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1533JU – Denier César – Publius Sepullius Macer

1533JU – Denier César – Publius Sepullius Macer Avers : CAESAR / DICT. PERPETVO (Cæsar Dictator In Perpertuo, César dictateur perpétuel) Tête laurée de César tournée à droite. Revers : P SEPVLLIVS MACER (Publius Sepullius Macer) Vénus debout à gauche, tenant une Victoriola de la main droite et une lance transversale de la main gauche ornée d’une étoile. British Museum 3.78g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Sepullia et Julia Références : RRC 480/11 – B.49 (Julia) – Syd.1072 Ce denier n’est pas une simple pièce de monnaie ; c’est un manifeste politique frappé au cœur d’une crise constitutionnelle sans précédent. Émis par le magistrat P. Sepullius Macer entre février et mars 44 av. J.-C., il capture l’instant précis où la République romaine bascule vers un pouvoir personnel absolu. 1. Le Portrait : La rupture d’un tabou millénaire Pour la première fois dans l’histoire de Rome, un homme vivant fait figurer son portrait sur la monnaie d’argent circulante. Signification : Dans la tradition républicaine, cet honneur était réservé aux divinités ou aux ancêtres illustres. En plaçant son visage sur le denier, César s’élève au-dessus du statut de simple citoyen. La légende DICT PERPETVO : Ce titre de « Dictateur à Vie » (accordé début 44 av. J.-C.) est le symbole ultime de la fin du partage du pouvoir. C’est cette mention, visible sur ce denier, qui a cristallisé la haine des conjurés et mené directement aux Ides de Mars. 2. Le Revers : Vénus Victrix et la légitimité divine Le revers montre Vénus Victrix (Vénus la Victorieuse), un choix loin d’être anodin pour César. Filiation divine : La Gens Julia (la famille de César) prétendait descendre d’Iule, fils d’Énée, lui-même fils de la déesse Vénus. En affichant la déesse, César affirme que son pouvoir n’est pas une usurpation, mais l’accomplissement d’une destinée divine. Les attributs : * La Victoire (Victoriola) : Elle tient une petite statuette ailée, rappelant les succès militaires de César (Gaule, Pharsale, Thapsus, Munda). Le Sceptre et le Bouclier : Ils symbolisent à la fois l’autorité royale (imperium) et la protection qu’il offre au peuple romain. Sur certains exemplaires, un astre (étoile) est présent, annonçant déjà sa future divinisation. 3. Contexte Historique : L’engrenage fatal Ce denier est frappé dans un climat de tension extrême à Rome. La préparation de la campagne d’Orient : César s’apprête à partir en guerre contre les Parthes pour venger la défaite de Crassus. Ces pièces servaient massivement à payer les légions prêtes au départ. L’affront aux Sénateurs : Le cumul des honneurs (port du costume des anciens rois, portrait monétaire, titre perpétuel) convainc Brutus et Cassius que la République est morte et que seul le tyrannicide peut la sauver. Le rôle du monétaire : P. Sepullius Macer appartient à un collège de quatre magistrats (Quattuorviri) créés spécifiquement pour augmenter la production monétaire en cette année charnière. Il continuera de frapper des monnaies après la mort de César, adaptant l’iconographie au nouveau contexte de deuil et de guerre civile. Le magistrat monétaire responsable de l’émission de cette monnaie est Publius Sepullius Macer. C’est un personnage clé de la numismatique romaine, bien que sa biographie historique soit paradoxalement très mince en dehors de ses monnaies. Voici les informations essentielles sur ce monétaire : 1. Identité et Statut Nom complet : Publius Sepullius Macer. Fonction : Il fait partie du collège des quatuorviri monétaires (IIIIvir AAAFF) de l’année 44 av. J.-C. Origine : La famille Sepullia est d’origine plébéienne, possiblement originaire de Padoue (Patavium). En dehors de Macer, cette famille est quasiment inconnue dans les fastes consulaires. Le Collège de 44 av. J.-C. : Jules César a augmenté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre (quatuorviri) pour faire face au besoin massif de numéraire avant sa campagne prévue contre les Parthes. Macer a travaillé aux côtés de L. Aemilius Buca, C. Cossutius Maridianus et L. Flaminius Chilo. 2. Un rôle de transition historique P. Sepullius Macer a eu le destin singulier d’être en fonction pendant et après l’assassinat de César (15 mars 44 av. J.-C.). Son monnayage se divise en trois phases révélatrices : Avant les Ides de Mars (Janvier – Février 44) : Il frappe les deniers à la légende CAESAR IMP (comme le RRC 480/5) puis CAESAR DICT PERPETVO. Ce sont les premières monnaies montrant un dictateur vivant. Immédiatement après la mort de César (Mars – Avril 44) : Macer continue de frapper des monnaies, mais le portrait de César apparaît désormais voilé (indiquant son statut de Pontifex Maximus ou son caractère sacré posthume) avec la légende PARENS PATRIAE (Père de la Patrie). Sous l’influence de Marc Antoine : Plus tard dans l’année, il frappe des types représentant Marc Antoine avec une barbe de deuil, montrant son ralliement au camp césarien après le meurtre du dictateur. 3. Types monétaires notables Outre le denier à l’étoile (480/5), P. Sepullius Macer a signé : Le type « Clementia Caesaris » (RRC 480/21) : Représentant un temple dédié à la clémence de César, une vertu que le dictateur mettait en avant pour se distinguer de la cruauté de Sylla. Le type du Desultor (RRC 480/20) : Un cavalier sautant d’un cheval à l’autre, une référence possible à des jeux célébrés par César. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Sepullia n’est connue que par deux représentants : l’un est le monétaire P. Sepullius Macer sur lequel on n’a pas d’autres renseignements historiques que ceux que nous fournissent les médailles; l’autre est l’orateur Sepullius Bassus mentionné par Sénèque.P. Sepullius Macer frappa monnaie en 710 (44 av. J.-C.), avant la mort de César, et il resta en charge après le meurtre du dictateur. Il remplaça, comme magistrat monétaire, M. Mettius, avant les ides de Mars de l’an 710, et ses collègues furent L. Aemilius Buca, C. Cossutius Maridianus et L. Flaminius Chilo. Nous avons donné quelques détails sur ce collège, à la famille Julia. Tous les types numismatiques qui figurent sur les monnaies de P. Sepullius Macer se rapportent à Jules César ou à Marc Antoine. Les monnaies au nom de Jules César qui sont antérieures à sa mort lui donnent

