meurtre de Jules César en 710 (44 av. J.-C.); il était alors tribun du peuple. Il combattit à la bataille de Philippes, dans l’armée de Brutus, et il mourut peu après. Son frère, bien que lié d’amitié avec César, n’en conspira pas moins,
1387PL – Denier Plautia – Publius Plautius Hypsæus

1387PL – Denier Plautia – Publius Plautius Hypsæus Avers : P. YPSAE. S. C (Publius Hypsæus Senatus Consulto, Publius Hypsaeus avec l’accord du Sénat) Tête de Neptune à droite; derrière, un trident ornementé. Revers : C. YPSAE. COS / PRIV verticalement CEPIT (Caius Hypsæus Consul/ Privernum Cepit, Gaius Hypsæus, consul, capture Privernum) Jupiter dans un quadrige galopant à gauche, tenant un foudre de la main droite et les rênes de la main gauche. British Museum 4.04g INDICE DE RARETE : 6 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 60 avant J.C. Matière : Argent Gens : Plautia Références : RRC 420/1a – B.11 (Plautia) – Syd.910 Le monétaire qui a frappé ce denier est Publius Plautius Hypsaeus (P. Plautius Hypsaeus), un membre de la gens Plautia, une famille plébéienne de la République romaine. Voici un aperçu de sa carrière et de son rôle : 👤 Identité et Période Nom (Gens) : Plautia Monétaire : Publius Plautius Hypsaeus Date de frappe : Vers 60 av. J.-C. 🏛️ Carrière Politique Publius Plautius Hypsaeus a eu une carrière politique significative, largement redevable à son puissant patron, Pompée le Grand. Questeur : Il a servi comme questeur sous Pompée, notamment lors de campagnes en Orient, ce qui fut un tremplin pour sa carrière. Édile Curule : Il atteint la magistrature d’édile curule vers 58 av. J.-C., une charge qu’il partage notamment avec Marcus Aemilius Scaurus. Il a émis d’autres deniers conjointement avec Scaurus (RRC 422/1b). Préteur : Il est devenu préteur vers 55 av. J.-C. Candidature au Consulat et Exil : En 52 av. J.-C., il se présente au consulat, bénéficiant du soutien de Pompée. Cette période fut marquée par de violents désordres politiques à Rome, notamment en raison de la rivalité entre les factions de Milon et de Clodius. Suite aux émeutes et à la mort de Clodius, Pompée fit voter des lois rétroactives sur la violence et la corruption (ambitus). Hypsaeus fut accusé et reconnu coupable de corruption électorale (ambitus) et fut contraint à l’exil en 52 av. J.-C. 🪙 La Propagande Familiale Comme c’était souvent le cas pour les monétaires républicains, Hypsaeus a utilisé sa monnaie pour promouvoir sa famille : Avers (Neptune) : La tête de Neptune fait probablement référence à une tradition familiale liant la gens Plautia à ce dieu et à sa fille, Leuconoé (dont la tête apparaît sur un autre denier du même monétaire). Revers (Jupiter en quadrige) : La légende au revers (« C. YPSAE. COS PRIV CEPIT ») commémore la prise de la ville de Privernum en 329 av. J.-C. par un ancêtre, le consul Gaius Plautius Decianus. En le nommant C. Ypsaeus, le monétaire cherchait à relier directement cette gloire militaire à sa branche familiale. Variante avec la présence d’un scorpion sous les chevaux au revers Référence : RRC 420/1b British Museum 3.96g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon P. Plautius Hypsaeus. Edile curule vers 696 (58 av. J.-C.) P. Plautius Hypsaeus fit frapper monnaie pendant qu’il exerçait la charge d’édile curule avec M. Aemilius Scaurus, en 696 (58 av. J.-C.). Il fut envoyé comme questeur de Cn. Pompée en Egypte avec la mission de rétablir Ptolémée XIII Aulètes sur le trône d’Egypte; il devint plus tard tribun du peuple et enfin candidat au consulat. Soutenu par P. Clodius, il fut naturellement l’adversaire acharné de Milon, et mêlé aux événements qui accompagnèrent le meurtre de son protecteur.Nous avons dit (famille Aemilia) tout ce qui concernait son collègue, M. Aemilius Scaurus, dans les monnaies que les deux édiles firent frapper en commun par ordre du Sénat. Ici, nous devons nous borner à expliquer ce qui se rapporte à Hypsaeus. Celui-ci rappela les exploits militaires de son ancêtre, le consul C. Plautius Venno Hypsaeus, qui prit Privernum en 413 (341 av. J.