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1812CO – Denier Considia – Caius Considius Pætus

1812CO – Denier Considia – Caius Considius Pætus Avers : PAETI (Paetus) Tête diadémée et laurée de Vénus à gauche. Revers : C. CONSIDI (Caii Considii) Victoria (la Victoire) dans un quadrige galopant à droite, tenant une couronne de la main droite, une palme et les rênes de la main gauche. British Museum 4.13g INDICE DE RARETE : 6 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Considia Références : RRC 465/4 – B.7 (Considia) – Syd.993 L’étude de ce denier révèle un moment charnière où la communication monétaire passe d’une tradition familiale à une allégeance politique quasi-absolue envers Jules César. Ce denier fait partie d’une émission majeure liée au quadruple triomphe de César à Rome en 46 av. J.-C., après sa victoire décisive à Thapsus. 1. Le Symbolisme des Types Le choix iconographique de C. Considius Paetus ne doit rien au hasard. Bien que monétaire, il utilise des symboles qui fusionnent la gloire de l’État avec celle du dictateur : L’Avers : Vénus (Venus Genetrix) Signification : Vénus est la déesse tutélaire de la Gens Julia. En la plaçant à l’avers, Paetus rappelle l’ascendance divine revendiquée par César (descendant d’Énée, fils de Vénus). Attributs : Elle porte ici un diadème et une couronne de laurier, soulignant son rôle de Venus Victrix (Vénus Victorieuse), celle qui a guidé César vers la victoire lors de la guerre civile. Le Revers : La Victoire en quadrige Signification : Le quadrige est le symbole ultime du triomphe romain. La Victoire (Victoria) tenant une couronne et une palme célèbre non seulement une bataille précise, mais le rétablissement de la Pax Romana sous l’égide de César. Mouvement : Le galop des chevaux vers la gauche (ou la droite selon les variantes de la série 465) exprime le dynamisme et l’irréversibilité des succès césariens. 2. Le Contexte Historique : 46 av. J.-C. Cette année est l’une des plus denses de l’histoire romaine : La Fin de l’Opposition Africaine : Après la bataille de Thapsus, les derniers chefs pompéiens (comme Caton d’Utique) sont vaincus. Le Quadruple Triomphe : César célèbre ses victoires sur la Gaule, l’Égypte, le Pont et l’Afrique. Ce denier servait probablement à financer les largesses distribuées au peuple et à l’armée lors de ces festivités grandioses. Le Ralliement de Paetus : Le monétaire lui-même est un personnage intéressant. Fils de C. Considius Longus (un partisan de Pompée), Paetus a fait sa soumission à César après Thapsus. Frapper ces monnaies à l’effigie de Vénus était pour lui un acte de loyauté manifeste envers son nouveau maître. Le monétaire C. Considius Paetus (Caius Considius Paetus) est une figure fascinante de la fin de la République, dont l’histoire personnelle illustre parfaitement la politique de clémence de Jules César. 1. Identité et Origines C. Considius Paetus est identifié par les historiens (notamment Borghesi) comme le fils de Caius Considius Longus. Son père (Considius Longus) : C’était un fervent partisan de Pompée et propréteur en Afrique. Il a farouchement résisté à César, refusant même de lire ses messages de paix. Après la défaite de Thapsus en 46 av. J.-C., Longus a tenté de s’enfuir avec ses trésors mais a été assassiné par ses propres gardes numides. Le pardon de César : Le jeune Paetus se trouvait avec son père en Afrique lors de cette campagne. Contrairement à son père, il a été épargné par César après la victoire de ce dernier. 2. Sa fonction de Monétaire Paetus est nommé Triumvir Monetalis (membre du collège des trois magistrats chargés de la frappe des monnaies) en 46 av. J.-C., l’année même de la mort de son père et de sa soumission à César. Un acte d’allégeance : La frappe du denier RRC 465/1 est souvent perçue comme un geste de réconciliation. En célébrant les nouveaux honneurs de César (la chaise curule), Paetus montre publiquement sa loyauté envers celui qui lui a laissé la vie sauve. Ses collègues : Il a exercé cette fonction aux côtés de Titus Carisius et Manlius Cordius Rufus, qui ont également frappé des monnaies riches en symbolisme césarien cette année-là. 3. Liens avec Apollonie d’Illyrie Une hypothèse intéressante, soutenue par l’analyse des styles monétaires, suggère que Paetus aurait pu commencer à frapper monnaie à Apollonie d’Illyrie avant de le faire à Rome. C’est ce qui expliquerait la présence fréquente de la tête d’Apollon sur ses pièces (Avers du 465/1), Apollon étant la divinité tutélaire de cette ville. Cela placerait Paetus au cœur des zones de conflit de la guerre civile avant qu’il ne rejoigne le camp des vaincus en Afrique, puis celui des ralliés à Rome. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Considius Paetus. Monétaire en 705 (49 av. J.-C.) Borghesi a reconnu dans ce monétaire le personnage désigné ainsi par Hirtius : C. Considius filiusi, qui était le fils de C. Considius Longus, propréteur en Afrique et partisan de Pompée. Le monétaire se déclara aussi, comme son père, l’adversaire de César, mais après la bataille de Thapsus en 707 (47 av. J.-C.), il fit sa soumission et obtint son pardon avec le gouvernement d’Hadrumète. Ses monnaies ont été frappées en 705 (49 av. J.-C.) à Apollonie d’Illyrie. Cicéron nous parle des pièces d’argent qu’on fit frapper dans cette ville à cette époque de détresse; C. Considius fuyait avec les partisans de Pompée. Le buste de Pallas et le quadrige de la Victoire, ainsi que la Victoire portant un trophée, expriment évidemment les voeux et les espérances des Pompéiens; la tête de Vénus Erycine fait allusion aux souvenirs de la famille Considia que nous avons signalés plus haut; la chaise curule nous indique que C. Considius Paetus était probablement édile curule à l’époque où il fit frapper monnaie. Quant à la tête laurée à l’aspect féminin qui figure sur les deniers n° 2, 3 et 4, dans laquelle Eckhel a voulu reconnaître Vénus, et d’autres la Liberté, elle est la même divinité que celle qui est figurée sur les deniers de Q. Pomponius Musa et de P. Clodius Turrinus. Borghesi a prouvé que c’était la tête d’Apollon, telle qu’on la voit plus tard sur des monnaies de l’empereur Domitien frappées à Apollonie, le lieu même où C. Considius Paetus

