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1582AE – Aureus Lépide – Publius Clodius

1582AE – Aureus Lépide – Publius Clodius Avers : M·LEPIDVS·III·VIR·R·P·C  Tête de Lépide à gauche. Revers : P. CLODIVS M. F. IIII VIR A. P. F. (Publius Clodius Marci filins, quatuorvir auro publico feriundo) Personnage féminin (Fortune) debout de face, tenant dans sa main droite un sceptre et de la gauche une corne d’abondance; à ses pieds une cuirasse. Münzkabinett Berlin 8g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Antonia et Aemilia Référence : RRC 494/4 Cet aureus est une monnaie d’une importance capitale pour comprendre la propagande du Second Triumvirat. Frappée à Rome en 42 av. J.-C. sous l’autorité du monétaire Publius Clodius, elle s’inscrit dans un contexte de guerre civile et de légitimation du pouvoir après l’assassinat de Jules César. 1. Contexte Historique : L’An 42 av. J.-C. Cette année est marquée par la consolidation du pouvoir de l’alliance entre Octave, Marc Antoine et Lépide. La Lex Titia (43 av. J.-C.) : Cette loi officialise le triumvirat, donnant aux trois hommes des pouvoirs dictatoriaux pour « restaurer la République » (Rei Publicae Constituendae). La Campagne de Philippes : Alors que Marc Antoine et Octave s’apprêtent à affronter les républicains (Brutus et Cassius) en Grèce, Lépide reste à Rome pour assurer la garde de la ville. C’est durant ce séjour que son effigie est frappée sur l’or de l’État. Le Collège des Monétaires : Le monnayage est géré par un collège de quatre magistrats (quattuorviri), dont Publius Clodius M. f. (fils de Marcus). 2. Symbolisme de l’Avers : Lépide et le Titre de Triumvir L’avers présente le portrait de Marcus Aemilius Lepidus. C’est une innovation majeure : sous la République, les monnaies portaient rarement le visage de vivants avant Jules César. Le Portrait : Lépide est représenté tête nue, avec une austérité qui rappelle les valeurs romaines traditionnelles. La Légende M·LEPIDVS·III·VIR·R·P·C : Elle affirme son titre officiel de Triumvir. Cela sert de rappel aux citoyens que le pouvoir n’est plus aux mains du Sénat seul, mais de trois chefs suprêmes. Le Pontificat : Lépide avait succédé à César comme Pontifex Maximus. Bien que non explicitement illustré ici par des instruments sacerdotaux, sa simple présence sur la monnaie d’or assoit sa prééminence religieuse et politique. 3. Symbolisme du Revers : Fortuna et la Victoire Militaire Le revers, avec sa figure féminine (généralement identifiée comme Fortuna), porte un message de stabilité. La Corne d’Abondance (Cornucopia) : Symbole de la prospérité que les Triumvirs promettent de ramener après les privations des guerres civiles. Le Sceptre : Représente l’autorité et la domination de Rome sur le monde connu. La Cuirasse au sol : C’est l’élément le plus symbolique. Elle évoque la victoire militaire déjà acquise ou imminente, et la protection de l’État par la force des armes. La Légende P·CLODIVS·M·F·IIII·VIR·A·P·F : Elle identifie le magistrat responsable de la frappe. Le sigle A·P·F (Auro Publico Feriundo) souligne que l’or utilisé provient du Trésor Public, une manière de dire que l’émission est légale et non le fruit d’une confiscation arbitraire. Synthèse Cette monnaie est un outil de communication politique. Elle vise à présenter Lépide non pas comme un tyran, mais comme un garant de la paix, de l’abondance et du droit, tout en préparant l’opinion publique au choc militaire final contre les assassins de César. Le monétaire responsable de l’émission de cet aureus est Publius Clodius, fils de Marcus (P. CLODIVS M. F.). Malgré la rareté exceptionnelle de ses monnaies d’or, l’identité précise de ce magistrat reste un sujet de débat passionnant parmi les historiens et numismates. Voici les points clés à retenir sur ce personnage et ses fonctions : 1. Son Titre Spécifique : Quattuorvir Contrairement à la majorité des monétaires romains qui étaient des triumviri (collège de trois), Publius Clodius appartient à un collège de quatre magistrats en 42 av. J.-C. : les Quattuorviri. La légende IIII·VIR·A·P·F : Ce titre abrège Quattuorvir Auro Publico Feriundo, soit « l’un des quatre hommes chargés de la frappe de l’or public ». Ses collègues : Il travaillait aux côtés de L. Mussidius Longus, C. Vibius Varus et L. Livineius Regulus. Ensemble, ils ont frappé une série de monnaies prestigieuses pour les trois membres du Triumvirat (Antoine, Octave et Lépide). 2. Hypothèses d’Identité Ce personnage est « historiquement peu connu » en dehors de ses monnaies, ce qui a mené à plusieurs théories : P. Clodius Turrinus : L’hypothèse la plus répandue (soutenue par Borghesi et Babelon) l’identifie à un célèbre rhéteur de l’époque mentionné par Sénèque le Père. Selon cette thèse, son père Marcus aurait été ruiné par les guerres civiles en Espagne avant que Publius ne retrouve la fortune grâce à son talent oratoire et son soutien à la cause césarienne. L’énigme de la filiation : Il ne doit pas être confondu avec le célèbre et turbulent Publius Clodius Pulcher (l’ennemi de Cicéron mort en 52 av. J.