1811PO – Denier Sextus Pompée

1811PO – Denier Sextus Pompée Avers : SEX··MAGNVS IMP B Tête de Cn. Pompeius Magnus à droite. Revers : PIETAS Piétas (La Piété) debout à gauche; branche dans la main droite et dans la gauche un sceptre. British Museum 3.76g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Salpesa Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gens : Pompeia Références : RRC 477/1a – B.18 (Pompeia) – Syd.1042 var Ce denier est une pièce maîtresse de la numismatique de la fin de la République romaine. Son symbolisme et son contexte s’inscrivent dans une période de guerre civile intense et de propagande dynastique. 1. Contexte Historique : La résistance des Pompéiens Frappée vers 45-44 av. J.-C., cette pièce émane de Sextus Pompée, le fils cadet de Pompée le Grand. L’après-Munda : Après la défaite cuisante des partisans de Pompée face à Jules César lors de la bataille de Munda (Espagne) en 45 av. J.-C., Sextus Pompée est l’un des rares survivants de la faction républicaine. La survie en Hispanie : Il se réfugie dans le sud de l’Espagne (Bétique), où il lève une armée et une flotte. Cette monnaie est frappée dans un atelier mobile (ou à Salpensa) pour payer ses troupes et affirmer sa légitimité face à l’hégémonie de César. Le titre de « Pius » : C’est à cette époque que Sextus adopte le surnom de Pius (le Pieux), qui figure dans la légende de la pièce. 2. Symbolisme de l’Avers : Le culte du père L’avers montre le portrait de Pompée le Grand. Ce choix est hautement politique : Légitimité dynastique : À cette époque, il était encore rare de représenter une personne vivante sur les monnaies (César venait juste de commencer). En plaçant le visage de son père défunt, Sextus ne se présente pas comme un tyran, mais comme l’héritier d’un grand homme de la République. L’appel aux vétérans : Le portrait sert de point de ralliement pour les anciens soldats de Pompée le Grand, les invitant à rejoindre la cause du fils pour restaurer l’honneur de la famille. 3. Symbolisme du Revers : La Pietas Le revers représente la Pietas (la Piété) tenant un sceptre et une palme. La Piété Filiale : Chez les Romains, la pietas n’est pas seulement religieuse ; c’est avant tout le devoir et la dévotion envers la famille, la patrie et les dieux. Ici, elle symbolise le combat de Sextus : il ne fait pas la guerre pour son propre pouvoir, mais par devoir envers son père assassiné. La Palme et le Sceptre : La palme suggère la victoire, tandis que le sceptre évoque l’autorité et le commandement légitime (imperium). Sextus affirme que sa cause est juste et protégée par les dieux. En résumé Ce denier est un outil de communication de crise. Il transforme une lutte pour la survie en une croisade morale. Sextus y utilise l’image de son père pour transformer son nom de famille en un titre politique, une stratégie qui sera plus tard perfectionnée par Octave (futur Auguste) avec l’image de César. Pour ce denier, le « monétaire » (l’autorité émettrice) est Sextus Pompée (Sextus Pompeius Magnus Pius). Contrairement aux monnaies romaines classiques frappées par les triumviri monetales à Rome, celle-ci est une émission impératoriale. Cela signifie qu’elle a été frappée sous l’autorité directe d’un général en campagne, en dehors du contrôle du Sénat. Voici les informations clés sur Sextus Pompée en tant qu’autorité monétaire : 1. Identité et Titulature Sextus Pompée est le fils cadet de Pompée le Grand. Sur ce denier, il utilise une titulature très précise pour affirmer son identité : MAGNVS : Le nom de son père, qu’il reprend comme un titre de noblesse. PIVS : Un surnom qu’il adopte officiellement en Espagne. Il souligne sa pietas (sa dévotion filiale) : il est celui qui n’abandonne pas la mémoire et la cause de son père. IMP (Imperator) : Ce titre indique qu’il a été acclamé général en chef par ses troupes. 2. Le rôle militaire du monnayage Pour Sextus, émettre cette monnaie répond à deux besoins urgents : Le financement : Après la défaite de son frère Cnaeus à Munda en 45 av. J.-C., Sextus doit entretenir les débris de l’armée pompéienne et recruter des mercenaires en Hispanie. Le denier sert avant tout à payer la solde des soldats. La propagande : En l’absence de réseaux de communication, la monnaie est le seul média de masse. En faisant circuler son nom et le portrait de son père, il rappelle à tout le monde romain que la lignée de Pompée est toujours vivante et prête à combattre César. 3. Lieu de frappe Le monétaire n’agit pas à Rome mais en Espagne (Hispanie). La mention SAL que l’on retrouve sur certaines variantes (comme le RRC 477/1b) fait référence à l’atelier de Salpensa (ou Salpesa), une cité située près de l’actuelle Séville, qui servait de base arrière à ses opérations de guérilla contre les généraux de César. 4. Une transition vers le pouvoir personnel Sextus Pompée est l’un des premiers, avec Jules César, à briser la tradition républicaine qui voulait que les monnaies soient anonymes ou liées à des ancêtres lointains. En se désignant lui-même par son nom et son titre de Pius, il préfigure le monnayage des futurs empereurs où la figure du chef et sa famille deviennent le cœur de l’imagerie monétaire. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie :
1810PO – Denier Sextus Pompée