1532JU – Denier César – Publius Sepullius Macer

1532JU – Denier César – Publius Sepullius Macer Avers : CAESAR / DICT. PERPETVO (Cæsar Dictator In Perpertuo, César dictateur perpétuel) Tête laurée de César tournée à droite. Revers : P SEPVLLIVS / MACER (MACER écrit de de haut en bas) (Publius Sepullius Macer) Vénus debout à gauche, tenant une Victoriola de la main droite et une lance transversale de la main gauche, appuyée sur un bouclier placé sur un globe. British Museum 3.69g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Sepullia et Julia Références : RRC 480/10 – B.48 (Julia) – Syd.1073 ce denier n’est pas seulement une pièce de monnaie ; c’est un manifeste politique frappé dans les derniers jours de la République romaine. Voici l’analyse de son symbolisme et de son contexte historique unique. 1. Le Contexte Historique : Le Franchissement de l’Interdit En 44 av. J.-C., Rome est sous le choc d’une révolution numismatique. Jules César devient le premier Romain vivant à faire figurer son propre portrait sur une monnaie. Dictateur Perpétuel : Le titre DICT PERPETVO inscrit sur cette pièce est crucial. Contrairement à la dictature traditionnelle qui était une magistrature d’exception limitée à six mois, César se fait nommer « dictateur à vie » en février 44. Pour l’aristocratie sénatoriale, c’est la preuve irréfutable de ses ambitions monarchiques, ce qui précipitera son assassinat quelques semaines plus tard. L’Ides de Mars : La rareté extrême de la variante 480/9 (où le nom du monétaire Macer est écrit de bas en haut) suggère que la production a été brutalement interrompue, probablement par la mort du dictateur le 15 mars 44 av. J.-C. 2. Le Symbolisme de l’Avers : La Personnification du Pouvoir Le portrait de César est chargé de codes destinés à légitimer son autorité : La couronne de laurier : Symbole du triomphateur, elle rappelle ses victoires militaires (Gaule, Égypte, Afrique). Le réalisme (style vériste) : Contrairement aux portraits idéalisés des rois grecs, César est représenté avec un cou décharné et des traits marqués. Cette esthétique romaine traditionnelle visait à projeter la gravitas (sérieux) et l’autorité d’un homme d’État expérimenté. Les attributs religieux : On retrouve souvent derrière sa tête le lituus (bâton d’augure), rappelant qu’il est aussi Pontifex Maximus (Grand Pontife), le chef de la religion d’État. 3. Le Symbolisme du Revers : La Légitimité Divine Le revers présente Vénus Victrix (Vénus Victorieuse), un choix loin d’être anodin : L’ascendance divine : César affirmait que sa famille, la Gens Julia, descendait d’Iule, fils d’Énée, lui-même fils de Vénus. En plaçant Vénus sur ses monnaies, il proclame que son pouvoir ne vient pas seulement du Sénat, mais de son sang divin. La Victoire en main : Vénus tient une petite Victoire (Victoriola), signifiant que la paix romaine dépend de la faveur divine accordée à César. Le Bouclier et le Globe : Le bouclier évoque la protection militaire, tandis que le globe (souvent présent sous les pieds de Vénus ou à côté du bouclier) symbolise la domination de Rome sur le monde connu. Le magistrat monétaire responsable de l’émission de cette monnaie est Publius Sepullius Macer. C’est un personnage clé de la numismatique romaine, bien que sa biographie historique soit paradoxalement très mince en dehors de ses monnaies. Voici les informations essentielles sur ce monétaire : 1. Identité et Statut Nom complet : Publius Sepullius Macer. Fonction : Il fait partie du collège des quatuorviri monétaires (IIIIvir AAAFF) de l’année 44 av. J.-C. Origine : La famille Sepullia est d’origine plébéienne, possiblement originaire de Padoue (Patavium). En dehors de Macer, cette famille est quasiment inconnue dans les fastes consulaires. Le Collège de 44 av. J.-C. : Jules César a augmenté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre (quatuorviri) pour faire face au besoin massif de numéraire avant sa campagne prévue contre les Parthes. Macer a travaillé aux côtés de L. Aemilius Buca, C. Cossutius Maridianus et L. Flaminius Chilo. 2. Un rôle de transition historique P. Sepullius Macer a eu le destin singulier d’être en fonction pendant et après l’assassinat de César (15 mars 44 av. J.-C.). Son monnayage se divise en trois phases révélatrices : Avant les Ides de Mars (Janvier – Février 44) : Il frappe les deniers à la légende CAESAR IMP (comme le RRC 480/5) puis CAESAR DICT PERPETVO. Ce sont les premières monnaies montrant un dictateur vivant. Immédiatement après la mort de César (Mars – Avril 44) : Macer continue de frapper des monnaies, mais le portrait de César apparaît désormais voilé (indiquant son statut de Pontifex Maximus ou son caractère sacré posthume) avec la légende PARENS PATRIAE (Père de la Patrie). Sous l’influence de Marc Antoine : Plus tard dans l’année, il frappe des types représentant Marc Antoine avec une barbe de deuil, montrant son ralliement au camp césarien après le meurtre du dictateur. 3. Types monétaires notables Outre le denier à l’étoile (480/5), P. Sepullius Macer a signé : Le type « Clementia Caesaris » (RRC 480/21) : Représentant un temple dédié à la clémence de César, une vertu que le dictateur mettait en avant pour se distinguer de la cruauté de Sylla. Le type du Desultor (RRC 480/20) : Un cavalier sautant d’un cheval à l’autre, une référence possible à des jeux célébrés par César. Variante : MACER écrit du bas vers le haut au revers. Références : RRC 480/9 – B.48 (Julia) – Syd.1073a Moins de cinq exemplaires observés. British Museum 4.08g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Sepullia n’est connue que par deux représentants : l’un est le monétaire P. Sepullius Macer sur lequel on n’a pas d’autres renseignements historiques que ceux que nous fournissent les médailles; l’autre est l’orateur Sepullius Bassus mentionné par Sénèque.P. Sepullius Macer frappa monnaie en 710 (44 av. J.-C.), avant la mort de César, et il resta en charge après le meurtre du dictateur. Il remplaça, comme magistrat monétaire, M. Mettius, avant les ides de Mars de l’an 710, et ses collègues furent L. Aemilius Buca, C. Cossutius Maridianus et L. Flaminius Chilo. Nous avons donné quelques détails sur ce collège, à la famille Julia. Tous les types numismatiques qui figurent sur les monnaies de P.

