1487CO – Quinaire Considia – Caius Considius Pætus

1487CO – Quinaire Considia – Caius Considius Pætus Avers : PAETVS Tête diadémée de Vénus à droite. Revers : C. CONSIDIVS (Caii Considii) Victoria (la Victoire) marchant à gauche et portant un trophée. British Museum 1.5g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Considia Références : RRC 465/6 – B.9 (Considia) Ce quinaire de Caius Considius Paetus s’inscrit dans un contexte politique et militaire d’une intensité rare. Voici l’analyse de son symbolisme et du cadre historique de sa création : 1. Contexte Historique : L’apogée de César (46 av. J.-C.) L’année 46 av. J.-C. est marquée par le triomphe absolu de Jules César. Après avoir écrasé les partisans de Pompée à la bataille de Thapsus (en Afrique), César revient à Rome. Il n’est plus seulement un général en campagne, mais le maître civil de la République, nommé dictateur pour dix ans. Caius Considius Paetus frappe cette monnaie en tant que monétaire (magistrat responsable de l’atelier de Rome). Bien que sa famille (la gens Considia) ne soit pas de la plus haute noblesse, il utilise cette charge pour affirmer la loyauté de l’administration monétaire envers le nouvel ordre césarien, tout en respectant les formes républicaines. 2. Analyse du Symbolisme Le choix des motifs sur ce quinaire est un message de légitimité et de célébration : L’Avers : La tête de Pallas/Minerve Signification : Minerve est la déesse de la sagesse, mais aussi de la guerre juste et stratégique. Sa présence souligne que la victoire obtenue n’est pas seulement le fruit de la force brute, mais d’une supériorité intellectuelle et d’une protection divine. Lien avec César : César se revendiquait souvent de la protection de divinités guerrières. Pallas symbolise ici la paix retrouvée grâce à une conduite militaire éclairée. Le Revers : La Victoire (Victoria) avec couronne et palme Signification : C’est le symbole par excellence du triomphe militaire romain. La couronne de lauriers est destinée au vainqueur, et la palme représente la gloire durable. Message politique : En 46 av. J.-C., Rome célèbre quatre triomphes consécutifs de César (Gaule, Égypte, Pont, Afrique). Ce quinaire, par sa petite taille et sa circulation rapide, servait de support de propagande « de poche » pour rappeler aux citoyens que la guerre civile touchait à sa fin par la victoire de la faction césarienne. Le monétaire C. Considius Paetus (Caius Considius Paetus) est une figure fascinante de la fin de la République, dont l’histoire personnelle illustre parfaitement la politique de clémence de Jules César. 1. Identité et Origines C. Considius Paetus est identifié par les historiens (notamment Borghesi) comme le fils de Caius Considius Longus. Son père (Considius Longus) : C’était un fervent partisan de Pompée et propréteur en Afrique. Il a farouchement résisté à César, refusant même de lire ses messages de paix. Après la défaite de Thapsus en 46 av. J.-C., Longus a tenté de s’enfuir avec ses trésors mais a été assassiné par ses propres gardes numides. Le pardon de César : Le jeune Paetus se trouvait avec son père en Afrique lors de cette campagne. Contrairement à son père, il a été épargné par César après la victoire de ce dernier. 2. Sa fonction de Monétaire Paetus est nommé Triumvir Monetalis (membre du collège des trois magistrats chargés de la frappe des monnaies) en 46 av. J.-C., l’année même de la mort de son père et de sa soumission à César. Un acte d’allégeance : La frappe du denier RRC 465/1 est souvent perçue comme un geste de réconciliation. En célébrant les nouveaux honneurs de César (la chaise curule), Paetus montre publiquement sa loyauté envers celui qui lui a laissé la vie sauve. Ses collègues : Il a exercé cette fonction aux côtés de Titus Carisius et Manlius Cordius Rufus, qui ont également frappé des monnaies riches en symbolisme césarien cette année-là. 3. Liens avec Apollonie d’Illyrie Une hypothèse intéressante, soutenue par l’analyse des styles monétaires, suggère que Paetus aurait pu commencer à frapper monnaie à Apollonie d’Illyrie avant de le faire à Rome. C’est ce qui expliquerait la présence fréquente de la tête d’Apollon sur ses pièces (Avers du 465/1), Apollon étant la divinité tutélaire de cette ville. Cela placerait Paetus au cœur des zones de conflit de la guerre civile avant qu’il ne rejoigne le camp des vaincus en Afrique, puis celui des ralliés à Rome. Variante 1 : légende PAETI à l’avers et C·CONSIDIVS au revers. Référence : RRC 465/6b Numismatica Ars Classica 2.15g Variante 2 : Légende PAETI à l’avers et C·CONSIDI au revers. Référence : RRC 465/6d British Museum 2.1g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Considius Paetus. Monétaire en 705 (49 av. J.-C.) Borghesi a reconnu dans ce monétaire le personnage désigné ainsi par Hirtius : C. Considius filiusi, qui était le fils de C. Considius Longus, propréteur en Afrique et partisan de Pompée. Le monétaire se déclara aussi, comme son père, l’adversaire de César, mais après la bataille de Thapsus en 707 (47 av. J.-C.), il fit sa soumission et obtint son pardon avec le gouvernement d’Hadrumète. Ses monnaies ont été frappées en 705 (49 av. J.-C.) à Apollonie d’Illyrie. Cicéron nous parle des pièces d’argent qu’on fit frapper dans cette ville à cette époque de détresse; C. Considius fuyait avec les partisans de Pompée. Le buste de Pallas et le quadrige de la Victoire, ainsi que la Victoire portant un trophée, expriment évidemment les voeux et les espérances des Pompéiens; la tête de Vénus Erycine fait allusion aux souvenirs de la famille Considia que nous avons signalés plus haut; la chaise curule nous indique que C. Considius Paetus était probablement édile curule à l’époque où il fit frapper monnaie. Quant à la tête laurée à l’aspect féminin qui figure sur les deniers n° 2, 3 et 4, dans laquelle Eckhel a voulu reconnaître Vénus, et d’autres la Liberté, elle est la même divinité que celle qui est figurée sur les deniers de Q. Pomponius Musa et de P. Clodius Turrinus. Borghesi a prouvé que c’était la tête d’Apollon, telle qu’on la voit plus tard
1480CA – Quinaire Carisia – Titus Carisius

