1584JU – Aureus Octave – Publius Clodius

1584JU – Aureus Octave – Publius Clodius Avers : C·CAESAR – III.VIR·R·P.C (Caius Caesar, Triumvir Reipublicae Constituendae) Tête nue d’Octave à droite. Revers : P. CLODIVS M. F. IIII VIR A. P. F. (Publius Clodius Marci filins, quatuorvir auro publico feriundo) Vénus à demi nue, assise à gauche, sur un autel, et tenant de la main droite une colombe, tandis que du bras gauche elle tient Cupidon agenouillé à côté d’elle. British Museum 8.09g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Claudia et Julia Références : RRC 494/6a – B.80 (Julia) Cet aureus, frappé en 42 av. J.-C., est une pièce maîtresse de la propagande politique à la fin de la République romaine. Son symbolisme et son contexte s’inscrivent dans une période de transition brutale entre l’assassinat de Jules César et l’avènement de l’Empire. 1. Le Contexte Historique : L’Urgence de la Guerre En 42 av. J.-C., Rome est déchirée par la guerre civile des Libérateurs. Le Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide) a été officialisé l’année précédente par la Lex Titia. Le besoin d’or : Cet aureus fait partie d’une série massive de frappes en or (métal normalement réservé aux urgences d’État) destinées à financer les 28 légions levées pour affronter Brutus et Cassius en Macédoine. L’atelier de Rome : Contrairement à d’autres monnaies de l’époque frappées par des ateliers itinérants suivant les armées, le RRC 494/6 est issu de l’atelier de Rome. Il est signé par le monétaire Publius Clodius, membre d’un collège de quatre magistrats (quattuorviri) dévoués aux triumvirs. L’affirmation d’Octave : À seulement 21 ans, le futur Auguste doit prouver sa légitimité face au charismatique Marc Antoine. La monnaie est son principal outil de communication de masse. 2. Le Symbolisme de l’Avers : L’Héritier de César Le portrait d’Octave à l’avers porte la légende C·CAESAR·III·VIR·R·P·C. Le nom de César : En s’appelant « Caius Caesar » (et non Octavianus), il martèle son statut de fils adoptif et d’héritier universel du dictateur assassiné. La Tête nue : Le fait qu’il soit représenté tête nue (sans couronne) suggère encore une certaine retenue républicaine, bien que le titre de Triumvir indique un pouvoir extraordinaire pour « restaurer la République ». 3. Le Symbolisme du Revers : La Divine Ascendance Le revers est le plus riche en symboles, mettant en scène Vénus et Cupidon. Vénus, l’ancêtre mythique : Selon la légende, la Gens Julia (la famille de César et Octave) descend d’Énée, fils de Vénus. En affichant la déesse, Octave ne célèbre pas seulement l’amour, mais sa propre origine divine. La Colombe et Cupidon : Vénus est assise sur un cippus (un socle), tenant une colombe (symbole de paix et de dévotion) tout en embrassant Cupidon. Ce geste souligne la pietas (la piété filiale) : l’amour entre la mère et le fils fait écho à la loyauté qu’Octave doit à son père adoptif, Jules César. Vénus Victrix : Dans ce contexte de guerre imminente, Vénus est aussi Venus Victrix (la victorieuse). On rappelle aux soldats que la divinité qui a guidé César vers la gloire protège désormais son fils. Le monétaire responsable de l’émission de cet aureus est Publius Clodius, fils de Marcus (P. CLODIVS M. F.). Malgré la rareté exceptionnelle de ses monnaies d’or, l’identité précise de ce magistrat reste un sujet de débat passionnant parmi les historiens et numismates. Voici les points clés à retenir sur ce personnage et ses fonctions : 1. Son Titre Spécifique : Quattuorvir Contrairement à la majorité des monétaires romains qui étaient des triumviri (collège de trois), Publius Clodius appartient à un collège de quatre magistrats en 42 av. J.-C. : les Quattuorviri. La légende IIII·VIR·A·P·F : Ce titre abrège Quattuorvir Auro Publico Feriundo, soit « l’un des quatre hommes chargés de la frappe de l’or public ». Ses collègues : Il travaillait aux côtés de L. Mussidius Longus, C. Vibius Varus et L. Livineius Regulus. Ensemble, ils ont frappé une série de monnaies prestigieuses pour les trois membres du Triumvirat (Antoine, Octave et Lépide). 2. Hypothèses d’Identité Ce personnage est « historiquement peu connu » en dehors de ses monnaies, ce qui a mené à plusieurs théories : P. Clodius Turrinus : L’hypothèse la plus répandue (soutenue par Borghesi et Babelon) l’identifie à un célèbre rhéteur de l’époque mentionné par Sénèque le Père. Selon cette thèse, son père Marcus aurait été ruiné par les guerres civiles en Espagne avant que Publius ne retrouve la fortune grâce à son talent oratoire et son soutien à la cause césarienne. L’énigme de la filiation : Il ne doit pas être confondu avec le célèbre et turbulent Publius Clodius Pulcher (l’ennemi de Cicéron mort en 52 av. J.-C.), car notre monétaire précise bien être le fils de Marcus (M. F.), alors que Pulcher était le fils d’un Appius. Certains suggèrent toutefois qu’il pourrait être un parent éloigné ou un « homonyme » cherchant à profiter du prestige du nom. 3. Son Rôle Politique Publius Clodius n’était pas un simple technicien de la monnaie, mais un officier de haut rang chargé de financer l’effort de guerre des Triumvirs. Production diversifiée : En plus de l’or de Lépide, il a frappé des monnaies pour Marc Antoine, Octave et des séries posthumes pour Jules César. Syncrétisme et Religion : Ses types monétaires (Apollon, Diane, le Soleil, Fortuna) montrent un intérêt marqué pour les cultes solaires et lunaires, souvent associés à l’idée d’un « Nouvel Âge » ou d’une ère de paix après le chaos, une thématique centrale de la propagande triumvirale. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon P. Clodius Turrinus. Monétaire en 711 (43 av. J.-C.) Publius Clodius, fils de Marcus Clodius, fut magistrat monétaire en 711 (43 av. J.-C.). On connaît un P. Clodius qui vivait à cette époque, mais il ne saurait être notre monétaire, car il était fils de P. Clodius Pulcher,le célèbre adversaire de Milon,etles médailles disent que le monétaire était fils d’un Marcus. Il faut aussi éviter de confondre le monétaire avec le Clodius que César envoya en Macédoine en 706 (48 av. J.-C.) rejoindre Metellus Scipion; ce dernier doit être le
1489CO – Sesterce Considia _ Caius Considius Pætus

1489CO – Sesterce Considia _ Caius Considius Pætus Avers : C. CONSIDIVS (ou C·CONSIDI, C·CONSID, ou C·COSNVS) Buste ailé de Cupidon, tourné à droite. Revers : Anépigraphe Globe céleste sur lequel sont posées deux cornes d’abondance attachées avec des bandelettes. British Museum 0.76g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Considia Références : RRC 465/8 – B.10 (Considia) – Syd.997 Ce sesterce d’argent est une monnaie dont le symbolisme est indissociable du climat politique de l’année 46 av. J.-C., marquée par la domination absolue de Jules César. Le monétaire, Caius Considius Paetus, se trouve alors dans une position délicate qui explique l’iconographie choisie. 1. Le Contexte Historique : La Clémence et la Loyauté En 46 av. J.-C., la guerre civile tourne à l’avantage définitif de César après la bataille de Thapsus. Un passé pompéien : Le père du monétaire, Caius Considius Longus, était un partisan acharné de Pompée en Afrique. Après la défaite de Thapsus, le jeune Paetus est capturé par César à Hadrumète. Le pardon de César : Contrairement à d’autres, Paetus obtient le pardon du dictateur (Clementia Caesaris). Sa nomination comme magistrat monétaire peu après est un signe fort de sa réintégration, mais aussi une obligation de témoigner sa gratitude et sa loyauté envers son nouveau maître. 