1651JU – Denier Brutus – Marcus Servilius

1651JU – Denier Brutus – Marcus Servilius Avers : M SERVILIVS LEG (Marcus Servilius Legatus) Tête laurée à droite de Libertas. Revers : Q·CAEPIO BRVTVS·IMP Trophée militaire composé d’une cuirasse, de deux lances et d’un bouclier en forme de huit. British Museum 3.93g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Sardes? Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Junia, Cassia et Servilia Références : RRC 505/5 – B.48 (Junia) Le symbolisme et le contexte historique de cette monnaie sont indissociables de la fin tragique de la République romaine. Cette monnaie n’est pas qu’un simple moyen de paiement ; c’est un outil de propagande de guerre pour Brutus. 1. Le Symbolisme : L’idéologie de la « Libertas » Chaque élément visuel est choisi pour légitimer l’assassinat de Jules César (survenu en 44 av. J.-C.) : Libertas (Avers) : La déesse de la Liberté est le symbole central des Républicains (les Liberatores). En plaçant sa tête sur la monnaie, Brutus affirme que son combat n’est pas une quête de pouvoir personnelle, mais une mission sacrée pour libérer le peuple romain du « tyran ». Le Trophée (Revers) : Le trophée d’armes symbolise une victoire militaire déjà acquise ou imminente. Il sert à asseoir l’autorité de Brutus en tant qu’Imperator (titre figurant dans la légende BRVTVS IMP). Cela montre que Brutus possède le « commandement » (l’imperium) et la faveur des dieux. Les Légendes : Le nom M·SERVILIVS LEG (Marcus Servilius, légat) souligne la structure légale de son armée. Bien qu’ils soient techniquement des rebelles aux yeux d’Octave et Marc Antoine, Brutus et Cassius utilisent les titres officiels de la République pour prouver leur légitimité. 2. Le Contexte Historique : L’argent de la dernière chance La frappe de cet aureus intervient dans une période de tension extrême (fin 43 – début 42 av. J.-C.) : La Levée de fonds en Orient : Brutus et Cassius parcourent l’Asie Mineure (actuelle Turquie) pour lever des impôts massifs auprès des cités grecques et lyciennes. L’or utilisé pour ces aurei provient souvent du pillage ou des contributions forcées des villes locales (comme Xanthe ou Rhodes). L’Atelier Itinérant : Contrairement aux monnaies frappées à Rome, celle-ci provient d’un atelier monétaire qui suivait l’armée. Cela explique la rareté de ces pièces, produites en fonction des besoins immédiats de la solde. Payer les Légions : Un aureus représentait une somme considérable (25 deniers d’argent). Frapper de l’or était crucial pour garantir la fidélité des vétérans et des mercenaires avant la confrontation finale contre les troupes du Second Triumvirat (Octave, Antoine et Lépide). La bataille de Philippes : Cette monnaie est le témoin direct des mois précédant la double bataille de Philippes (octobre 42 av. J.-C.). Après sa défaite, Brutus se suicidera, marquant la fin effective de la République et le début de la transition vers l’Empire. Le magistrat monétaire mentionné sur cette monnaie est Marcus Servilius, un personnage clé de l’état-major des « Libérateurs » (Brutus et Cassius). Contrairement aux magistrats monétaires habituels de Rome (triumviri monetales), son rôle est ici celui d’un officier de haut rang doté de pouvoirs financiers en période de guerre. Voici les informations essentielles sur ce personnage : 1. Son Identité et son Titre Nom complet : Marcus Servilius. Il appartient à la gens Servilia, l’une des familles les plus anciennes et les plus illustres de Rome. Titre : LEG (Legatus). Il ne frappe pas monnaie en tant que magistrat civil, mais en tant que Légat. Cela signifie qu’il était un adjoint direct de Cassius (et parfois de Brutus), agissant avec l’autorité déléguée de son général. Famille : Il descend probablement de Marcus Servilius Pulex Geminus (consul en 202 av. J.-C.), un héros de la deuxième guerre punique célèbre pour ses 23 cicatrices de duels victorieux. Cette lignée explique l’importance de Marcus Servilius au sein du camp républicain : il représente la vieille aristocratie romaine opposée à la dictature. 2. Son Rôle sous Cassius et Brutus Pendant les guerres civiles de 43-42 av. J.-C., Servilius occupe une position de confiance absolue : Commandement militaire : Il a activement participé aux campagnes en Orient. Selon les sources historiques, il a été personnellement impliqué dans les opérations militaires en Lycie (au sud de l’actuelle Turquie) pour soumettre les cités locales et lever des fonds. Responsabilité financière : Sa signature sur l’aureus indique qu’il était responsable de la transformation du butin de guerre (or et argent pillés à Rhodes et en Lycie) en numéraire pour payer les soldats avant la bataille de Philippes. En résumé : Marcus Servilius n’est pas un simple fabricant de monnaie, mais un aristocrate soldat qui met son nom et son prestige au service de la « Liberté » contre les héritiers de César. Son nom sur ces pièces est une garantie de la valeur du métal et de la légitimité de la cause. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon M. Servilius. En 711-712 (43-42 av. J.-C.) Ce personnage fut tribun du peuple en 710 (44 av. J.-C.) et Cicéron le qualifie de vir fortissimus . On sait peu de chose sur sa carrière; les médailles seules nous apprennent qu’il fut légat de Brutus et de Cassius en Orient, avant la bataille de Philippes, livrée en septembre 712.