-C.), car notre monétaire précise bien être le fils de Marcus (M. F.), alors que Pulcher était le fils d’un Appius. Certains suggèrent toutefois qu’il pourrait être un parent éloigné ou un « homonyme » cherchant à profiter du prestige du nom. 3. Son Rôle Politique Publius Clodius n’était pas un simple technicien de la monnaie, mais un officier de haut rang chargé de financer l’effort de guerre des Triumvirs. Production diversifiée : En plus de l’or de Lépide, il a frappé des monnaies pour Marc Antoine, Octave et des séries posthumes pour Jules César. Syncrétisme et Religion : Ses types monétaires (Apollon, Diane, le Soleil, Fortuna) montrent un intérêt marqué pour les cultes solaires et lunaires, souvent associés à l’idée d’un « Nouvel Âge » ou d’une ère de paix après le chaos, une thématique centrale de la propagande triumvirale. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon P. Clodius Turrinus. Monétaire en 711 (43 av. J.-C.) Publius Clodius, fils de Marcus Clodius, fut magistrat monétaire en 711 (43 av. J.-C.). On connaît un P. Clodius qui vivait à cette époque, mais il ne saurait

1673AR – Aureus Arria – Marcus Arrius Secundus

1673AR – Aureus Arria – Marcus Arrius Secundus Avers : M. ARRIVS SECVNDVS (Marcus Arrius Secundus) Buste diadémé de la Fortune à droite; au-dessus F.P.R (Fortuna Populi Romani) Revers : Anépigraphe Bouclier vertical. Couronne et phalère rectangulaire. British Museum 8.05g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 41 avant J.C. Matière : Or Gens : Arria Références : RRC 513/1 – B.1 (Arria) – Syd.1083 Cet aureus est une émission d’une importance capitale pour comprendre la transition entre la République mourante et l’avènement du Principat. Frappé par le monétaire Marcus Arrius Secundus, il illustre parfaitement l’utilisation de la monnaie comme vecteur de légitimation familiale et de propagande politique. 1. Le Symbolisme de l’Avers : Fortuna Populi Romani L’avers présente le buste de Fortuna Populi Romani (la Fortune du Peuple Romain), identifiée par la légende F·P·R. Légitimation du Pouvoir : En 41 av. J.-C., Rome sort de la bataille de Philippes (42 av. J.-C.). Le choix de Fortuna n’est pas anodin : il suggère que la victoire des triumvirs (Octave et Marc Antoine) et la survie de l’État sont dues à la faveur divine. Stabilité et Destin : Fortuna incarne ici le destin de Rome. En l’associant à son propre nom, le monétaire place son action sous la protection d’une divinité garante de la prospérité publique dans une période de guerres civiles intenses. 2. Le Symbolisme du Revers : Les Dona Militaria Le revers montre une hasta pura (lance honorifique sans fer), flanquée d’une couronne (corona) à gauche et d’une phalère (phalera) à droite. Cet ensemble représente les récompenses militaires (dona militaria). L’Honneur de la Gens Arria : Ce revers est une référence directe aux exploits de Quintus Arrius, le père (ou ancêtre proche) du monétaire. En tant que préteur en 73 av. J.-C., Quintus Arrius s’était illustré lors de la Guerre de Spartacus en battant Crixus, l’un des lieutenants du célèbre gladiateur. Détails des récompenses : La Hasta Pura : Symbole de souveraineté et de mérite militaire exceptionnel, souvent décernée à un soldat ayant sauvé la vie d’un citoyen ou s’étant distingué par sa bravoure. La Couronne et la Phalère : Représentent les plus hautes distinctions honorifiques romaines. Selon les recherches publiées sur LesDioscures.com, Quintus Arrius aurait reçu ces honneurs pour avoir « sauvé la République » lors de cette révolte servile. 3. Contexte Historique : Entre Tradition et Allégeance L’année 41 av. J.-C. est marquée par des tensions croissantes entre les partisans d’Octave et ceux de Marc Antoine (menés par son frère Lucius Antonius), aboutissant à la Guerre de Pérouse. Propagande Octavienne : Bien que Marcus Arrius Secundus célèbre ses ancêtres, le portrait sur les deniers correspondants (RRC 513/2 et 513/3) présente souvent des traits rappelant ceux du jeune Octave. Cette ambiguïté délibérée permettait au monétaire de prêter allégeance au nouveau maître de Rome tout en respectant la tradition républicaine de commémoration familiale. Rareté Numismatique : Comme souligné par l’indice de rareté (Rarity Index 10+), cet aureus était destiné au paiement des légions. L’utilisation de l’or témoigne de l’urgence financière des triumvirs pour s’assurer la loyauté des troupes après Philippes. Nota : Cette pièce forme un ensemble cohérent avec les deniers de la même série, illustrant la manière dont les familles plébéiennes montantes, comme la Gens Arria, utilisaient le monnayage pour transformer leurs mérites militaires passés en capital politique présent. Marcus Arrius Secundus était un magistrat monétaire de la République romaine, actif vers 41 av. J.-C. (certaines sources comme Woytek suggèrent un début d’activité dès 43 av. J.-C. au sein d’un collège de quatre magistrats ou quatuorviri). 1. Origines et Famille (Gens Arria) Il appartient à la Gens Arria, une famille plébéienne qui émerge sur la scène politique romaine au Ier siècle av. J.-C. Filiation : Il est identifié comme le fils de Quintus Arrius, un personnage influent de l’époque de Cicéron. L’héritage paternel : Son père, Quintus Arrius, fut préteur en 73 av. J.