2. Le Symbolisme de l’Avers : Cupidon et la Gens Julia Le choix de Cupidon (l’Amour) n’est pas anodin : Lien divin : Cupidon est le fils de Vénus. Or, Jules César revendique une descendance directe de Vénus via son ancêtre Énée et son fils Iule. Allégeance : En faisant figurer Cupidon sur ses sesterces, Paetus rend hommage à la lignée divine de César. C’est une manière subtile mais claire de légitimer le pouvoir du dictateur. Variantes de légendes : Les différentes formes du nom (C. CONSID, C. COSNVS) sur un flan si petit témoignent de l’adaptation des graveurs à l’espace restreint du sesterce d’argent, qui pèse moins d’un gramme. 3. Le Symbolisme du Revers : Le Globe et les Cornes d’Abondance Le revers anépigraphe présente une composition hautement politique : Le Globe : Il symbolise l’Universalité. Il indique que le pouvoir de Rome (et par extension celui de César) s’étend désormais sur le monde entier (Orbis Terrarum). Les Cornes d’Abondance (Cornucopiae) : Elles représentent la Prospérité et la Félicité Publique. Après des années de guerres civiles sanglantes et de pénuries, ce symbole promet le retour de l’ordre et de la richesse grâce à la victoire de César. Les Bandelettes (Vittae) : Elles ajoutent une dimension sacrée à l’objet, soulignant que cette abondance est un don des dieux ou le résultat d’une piété retrouvée. Le monétaire C. Considius Paetus (Caius Considius Paetus) est une figure fascinante de la fin de la République, dont l’histoire personnelle illustre parfaitement la politique de clémence de Jules César. 1. Identité et Origines C. Considius Paetus est identifié par les historiens (notamment Borghesi) comme le fils de Caius Considius Longus. Son père (Considius Longus) : C’était un fervent partisan de Pompée et propréteur en Afrique. Il a farouchement résisté à César, refusant même de lire ses messages de paix. Après la défaite de Thapsus en 46 av. J.-C., Longus a tenté de s’enfuir avec ses trésors mais a été assassiné par ses propres gardes numides. Le pardon de César : Le jeune Paetus se trouvait avec son père en Afrique lors de cette campagne. Contrairement à son père, il a été épargné par César après la victoire de ce dernier. 2. Sa fonction de Monétaire Paetus est nommé Triumvir Monetalis (membre du collège des trois magistrats chargés de la frappe des monnaies) en 46 av. J.-C., l’année même de la mort de son père et de sa soumission à César. Un acte d’allégeance : La frappe du denier RRC 465/1 est souvent perçue comme un geste de réconciliation. En célébrant les nouveaux honneurs de César (la chaise curule), Paetus montre publiquement sa loyauté envers celui qui lui a laissé la vie sauve. Ses collègues : Il a exercé cette fonction aux côtés de Titus Carisius et Manlius Cordius Rufus, qui ont également frappé des monnaies riches en symbolisme césarien cette année-là. 3. Liens avec Apollonie d’Illyrie Une hypothèse intéressante, soutenue par l’analyse des styles monétaires, suggère que Paetus aurait pu commencer à frapper monnaie à Apollonie d’Illyrie avant de le faire à Rome. C’est ce qui expliquerait la présence fréquente de la tête d’Apollon sur ses pièces (Avers du 465/1), Apollon étant la divinité tutélaire de cette ville. Cela placerait Paetus au cœur des zones de conflit de la guerre civile avant qu’il ne rejoigne le camp des vaincus en Afrique, puis celui des ralliés à Rome. Variante avec petite tête de Cupidon Référence : RRC 465/8b British Museum 0.78g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Considius Paetus. Monétaire en 705 (49 av. J.-C.) Borghesi a reconnu dans ce monétaire le personnage désigné ainsi par Hirtius : C. Considius filiusi, qui était le fils de C. Considius Longus, propréteur en Afrique et partisan de Pompée. Le monétaire se déclara aussi, comme son père, l’adversaire de César, mais après la bataille de Thapsus en 707 (47 av. J.-C.), il fit sa soumission et obtint son pardon avec le gouvernement d’Hadrumète. Ses monnaies ont été frappées en 705 (49 av. J.-C.) à Apollonie d’Illyrie. Cicéron nous parle des pièces d’argent qu’on fit frapper dans cette ville à cette époque de détresse; C. Considius fuyait avec les partisans de Pompée. Le buste de Pallas et le quadrige de la Victoire, ainsi que la Victoire portant un trophée, expriment évidemment les voeux et les espérances des Pompéiens; la tête de Vénus Erycine fait allusion aux souvenirs de la famille Considia que nous avons signalés plus haut; la chaise curule nous indique que C. Considius Paetus était probablement édile curule à l’époque où il fit frapper monnaie. Quant à la tête laurée à l’aspect féminin qui figure sur les deniers n° 2, 3 et 4, dans laquelle Eckhel a voulu reconnaître Vénus, et d’autres la Liberté, elle est
1474CO – Sesterce Cordia – Manius Cordius

1474CO – Sesterce Cordia – Manius Cordius Avers : MN·CORDIVS (Manius Cordius) Casque avec aigrette. Revers : RVFVS ou RVFI ou RVF (Rufus) Cupidon s’avançant à droite, tenant une palme et une couronne. British Museum 0.88g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Cordia Références : RRC 463/6a – B.9 (Cordia) – Syd.981 Le sesterce de Manius Cordius Rufus (RRC 463/6), frappé en 46 av. J.-C., est une pièce riche en symbolisme politique, s’inscrivant dans une année charnière de l’histoire romaine. Voici l’analyse détaillée de son symbolisme et de son contexte : 1. Le Symbolisme : Un hommage à la lignée de César Bien que Manius Cordius Rufus soit le magistrat monétaire (triumvir monétaire), le choix des motifs est une célébration directe de Jules César, alors au faîte de sa puissance. Le Casque (Avers) : Le casque corinthien à aigrette évoque Minerve (déesse de la sagesse et de la guerre stratégique) ou la Virtus (la valeur guerrière). C’est un rappel de la protection divine sur les armées romaines et de la légitimité militaire de César. Cupidon (Revers) : C’est l’élément le plus politique. Cupidon est le fils de Vénus. Or, la Gens Iulia (la famille de César) prétend descendre directement de Vénus Genetrix. La Palme et la Couronne : En tenant ces deux attributs, Cupidon ne représente pas seulement l’amour, mais la Victoire. Le message est clair : la victoire de César est une victoire « divine », orchestrée par ses ancêtres célestes. 2. Le Contexte Historique : L’année des Triomphes L’année 46 av. J.-C. est fondamentale pour plusieurs raisons : La Victoire de Thapsus : César vient de vaincre les partisans de Pompée en Afrique (avril 46). À son retour à Rome, il célèbre quatre triomphes grandioses (Gaule, Égypte, Pont, Afrique). Le Besoin de Numéraire : Pour payer les primes des vétérans et financer les jeux spectaculaires offerts au peuple, les ateliers monétaires de Rome tournent à plein régime. C’est dans ce cadre que Cordius Rufus frappe ses monnaies. La Réapparition du Sesterce d’Argent : Le sesterce en argent avait presque disparu de la circulation au profit du denier. César le réintroduit massivement pour faciliter les petites transactions et les distributions de monnaie au peuple (congiaria). 3. Le Lien avec les Dioscures Manius Cordius Rufus était originaire de Tusculum, une ville célèbre pour son culte très ancien dédié aux Dioscures (Castor et Pollux). On retrouve d’ailleurs les têtes des jumeaux divins sur les deniers de ce même monétaire (RRC 463/1). Sur le sesterce (RRC 463/6), bien que le motif soit centré sur Cupidon, la symbolique de protection de la cité et de victoire militaire reste cohérente avec l’iconographie familiale du monétaire. Manius Cordius Rufus est un personnage dont la trace historique repose quasi exclusivement sur sa production monétaire et quelques rares inscriptions. Il appartient à une catégorie de magistrats romains dits « mineurs », mais dont le rôle était crucial pour l’économie et la propagande impériale. 