1810PO – Denier Sextus Pompée Avers : SEX. MAGNVS PIVS IMP SAL (Sextus Magnus Pius Imperator) Tête de Cn. Pompeius Magnus à droite. Revers : PIETAS Piétas (La Piété) debout à gauche; branche dans la main droite et dans la gauche un sceptre. Münzkabinett Berlin 3.92g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gens : Pompeia Références : RRC 477/3a – Syd. 1042a ATELIER : Salpesa Ce denier est une monnaie charnière de la fin de la République romaine. Son symbolisme et son contexte historique témoignent de l’utilisation de la monnaie comme un puissant outil de communication politique et de légitimation dynastique par Sextus Pompée. 1. Contexte Historique : La résistance en Espagne (45-44 av. J.-C.) La frappe de ce denier intervient dans un moment critique pour la faction pompéienne : L’après-Munda : Après la défaite écrasante contre Jules César à la bataille de Munda (mars 45 av. J.-C.), Sextus Pompée est le dernier fils survivant de Pompée le Grand. Il se réfugie dans la province de Bétique (Espagne), où il organise une résistance acharnée. Le financement de la guérilla : Cette monnaie est émise par un atelier itinérant pour payer ses troupes. Elle sert à la fois de moyen de paiement et de manifeste politique pour rallier les partisans de l’ancienne République et les anciens soldats de son père. Le titre d’Imperator : Sextus utilise la légende SEX MAGN PIVS IMP, affirmant son titre d’ Imperator (général victorieux) acclamé par ses troupes, défiant ainsi l’autorité de César à Rome. 2. Symbolisme de l’Avers : Le portrait du Père L’avers présente le buste de Pompée le Grand. Ce choix est hautement symbolique : Piété Filiale : Le surnom Pius (le Pieux) adopté par Sextus souligne sa dévotion envers la mémoire de son père. Il ne se bat pas pour son ambition personnelle, mais pour venger l’honneur de sa famille. Légitimation par le sang : En plaçant le portrait d’un défunt (son père) sur une pièce, Sextus inaugure une pratique qui deviendra centrale sous l’Empire : la légitimité par l’ascendance. C’est un rappel constant aux Romains de la gloire de Pompée le Grand face à ce qu’il présente comme la tyrannie césarienne. 3. Symbolisme du Revers : La Pietas Le revers représente la Piété (Pietas), souvent debout, tenant un sceptre et une branche de palmier (symbole de victoire) : Une vertu politique : Pour les Romains, la Pietas n’est pas seulement une dévotion religieuse. C’est le respect des devoirs envers les dieux, la patrie et la famille. Justification de la Guerre Civile : Par cette allégorie, Sextus justifie la poursuite de la guerre. Il présente son combat comme une nécessité morale et un devoir sacré. Si la cause est « pieuse », alors elle est juste. Pour ce denier, le « monétaire » (l’autorité émettrice) est Sextus Pompée (Sextus Pompeius Magnus Pius). Contrairement aux monnaies romaines classiques frappées par les triumviri monetales à Rome, celle-ci est une émission impératoriale. Cela signifie qu’elle a été frappée sous l’autorité directe d’un général en campagne, en dehors du contrôle du Sénat. Voici les informations clés sur Sextus Pompée en tant qu’autorité monétaire : 1. Identité et Titulature Sextus Pompée est le fils cadet de Pompée le Grand. Sur ce denier, il utilise une titulature très précise pour affirmer son identité : MAGNVS : Le nom de son père, qu’il reprend comme un titre de noblesse. PIVS : Un surnom qu’il adopte officiellement en Espagne. Il souligne sa pietas (sa dévotion filiale) : il est celui qui n’abandonne pas la mémoire et la cause de son père. IMP (Imperator) : Ce titre indique qu’il a été acclamé général en chef par ses troupes. 2. Le rôle militaire du monnayage Pour Sextus, émettre cette monnaie répond à deux besoins urgents : Le financement : Après la défaite de son frère Cnaeus à Munda en 45 av. J.-C., Sextus doit entretenir les débris de l’armée pompéienne et recruter des mercenaires en Hispanie. Le denier sert avant tout à payer la solde des soldats. La propagande : En l’absence de réseaux de communication, la monnaie est le seul média de masse. En faisant circuler son nom et le portrait de son père, il rappelle à tout le monde romain que la lignée de Pompée est toujours vivante et prête à combattre César. 3. Lieu de frappe Le monétaire n’agit pas à Rome mais en Espagne (Hispanie). La mention SAL que l’on retrouve sur certaines variantes (comme le RRC 477/1b) fait référence à l’atelier de Salpensa (ou Salpesa), une cité située près de l’actuelle Séville, qui servait de base arrière à ses opérations de guérilla contre les généraux de César. 4. Une transition vers le pouvoir personnel Sextus Pompée est l’un des premiers, avec Jules César, à briser la tradition républicaine qui voulait que les monnaies soient anonymes ou liées à des ancêtres lointains. En se désignant lui-même par son nom et son titre de Pius, il préfigure le monnayage des futurs empereurs où la figure du chef et sa famille deviennent le cœur de l’imagerie monétaire. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ces pièces ont été frappées en 710 (44 av. J.-C.) en Espagne, lorsque, après la bataille de Munda, Sextus Pompée renouvela la guerre en Bétique où il se maintint jusqu’à l’automne de 710. Les mots IMP. SAL. ne sauraient être interprétés autrement que par imperator salutatus, titre que prit Sextus Pompée après la défaite de Pollion au printemps de 710. La Piété fait allusion au surnom Pius, de Sextus Pompéee.