2113AU – Denier Auguste – C. Antistius Vetus

2113AU – Denier Auguste – C. Antistius Vetus Avers : C ANTISTVS VETVS IIIVIR (Caius Antistius Vetus triumvir) Buste diadémé de Vénus à droite. Revers : COS IMP CAESAR AVGV XI (Imperator Caesar Augustus, consul undecimo) Simpulum, lituus, trépied et patère. Bibliothèque nationale de France 3.78g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 16 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Julia et Antestia Références : RIC 367, BMC 99, BNF 368-371, Antestia 24. Nous trouvons au revers de ce denier les emblèmes des dignités religieuses dont Auguste fut investi; elle rappelle le onzième consulat d’Auguste qui remonte en 23 avant J.-C. Variante avec comme légende du revers : COS IMP CAESAR AVGVS XI Références : RIC 368, BMC 98, BN 368var, Antestia 24 British Museum 3.62g

1584JU – Aureus Octave – Publius Clodius

1584JU – Aureus Octave – Publius Clodius Avers : C·CAESAR – III.VIR·R·P.C (Caius Caesar, Triumvir Reipublicae Constituendae) Tête nue d’Octave à droite. Revers : P. CLODIVS M. F. IIII VIR A. P. F. (Publius Clodius Marci filins, quatuorvir auro publico feriundo) Vénus à demi nue, assise à gauche, sur un autel, et tenant de la main droite une colombe, tandis que du bras gauche elle tient Cupidon agenouillé à côté d’elle. British Museum 8.09g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Claudia et Julia Références : RRC 494/6a – B.80 (Julia) Cet aureus, frappé en 42 av. J.-C., est une pièce maîtresse de la propagande politique à la fin de la République romaine. Son symbolisme et son contexte s’inscrivent dans une période de transition brutale entre l’assassinat de Jules César et l’avènement de l’Empire. 1. Le Contexte Historique : L’Urgence de la Guerre En 42 av. J.-C., Rome est déchirée par la guerre civile des Libérateurs. Le Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide) a été officialisé l’année précédente par la Lex Titia. Le besoin d’or : Cet aureus fait partie d’une série massive de frappes en or (métal normalement réservé aux urgences d’État) destinées à financer les 28 légions levées pour affronter Brutus et Cassius en Macédoine. L’atelier de Rome : Contrairement à d’autres monnaies de l’époque frappées par des ateliers itinérants suivant les armées, le RRC 494/6 est issu de l’atelier de Rome. Il est signé par le monétaire Publius Clodius, membre d’un collège de quatre magistrats (quattuorviri) dévoués aux triumvirs. L’affirmation d’Octave : À seulement 21 ans, le futur Auguste doit prouver sa légitimité face au charismatique Marc Antoine. La monnaie est son principal outil de communication de masse. 2. Le Symbolisme de l’Avers : L’Héritier de César Le portrait d’Octave à l’avers porte la légende C·CAESAR·III·VIR·R·P·C. Le nom de César : En s’appelant « Caius Caesar » (et non Octavianus), il martèle son statut de fils adoptif et d’héritier universel du dictateur assassiné. La Tête nue : Le fait qu’il soit représenté tête nue (sans couronne) suggère encore une certaine retenue républicaine, bien que le titre de Triumvir indique un pouvoir extraordinaire pour « restaurer la République ». 3. Le Symbolisme du Revers : La Divine Ascendance Le revers est le plus riche en symboles, mettant en scène Vénus et Cupidon. Vénus, l’ancêtre mythique : Selon la légende, la Gens Julia (la famille de César et Octave) descend d’Énée, fils de Vénus. En affichant la déesse, Octave ne célèbre pas seulement l’amour, mais sa propre origine divine. La Colombe et Cupidon : Vénus est assise sur un cippus (un socle), tenant une colombe (symbole de paix et de dévotion) tout en embrassant Cupidon. Ce geste souligne la pietas (la piété filiale) : l’amour entre la mère et le fils fait écho à la loyauté qu’Octave doit à son père adoptif, Jules César. Vénus Victrix : Dans ce contexte de guerre imminente, Vénus est aussi Venus Victrix (la victorieuse). On rappelle aux soldats que la divinité qui a guidé César vers la gloire protège désormais son fils. Le monétaire responsable de l’émission de cet aureus est Publius Clodius, fils de Marcus (P. CLODIVS M. F.). Malgré la rareté exceptionnelle de ses monnaies d’or, l’identité précise de ce magistrat reste un sujet de débat passionnant parmi les historiens et numismates. Voici les points clés à retenir sur ce personnage et ses fonctions : 1. Son Titre Spécifique : Quattuorvir Contrairement à la majorité des monétaires romains qui étaient des triumviri (collège de trois), Publius Clodius appartient à un collège de quatre magistrats en 42 av. J.-C. : les Quattuorviri. La légende IIII·VIR·A·P·F : Ce titre abrège Quattuorvir Auro Publico Feriundo, soit « l’un des quatre hommes chargés de la frappe de l’or public ». Ses collègues : Il travaillait aux côtés de L. Mussidius Longus, C. Vibius Varus et L. Livineius Regulus. Ensemble, ils ont frappé une série de monnaies prestigieuses pour les trois membres du Triumvirat (Antoine, Octave et Lépide). 2. Hypothèses d’Identité Ce personnage est « historiquement peu connu » en dehors de ses monnaies, ce qui a mené à plusieurs théories : P. Clodius Turrinus : L’hypothèse la plus répandue (soutenue par Borghesi et Babelon) l’identifie à un célèbre rhéteur de l’époque mentionné par Sénèque le Père. Selon cette thèse, son père Marcus aurait été ruiné par les guerres civiles en Espagne avant que Publius ne retrouve la fortune grâce à son talent oratoire et son soutien à la cause césarienne. L’énigme de la filiation : Il ne doit pas être confondu avec le célèbre et turbulent Publius Clodius Pulcher (l’ennemi de Cicéron mort en 52 av. J.-C.), car notre monétaire précise bien être le fils de Marcus (M. F.), alors que Pulcher était le fils d’un Appius. Certains suggèrent toutefois qu’il pourrait être un parent éloigné ou un « homonyme » cherchant à profiter du prestige du nom. 3. Son Rôle Politique Publius Clodius n’était pas un simple technicien de la monnaie, mais un officier de haut rang chargé de financer l’effort de guerre des Triumvirs. Production diversifiée : En plus de l’or de Lépide, il a frappé des monnaies pour Marc Antoine, Octave et des séries posthumes pour Jules César. Syncrétisme et Religion : Ses types monétaires (Apollon, Diane, le Soleil, Fortuna) montrent un intérêt marqué pour les cultes solaires et lunaires, souvent associés à l’idée d’un « Nouvel Âge » ou d’une ère de paix après le chaos, une thématique centrale de la propagande triumvirale. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon P. Clodius Turrinus. Monétaire en 711 (43 av. J.-C.) Publius Clodius, fils de Marcus Clodius, fut magistrat monétaire en 711 (43 av. J.-C.). On connaît un P. Clodius qui vivait à cette époque, mais il ne saurait être notre monétaire, car il était fils de P. Clodius Pulcher,le célèbre adversaire de Milon,etles médailles disent que le monétaire était fils d’un Marcus. Il faut aussi éviter de confondre le monétaire avec le Clodius que César envoya en Macédoine en 706 (48 av. J.-C.) rejoindre Metellus Scipion; ce dernier doit être le