-C.)4, et ruina ainsi la confédération que les cités Volsques avaient formée contre Rome; il obtint les honneurs du triomphe qui est représenté sur les médailles. Borghesi a remarqué que le scorpion qui figure sous le quadrige est l’emblème de la Commagène où P. Hypsaeus exerça un commandement sous les ordres de Pompée pendant sa campagne d’Asie. On voit encore sur ces médailles les têtes de Neptune et de sa fille Leuconoé, parce que les Hypsaei se prétendaient issus de ces deux divinités. Hygin dit en effet : Leuconoï Neptuni film ex Themisio Hypsei filia . C’est par une assimilation de ce genre que les Bursiones se prétendaient issus de Byrseus, l’hôte de Neptune, de Mercure et d’Apollon. Remarquons enfin que l’orthographe du nom Hypsaeus varie, et qu’on le trouve souvent écrit Ypsaeus : c’est la forme grecque du mot transcrite en latin. Lieux de découverte (59 exemplaires)
1341CR – Denier Serratus Creperia – Quintus Creperius Rucus

1341CR – Denier Serratus Creperia – Quintus Creperius Rucus Avers : Anépigraphe Buste drapé d’Amphitrite à droite, vu de trois quarts en arrière, les cheveux longs tombant sur la nuque et le dos; de chaque côté du buste, une marque de contrôle. Revers : Q.CREPEREI ROCVS (Quintus Crepereius Rocus) Neptune nu jusqu’à la ceinture dans un bige de chevaux marins voguant à gauche, brandissant un trident transversal de la main droite et tenant les rênes de son char marin ; au-dessus, dans le champ, marque de contrôle. Bibliothèque nationale de France 3.91g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 72 avant J.C. Matière : Argent Gens : Creperia Références : RRC 399/1a – B.1 (Creperia) – Syd.796 Le monétaire Q. Crepereius M.f. Rocus (Quintus Crepereius Rocus, fils de Marcus) est un personnage dont l’existence est surtout connue grâce à sa production monétaire en 72 av. J.-C. Voici les informations principales sur lui et sa famille, la gens Crepereia : 1. La Gens Crepereia (Famille) Statut: La gens Crepereia était une famille plébéienne de rang équestre (Ordre équestre), et non pas sénatorial, bien que ses membres aient pu exercer des magistratures. Caractère: Cicéron mentionne la discipline stricte des Crepereii, suggérant qu’ils étaient réputés pour leur rigueur morale. Connexions Familiales: Q. Crepereius M.f. Rocus était vraisemblablement le frère de Marcus Crepereius, qui fut désigné comme tribun militaire pour 69 av. J.-C. et fut l’un des juges dans l’affaire de Verrès, mentionnée par Cicéron. 2. Le Monétaire (Q. Crepereius M.f. Rocus) Période d’activité: Il a émis des monnaies en 72 av. J.-C. en tant que tresvir monetalis (un des trois magistrats monétaires), la charge qui lui permettait d’apposer son nom sur le monnayage. Les Thèmes Monétaires: Les types (dessins) qu’il a choisis sont très significatifs : Avers: Buste d’Amphitrite (ou de Salacia, l’équivalent romain), déesse de la mer et épouse de Neptune. Revers: Neptune sur son char tiré par des hippocampes. Hypothèses sur les Types: Le choix de ces divinités marines (Neptune et Amphitrite/Salacia) suggère une connexion familiale avec la mer ou les affaires navales. Certains spécialistes, comme Michael Crawford, pensent que le monétaire et sa famille étaient probablement liés aux negotiatores (hommes d’affaires romains) actifs dans la Grèce de l’Est et peut-être à Corinthe, d’où la forte influence grecque dans les types monétaires. Les Marques de Contrôle: Ses deniers dentelés sont notables pour leur système de marques de contrôle très élaboré. Elles consistent en une lettre de l’alphabet latin associée à un symbole marin (dauphin, crabe, poulpe, etc.), permettant d’identifier les paires de coins utilisées pour la frappe. En résumé, Q. Crepereius M.f. Rocus est un représentant de l’ordre équestre dont la monnaie de 72 av. J.