1682AN – Denier Marc Antoine – Marcus Antonius

1682AN – Denier Marc Antoine – Marcus Antonius Avers : M ANTONIVS IMP III VIR R P C (Marcus Antonius Imperator Augurus Triumviri Rei Publicæ Constituandæ, Marc Antoine, Imperator augure triumvir pour la restauration de la République) Tête nue de Marc Antoine à droite. Lituus derrière le buste. Revers : PIE(TA)S COS (Pietas Consul) Pietas debout à gauche, tenant un gouvernail et une corne d’abondance. A ses pieds, une cigogne. Münzkabinett Berlin 3.27gr INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Asie mineure Datation : 41 avant J.C. Matière : Argent Gens : Antonia Référence : RRC 516/3 Cette monnaie de Marc Antoine, frappée en 41 av. J.-C., est bien plus qu’une simple pièce de monnaie ; c’est un manifeste politique et familial émis dans l’un des moments les plus critiques de la fin de la République romaine. 1. Le Symbolisme de la « Pietas » et de la Cigogne Au revers, la figure de Pietas (la Piété) est représentée avec des attributs spécifiques qui délivrent un message précis : Le Gouvernail et la Corne d’Abondance : Ils soulignent le rôle du pouvoir (le gouvernail qui guide l’État) comme source de prospérité (la corne d’abondance) pour le peuple romain. La Cigogne : C’est l’élément le plus symbolique. Dans l’Antiquité, la cigogne était le symbole par excellence de la piété filiale et fraternelle. On croyait qu’elle nourrissait ses parents âgés (le jus talionis). Signification Politique : En utilisant ce symbole, Marc Antoine ne célèbre pas seulement une vertu religieuse, il rend hommage à son frère, Lucius Antonius. Ce dernier, consul en 41 av. J.-C., avait pris le surnom de « Pietas » pour marquer son dévouement absolu à la cause de son frère Marc Antoine contre Octavien. 2. Contexte Historique : La Guerre de Pérouse (41 av. J.-C.) La frappe de cette monnaie coïncide avec la Guerre de Pérouse. Pendant que Marc Antoine se trouve en Orient auprès de Cléopâtre, son frère Lucius et sa femme Fulvie entrent en conflit ouvert avec Octavien en Italie. Un outil de propagande : L’aureus sert à affirmer la légitimité d’Antoine en tant que Triumvir (V R P C) et Augure (ANT AVG), tout en montrant que sa famille (représentée par la Pietas de Lucius) reste unie face aux provocations d’Octavien. L’atelier mobile : Comme beaucoup d’émissions de cette période, elle a probablement été frappée par un atelier militaire itinérant en Orient (Ephèse ou Antioche) pour financer les légions d’Antoine. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Antonius M. f. M. n. était fils de M. Antonius Creticus et le plus jeune des frères de Marc Antoine le triumvir. Questeur en Asie en 704 et 705, tribun du peuple en 710(44 av. J.-C.), il fit passer une loi agraire qui concilia à son frère à la fois le peuple et les vétérans des légions de César. En 713 (41 av. J.-C.) il fut consul avec P. Servilius Vatia Isauricus; un dissentiment ayant éclaté entre lui et Octave, la guerre civile s’ensuivit, et L. Antonius, sorti de Rome pour aller au secours de Fulvie, frappa, pour la solde de ses troupes, les pièces qui portent la tête de son frère le triumvir. Quelques semaines après, Pietas fut fait prisonnier à Pérouse. Mais s’étant bientôt réconcilié avec Octave, il obtint le gouvernement de l’Espagne. Dion Cassius nous apprend qu’il avait pris le surnom de Pictas à cause de son attachement pour son frère. Il parait en effet avec ce surnom sur ses monnaies, et sur des inscriptions ; il prit l’image de la Piété pour symbole de son nom. C’est après la capitulation de Pérouse que les questeurs et les proquesteurs de son armée M. Barbatius. L. Balbus, M. Nerva, L. Gellius frappèrent monnaie aux effigies de Marc Antoine et d’Octave, associées en signe de réconciliation.
1520PO – Denier Sextus Pompée

1520PO – Denier Sextus Pompée Avers : SEX··MAGNVS IMP SAL Tête de Pompée le jeune à gauche. Revers : PIETAS Piétas (La Piété) debout à gauche; branche dans la main droite et dans la gauche un sceptre. British Museum 3.31g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gens : Pompeia Références : RRC 477/2 – B.18 (Pompeia) – Syd.1043 ATELIER : Salpesa Ce denier est une monnaie de transition capitale qui illustre le passage de la République traditionnelle au pouvoir dynastique. Émis par Sextus Pompée en Espagne (v. 45-44 av. J.-C.), ce denier est une véritable arme de communication politique utilisée pour maintenir vivante la flamme de la résistance contre Jules César. Le Symbolisme : Une Affaire de Famille Contrairement à d’autres émissions, ce type se concentre sur la légitimité fraternelle et filiale. L’Avers : Le Portrait de Cnaeus Pompée le Jeune. En le plaçant sur l’avers alors que lui-même signe le denier (SEX·MAGNVS), Sextus crée un lien indéfectible entre les héritiers de Pompée le Grand. C’est une innovation majeure : l’usage du portrait d’un contemporain (même défunt) préfigure l’usage impérial. Le regard vers la gauche est caractéristique de cette série frappée en Espagne. Le Revers : La Déesse Pietas La figure de Pietas tenant un sceptre et une branche de palmier symbolise la vertu romaine suprême. Pour Sextus, la Pietas n’est pas une dévotion religieuse abstraite, mais le devoir sacré de venger son père et son frère. La branche de palmier suggère que cette piété familiale est la clé de la victoire future. Contexte Historique : La Résistance après Munda Cette monnaie est frappée dans un contexte de survie et de rébellion. Le traumatisme de Munda (45 av. J.-C.) : La défaite de Munda a vu la mort de Cnaeus le Jeune. Sextus, dernier survivant de la lignée, se retrouve seul à la tête des forces pompéiennes en Espagne. Ce denier sert d’hommage posthume à son frère. La légitimation de Sextus : En utilisant le nom de son père (Magnus) et l’image de son frère, Sextus s’auto-proclame chef naturel de la faction sénatoriale. Il ne se présente pas comme un rebelle, mais comme le garant de l’honneur de la République. L’Atelier de Salpensa : La mention SAL sur certaines variantes (ou le style spécifique) lie ces frappes à la ville de Salpensa en Bétique. C’est un monnayage de nécessité, destiné à payer les légions fidèles et les mercenaires ibères. Pour ce denier, le « monétaire » (l’autorité émettrice) est Sextus Pompée (Sextus Pompeius Magnus Pius). Contrairement aux monnaies romaines classiques frappées par les triumviri monetales à Rome, celle-ci est une émission impératoriale. Cela signifie qu’elle a été frappée sous l’autorité directe d’un général en campagne, en dehors du contrôle du Sénat. Voici les informations clés sur Sextus Pompée en tant qu’autorité monétaire : 1. Identité et Titulature Sextus Pompée est le fils cadet de Pompée le Grand. Sur ce denier, il utilise une titulature très précise pour affirmer son identité : MAGNVS : Le nom de son père, qu’il reprend comme un titre de noblesse. PIVS : Un surnom qu’il adopte officiellement en Espagne. Il souligne sa pietas (sa dévotion filiale) : il est celui qui n’abandonne pas la mémoire et la cause de son père. IMP (Imperator) : Ce titre indique qu’il a été acclamé général en chef par ses troupes. 