1027SE – Quadrans Servilia – Caius Servilius Vatia

1027SE – Quadrans Servilia – Caius Servilius Vatia Avers : Anépigraphe Tête d’Hercule à droite, coiffée de la peau de lion dans le champ, derrière trois points. Revers : C. SERVEILI. (Caius Serveilius) Proue de navire à droite, en haut, deux épis; devant, trois points. Bibliothèque nationale de France 5.82g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 127 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Servilia Références : RRC 264/4b – B.10 (Servilia) -Syd.484a Variante : Légende du revers différente avec la présence de ROMA et l’absence des deux épis. Références : RRC 264/4a National Numismatic Collection, De Nederlandsche Bank, Amsterdam 4.95g National Numismatic Collection, De Nederlandsche Bank, Amsterdam 4.95g Le monétaire responsable de l’émission de cette monnaie est Caius Servilius Vatia. Identité et Période Nom Complet: Caius Servilius Vatia Fonction: Triumvir Monetalis (magistrat monétaire), l’un des trois responsables de la frappe des monnaies. Date d’Activité: Vers 127 av. J.-C. Gens (Famille): Gens Servilia, une famille plébéienne (issue de la branche Vatia) mais ancienne et très influente. Postérité Politique Caius Servilius Vatia était un membre d’une famille au destin politique important. Selon les recherches de M. Crawford, il est considéré comme : Le père de Publius Servilius Vatia Isauricus (consul en 79 av. J.-C. et censeur), une figure majeure de la fin de la République. Bien que la vie de C. Servilius Vatia lui-même soit moins documentée que celle de son fils illustre, son rôle en tant que monétaire lui a permis de diffuser une puissante propagande familiale et d’assurer le prestige de la Gens Servilia pour les générations futures. Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Serveilius. Monétaire vers 631 (123 av. J.-C.) Ce monétaire se confond souvent dans les textes avec C. Serveilius Augur dont nous venons de retracer l’histoire. Ils étaient contemporains et descendaient l’un et l’autre de M. Servilius qui fut tribun militaire en 573, pontife en 584 (181 et 170 av. J.-C.). C’est peut-être le monétaire dont il est ici question, que Cicéron désigne comme gouverneur de Sicile vers 650 (104 av. J.-C.) et qui fut exilé. Mais il est difficile de démêler les faits qui se rapportent aux deux C. Serveilius de cette époque. Les types des deux deniers de C. Serveilius sont en l’honneur de son bisaïeul M. Servilius C. f. P. n. Pulex Geminus, augure, puis consul en 552 (202 av. J.-C.), membre des commissions agraires dans les années suivantes. Tite Live et Plutarque rapportent qu’il fut couvert de blessures dans vingt-trois combats singuliers dont il sortit vainqueur. La lettre M. initiale de son prénom (Marcus) marquée sur son bouclier, suffit à le distinguer de son adversaire. Le lituus ou bâton augural est au droit, en souvenir des fonctions d’augure que M. Servilius Pulex exerça pendant plus de quarante ans.
1025SE – Semis Servilia – Caius Servilius Vatia

1025SE – Semis Servilia – Caius Servilius Vatia Avers : Anépigraphe Tête laurée de Saturne à droite, derrière marque de valeur S. Revers : C. SERVEILI. ROMA (Caius Serveilius. Rome) Proue de navire à droite, surmontée d’un lion bondissant, devant marque de valeur S. Bibliothèque nationale de France 9.84g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 127 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Servilia Références : RRC 264/2 – B.8 (Servilia) -Syd.484 Le monétaire responsable de l’émission de cette monnaie est Caius Servilius Vatia. Identité et Période Nom Complet: Caius Servilius Vatia Fonction: Triumvir Monetalis (magistrat monétaire), l’un des trois responsables de la frappe des monnaies. Date d’Activité: Vers 127 av. J.-C. Gens (Famille): Gens Servilia, une famille plébéienne (issue de la branche Vatia) mais ancienne et très influente. 🦁 Le Lion sur le Revers L’ajout du lion bondissant au revers est un élément distinctif de cette pièce de bronze. Comme pour le denier RRC 264/1, ce motif a probablement une signification familiale, bien que moins directement identifiée que le combat équestre. Il pourrait symboliser la bravoure et la force de la Gens Servilia. Postérité Politique Caius Servilius Vatia était un membre d’une famille au destin politique important. Selon les recherches de M. Crawford, il est considéré comme : Le père de Publius Servilius Vatia Isauricus (consul en 79 av. J.-C. et censeur), une figure majeure de la fin de la République. Bien que la vie de C. Servilius Vatia lui-même soit moins documentée que celle de son fils illustre, son rôle en tant que monétaire lui a permis de diffuser une puissante propagande familiale et d’assurer le prestige de la Gens Servilia pour les générations futures. Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Serveilius. Monétaire vers 631 (123 av. J.-C.) Ce monétaire se confond souvent dans les textes avec C. Serveilius Augur dont nous venons de retracer l’histoire. Ils étaient contemporains et descendaient l’un et l’autre de M. Servilius qui fut tribun militaire en 573, pontife en 584 (181 et 170 av. J.-C.). C’est peut-être le monétaire dont il est ici question, que Cicéron désigne comme gouverneur de Sicile vers 650 (104 av. J.-C.) et qui fut exilé. Mais il est difficile de démêler les faits qui se rapportent aux deux C. Serveilius de cette époque. Les types des deux deniers de C. Serveilius sont en l’honneur de son bisaïeul M. Servilius C. f. P. n. Pulex Geminus, augure, puis consul en 552 (202 av. J.-C.), membre des commissions agraires dans les années suivantes. Tite Live et Plutarque rapportent qu’il fut couvert de blessures dans vingt-trois combats singuliers dont il sortit vainqueur. La lettre M. initiale de son prénom (Marcus) marquée sur son bouclier, suffit à le distinguer de son adversaire. Le lituus ou bâton augural est au droit, en souvenir des fonctions d’augure que M. Servilius Pulex exerça pendant plus de quarante ans.