1480CA – Quinaire Carisia – Titus Carisius Avers : Anépigraphe Buste de Victoria (la Victoire) à droite, branche de palmier sur l’épaule. Revers : T. CARISI (Titus Carisius) Roma assise à gauche sur un tas de boucliers, le pied sur le casque, tenant un sceptre et une épée. British Museum 1.86g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Carisia Références : RRC 464/6 – B.6 (Carisia) – Syd.987 Ce Quinaire de Titus Carisius n’est pas seulement une pièce de monnaie ; c’est un manifeste politique et militaire frappé au cœur d’une année charnière de l’histoire romaine : 46 av. J.-C. 1. Contexte Historique : L’Année des Quatre Triomphes L’année 46 av. J.-C. marque le retour de Jules César à Rome après sa victoire décisive contre les partisans de Pompée à la bataille de Thapsus (en Afrique). Le Triomphe de César : Rome célèbre cette année-là un quadruple triomphe sans précédent (Gaule, Égypte, Pont et Afrique). Le Rôle du Monétaire : Titus Carisius, en tant que triumvir monetalis, est chargé de frapper la monnaie nécessaire pour payer les troupes et financer les festivités. Ses émissions, dont ce quinaire, servent d’outil de propagande pour légitimer le pouvoir du dictateur. Les Dioscures et la Tradition : Comme le rappelle souvent LesDioscures.com, le nom même de cette période évoque la protection divine de Rome, et le choix des motifs iconographiques sur les petites dénominations comme le quinaire visait à rappeler aux citoyens que la paix retrouvée était le fruit de la victoire militaire. 2. Symbolisme de l’Avers : La Victoire (Victoria) Le buste de la Victoire est le symbole central de cette émission. La Légitimité du Vainqueur : À cette époque, la Victoire n’est pas seulement une allégorie abstraite, mais une divinité qui a choisi son camp. En plaçant la Victoire à l’avers, Carisius affirme que les succès de César sont sanctionnés par les dieux. Le Rameau de Palmier : Souvent présent sur l’épaule de la déesse, il symbolise le triomphe définitif et la fin des hostilités. 3. Symbolisme du Revers : Roma sur les Armes Le revers montre la déesse Roma assise sur un amas d’armes (boucliers, cuirasses). La Paix par la Force : Roma assise sur les dépouilles de l’ennemi signifie que la guerre est terminée parce que les ennemis ont été totalement désarmés. C’est l’image de la Pax Romana naissante. La Domination du Monde : Le sceptre qu’elle tient dans sa main gauche souligne sa souveraineté universelle. Le fait qu’elle repose son pied sur un casque ennemi renforce l’idée de soumission totale des peuples vaincus. Un Message de Stabilité : Après des années de guerres civiles sanglantes, ce type iconographique rassure la population : Rome est de nouveau maîtresse de son destin, et sa puissance est rétablie sur les ruines de ses adversaires. L’identité exacte de Titus Carisius reste en partie mystérieuse, car il appartient à une famille (gens Carisia) qui n’apparaît dans l’histoire de Rome qu’à la toute fin de la République. Voici ce que l’on sait sur ce magistrat influent : 1. Son rôle de Triumvir Monétaire En 46 av. J.-C., Titus Carisius occupe la fonction de III VIR AAAFF (Triumvir Auro Argento Aere Flando Feriundo), c’est-à-dire l’un des trois magistrats chargés de la fonte et de la frappe des monnaies d’or, d’argent et de bronze. Il partage ce collège monétaire avec Manius Cordus Rufus et Caius Considius Paetus. Son mandat coïncide avec le retour triomphal de Jules César à Rome après ses victoires en Afrique (bataille de Thapsus). 2. Un fervent partisan de Jules César Titus Carisius n’est pas un simple fonctionnaire ; son monnayage montre qu’il est un allié politique dévoué à César. À travers ses émissions (comme le denier à la Sibylle ou celui à la Victoire), il participe activement à la construction du culte de la personnalité de César. Il utilise la monnaie comme un outil de propagande pour célébrer le quadruple triomphe de César (Gaule, Égypte, Pont et Afrique). 3. Hypothèses biographiques Le peu d’informations biographiques à son sujet provient de croisements épigraphiques et historiques : Origines possibles : Une inscription trouvée à Avignon suggère qu’un certain T. Carisius aurait été préteur des Volques (un peuple gaulois). Cela pourrait indiquer que sa famille avait des liens avec la Gaule transalpine, peut-être grâce à la clientèle de César. Confusion historique : Les auteurs anciens (et certains historiens modernes) le confondent souvent avec son fils (ou parent proche), Publius Carisius. Ce dernier fut légat d’Auguste en Espagne et fonda la ville d’Emerita Augusta (Mérida) après avoir vaincu les Astures en 25 av. J.-C. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Les Carisii n’avaient pas de cognomen, et leur famille n’apparaît dans l’histoire que vers la fin de la République. Les deux seuls membres connus ont frappé monnaie : c’est T. Carisius et P. Carisius, personnages qui ont souvent été confondus par les historiens. T. Carisius. Monétaire vers l’an 706 (48 av. J.-C.) Ce personnage fut monétaire sous Jules César; on ne sait à peu près rien de son histoire, et les auteurs anciens l’ont souvent confondu avec son fils P. Carisius, chargé plus tard de faire la guerre en Espagne. Toutefois, une inscription de l’époque de la République, trouvée à Avignon et conservée au musée de cette ville porte : T. CARISIVS. T. F, PR. VOLCAR. DAT. Ce T. Carisius, préteur des Volkes, est probablement notre monétaire.Sur ses médailles, nombreuses et intéressantes, il prend quelquefois le titre de triumvir monetalis, avec la mention senatus consulto. Sur le n. 1, on voit la tête de Junon Moneta, déesse dans le temple de laquelle était établi l’atelier monétaire de Rome; au revers, sont gravés les emblèmes de la charge de monétaire : le coin, les tenailles, l’enclume et le marteau. Le coin monétaire, de forme conique, est entouré d’une couronne de laurier, comme le bonnet de Vulcain qu’on voit sur des monnaies italiotes ou étrusques d’Æsernia, d’Ariminum, de Populonia. Des coins monétaires de l’époque impériale, conservés au Cabinet de France, ont une forme à peu
1472CO – Quinaire Cordia – Manius Cordius