2. Le rôle militaire du monnayage Pour Sextus, émettre cette monnaie répond à deux besoins urgents : Le financement : Après la défaite de son frère Cnaeus à Munda en 45 av. J.-C., Sextus doit entretenir les débris de l’armée pompéienne et recruter des mercenaires en Hispanie. Le denier sert avant tout à payer la solde des soldats. La propagande : En l’absence de réseaux de communication, la monnaie est le seul média de masse. En faisant circuler son nom et le portrait de son père, il rappelle à tout le monde romain que la lignée de Pompée est toujours vivante et prête à combattre César. 3. Lieu de frappe Le monétaire n’agit pas à Rome mais en Espagne (Hispanie). La mention SAL que l’on retrouve sur certaines variantes (comme le RRC 477/1b) fait référence à l’atelier de Salpensa (ou Salpesa), une cité située près de l’actuelle Séville, qui servait de base arrière à ses opérations de guérilla contre les généraux de César. 4. Une transition vers le pouvoir personnel Sextus Pompée est l’un des premiers, avec Jules César, à briser la tradition républicaine qui voulait que les monnaies soient anonymes ou liées à des ancêtres lointains. En se désignant lui-même par son nom et son titre de Pius, il préfigure le monnayage des futurs empereurs où la figure du chef et sa famille deviennent le cœur de l’imagerie monétaire. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ces pièces ont été frappées en 710 (44 av. J.-C.) en Espagne, lorsque, après la bataille de Munda, Sextus Pompée renouvela la guerre en Bétique où il se maintint jusqu’à l’automne de 710. Les mots IMP. SAL. ne sauraient être interprétés autrement que par imperator salutatus, titre que prit Sextus Pompée après la défaite de Pollion au printemps de 710. La Piété fait allusion au surnom Pius, de Sextus Pompée.
1683AN – Aureus Marc Antoine – Marcus Antonius

1683AN – Aureus Marc Antoine – Marcus Antonius Avers : M ANTONIVS IMP III VIR R P C (Marcus Antonius Imperator Augurus Triumviri Rei Publicæ Constituandæ, Marc Antoine, Imperator augure triumvir pour la restauration de la République) Tête nue de Marc Antoine à droite. Lituus derrière le buste. Revers : PIE(TA)S COS (Pietas Consul) Pietas debout à gauche, tenant un brûle-parfum et une corne d’abondance. Deux cigognes sur la corne d’abondance. British Museum 7.96g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Asie mineure Datation : 41 avant J.C. Matière : Or Gens : Antonia Références : RRC 516/4 – B.45 (Antonia) – Syd.1171 Cette monnaie de Marc Antoine, frappée en 41 av. J.-C., est bien plus qu’une simple pièce de monnaie ; c’est un manifeste politique et familial émis dans l’un des moments les plus critiques de la fin de la République romaine. 1. Le Symbolisme de la « Pietas » et de la Cigogne Au revers, la figure de Pietas (la Piété) est représentée avec des attributs spécifiques qui délivrent un message précis : Le Gouvernail et la Corne d’Abondance : Ils soulignent le rôle du pouvoir (le gouvernail qui guide l’État) comme source de prospérité (la corne d’abondance) pour le peuple romain. La Cigogne : C’est l’élément le plus symbolique. Dans l’Antiquité, la cigogne était le symbole par excellence de la piété filiale et fraternelle. On croyait qu’elle nourrissait ses parents âgés (le jus talionis). Signification Politique : En utilisant ce symbole, Marc Antoine ne célèbre pas seulement une vertu religieuse, il rend hommage à son frère, Lucius Antonius. Ce dernier, consul en 41 av. J.-C., avait pris le surnom de « Pietas » pour marquer son dévouement absolu à la cause de son frère Marc Antoine contre Octavien. 2. Contexte Historique : La Guerre de Pérouse (41 av. J.-C.) La frappe de cette monnaie coïncide avec la Guerre de Pérouse. Pendant que Marc Antoine se trouve en Orient auprès de Cléopâtre, son frère Lucius et sa femme Fulvie entrent en conflit ouvert avec Octavien en Italie. Un outil de propagande : L’aureus sert à affirmer la légitimité d’Antoine en tant que Triumvir (V R P C) et Augure (ANT AVG), tout en montrant que sa famille (représentée par la Pietas de Lucius) reste unie face aux provocations d’Octavien. L’atelier mobile : Comme beaucoup d’émissions de cette période, elle a probablement été frappée par un atelier militaire itinérant en Orient (Ephèse ou Antioche) pour financer les légions d’Antoine. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Antonius M. f. M. n. était fils de M. Antonius Creticus et le plus jeune des frères de Marc Antoine le triumvir. Questeur en Asie en 704 et 705, tribun du peuple en 710(44 av. J.-C.), il fit passer une loi agraire qui concilia à son frère à la fois le peuple et les vétérans des légions de César. En 713 (41 av. J.-C.) il fut consul avec P. Servilius Vatia Isauricus; un dissentiment ayant éclaté entre lui et Octave, la guerre civile s’ensuivit, et L. Antonius, sorti de Rome pour aller au secours de Fulvie, frappa, pour la solde de ses troupes, les pièces qui portent la tête de son frère le triumvir. Quelques semaines après, Pietas fut fait prisonnier à Pérouse. Mais s’étant bientôt réconcilié avec Octave, il obtint le gouvernement de l’Espagne. Dion Cassius nous apprend qu’il avait pris le surnom de Pictas à cause de son attachement pour son frère. Il parait en effet avec ce surnom sur ses monnaies, et sur des inscriptions ; il prit l’image de la Piété pour symbole de son nom. C’est après la capitulation de Pérouse que les questeurs et les proquesteurs de son armée M. Barbatius. L. Balbus, M. Nerva, L. Gellius frappèrent monnaie aux effigies de Marc Antoine et d’Octave, associées en signe de réconciliation.