1330EG – Denier Egnatia – Caius Egnatius Maxsumus

1330EG – Denier Egnatia – Caius Egnatius Maxsumus Avers: MAXSVMVS Buste diadémé et drapé de Libertas (la Liberté) à droite, portant boucles d’oreille et collier; derrière, un bonnet de liberté. Revers : C. EG(NA)TIVS CN. / F. / CN. N (Caius Egnatius Cnæi Filius Cnæi Nepos, Caius Egnatius fils de Cneius petit-fils de Cneius) Rome casquée debout de face tenant une haste de la main droite et posant le pied droit sur une tête de loup; à sa droite, Vénus diadémée debout de face tenant une haste de la main droite, Cupidon sur son épaule; de chaque côté une proue de navire surmontée d’une rame; dans le champ à gauche, marque de contrôle. British Museum 4.16g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 75 avant J.C. Matière : Argent Gens : Egnatia Référence : RRC 391/3 – B.2 (Egnatia) – Syd.787  Caius Egnatius Maximus (vers 75 av. J.-C.) Fonction Monétaire : Il était l’un des triumviri monetales (triumvirs monétaires) en 75 av. J.-C., la fonction qui lui donnait le droit de frapper monnaie à Rome. Identité : L’inscription sur la pièce, C·EGNATIVS·CN·F / CN·N (Caius Egnatius, Gnaei filius, Gnaei nepos), indique qu’il était Caius Egnatius, fils et petit-fils d’un Gnaeus Egnatius. L’ajout de MAXSVMVS sur l’avers est le cognomen (surnom) de sa famille. Carrière : Sa frappe de monnaie est une étape au début de la carrière politique romaine (cursus honorum). La rareté des sources écrites pour cette période rend souvent difficile de reconstituer le reste de la carrière de ces individus, mais on trouve des mentions.  Connexions Historiques et Famille La gens Egnatia était une famille d’origine samnite (une région d’Italie centrale) qui s’est installée à Rome. Ascendance Samnite : La famille semble avoir joué un rôle important dans la politique samnite avant de s’intégrer à l’aristocratie romaine. Postérité (Selon certaines sources) : Il est possible que C. Egnatius Maximus ait fait partie de l’entourage de M. Licinius Crassus. Certaines sources l’associent à l’expédition de Crassus contre les Parthes et au désastre de Carrhes en 53 av. J.-C., où il se serait échappé avec 300 cavaliers. L’historien Appien mentionne un Egnatius et son fils qui furent inclus dans les proscriptions de 43 av. J.-C. (les purges politiques menées par le Second Triumvirat) et exécutés. Il est possible, mais non certain, qu’il s’agisse de C. Egnatius Maximus et de son fils. 📜 Contexte Historique et Signification des Types Monétaires En 75 av. J.-C., Rome sortait de la période troublée des guerres civiles et des proscriptions de Sylla. Les monétaires de cette époque utilisaient souvent leurs émissions pour faire de la propagande politique et pour célébrer les gloires ou les thèmes de leurs familles. L’Avers (Libertas) : Le buste de Libertas (la Liberté) avec le pileus (le bonnet de liberté) est un thème politique fort et significatif. Selon Michael Crawford (RRC), ce choix pourrait faire allusion au retour de la Liberté après la dictature de Sylla. Le Revers (Roma et Vénus) : La représentation de Roma (symbole de l’État romain) et de Vénus (déesse protectrice de la gens Julia, mais aussi de l’amour et de la felicitas – la chance) est complexe. Nous suggèrons que l’imagerie peut faire allusion soit à la Loi Julia de 90 av. J.-C. (qui accorda la citoyenneté aux Latins), soit plus généralement à la Respublica (la République) retrouvée. Certains érudits voient dans cette scène une possible allusion à un groupe cultuel ou même à l’aménagement de l’Atrium Libertatis. La présence de la proue de navire (galley) est également un élément symbolique qui pourrait renvoyer à une victoire navale familiale (bien que l’interprétation reste discutée). En résumé, C. Egnatius Maximus était un magistrat monétaire qui a utilisé son droit de frappe pour émettre des pièces au contenu très riche, probablement destinées à rappeler la fidélité de sa famille à la cause de la liberté et de la République romaine après les bouleversements politiques. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La gens Egnatia était originaire du Samnium, probablement même de la ville de Teanum. Gellius Egnatius commandait les Samnites pendant les grandes guerres que le Samnium soutint contre Rome, au troisième siècle avant notre ère’. Marius Egnatius fut aussi un des principaux chefs des alliés italiens dans la guerre Sociale qui prit fin en 665 (89 av. J.-C.). Fixée à Rome à la suite de tous ces événements, la gens Egnatia y obtint d’être admise au Sénat, et c’est un de ses principaux représentants, C. Egnatius Maximus,qui frappa les monnaies décrites plus bas; ce personnage accompagna M. Licinius Crassus dans son expédition contre les Parthes, et après le grand désastre de Carrhae en 701 (53 av. J.-C.), il s’échappa avec trois cents cavaliers. Appien le signale comme ayant été compris avec son fils dans la proscription de l’an 711 (43 av. J.-C.). C’est vers l’an 685 (69 av. J.-C.) qu’il exerça la charge de triumvir monétaire. Les types des médailles de C. Egnatius Maximus ont résisté jusqu’icià  une interprétation satisfaisante. Le denier n. 1 indique par sa dentelure qu’il était destiné au commerce avec les peuples barbares. Le type de la Liberté, au revers, peut faire croire que l’un des ancêtres du monétaire contribua à la construction d’un atrium Libertatis. Sur le n. 2, l’association de la déesse Rome et de Vénus fait songer au temple qui fut plus tard élevé, sous le règne de l’empereur Hadrien, à Rome et à Vénus, Romae et Veneri, et dont on voit encore les débris près de l’arc de triomphe de Titus. Ainsi donc, depuis longtemps déjà, quand on bâtit ce temple, Rome et Vénus avaient été associées dans un même culte qui rappelait d’ailleurs l’origine troyenne de Rome. Sur le denier n. 3, on voit, comme l’a remarqué Cavedoni, le temple de Jupiter et de la Liberté, appelé aedes Joins Libertatis. En somme, nous trouvons sur les monnaies de C. Egnatius Maximus, Vénus et Cupidon, la Liberté, la déesse Rome et Jupiter, divinités bien caractérisées parleurs attributs, mais rien ne nous apprend pour quels motifs le monétaire choisit ces types. La forme Maxsumus pour Maximus est un archaïsme qui nous porte à