1. Identité et Origine Nom complet : Mn. Cordius Rufus. Famille (Gens) : Il appartient à la gens Cordia, une famille plébéienne qui n’avait jamais atteint les plus hautes sphères du pouvoir (le consulat) avant lui. Origine géographique : Sa famille est originaire de Tusculum (une ancienne cité latine proche de Rome). C’est pour cette raison qu’il choisit les Dioscures sur ses pièces, car ces derniers étaient les divinités protectrices de sa ville natale. 2. Fonction : Triumvir Monétaire En 46 av. J.-C., il occupe la charge de III VIR AAAFF (Triumvir Auro Argento Aere Flando Feriundo), soit l’un des trois magistrats chargés de la fonte et de la frappe des monnaies de bronze, d’argent et d’or. Le Collège de 46 av. J.-C. : Il travaillait aux côtés de deux autres monétaires : Titus Carisius et C. Considius Paetus. Une carrière ascendante : Bien que connu surtout pour ses monnaies, une inscription retrouvée à Tusculum (ILLRP 414) suggère qu’il aurait pu atteindre le rang de Préteur, montrant que sa loyauté envers César a favorisé son ascension sociale. 3. Allégeance Politique Manius Cordius Rufus est un partisan de Jules César. Son mandat de 46 av. J.-C. coïncide avec l’année où César est nommé Dictateur pour dix ans. La marque de César : En choisissant de représenter Vénus sur le revers de ses monnaies, il rend hommage à la Gens Julia (la famille de César), qui revendiquait une descendance divine de Vénus. Le contexte financier : Rufus a supervisé la frappe d’importantes quantités de monnaie pour financer les célébrations des triomphes de César et le paiement des légions après la bataille de Thapsus. Variante : Cupidon au revers tenant une branche de palmier vers le haut dans la main gauche et une couronne dans la main droite. Référence : RRC 463/6b CNG 0.76g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Manius Cordius Rufus fut triumvir monétaire vers 705, ou peu après (49 av. J.-C.). C’est le seul membre de la famille Cordia qui soit connu, et il faut éviter de confondre ses monnaies avec celles de Mucius Cordus. Cavedoni pense avec raison que Man. Cordius Rufus fut monétaire de Pompée en Orient à cause de la ressemblance de ses monnaies avec les types des médailles du Pont. L’égide de Minerve reproduit le type de pièces de bronze d’Amisus, de Chabacta, de Comana et d’autres villes du Pont ; la chouette se voit sur les pièces d’argent d’Amisus; l’aigle, aux ailes éployées, se rencontre aussi sur des bronzes de la même ville. Ces rapprochements nous donnent la certitude que Man. Cordius Rufus frappa monnaie dans le Pont, peut-être même dans l’atelier d’Amisus. Cela est vrai au moins pour les pièces qui reproduisent les types autonomes des villes du Pont ; quant à celles qui font allusion aux souvenirs de la gens Cordia, peut-être ont-elles été frappées à Rome même ou en Italie, avant la fuite des Pompéiens. Malheureusement on ne connaît que fort imparfaitement le monétaire Man. Cordius Rufus qui n’est cité dans aucun auteur. Cependant, une inscription de Tusculum publié par Borghesi, mentionne un Manius Cordius Rufus
1280CO – Aureus Sylla – Lucius Cornelius Sulla

1280CO – Aureus Sylla – Lucius Cornelius Sulla Avers : L. SVLLA (Lucius Sylla) Tête diadémée de Vénus à droite; devant elle, une statuette de Cupidon ailé, nu debout à gauche, tenant une palme. Revers : IMPER / ITERV (Imperator Iterum, Revêtu de la deuxième acclamation impériale) Vase à sacrifices (capis) et lituus entre deux trophées. Bibliothèque nationale de France 10.81g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Itinérant avec Sylla Datation : 84-83 avant J.C. Matière : Or Gens : Cornelia Référence : RRC 359/1 – B. 28 (Cornelia) – Syd.760 Le Contexte : Une Monnaie Impératoriale Exceptionnelle Contrairement à la majorité des monnaies républicaines, qui étaient émises par des magistrats monétaires (les tresviri monetales) pour le Sénat, cet émission est une monnaie militaire (ou impératoriale). Elle est émise sous l’autorité directe d’un commandant doté de l’imperium. Le Monétaire : Lucius Cornelius Sulla (Sylla). La Légende : Le nom L. SVLLA (Lucius Sylla) apparaît clairement à l’avers, et le revers porte la mention IMPER ITERVM (Imperator Iterum, « Commandant acclamé pour la deuxième fois »). La Date/Lieu : Frappé autour de 84-83 av. J.-C. par un atelier monétaire itinérant (souvent considéré comme en Grèce ou en Italie du Sud) pour payer ses troupes alors qu’il préparait son retour à Rome après sa victoire contre Mithridate VI. Pourquoi Sylla ? Autorité Militaire Suprême : L’émission de cette pièce d’or (l’aureus) est en soi un acte exceptionnel, reflétant un besoin de financement massif pour son armée, en dehors du contrôle habituel du Sénat. Seul un chef militaire comme Sylla, détenant l’imperium et des ressources financières (butin de guerre), pouvait le faire. Propagande Politique : Les symboles choisis sont une forme de propagande personnelle : Vénus et Cupidon (l’avers) : Vénus était sa divinité tutélaire, qu’il honorait publiquement. Le Lituus et le Capis (au revers) : Instruments sacerdotaux faisant référence à son augurat, soulignant son autorité religieuse et son statut. IMPER ITERVM : Affirmation de son prestige militaire et de sa légitimité à diriger les armées. Sylla est donc l’émetteur principal et la figure centrale de cette monnaie, qui préfigure les émissions personnalisées de la fin de la République, notamment celles de Pompée et de Jules César. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon D’après ce classement, les monnaies frappées par les soins du questeur L. Licinius Lucullus datent, les unes de l’an 667 et les autres de l’an 671 : ces monnaies étaient célèbres dans l’antiquité même sous le nom de monnaies luculliennes, et voici ce que Plutarque nous raconte à leur sujet : « C’est par les soins de Lucullus, que fut frappée, dans le Péloponèse, la plus grande partie de la monnaie émise pendant la guerre de Mithridate, d’où vint le nom de lucullienne à cette monnaie qui resta longtemps en circulation, ayant eu l’occasion de s’échanger rapidement en soldant les dépenses nécessitées par les besoins de la guerre . »L’aureus et le denier qui suivent ont été frappés dans la Grèce en 667 (87 av. J.-C.) après les victoires de Chéronée et d’Orchomène dont nous avons parlé plus haut : les deux trophées font allusion à ces deux victoires, tandis que le praefericulum et le lituus rappellent que Sylla était investi de la dignité d’augure. C’est au cours de cette expédition que Sylla fut proclamé pour la seconde fois imperator par ses troupes. « Le titre d’imperator iterum que lui donnent quelquefois les médailles, dit Mommsen, ne se rapporte pas aux nombreuses victoires qu’il remporta sur Mithridate, de 667 à 670; car un général ne pouvait être proclamé imperator qu’une seule fois dans la même guerre. Mais il est probable que ce titre lui avait été déjà donné une fois, soit dans sa campagne de Cilicie, qu’il fit en qualité de propréteur en 662 (92 av. J.-C.), soit pendant la guerre Sociale, et on avait tenu compte de ce renouvellement de titre, comme nous le verrons aussi pour L. Aemilius Paullus. Cependant, il ne faudrait pas regarder les monnaies sur lesquelles on lit IMP, comme plus anciennes que celles sur lesquelles on trouve IMP. ITERVM ; car nous savons par les inscriptions que l’usage d’ajouter iterum commença seulement à s’introduire vers cette époque et qu’il n’était pas encore devenu une règle fixe ni exactement suivie ».