1680AN – Aureus Marc Antoine – Marcus Antonius

1680AN – Aureus Marc Antoine – Marcus Antonius Avers : (ANT). IMP. AVG. III. VIR. R. P. C (Marcus Antonius Imperator Augurus Triumviri Rei Publicæ Constituandæ, Marc Antoine, Imperator augure triumvir pour la restauration de la République) Tête nue de Marc Antoine à droite. Revers : PIE(TA)S COS (Pietas Consul) Pietas debout à gauche, tenant un gouvernail et une corne d’abondance. A ses pieds, une cigogne. British Museum 8.06g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Asie mineure Datation : 41 avant J.C. Matière : Or Gens : Antonia Références : RRC 516/1 – B.43 (Antonia) – Syd.1173 Cet monnaie de Marc Antoine, frappée en 41 av. J.-C., est bien plus qu’une simple pièce de monnaie ; c’est un manifeste politique et familial émis dans l’un des moments les plus critiques de la fin de la République romaine. 1. Le Symbolisme de la « Pietas » et de la Cigogne Au revers, la figure de Pietas (la Piété) est représentée avec des attributs spécifiques qui délivrent un message précis : Le Gouvernail et la Corne d’Abondance : Ils soulignent le rôle du pouvoir (le gouvernail qui guide l’État) comme source de prospérité (la corne d’abondance) pour le peuple romain. La Cigogne : C’est l’élément le plus symbolique. Dans l’Antiquité, la cigogne était le symbole par excellence de la piété filiale et fraternelle. On croyait qu’elle nourrissait ses parents âgés (le jus talionis). Signification Politique : En utilisant ce symbole, Marc Antoine ne célèbre pas seulement une vertu religieuse, il rend hommage à son frère, Lucius Antonius. Ce dernier, consul en 41 av. J.-C., avait pris le surnom de « Pietas » pour marquer son dévouement absolu à la cause de son frère Marc Antoine contre Octavien. 2. Contexte Historique : La Guerre de Pérouse (41 av. J.-C.) La frappe de cette monnaie coïncide avec la Guerre de Pérouse. Pendant que Marc Antoine se trouve en Orient auprès de Cléopâtre, son frère Lucius et sa femme Fulvie entrent en conflit ouvert avec Octavien en Italie. Un outil de propagande : L’aureus sert à affirmer la légitimité d’Antoine en tant que Triumvir (V R P C) et Augure (ANT AVG), tout en montrant que sa famille (représentée par la Pietas de Lucius) reste unie face aux provocations d’Octavien. L’atelier mobile : Comme beaucoup d’émissions de cette période, elle a probablement été frappée par un atelier militaire itinérant en Orient (Ephèse ou Antioche) pour financer les légions d’Antoine. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Antonius M. f. M. n. était fils de M. Antonius Creticus et le plus jeune des frères de Marc Antoine le triumvir. Questeur en Asie en 704 et 705, tribun du peuple en 710(44 av. J.-C.), il fit passer une loi agraire qui concilia à son frère à la fois le peuple et les vétérans des légions de César. En 713 (41 av. J.-C.) il fut consul avec P. Servilius Vatia Isauricus; un dissentiment ayant éclaté entre lui et Octave, la guerre civile s’ensuivit, et L. Antonius, sorti de Rome pour aller au secours de Fulvie, frappa, pour la solde de ses troupes, les pièces qui portent la tête de son frère le triumvir. Quelques semaines après, Pietas fut fait prisonnier à Pérouse. Mais s’étant bientôt réconcilié avec Octave, il obtint le gouvernement de l’Espagne. Dion Cassius nous apprend qu’il avait pris le surnom de Pictas à cause de son attachement pour son frère. Il parait en effet avec ce surnom sur ses monnaies, et sur des inscriptions ; il prit l’image de la Piété pour symbole de son nom. C’est après la capitulation de Pérouse que les questeurs et les proquesteurs de son armée M. Barbatius. L. Balbus, M. Nerva, L. Gellius frappèrent monnaie aux effigies de Marc Antoine et d’Octave, associées en signe de réconciliation. Lieux de découverte (2 exemplaires)
1684AN – Denier Marc Antoine – Marcus Antonius

1684AN – Denier Marc Antoine – Marcus Antonius Avers : M ANTONIVS IMP III VIR R P C (Marcus Antonius Imperator Augurus Triumviri Rei Publicæ Constituandæ, Marc Antoine, Imperator augure triumvir pour la restauration de la République) Tête nue de Marc Antoine à droite. Lituus derrière le buste. Revers : PIE(TA)S COS (Pietas Consul) Pietas debout à gauche, tenant un brûle-parfum et une corne d’abondance. Deux cigognes sur la corne d’abondance. British Museum 3.93g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Asie mineure Datation : 41 avant J.C. Matière : Argent Gens : Antonia Références : RRC 516/5 – B.46 (Antonia) – Syd.1172 Cette monnaie de Marc Antoine, frappée en 41 av. J.-C., est bien plus qu’une simple pièce de monnaie ; c’est un manifeste politique et familial émis dans l’un des moments les plus critiques de la fin de la République romaine. 1. Le Symbolisme de la « Pietas » et de la Cigogne Au revers, la figure de Pietas (la Piété) est représentée avec des attributs spécifiques qui délivrent un message précis : Le Gouvernail et la Corne d’Abondance : Ils soulignent le rôle du pouvoir (le gouvernail qui guide l’État) comme source de prospérité (la corne d’abondance) pour le peuple romain. La Cigogne : C’est l’élément le plus symbolique. Dans l’Antiquité, la cigogne était le symbole par excellence de la piété filiale et fraternelle. On croyait qu’elle nourrissait ses parents âgés (le jus talionis). Signification Politique : En utilisant ce symbole, Marc Antoine ne célèbre pas seulement une vertu religieuse, il rend hommage à son frère, Lucius Antonius. Ce dernier, consul en 41 av. J.-C., avait pris le surnom de « Pietas » pour marquer son dévouement absolu à la cause de son frère Marc Antoine contre Octavien. 2. Contexte Historique : La Guerre de Pérouse (41 av. J.