1443JU – Aureus César – Caius Julius Cæsar

1443JU – Aureus César – Caius Julius Cæsar Avers : LII (52) Tête de Vénus ou de (Clementia) la Clémence laurée et diadémée à droite avec boucle d’oreille et collier. Revers : CAE – SAR Trophée gaulois composé d’un grand bouclier ovale, d’un casque, d’une cuirasse, d’un carnyx et d’une hache à sacrifice surmontée d’une tête d’animal. British Museum 8.48g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 48 avant J.C. Matière : Or Gens : Julia Références : RRC 452/1 – B.25 (Julia) – Syd.1008 L’étude de cet aureus révèle un programme iconographique soigneusement élaboré, où chaque symbole sert la légitimité de Jules César dans un moment de basculement historique. 1. Le Contexte Historique : L’Ombre de Pharsale (48-47 av. J.-C.) Ce denier est frappé par un atelier militaire itinérant qui suit César dans l’Orient méditerranéen. Nous sommes au cœur de la Guerre Civile contre Pompée : Légitimation par la victoire : Après la bataille de Pharsale (août 48 av. J.-C.), César doit affirmer son autorité. Plutôt que de célébrer une victoire sur des citoyens romains (ce qui serait mal perçu), il choisit de rappeler ses exploits en Gaule. Le financement de l’effort de guerre : La monnaie sert à payer les légions qui lui sont fidèles. En voyant ce denier, le soldat se rappelle qu’il sert le conquérant des Gaules, l’homme à qui la fortune sourit. 2. Le Symbolisme de l’Avers : La Vertu et l’Âge L’avers présente une tête féminine (souvent identifiée comme la Piété ou la Clémence) couronnée de chêne. La Couronne de Chêne : Traditionnellement associée à la corona civica, elle symbolise le salut des citoyens. C’est un message fort de César : il se présente non comme un tyran, mais comme le protecteur de Rome. Le chiffre LII (52) : C’est l’un des points les plus célèbres de cette série. Ce nombre représente l’âge de César au moment de la frappe. C’est une innovation majeure : pour la première fois, un dirigeant romain fait référence à sa propre personne de manière aussi directe sur une monnaie, soulignant sa maturité et son droit à diriger. 3. Le Symbolisme du Revers : Le Triomphe Gaulois Le revers est un condensé de la gloire militaire césarienne : Le Trophée (Tropaeum) : Constitué de dépouilles ennemies (cuirasse, bouclier gaulois et casque), il symbolise la victoire totale. Le Carnyx : Cette trompe de guerre gauloise à tête de dragon est un attribut spécifique des peuples celtes. Sa présence ne laisse aucun doute sur l’identité des vaincus. La Hache : Placée à droite, elle évoque le pouvoir de commandement (imperium) et la justice. 4. Pourquoi l’or ? L’émission de cet aureus est un acte politique fort. Sous la République, l’or était rarement utilisé. En frappant de l’or avec son seul nom et son âge, César : Démontre qu’il dispose de ressources immenses (le butin des Gaules). S’approprie un privilège monétaire quasi-royal. Prépare son retour triomphal à Rome en tant que maître absolu. Remarque : Moins de dix exemplaires observés de cet aureus. A noter, que leurs poids est supérieur à 8.50 grammes. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie :

1549ME – Sesterce Mettia – Marcus Mettius

1549ME – Sesterce Mettia – Marcus Mettius Avers : Anépigraphe Tête diadémée de Vénus à droite. Revers : M METTI (Marcus Mettius) Jeune fille debout à droite, donnant à manger à un serpent. Bibliothèque nationale de France 0.64g INDICE DE RARETE : 10+ (L’exemplaire de la BnF est le seul que j’ai pu observer.) 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gens : Mettia Références : RRC 480/28 – B. (Mettia) Le sesterce de Marcus Mettius ne se contente pas d’être une pièce rare ; il est le reflet d’une année de basculement absolu pour Rome. Frappé début 44 av. J.-C., il s’inscrit dans la propagande césarienne juste avant l’assassinat de Jules César. 1. Le Symbolisme de l’Avers : La légitimité divine L’absence de légende (anépigraphe) et le visage de Vénus rappellent la source de pouvoir de la Gens Julia. La filiation divine : César affirmait descendre de Vénus par Énée. En mettant la déesse sur cette monnaie, Marcus Mettius rappelle que le pouvoir de son protecteur n’est pas seulement politique, mais sacré. Vénus Victrix : À cette époque, Vénus est invoquée comme « victorieuse », celle qui a donné la victoire à César lors des guerres civiles contre Pompée. 2. Le Symbolisme du Revers : Les racines et la fertilité La scène de la jeune fille nourrissant le serpent (rite de Junon Sospita) comporte plusieurs niveaux de lecture : Origine géographique : C’est un hommage direct à Lanuvium, d’où la famille Mettia est originaire. Ce type de revers permettait aux « nouveaux hommes » de la République de se donner une respectabilité ancestrale. Présage de prospérité : Le rite du serpent était un test de fertilité pour la cité. Si le serpent acceptait l’offrande, la récolte serait abondante. Dans le contexte de 44 av. J.-C., c’est une manière de dire que sous le régime de César, Rome jouit de la faveur des dieux et de la prospérité. 3. Contexte Historique : L’apogée du pouvoir de César Ce sesterce est frappé alors que César vient d’être nommé Dictateur à vie (Dictator Perpetuo). Le Collège des Quatre (Quattuorviri) : Exceptionnellement, César augmente le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre. Marcus Mettius fait partie de ces élus. Cette réforme visait à augmenter la masse monétaire pour payer les légions et les grands travaux, mais aussi pour diffuser plus largement l’image du nouveau régime. Le lien Marcus Mettius / César : Mettius n’est pas n’importe quel magistrat. Il fut un officier de confiance (legatus) de César durant la Guerre des Gaules. Son nom est resté célèbre pour avoir été capturé par Arioviste lors d’une ambassade périlleuse avant d’être secouru. Frapper cette monnaie est pour lui une marque de gratitude envers celui qui lui a sauvé la vie et propulsé sa carrière. 4. La valeur politique du sesterce d’argent À cette époque, le sesterce d’argent est une unité de compte prestigieuse mais physiquement minuscule. Son usage était souvent lié aux distributions de numéraire au peuple ou aux soldats lors de triomphes. Sa rareté aujourd’hui s’explique par le fait que ces petites pièces étaient facilement perdues ou refondues lors de la réforme monétaire d’Auguste, qui a transformé le sesterce en une grande pièce de bronze (orichalque). Marcus Mettius est un personnage fascinant dont la carrière illustre parfaitement le passage de la fidélité militaire à la haute administration sous Jules César. 1. Un compagnon d’armes fidèle Marcus Mettius apparaît pour la première fois dans l’histoire en 58 av. J.-C. César, dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules (Livre I, 47), mentionne l’avoir choisi pour une mission diplomatique périlleuse. L’ambassade auprès d’Arioviste : César envoie Mettius comme médiateur auprès du chef germain Arioviste. Le choix n’est pas anodin : Mettius était lié à Arioviste par les liens de l’hospitalité. La captivité : Malgré son statut de diplomate, Arioviste le fait jeter aux fers. César raconte l’avoir secouru personnellement après sa victoire, affirmant que le plaisir de retrouver son ami sain et sauf était presque égal à celui de la victoire elle-même. 2. Le Magistrat Monétaire de l’an 44 En 44 av. J.-C., Mettius est nommé l’un des quattuorviri monetales (collège de quatre magistrats chargés de la frappe des monnaies). Cette année est cruciale car César a augmenté le nombre de monétaires de trois à quatre pour intensifier la production de numéraire. Le Collège des Monétaires : Il partageait cette fonction avec L. Aemilius Buca, P. Sepullius Macer et C. Cossutius Maridianus. Rôle de Propagande : En tant que partisan dévoué, Mettius a utilisé son mandat pour ancrer l’image de César dans l’esprit des Romains. Son denier est historiquement fondamental car il a été frappé avant le 15 mars, participant à la sacralisation du vivant de César. 3. Origines et Identité : La Gens Mettia Le nom de Mettius est associé à une ancienne lignée latine et sabine. Origine géographique : L’iconographie de ses pièces (notamment Junon Sospita) confirme que les Mettii étaient originaires de Lanuvium, une ville célèbre pour son sanctuaire dédié à cette déesse. Le Serpent de Junon : Sur d’autres types de monnaies qu’il a supervisés (comme le quinaire RRC 480/28), on voit une jeune fille nourrissant un serpent, une référence directe aux rites de virginité pratiqués à Lanuvium. En résumé, Marcus Mettius est l’exemple type de l’homme nouveau (homo novus) dont l’ascension sociale a été portée par le génie de César. Son nom reste gravé dans l’histoire principalement grâce à ces deniers qui ont, malgré eux, précipité la chute du dictateur en affichant son visage comme celui d’un roi. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Le nom de Mettius est déjà illustre chez les Sabins et les Latins. Citons, par exemple, Mettius Fuffetius, dictateur d’Albe la Longue, au temps du roi Tullus Hostilius, avec lequel fut réglé le combat des Horaces et des Curiaces et qui prit parti pour Fidènes et Veies contre Rome. Mettius Geminus commandait la cavalerie de Tusculum dans la guerre entre Rome et les cités latines confédérées en 414 (340 av. J.-C.). P. Mettius, partisan de Saturninus et de Glaucia, tua C. Memmius, un des candidats au

