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Lucius Antonius

Lucius Antonius · Pietas · Guerre de Pérouse · LesDioscures Lucius Antonius Consul 41 av. J.-C. · Cognomen Pietas · Guerre de Pérouse · Frère de Marc Antoine · Iconographie numismatique Naissance vers 81 av. J.-C. Mort vers 40 av. J.-C. · Hispanie Cognomen Pietas (la Piété) Magistratures Tribun · Consul 41 av. J.-C. Monnaie RRC 517/4 · RRC 517/5 Lucius Antonius (vers 81–40 av. J.-C.) est l’une des figures les plus paradoxales des guerres civiles romaines. Frère cadet du triumvir Marc Antoine, il tira sa légitimité entière du nom de sa famille — et s’en distingua pourtant par une rhétorique républicaine surprenante, en pleine époque triumvirale. Son cognomen Pietas — la Piété, la loyauté familiale et religieuse — dit tout de l’image qu’il cultivait : homme de devoir, loyal envers son frère, gardien des valeurs romaines traditionnelles. La guerre de Pérouse (41–40 av. J.-C.) est l’épisode qui résume sa vie : consul en 41, s’appuyant sur le mécontentement des paysans italiens dépossédés par les confiscations de terres d’Octavien, allié à Fulvie (l’impétueuse épouse de Marc Antoine), il engagea Rome dans un conflit fratricide qui s’acheva par sa capitulation dans Pérouse assiégée. Épargné par Octavien pour des raisons politiques, il mourut peu après en Hispanie, laissant derrière lui une trace numismatique exceptionnelle : l’aureus RRC 517/4, l’une des monnaies les plus rares de toute la République. « Lucius Antonius agissait au nom de son frère, mais adoptait un discours aux accents républicains — critiquant l’autoritarisme des triumvirs et plaidant pour la restauration des institutions anciennes. » — D’après Appien, Guerres civiles, V — portrait de Lucius Antonius pendant la guerre de Pérouse ✦ Représentations remarquables R1 L’Arco Etrusco (Porta Augusta) de Pérouse — Vestige de la guerre de Pérouse IIIe s. av. J.-C. · Restauration augustéenne après la victoire de 40 av. J.-C. · Perugia, Italie Arco Etrusco (Porta Augusta) · Pérouse · IIIe s. av. J.-C. · Restauré par Auguste après 40 av. J.-C. · CC0 Cette porte monumentale est le vestige le plus éloquent de l’antique Perusia étrusque — et le témoin silencieux de la capitulation de Lucius Antonius en 40 av. J.-C. Construite au IIIe siècle av. J.-C. dans les puissantes murailles de travertin de la ville, la porte fut restaurée par Octavien après sa victoire dans la guerre de Pérouse, et rebaptisée en son honneur : l’inscription AVGVSTA PERVSIA (Auguste-Pérouse) fut gravée au sommet de l’arc pour commémorer cette victoire et la refondation symbolique de la ville. L’inscription porte deux couches d’histoire : la première rappelle l’Augusta (la Pérouse d’Auguste), la seconde — COLONIA VIBIA — fut ajoutée par l’empereur Vibius Trebonianus Gallus au IIIe siècle ap. J.-C. La porte résume ainsi deux siècles de politique romaine, commençant précisément au moment où Lucius Antonius dut la franchir en vaincu, remettant sa ville et son armée à un Octavien qui choisit la clémence stratégique plutôt que la vengeance. R2 Buste de Marc Antoine — Musées du Vatican Époque romaine · Musées du Vatican Buste de Marc Antoine (Marcus Antonius) · Triumvir · Musées du Vatican · Domaine public Ce buste de Marc Antoine au Vatican permet de visualiser la figure tutélaire qui domine toute la carrière de Lucius. Marc Antoine — Marcus Antonius (83–30 av. J.-C.) — est le triumvir qui contrôlait l’Orient romain depuis Pharsale (42 av. J.-C.) et dont l’absence en 41–40 av. J.-C. conditionna entièrement l’échec de son frère. Lucius agissait officiellement en son nom, mais Marc Antoine — occupé par la guerre contre les Parthes et ses relations avec Cléopâtre — ne lui envoya ni troupes ni directives. Le portrait traduit le type du chef militaire romain de la fin de la République : traits vigoureux, mâchoire affirmée, regard déterminé. C’est le visage de l’homme dont le cognomen figurait sur la face de l’aureus RRC 517/4, pendant que celui de son frère Lucius apparaissait au revers — deux frères sur une même pièce d’or, symbole d’une solidarité familiale que la réalité politique devait démentir. ✦ Chronologie de Lucius Antonius — De la naissance à la mort · vers 81–40 av. J.