1472CO – Quinaire Cordia – Manius Cordius Avers : (MN)·CORDIVS (Manius Cordius) Tête de Sol à droite avec couronne radiée. Les rayons de la couronne de Sol divergent (pas parallèles) . Revers : RVFVS (Rufus) Aigle debout à droite, tête à gauche. Bibliothèque nationale de France 1.98g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Cordia Références : RRC 463/4a – B.5 (Cordia) – Syd.979 1. Symbolisme Iconographique L’Avers : Sol (le Soleil) Identité : La tête radiée de Sol représente la divinité solaire. Le fait que les rayons divergent (au lieu d’être parallèles) est un détail de style typique de cette émission. Signification : Le Soleil est souvent associé à l’idée de « Sol Invictus » (le Soleil Invaincu) ou au renouveau. En 46 av. J.-C., cela peut symboliser l’aube d’une nouvelle ère sous l’égide de Jules César. Sol est également lié à l’Orient, rappelant peut-être les succès de César contre Pharnace II (la fameuse campagne du « Veni, Vidi, Vici »). Le Revers : L’Aigle (Aquila) L’Aigle de Jupiter : L’aigle debout, tournant la tête, est l’oiseau de Jupiter, roi des dieux. C’est le symbole suprême de la puissance de Rome et de l’autorité. Lien Militaire : C’est aussi l’emblème des légions romaines. Sa présence sur un quinaire renforce la destination militaire de cette monnaie. L’aigle « regardant en arrière » (tête à gauche) est une posture classique dans l’art monétaire pour exprimer la vigilance. 2. Contexte Historique : La Victoire et l’Ordre Nouveau Le quinaire est frappé en 46 av. J.-C., l’année où César devient « Dictateur pour dix ans ». Légitimation du pouvoir : L’association de Sol (la lumière, le renouveau) et de l’Aigle (le pouvoir souverain, Jupiter) n’est pas fortuite. Manius Cordius Rufus utilise ces symboles pour souligner que le pouvoir de César est soutenu par les dieux et qu’il apporte la clarté après les ténèbres de la guerre civile. Les origines de Rufus : Bien que Rufus soit attaché à ses racines de Tusculum, l’utilisation de Sol sur ses monnaies pourrait aussi être un hommage à la famille des Cordii, ou une référence aux réformes du calendrier (le calendrier julien, basé sur le cycle solaire) introduites par César cette année-là. Manius Cordius Rufus est un personnage dont la trace historique repose quasi exclusivement sur sa production monétaire et quelques rares inscriptions. Il appartient à une catégorie de magistrats romains dits « mineurs », mais dont le rôle était crucial pour l’économie et la propagande impériale. 1. Identité et Origine Nom complet : Mn. Cordius Rufus. Famille (Gens) : Il appartient à la gens Cordia, une famille plébéienne qui n’avait jamais atteint les plus hautes sphères du pouvoir (le consulat) avant lui. Origine géographique : Sa famille est originaire de Tusculum (une ancienne cité latine proche de Rome). C’est pour cette raison qu’il choisit les Dioscures sur ses pièces, car ces derniers étaient les divinités protectrices de sa ville natale. 2. Fonction : Triumvir Monétaire En 46 av. J.-C., il occupe la charge de III VIR AAAFF (Triumvir Auro Argento Aere Flando Feriundo), soit l’un des trois magistrats chargés de la fonte et de la frappe des monnaies de bronze, d’argent et d’or. Le Collège de 46 av. J.-C. : Il travaillait aux côtés de deux autres monétaires : Titus Carisius et C. Considius Paetus. Une carrière ascendante : Bien que connu surtout pour ses monnaies, une inscription retrouvée à Tusculum (ILLRP 414) suggère qu’il aurait pu atteindre le rang de Préteur, montrant que sa loyauté envers César a favorisé son ascension sociale. 3. Allégeance Politique Manius Cordius Rufus est un partisan de Jules César. Son mandat de 46 av. J.-C. coïncide avec l’année où César est nommé Dictateur pour dix ans. La marque de César : En choisissant de représenter Vénus sur le revers de ses monnaies, il rend hommage à la Gens Julia (la famille de César), qui revendiquait une descendance divine de Vénus. Le contexte financier : Rufus a supervisé la frappe d’importantes quantités de monnaie pour financer les célébrations des triomphes de César et le paiement des légions après la bataille de Thapsus. Variante 1 : Les rayons de la couronne de Sol divergent (pas parallèles) et l’aigle est debout à gauche. Référence : RRC 463/4b British Museum 1.81g Variante 2 : Les rayons de la couronne de Sol sont parallèles et l’aigle est debout à gauche. Référence : RRC 463/4c Roma Numismatics 1.27g Variante 3 : Les rayons de la couronne de Sol sont parallèles et l’aigle est debout à gauche; légende à l’avers (MN)·CORDI Référence : RRC 463/4d Bibliothèque nationale de France 1.89g Bibliothèque nationale de France 1.89g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Manius Cordius Rufus fut triumvir monétaire vers 705, ou peu après (49 av. J.-C.). C’est le seul membre de la famille Cordia qui soit connu, et il faut éviter de confondre ses monnaies avec celles de Mucius Cordus. Cavedoni pense avec raison que Man. Cordius Rufus fut monétaire de Pompée en Orient à cause de la ressemblance de ses monnaies avec les types des médailles du Pont. L’égide de Minerve reproduit le type de pièces de bronze d’Amisus, de Chabacta, de Comana et d’autres villes du Pont ; la chouette se voit sur les pièces d’argent d’Amisus; l’aigle, aux ailes éployées, se rencontre aussi sur des bronzes de la même ville. Ces rapprochements nous donnent la certitude que Man. Cordius Rufus frappa monnaie dans le Pont, peut-être même dans l’atelier d’Amisus. Cela est vrai au moins pour les pièces qui reproduisent les types autonomes des villes du Pont ; quant à celles qui font allusion aux souvenirs de la gens Cordia, peut-être ont-elles été frappées à Rome même ou en Italie, avant la fuite des Pompéiens. Malheureusement on ne connaît que fort imparfaitement le monétaire Man. Cordius Rufus qui n’est cité dans aucun auteur. Cependant, une inscription de Tusculum publié par Borghesi, mentionne un Manius Cordius Rufus fils d’un autre Manius, qui porte les titres de praetor, proconsul, aedilis lusirando monti sacra. C’est probablement le monétaire lui-même, car l’inscription date des dernières années de la période républicaine.