1267JU – Quinaire Julia – Lucius Julius Bursio

1267JU – Quinaire Julia – Lucius Julius Bursio Avers : Anépigraphe Buste drapé d’une divinité ternaire à droite (Véjovis ?) : Genius (Génie), lauré pour Apollon, ailé pour Mercure. Revers : Anépigraphe Cupidon nu, à droite, essayant de rompre un foudre sur son genou. Bibliothèque nationale de France 1.16g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 85 avant J.C. Matière : Argent Gens : Julia Références : RRC 352/2 – B.7 (Julia) Le monétaire qui a frappé ce quinaire est Lucius Julius Bursio (L. IVLI. BVRSIO). 👤 Identité et fonction Nom (Latin) : Lucius Julius Bursio. Fonction : Il était l’un des trois Triumviri Monetales (magistrats monétaires) de la République romaine. Date d’activité : 85 av. J.-C. Famille : Il appartenait à l’illustre Gens Julia (famille Julia), une des plus anciennes familles patriciennes de Rome, et celle de Jules César. 💡 Interprétation du Revers Le motif de Cupidon brisant le foudre pourrait être une allusion à l’autorité du monétaire Lucius Julius Bursio, en lien avec la Gens Julia. Il est possible que l’image fasse référence à une victoire ou une suprématie sur la foudre (symbole de Jupiter et de la puissance guerrière/céleste), dans un contexte politique turbulent où les factions s’affrontaient (à l’époque des guerres civiles entre Marius et Sylla). Certaines analyses voient le type de Cupidon comme un symbole de la famille elle-même, en lien avec l’ascendance mythologique revendiquée par la Gens Julia. Il s’agit du seul exemplaire que j’ai pu observer. Par ailleurs, son faible poids pourrait plutôt faire changer sa dénomination en sesterce. Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Julius Bursio. Monétaire en 666 (88 av. J.-C.) Ce personnage n’est connu que par ses monnaies, et les auteurs n’en font nulle mention. L’analogie des pièces de L. Julius Bursio avec celles de Manius Fonteius, et la formule ex argento publico qui se trouve à la fois avec le nom de Bursio et avec celui de Fonteius, prouvent que, peu de temps après la promulgation de la loi Papiria, ces deux personnages furent collègues comme magistrats monétaires. Borghesi admet l’opinion qui voit au droit des très nombreuses monnaies de Bursio, une divinité panthée réunissant les attributs d’Apollon, de Mercure et de Neptune. On a supposé, en outre, que cette tête faisait allusion au roi de Thrace, Bursaeus, qui donna l’hospitalité à ces trois dieux et en obtint, en retour, un fils du nom d’Orion. Je crois plutôt qu’il faut reconnaître dans cette tête celle d’Apollon Véjovis, divinité pour laquelle les Julii avaient un culte spécial dès la plus haute antiquité. C’est ce que constate l’inscription suivante très archaïque, découverte en 1845 sur voie Appienne, au sacrarium de la gens Julia : VEDIOVEI. PATREI. GENTILES. IVLIEI
1331EG – Denier Egnatia – Caius Egnatius Maxsumus

1331EG – Denier Egnatia – Caius Egnatius Maxsumus Avers : MAXSVMVS Buste nu et ailé de Cupidon à droite avec l’arc et la carquois sur l’épaule. Revers : C. EG(NA)TIVS CN. / F. / CN. N (Caius Egnatius Cnæi Filius Cnæi Nepos, Caius Egnatius fils de Cneius petit-fils de Cneius) Jupiter et Libertas debout de face dans un temple distyle (temple de Jupiter Libertas). Chiffre de contrôle dans le champ. British Museum 3.88g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 75 avant J.C. Matière : Argent Gens : Egnatia Références : RRC 391/2 – B.3 (Egnatia) – Syd.788 Caius Egnatius Maximus (vers 75 av. J.-C.) Fonction Monétaire : Il était l’un des triumviri monetales (triumvirs monétaires) en 75 av. J.-C., la fonction qui lui donnait le droit de frapper monnaie à Rome. Identité : L’inscription sur la pièce, C·EGNATIVS·CN·F / CN·N (Caius Egnatius, Gnaei filius, Gnaei nepos), indique qu’il était Caius Egnatius, fils et petit-fils d’un Gnaeus Egnatius. L’ajout de MAXSVMVS sur l’avers est le cognomen (surnom) de sa famille. Carrière : Sa frappe de monnaie est une étape au début de la carrière politique romaine (cursus honorum). La rareté des sources écrites pour cette période rend souvent difficile de reconstituer le reste de la carrière de ces individus, mais on trouve des mentions. Connexions Historiques et Famille La gens Egnatia était une famille d’origine samnite (une région d’Italie centrale) qui s’est installée à Rome. Ascendance Samnite : La famille semble avoir joué un rôle important dans la politique samnite avant de s’intégrer à l’aristocratie romaine. Postérité (Selon certaines sources) : Il est possible que C. Egnatius Maximus ait fait partie de l’entourage de M. Licinius Crassus. Certaines sources l’associent à l’expédition de Crassus contre les Parthes et au désastre de Carrhes en 53 av. J.-C., où il se serait échappé avec 300 cavaliers. L’historien Appien mentionne un Egnatius et son fils qui furent inclus dans les proscriptions de 43 av. J.-C. (les purges politiques menées par le Second Triumvirat) et exécutés. Il est possible, mais non certain, qu’il s’agisse de C. Egnatius Maximus et de son fils. 🏛️ Contexte Politique et Numismatique L’année 75 av. J.-C. se situe dans la période agitée qui suit les guerres civiles et les proscriptions de Sylla (qui ont pris fin quelques années auparavant). Les types monétaires de C. Egnatius Maxsumus font souvent référence à ces événements : Référence à la Liberté : Le revers de ce denier représente le Temple de Jupiter Libertas (Jupiter Liberté) et la déesse Libertas (la Liberté) elle-même, symbolisée par le pileus (bonnet de liberté). Pour les numismates, cela pourrait être une allusion au retour à l’ordre et à la Liberté après la dictature de Sylla. Allusions Familiales : L’avers de cette monnaie, avec le buste de Cupidon, fait probablement allusion aux ancêtres du monétaire ou à un culte familial lié à Vénus, mère de Cupidon. L’épithète Maxsumus suggère un lien avec la branche la plus éminente de sa gens. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La gens Egnatia était originaire du Samnium, probablement même de la ville de Teanum. Gellius Egnatius commandait les Samnites pendant les grandes guerres que le Samnium soutint contre Rome, au troisième siècle avant notre ère’. Marius Egnatius fut aussi un des principaux chefs des alliés italiens dans la guerre Sociale qui prit fin en 665 (89 av. J.-C.). Fixée à Rome à la suite de tous ces événements, la gens Egnatia y obtint d’être admise au Sénat, et c’est un de ses principaux représentants, C. Egnatius Maximus,qui frappa les monnaies décrites plus bas; ce personnage accompagna M. Licinius Crassus dans son expédition contre les Parthes, et après le grand désastre de Carrhae en 701 (53 av. J.