1283MA – Denier Marcia – Lucius Marcius Censorinus

1283MA – Denier Marcia – Lucius Marcius Censorinus Avers : L. CENSORIN (Lucius Censorinus) Buste diadémé, voilé et drapé de Vénus à droite avec boucles d’oreille d’oreille et collier. Revers : C.LIME(TAN) // P.CREPVSI (Caius Limetanus, Publius Crepusius) Vénus dans un bige galopant à droite, drapée, tenant les rênes des deux mains. Marque de contrôle au dessus des chevaux (Nombre de I à CLI). British Museum 4.08g INDICE DE RARETE : 6 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 82 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Marcia, Crepusia et Mamilia Référence : RRC 360/1b – B.27 (Marcia) – Syd.736 Ce denier a été frappé vers 82 av. J.-C. (une période de guerre civile entre les factions de Marius et de Sylla) par un collège de trois monétaires : L. Marcius Censorinus C. Mamilius Limetanus P. Crepusius Les noms des trois magistrats sont inscrits sur la monnaie : celui de L. Marcius Censorinus apparaît à l’avers (L·CENSORIN), et ceux de C. Mamilius Limetanus et P. Crepusius (C·LIMETA / P·CREPVSI) figurent au revers.   Contexte et biographie Le rôle de ces magistrats, appelés tres viri aere argento auro flando feriundo (les « trois hommes chargés de fondre et de frapper le bronze, l’argent et l’or »), était de superviser l’atelier monétaire de Rome. Malheureusement, comme le confirment les études numismatiques, très peu de choses sont connues sur ces hommes en dehors de leurs monnaies. P. Crepusius : Il est le plus souvent désigné comme l’émetteur principal pour ses propres séries (RRC 361), qui se distinguent par un système de marques de contrôle particulièrement complexe (avec lettres, symboles et numéros de série). L. Marcius Censorinus et C. Mamilius Limetanus : Ils ont également frappé leurs propres deniers individuels la même année (RRC 362 et RRC 363), en plus de cette émission commune. Le fait que cette monnaie soit signée par les trois monétaires atteste d’une émission extrêmement importante, probablement rendue nécessaire par les besoins financiers urgents de l’État romain en pleine guerre civile. C’est le seul exemple de l’histoire de la République où les trois monétaires ont émis à la fois des pièces individuelles et une pièce conjointe. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ce personnage fut triumvir monétaire avec P. Crepusius et C. Mamilius Limetanus . La date des deniers que ce collège fit frapper a été à peu près fixée par l’examen des trouvailles dans lesquelles on les a rencontrés ; mais on sait fort peu de chose sur chacun des monétaires. Mommsen pense que L. Censorinus est probablement le frère du monétaire C. Marcius Censorinus dont nous venons de voir les monnaies. On le regarde comme le père de L. Marcius L. f. Censorinus, un des plus ardents partisans de Marc Antoine, qui fut préteur en 711 (43 av. J.-C.) et consul en 715 (39 av. J.-C.). Sur le denier n. 24, le satyre Marsyas rappelle le nom de Marcius Eckhel croit, non sans raison, que c’est la statue de Marsyas érigée au forum’ ; Marsyas, fils de Liber, est le symbole de la liberté dans les colonies du jus ilalicum, et son image sur les monnaies coloniales symbolise la possession du jus Latii. Sa statue se trouvaitnon seulement à Rome, sur le forum, comme symbole de la Liberté, mais dans plusieurs villes d’Asie Mineure et d’Afrique. Quant à la colonne qu’on voit derrière la statue de Marsyas sur le denier de L. Censorinus, Cavedoni suppose que c’est celle dont parle Festus comme ayant été élevée à un comédien sur le Vulcanal. Lieux de découverte (84 exemplaires)