-C. Il s’illustra durant la Troisième Guerre Servile (révolte de Spartacus). Bien que la guerre ait été finalement remportée par Crassus, Quintus Arrius remporta une victoire décisive contre Crixus, l’un des lieutenants de Spartacus, au Mont Gargano, où périrent 20 000 rebelles. C’est cet exploit qui justifie les récompenses militaires (dona militaria) figurant sur l’aureus RRC 513/1. 2. Carrière et Contexte Politique Marcus Arrius Secundus exerce ses fonctions durant la période troublée du Second Triumvirat. Collège Monétaire : Il aurait fait partie d’un collège de quatuorviri (quatre magistrats) aux côtés de C. Clodius Pulcher, C. Numonius Vaala et L. Servius Rufus. Ce groupe de monétaires est célèbre pour avoir frappé des monnaies aux types très personnalisés, mêlant l’histoire de leurs familles respectives à des allusions politiques contemporaines. Positionnement : Le portrait présent sur certains de ses deniers (RRC 513/3) présente une ressemblance frappante avec le jeune Octave (le futur Auguste). Cela suggère que Secundus était un partisan du camp césarien, utilisant l’ambiguïté du portrait (ancêtre vs leader vivant) pour naviguer dans le climat politique dangereux de l’époque. 3. Rôle de « Quatuorvir » du Sénat Selon Ernest Babelon, Marcus Arrius Secundus était l’un des monétaires désignés par le Sénat pour frapper de l’or après le meurtre de Jules César. Cette mission visait à réaffirmer le pouvoir souverain de l’État en matière monétaire face aux émissions purement militaires des généraux en campagne. Synthèse « Fils du préteur Quintus Arrius, Marcus Arrius Secundus utilise son mandat monétaire en 41 av. J.-C. pour glorifier les succès de son père contre les esclaves révoltés de Spartacus. Son monnayage, d’une grande rareté, témoigne de la transition iconographique où l’hommage aux ancêtres commence à se confondre avec le culte des nouveaux chefs de guerre, comme Octave. » Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Borghesi a consacré à l’histoire de la gens Arria une étude fort développée, et nous n’avons ici qu’à résumer les recherches de ce savant en ce qui concerne la numismatique. Le nom de Arria ou Aria dérive comme les noms Arruncia, Arrenia, Arrucia, et le cognomen Arruntanus, du prénom étrusque Arunte, qui

1708JU – Aureus Octave – Tiberius Sempronius Graccus

1708JU – Aureus Octave – Tiberius Sempronius Graccus Avers : DIVI – IVLI F (Divi Iuli Filius, Fils du divin Jules) Tête barbue d’Octave à droite. Revers : TI SEMPRON GRACCVS Q•DESIG IIII VIR (Tiberius Sempronius Graccus, Quatuorvir, quastor designatus) Fortune debout à gauche, un gouvernail dans la main droite et corne d’abondance de la gauche. British Museum 7.96g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 40 avant J.C. Matière : Or Gentes : Sempronia et Julia Références : RRC 525/1 – B.12 (Sempronia) – Syd. 1126 1. Symbolisme de l’Avers : La Construction d’un Mythe L’image d’Octave sur cet aureus n’est pas un simple portrait, mais un manifeste politique. Le « Barbatulus » (La barbe de deuil) : Octave est souvent représenté avec une barbe légère. Ce n’est pas un choix esthétique, mais un signe de pietas. Il porte le deuil de son père adoptif, Jules César, et jure de venger son assassinat. Cela le positionne comme le défenseur des valeurs familiales et romaines face aux « traîtres ». DIVI IVLI F (Fils du Divin Jules) : C’est l’élément le plus puissant. En utilisant ce titre, Octave s’élève au-dessus du statut de simple mortel. Si César est un dieu (Divus), alors Octave est le fils d’un dieu. Cela disqualifie immédiatement Marc Antoine, qui n’est qu’un ancien lieutenant de César. 2. Symbolisme du Revers : Fortuna et la Légitimité Le choix de Fortuna (la Fortune) par le magistrat Tiberius Sempronius Gracchus est hautement stratégique. Le Gouvernail et la Corne d’Abondance : Le gouvernail symbolise la capacité d’Octave à diriger le « navire de l’État » à travers les tempêtes des guerres civiles. La corne d’abondance promet la fin des famines (souvent causées par les blocus maritimes de Sextus Pompée) et le retour de la prospérité. La Fortune « Auguste » avant l’heure : À cette époque, la Fortune est celle qui favorise le camp des vainqueurs. En l’affichant, Octave suggère que les dieux ont choisi son camp. C’est une réponse directe à la propagande d’Antoine, qui se présentait comme un nouveau Dionysos. 3. Contexte Historique : L’équilibre précaire de 40 av. J.-C. L’année 40 av. J.-C. est un pivot pour le Second Triumvirat : Après Pérouse : Octave vient de réduire la révolte de Fulvie et Lucius Antonius (femme et frère de Marc Antoine) à Pérouse. Il est maître de l’Italie, mais sa position est fragile. Le Traité de Brindes : Cette monnaie est frappée alors que les tensions avec Antoine s’apaisent temporairement par le traité de Brindes. Octave a besoin de payer ses vétérans, d’où la frappe d’aurei (monnaies de forte valeur destinées aux officiers et aux récompenses militaires). Le rôle du Quatuorvir : Tiberius Sempronius Gracchus est l’un des derniers magistrats monétaires à apposer son nom de manière aussi visible. Bientôt, le nom des magistrats disparaîtra pour laisser place uniquement aux titres de l’Empereur. Le Monétaire : Tiberius Sempronius Gracchus Ti. Sempronius Gracchus est un personnage historique dont la carrière se situe au cœur des guerres civiles romaines. Contrairement aux tribuns réformateurs, il est un partisan actif du camp césarien, servant sous les ordres d’Octave. 