-C. est une source précieuse sur ses possibles origines orientales et son statut social au sein de la République romaine tardive. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Cette famille,d’ordre équestre, était célèbre par l’austérité de ses membres. Cicéron mentionne un Marcus Crepereius, tribun militaire désigné et sénateur, qui en 684 (70 av. J.-C.),fut l’un des juges de Verres. C’était probablement le père de Q. Crepereius Rocus, monétaire que ses pièces désignent comme fils de Marcus. Cavedoni classe ses deniers entre 690 et 698 (64 et 56 av. J.-C.) ; cette date est confirmée par l’examen des trouvailles. Les types marins des deniers de Q. Crepercius Rocus permettent de croire que ce personnage y rappelle quelque exploit maritime de ses ancêtres, ou qu’il a fait frapper monnaie pendant qu’il remplissait quelque importante fonction sur la flotte romaine. Au droit, on voit le buste d’Amphitrite, et au revers, une divinité imberbe qui est peut-être Neptune, père de cette déesse, sur un char traîné par deux hippocampes. Le type du revers se trouve identique sur des monnaies de Corinthe, et rien ne s’oppose à ce que les monnaies de Q. Crepereius Rocus aient été frappéesà Corinthe ; on ne peut cependant admettre que ce personnage fût duumvir coloniæ deducendae, chargé de l’établissement de la colonie romaine à Corinthe en 708 (46 av. J.-C.) avec L. Cossutius Sabula. La composition des dépôts ne permet pas de faire descendre à cette date les monnaies de Q. Crepereius Rocus. Les symboles qu’on trouve dans le champ des pièces se rapportent tous à la mer ou à la navigation. Lieux de découverte (19 exemplaires)
1253RU – Quinaire Rubria – Lucius Rubrius

1253RU – Quinaire Rubria – Lucius Rubrius Avers : DOS-SEN (Dossenus) Tête laurée de Neptune à droite, un trident sur l’épaule. Revers : L. RVBRI (Lucius Rubrius) Victoria (la Victoire) marchant à droite, tenant une couronne et une palme; à ses pieds, un serpent enroulé autour d’un autel. Bibliothèque nationale de France 1.77g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 87 avant J.C. Matière : Argent Gens : Rubria Références : RRC 348/4 – B.4 (Rubria) – Syd.708 👤 Le Monétaire : L. Rubrius Dossenus Nous avons peu de détails biographiques directs sur L. Rubrius Dossenus, mais les informations numismatiques et historiques nous permettent d’établir ceci : Période d’activité : Il a frappé monnaie en 87 av. J.-C., une période extrêmement instable à Rome, marquée par les guerres civiles et les luttes entre Marius et Sylla. Identité potentielle : Certains historiens, comme Ernest Babelon, suggèrent qu’il pourrait être le même personnage qu’un certain L. Rubrius, un sénateur mentionné comme ayant été fait prisonnier lors de la prise de Corfinium par Jules César au début de la guerre civile en 49 av. J.-C. (si cette identification est correcte, cela ferait de lui un homme qui a vécu de grandes époques de l’histoire romaine). La Gens Rubria : Il appartenait à la Gens Rubria (la famille Rubria), une famille d’origine plébéienne. Un membre de cette gens, un certain Rubrius, fut tribun de la plèbe avec Caius Gracchus en 123 av. J.-C. 