-C.), il s’échappa avec trois cents cavaliers. Appien le signale comme ayant été compris avec son fils dans la proscription de l’an 711 (43 av. J.-C.). C’est vers l’an 685 (69 av. J.-C.) qu’il exerça la charge de triumvir monétaire. Les types des médailles de C. Egnatius Maximus ont résisté jusqu’icià une interprétation satisfaisante. Le denier n. 1 indique par sa dentelure qu’il était destiné au commerce avec les peuples barbares. Le type de la Liberté, au revers, peut faire croire que l’un des ancêtres du monétaire contribua à la construction d’un atrium Libertatis. Sur le n. 2, l’association de la déesse Rome et de Vénus fait songer au temple qui fut plus tard élevé, sous le règne de l’empereur Hadrien, à Rome et à Vénus, Romae et Veneri, et dont on voit encore les débris près de l’arc de triomphe de Titus. Ainsi donc, depuis longtemps déjà, quand on bâtit ce temple, Rome et Vénus avaient été associées dans un même culte qui rappelait d’ailleurs l’origine troyenne de Rome. Sur le denier n. 3, on voit, comme l’a remarqué Cavedoni, le temple de Jupiter et de la Liberté, appelé aedes Joins Libertatis. En somme, nous trouvons sur les monnaies de C. Egnatius Maximus, Vénus et Cupidon, la Liberté, la déesse Rome et Jupiter, divinités bien caractérisées parleurs attributs, mais rien ne nous apprend pour quels motifs le monétaire choisit ces types. La forme Maxsumus pour Maximus est un archaïsme qui nous porte à croire que les types qui accompagnent cette légende se rapportent à un Egnatius Maxsumus, ancêtre plus ou moins éloigné du monétaire qui portait le même nom. Lieux de découverte (108 exemplaires)
1330EG – Denier Egnatia – Caius Egnatius Maxsumus

1330EG – Denier Egnatia – Caius Egnatius Maxsumus Avers: MAXSVMVS Buste diadémé et drapé de Libertas (la Liberté) à droite, portant boucles d’oreille et collier; derrière, un bonnet de liberté. Revers : C. EG(NA)TIVS CN. / F. / CN. N (Caius Egnatius Cnæi Filius Cnæi Nepos, Caius Egnatius fils de Cneius petit-fils de Cneius) Rome casquée debout de face tenant une haste de la main droite et posant le pied droit sur une tête de loup; à sa droite, Vénus diadémée debout de face tenant une haste de la main droite, Cupidon sur son épaule; de chaque côté une proue de navire surmontée d’une rame; dans le champ à gauche, marque de contrôle. British Museum 4.16g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 75 avant J.C. Matière : Argent Gens : Egnatia Référence : RRC 391/3 – B.2 (Egnatia) – Syd.787 Caius Egnatius Maximus (vers 75 av. J.-C.) Fonction Monétaire : Il était l’un des triumviri monetales (triumvirs monétaires) en 75 av. J.-C., la fonction qui lui donnait le droit de frapper monnaie à Rome. Identité : L’inscription sur la pièce, C·EGNATIVS·CN·F / CN·N (Caius Egnatius, Gnaei filius, Gnaei nepos), indique qu’il était Caius Egnatius, fils et petit-fils d’un Gnaeus Egnatius. L’ajout de MAXSVMVS sur l’avers est le cognomen (surnom) de sa famille. Carrière : Sa frappe de monnaie est une étape au début de la carrière politique romaine (cursus honorum). La rareté des sources écrites pour cette période rend souvent difficile de reconstituer le reste de la carrière de ces individus, mais on trouve des mentions. Connexions Historiques et Famille La gens Egnatia était une famille d’origine samnite (une région d’Italie centrale) qui s’est installée à Rome. Ascendance Samnite : La famille semble avoir joué un rôle important dans la politique samnite avant de s’intégrer à l’aristocratie romaine. Postérité (Selon certaines sources) : Il est possible que C. Egnatius Maximus ait fait partie de l’entourage de M. Licinius Crassus. Certaines sources l’associent à l’expédition de Crassus contre les Parthes et au désastre de Carrhes en 53 av. J.-C., où il se serait échappé avec 300 cavaliers. L’historien Appien mentionne un Egnatius et son fils qui furent inclus dans les proscriptions de 43 av. J.-C. (les purges politiques menées par le Second Triumvirat) et exécutés. Il est possible, mais non certain, qu’il s’agisse de C. Egnatius Maximus et de son fils. 📜 Contexte Historique et Signification des Types Monétaires En 75 av. J.-C., Rome sortait de la période troublée des guerres civiles et des proscriptions de Sylla. Les monétaires de cette époque utilisaient souvent leurs émissions pour faire de la propagande politique et pour célébrer les gloires ou les thèmes de leurs familles. L’Avers (Libertas) : Le buste de Libertas (la Liberté) avec le pileus (le bonnet de liberté) est un thème politique fort et significatif. Selon Michael Crawford (RRC), ce choix pourrait faire allusion au retour de la Liberté après la dictature de Sylla. Le Revers (Roma et Vénus) : La représentation de Roma (symbole de l’État romain) et de Vénus (déesse protectrice de la gens Julia, mais aussi de l’amour et de la felicitas – la chance) est complexe. Nous suggèrons que l’imagerie peut faire allusion soit à la Loi Julia de 90 av. J.-C. (qui accorda la citoyenneté aux Latins), soit plus généralement à la Respublica (la République) retrouvée. Certains érudits voient dans cette scène une possible allusion à un groupe cultuel ou même à l’aménagement de l’Atrium Libertatis. La présence de la proue de navire (galley) est également un élément symbolique qui pourrait renvoyer à une victoire navale familiale (bien que l’interprétation reste discutée). En résumé, C. Egnatius Maximus était un magistrat monétaire qui a utilisé son droit de frappe pour émettre des pièces au contenu très riche, probablement destinées à rappeler la fidélité de sa famille à la cause de la liberté et de la République romaine après les bouleversements politiques. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La gens Egnatia était originaire du Samnium, probablement même de la ville de Teanum. Gellius Egnatius commandait les Samnites pendant les grandes guerres que le Samnium soutint contre Rome, au troisième siècle avant notre ère’. Marius Egnatius fut aussi un des principaux chefs des alliés italiens dans la guerre Sociale qui prit fin en 665 (89 av. J.-C.). Fixée à Rome à la suite de tous ces événements, la gens Egnatia y obtint d’être admise au Sénat, et c’est un de ses principaux représentants, C. Egnatius Maximus,qui frappa les monnaies décrites plus bas; ce personnage accompagna M. Licinius Crassus dans son expédition contre les Parthes, et après le grand désastre de Carrhae en 701 (53 av. J.-C.), il s’échappa avec trois cents cavaliers. Appien le signale comme ayant été compris avec son fils dans la proscription de l’an 711 (43 av. J.