1. Ses Titres et Fonctions Sur cette monnaie (et les deniers associés), il décline ses titres officiels : IIII. VIR (Quatuorvir) : Membre du collège des quatre magistrats monétaires (IIIIviri monetales). Sous Jules César, le nombre de magistrats était passé de trois à quatre, une tradition qu’Octave maintient temporairement en 40 av. J.-C. Q. D. (Quaestor Designatus) : Questeur désigné. Cela signifie qu’au moment de la frappe, il avait déjà été élu à la questure pour l’année suivante. C’est une marque de prestige indiquant qu’il est un homme politique en pleine ascension, soutenu par le pouvoir en place. 2. Identité et Origine Familiale Il appartient à la prestigieuse Gens Sempronia, l’une des familles les plus anciennes et les plus influentes de Rome. Un ralliement stratégique : Bien que sa famille ait été historiquement liée aux luttes populaires, ce Gracchus de la fin de la République a choisi de lier son destin à celui d’Octave (futur Auguste). Le dernier des monétaires : Il fait partie des tout derniers magistrats monétaires dont le nom apparaît sur les monnaies romaines. Peu après, avec la montée en puissance d’Auguste comme seul maître de Rome, les noms des magistrats disparaîtront des monnaies au profit de la seule titulature impériale. 3. Son rôle politique en 40 av. J.-C. Frapper cette monnaie au nom d’Octave en 40 av. J.-C. n’est pas un acte administratif anodin. À cette date, Octave sort de la violente guerre de Pérouse. En apposant son nom aux côtés du portrait d’Octave et de la légende DIVI IVLI F, Tiberius Sempronius Gracchus affirme publiquement la loyauté de sa lignée aristocratique envers l’héritier de César. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ti. Sempronius Gracchus. Monétaire entre 716 et 718 (38 à 36 av. J.-C.) Ce personnage fit battre monnaie comme quatuorvir monétaire, charge qu’il remplit tandis qu’il était quaestor designatus. Ses deniers frappés au nom de l’autorité du sénat (senalus consulto), portent soit la tête laurée de Jules César divinisé, soit celle d’Octave. Un de ses collègues fut Q. Voconius Vitulus. On ne connaît pas les deux autres; on ne sait rien non plus de la carrière de Ti. Sempronius Gracchus.

1546SE – Quinaire Sepullia – Publius Sepullius Macer

1546SE – Quinaire Sepullia – Publius Sepullius Macer Avers : Anépigraphe Buste de Victoria à droite. Revers : P·SEPVLLIVS MACER Fortune debout à gauche, tenant un gouvernail de la main droite et une corne d’abondance de la gauche. Münzkabinett Berlin 1.51g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gens : Sepullia Références : RRC 480/25 – B.9 (Sepullia) Le symbolisme de ce quinaire s’inscrit dans une période de transition extrême : les premières semaines de l’année 44 av. J.-C., juste avant ou au moment de l’assassinat de Jules César. À travers les figures de Victoria et Fortuna, le magistrat monétaire P. Sepullius Macer ne se contente pas d’illustrer des divinités ; il diffuse un programme politique lié à la légitimité du pouvoir. 1. Le Symbolisme des Divinités Victoria (Avers) : La Victoire est le fondement de l’autorité de César. À cette époque, le Sénat lui a accordé le droit de porter les ornements triomphaux en permanence. La présence de la Victoire sur une petite dénomination comme le quinaire suggère que le succès militaire est désormais une caractéristique intrinsèque de l’État romain sous la direction de César. Fortuna (Revers) : La Fortune, représentée avec un gouvernail et une corne d’abondance, symbolise le guidage de l’État. Le Gouvernail : Indique la capacité de diriger le destin de Rome (le « vaisseau » de l’État). La Corne d’abondance (Cornucopia) : Promet la prospérité économique découlant de la paix civile retrouvée. 2. Le Contexte Historique : L’Année de la Rupture (44 av. J.-C.) Le monnayage de P. Sepullius Macer est historiquement crucial pour plusieurs raisons : Le Collège des Quattuorviri : Habituellement, Rome comptait trois magistrats monétaires (tresviri). En 44 av. J.-C., César porte ce nombre à quatre, signe de ses réformes administratives et de la nécessité d’une production monétaire massive pour financer ses campagnes prévues contre les Parthes. Le Portrait du Vivant : Macer est surtout connu pour avoir été l’un des premiers à frapper des deniers avec le portrait de César de son vivant (RRC 480/6 et suivants). Le quinaire 480/25, bien que plus rare et sans portrait, appartient à cette même vague d’émissions qui visait à diviniser la figure du dictateur. La Transition Républicaine : Ce quinaire est l’un des derniers témoins de la « liberté » monétaire républicaine avant que les guerres civiles entre Octave et Marc Antoine ne transforment définitivement la monnaie en outil de propagande impériale personnalisée. Le magistrat monétaire responsable de l’émission de cette monnaie est Publius Sepullius Macer. C’est un personnage clé de la numismatique romaine, bien que sa biographie historique soit paradoxalement très mince en dehors de ses monnaies. Voici les informations essentielles sur ce monétaire : 1. Identité et Statut Nom complet : Publius Sepullius Macer. Fonction : Il fait partie du collège des quatuorviri monétaires (IIIIvir AAAFF) de l’année 44 av. J.