1383AE – Denier Lépide – Marcus Æmilius Lepidus

1383AE – Denier Lépide – Marcus Æmilius Lepidus Avers : Anépigraphe Tête féminine diadémée à droite, (Vénus ou Rome) entre une couronne derrière et un simpulum devant. Revers : M. LEPIDVS à l’exergue // AN. XV. PR. – H.O. C. S (Marcus Lepidus // Annorum quidecem progressus hostem occidit civem servavit, Marc Aemilius Lépide âgé de quinze ans s’est jeté sur un ennemi, l’a tué et a sauvé un citoyen) Statue équestre de Marcus Aemilius Lépide, tenant un trophée sur l’épaule. British Museum 3.89g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 61 avant J.C. Matière : Argent Gens : Aemilia Références : RRC 419/1d – B.22 (Aemilia) – Syd.828  Le Monétaire : Marcus Aemilius Lepidus (Lépide) Détail Information Nom Complet Marcus Aemilius Lepidus Période Monétaire 61 av. J.-C. Début de Carrière L’émission de cette pièce marque le début de son cursus honorum (sa carrière politique) en tant que Triumvir Monetalis (magistrat monétaire). Famille (Gens) Gens Aemilia (l’une des plus anciennes et des plus prestigieuses familles patriciennes de Rome). Père Marcus Aemilius Lepidus (Consul en 78 av. J.-C. et adversaire de Sylla).  Carrière Politique Ultérieure Après avoir été monétaire, sa carrière a culminé dans des fonctions majeures : Partisan de César : Il fut un allié clé de Jules César. Maître de la Cavalerie (Magister Equitum) de César. Consul en 46 av. J.-C. (avec César) et en 42 av. J.-C. Pontifex Maximus (Grand Pontife) à partir de 44 av. J.-C. Membre du Second Triumvirat : En 43 av. J.-C., il forma le Second Triumvirat avec Octave (futur Auguste) et Marc Antoine, partageant le pouvoir et dirigeant la République après l’assassinat de César. Il est célèbre pour être le Triumvir le moins influent, mais il détenait à un moment donné les provinces d’Hispanie et de Gaule Narbonnaise, ainsi que la province d’Afrique. Après une tentative de contestation du pouvoir d’Octave, il fut contraint à l’exil et vécut retiré jusqu’à sa mort vers 13/12 av. J.-C.  Référence à l’Ancêtre sur la Monnaie Il est important de noter que le revers de ce denier) ne représente pas le monétaire lui-même (le futur Triumvir), mais son illustre ancêtre, un autre Marcus Aemilius Lepidus (Consul en 187 et 175 av. J.-C.). Le message du revers (la statue équestre et l’inscription comme AN·XV·PR·H·O·C·S) sert à glorifier l’histoire et le prestige de la Gens Aemilia au moment où le jeune monétaire lançait sa propre carrière. Variante sans la légende AN. XV. PR. – H.O. C. S au revers British Museum 4.15g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Lieux de découverte (10 exemplaires)

1382AE – Denier Lépide – Marcus Æmilius Lepidus

1382AE – Denier Lépide – Marcus Æmilius Lepidus Avers : Anépigraphe Tête féminine diadémée et laurée à droite, (Vénus ou Rome) derrière une palme. Revers : M. LEPIDVS à l’exergue // AN. XV. PR. – H.O. C. S (Marcus Lepidus // Annorum quidecem progressus hostem occidit civem servavit, Marc Aemilius Lépide âgé de quinze ans s’est jeté sur un ennemi, l’a tué et a sauvé un citoyen) Statue équestre de Marcus Aemilius Lépide, tenant un trophée sur l’épaule. British Museum 3.93g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 61 avant J.C. Matière : Argent Gens : Aemilia Références : RRC 419/1c – B.21 (Aemilia) – Syd.830a  Le Monétaire : Marcus Aemilius Lepidus (Lépide) Détail Information Nom Complet Marcus Aemilius Lepidus Période Monétaire 61 av. J.-C. Début de Carrière L’émission de cette pièce marque le début de son cursus honorum (sa carrière politique) en tant que Triumvir Monetalis (magistrat monétaire). Famille (Gens) Gens Aemilia (l’une des plus anciennes et des plus prestigieuses familles patriciennes de Rome). Père Marcus Aemilius Lepidus (Consul en 78 av. J.-C. et adversaire de Sylla).  Carrière Politique Ultérieure Après avoir été monétaire, sa carrière a culminé dans des fonctions majeures : Partisan de César : Il fut un allié clé de Jules César. Maître de la Cavalerie (Magister Equitum) de César. Consul en 46 av. J.-C. (avec César) et en 42 av. J.-C. Pontifex Maximus (Grand Pontife) à partir de 44 av. J.-C. Membre du Second Triumvirat : En 43 av. J.-C., il forma le Second Triumvirat avec Octave (futur Auguste) et Marc Antoine, partageant le pouvoir et dirigeant la République après l’assassinat de César. Il est célèbre pour être le Triumvir le moins influent, mais il détenait à un moment donné les provinces d’Hispanie et de Gaule Narbonnaise, ainsi que la province d’Afrique. Après une tentative de contestation du pouvoir d’Octave, il fut contraint à l’exil et vécut retiré jusqu’à sa mort vers 13/12 av. J.-C.  Référence à l’Ancêtre sur la Monnaie Il est important de noter que le revers de ce denier) ne représente pas le monétaire lui-même (le futur Triumvir), mais son illustre ancêtre, un autre Marcus Aemilius Lepidus (Consul en 187 et 175 av. J.-C.). Le message du revers (la statue équestre et l’inscription comme AN·XV·PR·H·O·C·S) sert à glorifier l’histoire et le prestige de la Gens Aemilia au moment où le jeune monétaire lançait sa propre carrière. Variante sans la légende AN. XV. PR. – H.O. C. S au revers Münzkabinett Berlin 3.92g Münzkabinett Berlin 3.92g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Lieux de découverte (2 exemplaires)