-C. Fin de la République romaine vers 81 av. J.-C. Naissance Né à Rome, troisième fils de Marcus Antonius Creticus et de Julia. Ses frères aînés sont Marc Antoine et Gaius Antonius. La famille appartient à la gens Antonia plébéienne. Son père mourut prématurément, laissant les enfants dans une situation précaire — ils furent élevés dans un milieu aristocratique mais marqués par des excès de jeunesse (dettes, scandales, fêtes). 44 av. J.-C. Tribun de la plèbe En tant que tribun, Lucius propose une loi permettant à Jules César de nommer des magistrats en son absence — renforçant la mainmise de César sur les institutions. Il se montre un défenseur acharné des intérêts de son frère et du parti césarien. Sa loyauté lui vaut son cognomen Pietas — la piété filiale et fraternelle. 43 av. J.-C. Répression de la révolte de Parme Dans le chaos suivant l’assassinat de César (44 av. J.-C.), Lucius réprime violemment une révolte à Parme, autorisant le saccage partiel de la ville. Cet épisode révèle un style de commandement impitoyable, en rupture avec sa rhétorique républicaine ultérieure. Les triumvirs Marc Antoine, Octavien et Lépide sont constitués en novembre 43 av. J.-C. 1er janvier 41 av. J.-C. Consulat & Triomphe Nommé consul par les triumvirs, Lucius célèbre un triomphe le 1er janvier pour ses victoires sur des tribus alpines — honneur insigne. Sa situation est celle d’un homme au sommet de l’État romain. Mais l’année sera marquée par les tensions croissantes avec Octavien autour de la distribution des terres aux vétérans de la guerre civile : 100 000 soldats d’Octavien doivent être casés sur des terres confisquées en Italie, suscitant un mécontentement généralisé. 41 av. J.-C. (automne) Début de la guerre de Pérouse Lucius, soutenu par Fulvie (épouse de Marc Antoine), rallie les paysans italiens dépossédés et des sénateurs mécontents. Son discours adopte des accents républicains inattendus — critique de l’autoritarisme triumviral, appel à la restauration des institutions. La coalition

La représentation architecturale sur les deniers de la république romaine

La représentation architecturale sur les deniers de la république romaine 1) La « Columna Minucia » (135 av JC) La première représentation d’un bâtiment sur les monnaies républicaines est la « Columna Minucia ». Cette colonne de bronze fut élevée en l’honneur de Lucius Minucius Augurinus, préfet de l’Annone en 439 avant J.-C. pour avoir maintenu le prix des grains pendant une famine qui avait touché l’Urbs et se trouvait près du mur de Servius (Regio XIII) à l’extérieur de la “porta Trigemina”. Denier pour Caius Minucius Augurinus frappé en 135 avant J.C. Autre représentation de ce document sur le denier de Tiberius Minucius frappé en 134 avant J.C. 2) L ’Aqua Marcia Pour D. Sear, il pourrait s’agir sur ce denier d’une représentation de “l’Aqua Marcia”, représenté sur le revers du denier de Lucius Marcius Philippus frappé en 56 avant J.-C., qui a été érigé par Quintus Marcius Rex en 144 avant J.-C. Autre représentation de ce monument sur le denier de Lucius Marcius Philippus (56 avant J.C.). Ancus Marcius était le quatrième roi de Rome (640-616 avant J.-C.). La gens Marcia prétendait descendre directement de ce monarque qui avait introduit l’eau courante à Rome grâce à un aqueduc. La statue équestre fait référence à Quintus Marcius Rex, qui, en 144 avant J.-C., en tant que préteur, fit réparer les vieux aqueducs et édifier celui qui servait l’eau au Capitole (Aqua Marcia). Cet aqueduc se trouvait dans la Regio VIII du Forum. 3) Le  « Comitium » (113-112 av JC) Le denier de P. Licinius Nerva nous montre une scène de vote du Comitium qui était situé dans la Regio VIII en face de la maison du Sénat. Cet espace était ouvert et regroupait les trente curies où, originellement, les trois tribus de Rome étaient réunies pour voter les lois, élire les magistrats ou s’ériger en tribunal. C’est Caius Licinius Crassus, tribun de la Plèbe en 145 avant J.