Kylix

Kylix · Coupe à Vin Grecque · Symposion · LesDioscures Kylix Coupe à vin grecque · Symposion · Tondo · Kottabos · Numismatique romaine Nature Coupe à vin céramique Forme Peu profonde · 2 anses · Pied gracile Contexte Symposion grec Décor intérieur Tondo Monnaie citée Denier Cassia · RRC 413/1 S’il est un objet qui incarne à lui seul l’art de vivre de la Grèce antique, c’est bien le kylix. Bien plus qu’une simple coupe à vin, ce récipient peu profond — flanqué de deux anses horizontales et élevé sur un pied gracile — était le protagoniste incontournable du symposion, le banquet grec. Entre prouesse technique, support de narration et instrument de jeu, le kylix condense en un seul objet la complexité du monde grec : beauté formelle, convivialité ritualisée et richesse iconographique. Sa présence sur le denier Cassia témoigne de la profonde hellénisation de l’aristocratie romaine républicaine. « Pour le convive grec, boire dans un kylix était une expérience interactive — au fur et à mesure que le vin baissait, une image surgissait du fond, surprise réservée à celui qui avait tout bu. » — Christopher Mérat, Kylix, LesDioscures.com ✦ Une forme étudiée pour le plaisir 01 Design et fonctionnalité — Ergonomie du banquet grec Grèce classique · VIe – IVe s. av. J.-C. Kylix · Coupe à vin grecque du symposion Le design du kylix n’est pas le fruit du hasard. Sa forme évasée permettait au vin de s’oxygéner rapidement, libérant tous ses arômes. Les deux anses horizontales permettaient une manipulation aisée, même en position allongée sur un kliné (lit de banquet) — posture caractéristique du convive grec lors des symposia. 🍷 La coupe évasée Forme peu profonde permettant l’oxygénation du vin. Plus large que haute — geste d’ouverture vers le convive et vers la conversation. ✋ Les deux anses Manipulation aisée en position allongée sur le kliné. Le pouce et l’index glissés dans les anses permettaient de tenir la coupe sans la poser. 🏺 Le pied gracile Élément de distinction artistique — pied fin et élancé qui élève la coupe et lui confère une silhouette élégante, signature du savoir-faire des céramistes grecs. 🎨 Le Tondo Médaillon circulaire au fond de la coupe — la véritable magie du kylix. Invisible au début du repas, il se révèle au fur et à mesure que le vin est bu. ✦ Le Tondo — L’art de la surprise 02 Une expérience interactive — L’image révélée par le vin Figures noires · Figures rouges · VIe – Ve s. av. J.-C. La véritable magie du kylix réside dans son tondo : le médaillon circulaire situé au fond de la coupe. Pour le convive, boire dans un kylix était une expérience interactive — au fur et à mesure que le niveau du vin baissait, une image commençait à apparaître, surgissant lentement de l’obscurité du vin sombre. ⚡ Scènes mythologiques Les exploits de Dionysos (dieu du vin, tutélaire du symposion), d’Héraclès ou d’Achille — la coupe place le buveur dans l’intimité des dieux. 🏃 Vie quotidienne Athlètes à l’entraînement, scènes de chasse, musiciens — et parfois des scènes de banquet elles-mêmes, mise en abyme délicieuse de l’utilisateur dans sa propre situation. 😱 Humour et Gorgones Parfois, des visages de Gorgones ou des images grivoises surgissaient pour surprendre le buveur une fois sa coupe vidée — humour essentiel du symposion. 👁️ Les Yeux apotropaïques Sur certains kylikes, deux grands yeux peints à l’extérieur regardent le convive — convention décorative propre au type « à yeux », pour éloigner le mauvais œil. ⚡ Tleson, Euphronios — Peintres de renom Des peintres de renom comme Tleson ou Euphronios ont utilisé la surface du kylix comme une véritable toile, perfectionnant d’abord la technique des figures noires (silhouettes sombres sur fond clair, vers 550–480 av. J.-C.) puis celle des figures rouges (figures orangées sur fond noir, vers 530–300 av. J.-C.), permettant un rendu anatomique et expressif bien plus précis. Aujourd’hui, ces coupes sont des sources inestimables pour comprendre les codes sociaux, les vêtements et les rituels de la Grèce classique. ✦ Le Kottabos — Le jeu du symposion 03 Jeu d’adresse et de convivialité — Projeter la lie Grèce classique · Ve – IVe s. av. J.-C. Le kylix n’était pas seulement utilisé pour boire, mais aussi pour jouer. Le kottabos était un jeu d’adresse très prisé lors des symposia : le convive glissait un doigt dans l’une des anses du kylix et, d’un geste sec du poignet, projetait les dernières gouttes de vin (la lie, en grec tryx) vers une cible. Cette cible pouvait être : 🥏 Le plateau en bronze Version classique — un plateau (plastinx) en équilibre précaire sur une tige verticale. Le buveur devait le faire tomber en projetant sa lie. 🚢 Les bateaux flottants Version nautique — de petits bols flottant dans une vasque d’eau. Il fallait les remplir et les faire couler avec la lie projetée. ❤️ Dimension amoureuse En projetant sa lie, le convive prononçait le nom de la personne aimée — si le coup était réussi, c’était bon signe pour ses amours. Ce jeu était un mélange de précision athlétique et de décontraction festive — un art en soi, dans la continuité de l’idéal grec associant performance physique et joie du banquet. Il était si prisé qu’il donna naissance à des représentations artistiques dédiées, notamment sur les kylikes eux-mêmes. ✦ Le kylix dans la numismatique romaine — Denier Cassia 04 Denier Cassia · RRC 413/1 · Lucius Cassius Longinus 63 av. J.-C. · Rome · Lex Tabellaria Denier Cassia · RRC 413/1 · Lucius Cassius Longinus · 63 av. J.-C. 🏛 Description du denier · RRC 413/1 Avers Anépigraphe Tête voilée de Vesta à gauche · Derrière : le kylix (ou cymbium — vase à deux anses) · Devant : lettre de contrôle Revers LONGIN · III · V Citoyen debout à gauche, déposant un bulletin de vote inscrit V (Vti rogas — « comme tu demandes », vote favorable) dans une ciste servant d’urne · Longinus triumvir monétaire Le kylix