1381AE – Denier Lépide – Marcus Æmilius Lepidus

1381AE – Denier Lépide – Marcus Æmilius Lepidus Avers : Anépigraphe Tête féminine diadémée et laurée à droite, (Vénus ou Rome). Revers : M. LEPIDVS à l’exergue // AN. XV. PR. – H.O. C. S (Marcus Lepidus // Annorum quidecem progressus hostem occidit civem servavit, Marc Aemilius Lépide âgé de quinze ans s’est jeté sur un ennemi, l’a tué et a sauvé un citoyen) Statue équestre de Marcus Aemilius Lépide, tenant un trophée sur l’épaule. British Museum 3.85g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 61 avant J.C. Matière : Argent Gens : Aemilia Références : RRC 419/1b – B.21 (Aemilia) – Syd.830  Le Monétaire : Marcus Aemilius Lepidus (Lépide) Détail Information Nom Complet Marcus Aemilius Lepidus Période Monétaire 61 av. J.-C. Début de Carrière L’émission de cette pièce marque le début de son cursus honorum (sa carrière politique) en tant que Triumvir Monetalis (magistrat monétaire). Famille (Gens) Gens Aemilia (l’une des plus anciennes et des plus prestigieuses familles patriciennes de Rome). Père Marcus Aemilius Lepidus (Consul en 78 av. J.-C. et adversaire de Sylla).  Carrière Politique Ultérieure Après avoir été monétaire, sa carrière a culminé dans des fonctions majeures : Partisan de César : Il fut un allié clé de Jules César. Maître de la Cavalerie (Magister Equitum) de César. Consul en 46 av. J.-C. (avec César) et en 42 av. J.-C. Pontifex Maximus (Grand Pontife) à partir de 44 av. J.-C. Membre du Second Triumvirat : En 43 av. J.-C., il forma le Second Triumvirat avec Octave (futur Auguste) et Marc Antoine, partageant le pouvoir et dirigeant la République après l’assassinat de César. Il est célèbre pour être le Triumvir le moins influent, mais il détenait à un moment donné les provinces d’Hispanie et de Gaule Narbonnaise, ainsi que la province d’Afrique. Après une tentative de contestation du pouvoir d’Octave, il fut contraint à l’exil et vécut retiré jusqu’à sa mort vers 13/12 av. J.-C.  Référence à l’Ancêtre sur la Monnaie Il est important de noter que le revers de ce denier) ne représente pas le monétaire lui-même (le futur Triumvir), mais son illustre ancêtre, un autre Marcus Aemilius Lepidus (Consul en 187 et 175 av. J.-C.). Le message du revers (la statue équestre et l’inscription comme AN·XV·PR·H·O·C·S) sert à glorifier l’histoire et le prestige de la Gens Aemilia au moment où le jeune monétaire lançait sa propre carrière. Variante sans la légende AN. XV. PR. – H.O. C. S au revers Bibliothèque nationale de France 3.91g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Lieux de découverte (2 exemplaires)

1556FL – Denier Flaminia – Lucius Flaminius Chilo

1556FL – Denier Flaminia – Lucius Flaminius Chilo Avers : IIII·VIR – PRI·FL (Quatuorvir, Primus Flavit) Tête diadémée de Venus. Revers : L·FLAMINI // CHILO (Lucius Flaminius Chilo) Victoria (la Victoire) sur un bige à droite. British Museum 3.91g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 43 avant J.C. Matière : Argent Gens : Flaminia Références : RRC 485/2 – B.2 (Flaminia) – Syd.1088 Ce denier, frappé en 43 av. J.-C. par Lucius Flaminius Chilo, est une monnaie dont le symbolisme est indissociable du climat politique de l’année suivant l’assassinat de Jules César. 1. Symbolisme de l’Avers : Vénus et la Légitimité Julienne L’avers représente la tête de Vénus, parée d’un diadème. Ce choix n’est pas simplement religieux, il est profondément politique : Vénus Genetrix : La famille de César (la gens Iulia) prétendait descendre directement d’Énée, fils de Vénus. En plaçant Vénus sur la monnaie, le monétaire affirme sa loyauté à l’héritage de César. Contraste avec l’adversité : Alors que les partisans des « Libérateurs » (les assassins de César) utilisaient souvent l’allégorie de la Liberté sur leurs pièces, les césariens comme Chilo privilégiaient Vénus pour souligner la légitimité divine de leur cause. 2. Symbolisme du Revers : La Victoire et l’Honneur Familial Le revers montre la Victoire conduisant un bige. Message de Triomphe : La Victoire brandissant une couronne symbolise les succès militaires passés et à venir des partisans de César (notamment Octave, le futur Auguste). Piété filiale et continuité : Le design est une reprise quasi exacte du denier frappé par l’ancêtre du monétaire en 109-108 av. J.-C. (RRC 302/1). En numismatique romaine, copier le type d’un ancêtre permettait de lier le prestige de son propre nom au service de l’État. 3. Contexte Historique : L’Année 43 av. J.-C. L’année de frappe est l’une des plus tumultueuses de l’histoire romaine : La transition de pouvoir : Cette monnaie est frappée juste avant ou pendant l’ascension d’Octave à Rome. Elle témoigne du contrôle de l’atelier de Rome par les pro-césariens. Le Collège des Quattuorviri : La mention IIII·VIR (Quattuorvir) indique que César avait augmenté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre pour mieux contrôler la production et la diffusion de ses messages politiques. L’inscription PRI FL : Signifiant Primus Flavit (« A frappé le premier »), elle suggère que Chilo occupait une place prédominante au sein de ce collège, étant responsable de l’ouverture de l’émission monétaire de l’année. Note historique : Malgré son zèle pro-césarien affiché sur cette pièce, Lucius Flaminius Chilo finira par être proscrit l’année suivante, en 42 av. J.-C., lors des purges sanglantes du Second Triumvirat. L’identité et le rôle du monétaire Lucius Flaminius Chilo sont cruciaux pour comprendre la portée politique de ce denier. Il appartient à la gens Flaminia, une famille plébéienne illustre de Rome. Voici les informations clés sur ce personnage : 1. Un Magistrat de Haut Rang : Le « Quattuorvir » Alors que la plupart des émissions républicaines sont signées par un collège de trois hommes (Triumviri Monetales), Lucius Flaminius Chilo fait partie d’un collège élargi à quatre membres : les Quattuorviri. Signification : Cette augmentation du nombre de magistrats (passant de 3 à 4) a été instaurée par Jules César pour répondre aux besoins croissants de production monétaire durant les guerres civiles. Titre complet : Sur d’autres émissions, il est désigné sous le titre de IIII VIR PRI. FLA. (Quattuorvir primus flavit), ce qui indique qu’il était le premier ou le responsable principal de la fonte et de la frappe au sein de son collège. 2. Un Positionnement Politique « Pro-Césarien » Chilo frappe cette monnaie au cours de l’été 43 av. J.-C., une période de flottement après la mort de César. Loyauté : En choisissant de faire figurer le portrait de César (alors que celui-ci est mort l’année précédente), il affiche clairement son soutien au parti césarien et à l’héritage du dictateur. Transition : Selon l’analyse de LesDioscures.com, le fait qu’il n’inscrive aucun titre (comme Dictateur) sur le portrait suggère qu’il prépare l’opinion publique à la divinisation de César, qui interviendra officiellement quelques mois plus tard, le 1er janvier 42 av. J.-C. 3. Une Fin Tragique : La Proscription Malgré son apparente allégeance au parti de César, le destin de Lucius Flaminius Chilo bascule lors de la formation du Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide) à la fin de l’année 43 av. J.-C. Le sort du monétaire : Son nom figure sur les listes de proscription de 42 av. J.-C. Cela signifie qu’il a été déclaré « ennemi public », ses biens ont été confisqués et il a probablement été mis à mort. Paradoxe : Il est ironique qu’un homme ayant contribué à la propagande césarienne par ce denier ait été victime des héritiers directs de César. Cela illustre la violence et l’instabilité extrême des purges politiques de cette époque. 4. Distinguer les Homonymes Il est important de ne pas le confondre avec son ancêtre homonyme, également nommé Lucius Flaminius Chilo (ou Cilo), qui fut monétaire vers 109-108 av. J.-C. et dont les deniers représentent une tête de Rome au droit et la Victoire dans un bige au revers (RRC 302/1). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Flaminius Chilo. Monétaire en 710 (44 av. J.-C.) Ce personnage était probablement un descendant du précédent monétaire, mais les textes n ‘en ont pas conservé le souvenir. Sur l’une de ses monnaies, on lit, à la suite de la qualification de quatuorvir, les lettres PRI. FLA. qu’on a interprétées à tort par primus flamen. Eckhel avait lu plus justement quatuorvir primas flandae monetae; Mommsen lit dans le même sens : primas flavit, légende qui rappelle que L. Flaminius Chilo fut le surveillant en chef de l ‘émission, parmi les membres du collège monétaire qui fut, cette année, pour la première fois, composé de quatre magistrats. Sur le denier n. 2, la tète de Vénus se rapporte aux souvenirs légendaires de la gens Julia, tandis que le revers de la même pièce est identique au revers du denier de L. Flaminius Cilo, père ou grand-père du monétaire de l’an 710. Lieux de découverte (3 exemplaires)