934SE – Sextans Servilia – Caius Servilius

934SE – Sextans Servilia – Caius Servilius Avers : Anépigraphe Tête de Mercure à droite, avec le pétase ailé et un caducée sur l’épaule; en haut marque de valeur composée de deux globules. Revers : C. SERVEILI. M. F. (Caius Serveilius Marci filius) Proue de navire avec mât et fanion à droite; au-dessus, une couronne de laurier. British Museum 2.69g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 136 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Servilia Références : RRC 239/4 – B.4 (Servilia) Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Serveilius M. f. Augur. Monétaire vers l’an 630 (124 av. J.-C.) Mommsen pense que ce monétaire est C. Servilius M. f.,père de P. Servilius C. f. M. n. Vatia Isauricus. Il fut augure, préteur et peut-être gouverneur de la Sicile vers l’an 6,0 (104 av. J.-C.). Il se porta plus tard comme accusateur de L. Lucullus vers 652 (102 av. J .-C.) et il le força de s’expatrier. Accusé par les fils de ce dernier, il fut acquitté ; mais plus tard il périt assassiné à Asculum en 664 (90 av. J.-C.). Il avait épousé Caecilia, fille de Q. Metellus Macedonicus, et il en eut deux fils : M. Servilius C. f., qui fut plus tard monétaire, comme nous le verrons, et P. Servilius C. f. Vatia Isauricus, consul en 67, (79 av. J.-C.).C. Serveilius Augur prit sur son denier le type des Dioscures, les jumeaux Castor et Pollux, probablement à cause du surnom de Geminus qui fut porté par plusieurs de ses ancêtres directs, à partir de P. Servilius Geminus consul en 502 (252 av. J.-C.). La couronne de laurier se rapporte à quelque succès remporté par un des aïeux du monétaire. Le style du denier de C. Servilius M. f. Augur est tout à fait caractéristique ; la tête de la déesse Rome a beaucoup de rapport avec celle du denier de T. Cloulius.
933SE – Quadrans Servilia – Caius Servilius

933SE – Quadrans Servilia – Caius Servilius Avers : Anépigraphe Tête d’Hercule à droite, coiffée de la peau de lion dans le champ, derrière marque de valeur composée de trois globules. Revers : C. SERVEILI. M. F. (Caius Serveilius Marci filius) Proue de navire avec mât et fanion à droite; au-dessus une couronne. British Museum 3.68g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 136 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Servilia Références : RRC 239/3 – B.3 (Servilia) – Syd.526a Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Serveilius M. f. Augur. Monétaire vers l’an 630 (124 av. J.-C.) Mommsen pense que ce monétaire est C. Servilius M. f.,père de P. Servilius C. f. M. n. Vatia Isauricus. Il fut augure, préteur et peut-être gouverneur de la Sicile vers l’an 6,0 (104 av. J.-C.). Il se porta plus tard comme accusateur de L. Lucullus vers 652 (102 av. J .-C.) et il le força de s’expatrier. Accusé par les fils de ce dernier, il fut acquitté ; mais plus tard il périt assassiné à Asculum en 664 (90 av. J.-C.). Il avait épousé Caecilia, fille de Q. Metellus Macedonicus, et il en eut deux fils : M. Servilius C. f., qui fut plus tard monétaire, comme nous le verrons, et P. Servilius C. f. Vatia Isauricus, consul en 67, (79 av. J.-C.).C. Serveilius Augur prit sur son denier le type des Dioscures, les jumeaux Castor et Pollux, probablement à cause du surnom de Geminus qui fut porté par plusieurs de ses ancêtres directs, à partir de P. Servilius Geminus consul en 502 (252 av. J.-C.). La couronne de laurier se rapporte à quelque succès remporté par un des aïeux du monétaire. Le style du denier de C. Servilius M. f. Augur est tout à fait caractéristique ; la tête de la déesse Rome a beaucoup de rapport avec celle du denier de T. Cloulius.