-C.). C’est vers l’an 685 (69 av. J.-C.) qu’il exerça la charge de triumvir monétaire. Les types des médailles de C. Egnatius Maximus ont résisté jusqu’icià une interprétation satisfaisante. Le denier n. 1 indique par sa dentelure qu’il était destiné au commerce avec les peuples barbares. Le type de la Liberté, au revers, peut faire croire que l’un des ancêtres du monétaire contribua à la construction d’un atrium Libertatis. Sur le n. 2, l’association de la déesse Rome et de Vénus fait songer au temple qui fut plus tard élevé, sous le règne de l’empereur Hadrien, à Rome et à Vénus, Romae et Veneri, et dont on voit encore les débris près de l’arc de triomphe de Titus. Ainsi donc, depuis longtemps déjà, quand on bâtit ce temple, Rome et Vénus avaient été associées dans un même culte qui rappelait d’ailleurs l’origine troyenne de Rome. Sur le denier n. 3, on voit, comme l’a remarqué Cavedoni, le temple de Jupiter et de la Liberté, appelé aedes Joins Libertatis. En somme, nous trouvons sur les monnaies de C. Egnatius Maximus, Vénus et Cupidon, la Liberté, la déesse Rome et Jupiter, divinités bien caractérisées parleurs attributs, mais rien ne nous apprend pour quels motifs le monétaire choisit ces types. La forme Maxsumus pour Maximus est un archaïsme qui nous porte à
1473CO – Sesterce Cordia – Manius Cordius

1473CO – Sesterce Cordia – Manius Cordius Avers : MN·CORDIVS (Manius Cordius) Tête diadémé de Vénus à droite. Revers : RVFVS (Rufus) Cupidon s’avançant à droite, tenant une palme et une couronne. British Museum 0.98g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Cordia Références : RRC 463/5a – B.8 (Cordia) – Syd.980 Symbolisme de la pièce L’imagerie de cette monnaie est entièrement dédiée à la glorification de la gens Julia (la famille de Jules César), dont les Cordii étaient des partisans. L’Avers : Vénus (La Génitrice) Description : Le buste de Vénus, déesse de l’amour, portant un diadème. Symbolisme : Vénus est l’ancêtre mythique de Jules César (via Énée et Iule). En plaçant Vénus à l’avers, Rufus rend hommage au dictateur qui est alors au sommet de son pouvoir en 46 av. J.-C. Le diadème souligne son aspect royal et victorieux. Le Revers : Cupidon (L’Amour Victorieux) Description : Cupidon, le fils de Vénus, représenté comme un jeune enfant ailé. Il tient une palme et une couronne. Symbolisme : La palme et la couronne sont des symboles de victoire. Voir Cupidon avec ces attributs signifie que l’amour et la lignée de Vénus (César) ont triomphé des guerres civiles. C’est une propagande subtile : la paix et la victoire sont apportées par la descendance divine de Vénus. Contexte Historique : 46 av. J.-C. Le contexte de production est identique à celui mentionné précédemment, mais le rôle de Rufus est spécifique : Le Triomphe de César : Manius Cordius Rufus frappe cette monnaie au moment même où César rentre d’Afrique après la bataille de Thapsus. L’utilisation de Vénus et Cupidon est une célébration directe du succès de César. L’Atelier de Rome : Rufus était l’un des trois magistrats monétaires (triumvir monetalis). Ses émissions (notamment ses deniers avec l’égide de Minerve ou les têtes de Dioscures) sont réputées pour leur qualité artistique. Le Sesterce en Argent : À cette époque, le sesterce est une dénomination de petite taille mais de grande valeur d’usage au quotidien. En raison de sa petite taille, le type « Cupidon à la palme » est particulièrement recherché par les collectionneurs pour la finesse de sa gravure. Manius Cordius Rufus est un personnage dont la trace historique repose quasi exclusivement sur sa production monétaire et quelques rares inscriptions. Il appartient à une catégorie de magistrats romains dits « mineurs », mais dont le rôle était crucial pour l’économie et la propagande impériale. 1. Identité et Origine Nom complet : Mn. Cordius Rufus. Famille (Gens) : Il appartient à la gens Cordia, une famille plébéienne qui n’avait jamais atteint les plus hautes sphères du pouvoir (le consulat) avant lui. Origine géographique : Sa famille est originaire de Tusculum (une ancienne cité latine proche de Rome). C’est pour cette raison qu’il choisit les Dioscures sur ses pièces, car ces derniers étaient les divinités protectrices de sa ville natale. 2. Fonction : Triumvir Monétaire En 46 av. J.-C., il occupe la charge de III VIR AAAFF (Triumvir Auro Argento Aere Flando Feriundo), soit l’un des trois magistrats chargés de la fonte et de la frappe des monnaies de bronze, d’argent et d’or. Le Collège de 46 av. J.-C. : Il travaillait aux côtés de deux autres monétaires : Titus Carisius et C. Considius Paetus. Une carrière ascendante : Bien que connu surtout pour ses monnaies, une inscription retrouvée à Tusculum (ILLRP 414) suggère qu’il aurait pu atteindre le rang de Préteur, montrant que sa loyauté envers César a favorisé son ascension sociale. 3. Allégeance Politique Manius Cordius Rufus est un partisan de Jules César. Son mandat de 46 av. J.-C. coïncide avec l’année où César est nommé Dictateur pour dix ans. La marque de César : En choisissant de représenter Vénus sur le revers de ses monnaies, il rend hommage à la Gens Julia (la famille de César), qui revendiquait une descendance divine de Vénus. Le contexte financier : Rufus a supervisé la frappe d’importantes quantités de monnaie pour financer les célébrations des triomphes de César et le paiement des légions après la bataille de Thapsus. Variante : Légende MN·CORDI à l’avers Référence : RRC 463/5b British Museum 1.08g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Manius Cordius Rufus fut triumvir monétaire vers 705, ou peu après (49 av. J.-C.). C’est le seul membre de la famille Cordia qui soit connu, et il faut éviter de confondre ses monnaies avec celles de Mucius Cordus. Cavedoni pense avec raison que Man. Cordius Rufus fut monétaire de Pompée en Orient à cause de la ressemblance de ses monnaies avec les types des médailles du Pont. L’égide de Minerve reproduit le type de pièces de bronze d’Amisus, de Chabacta, de Comana et d’autres villes du Pont ; la chouette se voit sur les pièces d’argent d’Amisus; l’aigle, aux ailes éployées, se rencontre aussi sur des bronzes de la même ville. Ces rapprochements nous donnent la certitude que Man. Cordius Rufus frappa monnaie dans le Pont, peut-être même dans l’atelier d’Amisus. Cela est vrai au moins pour les pièces qui reproduisent les types autonomes des villes du Pont ; quant à celles qui font allusion aux souvenirs de la gens Cordia, peut-être ont-elles été frappées à Rome même ou en Italie, avant la fuite des Pompéiens. Malheureusement on ne connaît que fort imparfaitement le monétaire Man. Cordius Rufus qui n’est cité dans aucun auteur. Cependant, une inscription de Tusculum publié par Borghesi, mentionne un Manius Cordius Rufus fils d’un autre Manius, qui porte les titres de praetor, proconsul, aedilis lusirando monti sacra. C’est probablement le monétaire lui-même, car l’inscription date des dernières années de la période républicaine. On peut croire, en outre, d’après cette inscription trouvée à Tusculum, que la gens Cordia était originaire de cette ville, car le type des Dioscures qui se trouve sur les pièces, est identique à celui des monnaies d’argent de Man. Fonteius et à celui des pièces d’or de L. Sulpicius Rufus sur lesquelles on lit Tusculum. Les tètes de Castor et de Pollux font allusion au culte de ces divinités qui
