LesDioscures.com

1328LU – Denier Lucretia – Lucius Lucretius Trio

1328LU – Denier Lucretia – Lucius Lucretius Trio Avers : Anépigraphe Tête laurée de Neptune à droite, le trident sur l’épaule; derrière la tête, marque de contrôle. Revers : L. LVCRETI / TRIO (Lucius Lucretius Trio) Petit génie ailé (Palæmon) chevauchant un dauphin à droite. British Museum 3.82g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 76 avant J.C. Matière : Argent Gens : Lucretia Références : RRC 390/2 – B.3 (Lucretia) – Syd.784 🏛️ Lucius Lucretius Trio Période d’Activité : Il a frappé monnaie aux environs de 76 av. J.-C. (certaines sources l’étendent jusqu’en 74 av. J.-C.). Fonction : Il était l’un des Triumviri Monetales (ou tresviri monetales), l’un des trois magistrats chargés de la frappe des monnaies à Rome. Cognomen (Trio) : Le surnom Trio (qui signifie « trio » ou « trois ») est peu documenté dans les écrits antiques. Il est principalement connu grâce aux monnaies. Référence Astrologique : Le monétaire a frappé d’autres deniers (RRC 390/1) qui font un jeu de mots avec son nom : au revers figure un croissant et sept étoiles (septem triones), qui désignait la constellation de la Grande Ourse et est à l’origine du mot « septentrion ». 👨‍👩‍👧‍👦 La Gens Lucretia Lucius Lucretius Trio appartenait à la Gens Lucretia, une famille romaine très ancienne et éminente : Ancienneté et Statut : La gens Lucretia était l’une des plus anciennes familles de Rome, originellement patricienne, mais qui comptait des branches plébéiennes plus tard. Lien Légendaire : Elle est célèbre dans la légende romaine grâce à Lucrèce (Lucretia), dont le viol et le suicide sont considérés comme l’événement déclencheur de la chute de la monarchie romaine et de l’établissement de la République en 509 av. J.-C. Ancêtres Maritimes : Les types monétaires maritimes qu’il a choisis pour le RRC 390/2 (Neptune, le génie ailé sur un dauphin) suggèrent une possible allusion à un ancêtre qui aurait occupé une charge importante dans la flotte romaine. Certains numismates pensent qu’il pourrait s’agir d’un hommage à C. Lucretius Gallus, qui fut duumvir navalis (magistrat naval) en 181 av. J.-C. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Lucretius Trio. Monétaire vers l’an 680 (74 av. J.-C.) Ce monétaire n’est pas mentionné dans les auteurs; d’ailleurs, le cognomen Trio, dans la famille Lucretia, ne nous est révélé que par les monnaies. L. Lucretius Trio a fait allusion à son surnom en plaçant, au revers d’un de ses deniers, les sept étoiles qui forment la constellation de la Grande Ourse, et qu’on appelait les septem triones, d’où notre mot septentrion. Cette allusion aux astres explique la présence du Soleil personnifié sur ce même denier qui a, ainsi, une analogie frappante avec le denier de P. Clodius M. f. (Claudia, 16). Peut-être le monétaire a-t-il voulu, en même temps, rapprocher la lumière qui vient des astres (lux) de son nom Lucretius, comme le Soleil rappelle le nom d’Aburius, à cause d’amburere, brûler (Cf. Aburia, 6). Ces rapprochements puérils sont bien conformes aux habitudes romaines. Quant à la pièce suivante (n. 3), la tête de Neptune et Cupidon sur un dauphin font supposer que l’un des ancêtres du monétaire a occupé une charge importante dans la flotte romaine. Ce type a beaucoup d’analogie avec celui des anciennes monnaies de Tarente et de quelques autres villes de la Grande Grèce. Dès lors, il est permis de croire que ce type monétaire est consacré au souvenir de C. Lucretius Gallus qui fut créé duumvir navalis avec C. Matienus en 573 (181 av. J.-C.) pour équiper les navires qui devaient conquérir la Ligurie , et qui, préteur en 583 (171 av. J.-C.), reçut le commandement de la flotte dirigée contre Persée, roi de Macédoine. Lieux de découverte (176 exemplaires) Enregistrer Enregistrer Enregistrer

1727AN – Aureus Marc Antoine – Marcus Antonius

1727AN – Aureus Marc Antoine – Marcus Antonius Avers : III. VIR. R. P. C. COS. DESIG. ITER. ET. TER (Triumvir Rei Publicæ Constituendæ Consul Designatus iterum tertium, Triumvir pour la restauration de la République, Consul désigné pour la troisième fois) Tête radiée de Sol à droite sous les traits de Marc Antoine. Revers : M. ANTONIVS M. F. – M. N. AVGVR. IMP TER (Marcus Antonius Marci filius Marcus nepos Augurus Imperator tertium, Marc Antoine, fils de Marc, petit-fils de Marc, augure, imperator pour la troisième fois) Marc Antoine, en augure, voilé et drapé debout à droite, tenant un lituus de la main droite. INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Incertain Datation : 38 avant J.C. Matière : Or Gens : Antonia Référence : RRC 533/1 Cet aureus commémore le renouvellement du Triumvirat après la rencontre de Tarente en 37 avant J.-C. Marc Antoine devait recevoir le Consulat l’année suivante. Octave, Antoine et Lépide devaient conjuguer leurs efforts pour éliminer Sextus Pompée qui contrôlait la Sicile. L’accent est mis sur le titre d’Augure que prit Antoine cette année-là, Lépide étant Pontifex Maximus jusqu’à sa mort. Enfin le recentrage oriental de la politique de Marc Antoine explique peut-être le choix de Sol pour le droit. D’autre part le buste de Sol rappelle le rôle d’Antoine dans la déification de César après sa mort (42 AC.). Il était devenu prêtre du nouveau culte. Je n’ai pas encore eu la chance d’observer cet aureus. Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ces pièces (n° 76 à 80) datent de la période comprise entre 718 et 720 (36 à 34 av. J.-C.) c’est-à-dire entre la troisième acclamation impératoriale de Marc Antoine et la réalisation effective de son deuxième consulat. Le trophée qu’on voit au revers des nos 76, 77 et 78, est formé d’armes parthes, en souvenir des victoires de Marc Antoine sur ces peuples : casaque courte, casque rond, poignard recourbé à la ceinture; au bras droit, l’épée appelée acinaces; au bras gauche, le bouclier long, évidé de chaque côté.