932SE – Triens Servilia – Caius Servilius

932SE – Triens Servilia – Caius Servilius Avers : Anépigraphe Tête de Minerve à droite; au-dessus marque de valeur composée de quatre globules. Revers : C. SERVEILI. M. F. (Caius Serveilius Marci filius) Proue de navire avec mât et fanion à droite; au-dessus, une couronne de laurier; devant marque de valeur composée de quatre points. Bibliothèque nationale de France 3g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 136 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Servilia Références : RRC 239/2 – B.2 (Servilia) – Syd.526 Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Serveilius M. f. Augur. Monétaire vers l’an 630 (124 av. J.-C.) Mommsen pense que ce monétaire est C. Servilius M. f.,père de P. Servilius C. f. M. n. Vatia Isauricus. Il fut augure, préteur et peut-être gouverneur de la Sicile vers l’an 6,0 (104 av. J.-C.). Il se porta plus tard comme accusateur de L. Lucullus vers 652 (102 av. J .-C.) et il le força de s’expatrier. Accusé par les fils de ce dernier, il fut acquitté ; mais plus tard il périt assassiné à Asculum en 664 (90 av. J.-C.). Il avait épousé Caecilia, fille de Q. Metellus Macedonicus, et il en eut deux fils : M. Servilius C. f., qui fut plus tard monétaire, comme nous le verrons, et P. Servilius C. f. Vatia Isauricus, consul en 67, (79 av. J.-C.).C. Serveilius Augur prit sur son denier le type des Dioscures, les jumeaux Castor et Pollux, probablement à cause du surnom de Geminus qui fut porté par plusieurs de ses ancêtres directs, à partir de P. Servilius Geminus consul en 502 (252 av. J.-C.). La couronne de laurier se rapporte à quelque succès remporté par un des aïeux du monétaire. Le style du denier de C. Servilius M. f. Augur est tout à fait caractéristique ; la tête de la déesse Rome a beaucoup de rapport avec celle du denier de T. Cloulius.
1647CA – Aureus Cassius – Marcus Servilius

1647CA – Aureus Cassius – Marcus Servilius Avers : C CASSI IMP (Caius Cassius, Imperator) Tête laurée à droite de Libertas. Revers : M SERVILIVS LEG (Marcus Servilius Legatus) Aplustre. British Museum 8.03g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Sardes? Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Cassia et Servilia Références : RRC 505/1 – B.20 (Cassia) – Syd.1311 Cette monnaie est bien plus qu’une simple monnaie : c’est un manifeste politique et militaire frappé par les « Libérateurs » (les assassins de Jules César) peu avant leur défaite finale. Voici une analyse détaillée de son symbolisme et du contexte historique qui a mené à sa création. Le Contexte Historique : La Marche vers Philippes (43-42 av. J.-C.) Après le meurtre de César en 44 av. J.-C., ses assassins, menés par Caius Cassius Longinus et Marcus Junius Brutus, s’enfuient en Orient pour lever une armée. L’Urgence Militaire : En 43 av. J.-C., le Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide) est formé à Rome. La guerre civile est inévitable. Cassius et Brutus ont besoin d’énormes quantités d’or pour payer leurs légions avant l’affrontement décisif. L’Atelier Itinérant : Cet aureus n’a pas été frappé à Rome, mais par un atelier militaire mobile qui suivait Cassius. On situe généralement sa frappe à Sardes (Turquie actuelle) à l’été 42 av. J.-C., peu avant que Cassius ne rejoigne Brutus pour marcher vers la Macédoine. La Campagne de Rhodes : Juste avant la frappe, Cassius avait assiégé et pillé la ville de Rhodes, qui refusait de soutenir les Républicains. La richesse extraite de ce sac a probablement fourni le métal précieux nécessaire à l’émission de cet or. Analyse Symbolique : Le Message des « Libérateurs » Le choix des motifs est une réponse directe à la « tyrannie » de César, utilisant des symboles chers à la République. 1. L’Avers : Libertas et l’Idéologie Républicaine La tête de Libertas (la Liberté) est le symbole central du camp républicain. Légitimité : En plaçant Libertas sur ses pièces, Cassius se présente non pas comme un rebelle, mais comme le sauveur de la constitution romaine contre le despotisme. Le Titre IMP (Imperator) : La légende C·CASSI·IMP rappelle que Cassius a été acclamé Imperator par ses troupes après ses victoires en Orient, lui conférant une autorité militaire incontestée. 2. Le Revers : L’Aplustre et la Victoire de Rhodes Le revers, signé par le légat Marcus Servilius, est riche en allusions militaires et géographiques. L’Aplustre : Cet ornement de poupe de navire symbolise la suprématie navale. Il fait directement référence à la défaite de la flotte rhodienne par Cassius. Les Fleurs (Roses) : Les branches fleuries aux extrémités de l’aplustre sont interprétées comme des roses, symbole emblématique de l’île de Rhodes. C’est une manière subtile mais claire de marquer son triomphe sur cette puissance maritime. Le Diadème délié (sur des variantes proches comme le RRC 505/3) : Sur certaines émissions de Servilius, on voit un crabe (symbole de l’île de Cos) tenant un aplustre au-dessus d’un diadème délié. Le diadème étant le symbole de la royauté, cela signifie que Cassius a « délié » (brisé) les velléités royales, qu’il s’agisse de celles des souverains orientaux ou de celles de César lui-même. Une Monnaie de « Fin de Règne » Cette monnaie est l’une des dernières expressions de la République romaine avant qu’elle ne s’effondre à la bataille de Philippes en octobre 42 av. J.