-C. Origine : La famille Sepullia est d’origine plébéienne, possiblement originaire de Padoue (Patavium). En dehors de Macer, cette famille est quasiment inconnue dans les fastes consulaires. Le Collège de 44 av. J.-C. : Jules César a augmenté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre (quatuorviri) pour faire face au besoin massif de numéraire avant sa campagne prévue contre les Parthes. Macer a travaillé aux côtés de L. Aemilius Buca, C. Cossutius Maridianus et L. Flaminius Chilo. 2. Un rôle de transition historique P. Sepullius Macer a eu le destin singulier d’être en fonction pendant et après l’assassinat de César (15 mars 44 av. J.-C.). Son monnayage se divise en trois phases révélatrices : Avant les Ides de Mars (Janvier – Février 44) : Il frappe les deniers à la légende CAESAR IMP (comme le RRC 480/5) puis CAESAR DICT PERPETVO. Ce sont les premières monnaies montrant un dictateur vivant. Immédiatement après la mort de César (Mars – Avril 44) : Macer continue de frapper des monnaies, mais le portrait de César apparaît désormais voilé (indiquant son statut de Pontifex Maximus ou son caractère sacré posthume) avec la légende PARENS PATRIAE (Père de la Patrie). Sous l’influence de Marc Antoine : Plus tard dans l’année, il frappe des types représentant Marc Antoine avec une barbe de deuil, montrant son ralliement au camp césarien après le meurtre du dictateur. 3. Types monétaires notables Outre le denier à l’étoile (480/5), P. Sepullius Macer a signé : Le type « Clementia Caesaris » (RRC 480/21) : Représentant un temple dédié à la clémence de César, une vertu que le dictateur mettait en avant pour se distinguer de la cruauté de Sylla. Le type du Desultor (RRC 480/20) : Un cavalier sautant d’un cheval à l’autre, une référence possible à des jeux célébrés par César. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Sepullia n’est connue que par deux représentants : l’un est le monétaire P. Sepullius Macer sur lequel on n’a pas d’autres renseignements historiques que ceux que nous fournissent les médailles ; l’autre est l’orateur Sepullius Bassus mentionné par Sénèque. P. Sepullius Macer frappa monnaie en 710 (44 av. J.-C.), avant la mort de César, et il resta en charge après le meurtre du dictateur. Il remplaça, comme magistrat monétaire, M. Mettius, avant les ides de Mars de l’an 710, et ses collègues furent L. Aemilius Buca, C. Cossutius Maridianus et L. Flaminius Chilo. Nous avons donné quelques détails sur ce collège, à la famille Julia. Tous les types numismatiques qui figurent sur les monnaies de P. Sepullius Macer se rapportent à Jules César ou à Marc Antoine. Les monnaies au nom de Jules César qui sont antérieures à sa mort lui donnent les titres d’imperalor et de dictator perpetuo (n. 1 à 5); celles qui sont postérieures aux ides de Mars 710, portent la tête de Jules César voilée, avec les légendes : parais patriae ou clementia Caesans (n. 6 et 7). Le n. 8 montre la tête de Marc Antoine barbue en signe du deuil de la mort du dictateur, et le type du revers rappelle, comme celui du n. 7, les jeux de desultores dont nous avons parlé ailleurs. Les pièces n. 9 et suivantes ont été frappées avant cette dernière; on voit, sur les quinaires, le buste de Calpurnia, femme de Jules César, avec les attributs de

1610AN – Denier Marc Antoine – Caius Vibius Varus

1610AN – Denier Marc Antoine – Caius Vibius Varus Avers : Anepigraphe Tête nue et barbue de Marc Antoine. Revers : C VIBIVS / VARVS (Caius Vibius Varus) Fortune debout, tenant une victoriolia de la main droite et une corne d’abondance de la main gauche. British Museum 3.98g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Vibia et Antonia Références : RRC 494/32 – B.26 (Antonia) – Syd.1144 Ce denier, frappé par Caius Vibius Varus en 42 av. J.-C., est une monnaie chargée d’une symbolique politique intense, s’inscrivant dans l’une des périodes les plus instables de l’histoire romaine : l’année de la bataille de Philippes. Voici une analyse détaillée de son symbolisme et de son contexte : 1. Le Symbolisme de l’Avers : Marc Antoine et le Deuil Le Portrait : L’avers montre le visage de Marc Antoine. À cette époque, l’apparition de portraits d’hommes vivants sur les monnaies (une pratique initiée par Jules César peu avant sa mort) est encore une affirmation de pouvoir extraordinaire, presque monarchique. La Barbe (Barbatulus) : Marc Antoine est représenté avec une barbe courte. Ce n’est pas un choix esthétique, mais un signe de deuil (squalor). Il a juré de ne pas se raser tant que les assassins de son mentor, Jules César, n’auraient pas été châtiés. C’est un outil de propagande puissant qui souligne sa loyauté envers le dictateur défunt et justifie la guerre civile en cours comme une quête de justice. 