126AN – Once Anonyme

126AN – Once Anonyme Avers : Anépigraphe Buste de Sol de face, à gauche marque de valeur d’un globule. Revers : ROMA Croissant de lune, au-dessus deux étoiles et marque de valeur d’un globule. British Museum 11.84g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 217 – 215 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Anonyme Références : RRC 39/4 – Syd. 96 L’iconographie de cette once, avec Sol d’un côté et le croissant de lune et les étoiles de l’autre, représente une dualité céleste. Elle met en scène les deux luminaires principaux (Soleil et Lune) et les étoiles, soulignant l’importance des corps célestes dans la cosmologie et la religion romaine. Cette imagerie pourrait évoquer la protection divine sur Rome ou la nature universelle et intemporelle du pouvoir romain. Ces motifs sont emblématiques de la période de la République Romaine où les dieux et les symboles astraux étaient fréquemment utilisés pour légitimer le pouvoir et inspirer confiance dans la monnaie. Enregistrer Enregistrer Enregistrer Lieu de découverte (1 exemplaire) Enregistrer Enregistrer Enregistrer

1598CL – Aureus Claudia – Publius Clodius

1598CL – Aureus Claudia – Publius Clodius Avers : Anepigraphe Tête radiée de Sol à droite; derrière la tête, un carquois. Revers : P CLODIVS / M F (Publius Clodius Marci Filius, Publius Claudius fils de Marc) Croissant de lune surmonté de cinq étoiles. British Museum 8.11g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gens : Claudia Références : RRC 494/20a – B.16 (Claudia) – Syd.1114a Cette monnaie de Publius Clodius (42 av. J.-C.) est une pièce maîtresse pour comprendre la transition idéologique entre la République finissante et l’Empire. Son symbolisme astral n’est pas purement décoratif ; il s’inscrit dans une stratégie de communication politique précise sous le Second Triumvirat. 1. Le Symbolisme Astral : Entre Éternité et Divinité Le contraste entre l’avers (Sol) et le revers (Luna et les étoiles) crée une image du cosmos complet, porteuse de plusieurs messages : Aeternitas (L’Éternité) : L’association du Soleil et de la Lune symbolise la permanence et le renouvellement cyclique. Dans un Rome épuisé par les guerres civiles, ce motif promet le retour d’une ère de stabilité et la pérennité de l’État. La Déification de César (Sidus Iulium) : En 42 av. J.-C., Jules César est officiellement divinisé (Divus Iulius). L’apparition d’une comète (le Sidus Iulium) lors des jeux de 44 av. J.-C. avait marqué les esprits. Les cinq étoiles entourant le croissant de lune peuvent être interprétées comme une référence à cette apothéose céleste et à la protection divine qui veille désormais sur Rome. Lien avec Apollon et Diane : Dans la culture romaine, Sol est souvent assimilé à Apollon et Luna à Diane. La gens Clodia (famille du monétaire) revendiquait des origines sabines ; or, les Sabins étaient réputés avoir introduit les cultes de Sol et Luna à Rome. C’est une manière pour le magistrat P. Clodius M. f. de lier sa propre lignée à la piété religieuse de la cité. 2. Contexte Historique : L’Année 42 av. J.-C. Cette monnaie est frappée à un moment critique de l’histoire romaine : Le Second Triumvirat : Octave, Marc Antoine et Lépide ont pris le contrôle de Rome. Ils ont besoin de fonds massifs pour financer la guerre contre les meurtriers de César (Brutus et Cassius). L’émission d’aurei (monnaies d’or) servait principalement à payer les légions. La Bataille de Philippes : C’est l’année de la confrontation finale en Macédoine. L’iconographie céleste de la pièce suggère que les dieux (et l’esprit de César) soutiennent la cause des triumvirs. Propagande et Légitimité : En utilisant des symboles de lumière (Sol) et de guidance nocturne (Luna/Étoiles), le pouvoir en place se présente comme le guide nécessaire pour sortir Rome des ténèbres de l’instabilité. Le monétaire responsable de l’émission de cette monnaie est Publius Clodius, fils de Marcus (P. Clodius M.f.). Malgré l’importance de son monnayage, l’homme derrière le nom reste une figure relativement mystérieuse de l’histoire romaine. Voici ce que nous savons de lui : 1. Identité et Origines Nom complet : Publius Clodius M.f. Turrinus (parfois identifié avec le cognomen Turrinus). La Gens Clodia : Il appartient à la gens Clodia, une variante orthographique « populaire » de la célèbre et ancienne famille patricienne des Claudii. Cette modification de nom était souvent un choix politique pour paraître plus proche du peuple (populares). Distinction généalogique : Il est crucial de ne pas le confondre avec le célèbre et sulfureux Publius Clodius Pulcher (l’ennemi de Cicéron tué en 52 av. J.-C.). Notre monétaire précise bien M.f. (Marci filius, fils de Marcus), alors que le célèbre tribun était le fils d’un Appius. 2. Son rôle en 42 av. J.-C. Publius Clodius faisait partie des Quattuorviri Monetales (un collège de quatre magistrats chargés de la monnaie) de l’année 42 av. J.-C. Ses collègues étaient : L. Mussidius Longus L. Livineius Regulus C. Vibius Varus Ce groupe a travaillé sous l’autorité directe du Second Triumvirat. Leur mission principale était de financer la campagne militaire contre les assassins de César (Brutus et Cassius). 3. Un monétaire polyvalent Bien que le denier au portrait de César (RRC 494/16) soit le plus célèbre, P. Clodius a supervisé une production diversifiée cette année-là : Il a frappé des monnaies pour les trois triumvirs (Octave, Marc Antoine et Lépide), utilisant souvent le même revers au type de Mars, symbolisant la solidarité du triumvirat dans la guerre à venir. Il a également émis des types plus « classiques » mettant en scène des divinités comme Apollon et Diane Lucifère (comme sur le denier RRC 494/23), ce qui, selon LesDioscures.com, pourrait être lié aux cultes sabins d’origine de sa famille ou à la déification de César. 4. Style artistique On lui attribue le mérite d’être revenu à un style de portrait réaliste pour César. Alors que d’autres monétaires de l’époque tendaient vers une idéalisation du dictateur défunt, les coins de P. Clodius conservent les traits caractéristiques et humains de César, renforçant ainsi l’impact émotionnel et politique de la monnaie auprès des soldats. En résumé : Publius Clodius M.f. est un magistrat dont la carrière politique est peu documentée en dehors de ses monnaies, mais son travail témoigne d’une grande maîtrise de la propagande visuelle au service des héritiers de César. Variante : Sans le carquois derrière la tête de Sol. Référence : RRC 494/20b British Museum 7.99g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Lieux de découverte (3 exemplaires)

