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1676NU – Aureus Numonia – Caius Numonius Vaala

1676NU – Aureus Numonia – Caius Numonius Vaala Avers : Anépigraphe Tête nue de Victoria à droite. Revers : C.NVMONIVS VAALA Un soldat vêtu militairement, brandissant un bouclier rond avec umbo de la main gauche, et tenant une lance de la main droite montant à l’assaut d’un vallum défendu par deux soldats. British Museum 8.1g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 41 avant J.C. Matière : Or Gens : Numonia Références : RRC 514/1 – B.1 (Numonia) – Syd.1086 1. Un portrait ambigu : La Victoire ou Fulvie ? Le symbolisme de l’avers est au cœur des débats numismatiques. Si le buste est officiellement celui de la Victoire, plusieurs éléments suggèrent une portée politique immédiate : L’hommage dissimulé : En 41 av. J.-C., Fulvie (épouse de Marc Antoine) joue un rôle moteur dans la guerre de Pérouse contre Octave. De nombreux chercheurs (comme C.T. Barlow) identifient les traits de la Victoire à ceux de Fulvie. C’est l’un des premiers exemples d’utilisation d’un portrait féminin contemporain sous des traits divins. Le message politique : Si le portrait est bien celui de Fulvie, Vaala affiche clairement son allégeance au camp antonien. Choisir la Victoire pour représenter la femme d’Antoine est une déclaration de confiance dans l’issue du conflit contre le futur Auguste. 2. Le revers : La « Virtus » et l’origine du Cognomen Le revers utilise un code classique du monnayage républicain : la justification du prestige familial par un exploit militaire. Le siège du Vallum : La scène représente l’assaut d’une fortification. C’est une illustration littérale de l’étymologie du nom Vaala. Un ancêtre de la gens Numonia se serait distingué en étant le premier à franchir le vallum (retranchement) ennemi, un acte de bravoure extrême qui valait traditionnellement la corona vallaris. La transmission de la gloire : En frappant cette monnaie, Caius Numonius Vaala rappelle que sa lignée possède la Virtus (courage viril), une qualité indispensable pour légitimer son propre rôle de magistrat dans une Rome en plein chaos. 3. Contexte Historique : L’année 41 av. J.-C. L’année de frappe est l’une des plus sombres et complexes de l’histoire romaine : La Guerre de Pérouse : Alors que Marc Antoine est en Orient avec Cléopâtre, son frère Lucius Antoine et sa femme Fulvie entrent en conflit ouvert avec Octave pour le contrôle de l’Italie et la redistribution des terres aux vétérans. Le rôle de Vaala : Caius Numonius Vaala est l’un des IVviri monetales (collège de quatre magistrats monétaires exceptionnellement porté à quatre cette année-là). La production de cet aureus était probablement destinée à financer les troupes engagées dans ce conflit fratricide. Une monnaie de crise : La rareté extrême de cet aureus s’explique par le contexte de guerre civile : une grande partie de ces émissions a été refondue après la défaite du camp antonien ou utilisée pour des paiements d’urgence sur le champ de bataille. Fiche d’identité du Monétaire Nom complet : Caius Numonius Vaala (parfois orthographié Vala). Gens : Numonia (famille plébéienne, probablement d’origine oscque). Fonction : Tresvir Monetalis (ou IVvir) en 41 av. J.-C. Statut social : Homo Novus (homme nouveau). La gens Numonia n’avait pas de tradition de hautes magistratures à Rome avant cette période. 1. Origines et Signification du Nom Le nom de Vaala est intrinsèquement lié à l’exploit militaire représenté sur ses monnaies : Le Cognomen « Vaala » : Il dérive du mot latin vallum (palissade, retranchement). Selon la tradition, ce surnom fut accordé à un ancêtre de la famille qui, lors d’un siège, fut le premier à franchir les défenses ennemies. Étymologie de « Numonius » : Certains chercheurs rapprochent ce nom du terme nummus (la monnaie), suggérant une origine liée aux activités financières ou à une ascension sociale par la richesse, typique des familles plébéiennes montantes de l’époque. 2. Un Monétaire au cœur de la tourmente (41 av. J.-C.) Caius Numonius Vaala exerce ses fonctions durant l’une des années les plus critiques de la transition vers l’Empire. Le Collège des Quatre : Cette année-là, le collège monétaire est porté à quatre membres (IVviri) au lieu de trois, pour répondre aux besoins massifs de financement des armées. Ses collègues sont M. Arrius Secundus, C. Clodius Pulcher et L. Servius Sulpicius Rufus. Allégeance Politique : Vaala semble appartenir au camp de Marc Antoine. Tandis que son collègue Arrius Secundus frappe des monnaies aux traits d’Octave, Vaala choisit un portrait de la Victoire qui évoque Fulvie, l’épouse d’Antoine, alors en pleine insurrection contre Octave à Pérouse. 3. Identité et postérité L’ami d’Horace ? