1632CA – Aureus Cassius – Caius Cassius Longinus

1632CA – Aureus Cassius – Caius Cassius Longinus Avers : LIBERTAS M·AQVINVS·LEG Tête diadémée de Libertas à droite. Revers : C·CASSI PR COS Trépied avec chaudron décoré par deux branches de laurier. British Museum 8g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Incertain Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Cassia et Aquinia Références : RRC 498/1 – B.12 (Cassia) – Syd.1302 1. Contexte Historique : La Guerre Civile des Libérateurs Nous sommes en 43-42 av. J.-C., peu après la formation du Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide). Cassius et Brutus, les « Libérateurs », se sont enfuis en Orient pour lever des armées et des fonds. Le financement de la guerre : Cette monnaie n’est pas destinée à circuler dans le commerce civil. Elle est frappée pour payer les légions. L’or (aureus) est le métal de prestige par excellence, utilisé pour s’assurer la loyauté des soldats avant l’affrontement décisif de la bataille de Philippes. Légitimation du pouvoir : Cassius se présente comme PRO COS (Proconsul). C’est un point crucial : il affirme que son autorité émane toujours du Sénat romain, contrairement aux triumvirs qu’il considère comme des usurpateurs. 2. Analyse du Symbolisme Le message est double : il justifie le passé (le meurtre de César) et promet un avenir sous la protection des dieux. A. L’Avers : La Libertas (La Liberté) Signification politique : Le portrait de la déesse Libertas est l’emblème absolu des Républicains. En la plaçant sur la monnaie, Cassius rappelle pourquoi il a tué César : pour libérer Rome de la « tyrannie ». Héritage familial : La famille de Cassius (la gens Cassia) revendiquait de longue date une dévotion à la Liberté. C’est une manière de lier sa vertu personnelle à celle de l’État. B. Le Revers : Le Trépied d’Apollon Le trépied, surmonté d’un chaudron et entouré de bandelettes, est riche en symboles : Piété et Sacerdoce : Cassius était membre des Quindecimviri sacris faciundis (les quinze gardiens des Livres Sibyllins). Le trépied est l’emblème de ce collège sacerdotal. Il montre ainsi qu’il agit avec l’approbation divine. Apollon vs Dionysos : Les Républicains s’identifiaient souvent à Apollon (ordre, raison, soleil), tandis qu’ils associaient Marc Antoine à Dionysos (excès, ivresse). Référence à la Victoire : Le trépied était également un trophée courant. Certains historiens y voient une allusion à la victoire navale de Cassius contre Rhodes en 42 av. J.-C., peu avant la frappe de cette monnaie. 3. Conclusion Numismatique Cet aureus est le témoignage tragique d’un monde en train de basculer. En utilisant des symboles traditionnels (la Liberté et la religion), Cassius tente désespérément de maintenir l’illusion d’une République romaine intacte, alors que le système impérial est déjà en train de naître. Cet aureus mentionne deux noms essentiels sur ses deux faces : l’autorité émettrice (Cassius) et le magistrat responsable de la frappe (Aquinus). Voici les informations historiques et biographiques sur ces deux personnages : 1. L’autorité émettrice : Caius Cassius Longinus C’est le célèbre Cassius, l’un des principaux instigateurs du complot contre Jules César. Rôle militaire : Au moment de la frappe (43-42 av. J.-C.), il est Proconsul et commande les provinces d’Orient. Il a été acclamé Imperator (titre figurant sur le revers : C·CASSI·IMP) après ses victoires en Syrie et la soumission de Rhodes. Profil politique : Contrairement à Brutus, souvent perçu comme un idéaliste tourmenté, Cassius est décrit par les historiens antiques (comme Plutarque) comme un homme pragmatique, énergique et parfois sévère. La religion comme légitimité : Sur cette pièce, il met en avant sa fonction de Quindecimvir sacris faciundis (membre du collège des quinze prêtres gardiens des Livres Sibyllins), symbolisée par le trépied. C’est une manière de dire : « Je ne suis pas un rebelle, je suis un magistrat romain légitime et pieux. » 2. Le monétaire (Légat) : Marcus Aquinus Le nom à l’avers, M·AQVINVS·LEG, désigne le responsable direct de l’émission. Son rang : Le titre LEG (Legatus) indique qu’il n’est pas un magistrat monétaire ordinaire de Rome (tresvir monetalis), mais un lieutenant de haut rang (légat) au service de Cassius. Son parcours : C’est un partisan convaincu de la cause républicaine (les Optimates). Avant de rejoindre Cassius, il avait combattu aux côtés de Pompée. Il fut pardonné par César après la bataille de Thapsus en 46 av. J.-C., mais il choisit de rejoindre les « Libérateurs » après l’assassinat. Sa fin : Après la défaite de la bataille de Philippes en 42 av. J.-C., Marcus Aquinus, fidèle à ses convictions, se serait suicidé pour ne pas tomber aux mains d’Antoine et d’Octave. Pourquoi deux noms sur une monnaie ? À cette époque de guerre civile, la structure monétaire classique de Rome est brisée. Cassius apporte la caution politique et militaire (son nom garantit la valeur de l’or et l’autorité de l’armée). Aquinus apporte la caution administrative (il supervise la fonte, le poids et la qualité du métal précieux dans l’atelier mobile). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Cassius Longinus. Imperator en 712 (42 av. J.-C.) Il s agit du meurtrier de César ; son histoire est bien connue et nous n’en résumerons ici que les traits généraux. On le mentionne pour la première fois en 701 (53 av. J.-C.) : il remplissait alors les fonctions de questeur dans l armée de Crassus, lors de sa funeste expédition contre les Parthes. En 7o5 (49 av. J.-C.) il fut tribun du peuple et se déclara pour Pompée; après Pharsale, il se réconcilia avec César qui en fit un de ses lieutenants, et, en l’an. 710 (44 av. J.-C.), nommé prætor peregrinus, il devait partir l’année suivante pour la Syrie. Ce fut alors qu’il forma avec M. Brutus et d’autres conjurés le projet d’attenter à la vie du dictateur.Après le meurtre de César, Cassius partit pour la Syrie où il eut à lutter contre les Parthes et contre les partisans de César. Après une victoire sur Caecilius Bassus et les Rhodiens en 712, il fut proclamé imperator à Sardes par ses troupes. On sait que l’armée de Brutus et de Cassius fut définitivement écrasée en Macédoine, dans les plaines de Philippes, en 712 (42 av. J.-C.), par les troupes
1651JU – Denier Brutus – Marcus Servilius