1728AN – Denier Marc Antoine – Marcus Antonius

1728AN – Denier Marc Antoine – Marcus Antonius Avers : M. ANTONIVS M. F. – M. N. AVGVR. IMP TER (Marcus Antonius Marci filius Marcus nepos Augurus Imperator tertium, Marc Antoine, fils de Marc, petit-fils de Marc, augure, imperator pour la troisième fois) Marc Antoine, en augure, voilé et drapé debout à droite, tenant un lituus de la main droite. Revers : III. VIR. R. P. C. COS. DESIG. ITER. ET. TER (Triumvir Rei Publicæ Constituendæ Consul Designatus iterum tertium, Triumvir pour la restauration de la République, Consul désigné pour la troisième fois) Tête radiée de Sol à droite sous les traits de Marc Antoine. British Museum 3.82g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Incertain Datation : 38 avant J.C. Matière : Argent Gens : Antonia Références : RRC 533/2 – B.80 (Antonia)- Syd. 1199 Ce denier appartient à une série charnière de l’époque imperatoriale. Frappé par un atelier itinérant (souvent associé à Athènes), il illustre la stratégie de Marc Antoine pour consolider sa légitimité religieuse et politique face à Octavien, tout en préparant ses campagnes en Orient. 1. Symbolisme de l’Avers : La Légitimité Sacrée L’avers présente Marc Antoine non pas en chef de guerre, mais en prêtre (Augure). Le Lituus et le Voile : Antoine est représenté voilé (capite velato) et tenant le lituus, le bâton recourbé utilisé par les augures pour délimiter les secteurs du ciel. Le titre d’Augure : La légende AVGVR souligne cette fonction. Alors que Lépide détient le titre prestigieux de Pontifex Maximus, Antoine utilise sa fonction d’augure pour affirmer qu’il est l’interprète privilégié de la volonté divine. Signification Politique : En se montrant ainsi, il se présente comme un garant de la Pax Deorum (la paix des dieux), indispensable à la survie de la République, et se distingue de l’image plus martiale ou autoritaire d’Octavien. 2. Symbolisme du Revers : Sol et l’Orient Le revers montre la tête radiée de Sol (le Soleil). Le « Nouveau Dionysos » : Le choix de Sol reflète le « tournant oriental » d’Antoine. À cette époque, il réside à Athènes avec Octavie et commence à être assimilé aux divinités solaires et dionysiaques en Grèce et en Asie. Héritage de César : Sol rappelle également le rôle d’Antoine dans la déification de Jules César. Antoine avait été le premier prêtre (flamen) du culte du Divus Iulius. Sol symbolise ici l’immortalité et la source de la puissance souveraine. Propagande : La tête de Sol, par son rayonnement, suggère une ère nouvelle de lumière et de prospérité sous l’égide du Triumvirat. 3. Contexte Historique : Le Pacte de Tarente La frappe de 38 av. J.-C. est indissociable des tensions au sein du Second Triumvirat. Le Renouvellement du Pouvoir : En 38-37 av. J.-C., les pouvoirs des triumvirs arrivaient à expiration. La rencontre de Tarente permet de renouveler leur alliance pour cinq ans. Ce denier, avec sa légende III·VIR·R·P·C (Triumvir pour la restauration de la République), sert de preuve métallique de cette légitimité reconduite. Le Mariage avec Octavie : Bien que ce denier ne la représente pas (contrairement au type RRC 533/3), il s’inscrit dans la période où Antoine est marié à la sœur d’Octavien, une union censée sceller la paix civile. Préparatifs Parthes : La mention IMP TERT (Imperator pour la troisième fois) rappelle ses succès militaires passés et prépare psychologiquement ses troupes pour la grande campagne contre les Parthes qu’il s’apprête à lancer depuis l’Orient. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ces pièces (n° 76 à 80) datent de la période comprise entre 718 et 720 (36 à 34 av. J.-C.) c’est-à-dire entre la troisième acclamation impératoriale de Marc Antoine et la réalisation effective de son deuxième consulat. Le trophée qu’on voit au revers des nos 76, 77 et 78, est formé d’armes parthes, en souvenir des victoires de Marc Antoine sur ces peuples : casaque courte, casque rond, poignard recourbé à la ceinture; au bras droit, l’épée appelée acinaces; au bras gauche, le bouclier long, évidé de chaque côté. Lieux de découverte (16 exemplaires)