-C. Après leur défaite, Cassius et Brutus se suicidèrent, marquant la fin de l’espoir d’un retour à l’ancien régime sénatorial. Le magistrat monétaire mentionné sur cette monnaie est Marcus Servilius, un personnage clé de l’état-major des « Libérateurs » (Brutus et Cassius). Contrairement aux magistrats monétaires habituels de Rome (triumviri monetales), son rôle est ici celui d’un officier de haut rang doté de pouvoirs financiers en période de guerre. Voici les informations essentielles sur ce personnage : 1. Son Identité et son Titre Nom complet : Marcus Servilius. Il appartient à la gens Servilia, l’une des familles les plus anciennes et les plus illustres de Rome. Titre : LEG (Legatus). Il ne frappe pas monnaie en tant que magistrat civil, mais en tant que Légat. Cela signifie qu’il était un adjoint direct de Cassius (et parfois de Brutus), agissant avec l’autorité déléguée de son général. Famille : Il descend probablement de Marcus Servilius Pulex Geminus (consul en 202 av. J.-C.), un héros de la deuxième guerre punique célèbre pour ses 23 cicatrices de duels victorieux. Cette lignée explique l’importance de Marcus Servilius au sein du camp républicain : il représente la vieille aristocratie romaine opposée à la dictature. 2. Son Rôle sous Cassius et Brutus Pendant les guerres civiles de 43-42 av. J.-C., Servilius occupe une position de confiance absolue : Commandement militaire : Il a activement participé aux campagnes en Orient. Selon les sources historiques, il a été personnellement impliqué dans les opérations militaires en Lycie (au sud de l’actuelle Turquie) pour soumettre les cités locales et lever des fonds. Responsabilité financière : Sa signature sur l’aureus indique qu’il était responsable de la transformation du butin de guerre (or et argent pillés à Rhodes et en Lycie) en numéraire pour payer les soldats avant la bataille de Philippes. En résumé : Marcus Servilius n’est pas un simple fabricant de monnaie, mais un aristocrate soldat qui met son nom et son prestige au service de la « Liberté » contre les héritiers de César. Son nom sur ces pièces est une garantie de la valeur du métal et de la légitimité de la cause. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Cassius Longinus. Imperaior en 712 (42 av. J.-C.) Il s agit du meurtrier de César ; son histoire est bien connue et nous n’en résumerons ici que les traits généraux. On le mentionne pour la première fois en 701 (53 av. J.-C.) : il remplissait alors les fonctions de questeur dans l armée de Crassus, lors de sa funeste expédition contre les Parthes. En 7o5 (49 av. J.-C.) il fut tribun du peuple et se
1652JU – Aureus Brutus – Pedanius Costa

1652JU – Aureus Brutus – Pedanius Costa Avers : L·BRVTVS·PRIM·COS. (Lucius Brutus primus consul) Tête de L. Junius Brutus l’ancien à droite. Revers : M·BRVTVS·IMP COSTA·LEG. (Marcus Brutus imperator. Costa legatus) Tête de Brutus à droite. British Museum 8.07g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Asie Mineure ou Macédoine Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Pedania et Junia Références : RRC 506/1 – B.43 (Junia) – Syd.1295 Cette monnaie est bien plus qu’une simple pièce de monnaie ; c’est un outil de propagande sophistiqué conçu pour légitimer un acte radical : le régicide. Voici une analyse détaillée de son symbolisme et du contexte de sa création. 1. Le Symbolisme : La République face à l’individu Cette monnaie joue sur un parallélisme frappant entre le passé et le présent pour justifier l’assassinat de Jules César. L’ancêtre L. Junius Brutus (Avers) : En faisant figurer le portrait de Lucius Junius Brutus, le fondateur légendaire de la République qui chassa le dernier roi de Rome (Tarquin le Superbe) en 509 av. J.-C., Brutus rappelle que la lutte contre la tyrannie est inscrite dans son ADN. La mention PRIM COS (Premier Consul) insiste sur l’origine des institutions républicaines. Le portrait de Marcus Junius Brutus (Revers) : C’est un paradoxe historique. Bien que Brutus se batte contre le pouvoir personnel de César, il utilise ici le même privilège que César avait instauré : placer son propre portrait sur une monnaie de son vivant. Cela montre qu’en période de guerre civile, l’image du chef de guerre (Imperator) devient indispensable pour s’assurer la fidélité des troupes. La Couronne Civique (Corona Civica) : Présente sur les deux faces, cette couronne de feuilles de chêne était normalement décernée à un soldat ayant sauvé la vie d’un concitoyen. En entourant les deux Brutus de cette couronne, le message est que l’assassinat de César n’était pas un meurtre, mais un acte de salut public ayant sauvé l’ensemble des citoyens romains de la servitude. 2. Le Contexte Historique : L’agonie de la République La pièce est frappée dans un moment de tension extrême, entre l’été 43 et l’automne 42 av. J.