1469PO – Quinaire Porcia – Marcus Porcius Cato Uticensis

1469PO – Quinaire Porcia – Marcus Porcius Cato Uticensis Avers : M. C(AT)O PRO. PR (Marcus Cato Proprætor, Marcus Caton propréteur) Tête de Bacchus (Liber) à droite avec une couronne de vigne, les cheveux longs tombant sur la nuque. Revers : VICTRIX Victoria (la Victoire) assise à droite, les ailes déployées, tenant une patère de la main droite. British Museum 1.81g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Afrique Datation : 47-46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Porcia Références : RRC 462/2 – B.11 (Porcia)– Syd.1054a Ce quinaire n’est pas une simple pièce de monnaie ; c’est un outil de propagande politique frappé dans l’urgence des derniers instants de la République romaine. Voici une analyse approfondie de son symbolisme et du contexte dramatique de sa création. 1. Le Symbolisme iconographique Caton le Jeune utilise l’imagerie pour réaffirmer les valeurs de la faction des Optimates (les conservateurs) face à la montée du pouvoir personnel de Jules César. L’Avers : Liber (Bacchus) et la Liberté Le choix de Liber, dieu de la croissance et de la liberté, est un jeu de mots visuel. À cette époque, Liber est souvent assimilé à Libertas. En plaçant Liber sur sa monnaie, Caton se positionne comme le gardien de la Libertas républicaine contre la Dominatio (la tyrannie) de César. Le Revers : Victoire Victrix (La Victoire victorieuse) La représentation de la Victoire assise tenant une patera (vase sacrificiel) est un rappel direct d’une monnaie frappée par son ancêtre en 89 av. J.-C. Le message : Caton invoque la légitimité de sa lignée et l’espoir d’une victoire finale sanctionnée par les dieux, malgré une situation militaire désespérée. 2. Contexte Historique : L’ultime résistance (47-46 av. J.-C.) Ce quinaire est frappé en Afrique du Nord (Utique), après la défaite de Pompée à Pharsale. L’exil africain : Caton, ayant refusé de se soumettre, rejoint les forces républicaines en Afrique pour organiser une armée avec Metellus Scipion et le roi numide Juba Ier. La mention PRO PR : La légende M·CATO·PRO·PR indique son titre de Pro Praetore. Cela souligne qu’il agit au nom de la loi et du Sénat légitime, par opposition à César qu’il considère comme un usurpateur. La tragédie d’Utique : La production de cette monnaie cesse brutalement après la bataille de Thapsus (février 46 av. J.-C.). Voyant la cause perdue, Caton choisit de se donner la mort à Utique plutôt que d’accepter la clémence de César. Ce geste fera de lui le « martyr de la République ». 3. Importance Numismatique Cette monnaie est essentielle pour les historiens car elle témoigne de la continuité républicaine. En utilisant un type monétaire « familial » (celui de son ancêtre), Caton cherche à prouver que le passé de Rome est de son côté. Le monétaire responsable de cet émission est l’une des figures les plus emblématiques et inflexibles de l’histoire romaine : Marcus Porcius Cato, plus connu sous le nom de Caton d’Utique (ou Caton le Jeune). Voici les informations clés sur ce magistrat et son rôle particulier lors de cette émission. Le Monétaire : Marcus Porcius Cato (95-46 av. J.-C.) Bien que Caton ait exercé la fonction de questeur en 65 av. J.-C. (où il s’était déjà distingué par une gestion rigoureuse et honnête des finances publiques), il frappe cette monnaie avec le titre de Propréteur (PRO PR). 1. Un profil hors norme Stoïcien rigoureux : Caton était célèbre pour son austérité, son refus de la corruption et son adhésion stricte aux principes de la philosophie stoïcienne. Adversaire acharné de César : Il considérait Jules César comme une menace existentielle pour la Constitution républicaine. Il a passé sa carrière à s’opposer aux ambitions du futur dictateur. Lignage prestigieux : Il est l’arrière-petit-fils de Caton l’Ancien (le Censeur). En frappant le quinaire RRC 462/2, il imite volontairement le type monétaire créé par son ancêtre en 89 av. J.-C., affirmant ainsi que sa lutte s’inscrit dans la pure tradition familiale et romaine. 2. Pourquoi a-t-il frappé monnaie en Afrique ? Après la défaite de Pompée à Pharsale, Caton prend le commandement d’une partie des troupes républicaines et se replie sur Utique (en actuelle Tunisie). Rôle financier et logistique : Bien qu’il ait refusé le commandement militaire suprême (le laissant à Metellus Scipion, de rang consulaire), Caton s’est chargé de la défense d’Utique et de l’approvisionnement des troupes. Nécessité de guerre : La frappe du RRC 462/2 (quinaires et deniers) servait principalement à payer les soldats de l’armée républicaine et à financer la résistance contre César. 3. La mention « PRO PR » (Pro Praetore) Contrairement aux monétaires habituels de l’atelier de Rome (Tresviri Monetales), Caton signe ici en tant que magistrat en exercice dans une province. Cette mention est capitale : elle revendique la légalité de son autorité. Pour lui, le véritable État romain (le Sénat) se trouvait à Utique, et non à Rome sous l’occupation césarienne. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon M. Porcius Cato. Propréteur, de 706 à 708 (48-46 av. J.-C.) Il s’agit ici de Caton d’Utique, arrière petit-fils de Caton l’Ancien et fils du monétaire du même nom dont nous avons plus haut étudié le monnayage. Il naquit en 659 (95 av. J.-C.), servit dans la guerre contre Spartacus en 682 (72 av. J.-C.), et cinq ans plus tard, fut envoyé en Macédoine comme tribun militaire. Nommé ensuite questeur, il fit rendre gorge aux agents de Sylla qui s’étaient enrichis au pouvoir, puis, sur l’invitation du roi Déjotare, il partit en Asie: Pompée le reçut à Ephèse avec de grands honneurs. Rentré à Rome, il prêta son concours à Cicéron pour démasquer la conspiration de Catilina, en 691 (63 av. J.-C.). César qui redoutait l’influence de Caton à Rome, le fit envoyer en Chypre avec la mission de substituer dans l’île la domination romaine à celle de l’Egypte. Ami de la liberté avant tout, Caton se montra l’adversaire des triumvirs César, Pompée et Crassus, et son ardeur à défendre L. Domitius Ahenobarbus, le rival de Pompée et de Crassus au consulat de l’an de 699