1627AN – Denier Marc Antoine – Marcus Antonius

1627AN – Denier Marc Antoine – Marcus Antonius Avers : IMP (Imperator) Tête nue de Marc Antoine à droite; derrière, un lituus. Revers : M ANTONIVS·III· – VIR·R·P·C (Marcus Antonius Triumviri Rei Publicæ Constituandæ, Marc Antoine triumvir pour la restauration de la République) Tête radiée de Sol à droite. British Museum 4.02g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Grèce, Epire Datation : 42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Antonia Références : RRC 496/3 – B.31 (Antonia) – Syd.1169 Ce denier, frappé par Marc Antoine en 42 av. J.-C., est une monnaie d’une importance capitale pour comprendre la transition entre la République et l’Empire. Son iconographie est un message politique complexe adressé tant à ses troupes qu’à ses rivaux. Voici une analyse détaillée du symbolisme et du contexte historique, en s’appuyant notamment sur les ressources numismatiques spécialisées comme LesDioscures.com. 1. Le Contexte Historique : La Marche vers Philippes La pièce est frappée en 42 av. J.-C., une année charnière. Jules César a été assassiné deux ans plus tôt. Le Second Triumvirat (Antoine, Octave et Lépide) a été formé pour stabiliser Rome et, surtout, pour venger César. L’atelier itinérant : Cette monnaie n’est pas frappée à Rome, mais par un atelier militaire mobile qui suit Antoine en Grèce. L’argent sert à payer les légions avant la confrontation décisive contre les « Libérateurs » (Brutus et Cassius) à la bataille de Philippes. L’affirmation du pouvoir : La légende au revers III·VIR·R·P·C (Triumvir pour la restauration de la République) légitime officiellement son autorité extraordinaire. 2. Le Symbolisme de l’Avers : L’Héritage et la Piété Le Portrait de Marc Antoine : Il apparaît avec une barbe courte. À cette époque, porter la barbe est un signe de deuil traditionnel (squalor). Antoine affiche ainsi publiquement sa douleur face à la mort de César, se positionnant comme son héritier naturel et son vengeur. Le Lituus (bâton d’augure) : Placé derrière sa tête, cet instrument religieux rappelle qu’Antoine est membre du collège des Augures. Signification : Cela souligne que ses actions ne sont pas seulement militaires, mais sanctionnées par la volonté divine. Il possède l’autorité religieuse pour interpréter les auspices avant les batailles. 3. Le Symbolisme du Revers : L’Orient et la Divinité Le choix du dieu Sol (le Soleil) est l’élément le plus novateur et symbolique de cette émission. Le Maître de l’Orient : Dans le partage des provinces entre les triumvirs, Antoine a reçu l’Orient. Sol (Hélios) est la divinité protectrice de l’Est par excellence. Antoine s’identifie ainsi à la lumière qui se lève sur le monde romain après les ténèbres des guerres civiles. L’Influence d’Alexandre : Le portrait rayonnant de Sol rappelle l’imagerie d’Alexandre le Grand. Antoine commence déjà à cultiver cette image de souverain hellénistique, qui culminera plus tard dans son association avec Dionysos/Osiris aux côtés de Cléopâtre. La Paix et la Providence : Le soleil est aussi un symbole de régénération. Après le chaos, Antoine se présente comme celui qui apporte une ère nouvelle de clarté et d’ordre. En résumé Ce type est une œuvre de propagande magistrale. Il lie habilement la piété romaine traditionnelle (le deuil et l’augurat) aux ambitions impériales et orientales d’Antoine, tout en affirmant sa légitimité légale au sein du Triumvirat. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Lieux de découverte (3 exemplaires)