1651JU – Denier Brutus – Marcus Servilius Avers : M SERVILIVS LEG (Marcus Servilius Legatus) Tête laurée à droite de Libertas. Revers : Q·CAEPIO BRVTVS·IMP Trophée militaire composé d’une cuirasse, de deux lances et d’un bouclier en forme de huit. British Museum 3.93g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Sardes? Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Junia, Cassia et Servilia Références : RRC 505/5 – B.48 (Junia) Le symbolisme et le contexte historique de cette monnaie sont indissociables de la fin tragique de la République romaine. Cette monnaie n’est pas qu’un simple moyen de paiement ; c’est un outil de propagande de guerre pour Brutus. 1. Le Symbolisme : L’idéologie de la « Libertas » Chaque élément visuel est choisi pour légitimer l’assassinat de Jules César (survenu en 44 av. J.-C.) : Libertas (Avers) : La déesse de la Liberté est le symbole central des Républicains (les Liberatores). En plaçant sa tête sur la monnaie, Brutus affirme que son combat n’est pas une quête de pouvoir personnelle, mais une mission sacrée pour libérer le peuple romain du « tyran ». Le Trophée (Revers) : Le trophée d’armes symbolise une victoire militaire déjà acquise ou imminente. Il sert à asseoir l’autorité de Brutus en tant qu’Imperator (titre figurant dans la légende BRVTVS IMP). Cela montre que Brutus possède le « commandement » (l’imperium) et la faveur des dieux. Les Légendes : Le nom M·SERVILIVS LEG (Marcus Servilius, légat) souligne la structure légale de son armée. Bien qu’ils soient techniquement des rebelles aux yeux d’Octave et Marc Antoine, Brutus et Cassius utilisent les titres officiels de la République pour prouver leur légitimité. 2. Le Contexte Historique : L’argent de la dernière chance La frappe de cet aureus intervient dans une période de tension extrême (fin 43 – début 42 av. J.-C.) : La Levée de fonds en Orient : Brutus et Cassius parcourent l’Asie Mineure (actuelle Turquie) pour lever des impôts massifs auprès des cités grecques et lyciennes. L’or utilisé pour ces aurei provient souvent du pillage ou des contributions forcées des villes locales (comme Xanthe ou Rhodes). L’Atelier Itinérant : Contrairement aux monnaies frappées à Rome, celle-ci provient d’un atelier monétaire qui suivait l’armée. Cela explique la rareté de ces pièces, produites en fonction des besoins immédiats de la solde. Payer les Légions : Un aureus représentait une somme considérable (25 deniers d’argent). Frapper de l’or était crucial pour garantir la fidélité des vétérans et des mercenaires avant la confrontation finale contre les troupes du Second Triumvirat (Octave, Antoine et Lépide). La bataille de Philippes : Cette monnaie est le témoin direct des mois précédant la double bataille de Philippes (octobre 42 av. J.-C.). Après sa défaite, Brutus se suicidera, marquant la fin effective de la République et le début de la transition vers l’Empire. Le magistrat monétaire mentionné sur cette monnaie est Marcus Servilius, un personnage clé de l’état-major des « Libérateurs » (Brutus et Cassius). Contrairement aux magistrats monétaires habituels de Rome (triumviri monetales), son rôle est ici celui d’un officier de haut rang doté de pouvoirs financiers en période de guerre. Voici les informations essentielles sur ce personnage : 1. Son Identité et son Titre Nom complet : Marcus Servilius. Il appartient à la gens Servilia, l’une des familles les plus anciennes et les plus illustres de Rome. Titre : LEG (Legatus). Il ne frappe pas monnaie en tant que magistrat civil, mais en tant que Légat. Cela signifie qu’il était un adjoint direct de Cassius (et parfois de Brutus), agissant avec l’autorité déléguée de son général. Famille : Il descend probablement de Marcus Servilius Pulex Geminus (consul en 202 av. J.-C.), un héros de la deuxième guerre punique célèbre pour ses 23 cicatrices de duels victorieux. Cette lignée explique l’importance de Marcus Servilius au sein du camp républicain : il représente la vieille aristocratie romaine opposée à la dictature. 2. Son Rôle sous Cassius et Brutus Pendant les guerres civiles de 43-42 av. J.-C., Servilius occupe une position de confiance absolue : Commandement militaire : Il a activement participé aux campagnes en Orient. Selon les sources historiques, il a été personnellement impliqué dans les opérations militaires en Lycie (au sud de l’actuelle Turquie) pour soumettre les cités locales et lever des fonds. Responsabilité financière : Sa signature sur l’aureus indique qu’il était responsable de la transformation du butin de guerre (or et argent pillés à Rhodes et en Lycie) en numéraire pour payer les soldats avant la bataille de Philippes. En résumé : Marcus Servilius n’est pas un simple fabricant de monnaie, mais un aristocrate soldat qui met son nom et son prestige au service de la « Liberté » contre les héritiers de César. Son nom sur ces pièces est une garantie de la valeur du métal et de la légitimité de la cause. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon M. Servilius. En 711-712 (43-42 av. J.-C.) Ce personnage fut tribun du peuple en 710 (44 av. J.-C.) et Cicéron le qualifie de vir fortissimus . On sait peu de chose sur sa carrière; les médailles seules nous apprennent qu’il fut légat de Brutus et de Cassius en Orient, avant la bataille de Philippes, livrée en septembre 712.
1044PO – Denier Porcia – Marcus Porcius Læca

1044PO – Denier Porcia – Marcus Porcius Læca Avers : LAECA Tête casquée de Rome à droite, sous le menton marque de valeur (XVI). Revers : M PORC // ROMA (Marcus Porcius // Roma) Libertas (la Liberté) dans un quadrige galopant à gauche, tenant un bonnet de liberté de la main droite et un bâton et les rênes de la main gauche, couronnée par la Victoire volant à gauche. British Museum 3.94g INDICE DE RARETE : 3 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 125 avant J.C. Matière : Argent Gens : Porcia Références : RRC 270/1 – B.3 (Porcia) – Syd.513 👤 Identité du Monétaire Nom Complet : M. Porcius Laeca (Marcus Porcius Laeca). Fonction : Triumvir Monetalis (l’un des trois magistrats chargés de la frappe des monnaies à Rome). Période d’activité : 125 avant J.-C. Gens : Il appartenait à la gens Porcia, une famille plébéienne bien connue, dont le membre le plus célèbre est Caton l’Ancien. 🏛 Contexte Politique et Allusion de la Monnaie Le monétaire M. Porcius Laeca est peu ou pas mentionné dans les textes littéraires romains, comme c’est souvent le cas pour les triumviri monetales qui exerçaient une magistrature mineure. On le connaît presque uniquement grâce à sa monnaie. Cependant, le choix du motif de son denier est très éloquent : Type au Revers : La déesse Libertas (la Liberté) conduisant un quadrige et couronnée par la Victoire, tenant le pileus (bonnet de liberté) et la vindicta (baguette d’affranchissement). Signification : Le type de la Libertas est une claire allusion à l’histoire familiale (la gens Porcia) et aux célèbres lois Porciae de Provocatione (Lois Porcia sur le droit d’appel). Ces lois, votées par des membres précédents de la gens Porcia (comme P. Porcius Laeca), visaient à protéger les citoyens romains contre la violence arbitraire des magistrats (en particulier, l’interdiction des châtiments corporels pour les citoyens). En plaçant la Liberté sur sa monnaie, M. Porcius Laeca célébrait son héritage familial en tant que défenseur des droits des citoyens romains. Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon M. Porcius Laeca. Triumvir monétaire vers 625 (129 av. J.-C.) Ce monétaire n’est pas mentionné dans les auteurs. Il était évidemment un descendant de P. Porcius Laeca, préteur en 559 (195 av. J.-C.), dont nous parlerons plus loin. Le type du revers de son denier qui représente la Liberté couronnée par la Victoire, est une allusion, comme l’a démontré Eckhel , aux trois lois qui portent le nom de Porcia, sur le droit de provocation. Nous en parlerons plus longuement lorsque nous décrirons le denier de P. Porcius Laeca. (V. ci-après, p. 369). Le type du denier de M. Porcius Laeca nous permet de conjecturer que ce personnage fut triumvir monétaire avec Caius et Marcus Aburius. Lieux de découverte (562 exemplaires)
1631CA – Aureus Cassius – Caius Cassius Longinus

1631CA – Aureus Cassius – Caius Cassius Longinus Avers : LIBERTAS M·AQVINVS·LEG Tête diadémée de Libertas à droite. Revers : C·CASSI IMP Trépied avec chaudron décoré par deux branches de laurier. British Museum 7.7g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Incertain Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Cassia et Aquinia Références : RRC 499/1 – B.13 (Cassia) – Syd.1303 1. Contexte Historique : La résistance en Orient (43-42 av. J.-C.) Cet aureus est frappé par un atelier monétaire mobile alors que Cassius se trouve en Orient (Sardes ou Rhodes). Le titre d’Imperator : Cassius vient d’être acclamé Imperator par ses troupes après ses succès militaires en Syrie et contre la cité de Rhodes. Le besoin de légitimité : Contrairement à Brutus qui jouit d’une aura morale héritée de ses ancêtres, Cassius doit utiliser la monnaie pour affirmer son autorité et payer ses légions avant l’affrontement décisif de Philippes contre Octave et Marc Antoine. 2. Symbolisme de l’Avers : La Libertas souveraine L’avers présente la tête de la Liberté (Libertas) tournée vers la droite, portant un diadème. Légende : LIBERTAS M·AQVINVS·LEG (Marcus Aquinus Legatus). Signification : La Libertas est le cœur idéologique des « Libérateurs ». Ici, elle est représentée de manière divine (diadémée), suggérant que la cause républicaine est sacrée. Marcus Aquinus, qui signe la pièce, est le légat (lieutenant) de Cassius chargé de superviser la frappe. 3. Symbolisme du Revers : Piété et Autorité Le revers montre un trépied surmonté d’un chaudron (cortina), orné de deux branches de laurier. Légende : C·CASSI IMP (Caius Cassius Imperator). Le Trépied : Symbole d’Apollon, il fait référence à la charge de Quindecimvir sacris faciundis (l’un des 15 membres du collège religieux gardien des Livres Sibyllins) occupée par Cassius. Cela prouve que les « meurtriers » de César se considéraient comme des citoyens pieux agissant pour le salut de l’État. Le Laurier : Symbole de victoire, il renforce le titre d’Imperator et la promesse d’un succès futur contre les héritiers de César. Cet aureus mentionne deux noms essentiels sur ses deux faces : l’autorité émettrice (Cassius) et le magistrat responsable de la frappe (Aquinus). Voici les informations historiques et biographiques sur ces deux personnages : 1. L’autorité émettrice : Caius Cassius Longinus C’est le célèbre Cassius, l’un des principaux instigateurs du complot contre Jules César. Rôle militaire : Au moment de la frappe (43-42 av. J.-C.), il est Proconsul et commande les provinces d’Orient. Il a été acclamé Imperator (titre figurant sur le revers : C·CASSI·IMP) après ses victoires en Syrie et la soumission de Rhodes. Profil politique : Contrairement à Brutus, souvent perçu comme un idéaliste tourmenté, Cassius est décrit par les historiens antiques (comme Plutarque) comme un homme pragmatique, énergique et parfois sévère. La religion comme légitimité : Sur cette pièce, il met en avant sa fonction de Quindecimvir sacris faciundis (membre du collège des quinze prêtres gardiens des Livres Sibyllins), symbolisée par le trépied. C’est une manière de dire : « Je ne suis pas un rebelle, je suis un magistrat romain légitime et pieux. » 2. Le monétaire (Légat) : Marcus Aquinus Le nom à l’avers, M·AQVINVS·LEG, désigne le responsable direct de l’émission. Son rang : Le titre LEG (Legatus) indique qu’il n’est pas un magistrat monétaire ordinaire de Rome (tresvir monetalis), mais un lieutenant de haut rang (légat) au service de Cassius. Son parcours : C’est un partisan convaincu de la cause républicaine (les Optimates). Avant de rejoindre Cassius, il avait combattu aux côtés de Pompée. Il fut pardonné par César après la bataille de Thapsus en 46 av. J.-C., mais il choisit de rejoindre les « Libérateurs » après l’assassinat. Sa fin : Après la défaite de la bataille de Philippes en 42 av. J.-C., Marcus Aquinus, fidèle à ses convictions, se serait suicidé pour ne pas tomber aux mains d’Antoine et d’Octave. Pourquoi deux noms sur une monnaie ? À cette époque de guerre civile, la structure monétaire classique de Rome est brisée. Cassius apporte la caution politique et militaire (son nom garantit la valeur de l’or et l’autorité de l’armée). Aquinus apporte la caution administrative (il supervise la fonte, le poids et la qualité du métal précieux dans l’atelier mobile). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Cassius Longinus. Imperator en 712 (42 av. J.-C.) Il s agit du meurtrier de César ; son histoire est bien connue et nous n’en résumerons ici que les traits généraux. On le mentionne pour la première fois en 701 (53 av. J.-C.) : il remplissait alors les fonctions de questeur dans l armée de Crassus, lors de sa funeste expédition contre les Parthes. En 7o5 (49 av. J.-C.) il fut tribun du peuple et se déclara pour Pompée; après Pharsale, il se réconcilia avec César qui en fit un de ses lieutenants, et, en l’an. 710 (44 av. J.-C.), nommé prætor peregrinus, il devait partir l’année suivante pour la Syrie. Ce fut alors qu’il forma avec M. Brutus et d’autres conjurés le projet d’attenter à la vie du dictateur.Après le meurtre de César, Cassius partit pour la Syrie où il eut à lutter contre les Parthes et contre les partisans de César. Après une victoire sur Caecilius Bassus et les Rhodiens en 712, il fut proclamé imperator à Sardes par ses troupes. On sait que l’armée de Brutus et de Cassius fut définitivement écrasée en Macédoine, dans les plaines de Philippes, en 712 (42 av. J.-C.), par les troupes des triumvirs Marc Antoine, Octave et Lépide ; Cassius désespéré se donna la mort.Les monnaies sur lesquelles C. Cassius reçoit le titre d’imperator, ont été frappées en Orient par ses lieutenants M. Aquinus, P. Cornelius Lentulus Spinther, et M. Servilius . La tête de la Liberté rappelle que les Cassii s’étaient voués à la défense des revendications des plébéiens; le trépied qui fait peut-être allusion à la dignité de quindecimvir sacris faciundis, dont Cassius était investi rappelle , en même temps les monnaies de Delphes, de Cyzique et de beaucoup d
1647CA – Aureus Cassius – Marcus Servilius

1647CA – Aureus Cassius – Marcus Servilius Avers : C CASSI IMP (Caius Cassius, Imperator) Tête laurée à droite de Libertas. Revers : M SERVILIVS LEG (Marcus Servilius Legatus) Aplustre. British Museum 8.03g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Sardes? Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Cassia et Servilia Références : RRC 505/1 – B.20 (Cassia) – Syd.1311 Cette monnaie est bien plus qu’une simple monnaie : c’est un manifeste politique et militaire frappé par les « Libérateurs » (les assassins de Jules César) peu avant leur défaite finale. Voici une analyse détaillée de son symbolisme et du contexte historique qui a mené à sa création. Le Contexte Historique : La Marche vers Philippes (43-42 av. J.-C.) Après le meurtre de César en 44 av. J.-C., ses assassins, menés par Caius Cassius Longinus et Marcus Junius Brutus, s’enfuient en Orient pour lever une armée. L’Urgence Militaire : En 43 av. J.-C., le Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide) est formé à Rome. La guerre civile est inévitable. Cassius et Brutus ont besoin d’énormes quantités d’or pour payer leurs légions avant l’affrontement décisif. L’Atelier Itinérant : Cet aureus n’a pas été frappé à Rome, mais par un atelier militaire mobile qui suivait Cassius. On situe généralement sa frappe à Sardes (Turquie actuelle) à l’été 42 av. J.-C., peu avant que Cassius ne rejoigne Brutus pour marcher vers la Macédoine. La Campagne de Rhodes : Juste avant la frappe, Cassius avait assiégé et pillé la ville de Rhodes, qui refusait de soutenir les Républicains. La richesse extraite de ce sac a probablement fourni le métal précieux nécessaire à l’émission de cet or. Analyse Symbolique : Le Message des « Libérateurs » Le choix des motifs est une réponse directe à la « tyrannie » de César, utilisant des symboles chers à la République. 1. L’Avers : Libertas et l’Idéologie Républicaine La tête de Libertas (la Liberté) est le symbole central du camp républicain. Légitimité : En plaçant Libertas sur ses pièces, Cassius se présente non pas comme un rebelle, mais comme le sauveur de la constitution romaine contre le despotisme. Le Titre IMP (Imperator) : La légende C·CASSI·IMP rappelle que Cassius a été acclamé Imperator par ses troupes après ses victoires en Orient, lui conférant une autorité militaire incontestée. 2. Le Revers : L’Aplustre et la Victoire de Rhodes Le revers, signé par le légat Marcus Servilius, est riche en allusions militaires et géographiques. L’Aplustre : Cet ornement de poupe de navire symbolise la suprématie navale. Il fait directement référence à la défaite de la flotte rhodienne par Cassius. Les Fleurs (Roses) : Les branches fleuries aux extrémités de l’aplustre sont interprétées comme des roses, symbole emblématique de l’île de Rhodes. C’est une manière subtile mais claire de marquer son triomphe sur cette puissance maritime. Le Diadème délié (sur des variantes proches comme le RRC 505/3) : Sur certaines émissions de Servilius, on voit un crabe (symbole de l’île de Cos) tenant un aplustre au-dessus d’un diadème délié. Le diadème étant le symbole de la royauté, cela signifie que Cassius a « délié » (brisé) les velléités royales, qu’il s’agisse de celles des souverains orientaux ou de celles de César lui-même. Une Monnaie de « Fin de Règne » Cette monnaie est l’une des dernières expressions de la République romaine avant qu’elle ne s’effondre à la bataille de Philippes en octobre 42 av. J.-C. Après leur défaite, Cassius et Brutus se suicidèrent, marquant la fin de l’espoir d’un retour à l’ancien régime sénatorial. Le magistrat monétaire mentionné sur cette monnaie est Marcus Servilius, un personnage clé de l’état-major des « Libérateurs » (Brutus et Cassius). Contrairement aux magistrats monétaires habituels de Rome (triumviri monetales), son rôle est ici celui d’un officier de haut rang doté de pouvoirs financiers en période de guerre. Voici les informations essentielles sur ce personnage : 1. Son Identité et son Titre Nom complet : Marcus Servilius. Il appartient à la gens Servilia, l’une des familles les plus anciennes et les plus illustres de Rome. Titre : LEG (Legatus). Il ne frappe pas monnaie en tant que magistrat civil, mais en tant que Légat. Cela signifie qu’il était un adjoint direct de Cassius (et parfois de Brutus), agissant avec l’autorité déléguée de son général. Famille : Il descend probablement de Marcus Servilius Pulex Geminus (consul en 202 av. J.-C.), un héros de la deuxième guerre punique célèbre pour ses 23 cicatrices de duels victorieux. Cette lignée explique l’importance de Marcus Servilius au sein du camp républicain : il représente la vieille aristocratie romaine opposée à la dictature. 2. Son Rôle sous Cassius et Brutus Pendant les guerres civiles de 43-42 av. J.-C., Servilius occupe une position de confiance absolue : Commandement militaire : Il a activement participé aux campagnes en Orient. Selon les sources historiques, il a été personnellement impliqué dans les opérations militaires en Lycie (au sud de l’actuelle Turquie) pour soumettre les cités locales et lever des fonds. Responsabilité financière : Sa signature sur l’aureus indique qu’il était responsable de la transformation du butin de guerre (or et argent pillés à Rhodes et en Lycie) en numéraire pour payer les soldats avant la bataille de Philippes. En résumé : Marcus Servilius n’est pas un simple fabricant de monnaie, mais un aristocrate soldat qui met son nom et son prestige au service de la « Liberté » contre les héritiers de César. Son nom sur ces pièces est une garantie de la valeur du métal et de la légitimité de la cause. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Cassius Longinus. Imperaior en 712 (42 av. J.-C.) Il s agit du meurtrier de César ; son histoire est bien connue et nous n’en résumerons ici que les traits généraux. On le mentionne pour la première fois en 701 (53 av. J.-C.) : il remplissait alors les fonctions de questeur dans l armée de Crassus, lors de sa funeste expédition contre les Parthes. En 7o5 (49 av. J.-C.) il fut tribun du peuple et se
1641JU – Aureus Brutus – Lucius Sestius Quirinalis

1641JU – Aureus Brutus – Lucius Sestius Quirinalis Avers : L SESTI / PRO Q (Lucius Sestius Pro Quaestori, Lucius Sestius pro questeur) Buste voilé et drapé de Libertas (la Liberté) à droite. Revers : Q CAEPIO BRVTVS PR. COS (Quintus Caepio Brutus proconsul) Trépied delphien entre une hache à sacrifice et un simpulum. Bibliothèque nationale de France 7.95g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Sud-ouest Asie mineure? Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Sestia, Servilia et Junia Références : RRC 502/1 – B.36 (Junia) L’analyse du symbolisme et du contexte historique de cette monnaie (frappé en 43-42 av. J.-C.) révèle une stratégie de communication politique très précise de la part de Brutus, visant à transformer son image de « meurtrier » en celle de « sauveur » de l’État. 1. Le Contexte Historique : Une République en exil Cette monnaie est frappée alors que Brutus et Cassius, les « Libérateurs », se trouvent en Orient (Asie Mineure et Grèce). Ils ont pris le contrôle des provinces orientales pour lever les fonds et les légions nécessaires à l’affrontement final contre Octave et Marc Antoine. Une monnaie de guerre : L’émission d’aurei (en or) est exceptionnelle sous la République. Elle répond à une nécessité immédiate : payer les soldes des officiers et s’assurer la loyauté des troupes avant la bataille décisive de Philippes. Légitimité institutionnelle : Bien qu’il soit en exil, Brutus utilise son titre de PRO COS (Proconsul) et mentionne son questeur L. Sestius. Cela vise à démontrer que son commandement est légal et émane de l’autorité du Sénat, contrairement au Triumvirat qu’il considère comme une usurpation. 2. Symbolisme de l’Avers : La Libertas voilée L’avers présente la tête de Libertas (la Liberté), mais avec une particularité notable : elle est voilée. La piété et le deuil : Le voile suggère une dimension religieuse et solennelle. Cela peut interpréter la Liberté comme une divinité que l’on doit honorer avec gravité, ou symboliser le deuil de la République blessée par la dictature de César. Le message politique : Brutus réaffirme que le seul motif de son action est le rétablissement de la liberté républicaine. 3. Symbolisme du Revers : Le Trépied et les attributs religieux Le revers est dominé par un trépied delphien, flanqué d’une hache sacrificielle (securis) et d’un vase à libation (simpulum). Le patronage d’Apollon : Le trépied est le symbole par excellence d’Apollon. Ce dieu était le protecteur personnel de Brutus (le mot d’ordre à la bataille de Philippes était d’ailleurs « Apollon »). Brutus se place sous une protection divine solaire et civilisatrice contre ce qu’il présente comme la tyrannie. L’autorité religieuse : La hache et le vase sont les insignes du collège des Pontifes, dont Brutus faisait partie. En affichant ces instruments, il signifie que ses actes sont conformes au droit sacré et à la volonté des dieux. Il ne s’agit pas d’une rébellion, mais d’une mission de purification de l’État. Synthèse Cette monnaie est un chef-d’œuvre de propagande. Il cherche à équilibrer la force militaire (le titre de Proconsul) avec la vertu morale (Libertas) et la caution divine (Apollon/Pontificat). Cette monnaie mentionne un personnage clé de l’état-major de Brutus : Lucius Sestius Quirinalis (orthographié L. SESTI sur la monnaie). Voici les informations essentielles sur ce magistrat monétaire et son rôle historique : 1. Son rôle auprès de Brutus Sur cette monnaie, Lucius Sestius porte le titre de PRO Q (Pro Quaestore). Fonction : En tant que pro-questeur, il était le responsable financier et logistique de Brutus durant sa campagne en Orient (43-42 av. J.-C.). Responsabilité monétaire : C’est lui qui supervisait l’atelier monétaire itinérant suivant l’armée. Il avait la lourde tâche de transformer le métal précieux (souvent issu de réquisitions en Asie Mineure) en pièces de monnaie pour payer les légions. 2. Un survivant politique Contrairement à son chef Brutus qui se suicida après la défaite de Philippes en 42 av. J.-C., Lucius Sestius a survécu aux guerres civiles : Amnistie : Il bénéficia de l’amnistie accordée par les membres du second triumvirat. Loyauté mémorielle : Il est resté célèbre pour sa fidélité à la mémoire de Brutus, conservant des statues du « Libérateur » chez lui, même après l’avènement d’Auguste. 3. Consul aux côtés d’Auguste Fait remarquable, son passé républicain ne l’empêcha pas d’atteindre le sommet de l’État sous l’Empire : Consul Suffect (23 av. J.-C.) : Auguste le choisit comme collègue au consulat lorsqu’il démissionna lui-même de cette fonction. Symbole de réconciliation : La nomination de Sestius (un ancien partisan de l’assassin de César) par Auguste était un geste politique fort. Cela prouvait que le nouveau régime (le Principat) pouvait intégrer les anciens républicains ralliés, renforçant l’image d’une « République restaurée ». 4. Liens culturels et archéologiques Horace : Le poète Horace lui a dédié l’une de ses célèbres odes (Ode I, 4, Solvitur acris hiems), ce qui témoigne de son appartenance à la haute société intellectuelle romaine. Production de briques et d’amphores : Des recherches archéologiques ont identifié des estampilles de briques et d’amphores au nom de L. SESTI. Il possédait d’importantes briqueteries et des domaines produisant du vin près de Cosa en Étrurie, faisant de lui l’un des hommes les plus riches de son temps. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Sestia, d’origine patricienne, remonte à une haute antiquité. Un de ses membres, P. Sestius Capitolinus Vaticanus, fut consul dès l’an 302 (452 av. J.-C.), avec T. Menenius Agrippa. On l’appelle quelquefois Sextius, et bien que, plus tard, on ait distingué les familles Sestia et Sexlia, elles paraissent sortir de la même souche et avoir porté primitivement le même nom. P. Sestius ou Sextius fut questeur en 691 (63 av. J.-C.) et aida Cicéron à démasquer la conspiration de Catilina. Tribun du peuple en 697 (57 av. J.-C.), préteur en 701 (53 av. J.-C.), il suivit la fortune du parti pompéien jusque dans le courant de l’année 706 (48 av. J.-C.), époque où il se rallia à César. Son fils, L. Sestius, le seul des
1634CA – Aureus Cassius – Lentulus Spinther

1634CA – Aureus Cassius – Lentulus Spinther Avers : C·CASSI·IMP – LEIBERTAS (Caius Cassius Imperator / Leibertas, Caius Cassius Imperator) Buste diadémé de Libertas (la Liberté) à droite. Revers : LENTVLVS / SPINT (Lentulus Spinther) Capis et lituus. British Museum 8.07g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Smyrme? Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Cassia et Cornelia Références : RRC 500/2 – B.15 (Cassia) – Syd.1306 Cet Aureus est bien plus qu’une simple pièce de monnaie ; c’est un outil de propagande et de survie militaire frappé dans l’un des moments les plus critiques de l’histoire romaine : la fin de la République. Contexte Historique : L’Ombre de Philippes Cette monnaie a été frappée vers 43-42 av. J.-C. par un atelier monétaire mobile suivant les armées des « Libérateurs » (Cassius et Brutus). Le financement de la guerre : Après l’assassinat de Jules César, Cassius s’enfuit en Orient pour lever des légions. Pour payer ses soldats et s’assurer de leur fidélité avant la confrontation finale contre Marc Antoine et Octave à la bataille de Philippes, il a besoin d’énormes quantités d’or. La source de l’or : Cet or provenait souvent de « dons » forcés imposés aux cités d’Asie Mineure ou de la fonte de trésors de temples (notamment à Tarse ou Rhodes). Symbolisme et Iconographie Le choix des images sur cette pièce est une réponse directe à l’image de César et une affirmation de la légitimité républicaine. 1. L’Avers : Le buste de Libertas Symbole : La tête de Libertas (la Liberté) est le message central. Les conjurés se faisaient appeler les Liberatores. En plaçant Libertas sur leurs pièces, ils affirmaient combattre pour libérer le peuple romain de la « tyrannie » exercée par César et ses héritiers. Légende : On y lit souvent C. CASSI. IMP (Gaius Cassius Imperator). Le titre d’Imperator ici n’est pas celui d’un empereur au sens moderne, mais un titre militaire décerné par ses troupes après une victoire. 2. Le Revers : Les instruments du culte Le revers présente un sacrificial jug (praefericulum) et un lituus. Le Lituus : C’est le bâton recourbé des augures, les prêtres chargés d’interpréter la volonté des dieux à travers le vol des oiseaux. La Cruche (Praefericulum) : Utilisée pour les libations lors des sacrifices. Signification : Ces symboles soulignent la pietas (piété) et les fonctions religieuses de l’émetteur (Lentulus Spinther, qui était augure). Pour Cassius, cela servait à démontrer que les dieux étaient de leur côté, légitimant ainsi leur rébellion contre le second triumvirat. Un objet de prestige Parce qu’un aureus valait 25 deniers d’argent, cette pièce était destinée aux officiers supérieurs et aux vétérans. Elle servait à la fois de salaire et de rappel constant de la cause pour laquelle ils risquaient leur vie. Le monétaire (ou magistrat responsable de l’émission) pour cette monnaie est Publius Cornelius Lentulus Spinther. Il est important de ne pas le confondre avec son père homonyme (consul en 57 av. J.-C.). Voici les détails clés sur ce personnage et son rôle au sein du mouvement des « Libérateurs » : Identité et Origine Famille : Membre de la prestigieuse gens Cornelia, il est le fils de P. Cornelius Lentulus Spinther. Son surnom « Spinther » lui vient de la ressemblance de son père avec un acteur de théâtre populaire de l’époque. Statut : Il occupait le rang de propréteur (magistrat avec pouvoir de commandement) au moment de la frappe. Rôle auprès de Cassius Lentulus Spinther était l’un des lieutenants les plus fidèles de Cassius. Après l’assassinat de César, il rejoint les républicains en Orient : Commandement militaire : Il a participé activement aux campagnes en Asie Mineure, notamment lors du siège de Rhodes aux côtés de Cassius et en Lycie avec Brutus. Responsabilité monétaire : En tant que propréteur, il avait l’autorité de frapper monnaie pour payer les légions. Le denier RRC 500/1 porte sa signature (LENTVLVS SPINT) au revers, agissant comme garant de la valeur de la pièce au nom des généraux républicains. Qualifications religieuses Le choix des symboles sur la monnaie n’est pas un hasard. Lentulus Spinther était membre du collège des augures. C’est pour cette raison qu’il fait figurer le lituus (bâton augural) et la cruche au revers. Ces emblèmes servaient à affirmer que les chefs républicains possédaient la légitimité religieuse et le droit de consulter les dieux, contrairement aux triumvirs (Antoine et Octave) qu’ils présentaient comme des usurpateurs. Son destin Après la défaite de Cassius et Brutus à la bataille de Philippes en 42 av. J.-C., les traces historiques de Lentulus Spinther deviennent floues. Bien que certaines sources suggèrent qu’il ait pu s’échapper, il disparaît de la scène politique romaine après le désastre, marquant la fin de sa lignée parmi les grands acteurs de la République finissante. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon P. Cornelius Lentulus Spinther. Propréteur en 711 et 712 (43 et 42 av. J.-C.). Ce personnage était fils de P. Cornelius Lentulus Spinther, consul en 697 (57 av. J.-C.) dont nous avons donné plus haut des monnaies. Il suivit la fortune de Pompée à l’exemple de son père; retiré à Alexandrie, il finit par obtenir son pardon de César et revint en Italie. Après le meurtre de César, il se lia avec M. Brutus et il fut envoyé en Asie comme proquesteur, tandis que C. Trebonius s’y rendait en qualité de proconsul. Un peu plus tard, il fut élevé à la dignité de propréteur, et quand Brutus et Cassius commencèrent la guerre, il les rejoignit et frappa monnaie sous leur autorité, en plaçant sur ses espèces l’effigie de la Liberté pour laquelle ils combattaient. Spinther se battit à Rhodes avec Cassius, et en Lycie avec Brutus. Il paraît avoir échappé au désastre de Philippes, en 712 (42 av. J.-C.), mais l’histoire cesse de le mentionner à partir de cette époque. Les monnaies de P. Lentulus Spinther ont été frappées en Orient en 711 et 712 (43 et 42 av. J.-C.).