-C. L’exil en Orient : Après le meurtre de César aux Ides de Mars, Brutus et Cassius ont dû fuir l’Italie face à la colère populaire et à la montée en puissance d’Octave et Marc Antoine. Ils se réfugient en Orient (Grèce, Asie Mineure) pour lever une armée massive. Le financement de la guerre : Comme je le précise souvent le site, les monnaies d’or républicaines sont extrêmement rares car l’or n’était frappé qu’en cas de nécessité absolue. Brutus a besoin de payer ses légions pour s’assurer qu’elles ne désertent pas vers le camp des triumvirs (Antoine, Octave et Lépide). Cette pièce sert donc de solde militaire. La mention de Pedanius Costa : La légende COSTA LEG désigne le légat de Brutus. Cela souligne l’organisation administrative et militaire des « Libérateurs » qui tentent de maintenir une apparence de légalité républicaine face à ce qu’ils considèrent comme l’usurpation du Second Triumvirat. 3. Conclusion sur le message politique Le choix iconographique de Brutus sur cette monnaie est une tentative de transformer un acte de trahison (selon ses ennemis) en un acte de piété envers la patrie et ses ancêtres. Peu de temps après l’émission de cette monnaie, Brutus sera défait à la bataille de Philippes (octobre 42 av. J.-C.) et se donnera la mort, marquant la fin effective de la République romaine. Le magistrat monétaire associé à cette monnaie est Pedanius Costa, un personnage qui, bien que discret dans les textes historiques, occupe une place stratégique dans l’entourage de Brutus durant la guerre civile. Voici les informations clés sur ce monétaire et son rôle : 1. Identité et Statut : Le Légat de Brutus Pedanius Costa n’est pas un simple magistrat monétaire urbain (triumvir monetalis), mais un légat (legatus). Signification du titre : Le titre COSTA LEG sur la monnaie indique qu’il était un officier de rang supérieur, un lieutenant agissant sous l’autorité directe de Brutus (le commandant en chef). Autorité monétaire : En tant que légat, il avait reçu le pouvoir de superviser la frappe de monnaie pour l’armée. Dans le contexte de l’époque, cela signifie qu’il gérait l’atelier itinérant qui suivait les troupes de Brutus et Cassius à travers l’Asie Mineure et la Macédoine. 2. Origine familiale : La gens Pedania La famille de Costa, la gens Pedania, est peu documentée dans l’histoire romaine. Une famille ancienne mais modeste : Bien que la famille soit d’origine ancienne, elle n’était pas particulièrement illustre à Rome. Le seul autre membre notable cité par les historiens (notamment Tite-Live) est un centurion, Titus Pedanius, qui s’était illustré par son courage durant la seconde guerre Punique (212 av. J.-C.). Un partisan dévoué : Le choix de Pedanius Costa par Brutus pour cette tâche cruciale (le financement de la guerre) montre qu’il était un partisan de confiance de la cause républicaine. 3. Son rôle dans les émissions monétaires Pedanius Costa est responsable de deux types principaux dans le système de Michael Crawford : L’aureus (RRC 506/1) : La pièce en or très rare dont nous parlons, montrant les portraits des deux Brutus. Le denier (RRC 506/2) : Une émission en argent plus courante. L’avers représente la tête laurée d’Apollon (symbole de la liberté et de la protection divine) et le revers montre un trophée militaire, symbolisant les victoires de Brutus sur les tribus de Thrace avant la bataille finale de Philippes. 4. Le contexte de sa disparition On perd la trace de Pedanius Costa après la défaite des républicains à la bataille de Philippes en 42 av. J.-C. Étant donné qu’il faisait partie de l’état-major rapproché de Brutus, il est probable qu’il ait péri lors des combats ou qu’il se soit suicidé, comme beaucoup d’autres officiers républicains refusant de se soumettre à Octave et Antoine. Note numismatique : La présence de son nom aux côtés de celui de Brutus sur un aureus souligne l’importance des « officiers payeurs » dans les armées privées de la fin de la République. Sans Costa pour
1655JU – Aureus Brutus – Publius Servilius Casca

1655JU – Aureus Brutus – Publius Servilius Casca Avers : BRVTVS / IMP (Brutus/ Imperator) Tête barbue de Brutus à droite, le tout compris dans une couronne de laurier. Revers : CASCA LONGVS (Casca Longus) Trophée avec épée courbée et deux lances à gauche et bouclier en huit à droite; à la base, de chaque côté, proue et à droite, épée à manche carré. Bibliothèque nationale de France 8.07g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Nord de la Grèce ou Asie mineure Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Plaetoria et Junia Références : RRC 507/1a – B.45 (Junia) Cet aureus est une pièce d’une importance capitale car elle cristallise le moment où la cause républicaine tente de légitimer son action par l’image, tout en adoptant paradoxalement les codes du pouvoir personnel qu’elle prétendait combattre. 1. Le Contexte Historique : L’agonie de la République Nous sommes en 42 av. J.-C., deux ans après l’assassinat de Jules César. Brutus et Cassius, les « Libérateurs », se sont installés en Orient pour lever des fonds et des troupes. Ils se préparent à affronter les forces d’Antoine et d’Octave lors de la bataille décisive de Philippes (Macédoine). Cette monnaie a une fonction précise : payer les légions. Dans une période de guerre civile, le soldat ne se bat plus pour l’État (le Sénat), mais pour son général. L’or, métal prestigieux, sert à cimenter cette fidélité. 