-C.) La frappe de cette monnaie coïncide avec la Guerre de Pérouse. Pendant que Marc Antoine se trouve en Orient auprès de Cléopâtre, son frère Lucius et sa femme Fulvie entrent en conflit ouvert avec Octavien en Italie. Un outil de propagande : L’aureus sert à affirmer la légitimité d’Antoine en tant que Triumvir (V R P C) et Augure (ANT AVG), tout en montrant que sa famille (représentée par la Pietas de Lucius) reste unie face aux provocations d’Octavien. L’atelier mobile : Comme beaucoup d’émissions de cette période, elle a probablement été frappée par un atelier militaire itinérant en Orient (Ephèse ou Antioche) pour financer les légions d’Antoine. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Antonius M. f. M. n. était fils de M. Antonius Creticus et le plus jeune des frères de Marc Antoine le triumvir. Questeur en Asie en 704 et 705, tribun du peuple en 710(44 av. J.-C.), il fit passer une loi agraire qui concilia à son frère à la fois le peuple et les vétérans des légions de César. En 713 (41 av. J.-C.) il fut consul avec P. Servilius Vatia Isauricus; un dissentiment ayant éclaté entre lui et Octave, la guerre civile s’ensuivit, et L. Antonius, sorti de Rome pour aller au secours de Fulvie, frappa, pour la solde de ses troupes, les pièces qui portent la tête de son frère le triumvir. Quelques semaines après, Pietas fut fait prisonnier à Pérouse. Mais s’étant bientôt réconcilié avec Octave, il obtint le gouvernement de l’Espagne. Dion Cassius nous apprend qu’il avait pris le surnom de Pictas à cause de son attachement pour son frère. Il parait en effet avec ce surnom sur ses monnaies, et sur des inscriptions ; il prit l’image de la Piété pour symbole de son nom. C’est après la capitulation de Pérouse que les questeurs et les proquesteurs de son armée M. Barbatius. L. Balbus, M. Nerva, L. Gellius frappèrent monnaie aux effigies de Marc Antoine et d’Octave, associées en signe de réconciliation. Lieux de découverte (7 exemplaires)
1681AN – Denier Marc Antoine – Marcus Antonius

1681AN – Denier Marc Antoine – Marcus Antonius Avers : (ANT). IMP. AVG. III. VIR. R. P. C (Marcus Antonius Imperator Augurus Triumviri Rei Publicæ Constituandæ, Marc Antoine, Imperator augure triumvir pour la restauration de la République) Tête nue de Marc Antoine à droite. Revers : PIE(TA)S COS (Pietas Consul) Pietas debout à gauche, tenant un gouvernail et une corne d’abondance. A ses pieds, une cigogne. British Museum 4.1g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Asie mineure Datation : 41 avant J.C. Matière : Argent Gens : Antonia Références : RRC 516/2 – B.44 (Antonia) – Syd.1174 Cet monnaie de Marc Antoine, frappée en 41 av. J.-C., est bien plus qu’une simple pièce de monnaie ; c’est un manifeste politique et familial émis dans l’un des moments les plus critiques de la fin de la République romaine. 1. Le Symbolisme de la « Pietas » et de la Cigogne Au revers, la figure de Pietas (la Piété) est représentée avec des attributs spécifiques qui délivrent un message précis : Le Gouvernail et la Corne d’Abondance : Ils soulignent le rôle du pouvoir (le gouvernail qui guide l’État) comme source de prospérité (la corne d’abondance) pour le peuple romain. La Cigogne : C’est l’élément le plus symbolique. Dans l’Antiquité, la cigogne était le symbole par excellence de la piété filiale et fraternelle. On croyait qu’elle nourrissait ses parents âgés (le jus talionis). Signification Politique : En utilisant ce symbole, Marc Antoine ne célèbre pas seulement une vertu religieuse, il rend hommage à son frère, Lucius Antonius. Ce dernier, consul en 41 av. J.-C., avait pris le surnom de « Pietas » pour marquer son dévouement absolu à la cause de son frère Marc Antoine contre Octavien. 2. Contexte Historique : La Guerre de Pérouse (41 av. J.-C.) La frappe de cette monnaie coïncide avec la Guerre de Pérouse. Pendant que Marc Antoine se trouve en Orient auprès de Cléopâtre, son frère Lucius et sa femme Fulvie entrent en conflit ouvert avec Octavien en Italie. Un outil de propagande : L’aureus sert à affirmer la légitimité d’Antoine en tant que Triumvir (V R P C) et Augure (ANT AVG), tout en montrant que sa famille (représentée par la Pietas de Lucius) reste unie face aux provocations d’Octavien. L’atelier mobile : Comme beaucoup d’émissions de cette période, elle a probablement été frappée par un atelier militaire itinérant en Orient (Ephèse ou Antioche) pour financer les légions d’Antoine. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Antonius M. f. M. n. était fils de M. Antonius Creticus et le plus jeune des frères de Marc Antoine le triumvir. Questeur en Asie en 704 et 705, tribun du peuple en 710(44 av. J.-C.), il fit passer une loi agraire qui concilia à son frère à la fois le peuple et les vétérans des légions de César. En 713 (41 av. J.-C.) il fut consul avec P. Servilius Vatia Isauricus; un dissentiment ayant éclaté entre lui et Octave, la guerre civile s’ensuivit, et L. Antonius, sorti de Rome pour aller au secours de Fulvie, frappa, pour la solde de ses troupes, les pièces qui portent la tête de son frère le triumvir. Quelques semaines après, Pietas fut fait prisonnier à Pérouse. Mais s’étant bientôt réconcilié avec Octave, il obtint le gouvernement de l’Espagne. Dion Cassius nous apprend qu’il avait pris le surnom de Pictas à cause de son attachement pour son frère. Il parait en effet avec ce surnom sur ses monnaies, et sur des inscriptions ; il prit l’image de la Piété pour symbole de son nom. C’est après la capitulation de Pérouse que les questeurs et les proquesteurs de son armée M. Barbatius. L. Balbus, M. Nerva, L. Gellius frappèrent monnaie aux effigies de Marc Antoine et d’Octave, associées en signe de réconciliation. Lieux de découverte (8 exemplaires)
1597JU – Denier Octave – Publius Clodius