1305CO – Aureus Cornelia – Lucius Cornelius Sylla

1305CO – Aureus Cornelia – Lucius Cornelius Sylla Avers : Anépigraphe Tête diadémée de Vénus à droite. Revers : Q (Quaestor) Double corne d’abondance. Bibliothèque nationale de France 10.76g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Incertain Datation : 81 avant J.C. Matière : Or Gens : Cornelia Références : RRC 375/1 – B.32 (Cornelia) 👤 Le Monétaire « Q » Identité : L’identité exacte de ce monétaire est inconnue. L’inscription sur la pièce est simplement la lettre « Q », qui est l’abréviation de Quaestor (Questeur). Fonction : Il était donc un Questeur (Quaestor), un magistrat romain souvent chargé des affaires financières et assistant les commandants militaires, y compris pour la frappe de monnaie. Contexte de Frappe : Cette émission monétaire (RRC 375/1 et RRC 375/2) a eu lieu en 81 av. J.-C., pendant la guerre civile où Sylla luttait pour prendre le contrôle total de l’Italie face aux Marius (parti populaire). Le monnayage est clairement lié à Lucius Cornelius Sulla (Sylla), comme l’indiquent les types : la tête de Vénus (déesse protectrice de Sylla, qui s’était donné l’agnomen de Felix – le chanceux, le favori de Vénus) et la double corne d’abondance (symbole de prospérité et de l’ère nouvelle de Sylla). Il s’agit probablement d’un monnayage d’urgence frappé par les forces syllaniennes pour payer les troupes. Lieu de Frappe : L’atelier monétaire exact est inconnu (on parle d’un atelier monétaire mobile ou d’une ville italienne avec des installations de frappe établies), mais le style de la gravure, très fin, est souvent décrit comme étant plus grec que romain, suggérant potentiellement une influence orientale ou la présence de graveurs grecs dans l’équipe. En résumé, « Q » n’est pas un nom, mais un titre (Questeur) anonyme qui, dans le cadre d’un monnayage d’urgence de Sylla, a émis ces pièces en or (aureus) et en argent (denier). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Les monnaies d’or, d’argent et de bronze qui suivent, forment une série à part : elles ont été frappées après que Sylla fut revenu d’Orient, dans quelque atelier de l’Italie méridionale, durant la guerre’de 672 (82 av. J.-C.). Ce qui le prouve, c’est d’abord qu’on ne les trouve que dans ce pays; c’est ensuite l’analogie de leurs types avec les monnaies autonomes de villes de l’Italie méridionale. La double corne d’abondance qu’on voit sur l’aureus et les n. 35 à 37, est copiée sur le revers des monnaies de Valentia dans le Bruttium, ce qui paraît fixer le lieu où Sylla avait momentanément installé l’atelier monétaire de son questeur. Pendant ce temps, le Sénat, dominé par les partisans de Cinna, faisait battre monnaie de son côté par le préteur urbain Q. AntoniusBalbus (V. Antonia. n° 1).

1280CO – Aureus Sylla – Lucius Cornelius Sulla

1280CO – Aureus Sylla – Lucius Cornelius Sulla Avers : L. SVLLA (Lucius Sylla) Tête diadémée de Vénus à droite; devant elle, une statuette de Cupidon ailé, nu debout à gauche, tenant une palme. Revers : IMPER / ITERV (Imperator Iterum, Revêtu de la deuxième acclamation impériale) Vase à sacrifices (capis) et lituus entre deux trophées. Bibliothèque nationale de France 10.81g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Itinérant avec Sylla Datation : 84-83 avant J.C. Matière : Or Gens : Cornelia Référence : RRC 359/1 – B. 28 (Cornelia) – Syd.760 Le Contexte : Une Monnaie Impératoriale Exceptionnelle Contrairement à la majorité des monnaies républicaines, qui étaient émises par des magistrats monétaires (les tresviri monetales) pour le Sénat, cet émission est une monnaie militaire (ou impératoriale). Elle est émise sous l’autorité directe d’un commandant doté de l’imperium. Le Monétaire : Lucius Cornelius Sulla (Sylla). La Légende : Le nom L. SVLLA (Lucius Sylla) apparaît clairement à l’avers, et le revers porte la mention IMPER ITERVM (Imperator Iterum, « Commandant acclamé pour la deuxième fois »). La Date/Lieu : Frappé autour de 84-83 av. J.-C. par un atelier monétaire itinérant (souvent considéré comme en Grèce ou en Italie du Sud) pour payer ses troupes alors qu’il préparait son retour à Rome après sa victoire contre Mithridate VI.   Pourquoi Sylla ? Autorité Militaire Suprême : L’émission de cette pièce d’or (l’aureus) est en soi un acte exceptionnel, reflétant un besoin de financement massif pour son armée, en dehors du contrôle habituel du Sénat. Seul un chef militaire comme Sylla, détenant l’imperium et des ressources financières (butin de guerre), pouvait le faire. Propagande Politique : Les symboles choisis sont une forme de propagande personnelle : Vénus et Cupidon (l’avers) : Vénus était sa divinité tutélaire, qu’il honorait publiquement. Le Lituus et le Capis (au revers) : Instruments sacerdotaux faisant référence à son augurat, soulignant son autorité religieuse et son statut. IMPER ITERVM : Affirmation de son prestige militaire et de sa légitimité à diriger les armées. Sylla est donc l’émetteur principal et la figure centrale de cette monnaie, qui préfigure les émissions personnalisées de la fin de la République, notamment celles de Pompée et de Jules César. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon D’après ce classement, les monnaies frappées par les soins du questeur L. Licinius Lucullus datent, les unes de l’an 667 et les autres de l’an 671 : ces monnaies étaient célèbres dans l’antiquité même sous le nom de monnaies luculliennes, et voici ce que Plutarque nous raconte à leur sujet : « C’est par les soins de Lucullus, que fut frappée, dans le Péloponèse, la plus grande partie de la monnaie émise pendant la guerre de Mithridate, d’où vint le nom de lucullienne à cette monnaie qui resta longtemps en circulation, ayant eu l’occasion de s’échanger rapidement en soldant les dépenses nécessitées par les besoins de la guerre . »L’aureus et le denier qui suivent ont été frappés dans la Grèce en 667 (87 av. J.-C.) après les victoires de Chéronée et d’Orchomène dont nous avons parlé plus haut : les deux trophées font allusion à ces deux victoires, tandis que le praefericulum et le lituus rappellent que Sylla était investi de la dignité d’augure. C’est au cours de cette expédition que Sylla fut proclamé pour la seconde fois imperator par ses troupes. « Le titre d’imperator iterum que lui donnent quelquefois les médailles, dit Mommsen, ne se rapporte pas aux nombreuses victoires qu’il remporta sur Mithridate, de 667 à 670; car un général ne pouvait être proclamé imperator qu’une seule fois dans la même guerre. Mais il est probable que ce titre lui avait été déjà donné une fois, soit dans sa campagne de Cilicie, qu’il fit en qualité de propréteur en 662 (92 av. J.-C.), soit pendant la guerre Sociale, et on avait tenu compte de ce renouvellement de titre, comme nous le verrons aussi pour L. Aemilius Paullus. Cependant, il ne faudrait pas regarder les monnaies sur lesquelles on lit IMP, comme plus anciennes que celles sur lesquelles on trouve IMP. ITERVM ; car nous savons par les inscriptions que l’usage d’ajouter iterum commença seulement à s’introduire vers cette époque et qu’il n’était pas encore devenu une règle fixe ni exactement suivie ».