2. Le Symbolisme de l’Avers : Le paradoxe de Brutus Le Portrait : C’est l’aspect le plus frappant. Brutus, qui justifiait le meurtre de César par la haine de la tyrannie et du culte de la personnalité, finit par faire figurer son propre portrait sur ses monnaies. La Couronne de Laurier : Elle entoure son effigie, le désignant comme un général victorieux (Imperator). Cela montre que pour sauver la République, Brutus est contraint d’utiliser les mêmes outils de communication que César : l’incarnation du pouvoir. La filiation spirituelle : En affichant son visage, il rappelle aussi son ascendance (les Bruti qui ont chassé les rois de Rome), transformant son portrait en un symbole de « liberté » tyrannicide. 3. Le Symbolisme du Revers : Le trophée naval et terrestre Le revers, signé par le monétaire Casca Longus, est un condensé de propagande militaire : Le Trophée (Tropaeum) : Il est composé d’armures et d’armes prises à l’ennemi. C’est la preuve visuelle de la « virtus » (la valeur guerrière) des commandants. Les Proues de Navires (Rostra) : Situées à la base du trophée, elles sont fondamentales. Elles font référence aux victoires navales récentes. En 42 av. J.-C., la flotte de Brutus et Cassius dominait la Méditerranée orientale. Cassius avait notamment brisé la puissance navale de Rhodes, et Brutus avait soumis les cités de Lycie (comme Xanthe). Le message politique : Ce revers dit aux soldats et au monde romain : « Nous sommes les maîtres des mers et des terres, les dieux et la victoire sont de notre côté contre les usurpateurs à Rome. » 4. L’association avec Casca Longus Le nom de Casca Longus sur la pièce n’est pas anodin. Il est celui qui a frappé César le premier. Sa présence aux côtés du nom de Brutus scelle l’unité des conjurés. C’est une signature de sang qui rappelle que cet argent provient de ceux qui ont osé « libérer » Rome. En résumé, cet aureus est un témoignage tragique : il montre un Brutus « républicain » obligé de se comporter en monarque (portrait, or, titres militaires) pour tenter de sauver un système politique déjà condamné par l’histoire. Le magistrat monétaire associé à cette monnaie est une figure historique majeure de la fin de la République : Publius Servilius Casca Longus. 1. Le premier agresseur de César Casca Longus est resté célèbre dans l’histoire pour son rôle lors des Ides de Mars (15 mars 44 av. J.-C.). Selon les récits de Plutarque et de Suétone, c’est lui qui a porté le premier coup de poignard à Jules César. Alors que les conjurés entouraient le dictateur, Casca se tenait derrière lui. Il l’aurait frappé à l’épaule ou à la gorge en criant à son frère (en grec) : « Frère, à l’aide ! ». Ce geste a déclenché l’assaut général des autres conspirateurs. 2. Identité et Famille Branche familiale : Il appartenait à la gens Servilia, une famille aristocratique ancienne. Bien que membre de la noblesse, il était initialement un proche de César avant de rejoindre le camp de Brutus et Cassius. Le rôle de son frère : Il ne faut pas le confondre avec son frère, Gaius Servilius Casca, qui était également l’un des conspirateurs. Les deux frères ont fui Rome ensemble après que la foule se soit retournée contre les assassins lors des funérailles de César. 3. Son rôle en tant que « Monétaire » (Legatus) Sur cet aureus, son nom apparaît sous la forme CASCA LONGVS. En 42 av. J.-C., il ne s’agit pas d’un magistrat monétaire ordinaire (comme ceux qui officiaient à Rome), mais d’un lieutenant (légat) de Brutus. Sa fonction de monétaire était de superviser la frappe de l’atelier mobile qui suivait l’armée des Libérateurs en Orient (en Asie Mineure puis en Grèce). En inscrivant son nom sur la pièce, il affirmait sa légitimité et son rang élevé au sein de la coalition républicaine. 4. Sa fin tragique Comme la plupart des conspirateurs, Casca ne survit pas longtemps après l’émission de cette monnaie. Il participe à la bataille de Philippes en octobre 42 av. J.-C. Après la défaite finale des forces républicaines contre Antoine et Octave, il se serait donné la mort, tout comme Brutus et Cassius, pour échapper à la capture et à l’exécution. Variante : Revers différent avec un trophée avec épée courbée et deux lances à gauche et bouclier en huit à droite; à la base, de chaque côté, proue et, à droite, épée à manche carré. Un petit L au-dessous des lances. Référence : RRC 507/1b British Museum 7.99g Lien : The Aureus of Casca Longus (RRC 507/1) de Wilhelm Hollstein Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République
1641JU – Aureus Brutus – Lucius Sestius Quirinalis

1641JU – Aureus Brutus – Lucius Sestius Quirinalis Avers : L SESTI / PRO Q (Lucius Sestius Pro Quaestori, Lucius Sestius pro questeur) Buste voilé et drapé de Libertas (la Liberté) à droite. Revers : Q CAEPIO BRVTVS PR. COS (Quintus Caepio Brutus proconsul) Trépied delphien entre une hache à sacrifice et un simpulum. Bibliothèque nationale de France 7.95g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Sud-ouest Asie mineure? Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Sestia, Servilia et Junia Références : RRC 502/1 – B.36 (Junia) L’analyse du symbolisme et du contexte historique de cette monnaie (frappé en 43-42 av. J.