1636CA – Aureus Cassius – Lentulus Spinther

1636CA – Aureus Cassius – Lentulus Spinther Avers : C·CASSI·IMP – LEIBERTAS (Caius Cassius Imperator / Leibertas, Caius Cassius Imperator) Buste diadémé et voilé de Libertas (la Liberté) à droite. Revers : LENTVLVS / SPINT (Lentulus Spinther) Capis et lituus. British Museum 8.23g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Smyrme? Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Cassia et Cornelia Références : RRC 500/4 – B.17 (Cassia) – Syd.1304 Cette monnaie, frappé sous l’autorité de Gaius Cassius Longinus (l’un des principaux assassins de Jules César), est un document historique exceptionnel. Voici une analyse détaillée de son symbolisme et du contexte de sa création : 1. Le Symbolisme de l’Avers : La Liberté (Libertas) L’image : Le portrait de la déesse Libertas, voilée et portant un diadème. Signification : C’est le cœur du message des « Libérateurs ». En plaçant Libertas sur leurs monnaies, Cassius et Brutus affirment que leur combat n’est pas une quête de pouvoir personnelle, mais une mission sacrée pour restaurer la République face à la « tyrannie » de César. L’inscription : C·CASSI·IMP (Cassius Imperator) associé à LEIBERTAS. Le titre d’Imperator rappelle sa légitimité militaire, acquise par ses victoires en Orient, tandis que l’orthographe archaïque « Leibertas » souligne son attachement aux traditions ancestrales de Rome. 2. Le Symbolisme du Revers : La Légitimité Religieuse L’image : Un capis (cruche sacrificielle) et un lituus (bâton recourbé des augures). Signification : Ces objets sont des insignes de la fonction de pontife et d’augure. Le lituus symbolise la capacité de Cassius (ou de son magistrat monétaire, Spinther) à interpréter la volonté des dieux. Le capis souligne la piété et le respect des rites. Message Politique : En période de guerre civile, la piété était une arme politique majeure. Ces symboles visaient à démontrer que les dieux étaient du côté des conspirateurs, contrairement à leurs adversaires (Marc Antoine et Octave) qu’ils tentaient de dépeindre comme des usurpateurs impies. 3. Contexte Historique : Une Monnaie de Campagne Date et Lieu : Frappé en 43-42 av. J.-C., probablement à Smyrne ou lors des déplacements de l’armée de Cassius en Asie Mineure. L’Urgence Militaire : Cet aureus n’a pas été frappé à Rome (alors aux mains du Second Triumvirat), mais par un atelier monétaire mobile suivant les légions. Sa fonction première était pragmatique : payer les troupes avant la confrontation finale. Le Financement de la Guerre : Pour lever et maintenir leurs armées, Cassius et Brutus ont imposé de lourds tributs aux cités d’Orient. L’or utilisé pour ces pièces provenait souvent du pillage ou de la fonte de trésors de cités alliées ou conquises (comme Rhodes). 4. Portée Historique Cette monnaie est le témoignage d’un monde en basculement. Peu après l’émission de cette monnaie, Cassius se suicidera suite à la première bataille de Philippes en 42 av. J.-C., marquant la fin effective de la cause républicaine. Le monétaire (ou magistrat responsable de l’émission) pour cette monnaie est Publius Cornelius Lentulus Spinther. Il est important de ne pas le confondre avec son père homonyme (consul en 57 av. J.-C.). Voici les détails clés sur ce personnage et son rôle au sein du mouvement des « Libérateurs » : Identité et Origine Famille : Membre de la prestigieuse gens Cornelia, il est le fils de P. Cornelius Lentulus Spinther. Son surnom « Spinther » lui vient de la ressemblance de son père avec un acteur de théâtre populaire de l’époque. Statut : Il occupait le rang de propréteur (magistrat avec pouvoir de commandement) au moment de la frappe. Rôle auprès de Cassius Lentulus Spinther était l’un des lieutenants les plus fidèles de Cassius. Après l’assassinat de César, il rejoint les républicains en Orient : Commandement militaire : Il a participé activement aux campagnes en Asie Mineure, notamment lors du siège de Rhodes aux côtés de Cassius et en Lycie avec Brutus. Responsabilité monétaire : En tant que propréteur, il avait l’autorité de frapper monnaie pour payer les légions. Le denier RRC 500/1 porte sa signature (LENTVLVS SPINT) au revers, agissant comme garant de la valeur de la pièce au nom des généraux républicains. Qualifications religieuses Le choix des symboles sur la monnaie n’est pas un hasard. Lentulus Spinther était membre du collège des augures. C’est pour cette raison qu’il fait figurer le lituus (bâton augural) et la cruche au revers. Ces emblèmes servaient à affirmer que les chefs républicains possédaient la légitimité religieuse et le droit de consulter les dieux, contrairement aux triumvirs (Antoine et Octave) qu’ils présentaient comme des usurpateurs. Son destin Après la défaite de Cassius et Brutus à la bataille de Philippes en 42 av. J.-C., les traces historiques de Lentulus Spinther deviennent floues. Bien que certaines sources suggèrent qu’il ait pu s’échapper, il disparaît de la scène politique romaine après le désastre, marquant la fin de sa lignée parmi les grands acteurs de la République finissante. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon P. Cornelius Lentulus Spinther. Propréteur en 711 et 712 (43 et 42 av. J.-C.). Ce personnage était fils de P. Cornelius Lentulus Spinther, consul en 697 (57 av. J.-C.) dont nous avons donné plus haut des monnaies. Il suivit la fortune de Pompée à l’exemple de son père; retiré à Alexandrie, il finit par obtenir son pardon de César et revint en Italie. Après le meurtre de César, il se lia avec M. Brutus et il fut envoyé en Asie comme proquesteur, tandis que C. Trebonius s’y rendait en qualité de proconsul. Un peu plus tard, il fut élevé à la dignité de propréteur, et quand Brutus et Cassius commencèrent la guerre, il les rejoignit et frappa monnaie sous leur autorité, en plaçant sur ses espèces l’effigie de la Liberté pour laquelle ils combattaient. Spinther se battit à Rhodes avec Cassius, et en Lycie avec Brutus. Il paraît avoir échappé au désastre de Philippes, en 712 (42 av. J.-C.), mais l’histoire cesse de le mentionner à partir de cette époque. Les monnaies de P. Lentulus Spinther ont été frappées en Orient en 711 et 712 (43 et 42 av. J.-C.).
1650JU – Aureus Brutus – Marcus Servilius

1650JU – Aureus Brutus – Marcus Servilius Avers : M SERVILIVS LEG (Marcus Servilius Legatus) Tête laurée à droite de Libertas. Revers : Q·CAEPIO BRVTVS·IMP Trophée militaire composé d’une cuirasse, de deux lances et d’un bouclier en forme de huit. British Museum 7.87g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Sardes? Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Junia, Cassia et Servilia Références : RRC 505/4 – B.47 (Junia) – Syd.1314 Le symbolisme et le contexte historique de cette monnaie sont indissociables de la fin tragique de la République romaine. Cette monnaie n’est pas qu’un simple moyen de paiement ; c’est un outil de propagande de guerre pour Brutus. 1. Le Symbolisme : L’idéologie de la « Libertas » Chaque élément visuel est choisi pour légitimer l’assassinat de Jules César (survenu en 44 av. J.-C.) : Libertas (Avers) : La déesse de la Liberté est le symbole central des Républicains (les Liberatores). En plaçant sa tête sur la monnaie, Brutus affirme que son combat n’est pas une quête de pouvoir personnelle, mais une mission sacrée pour libérer le peuple romain du « tyran ». Le Trophée (Revers) : Le trophée d’armes symbolise une victoire militaire déjà acquise ou imminente. Il sert à asseoir l’autorité de Brutus en tant qu’Imperator (titre figurant dans la légende BRVTVS IMP). Cela montre que Brutus possède le « commandement » (l’imperium) et la faveur des dieux. Les Légendes : Le nom M·SERVILIVS LEG (Marcus Servilius, légat) souligne la structure légale de son armée. Bien qu’ils soient techniquement des rebelles aux yeux d’Octave et Marc Antoine, Brutus et Cassius utilisent les titres officiels de la République pour prouver leur légitimité. 