2. Le Symbolisme du Revers : Fortuna et la Victoire Fortuna : La déesse Fortune tient une Victoire dans sa main droite. Cela symbolise l’idée que la chance et le destin sont du côté du Second Triumvirat (Antoine, Octavien et Lépide). Le Cornu Copiae (Corne d’abondance) : Elle porte également une corne d’abondance, promettant que la victoire des triumvirs ramènera la prospérité et la fin des disettes après des années de chaos. Message Politique : En associant Antoine à la Fortune victorieuse, le monnayeur Caius Vibius Varus affirme que la légitimité du pouvoir réside dans le camp de ceux qui vengeront César. 3. Contexte Historique : L’année charnière 42 av. J.-C. Le Second Triumvirat : La pièce est frappée à Rome alors que le Second Triumvirat prépare l’affrontement final contre les « Libérateurs » (Brutus et Cassius), qui s’étaient réfugiés en Orient. Le financement de la guerre : Ce type de denier servait principalement à payer les légions stationnées en Italie ou sur le point de partir pour la Macédoine. La qualité du métal et l’image de marque (le portrait d’Antoine) servaient à s’assurer la fidélité des troupes. Caius Vibius Varus : Bien que son nom figure sur la pièce, le monnayeur agit ici comme un agent de l’État sous le contrôle direct des triumvirs. C’est l’un des derniers moments de la République où les monnayeurs traditionnels existent encore, mais leur rôle est désormais totalement au service des chefs militaires. Le monétaire Caius Vibius Varus est une figure dont la carrière est principalement documentée par ses émissions monétaires. Il exerça ses fonctions à une époque de transition violente pour la République romaine. Voici ce que l’on sait de ce magistrat et de son rôle : 1. Identité et Famille Gens Vibia : Caius Vibius Varus appartient à la gens Vibia, une famille plébéienne qui n’apparaît de manière significative à Rome qu’au dernier siècle de la République. Les Cognomina : Les branches les plus connues de cette famille portent les noms de Pansa (notamment le consul de 43 av. J.-C.) et Varus. Le nom Varus signifie littéralement « aux jambes cagneuses ». Postérité : On pense qu’il est l’arrière-grand-père du sénateur Gaius Vibius Varus, actif sous l’Empire, montrant que sa lignée a su naviguer avec succès à travers les guerres civiles. 2. Sa Fonction : Le Collège des Quatuorvirs Caius Vibius Varus fait partie du collège des Quattuorviri Monetales (les quatre magistrats responsables de la frappe) de l’année 42 av. J.-C. Ses collègues étaient : Lucius Livineius Regulus Lucius Mussidius Longus Publius Clodius Turrinus Contrairement à ses collègues, il n’ajoute aucune qualification (comme IIIvir AAAFF) à son nom sur ses monnaies. Il frappe sous l’autorité du Sénat, mais ses émissions sont clairement destinées à soutenir les Triumvirs (Marc Antoine, Octave et Lépide) dans leur lutte contre les assassins de César. 3. Thématiques de son Monnayage Le monnayage de Varus se divise en deux grandes catégories de propagande : La Légitimité Triumvirale : Il émet des pièces aux portraits de Marc Antoine (comme votre RRC 494/32), d’Octave et de Lépide. Ces pièces servent à payer les armées et à familiariser le public avec les visages des nouveaux maîtres de Rome. Les Traditions Familiales et Religieuses : Sur d’autres types (comme le denier RRC 494/36), il privilégie des figures comme Bacchus (Liber Pater), souvent associé à la gens Vibia. On y voit souvent une panthère, un masque de Silène et un thyrse, symbolisant la fertilité et les fêtes des Liberalia. En résumé Caius Vibius Varus était un magistrat stratégique dont la mission était de financer l’effort de guerre des héritiers de César. Son travail illustre parfaitement la transformation de la monnaie romaine : d’un outil de célébration républicaine vers un instrument de culte de la personnalité au profit des chefs militaires. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Vibius Varus. Monétaire en 711-712 (43-42 av. J.-C.) Ce magistrat composa un collège monétaire avec L. Livineius Regulus, L. Mussidius Longus et P. Clodius Turrinus. Ses trois collègues prennent le titre de quatuorvir auro publico feriundo; lui seul n’ajoute à son nom aucune qualification. Mommsen plaçait ce collège en 716; le trésor de Pieve-Quinta a démontré qu’il date des années 711 et 712 (43-42 av. J.-C.). Nous ne savons rien de la carrière de C. Vibius Varus qui n’est connu que par les médailles. Outre les monnaies que ses collègues et lui ont fait frapper aux noms de Lépide, de Marc Antoine et d’Octave, chacun d’eux a émis, sous

1420SI – Denier Sicinia – Quintus Sicinius