-C., qui le premier, introduisit le vote séparé pour les Comices. En 139 avant J.-C., l’urne de vote fut utilisée pour recueillir les suffrages permettant l’élection des magistrats. La scène de revers dépeint la scène de vote telle qu’elle se pratiquait depuis cette époque et qui n’est pas très éloignée de nos bureaux de vote actuels. Au revers de ce denier, le premier personnage remplit son devoir de citoyen en plaçant son bulletin (tabella) dans l’urne et le second reçoit son bulletin d’un assesseur pour aller voter à son tour. 4) Le temple de Jupiter Capitolin (78 av JC) Le Temple de Jupiter, placé sur le Capitole (Regio VIII) fut dédicacé en 509 avant J.-C. Le temple devait être d’ordre toscan. Il fut totalement détruit par un incendie le 6 juillet 83 avant J.-C. Le second temple ne sera achevé qu’en 69 avant J.-C. (Hill Monuments, op. cit., p. 24). D’après Mommsen, ce denier commémorait les Ludi Romani ou Magni, institués par Tarquin l’Ancien en l’honneur de Jupiter et organisés par les Édiles Curules, qui avaient lieu en septembre du 4 au 19. Les fêtes comprenaient des jeux, courses, luttes, des représentations théâtrales et une grande procession jusqu’au temple de Jupiter Capitolin. Denier pour Marcus Volteius frappé en 78 avant J.C. 5) Le temple de Préneste Le temple a été construit aux environs de 150 av JC. Il dominait un paysage de terrasses agrémentées d’escaliers, rampes obliques et bassins, dont il reste des vestiges importants. Denier pour Marcus Plaetorius Cestianus frappé 69 av. J.C. 6) Le puit Scribonien Le revers de ces deniers représente le « puteal Scribonianum », (le puits scribonien), autel érigé par un ancêtre du monétaire, qui se trouvait sur le Forum (Regio VIII) près de l’arc de Fabius (Actien) et dont les restes furent découverts dans les années 50. Denier pour Lucius Scribonius Libo frappé en 62 av J.C. Autre représentation du puit scribonien sur le denier de Lucius Æmilius Lepidus Paullus frappé en 62 avant J.C. 7) Le temple de Vénus Erycina Précédemment, ce denier était censé représenter le temple de Vénus à Eryx en Sicile, bâti selon la légende par Énée. Cette idée est aujourd’hui abandonnée au profit d’un temple de Vénus Erycina, placé juste à l’extérieur de la Porte Colline. C’est à cet endroit que les Syllaniens avaient écrasé les derniers partisans de Marius, victoire qui leurs ouvrit les portes de Rome. Devant le temple, l’enceinte de Servius est représentée devant la Porte Colline qui fut construit en 378 avant J.-C. et qui était attribué traditionnellement au roi Servius Tullius. Denier pour Caius Considius Nonianus frappé en 57 av J.C. 8) Temple hexastyle circulaire de Vesta (55 av J.C.) Le quatrième temple de Vesta qui figure sur le denier de Cassius Longinus a été bâti après la destruction du précédent en 241 avant J.-C. Il sera ensuite reconstruit en marbre par Auguste avant de disparaître dans le grand incendie de Rome en 64 sous Néron. Le revers fait référence au procès de trois Vestales mené par Lucius Cassius Longinus Ravilla en 113 avant J.-C. C’est pourquoi, sur la tablette de vote, se trouvent les lettres AC, Absolvo Condemno, (acquitté ou condamné). La tête de Libertas n’est pas sans similitude avec celle de Quintus Caepio Brutus. Denier de Quintus Cassius Longinus frappé en 55 avant J.C. 9) La Villa Publica (55 av J.C.) La Villa Publica était située sur le Champ de Mars (Regio IX), mais aucune trace n’en subsiste aujourd’hui. Elle était utilisée par les magistrats pour la réception des ambassadeurs étrangers. La Villa aurait été bâtie en 435 avant J.-C. (Tite-Live, IV, 22.7) et fut agrandie en 194 avant J.-C. (Tite-Live, XXXIV, 44.5), puis en 93 avant J.-C. par T. Didius, et enfin par Fonteius Capito en 34 avant J.-C. T. Didius, un ancêtre du monétaire avait été consul en 98 avant J.-C. puis Proconsul en Espagne. À la fin de la guerre, il reçut le titre d’Imperator et eut le privilège du Triomphe à son retour à Rome. Il restaura et embellit la Villa Publica. T. Didius appartenait au parti de Marius. Denier de Titus Didius frappé en 55 avant J.C. 10)