💡 Interprétation et Signification L’iconographie de ce quinaire est particulièrement riche en symboles qui ne sont pas directement liés à la Triade Capitoline, mais plutôt à des événements spécifiques ou à d’autres aspects de la tradition familiale : Neptune : Le dieu de la mer pourrait faire allusion à un triomphe naval ancestral de la gens Rubria ou à un aspect de la fonction du monétaire. Serpent et Autel : L’autel avec le serpent enroulé est un symbole fort. Le serpent est traditionnellement associé à Esculape (Aesculapius), le dieu de la médecine et de la guérison. Lien historique : Les numismates, dont Michael Crawford, suggèrent que ce motif pourrait faire référence à une épidémie de peste qui aurait ravagé Rome et dont la ville aurait triomphé, probablement peu de temps avant l’émission de cette monnaie. L’autel pourrait être spécifiquement celui d’Esculape sur l’Île Tibérine à Rome, lieu de son culte. La présence de la Victoire (Victoria) marchant est donc le témoignage d’une victoire sur cette maladie. Ce quinaire complète l’émission du monétaire en ajoutant un thème religieux et civique (santé publique et victoire) à ses Deniers, qui étaient axés sur la Triade Capitoline et les triomphes. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La première fois que l’on voit apparaître la gens Rubria dans l’histoire, c’est lorsqu’il est fait mention d’un Rubrius qui fut tribun du peuple en même temps que C. Gracchus en 631 (123 av. J.-C.), et proposa d’établir une colonie romaine à Carthage. On cite plus tard Q. Rubrius Varro, déclaré ennemi public avec Marius en 666 (88 av. J.-C.); un autre Rubrius, ami de Verrès et complice de ses exactions en Sicile; enfin, Rubrius Ruga, un des meurtriers de César.La numismatique n’enregistre que le nom de L. Rubrius Dossenus qui paraît être le même personnage que le sénateur L. Rubrius, fait prisonnier à la prise de Corfinium, au commencement de 705 (49 av. J.-C.). Ses monnaies peuvent dater de l’an 671 (83 av. J.-C.). Leurs types sont fort intéressants : on y voit, au droit, les trois grandes divinités du Capitole, Jupiter, Junon et Pallas ou Rome, et au revers, les chars honorifiques de ces trois divinités, surmontés d’une Victoire; ce char triomphal ou tensa, rappelle les jeux du cirque et l’entrée solennelle des chars; Cavedoni croit que ce type a été choisi parce que la loi Rubria-Acilia, mentionnée dans une inscription, fait allusion à cette grande solennité. Rappelons que le char du revers de ces pièces ressemble à celui qu’on voit plus tard sur des deniers d’Auguste (Julia, 119).Les types du quinaire de L. Rubrius Dossenus n’ont pas été jusqu ‘ici suffisamment expliqués. La Victoire se rapporte aux fêtes populaires dont il vient d’être question. L’autel entouré d’un serpent est l’autel d’Esculape, dans l’île du Tibre. Quant à la tête de Neptune, nous ne pouvons l’expliquer qu’en la rapprochant de la proue de navire qui paraît sur l’as n. 6 et sur le sextans n. 9 : elle rappelle le voyage maritime que dut faire un ancêtre du monétaire, allant chercher Esculape à Epidaure ; pour faire cesser la peste qui désola Rome en 461 (293 av. J.-C.), les livres sibyllins avaient conseillé d’introduire à Rome le culte du dieu grec et de lui bâtir un temple. Une légende analogue est racontée au sujet de l ‘introduction à Rome du culte de Cybèle, la grande déesse de Pessinunte, et ce fait est également traduit sur des médailles de la famille Volteia. Au revers de l’as n. 6 et du sextans n. 9, figure le même autel d ‘Esculape que sur le quinaire; le temple d’Esculape est aussi sur l ‘as n. 6 et sur le sextans n. 9; la proue de navire fait enfin, comme la tête de Neptune sur le quinaire, allusion au vaisseau qui amena d ‘Epidaure à Rome le dieu de la médecine sous la forme d’un serpent. On est ainsi amené à supposer que L. Rubrius Dossenus et M. Eppius dont les types monétaires ont du rapport avec ceux-ci (Eppia, 2 et Pompeia, 19), s’honoraient de compter parmi leurs ancêtres les ambassadeurs qui furent envoyés à Epidaure, chercher le serpent divin. Plus tard, un médaillon de bronze de l’empereur Adrien fait allusion au même événement. Lieux de découverte (170 exemplaires)