1420SI – Denier Sicinia – Quintus Sicinius Avers : FORT / P. R (Fortuna Populus Romanus, La Fortune du peuple romain) Tête diadémée de la Fortune à droite avec boucles d’oreilles. Revers : Q. SICINIVS / III – VIR (Quintus Sicinius Triumvir, Quintus Sicinius triumvir monétaire) Palme et caducée posés en sautoir surmontés d’une couronne. British Museum 3.9g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 49 avant J.C. Matière : Argent Gens : Sicinia Références : RRC 440/1 – B.5 (Sicinia) – Syd.938 Quintus Sicinius est un personnage clé de la numismatique de la fin de la République romaine, bien que sa vie en dehors de ses activités monétaires soit peu documentée. Son action se concentre sur l’année charnière 49 av. J.-C., au moment où la guerre civile entre Jules César et Pompée éclate. 1. Son rôle de Triumvir Monetalis Quintus Sicinius occupait la fonction de III VIR (Triumvir Monetalis), un collège de trois jeunes magistrats responsables de la frappe des monnaies à Rome. Il appartient à la Gens Sicinia, une famille d’origine plébéienne ancienne et respectée, connue pour avoir produit plusieurs tribuns de la plèbe par le passé. 2. Le « dernier » monnayeur républicain à Rome La frappe de ce denier est historiquement significative : Contexte : Elle a été réalisée au début de l’année 49 av. J.-C., juste avant que Jules César ne s’empare de Rome après avoir franchi le Rubicon. Légitimité : En tant que partisan du Sénat et de Pompée, Sicinius a utilisé l’atelier monétaire officiel de la Ville (l’Urbs). C’est l’un des tout derniers monnayages réguliers émis à Rome avant que César ne prenne le contrôle du Trésor public (Aerarium). 3. L’exil et le second monnayage (RRC 444) Face à l’avancée rapide des troupes césariennes, Quintus Sicinius a quitté Rome pour rejoindre le camp de Pompée en Grèce ou en Orient. Il continue alors de battre monnaie pour la cause pompéienne, mais cette fois-ci dans un atelier itinérant (ou en Orient, possiblement à Éphèse). Il s’associe au préteur C. Coponius pour émettre le denier RRC 444/1 (représentant la tête d’Apollon au droit et la massue d’Hercule au revers). Ce monnayage servait à financer la flotte et les troupes de Pompée en exil. Le message véhiculé par ce denier est un acte de propagande politique subtile. En 49 av. J.-C., alors que l’Italie tremble devant l’approche des légions de César, Quintus Sicinius utilise l’imagerie monétaire pour rassurer les citoyens et affirmer la légitimité du Sénat. Selon les analyses disponibles sur LesDioscures.com, le message peut être décomposé en trois axes principaux : 1. La Protection Divine : Fortuna Populi Romani Le choix de Fortuna P.R. (la Fortune du Peuple Romain) au droit n’est pas anodin. Le message : « Le destin de Rome est entre les mains de la divinité qui a toujours protégé la cité. » Le contexte : En période de guerre civile, invoquer la Fortune du Peuple Romain (et non celle d’un général en particulier) souligne que la légitimité réside dans les institutions républicaines et le peuple, face à ce qui est perçu comme l’ambition personnelle de César. 2. La Promesse de Paix et de Prospérité Le revers associe trois symboles puissants : le caducée, le rameau de palmier et la couronne de laurier. Le Caducée (Mercure) : Il symbolise la paix, la concorde et la reprise du commerce. Le message est : « Le Sénat garantit la stabilité économique. » Le Palmier et le Laurier : Ce sont des symboles de victoire. L’ensemble : L’association du caducée et de la palme (souvent croisés en « sautoir ») suggère que la victoire (palme) mènera à la paix (caducée). C’est un message d’espoir destiné à stabiliser l’opinion publique alors que la panique gagne Rome. 3. La Légitimité Institutionnelle Contrairement aux monnaies que César frappera peu après (souvent centrées sur sa propre gloire ou ses ancêtres), le denier de Sicinius reste strictement institutionnel. La mention III VIR rappelle que la monnaie est émise par un magistrat régulièrement élu selon les lois ancestrales (mos maiorum). C’est un message de continuité républicaine : malgré la crise, les institutions fonctionnent encore. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Sicinia est très anciennement illustre dans l’histoire de la république. Un de ses ancêtres, L. Sicinius Bellutus, fut le chef des plébéiens lors de leur retraite sur le mont Sacré, en 160 (494 av. J.-C.). Un seul des membres de la gens Sicinia, Q. Sicinius, a frappé monnaie: il fut triumvir en 705 (49 av. J.-C.). C’est peut être le personnage mentionné par Cicéron, seulement par son gentilicium Sicinius, en 703 (51 av. J.-C.).Un de ses deniers porte, avec son nom, celui du préteur C. Coponius, à cause des circonstances anormales au milieu desquelles eut lieu l’émission. C’était pendant la guerre civile entre César et Pompée. Ce dernier, qui avait fui en Orient avec le Sénat et toutes ses forces militaires, avait confié une partie de sa flotte au préteur C. Coponius, qui vint mouiller avec ses vaisseaux sur la côte de la Carie et de l’île de Rhodes. Là, obligé de battre monnaie pour solder ses troupes, il en chargea un des membres du collège monétaire de cette année, qui l’accompagnait, Q. Sicinius. Celui-ci, qui n’était que magistrat urbain de Rome, dut se soumettre à une condition essentielle pour que les nouvelles espèces pussent avoir cours légal et être accréditées dans le commerce de l’Orient : il fallut mentionner qu’elles étaient frappées par l’autorité du préteur qui commandait les troupes, et en outre par l’autorité du sénat. Émises dans l’atelier d’Alinda de Carie, la plupart de ces pièces reproduisent au revers le type monétaire principal de cette ville : la peau de lion posée sur la massue d’Hercule. Quant à la tête d’Apollon, c’est le type ordinaire des monnaies d’autres villes de Carie comme Alabanda et Antioche: nul doute qu’on ait aussi voulu imiter ces pièces grecques. Nous avons pu de même constater que d’autres monétaires Pompéiens avaient copié le type des monnaies des villes