1445JU – Quinaire César – Caius Julius Cæsar

1445JU – Quinaire César – Caius Julius Cæsar Avers : LII (52) Tête voilée de Vesta à droite; derrière, un simpulum (ou culullus). Revers : CAE – SAR Trophée gaulois composé d’un grand bouclier rond, d’un casque, d’une cuirasse, d’un carnyx entre une couronne et un bouclier. Bibliothèque nationale de France 1.73g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 48 avant J.C. Matière : Argent Gens : Julia Références : RRC 452/3 – B.29 (Julia) – Syd.1012 Ce quinaire est bien plus qu’une simple unité monétaire ; c’est un outil de communication politique complexe émis au cœur de la guerre civile entre Jules César et Pompée (vers 48-47 av. J.-C.). Voici une analyse approfondie de son symbolisme et du contexte historique qui a mené à sa frappe. 1. Le chiffre « LII » : L’affirmation de l’âge L’élément le plus singulier de cette pièce est le chiffre LII (52) derrière le buste de l’avers. Signification : La majorité des historiens s’accordent pour dire qu’il représente l’âge de César au moment de la frappe. Portée politique : À l’époque romaine, l’âge était synonyme d’auctoritas (autorité). Afficher ses 52 ans, c’était souligner sa maturité, son expérience et son droit légitime à diriger l’État face à des adversaires souvent plus jeunes ou moins expérimentés sur le plan du commandement suprême. C’est une rupture avec la tradition républicaine où l’on honorait les ancêtres, et non l’individu vivant. 2. L’avers : Piété et Légitimité Le buste voilé est traditionnellement identifié comme Vesta ou Clementia (la Clémence). Le Culullus : La présence de ce vase rituel (utilisé par les pontifes) rappelle que César est Pontifex Maximus. Ce titre religieux est crucial : il place César au sommet de la hiérarchie sacrée de Rome. Le message : En combinant l’aspect religieux (le culullus) et civil (le voile), César se présente comme un chef pieux dont les actions sont guidées par les dieux, contrastant avec l’image de « tyran » que ses ennemis tentaient de lui coller. 3. Le revers : La Gloire de la Gaule Le revers montre un trophée d’armes gauloises, flanqué d’un ancile (bouclier sacré tombé du ciel selon la légende) et d’une couronne de laurier. Légitimation par la conquête : Alors qu’il combat d’autres Romains (les Pompéiens), César utilise ses victoires passées contre les « barbares » gaulois pour justifier son pouvoir. Le trophée rappelle aux soldats et aux citoyens que c’est lui qui a étendu les frontières de l’Empire. L’Ancile : Ce bouclier sacré relie directement César aux traditions les plus anciennes de Rome et au dieu Mars. C’est une manière de dire que sa victoire est une protection pour Rome elle-même. 4. Contexte Historique : L’errance des ateliers Cette monnaie appartient à ce qu’on appelle les ateliers monétaires itinérants. La Guerre Civile : Après avoir traversé le Rubicon en 49 av. J.-C., César ne contrôle pas toujours Rome et son atelier central. Il voyage avec ses légions et ses propres graveurs de monnaies. Le besoin de numéraire : Le quinarius (demi-denier) était particulièrement utile pour payer la solde des soldats et les dépenses quotidiennes de l’armée en campagne. La série 452 a probablement été frappée lors de ses campagnes à travers la Méditerranée (Grèce, Égypte ou Afrique), là où le besoin de liquidités était immédiat pour maintenir la loyauté des troupes. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Lieu de découverte (1 exemplaire)
1302AN – Quinaire Anonyme – Anonymes

1302AN – Quinaire Anonyme – Anonymes Avers : Anépigraphe Tête laurée d’Apollon à droite. Revers : ROMA Victoire drapée debout à droite couronnant un trophée d’armes placé dans le champ à droite. Entre les deux, une marque de contrôle ou non. British Museum 1.78g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 81 avant J.C. Matière : Argent Gens : Anonyme Références : RRC 373/1 – Syd.609 Contexte Historique : La Guerre Civile de Sulla (vers 81 av. J.-C.) Ce quinaire est particulièrement important en raison de la période tumultueuse pendant laquelle il a été frappé, juste après la victoire de Sylla sur ses adversaires, les partisans de Marius. Fin de la République : L’année 81 av. J.-C. est marquée par la dictature de Lucius Cornelius Sulla. C’est une période de grande instabilité politique et militaire. Une Émission « Anonyme » : Le fait que cette monnaie soit anonyme (sans nom de monétaire) est significatif. L’historien numismate Michael Crawford (RRC) a proposé que ces monnaies n’aient pas été frappées à Rome, mais plutôt par les restes des forces Mariennes qui s’étaient rassemblées en Gaule Cisalpine pour continuer la lutte contre Sylla. L’absence de nom de magistrat serait alors une tentative de la part de ces factions de frapper monnaie sans autorité légitime reconnue par Rome. La Signification du Type Monétaire Le revers de ce quinaire est très symbolique : la Victoire couronnant un trophée. Le Victoriat : Ce type de revers est une réminiscence de l’ancien victoriat, une dénomination qui a circulé auparavant et dont le nom dérivait justement de ce motif de Victoire. Le quinarius, qui valait un demi-denier, a souvent été confondu ou identifié dans l’usage courant au victoriatus. Propagande Militaire : Le motif de la Victoire et du trophée était un puissant symbole de triomphe militaire. En étant frappé pendant une guerre civile, il servait probablement de propagande, chaque camp pouvant l’interpréter comme un présage de sa propre victoire sur l’autre. La Fin d’une Série Ce quinaire est notable car il est le dernier quinaire d’argent de la République Romaine à avoir été frappé avant une longue interruption. Après cette émission de 81 av. J.-C., il n’y aura plus de frappes régulières de quinarii jusqu’à leur brève réintroduction sous l’autorité de Jules César plus de trois décennies plus tard. Cela marque la fin de la première période de frappe du quinaire en tant que pièce courante. Variante 1 sans marque de contrôle au revers. Référence : RRC 373/1a British Museum 1.85g Variante 2 avec marque de contrôle au revers. Référence : RRC 373/1b British Museum 1.78g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Lieux de découverte (136 exemplaires)