1551JU – Denier César – Caius Julius Cæsar

1551JU – Denier César – Caius Julius Cæsar Avers : Anépigraphe Tête de Vénus avec un large bandeau et tournée à droite. Revers : CAESAR IMP (Caesar Imperator) Trophée gaulois, à droite, deux boucliers, deux javelots et un carnyx. A gauche, un chariot de guerre. Bibliothèque nationale de France 3.81g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ Atelier Incertain (Italie ou Gaule Cisalpine) Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gens : Julia Références : RRC 482/1 – Syd.1116 Ce denier occupe une place particulière dans la numismatique romaine, car il se situe à la charnière entre la République finissante et l’avènement de l’Empire.  1. Symbolisme Iconographique L’Avers : La Vénus Diadémée Lignée Divine : Le choix de Vénus n’est pas esthétique mais politique. Jules César revendiquait une descendance directe d’Énée, fils de la déesse Vénus. En plaçant Vénus à l’avers, César rappelle la légitimité divine de sa puissance (Gens Julia). Absence de légende : Le portrait est anépigraphe (sans texte). Cela souligne que le symbole de Vénus était à l’époque immédiatement identifiable à la personne de César. Le Revers : Le Trophée Gallique et l’Essedum Le Trophée : Composé d’une cuirasse, de boucliers et d’un carnyx (trompette gauloise), il symbolise la victoire totale de César sur les peuples celtes. C’est une réaffirmation de sa gloire militaire passée (Guerre des Gaules). L’Essedum (Chariot de guerre) : C’est l’élément le plus distinctif du RRC 482/1. Contrairement à d’autres monnaies de la même époque qui montrent des captifs assis, la présence du chariot rappelle spécifiquement les campagnes de César en Bretagne (54 av. J.-C.), où l’usage des chars de combat avait frappé l’imaginaire des soldats romains. CAESAR IMP : Le titre Imperator souligne son autorité militaire suprême, un titre que le Sénat lui avait permis de porter de manière permanente. 2. Contexte Historique : « L’Émission de l’Adieu » Le contexte de frappe est crucial pour comprendre l’importance de cette pièce : La Période Ultime (Début 44 av. J.-C.) : Michael Crawford et d’autres experts considèrent ce denier comme la toute dernière émission de Jules César avant son assassinat aux Ides de Mars. On estime sa frappe entre la fin février et le 15 mars 44 av. J.-C. La Transition vers Octavien : En raison de sa rareté et de certains détails de style, certains chercheurs ont longtemps hésité à l’attribuer à Octavien (futur Auguste) juste après la mort de César. Cependant, l’usage du titre Imperator seul et le style iconographique rattachent désormais fermement cette monnaie à l’ultime propagande césarienne. Propagande et Fidélisation : À l’aube de sa nouvelle campagne prévue contre les Parthes, César avait besoin de rappeler ses succès passés pour galvaniser ses troupes et justifier son pouvoir absolu à Rome. Le RRC 482/1 agit comme un résumé de sa carrière : la protection divine de Vénus et l’invincibilité militaire illustrée par la conquête de la Gaule et de la Bretagne. 3. Pourquoi est-il si rare ? Si le denier RRC 443/1 (l’éléphant) a été frappé à des millions d’exemplaires pour payer les légions, celui-ci a eu une durée de circulation extrêmement courte. L’assassinat de César a probablement entraîné l’arrêt immédiat de sa production, ce qui explique pourquoi il est aujourd’hui l’un des types les plus recherchés et les plus chers pour les collectionneurs de la fin de la République. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Lieu de découverte (1 exemplaire)