2. Le Contexte Historique : L’argent de la dernière chance La frappe de cet aureus intervient dans une période de tension extrême (fin 43 – début 42 av. J.-C.) : La Levée de fonds en Orient : Brutus et Cassius parcourent l’Asie Mineure (actuelle Turquie) pour lever des impôts massifs auprès des cités grecques et lyciennes. L’or utilisé pour ces aurei provient souvent du pillage ou des contributions forcées des villes locales (comme Xanthe ou Rhodes). L’Atelier Itinérant : Contrairement aux monnaies frappées à Rome, celle-ci provient d’un atelier monétaire qui suivait l’armée. Cela explique la rareté de ces pièces, produites en fonction des besoins immédiats de la solde. Payer les Légions : Un aureus représentait une somme considérable (25 deniers d’argent). Frapper de l’or était crucial pour garantir la fidélité des vétérans et des mercenaires avant la confrontation finale contre les troupes du Second Triumvirat (Octave, Antoine et Lépide). La bataille de Philippes : Cette monnaie est le témoin direct des mois précédant la double bataille de Philippes (octobre 42 av. J.-C.). Après sa défaite, Brutus se suicidera, marquant la fin effective de la République et le début de la transition vers l’Empire. Le magistrat monétaire mentionné sur cette monnaie est Marcus Servilius, un personnage clé de l’état-major des « Libérateurs » (Brutus et Cassius). Contrairement aux magistrats monétaires habituels de Rome (triumviri monetales), son rôle est ici celui d’un officier de haut rang doté de pouvoirs financiers en période de guerre. Voici les informations essentielles sur ce personnage : 1. Son Identité et son Titre Nom complet : Marcus Servilius. Il appartient à la gens Servilia, l’une des familles les plus anciennes et les plus illustres de Rome. Titre : LEG (Legatus). Il ne frappe pas monnaie en tant que magistrat civil, mais en tant que Légat. Cela signifie qu’il était un adjoint direct de Cassius (et parfois de Brutus), agissant avec l’autorité déléguée de son général. Famille : Il descend probablement de Marcus Servilius Pulex Geminus (consul en 202 av. J.-C.), un héros de la deuxième guerre punique célèbre pour ses 23 cicatrices de duels victorieux. Cette lignée explique l’importance de Marcus Servilius au sein du camp républicain : il représente la vieille aristocratie romaine opposée à la dictature. 2. Son Rôle sous Cassius et Brutus Pendant les guerres civiles de 43-42 av. J.-C., Servilius occupe une position de confiance absolue : Commandement militaire : Il a activement participé aux campagnes en Orient. Selon les sources historiques, il a été personnellement impliqué dans les opérations militaires en Lycie (au sud de l’actuelle Turquie) pour soumettre les cités locales et lever des fonds. Responsabilité financière : Sa signature sur l’aureus indique qu’il était responsable de la transformation du butin de guerre (or et argent pillés à Rhodes et en Lycie) en numéraire pour payer les soldats avant la bataille de Philippes. En résumé : Marcus Servilius n’est pas un simple fabricant de monnaie, mais un aristocrate soldat qui met son nom et son prestige au service de la « Liberté » contre les héritiers de César. Son nom sur ces pièces est une garantie de la valeur du métal et de la légitimité de la cause. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon M. Servilius. En 711-712 (43-42 av. J.-C.) Ce personnage fut tribun du peuple en 710 (44 av. J.-C.) et Cicéron le qualifie de vir fortissimus . On sait peu de chose sur sa carrière; les médailles seules nous apprennent qu’il fut légat de Brutus et de Cassius en Orient, avant la bataille de Philippes, livrée en septembre 712. Lieu de découverte (1 exemplaire)
1333FA – Denier Farsuleia – Lucius Farsuleius Mensor

1333FA – Denier Farsuleia – Lucius Farsuleius Mensor Avers : MENSOR / S.C (Mensor Senatus Consulto, Mensor par Décret du Sénat) Buste diadémé et drapé de Libertas (la Liberté) à droite, portant boucles d’oreille et collier; derrière, un bonnet de liberté; le tout, entouré de la stemma, “corona infula”, (bandelette de laine). Revers : L. FARSVLEI (Lucius Farsuleius) Rome plutôt que Mars dans un bige à droite, invitant un personnage vêtu d’une toge à monter sur le char; Rome tient une longue javeline de la main gauche; au-dessous du bige, une marque de contrôle. Bibliothèque nationale de France 3.89g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 75 avant J.C. Matière : Argent Gens : Farsuleia Références : RRC 392/1b – B.2 (Farsuleia) – Syd.789 Le Monétaire L. Farsuleius Mensor Caractéristique Détails Nom Complet (Reconstitué) Lucius Farsuleius Mensor Période d’Activité Environ 75 av. J.-C. (date de son monnayage) Rôle Tresvir Monetalis (Un des trois fonctionnaires chargés de la frappe de la monnaie) Contexte Historique de son Monnayage (75 av. J.-C.) Les émissions de L. Farsuleius Mensor se situent dans une période extrêmement agitée de l’histoire romaine, juste après la mort de Sylla (78 av. J.-C.) et l’abolition progressive de ses lois. Les Proscriptions Syllaniennes : L. Farsuleius Mensor frappe sa monnaie dans le sillage immédiat des purges sanglantes et des exils ordonnés par Sylla. Restauration des Droits : Le thème de son denier (RRC 392/1), avec la figure togate (citoyen) montée dans le char, est très probablement une commémoration du rappel des exilés qui avaient fui les proscriptions ou avaient été bannis. Cette action politique de restauration des droits civiques était un événement majeur de l’époque. Interprétation de son Nom et du Surnom Mensor Le cognomen (surnom) Mensor signifie littéralement « arpenteur » ou « géomètre ». Ce surnom pourrait indiquer une profession ou une fonction héréditaire au sein de la famille Farsuleia, peut-être liée à la mesure et à l’attribution des terres (une activité essentielle dans la Rome antique, notamment après les guerres). Postérité Le rôle précis de L. Farsuleius Mensor après son monnayage n’est pas entièrement clair dans les sources historiques. Cependant, son émission monétaire, avec son iconographie politique très chargée (Libertas, rappel des exilés), reste un témoignage important des tensions et des espoirs de la République romaine à cette époque. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Farsuleius Mensor qui a fait frapper les médailles décrites plus loin, est inconnu historiquement, et même on ne connaît aucun autre membre de la famille Farsuleia. On classe les deniers de L. Farsuleius Mensor vers l’an 672 (82 av. J.-C.) environ. En l’absence de tout renseignement historique, il est bien difficile d’expliquer le type de ces pièces. Eckhel pense que ce type fait allusion à la lex Julia promulguée lors de la guerre Sociale en 665 (89 av. J.-C.) et par laquelle le droit de cité était accordé à tous les Italiens : ce serait pour ce motif qu’on verrait d’un côté le buste de la Liberté, et de l’autre le Génie du peuple romain dans un bige où il invite à monter le Génie plus petit de l’Italie. Ce n’est là qu’une conjecture ingénieuse, et d’après laquelle il faudrait un peu reculer l’âge de ces pièces. Ajoutons qu’on voit de même le buste de la Liberté sur les deniers de C. Egnatius Maximus dont le revers est non moins difficile à expliquer que celui des deniers de Farsuleius. Enfin le même droit figure sur les monnaies du proconsul C. Annius frappées en Espagne par le questeur L. Fabius Hispaniensis. Lieux de découverte (117 exemplaires)