1612VI – Aureus Vibia – Caius Vibius Varus

1612VI – Aureus Vibia – Caius Vibius Varus Avers : Anepigraphe Tête laurée d’Apollon à droite. Revers : C VIBIVS / VARVS (Caius Vibius Varus) Vénus se mire dans un miroir; à droite, une colonne. British Museum 8g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gens : Vibia Références : RRC 494/34 – B.27 (Vibia) – Syd.1137 L’aureus de C. Vibius Varus (RRC 494/34), frappé en 42 av. J.-C., est une pièce fascinante qui s’inscrit dans l’un des moments les plus sombres et les plus décisifs de l’histoire romaine : la période suivant l’assassinat de Jules César. Voici une analyse détaillée de son symbolisme et de son contexte. 1. Le Contexte Historique : L’année de Philippes En 42 av. J.-C., Rome est déchirée. Le Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide) s’est formé pour venger César et écraser les « Libérateurs » (Brutus et Cassius). Le besoin d’or : La frappe d’aurei (pièces d’or) à cette époque n’est jamais anodine. Elle sert presque exclusivement à financer les légions. C. Vibius Varus, en tant que monétaire à Rome, produit cette monnaie pour soutenir l’effort de guerre des partisans de César. La loyauté politique : Bien que les monétaires romains jouissent traditionnellement d’une certaine liberté dans le choix des motifs, le choix des divinités en 42 av. J.-C. est un acte d’allégeance politique. 2. Symbolisme de l’Avers : Apollon Laureatus Le portrait d’Apollon est un choix classique pour la gens Vibia, mais il prend ici une résonance particulière : La Civilisation contre le Chaos : Apollon représente l’ordre, la prophétie et la lumière. Dans le tumulte des guerres civiles, il incarne l’espoir d’un retour à la stabilité. Lien avec Octave : Il est intéressant de noter qu’Octave (le futur Auguste) vouait un culte personnel à Apollon. En choisissant cette divinité, le monétaire s’aligne subtilement sur l’image que le jeune héritier de César souhaite projeter. 3. Symbolisme du Revers : Vénus au Miroir Le revers est la partie la plus iconographique de la pièce : Vénus se regardant dans un miroir près d’une colonne. L’Héritage de César : Vénus est la figure centrale de la propagande césarienne. La Gens Julia prétend descendre directement d’Énée, fils de Vénus. Représenter Vénus sur une monnaie en 42 av. J.-C., c’est affirmer la légitimité du camp de la vengeance contre les meurtriers de César. La Beauté et la Victoire : Contrairement à la Venus Genetrix (la mère) ou la Venus Victrix (la victorieuse armée), cette Vénus à sa toilette insiste sur la grâce et la perfection. Le miroir et la colonne (symbole de stabilité) suggèrent une divinité sereine, sûre de sa puissance, veillant sur ses descendants. Le monétaire Caius Vibius Varus est une figure dont la carrière est principalement documentée par ses émissions monétaires. Il exerça ses fonctions à une époque de transition violente pour la République romaine. Voici ce que l’on sait de ce magistrat et de son rôle : 1. Identité et Famille Gens Vibia : Caius Vibius Varus appartient à la gens Vibia, une famille plébéienne qui n’apparaît de manière significative à Rome qu’au dernier siècle de la République. Les Cognomina : Les branches les plus connues de cette famille portent les noms de Pansa (notamment le consul de 43 av. J.-C.) et Varus. Le nom Varus signifie littéralement « aux jambes cagneuses ». Postérité : On pense qu’il est l’arrière-grand-père du sénateur Gaius Vibius Varus, actif sous l’Empire, montrant que sa lignée a su naviguer avec succès à travers les guerres civiles. 2. Sa Fonction : Le Collège des Quatuorvirs Caius Vibius Varus fait partie du collège des Quattuorviri Monetales (les quatre magistrats responsables de la frappe) de l’année 42 av. J.-C. Ses collègues étaient : Lucius Livineius Regulus Lucius Mussidius Longus Publius Clodius Turrinus Contrairement à ses collègues, il n’ajoute aucune qualification (comme IIIvir AAAFF) à son nom sur ses monnaies. Il frappe sous l’autorité du Sénat, mais ses émissions sont clairement destinées à soutenir les Triumvirs (Marc Antoine, Octave et Lépide) dans leur lutte contre les assassins de César. 3. Thématiques de son Monnayage Le monnayage de Varus se divise en deux grandes catégories de propagande : La Légitimité Triumvirale : Il émet des pièces aux portraits de Marc Antoine (comme votre RRC 494/32), d’Octave et de Lépide. Ces pièces servent à payer les armées et à familiariser le public avec les visages des nouveaux maîtres de Rome. Les Traditions Familiales et Religieuses : Sur d’autres types (comme le denier RRC 494/36), il privilégie des figures comme Bacchus (Liber Pater), souvent associé à la gens Vibia. On y voit souvent une panthère, un masque de Silène et un thyrse, symbolisant la fertilité et les fêtes des Liberalia. En résumé Caius Vibius Varus était un magistrat stratégique dont la mission était de financer l’effort de guerre des héritiers de César. Son travail illustre parfaitement la transformation de la monnaie romaine : d’un outil de célébration républicaine vers un instrument de culte de la personnalité au profit des chefs militaires. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Vibius Varus. Monétaire en 711-712 (43-42 av. J.-C.) Ce magistrat composa un collège monétaire avec L. Livineius Regulus, L. Mussidius Longus et P. Clodius Turrinus. Ses trois collègues prennent le titre de quatuorvir auro publico feriundo; lui seul n’ajoute à son nom aucune qualification. Mommsen plaçait ce collège en 716; le trésor de Pieve-Quinta a démontré qu’il date des années 711 et 712 (43-42 av. J.-C.). Nous ne savons rien de la carrière de C. Vibius Varus qui n’est connu que par les médailles. Outre les monnaies que ses collègues et lui ont fait frapper aux noms de Lépide, de Marc Antoine et d’Octave, chacun d’eux a émis, sous l’autorité du sénat, des aurei et des deniers qui ne portent pas les noms des triumvirs et sont antérieurs à la constitution du triumvirat le 27 novembre 711. Aussi, les types qui figurent sur ces monnaies ont-ils entre eux une grande analogie. Ceux des pièces de C. Vibius Varus font allusion soit aux souvenirs de famille des Vibii, comme le denier n. 24, soit à la puissance romaine, à