1471CO – Denier Cordia – Manius Cordius Rufus

1471CO – Denier Cordia – Manius Cordius Rufus Avers : RVFVS. S. C (Rufus Senatus Consulto, Rufus avec l’accord du Sénat) Tête diadémée de Vénus à droite avec boucle d’oreille et collier. Revers : MN. CORDIVS (Manius Cordius) Petit personnage ailé (Cupidon) chevauchant un dauphin nageant à droite. British Museum 4.14g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Cordia Références : RRC 463/3 – B.3 (Cordia) – Syd.977 Ce denier est une pièce majeure de l’année 46 av. J.-C., une période charnière où la République romaine bascule vers le pouvoir personnel de Jules César. Son symbolisme est à la fois religieux, familial et hautement politique. 1. Le Symbolisme Religieux et Politique Le choix des motifs sur cette pièce n’est pas un hasard ; il s’inscrit dans une stratégie de communication visuelle visant à glorifier le dictateur Jules César. Vénus Verticordia (Avers) : La tête de Vénus, déesse de l’amour, est ici représentée sous son aspect de Verticordia (« celle qui change les cœurs »). Si ce culte est traditionnellement lié à la chasteté, sa présence sur le denier est un hommage direct à Jules César. Ce dernier affirmait descendre de la déesse par son ancêtre Énée. Frapper Vénus en 46 av. J.-C., c’est affirmer la légitimité divine du pouvoir de César. Cupidon et le Dauphin (Revers) : L’image de l’Amour (Cupidon) chevauchant un dauphin est un motif classique du cortège de Vénus. Le dauphin, créature marine bienveillante, symbolise ici la protection et la vitesse. Certains historiens y voient une allusion à la maîtrise des mers par Rome ou aux succès navals de César. Sur le plan symbolique, l’association Cupidon/dauphin évoque la prospérité et la paix retrouvées après les tourments des guerres civiles. 2. Le Contexte Historique : L’Apogée de César (46 av. J.-C.) L’année 46 av. J.-C. est fondamentale pour comprendre l’émission de Manius Cordius Rufus : Le Quadruple Triomphe : César revient à Rome après avoir vaincu les derniers partisans de Pompée à la bataille de Thapsus. Il célèbre quatre triomphes spectaculaires (Gaule, Égypte, Pont, Afrique). La monnaie sert alors à financer ces célébrations et à payer les vétérans. La Dictature de 10 ans : C’est cette année-là que le Sénat nomme César « Dictateur pour dix ans ». Le titre S·C (Senatus Consulto) présent sur l’avers souligne que, bien que le pouvoir soit concentré entre les mains d’un seul homme, les formes républicaines (le décret du Sénat) sont encore officiellement respectées. Le Rôle du Monétaire : Manius Cordius Rufus est l’un des triumviri monetales (magistrats responsables de la frappe). Bien que sa famille soit originaire de Tusculum (ville dévouée aux Dioscures), il choisit ici de s’effacer derrière l’iconographie césarienne pour témoigner de son allégeance. Manius Cordius Rufus est un personnage dont la trace historique repose quasi exclusivement sur sa production monétaire et quelques rares inscriptions. Il appartient à une catégorie de magistrats romains dits « mineurs », mais dont le rôle était crucial pour l’économie et la propagande impériale. 1. Identité et Origine Nom complet : Mn. Cordius Rufus. Famille (Gens) : Il appartient à la gens Cordia, une famille plébéienne qui n’avait jamais atteint les plus hautes sphères du pouvoir (le consulat) avant lui. Origine géographique : Sa famille est originaire de Tusculum (une ancienne cité latine proche de Rome). C’est pour cette raison qu’il choisit les Dioscures sur ses pièces, car ces derniers étaient les divinités protectrices de sa ville natale. 2. Fonction : Triumvir Monétaire En 46 av. J.-C., il occupe la charge de III VIR AAAFF (Triumvir Auro Argento Aere Flando Feriundo), soit l’un des trois magistrats chargés de la fonte et de la frappe des monnaies de bronze, d’argent et d’or. Le Collège de 46 av. J.-C. : Il travaillait aux côtés de deux autres monétaires : Titus Carisius et C. Considius Paetus. Une carrière ascendante : Bien que connu surtout pour ses monnaies, une inscription retrouvée à Tusculum (ILLRP 414) suggère qu’il aurait pu atteindre le rang de Préteur, montrant que sa loyauté envers César a favorisé son ascension sociale. 3. Allégeance Politique Manius Cordius Rufus est un partisan de Jules César. Son mandat de 46 av. J.-C. coïncide avec l’année où César est nommé Dictateur pour dix ans. La marque de César : En choisissant de représenter Vénus sur le revers de ses monnaies, il rend hommage à la Gens Julia (la famille de César), qui revendiquait une descendance divine de Vénus. Le contexte financier : Rufus a supervisé la frappe d’importantes quantités de monnaie pour financer les célébrations des triomphes de César et le paiement des légions après la bataille de Thapsus. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Manius Cordius Rufus fut triumvir monétaire vers 705, ou peu après (49 av. J.-C.). C’est le seul membre de la famille Cordia qui soit connu, et il faut éviter de confondre ses monnaies avec celles de Mucius Cordus. Cavedoni pense avec raison que Man. Cordius Rufus fut monétaire de Pompée en Orient à cause de la ressemblance de ses monnaies avec les types des médailles du Pont. L’égide de Minerve reproduit le type de pièces de bronze d’Amisus, de Chabacta, de Comana et d’autres villes du Pont ; la chouette se voit sur les pièces d’argent d’Amisus; l’aigle, aux ailes éployées, se rencontre aussi sur des bronzes de la même ville. Ces rapprochements nous donnent la certitude que Man. Cordius Rufus frappa monnaie dans le Pont, peut-être même dans l’atelier d’Amisus. Cela est vrai au moins pour les pièces qui reproduisent les types autonomes des villes du Pont ; quant à celles qui font allusion aux souvenirs de la gens Cordia, peut-être ont-elles été frappées à Rome même ou en Italie, avant la fuite des Pompéiens. Malheureusement on ne connaît que fort imparfaitement le monétaire Man. Cordius Rufus qui n’est cité dans aucun auteur. Cependant, une inscription de Tusculum publié par Borghesi, mentionne un Manius Cordius Rufus fils d’un autre Manius, qui porte les titres de praetor, proconsul, aedilis lusirando monti sacra. C’est probablement le monétaire lui-même, car l’inscription date des dernières années de la période