1253RU – Quinaire Rubria – Lucius Rubrius

1253RU – Quinaire Rubria – Lucius Rubrius Avers : DOS-SEN (Dossenus) Tête laurée de Neptune à droite, un trident sur l’épaule. Revers : L. RVBRI (Lucius Rubrius) Victoria (la Victoire) marchant à droite, tenant une couronne et une palme; à ses pieds, un serpent enroulé autour d’un autel. Bibliothèque nationale de France 1.77g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 87 avant J.C. Matière : Argent Gens : Rubria Références : RRC 348/4 – B.4 (Rubria) – Syd.708 👤 Le Monétaire : L. Rubrius Dossenus Nous avons peu de détails biographiques directs sur L. Rubrius Dossenus, mais les informations numismatiques et historiques nous permettent d’établir ceci : Période d’activité : Il a frappé monnaie en 87 av. J.-C., une période extrêmement instable à Rome, marquée par les guerres civiles et les luttes entre Marius et Sylla. Identité potentielle : Certains historiens, comme Ernest Babelon, suggèrent qu’il pourrait être le même personnage qu’un certain L. Rubrius, un sénateur mentionné comme ayant été fait prisonnier lors de la prise de Corfinium par Jules César au début de la guerre civile en 49 av. J.-C. (si cette identification est correcte, cela ferait de lui un homme qui a vécu de grandes époques de l’histoire romaine). La Gens Rubria : Il appartenait à la Gens Rubria (la famille Rubria), une famille d’origine plébéienne. Un membre de cette gens, un certain Rubrius, fut tribun de la plèbe avec Caius Gracchus en 123 av. J.-C. 💡 Interprétation et Signification L’iconographie de ce quinaire est particulièrement riche en symboles qui ne sont pas directement liés à la Triade Capitoline, mais plutôt à des événements spécifiques ou à d’autres aspects de la tradition familiale : Neptune : Le dieu de la mer pourrait faire allusion à un triomphe naval ancestral de la gens Rubria ou à un aspect de la fonction du monétaire. Serpent et Autel : L’autel avec le serpent enroulé est un symbole fort. Le serpent est traditionnellement associé à Esculape (Aesculapius), le dieu de la médecine et de la guérison. Lien historique : Les numismates, dont Michael Crawford, suggèrent que ce motif pourrait faire référence à une épidémie de peste qui aurait ravagé Rome et dont la ville aurait triomphé, probablement peu de temps avant l’émission de cette monnaie. L’autel pourrait être spécifiquement celui d’Esculape sur l’Île Tibérine à Rome, lieu de son culte. La présence de la Victoire (Victoria) marchant est donc le témoignage d’une victoire sur cette maladie. Ce quinaire complète l’émission du monétaire en ajoutant un thème religieux et civique (santé publique et victoire) à ses Deniers, qui étaient axés sur la Triade Capitoline et les triomphes. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La première fois que l’on voit apparaître la gens Rubria dans l’histoire, c’est lorsqu’il est fait mention d’un Rubrius qui fut tribun du peuple en même temps que C. Gracchus en 631 (123 av. J.-C.), et proposa d’établir une colonie romaine à Carthage. On cite plus tard Q. Rubrius Varro, déclaré ennemi public avec Marius en 666 (88 av. J.-C.); un autre Rubrius, ami de Verrès et complice de ses exactions en Sicile; enfin, Rubrius Ruga, un des meurtriers de César.La numismatique n’enregistre que le nom de L. Rubrius Dossenus qui paraît être le même personnage que le sénateur L. Rubrius, fait prisonnier à la prise de Corfinium, au commencement de 705 (49 av. J.-C.). Ses monnaies peuvent dater de l’an 671 (83 av. J.-C.). Leurs types sont fort intéressants : on y voit, au droit, les trois grandes divinités du Capitole, Jupiter, Junon et Pallas ou Rome, et au revers, les chars honorifiques de ces trois divinités, surmontés d’une Victoire; ce char triomphal ou tensa, rappelle les jeux du cirque et l’entrée solennelle des chars; Cavedoni croit que ce type a été choisi parce que la loi Rubria-Acilia, mentionnée dans une inscription, fait allusion à cette grande solennité. Rappelons que le char du revers de ces pièces ressemble à celui qu’on voit plus tard sur des deniers d’Auguste (Julia, 119).Les types du quinaire de L. Rubrius Dossenus n’ont pas été jusqu ‘ici suffisamment expliqués. La Victoire se rapporte aux fêtes populaires dont il vient d’être question. L’autel entouré d’un serpent est l’autel d’Esculape, dans l’île du Tibre. Quant à la tête de Neptune, nous ne pouvons l’expliquer qu’en la rapprochant de la proue de navire qui paraît sur l’as n. 6 et sur le sextans n. 9 : elle rappelle le voyage maritime que dut faire un ancêtre du monétaire, allant chercher Esculape à Epidaure ; pour faire cesser la peste qui désola Rome en 461 (293 av. J.-C.), les livres sibyllins avaient conseillé d’introduire à Rome le culte du dieu grec et de lui bâtir un temple. Une légende analogue est racontée au sujet de l ‘introduction à Rome du culte de Cybèle, la grande déesse de Pessinunte, et ce fait est également traduit sur des médailles de la famille Volteia. Au revers de l’as n. 6 et du sextans n. 9, figure le même autel d ‘Esculape que sur le quinaire; le temple d’Esculape est aussi sur l ‘as n. 6 et sur le sextans n. 9; la proue de navire fait enfin, comme la tête de Neptune sur le quinaire, allusion au vaisseau qui amena d ‘Epidaure à Rome le dieu de la médecine sous la forme d’un serpent. On est ainsi amené à supposer que L. Rubrius Dossenus et M. Eppius dont les types monétaires ont du rapport avec ceux-ci (Eppia, 2 et Pompeia, 19), s’honoraient de compter parmi leurs ancêtres les ambassadeurs qui furent envoyés à Epidaure, chercher le serpent divin. Plus tard, un médaillon de bronze de l’empereur Adrien fait allusion au même événement. Lieux de découverte (170 exemplaires)
1242CO – Quinaire Cornelia – Cn. Cornelius Lentulus Clodianus