1539JU – Denier César _ Publius Sepullius Macer

1539JU – Denier César _ Publius Sepullius Macer Avers : CAESAR IMPER (Caesar Imperator) Tête laurée de César tournée à droite. Revers : P·SEPVLLIVS – MACER (Publius Sepullius Macer) Vénus debout à gauche, tenant une Victoriola de la main droite et un sceptre reposant sur une étoile de la main gauche. British Museum 3.64g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Sepullia et Julia Références : RRC 480/18 – B.47 (Julia) – Syd.1070 1. Le Symbolisme de l’Avers : L’affirmation du pouvoir personnel La Couronne de Laurier : C’est l’attribut de l’Imperator. Contrairement au voile qui montre l’humilité devant les dieux, le laurier célèbre le triomphe et la virtus (le courage) du général. César avait d’ailleurs reçu le privilège exceptionnel de porter cette couronne en permanence. La Légende « CAESAR IMPER » : L’utilisation de l’abréviation pour Imperator sans le titre de Dictateur est stratégique. Elle met en avant son lien direct avec ses soldats. Pour certains historiens, cette légende souligne son autorité de commandant en chef, indispensable pour justifier la levée de fonds destinée à la guerre. Le Réalisme du Portrait : On observe une volonté de montrer un homme d’État d’expérience. Le cou est souvent représenté avec des plis de peau, une caractéristique typique de ce que l’on appelle le « vérisme romain », qui associe les traits de l’âge à la sagesse et à l’autorité. 2. Le Symbolisme du Revers : Vénus Victrix et l’Étoile Le revers est identique à celui du type voilé (480/13), car il sert le même objectif de communication politique. Vénus Victrix : La présence de Vénus, ancêtre mythique de la Gens Julia, est un rappel constant que César n’est pas un citoyen ordinaire. En tenant la Victoire, elle transfère sa faveur divine directement à César. L’Étoile (Sidus) : Sur le type 480/18, une étoile est placée derrière le sceptre de Vénus. Ce symbole est crucial : il renvoie à l’origine céleste de sa lignée. Après sa mort, cette image sera réinterprétée par le peuple comme la preuve de sa divinisation (le Commetarium). 3. Contexte Historique : L’urgence de 44 av. J.-C. Le rôle du monétaire P. Sepullius Macer : Macer est l’un des quatre magistrats monétaires en exercice lors du meurtre de César. Son nom gravé sur la pièce est une garantie de la valeur du métal précieux, mais il agit ici comme un simple exécutant de la volonté du Dictateur. Un outil de financement militaire : La série 480 a été frappée en quantités massives. Pourquoi ? César préparait une expédition colossale contre les Parthes pour venger la défaite de Crassus (53 av. J.-C.). Il avait besoin de deniers pour payer ses vétérans avant le départ, prévu quelques jours après les Ides de Mars. Le point de rupture : Ce denier, en montrant le visage d’un homme vivant, a été perçu par Brutus et Cassius comme la preuve ultime que César visait la royauté. Dans la mentalité républicaine, seul un tyran s’affichait ainsi sur la monnaie. Le magistrat monétaire responsable de l’émission de cette monnaie est Publius Sepullius Macer. C’est un personnage clé de la numismatique romaine, bien que sa biographie historique soit paradoxalement très mince en dehors de ses monnaies. Voici les informations essentielles sur ce monétaire : 1. Identité et Statut Nom complet : Publius Sepullius Macer. Fonction : Il fait partie du collège des quatuorviri monétaires (IIIIvir AAAFF) de l’année 44 av. J.-C. Origine : La famille Sepullia est d’origine plébéienne, possiblement originaire de Padoue (Patavium). En dehors de Macer, cette famille est quasiment inconnue dans les fastes consulaires. Le Collège de 44 av. J.-C. : Jules César a augmenté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre (quatuorviri) pour faire face au besoin massif de numéraire avant sa campagne prévue contre les Parthes. Macer a travaillé aux côtés de L. Aemilius Buca, C. Cossutius Maridianus et L. Flaminius Chilo. 2. Un rôle de transition historique P. Sepullius Macer a eu le destin singulier d’être en fonction pendant et après l’assassinat de César (15 mars 44 av. J.-C.). Son monnayage se divise en trois phases révélatrices : Avant les Ides de Mars (Janvier – Février 44) : Il frappe les deniers à la légende CAESAR IMP (comme le RRC 480/5) puis CAESAR DICT PERPETVO. Ce sont les premières monnaies montrant un dictateur vivant. Immédiatement après la mort de César (Mars – Avril 44) : Macer continue de frapper des monnaies, mais le portrait de César apparaît désormais voilé (indiquant son statut de Pontifex Maximus ou son caractère sacré posthume) avec la légende PARENS PATRIAE (Père de la Patrie). Sous l’influence de Marc Antoine : Plus tard dans l’année, il frappe des types représentant Marc Antoine avec une barbe de deuil, montrant son ralliement au camp césarien après le meurtre du dictateur. 3. Types monétaires notables Outre le denier à l’étoile (480/5), P. Sepullius Macer a signé : Le type « Clementia Caesaris » (RRC 480/21) : Représentant un temple dédié à la clémence de César, une vertu que le dictateur mettait en avant pour se distinguer de la cruauté de Sylla. Le type du Desultor (RRC 480/20) : Un cavalier sautant d’un cheval à l’autre, une référence possible à des jeux célébrés par César. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Sepullia n’est connue que par deux représentants : l’un est le monétaire P. Sepullius Macer sur lequel on n’a pas d’autres renseignements historiques que ceux que nous fournissent les médailles; l’autre est l’orateur Sepullius Bassus mentionné par Sénèque.P. Sepullius Macer frappa monnaie en 710 (44 av. J.-C.), avant la mort de César, et il resta en charge après le meurtre du dictateur. Il remplaça, comme magistrat monétaire, M. Mettius, avant les ides de Mars de l’an 710, et ses collègues furent L. Aemilius Buca, C. Cossutius Maridianus et L. Flaminius Chilo. Nous avons donné quelques détails sur ce collège, à la famille Julia. Tous les types numismatiques qui figurent sur les monnaies de P. Sepullius Macer se rapportent à Jules César ou à Marc Antoine. Les monnaies au nom de Jules César qui sont antérieures à sa mort lui donnent les titres d’imperalor et