1626AN – Denier Marc Antoine – Marcus Antonius

1626AN – Denier Marc Antoine – Marcus Antonius Avers : Anépigraphe  Tête barbue de Marc Antoine à droite; derrière, un lituus. Revers : M ANTONIVS·III· – VIR·R·P·C (Marcus Antonius Triumviri Rei Publicæ Constituandæ, Marc Antoine triumvir pour la restauration de la République) Tête radiée de Sol à droite. British Museum 3.88g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Grèce, Epire Datation : 42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Antonia Références : RRC 496/2 – B.29 (Antonia) – Syd.1170 L’étude de ce denier offre une plongée fascinante dans la psychologie politique de Marc Antoine juste avant le tournant décisif de la bataille de Philippes (42 av. J.-C.). 1. La Barbe : Le deuil comme arme politique L’élément le plus frappant à l’avers est le portrait d’Antoine portant la barbe (barba). Signification : Chez les Romains de cette époque, le port de la barbe était un signe de deuil et d’affliction. Contexte : Marc Antoine a juré de ne pas se raser tant que les assassins de Jules César (Brutus et Cassius) n’auraient pas été punis. En affichant cette barbe sur ses monnaies, il rappelle à ses soldats et au peuple qu’il est le vengeur officiel de César. C’est un message de piété filiale/politique destiné à galvaniser ses troupes avant le combat final. 2. Le Lituus : La légitimité religieuse Derrière la tête d’Antoine se trouve le lituus, le bâton recourbé des augures. Symbolisme : Antoine était membre du collège des augures. Ce symbole souligne qu’il n’est pas seulement un chef de guerre (imperator), mais qu’il possède l’autorité religieuse nécessaire pour interpréter la volonté des dieux. Contraste : Cela le distingue de ses adversaires « républicains » en montrant que les auspices sont en sa faveur. 3. Sol (le Soleil) : L’Orient et l’Âge d’Or Le revers présente la tête radiée de Sol (le dieu Soleil). Ce choix est hautement stratégique : Domination de l’Orient : Sol est traditionnellement associé à l’Est. À cette époque, le triumvirat s’est partagé le monde romain, et Antoine a jeté son dévolu sur les provinces orientales. Sol préfigure son rôle de « Nouveau Dionysos » ou de monarque solaire en Orient. L’Espoir d’un Renouveau : Le soleil levant symbolise la fin des ténèbres des guerres civiles et l’aube d’une ère nouvelle de paix et de prospérité, un thème qui sera plus tard repris par Auguste. 4. Le titre III VIR R.P.C. L’inscription III VIR R.P.C. (Triumvir Rei Publicae Constituendae) est le titre officiel des membres du Second Triumvirat. Traduction : « Triumvir pour la restauration de la République ». Ironie historique : Alors qu’ils exercent un pouvoir dictatorial, l’utilisation de ce titre sur la monnaie sert à masquer l’aspect autocratique de leur régime sous un vernis de légalité républicaine. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Lieux de découverte (23 exemplaires)