1597JU – Denier Octave – Publius Clodius Avers : III VIR R P C CAESAR (Caesar, Triumvir Reipublicae Constituendae) Tête d’Octave à droite. Revers : P CLODIVS / M F (Publius Clodius Marci Filius, Publius Claudius fils de Marc) Piétas (La Piété) debout à gauche; branche dans la main droite et dans la gauche un sceptre. Bibliothèque nationale de France 3.71g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Julia et Claudia Références : RRC 494/19 – B.81 (Julia) – Syd.1124 Ce denier est une pièce maîtresse de la propagande politique à la fin de la République romaine. Frappé en 42 av. J.-C., il s’inscrit dans une année charnière où l’avenir de Rome se joue par les armes et par l’image. 1. Le Contexte Historique : L’Année des Vengeurs (42 av. J.-C.) L’année 42 av. J.-C. est celle de la confrontation finale entre les héritiers de César (Octavien, Marc Antoine et Lépide) et ses assassins (Brutus et Cassius). Le Second Triumvirat : Octavien vient d’être officiellement reconnu comme triumvir (voir la légende III·VIR·R·P·C). Son autorité repose sur la légalité du triumvirat, mais surtout sur son statut de fils adoptif du défunt dictateur. La Guerre Civile : Au moment où ce denier circule, les armées se dirigent vers la bataille de Philippes. L’enjeu est de financer les légions tout en légitimant la cause césarienne auprès des soldats et des citoyens. 2. Le Symbolisme de l’Avers : Le Deuil et la Divinité Le portrait d’Octavien à l’avers porte une symbolique forte : La Barbe de Deuil : Octavien est représenté barbu (barbatulus). Chez les Romains, laisser pousser sa barbe était un signe de deuil profond. Ici, il affiche publiquement son chagrin pour la mort de Jules César, soulignant son devoir de vengeance. Le Nom de CAESAR : En utilisant ce nom dans la légende, il affirme qu’il est l’unique héritier politique et familial du « Divin Jules », s’opposant frontalement aux républicains qui voient en lui un usurpateur. 3. Le Symbolisme du Revers : La Vertu de la Pietas Le revers présente la déesse Pietas, un choix loin d’être anodin pour le monétaire P. Clodius M.f. : La Piété Filiale : La Pietas ne signifie pas seulement la dévotion religieuse, mais surtout le respect des devoirs envers la famille et l’État. Pour Octavien, la Pietas est l’argument moral suprême : il ne fait pas la guerre par ambition, mais par « piété » envers son père assassiné. Lien avec la Gens Clodia : Le choix de ce motif par le monétaire P. Clodius peut aussi refléter une tradition familiale, car les monétaires utilisaient souvent les types pour célébrer les vertus ou les exploits de leurs ancêtres. Les Attributs : Pietas tient souvent un rameau (paix retrouvée après le devoir accompli) ou un sceptre (autorité morale). Elle incarne la promesse d’un retour à l’ordre après le chaos des ides de Mars. En résumé Ce denier est un outil de légitimation. Il transforme une guerre civile sanglante en une mission sacrée. L’association de l’image du jeune Octavien en deuil avec la figure de la Pietas permet d’ancrer le pouvoir du futur Auguste dans les valeurs les plus traditionnelles de Rome (mos maiorum). Le monétaire responsable de l’émission de cette monnaie est Publius Clodius, fils de Marcus (P. Clodius M.f.). Malgré l’importance de son monnayage, l’homme derrière le nom reste une figure relativement mystérieuse de l’histoire romaine. Voici ce que nous savons de lui : 1. Identité et Origines Nom complet : Publius Clodius M.f. Turrinus (parfois identifié avec le cognomen Turrinus). La Gens Clodia : Il appartient à la gens Clodia, une variante orthographique « populaire » de la célèbre et ancienne famille patricienne des Claudii. Cette modification de nom était souvent un choix politique pour paraître plus proche du peuple (populares). Distinction généalogique : Il est crucial de ne pas le confondre avec le célèbre et sulfureux Publius Clodius Pulcher (l’ennemi de Cicéron tué en 52 av. J.-C.). Notre monétaire précise bien M.f. (Marci filius, fils de Marcus), alors que le célèbre tribun était le fils d’un Appius. 2. Son rôle en 42 av. J.-C. Publius Clodius faisait partie des Quattuorviri Monetales (un collège de quatre magistrats chargés de la monnaie) de l’année 42 av. J.-C. Ses collègues étaient : L. Mussidius Longus L. Livineius Regulus C. Vibius Varus Ce groupe a travaillé sous l’autorité directe du Second Triumvirat. Leur mission principale était de financer la campagne militaire contre les assassins de César (Brutus et Cassius). 3. Un monétaire polyvalent Bien que le denier au portrait de César (RRC 494/16) soit le plus célèbre, P. Clodius a supervisé une production diversifiée cette année-là : Il a frappé des monnaies pour les trois triumvirs (Octave, Marc Antoine et Lépide), utilisant souvent le même revers au type de Mars, symbolisant la solidarité du triumvirat dans la guerre à venir. Il a également émis des types plus « classiques » mettant en scène des divinités comme Apollon et Diane Lucifère (comme sur le denier RRC 494/23), ce qui, selon LesDioscures.com, pourrait être lié aux cultes sabins d’origine de sa famille ou à la déification de César. 4. Style artistique On lui attribue le mérite d’être revenu à un style de portrait réaliste pour César. Alors que d’autres monétaires de l’époque tendaient vers une idéalisation du dictateur défunt, les coins de P. Clodius conservent les traits caractéristiques et humains de César, renforçant ainsi l’impact émotionnel et politique de la monnaie auprès des soldats. En résumé : Publius Clodius M.f. est un magistrat dont la carrière politique est peu documentée en dehors de ses monnaies, mais son travail témoigne d’une grande maîtrise de la propagande visuelle au service des héritiers de César. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon P. Clodius Turrinus. Monétaire en 711 (43 av. J.-C.) Publius Clodius, fils de Marcus Clodius, fut magistrat monétaire en 711 (43 av. J.-C.). On connaît un P. Clodius qui vivait à cette époque, mais il ne saurait être notre monétaire, car il était fils de P. Clodius Pulcher,le célèbre adversaire de Milon,etles médailles disent que le monétaire était fils d’un Marcus. Il faut aussi