1350PL – Denier Plaetoria – Marcus Plaetorius Cestianus

1350PL – Denier Plaetoria – Marcus Plaetorius Cestianus Avers : Anépigraphe Buste drapé de Fortuna à droite; derrière la tête, marque de contrôle. Revers : M PLAETORI CEST S·C SORS (Marcus Plaetorius Cestianus, Senatus Consulto) Buste de Sors de face légèrement incliné à droite; tablette avec inscription Sors dessus. Bibliothèque nationale de France 4.02g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 69 avant J.C. Matière : Argent Gens : Plaetoria Références : RRC 405/2 – B.10 (Plaetoria) – Syd.801 👤 Marcus Plaetorius Cestianus : Aperçu Catégorie Détails Nom Complet Marcus Plaetorius M.f. Cestianus (Marcus Plaetorius, fils de Marcus, Cestianus) Gens Gens Plaetoria (une famille plébéienne, probablement originaire de la région Sabine). Période de Monétaire 69 av. J.-C. Autres Magistratures Il a exercé des magistratures importantes dans le cursus honorum (la carrière des honneurs), notamment :   * Édile curule (vers 67 av. J.-C.)   * Préteur (vers 66 av. J.-C.) 🏛️ Carrière Politique Bien que le surnom (cognomen) Cestianus n’apparaisse pas dans les écrits historiques de l’Antiquité, nous pouvons retracer sa carrière grâce à Cicéron et à ses monnaies : Monétaire (69 av. J.-C.) : C’est à cette époque qu’il frappe le Denarius RRC 405/2, faisant allusion à Fortuna et au Sort (SORS), probablement en lien avec le sanctuaire de la Fortuna Primigenia à Préneste. Accusateur (70 av. J.-C.) : Il est possible qu’il soit le même Marcus Plaetorius qui accusa M. Fonteius, contre lequel Cicéron prononça le célèbre discours Pro Fonteio. Édile Curule (67 av. J.-C.) : Une autre série de ses monnaies (RRC 409/1), frappée quelques années après, porte l’inscription AED. CVR. (Aedilis Curulis). Les Égiles Curules étaient responsables des jeux publics et des cultes majeurs à Rome. Ceci explique pourquoi ses monnaies d’édile représentent la déesse Cybèle (la Grande Mère), dont le culte était célébré lors des Ludi Megalesiaci (les Jeux Mégalésiens) que les édiles présidaient. Préteur (66 av. J.-C.) : Il accède à la préture l’année suivant son édilité. Il est rapporté par Cicéron qu’il fut condamné pour un chef d’accusation inconnu vers 51 av. J.-C., ce qui mit fin à sa carrière politique. 🖼️ Monnaies Variées M. Plaetorius Cestianus est connu pour la diversité de ses types monétaires, qui illustrent souvent des divinités ou des concepts liés aux fonctions des édiles ou à ses origines familiales, y compris : Fortuna/Sors (RRC 405/2) Cybèle (RRC 409/1) Vacuna (une déesse Sabine, RRC 409/1), honorant ses origines. 🌟 Le Message Principal : Fortuna et le Sort Le choix des symboles sur l’avers et le revers de cette monnaie n’est pas anodin ; il sert un objectif de communication politique et religieuse : 1. L’Avers : La Déesse Fortuna Symbole : Buste juvénile et drapé de la déesse Fortuna (ou Tyche), souvent associée à un symbole de contrôle variable derrière sa tête. Signification : Fortuna est la déesse de la Chance, de la Fortune, du Hasard et de la Destinée dans le panthéon romain. En la plaçant sur l’avers (la face principale), le monétaire associe son nom et sa carrière à la bonne fortune. C’est une manière d’assurer aux citoyens que son magistère est protégé et guidé par la Chance. 2. Le Revers : Le Sort (SORS) Symbole : Un jeune homme tenant une tablette inscrite du mot SORS. Signification : SORS signifie le Sort, le Destin ou la Loterie. Cela fait directement référence aux pratiques oraculaires par tirage au sort (appelées sortes) qui étaient très populaires à Rome. Le lien le plus fort est avec le célèbre Sanctuaire de la Fortuna Primigenia à Préneste (Praeneste), où des tablettes de chêne (les sortes) étaient tirées pour révéler l’oracle. En liant la Fortune (Fortuna) au Sort (Sors), M. Plaetorius Cestianus met en avant ses origines ou ses liens familiaux avec ce culte majeur de Préneste, se présentant comme un homme soutenu par la destinée divine et les anciennes traditions religieuses italiques. 📜 Message Politique Le message de cette monnaie sert les ambitions politiques du monétaire : Piété et Tradition : Il montre sa dévotion envers des cultes romains et italiques importants (comme celui de Préneste), rassurant l’aristocratie conservatrice. Approbation Divine : Il suggère que sa carrière et son action en tant que monétaire (et futur édile/préteur) sont soutenues par la Fortune, ce qui est un argument puissant dans une société superstitieuse. Légitimité : L’inscription S. C. (Senatus Consulto) confirme que la frappe a été autorisée par un décret du Sénat, renforçant l’idée de légalité et de respect des institutions. En résumé, ce denier est une déclaration visuelle de la protection divine dont bénéficie le monétaire M. Plaetorius Cestianus, en insistant sur le rôle central de la Fortune et du Destin dans la vie publique romaine. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Lieux de découverte (18 exemplaires)