1621MU – Denier Mussidia – Lucius Mussidius Longus

1621MU – Denier Mussidia – Lucius Mussidius Longus Avers : Anepigraphe Buste rayonnant et drapé de Sol de face. Revers : L.MVSSIDI / LONGI  CLOACIN (Lucius Mussidius Longus/ Cloacine) Deux statues de Venus Cloacina sur plate-forme avec balustrade du lieu saint de Venus Cloacina. L’inscription sur la plate-forme est CLOACIN. British Museum 3.77g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Mussidia Références : RRC 494/43a – B.7 (Mussidia) – Syd.1094 L’étude de ce denier (frappé par L. Mussidius Longus en 42 av. J.-C.) révèle une symbolique complexe, mêlant aspirations à la paix civile et propagande liée au Second Triumvirat. Voici une analyse approfondie du symbolisme et du contexte, telle que documentée sur LesDioscures.com : 1. Le revers : Le sanctuaire de Vénus Cloacina (Cloacina Sacrum) Ce revers est l’un des plus célèbres de l’iconographie républicaine tardive pour son aspect architectural unique. L’origine du lieu : Le sanctuaire était situé sur le Forum Romain, là où l’égout principal (Cloaca Maxima) entrait dans la zone du Forum. Selon la tradition, c’est à cet endroit précis que les Romains et les Sabins se sont réconciliés et purifiés après l’enlèvement des Sabines. Le symbole de la « Purification » : Le nom Cloacina dérive du verbe latin cloare (purifier). En choisissant ce monument, le monétaire Mussidius Longus envoie un message politique fort : après l’assassinat de César et les proscriptions sanglantes, Rome a besoin de purification et de réconciliation. Les deux statues : Elles représentent la déesse sous deux aspects ou symbolisent l’union des deux peuples fondateurs (Romains et Sabins), renforçant l’idée d’une unité retrouvée. 2. L’avers : Le buste de Sol (le Soleil) Le choix de Sol au lieu d’une divinité plus traditionnelle comme Rome ou Jupiter n’est pas anodin. Référence à l’Orient et à Rhodes : En 42 av. J.-C., le monde romain est déchiré. Les triumvirs (Octave, Marc Antoine et Lépide) s’apprêtent à affronter Brutus et Cassius en Orient. Sol est une divinité particulièrement associée à l’Orient et à l’île de Rhodes (célèbre pour son Colosse représentant Hélios/Sol). Cassius avait pillé Rhodes peu de temps auparavant ; l’image de Sol sur les monnaies triumvirales peut ainsi symboliser la « libération » ou la reconquête de ces territoires. La Lumière après les Ténèbres : Le Soleil levant apporte l’espoir d’une ère nouvelle et d’un retour à l’ordre après le chaos de la guerre civile. 3. Contexte Historique : L’année 42 av. J.-C. Cette monnaie est frappée à un moment charnière de l’histoire de Rome : L’année de Philippes : C’est l’année de la bataille de Philippes, où les héritiers de César écrasent les « Libérateurs » (assassins de César). Légitimation du pouvoir : L. Mussidius Longus fait partie d’un collège de monétaires qui soutiennent activement le Second Triumvirat. Parallèlement à ce type « mythologique », il frappe également des deniers avec les portraits d’Octave, de Marc Antoine et de Lépide, ainsi que le portrait de Jules César divinisé. Propagande de Paix : Alors que les armées se rassemblent pour une confrontation finale, l’utilisation d’images liées à la concorde (Vénus Cloacina) tente de présenter les triumvirs non comme des chefs de guerre, mais comme les restaurateurs de la paix et de la piété romaine. Lucius Mussidius Longus est un personnage dont la trace historique repose quasi exclusivement sur son activité de monétaire (magistrat chargé de la frappe des monnaies). Malgré cette discrétion dans les textes anciens, ses émissions monétaires sont parmi les plus riches en symbolisme de la fin de la République. Voici ce que l’on sait de lui et de sa fonction : 1. Un « Homme Nouveau » au service des Triumvirs Origine familiale : La gens Mussidia était une famille plébéienne mineure, probablement originaire de Sulmona (pays des Paeligni). Lucius est considéré comme un « homme nouveau » (novus homo), parvenu à des responsabilités grâce à son ralliement à la cause des héritiers de César. Carrière : Après avoir été monétaire en 42 av. J.-C., il semble avoir poursuivi sa carrière sous Auguste. Certaines sources l’identifient comme le Lucius Mussidius qui fut proconsul de Sicile, où il fit également frapper des monnaies de bronze locales. Descendance : Son allégeance politique a porté ses fruits pour sa famille, puisque son fils (ou petit-fils), Titus Mussidius Pollianus, a atteint le rang prestigieux de consul sous le règne de Caligula. 2. Membre du Collège des Quattuorviri (42 av. J.-C.) Lucius Mussidius Longus n’exerçait pas seul. En 42 av. J.-C., les membres du Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine, Lépide) ont porté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre pour faire face aux besoins financiers colossaux de la guerre contre les assassins de César. Il faisait partie de ce collège de Quattuorviri Monetales aux côtés de : P. Clodius L. Livineius Regulus C. Vibius Varus 3. Son rôle politique et monétaire Sous le titre de IIII VIR A.P.F. (Quattuorvir chargé de la frappe de l’or et de l’argent), sa mission était double : Financement militaire : Produire massivement des deniers et des aurei pour payer les légions avant la bataille décisive de Philippes. Propagande : Ses pièces, dont le fameux denier au portrait de César (RRC 494/39), servaient à légitimer le pouvoir des triumvirs en rappelant leur lien avec le dictateur divinisé. 4. Ses types monétaires célèbres Outre le portrait de César, Mussidius Longus est connu pour deux autres types majeurs qui témoignent de ses attaches religieuses et politiques : Le sanctuaire de Vénus Cloacina : Représentant une petite plateforme sur le Forum Romain. Ce type célèbre le retour à la concorde et à la purification de l’État après les souillures des guerres civiles. Le buste de Sol (le Soleil) : Souvent associé à l’idée de renaissance et de protection divine sur l’Orient romain. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Mussidia n’est connue que par les monnaies de L. Mussidius Longus, fils de T. Mussidius Longus. On ne sait rien sur la vie de ce personnage qui fut monétaire en 711 et 712 (43-42 av. J.-C.) en même temps que P. Clodius M. f., L. Livineius Regulus et C. Vibius