1550JU – Aureus César – Caius Julius Cæsar

1550JU – Aureus César – Caius Julius Cæsar Avers : CAES·DIC QVAR (Caesar Dictator Quartum; César, Dictateur pour la quatrième fois) Tête diadémée de Vénus à droite. Revers : COS·QVINC (Consul Quintum, Consul pour la cinquième fois) Légende comprise dans une couronne de laurier. British Museum 8.06g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Or Gens : Julia Références : RRC 481/1 – B.30 Julia – Syd.1021 1. Le Contexte Historique : L’Après-Munda En 45 av. J.-C., César revient à Rome après sa victoire sanglante à Munda, en Espagne, contre les fils de Pompée. C’est la fin effective de la guerre civile. L’accumulation des pouvoirs : À ce moment-là, César n’est pas encore « Dictateur à vie ». Il utilise les titres de la République, mais les cumule de manière inédite. La légende CAES DIC QVAR (4ème dictature) et COS QVINC (5ème consulat) montre un homme qui verrouille l’État par les institutions existantes. Le besoin de stabilité : Après des années de guerre, César doit montrer qu’il est le garant de l’ordre. L’usage de l’or (l’Aureus) sert à payer ses vétérans et à démontrer la richesse retrouvée de Rome sous son commandement. 2. Le Symbolisme de l’Avers : La Vénus Diadémée Le choix de Vénus sur cette pièce est hautement stratégique. La Mère de la Lignée : En tant que membre de la Gens Julia, César prétend descendre d’Iule (Ascagne), fils d’Énée, lui-même fils de Vénus. Représenter Vénus, c’est affirmer que son autorité est inscrite dans le sang et l’histoire de Rome. Le Diadème : Contrairement aux représentations classiques, Vénus porte ici un diadème. C’est un symbole de souveraineté. Par transfert iconographique, le caractère royal de la déesse rejaillit sur son descendant, César, sans que celui-ci n’ose encore porter le diadème lui-même (ce qui aurait été un scandale politique majeur). 3. Le Symbolisme du Revers : La Couronne de Laurier Le revers est d’une sobriété qui souligne sa puissance. Il n’y a pas d’image, seulement du texte entouré d’une couronne. La Couronne de Laurier (Corona Triumphalis) : C’est le symbole du général vainqueur. En entourant ses titres civils (COS QVINC) par ce symbole militaire, César fusionne les deux sphères. Il signifie que son consulat n’est pas qu’une fonction administrative, mais le résultat d’un triomphe divinement assisté. L’absence de figure humaine : En 45 av. J.-C., César respecte encore une certaine forme de pudeur républicaine en ne mettant pas son portrait (ce qu’il fera l’année suivante avec le RRC 481/1). Le revers se concentre sur la fonction et le titre, plutôt que sur l’homme. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Cet aureus est de l’an 710, avant les ides de Mars, car César, proclamé dictateur pour la quatrième fois en 709, fut consul pour la cinquième fois en 710 (44 av. J.-C.), l ‘année même de sa mort qui arriva le 15 mars.A la fin de l’an 709, ou au commencement de 710, César augmenta le nombre des minores magistratus parmi lesquels se trouvaient pris les officiers chargés de la fabrication de la monnaie. Les triumviri monetales devinrent des quatuorviri, et le premier collège formé de quatre magistrats fut composé des personnages suivants : M. Mettius ; L. Aemilius Buca ; C. Cossutius Maridianus ; L. Flaminius Chilo. C’est en cette même année 710 (44 av. J.-C.) que le Sénat rendit le décret qui autorisait César à placer son effigie sur les médailles. Ce fut M. Mettius qui frappa les premières monnaies avec la tète de Jules César, car sur quelques-unes des pièces émises par ce quatuorvir, César y porte encore le titre de dictator quarto, qu’il abandonna pour prendre le titre de dictator perpetuo, à la fin de janvier ou au commencement de février 710. Plus tard, dans le courant de 710, M. Mettius, cessa pour une cause inconnue, peut-être la mort, de remplir les fonctions de magistrat monétaire, et il fut remplacé, dans le collège, par P. Sepullius Macer; de sorte que l’année 710 compte les cinq magistrats suivants. Lieux de découverte (2 exemplaires)