1242CO – Quinaire Cornelia – Cnæus Cornelius Lentulus Marcellinus Avers : Anépigraphe Tête laurée de Jupiter à droite. Revers : CN. LE(NT) (Cneius Cornelius Lentulus) Victoire debout à droite couronnant un trophée. British Museum 1.99g INDICE DE RARETE : 4 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 88 avant J.C. Matière : Argent Gens : Cornelia Références : RRC 345/2 – B.51 (Cornelia) – Syd.703 Le monétaire ayant frappé ce denier est Cn. Cornelius Lentulus Clodianus. Il était issu de la puissante gens patricienne des Cornelii, une des familles les plus influentes de la République romaine. 🏛️ Carrière Politique et Contexte Historique Bien qu’il ait frappé ce denier en tant que triumvir monétaire (ou magistrat monétaire) autour de 88 av. J.-C., sa carrière se déroule principalement dans les décennies suivantes, au cœur des troubles de la République tardive. Triumvir Monétaire (c. 88 av. J.-C.) : Sa frappe de monnaie a lieu pendant les périodes turbulentes des guerres civiles romaines et des conflits entre Marius et Sylla. Contrairement au denier (qui portait Mars à l’avers et la Victoire en bige au revers), le quinaire utilise un ensemble iconographique classique et symbolique, qui met également l’accent sur la victoire. Les types du quinaire (Jupiter/Victoire couronnant un trophée) sont des types monétaires traditionnellement utilisés pour cette dénomination durant la République, renforçant l’idée de l’autorité républicaine et du succès de Rome Consul (72 av. J.-C.) : Il atteint la plus haute magistrature en devenant consul en 72 av. J.-C., avec pour collègue Lucius Gellius Publicola. Guerre contre Spartacus (72 av. J.-C.) : Durant son consulat, Lentulus Clodianus et son collègue mènent les légions romaines contre l’armée d’esclaves rebelles de Spartacus (la Troisième Guerre servile). Malheureusement, leurs armées subissent des défaites humiliantes, et le Sénat leur retire finalement le commandement au profit de Marcus Licinius Crassus. Censeur (70 av. J.-C.) : Il est élu censeur, la plus haute fonction morale et administrative, en 70 av. J.-C., toujours aux côtés de Lucius Gellius Publicola. Soutien à Pompée : Par la suite, il devient un ardent défenseur de Pompée le Grand, notamment en soutenant la Lex Manilia en 66 av. J.-C., qui accordait à Pompée le commandement suprême contre Mithridate VI. Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Cn. Cornelius Lentulas P. j. Marcellinus. Monétaire vers 670 (84 av. J.-C.); questeur vers 680 (74 av.J.-C.) Ce personnage est le fils de P. Cornélius Lentulus Marcellinus. Il se signala par son dévouement pour les Siciliens opprimés, et l’ardeur qu’il mit à accuser Verrès ; Cicéron le qualifie à cette occasion de clarissimus adolescens . Il fut questeur vers 680 (74 av. J.-C.), préteur en 695 (59 av. J.-C.), et l’année suivante, nommé gouverneur de Syrie où il resta deux ans occupé à réprimer les incursions des Arabes . En 698 (56 av. J.-C.) il fut élevé au consulat avec L. Marcius Philippus. Il sollicita le retour de Cicéron exilé et eut à lutter contre la faction de Clodius ; il fit aussi, plus tard, partie du collège des épulons . Cn. Corn. Lentulus Marcellinus fit frapper des monnaies à deux reprises ; une première fois comme magistrat monétaire, avant sa questure, et une seconde fois comme questeur, vers 680. Nous ne nous occupons présentement (nos 50 à 53), que des pièces que Cn. Cornelius Lentulus Marcellinus fit frapper comme triumvir monétaire. La triquetra,emblème de la Sicile, qui figure quelquefois sur l’as, montre bien qu’il s’agit d’un Marcellus et qu’on ne peut songer, avec Borghesi, à donner ces pièces à Cn. Lentulus Clodianus qui fut consul en 682 (72 av. J.-C.). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Lieux de découverte (380 exemplaires)
1229PO – Quinaire Porcia – Marcus Porcius Cato

1229PO – Quinaire Porcia – Marcus Porcius Cato Avers : M. C(AT)O (Marcus Cato, Marcus Caton) Tête imberbe de Bacchus ou de Liber à droite, coiffée d’une couronne de vigne; au-dessous, marque de contrôle. Revers : VIC(TR)IX (de la victoire) Victoria (la Victoire) assise à droite, les ailes déployées, tenant une patère de la main droite. British Museum 2.25g INDICE DE RARETE : 3 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 89 avant J.C. Matière : Argent Gens : Porcia Références : RRC 343/2b – B.7 (Porcia) – Syd.597c Le monétaire de ce quinaire est Marcus Porcius Cato (M. Cato). 👨👩👧👦 Filiation et Famille Illustre Ce Marcus Porcius Cato n’est pas le célèbre Caton l’Ancien (Cato Censorius, censeur en 184 av. J.-C.), mais il est un membre direct de cette illustre lignée : Il était le petit-fils de Caton l’Ancien (Marcus Porcius Cato Censorius). Il était le père de Caton d’Utique (Marcus Porcius Cato Uticensis, le célèbre Républicain qui s’opposa à César). Il a exercé la magistrature de monétaire en 89 av. J.-C., une période extrêmement troublée par la Guerre Sociale. 🍷 Signification du type d’Avers : Liber Contrairement au denier (RRC 343/1) qui portait un buste féminin (Roma ou Liberté/Victoire) en lien avec la gloire militaire de la gens Porcia, le quinaire utilise la tête de Liber (ou Bacchus, dieu romain de la vigne, du vin et de la liberté). Interprétation : Ce choix iconographique est souvent interprété comme une référence à l’Italie et à la Liberté. Le culte de Liber était populaire dans la péninsule. En pleine Guerre Sociale, la monnaie peut ainsi faire allusion à l’obtention de la citoyenneté par les alliés (les Italiens), ou à la liberté que Rome était censée défendre ou garantir. Note technique : Liber/Bacchus était une divinité très présente dans l’iconographie des monétaires républicains à cette époque. 🌟 Thème du Revers : Continuité Le revers de la Victoire assise (VICTRIX) est le même que celui du denier, renforçant l’hommage à l’aïeul, Caton l’Ancien, qui avait voué un temple à Victoria Virgo. Le thème de la Victoire était particulièrement pertinent au milieu des conflits de la Guerre Sociale. En résumé, le quinaire RRC 343/2 est une pièce éminemment politique qui, par ses types monétaires, met en valeur à la fois l’héritage familial du monétaire (M. Cato) et les enjeux politiques et militaires de l’époque (Guerre Sociale, Liberté, Victoire). Variante sans marque de contrôle à l’avers. Références : RRC 343/2a – B.7 (Porcia) – Syd.597var Bibliothèque nationale de France 1.96g Bibliothèque nationale de France 1.96g Pour plus de clichés de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon M. Porcius Cato. Monétaire vers 653 (101 av. J.