1469CO – Denier Cordia – Manius Cordius Rufus

1469CO – Denier Cordia – Manius Cordius Rufus Avers : RVFVS III. VIR (Rufus Triumvir, Rufus triumvir monétaire) Bustes accolés des Dioscures à droite, coiffés du bonnet avec deux bandes lauré surmonté d’une étoile. Revers : MN. CORDIVS (Manius Cordius) Vénus Verticordia debout à gauche, tenant une balance de la main droite et un long sceptre transversal de la gauche; petit Cupidon sur l’épaule. British Museum 4.01g INDICE DE RARETE : 3 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Cordia Références : RRC 463/1 – B.1 (Cordia) – Syd.976 L’étude de ce denier (frappé en 46 av. J.-C.) révèle une superposition complexe d’intérêts personnels pour le magistrat monétaire et d’impératifs politiques liés à la montée en puissance de Jules César. 1. Symbolisme Iconographique L’Avers : Les Dioscures et l’Origine Familiale L’avers présente les têtes accolées des Dioscures (Castor et Pollux), coiffés du pileus étoilé. Identité régionale : Les Dioscures étaient les divinités tutélaires de Tusculum, ville dont la gens Cordia était originaire. Leur présence sur cette pièce est une affirmation de la noblesse et de l’ancienneté de la lignée de Manius Cordius Rufus. Référence monétaire : En utilisant les Dioscures, Rufus renvoie aux premières émissions de la République romaine, se plaçant ainsi dans une continuité historique rassurante en pleine période de guerre civile. Le Revers : Vénus Verticordia et le Jeu de Mots Le revers montre Vénus Verticordia tenant une balance et un sceptre, avec Cupidon sur l’épaule. Un « jeu de mots » visuel : Le surnom de la déesse, Verticordia (« celle qui change les cœurs »), est une allusion directe au nom du monétaire, Cordius (dérivé de cor, le cœur). Ce procédé, appelé « armes parlantes », était courant chez les magistrats romains pour graver leur nom dans l’esprit des électeurs. Les attributs : La balance symbolise l’équilibre et l’équité (notamment monétaire), tandis que le sceptre rappelle son autorité divine. 2. Contexte Historique : L’Ombre de Jules César L’année 46 av. J.-C. est cruciale : c’est l’année du quadruple triomphe de Jules César et celle du calendrier julien de 445 jours (l’année de la « confusion »). Propagande Césarienne : Vénus est la figure centrale de l’iconographie de cette année. César prétend descendre de la déesse via Énée et son fils Ascagne (Iule). En choisissant Vénus, Mn. Cordius Rufus fait acte de loyauté politique. Il ne s’agit pas seulement de célébrer sa famille, mais de soutenir le dictateur qui vient de triompher à Thapsus. Nécessité Militaire : Ce denier a été frappé en quantités massives. Ce n’était pas un simple objet de prestige, mais un instrument financier destiné à payer les primes colossales promises par César à ses vétérans (on parle de 5 000 deniers par légionnaire). Restauration Morale : Le culte de Vénus Verticordia avait été instauré pour ramener la chasteté chez les femmes romaines après un scandale chez les Vestales. Dans le contexte de 46 av. J.-C., cela peut symboliser le souhait de César de restaurer l’ordre moral et la concorde après les déchirements de la guerre civile. Le saviez-vous ? Sur Manius Cordius Rufus est le seul membre connu de cette famille à avoir exercé la charge de triumvir monétaire, marquant ainsi l’apogée éphémère de sa lignée sous l’aile de César. Manius Cordius Rufus est un personnage dont la trace historique repose quasi exclusivement sur sa production monétaire et quelques rares inscriptions. Il appartient à une catégorie de magistrats romains dits « mineurs », mais dont le rôle était crucial pour l’économie et la propagande impériale. 1. Identité et Origine Nom complet : Mn. Cordius Rufus. Famille (Gens) : Il appartient à la gens Cordia, une famille plébéienne qui n’avait jamais atteint les plus hautes sphères du pouvoir (le consulat) avant lui. Origine géographique : Sa famille est originaire de Tusculum (une ancienne cité latine proche de Rome). C’est pour cette raison qu’il choisit les Dioscures sur ses pièces, car ces derniers étaient les divinités protectrices de sa ville natale. 2. Fonction : Triumvir Monétaire En 46 av. J.-C., il occupe la charge de III VIR AAAFF (Triumvir Auro Argento Aere Flando Feriundo), soit l’un des trois magistrats chargés de la fonte et de la frappe des monnaies de bronze, d’argent et d’or. Le Collège de 46 av. J.-C. : Il travaillait aux côtés de deux autres monétaires : Titus Carisius et C. Considius Paetus. Une carrière ascendante : Bien que connu surtout pour ses monnaies, une inscription retrouvée à Tusculum (ILLRP 414) suggère qu’il aurait pu atteindre le rang de Préteur, montrant que sa loyauté envers César a favorisé son ascension sociale. 3. Allégeance Politique Manius Cordius Rufus est un partisan de Jules César. Son mandat de 46 av. J.-C. coïncide avec l’année où César est nommé Dictateur pour dix ans. La marque de César : En choisissant de représenter Vénus sur le revers de ses monnaies, il rend hommage à la Gens Julia (la famille de César), qui revendiquait une descendance divine de Vénus. Le contexte financier : Rufus a supervisé la frappe d’importantes quantités de monnaie pour financer les célébrations des triomphes de César et le paiement des légions après la bataille de Thapsus. Variante 1 avec la légende CORDIV au revers Référence : RRC 463/1b British Museum 3.83g Variante 2 avec la légende CORDI au revers Référence : RRC 463/1b British Museum 4g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Manius Cordius Rufus fut triumvir monétaire vers 705, ou peu après (49 av. J.-C.). C’est le seul membre de la famille Cordia qui soit connu, et il faut éviter de confondre ses monnaies avec celles de Mucius Cordus. Cavedoni pense avec raison que Man. Cordius Rufus fut monétaire de Pompée en Orient à cause de la ressemblance de ses monnaies avec les types des médailles du Pont. L’égide de Minerve reproduit le type de pièces de bronze d’Amisus, de Chabacta, de Comana et d’autres villes du Pont ; la chouette se voit sur les pièces d’argent d’Amisus; l’aigle, aux ailes éployées, se rencontre aussi sur des bronzes de la