1521PO – Denier Sextus Pompée

1521PO – Denier Sextus Pompée Avers : SEX. MAGNVS PIVS IMP (Sextus Magnus Pius Imperator) Tête de Cn. Pompeius Magnus à droite. Revers : PIETAS Piétas (La Piété) debout à gauche; branche dans la main droite et dans la gauche un sceptre. British Museum 3.68g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Salpesa Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gens : Pompeia Références : RRC 477/3b – B.16 (Pompeia) Ce denier est une monnaie charnière de la fin de la République romaine. Son symbolisme et son contexte historique témoignent de l’utilisation de la monnaie comme un puissant outil de communication politique et de légitimation dynastique par Sextus Pompée. 1. Contexte Historique : La résistance en Espagne (45-44 av. J.-C.) La frappe de ce denier intervient dans un moment critique pour la faction pompéienne : L’après-Munda : Après la défaite écrasante contre Jules César à la bataille de Munda (mars 45 av. J.-C.), Sextus Pompée est le dernier fils survivant de Pompée le Grand. Il se réfugie dans la province de Bétique (Espagne), où il organise une résistance acharnée. Le financement de la guérilla : Cette monnaie est émise par un atelier itinérant pour payer ses troupes. Elle sert à la fois de moyen de paiement et de manifeste politique pour rallier les partisans de l’ancienne République et les anciens soldats de son père. Le titre d’Imperator : Sextus utilise la légende SEX MAGN PIVS IMP, affirmant son titre d’ Imperator (général victorieux) acclamé par ses troupes, défiant ainsi l’autorité de César à Rome. 2. Symbolisme de l’Avers : Le portrait du Père L’avers présente le buste de Pompée le Grand. Ce choix est hautement symbolique : Piété Filiale : Le surnom Pius (le Pieux) adopté par Sextus souligne sa dévotion envers la mémoire de son père. Il ne se bat pas pour son ambition personnelle, mais pour venger l’honneur de sa famille. Légitimation par le sang : En plaçant le portrait d’un défunt (son père) sur une pièce, Sextus inaugure une pratique qui deviendra centrale sous l’Empire : la légitimité par l’ascendance. C’est un rappel constant aux Romains de la gloire de Pompée le Grand face à ce qu’il présente comme la tyrannie césarienne. 3. Symbolisme du Revers : La Pietas Le revers représente la Piété (Pietas), souvent debout, tenant un sceptre et une branche de palmier (symbole de victoire) : Une vertu politique : Pour les Romains, la Pietas n’est pas seulement une dévotion religieuse. C’est le respect des devoirs envers les dieux, la patrie et la famille. Justification de la Guerre Civile : Par cette allégorie, Sextus justifie la poursuite de la guerre. Il présente son combat comme une nécessité morale et un devoir sacré. Si la cause est « pieuse », alors elle est juste. Pour ce denier, le « monétaire » (l’autorité émettrice) est Sextus Pompée (Sextus Pompeius Magnus Pius). Contrairement aux monnaies romaines classiques frappées par les triumviri monetales à Rome, celle-ci est une émission impératoriale. Cela signifie qu’elle a été frappée sous l’autorité directe d’un général en campagne, en dehors du contrôle du Sénat. Voici les informations clés sur Sextus Pompée en tant qu’autorité monétaire : 1. Identité et Titulature Sextus Pompée est le fils cadet de Pompée le Grand. Sur ce denier, il utilise une titulature très précise pour affirmer son identité : MAGNVS : Le nom de son père, qu’il reprend comme un titre de noblesse. PIVS : Un surnom qu’il adopte officiellement en Espagne. Il souligne sa pietas (sa dévotion filiale) : il est celui qui n’abandonne pas la mémoire et la cause de son père. IMP (Imperator) : Ce titre indique qu’il a été acclamé général en chef par ses troupes. 2. Le rôle militaire du monnayage Pour Sextus, émettre cette monnaie répond à deux besoins urgents : Le financement : Après la défaite de son frère Cnaeus à Munda en 45 av. J.-C., Sextus doit entretenir les débris de l’armée pompéienne et recruter des mercenaires en Hispanie. Le denier sert avant tout à payer la solde des soldats. La propagande : En l’absence de réseaux de communication, la monnaie est le seul média de masse. En faisant circuler son nom et le portrait de son père, il rappelle à tout le monde romain que la lignée de Pompée est toujours vivante et prête à combattre César. 3. Lieu de frappe Le monétaire n’agit pas à Rome mais en Espagne (Hispanie). La mention SAL que l’on retrouve sur certaines variantes (comme le RRC 477/1b) fait référence à l’atelier de Salpensa (ou Salpesa), une cité située près de l’actuelle Séville, qui servait de base arrière à ses opérations de guérilla contre les généraux de César. 4. Une transition vers le pouvoir personnel Sextus Pompée est l’un des premiers, avec Jules César, à briser la tradition républicaine qui voulait que les monnaies soient anonymes ou liées à des ancêtres lointains. En se désignant lui-même par son nom et son titre de Pius, il préfigure le monnayage des futurs empereurs où la figure du chef et sa famille deviennent le cœur de l’imagerie monétaire. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ces pièces ont été frappées en 710 (44 av. J.-C.) en Espagne, lorsque, après la bataille de Munda, Sextus Pompée renouvela la guerre en Bétique où il se maintint jusqu’à l’automne de 710. Les mots IMP. SAL. ne sauraient être interprétés autrement que par imperator salutatus, titre que prit Sextus Pompée après la défaite de Pollion au printemps de 710. La Piété fait allusion au surnom Pius, de Sextus Pompée.