-C.) Ce personnage était le petit-fils de Caton l ‘Ancien, et le fils de M. Porcius Cato Salonianus. Il fut le père de Caton d ‘Utique. Il était l’ami de Sylla et mourut au moment d ‘être préteur, après 659 (95 av. J.-C.), année de la naissance de son fils, et avant 663 (91 av. J.-C.), époque où mourut M. Livius Drusus, à qui avait été confiée la tutelle de Caton d’Utique.La tête de la Liberté paraît sur ses pièces, comme sur celles d’un grand nombre de monétaires du parti républicain ; on l’identifia avec Rome, comme l’a remarqué Borghesi à cause de l’inscription Roma Viclrix. Le type de la Victoire rappelle le temple consacré à la Victoria virgo, par Caton l’Ancien, grand-père du monétaire, après ses succès militaires en Espagne. Ce type de la Victoire assise est copié sur les pièces autonomes de Terina dans le Bruttium. Sous le siège de la Victoire, on lit quelquefois les lettres ST, que Cavedoni a expliquées par stala, stabilis, en rapportant cette épithète à la Victoire; Borghesi lit stipendium : ces deux explications sont aussi peu sûres l’une que l’autre. Les types de ces pièces ont été imités sur les deniers italiotes frappés par les confédérés de la guerre Sociale. Lieux de découverte (619 exemplaires)
1214TI – Quinaire Titia – Quintus Titius

1214TI – Quinaire Titia – Quintus Titius Avers : Anépigraphe Buste ailé et drapé de Victoria (la Victoire) à droite, les cheveux tenus par un chignon. Revers : Q. TITI (Quintus Titius) Pégase s’élançant à droite. British Museum 1.78g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 90 avant J.C. Matière : Argent Gens : Titia Références : RRC 341/3 – B.3 (Titia) – Syd.693 👤 Le Monétaire Q. Titius Fonction : Monétaire (un des magistrats chargés de la frappe des monnaies à Rome). Date d’activité : Vers 90 av. J.-C. Contexte Historique : Son émission de monnaie a eu lieu pendant la Guerre Sociale (91-88 av. J.-C.), une période de crise majeure et de réformes importantes pour la citoyenneté romaine. Identité Personnelle : On ne sait pas avec certitude qui était ce Quintus Titius. Certains chercheurs suggèrent qu’il pourrait être identifié à un certain Q. Titius mentionné par Plutarque comme s’occupant de commerce, qui serait venu voir Sylla en 86 av. J.-C., mais cette identification reste hypothétique. 🏛️ La Gens Titia et les Monnaies La famille (ou gens) Titia était d’origine plébéienne et n’a accédé à une visibilité politique significative que très tardivement dans l’histoire de la République. Aucun de ses membres n’a atteint le consulat avant la fin de la République. 1. Types Monétaires (Allusion Familiale) Le choix du Pégase au revers, comme sur les deniers RRC 341/1 et 341/2, maintient la cohérence de l’émission de Q. Titius et sert de marque d’identification du monétaire. Le Pégase, souvent associé à la rapidité ou à l’inspiration divine, est un motif fort. L’avers, avec la déesse Victoria, est en revanche un type plus conventionnel pour les quinaires, qui étaient traditionnellement frappés pour des besoins d’échanges secondaires et non pour des déclarations politiques aussi audacieuses que celles faites sur les deniers (Mutinus Titinus et Liber). 2. Autres Membres Connus Sex. Titius : Tribun de la plèbe en 89 av. J.-C., connu pour son action politique. M. Titius : Un chef de flotte sous Marc Antoine, qui se rallia plus tard à Octave et devint consul suffect en 31 av. J.-C. C’est le premier membre de la famille Titia à obtenir le consulat. En résumé, si nous connaissons le monétaire Q. Titius par ses monnaies datées de 90 av. J.-C., l’individu derrière le nom reste largement une énigme, bien que ses choix de motifs monétaires nous donnent un aperçu de son contexte familial et culturel. Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Titia, d’origine plébéienne, était néanmoins sénatoriale dès le VIle siècle de Rome. On trouve Sex. Titius, tribun du peuple en 665 (89 av. J.-C.); il se montra le vengeur de Saturninus et de Glaucia tués l’année précédente. A la même époque, vivait un de ses parents, C. Titius, orateur distingué. Nous citerons encore M. Titius un des chefs de la flotte romaine, qui fut fait prisonnier en l’an 714 (40 av. J.-C.) par Sex. Pompée, sur les côtes de la Gaule Narbonnaise. On le trouve en Orient, dans la guerre des Parthes, sous les ordres de Marc Antoine, en 718 (36 av. J.-C.); il se rallia plus tard à Octave et fut consul suffectus, en 723.Les médailles donnent le seul nom de Q. Titius, monétaire vers 664 (90 av. J.-C.) avec C. Vibius Pansa. Mais on ne sait quel est ce personnage, à moins qu’on ne l’identifie avec Q. Titius qui s’occupait de négoce, et vint, selon Plutarque, trouver Sylla en 668 (86 av. J.-C.) après la bataille de Chéronée.Sur le denier n. 1, on voit la tête du dieu Mutinus ou Mutunus Tilinus, surnom de Priape; c’est un type parlant, faisant allusion au nom de famille Titius. Dans la même intention, le chef gaulois Tatinos a reproduit aussi cette tête avec une barbe cunéiforme et des ailerons, sur ses monnaies. Festus rapporte que le dieu Mutinus Titinus avait, à Rome, un temple où les matrones romaines venaient sacrifier, revêtues de robes prétextes : les jeunes mariées étaient tenues d’offrir symboliquement à Mutinus Titinus le tribut de leur virginité. Le Pégase, au revers du même denier, se rapporte aussi à cette même divinité : c’est le type des monnaies de Lampsaque, ville où le culte de Priape était particulièrement en honneur. Sur le denier n. 2, figure la tête de Bacchus, ordinaire aussi sur des monnaies grecques de Lampsaque. L’analogie de ces types s’explique « non par une intention d’imitation servile de la part de l’artiste romain, mais par une communauté de culte entre les deux villes Rome et Lampsaque, communauté qui devait produire des figures semblables pour les mêmes divinités’ » Le Cabinet des Médailles possède un buste de marbre, à double tête comme Janus, dont une des têtes est celle de Bacchus imberbe et couronné de lierre, et l’autre, celle du dieu priapique Mutinus Titinus, ailée, avec la barbe cunéiforme. L’association de ces deux têtes montre le rapport qui existait entre le culte de Bacchus et celui de Mutinus Titinus, le Priape romain. Lieux de découverte (221 exemplaires)