-C.) révèle une stratégie de communication politique très précise de la part de Brutus, visant à transformer son image de « meurtrier » en celle de « sauveur » de l’État. 1. Le Contexte Historique : Une République en exil Cette monnaie est frappée alors que Brutus et Cassius, les « Libérateurs », se trouvent en Orient (Asie Mineure et Grèce). Ils ont pris le contrôle des provinces orientales pour lever les fonds et les légions nécessaires à l’affrontement final contre Octave et Marc Antoine. Une monnaie de guerre : L’émission d’aurei (en or) est exceptionnelle sous la République. Elle répond à une nécessité immédiate : payer les soldes des officiers et s’assurer la loyauté des troupes avant la bataille décisive de Philippes. Légitimité institutionnelle : Bien qu’il soit en exil, Brutus utilise son titre de PRO COS (Proconsul) et mentionne son questeur L. Sestius. Cela vise à démontrer que son commandement est légal et émane de l’autorité du Sénat, contrairement au Triumvirat qu’il considère comme une usurpation. 2. Symbolisme de l’Avers : La Libertas voilée L’avers présente la tête de Libertas (la Liberté), mais avec une particularité notable : elle est voilée. La piété et le deuil : Le voile suggère une dimension religieuse et solennelle. Cela peut interpréter la Liberté comme une divinité que l’on doit honorer avec gravité, ou symboliser le deuil de la République blessée par la dictature de César. Le message politique : Brutus réaffirme que le seul motif de son action est le rétablissement de la liberté républicaine. 3. Symbolisme du Revers : Le Trépied et les attributs religieux Le revers est dominé par un trépied delphien, flanqué d’une hache sacrificielle (securis) et d’un vase à libation (simpulum). Le patronage d’Apollon : Le trépied est le symbole par excellence d’Apollon. Ce dieu était le protecteur personnel de Brutus (le mot d’ordre à la bataille de Philippes était d’ailleurs « Apollon »). Brutus se place sous une protection divine solaire et civilisatrice contre ce qu’il présente comme la tyrannie. L’autorité religieuse : La hache et le vase sont les insignes du collège des Pontifes, dont Brutus faisait partie. En affichant ces instruments, il signifie que ses actes sont conformes au droit sacré et à la volonté des dieux. Il ne s’agit pas d’une rébellion, mais d’une mission de purification de l’État. Synthèse Cette monnaie est un chef-d’œuvre de propagande. Il cherche à équilibrer la force militaire (le titre de Proconsul) avec la vertu morale (Libertas) et la caution divine (Apollon/Pontificat). Cette monnaie mentionne un personnage clé de l’état-major de Brutus : Lucius Sestius Quirinalis (orthographié L. SESTI sur la monnaie). Voici les informations essentielles sur ce magistrat monétaire et son rôle historique : 1. Son rôle auprès de Brutus Sur cette monnaie, Lucius Sestius porte le titre de PRO Q (Pro Quaestore). Fonction : En tant que pro-questeur, il était le responsable financier et logistique de Brutus durant sa campagne en Orient (43-42 av. J.-C.). Responsabilité monétaire : C’est lui qui supervisait l’atelier monétaire itinérant suivant l’armée. Il avait la lourde tâche de transformer le métal précieux (souvent issu de réquisitions en Asie Mineure) en pièces de monnaie pour payer les légions. 2. Un survivant politique Contrairement à son chef Brutus qui se suicida après la défaite de Philippes en 42 av. J.-C., Lucius Sestius a survécu aux guerres civiles : Amnistie : Il bénéficia de l’amnistie accordée par les membres du second triumvirat. Loyauté mémorielle : Il est resté célèbre pour sa fidélité à la mémoire de Brutus, conservant des statues du « Libérateur » chez lui, même après l’avènement d’Auguste. 3. Consul aux côtés d’Auguste Fait remarquable, son passé républicain ne l’empêcha pas d’atteindre le sommet de l’État sous l’Empire : Consul Suffect (23 av. J.-C.) : Auguste le choisit comme collègue au consulat lorsqu’il démissionna lui-même de cette fonction. Symbole de réconciliation : La nomination de Sestius (un ancien partisan de l’assassin de César) par Auguste était un geste politique fort. Cela prouvait que le nouveau régime (le Principat) pouvait intégrer les anciens républicains ralliés, renforçant l’image d’une « République restaurée ». 4. Liens culturels et archéologiques Horace : Le poète Horace lui a dédié l’une de ses célèbres odes (Ode I, 4, Solvitur acris hiems), ce qui témoigne de son appartenance à la haute société intellectuelle romaine. Production de briques et d’amphores : Des recherches archéologiques ont identifié des estampilles de briques et d’amphores au nom de L. SESTI. Il possédait d’importantes briqueteries et des domaines produisant du vin près de Cosa en Étrurie, faisant de lui l’un des hommes les plus riches de son temps. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Sestia, d’origine patricienne, remonte à une haute antiquité. Un de ses membres, P. Sestius Capitolinus Vaticanus, fut consul dès l’an 302 (452 av. J.-C.), avec T. Menenius Agrippa. On l’appelle quelquefois Sextius, et bien que, plus tard, on ait distingué les familles Sestia et Sexlia, elles paraissent sortir de la même souche et avoir porté primitivement le même nom. P. Sestius ou Sextius fut questeur en 691 (63 av. J.-C.) et aida Cicéron à démasquer la conspiration de Catilina. Tribun du peuple en 697 (57 av. J.-C.), préteur en 701 (53 av. J.-C.), il suivit la fortune du parti pompéien jusque dans le courant de l’année 706 (48 av. J.-C.), époque où il se rallia à César. Son fils, L. Sestius, le seul des