1599CL – Denier Claudia – Publius Clodius

1599CL – Denier Claudia – Publius Clodius Avers : Anépigraphe Tête radiée de Sol à droite; derrière la tête, un carquois. Revers : P CLODIVS / M F (Publius Clodius Marci Filius, Publius Claudius fils de Marc) Croissant de lune surmonté de cinq étoiles. British Museum 4g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Claudia Références : RRC 494/21 – B.17 (Claudia) – Syd.1115 Cette monnaie de Publius Clodius (42 av. J.-C.) est une pièce maîtresse pour comprendre la transition idéologique entre la République finissante et l’Empire. Son symbolisme astral n’est pas purement décoratif ; il s’inscrit dans une stratégie de communication politique précise sous le Second Triumvirat. 1. Le Symbolisme Astral : Entre Éternité et Divinité Le contraste entre l’avers (Sol) et le revers (Luna et les étoiles) crée une image du cosmos complet, porteuse de plusieurs messages : Aeternitas (L’Éternité) : L’association du Soleil et de la Lune symbolise la permanence et le renouvellement cyclique. Dans un Rome épuisé par les guerres civiles, ce motif promet le retour d’une ère de stabilité et la pérennité de l’État. La Déification de César (Sidus Iulium) : En 42 av. J.-C., Jules César est officiellement divinisé (Divus Iulius). L’apparition d’une comète (le Sidus Iulium) lors des jeux de 44 av. J.-C. avait marqué les esprits. Les cinq étoiles entourant le croissant de lune peuvent être interprétées comme une référence à cette apothéose céleste et à la protection divine qui veille désormais sur Rome. Lien avec Apollon et Diane : Dans la culture romaine, Sol est souvent assimilé à Apollon et Luna à Diane. La gens Clodia (famille du monétaire) revendiquait des origines sabines ; or, les Sabins étaient réputés avoir introduit les cultes de Sol et Luna à Rome. C’est une manière pour le magistrat P. Clodius M. f. de lier sa propre lignée à la piété religieuse de la cité. 2. Contexte Historique : L’Année 42 av. J.-C. Cette monnaie est frappée à un moment critique de l’histoire romaine : Le Second Triumvirat : Octave, Marc Antoine et Lépide ont pris le contrôle de Rome. Ils ont besoin de fonds massifs pour financer la guerre contre les meurtriers de César (Brutus et Cassius). L’émission d’aurei (monnaies d’or) servait principalement à payer les légions. La Bataille de Philippes : C’est l’année de la confrontation finale en Macédoine. L’iconographie céleste de la pièce suggère que les dieux (et l’esprit de César) soutiennent la cause des triumvirs. Propagande et Légitimité : En utilisant des symboles de lumière (Sol) et de guidance nocturne (Luna/Étoiles), le pouvoir en place se présente comme le guide nécessaire pour sortir Rome des ténèbres de l’instabilité. Le monétaire responsable de l’émission de cette monnaie est Publius Clodius, fils de Marcus (P. Clodius M.f.). Malgré l’importance de son monnayage, l’homme derrière le nom reste une figure relativement mystérieuse de l’histoire romaine. Voici ce que nous savons de lui : 1. Identité et Origines Nom complet : Publius Clodius M.f. Turrinus (parfois identifié avec le cognomen Turrinus). La Gens Clodia : Il appartient à la gens Clodia, une variante orthographique « populaire » de la célèbre et ancienne famille patricienne des Claudii. Cette modification de nom était souvent un choix politique pour paraître plus proche du peuple (populares). Distinction généalogique : Il est crucial de ne pas le confondre avec le célèbre et sulfureux Publius Clodius Pulcher (l’ennemi de Cicéron tué en 52 av. J.-C.). Notre monétaire précise bien M.f. (Marci filius, fils de Marcus), alors que le célèbre tribun était le fils d’un Appius. 2. Son rôle en 42 av. J.-C. Publius Clodius faisait partie des Quattuorviri Monetales (un collège de quatre magistrats chargés de la monnaie) de l’année 42 av. J.-C. Ses collègues étaient : L. Mussidius Longus L. Livineius Regulus C. Vibius Varus Ce groupe a travaillé sous l’autorité directe du Second Triumvirat. Leur mission principale était de financer la campagne militaire contre les assassins de César (Brutus et Cassius). 3. Un monétaire polyvalent Bien que le denier au portrait de César (RRC 494/16) soit le plus célèbre, P. Clodius a supervisé une production diversifiée cette année-là : Il a frappé des monnaies pour les trois triumvirs (Octave, Marc Antoine et Lépide), utilisant souvent le même revers au type de Mars, symbolisant la solidarité du triumvirat dans la guerre à venir. Il a également émis des types plus « classiques » mettant en scène des divinités comme Apollon et Diane Lucifère (comme sur le denier RRC 494/23), ce qui, selon LesDioscures.com, pourrait être lié aux cultes sabins d’origine de sa famille ou à la déification de César. 4. Style artistique On lui attribue le mérite d’être revenu à un style de portrait réaliste pour César. Alors que d’autres monétaires de l’époque tendaient vers une idéalisation du dictateur défunt, les coins de P. Clodius conservent les traits caractéristiques et humains de César, renforçant ainsi l’impact émotionnel et politique de la monnaie auprès des soldats. En résumé : Publius Clodius M.f. est un magistrat dont la carrière politique est peu documentée en dehors de ses monnaies, mais son travail témoigne d’une grande maîtrise de la propagande visuelle au service des héritiers de César. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon P. Clodius Turrinus. Monétaire en 711 (43 av. J.-C.) Publius Clodius, fils de Marcus Clodius, fut magistrat monétaire en 711 (43 av. J.-C.). On connaît un P. Clodius qui vivait à cette époque, mais il ne saurait être notre monétaire, car il était fils de P. Clodius Pulcher,le célèbre adversaire de Milon,etles médailles disent que le monétaire était fils d’un Marcus. Il faut aussi éviter de confondre le monétaire avec le Clodius que César envoya en Macédoine en 706 (48 av. J.-C.) rejoindre Metellus Scipion; ce dernier doit être le même qu’Appien appelle Clodius Bithynicus qui combattit au siège de Pérouse, fut fait prisonnier et mis à mort sur l’ordre d’Octave en 714 (40 av. J.-C.) ; mais il portait le prénom de Lucius, tandis que le magistrat monétaire s’appelle Publius. Borghesi croit donc qu’il s’agit de P. Clodius Turrinus, rhéteur célèbre, dont parle Sénèque’ Il fut quatuorvir monétaire au commencement du triumvirat d’Octave, An-toine et Lépide; les types de ses médailles se rapportent tous