1537JU – Denier César – Caius Cossutius Maridianus

1537JU – Denier César – Caius Cossutius Maridianus Avers : CAESAR / DICT. PERPETVO (Cæsar Dictator In Perpertuo, César dictateur perpétuel) Tête laurée et voilée de César tournée à droite. Revers : C·MARIDIANVS (Caius Maridianus) Vénus debout à gauche, tenant une Victoriola de la main droite et le coude reposant sur le bouclier qui repose à son tour sur le globe. British Museum 4.16g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Cossutia et Julia Références : RRC 480/16 – B.42 (Julia) – Syd.1067 Ce denier est l’un des objets numismatiques les plus chargés de sens de la fin de la République romaine. Son symbolisme ne se limite pas à une simple représentation de pouvoir, il témoigne du basculement définitif de Rome vers l’autocratie. 1. Le Portrait : Rupture et Sacralisation L’avers marque une rupture historique majeure : c’est la première fois qu’un Romain vivant figure sur une monnaie à Rome. Le Voile (Capite Velato) : César est représenté la tête voilée, signe qu’il officie en tant que Pontifex Maximus (Grand Pontife). Ce voile souligne sa piété et sa fonction de chef suprême de la religion romaine. Cela légitime son autorité politique par une dimension sacrée incontestable. La Couronne de Laurier : Elle rappelle son statut d’Imperator et ses triomphes militaires (Gaule, Égypte, Pont, Afrique). Elle dissimulait également, selon Suétone, sa calvitie dont il était complexé. Le Titre « DICT PERPETVO » : L’inscription Caesar Dictator Perpetuo (Dictateur à vie) est le symbole même de la fin des libertés républicaines. Ce titre, accepté en février 44 av. J.-C., transformait une magistrature d’exception en un pouvoir monarchique permanent. 2. Le Revers : Vénus et la Légitimité Divine Le revers, signé par le monétaire Caius Cossutius Maridianus, est entièrement dédié à la gloire de la Gens Julia. Vénus Victrix (Vénus Victorieuse) : La déesse est représentée tenant une Victoriola (une petite Victoire) et s’appuyant sur un bouclier posé sur un globe. Lignage : César affirmait descendre d’Énée, fils de Vénus. En affichant Vénus, il ne célèbre pas seulement une divinité, il affirme son ascendance divine. Le Globe : Symbolise la domination universelle de Rome sous l’égide de César. Le Bouclier : Rappelle la protection divine accordée au Dictateur lors de ses batailles, notamment à Pharsale où « Vénus Victrix » était son cri de ralliement. 3. Contexte Historique : La Marche vers les Ides de Mars Ce denier a été frappé dans un climat de tension extrême à Rome, entre février et début mars 44 av. J.-C. L’Accusation de Tyrannie : L’accumulation de symboles régaliens sur cette pièce (le portrait, le titre de dictateur perpétuel, l’ascendance divine) a servi de preuve aux yeux des conjurés (Brutus, Cassius) que César aspirait à la royauté, un crime suprême pour les Romains. Le Collège des Quatuorviri : César avait augmenté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre. Maridianus faisait partie de ce collège dévoué, chargé d’inonder Rome de cette propagande monétaire pour préparer l’opinion à un pouvoir sans fin. L’Héritage : Après l’assassinat de César le 15 mars, ces pièces n’ont pas été retirées de la circulation. Au contraire, elles ont servi de modèle à Marc Antoine et Octave pour établir leurs propres portraits, pérennisant ainsi l’usage de l’effigie impériale. Le magistrat monétaire responsable de l’émission de cette monnaie est Caius Cossutius Maridianus. Son rôle et son identité s’inscrivent dans une réforme majeure de l’administration romaine opérée par Jules César juste avant sa mort. 1. Un membre des « Quattuorviri » Traditionnellement, l’atelier monétaire de Rome était géré par un collège de trois hommes : les Triumviri Monetales. Cependant, en 44 av. J.-C., César porte ce nombre à quatre (les Quattuorviri Monetales). Pourquoi quatre ? Cette augmentation visait à répondre aux besoins financiers colossaux de César, qui préparait une campagne militaire massive contre les Parthes. Le collège de 44 : Maridianus siégeait aux côtés de trois autres magistrats célèbres : L. Aemilius Buca, M. Mettius et P. Sepullius Macer. 2. Identité et Origines La Gens Cossutia : Maridianus appartient à la Gens Cossutia, une famille de rang équestre qui n’avait pas encore atteint les sommets du pouvoir sénatorial (une « famille mineure » par rapport aux grandes lignées). C’est un trait caractéristique des alliés de César : il s’entourait d’hommes nouveaux (homines novi) ou de familles de second rang pour s’assurer de leur loyauté absolue. Magistrat méconnu : En dehors de ses monnaies, nous ne possédons que très peu de traces historiques de lui. Sa carrière est typique de la fin de la République : utiliser la magistrature monétaire comme tremplin vers d’autres fonctions (préteur, consul), bien que le chaos qui suivit l’assassinat de César ait pu briser cette trajectoire. 3. La signature monétaire : A.A.A.F.F. Sur certaines variantes de ses monnaies (comme le RRC 480/19), on trouve une inscription technique rare et fascinante : A.A.A.F.F. Elle signifie : Auro Argento Aere Flando Feriundo. « Pour fondre et frapper l’or, l’argent et le bronze. » Cette formule est la désignation officielle et complète de la fonction de magistrat monétaire. Le fait qu’elle apparaisse en toutes lettres sous la dictature de César souligne la volonté du dictateur de réorganiser et de codifier strictement l’administration de l’État. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Caius Cossutius Maridianus est un magistrat qui n’est connu que par les monnaies ; il fit partie du premier collège monétaire composé de quatre membres, qui fut institué par Jules César au commencement de l’an 710, comme l’a démontré M. A. von Sallet. Lieux de découverte (2 exemplaires)