1512VA – Denier Valeria – Lucius Valerius Acisculus

1512VA – Denier Valeria – Lucius Valerius Acisculus Avers : ACISCVLVS Tête de Sol à droite; derrière, une petite pioche (Acisculus). Revers : L. VALERIVS (Lucius Valerius) Luna sur un bige à droite. British Museum 4.03g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 45 avant J.C. Matière : Argent Gens : Valeria Références : RRC 474/5 – B.20 (Valeria) – Syd.1002 1. Le Symbolisme : Dualité Cosmique et Identité Familiale Le choix iconographique de cette pièce est un mélange subtil de dévotion religieuse, de propagande familiale et d’allusions géographiques. Le Diptyque Sol/Luna : L’association du Soleil (avers) et de la Lune (revers) symbolise l’éternité (Aeternitas) et l’ordre cosmique. Dans le contexte des guerres civiles romaines, cette imagerie suggère que la domination de Rome est inscrite dans l’ordre naturel de l’univers, sous la protection des astres. Luna est ici représentée en Lucifera (porteuse de lumière). Le Pun Visuel (L’Acisculus) : Derrière la tête de Sol se trouve un petit marteau de tailleur de pierre appelé acisculus. C’est une « arme parlante » : un jeu de mots visuel sur le surnom (cognomen) du monétaire, Acisculus. Ce procédé était très courant chez les magistrats monétaires romains pour marquer leur identité. Origines de la Gens Valeria : La famille Valéria prétendait descendre de la cité étrusque de Faléries. Le culte de Sol et de Luna était particulièrement fort dans cette région. En affichant ces divinités, Lucius Valerius Acisculus réaffirme l’ancienneté et la piété de sa lignée. 2. Le Contexte Historique : L’Ombre de Jules César L’année 45 av. J.-C. est une période charnière de l’histoire romaine : La Dictature de César : Après sa victoire à la bataille de Munda en Espagne (mars 45 av. J.-C.) contre les fils de Pompée, Jules César rentre à Rome en triomphateur. Il est alors au sommet de son pouvoir. Le Collège des Monétaires : L. Valerius Acisculus est l’un des magistrats chargés de frapper la monnaie cette année-là. Bien que les motifs semblent religieux, ils ne sont jamais neutres. Frapper une monnaie d’une telle qualité esthétique participait à la célébration de la prospérité retrouvée sous l’égide de César. Réforme du Calendrier : Il est intéressant de noter qu’en 45 av. J.-C., la réforme du calendrier julien (introduite par César) entre pleinement en vigueur. L’utilisation du Soleil et de la Lune sur les pièces pourrait être une allusion discrète à cette nouvelle maîtrise du temps et du calendrier par le pouvoir central. Lucius Valerius Acisculus est un personnage dont la vie publique est indissociable de la fin de la République romaine. Bien que les détails biographiques précis soient rares, son activité en 45 av. J.-C. en tant que magistrat monétaire nous livre des informations cruciales sur son rang et ses attaches. Comme le soulignent les études de LesDioscures.com, ce monétaire appartient à l’une des familles les plus prestigieuses de Rome : la gens Valeria. 1. Identité et Carrière Magistrat monétaire (Triumvir Monetalis) : En 45 av. J.-C., il fait partie du collège des trois magistrats responsables de la frappe de la monnaie. C’était une étape clé du cursus honorum pour les jeunes aristocrates. Tribun de la Plèbe : Certaines sources, notamment le British Museum, mentionnent qu’il aurait exercé la fonction de tribun de la plèbe, bien que la date exacte reste incertaine (probablement peu après son mandat monétaire). Partisan de César : Son activité se déroule sous la dictature de Jules César. Frapper monnaie à cette époque nécessitait une proximité, ou du moins une absence d’opposition, avec le nouveau pouvoir en place. 2. Le nom « Acisculus » : Un outil et un symbole Le surnom (cognomen) Acisculus est ce qui rend ce monétaire célèbre chez les numismates. Étymologie : En latin, l’acisculus est un petit marteau de tailleur de pierre ou une petite pioche. Le « Type Parlant » : Fidèle à la tradition romaine, il utilise cet objet sur ses pièces comme une signature visuelle. C’est un moyen d’affirmer son identité familiale de manière ludique et mémorable. 3. Un représentant de la Gens Valeria En tant que membre de la gens Valeria, Lucius s’inscrit dans une lignée qui se prétendait d’origine sabine, remontant aux premiers jours de la République avec Valerius Publicola. Prestige : Sa famille jouissait de privilèges uniques à Rome, comme le droit d’ouvrir les portes de leur maison vers la rue (sur la Velia) ou d’avoir une place réservée au Cirque. Religion : Par ses choix iconographiques (Apollon Soranus, Diane), il réaffirme le rôle de sa famille en tant que gardienne de cultes anciens et spécifiques, renforçant ainsi sa légitimité politique par la piété religieuse. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Tous les types des monnaies de L. Valerius Acisculus se rattachent à l’origine mythologique dela famille Valeria et se résument dans les idées de force et de valeur, unies à celles de santé et de salut qu’on retrouvait étymologiquement dans le mot valere. Sur la médaille suivante (n. 20) où l’on voit la tête radiée du Soleil et le bige de Diane, Cavedoni y a reconnu une allusion à l’institution des jeux séculaires qui furent célébrés d’abord par Valerius Pubiicola avant d’être régulièrement institués vers le temps des guerres Puniques. On y voit le Soleil ou Apollon et Diane ou la Lune, les divinités honorées dans ces jeux; il en était encore ainsi au temps d’Horace. Lieux de découverte (21 exemplaires)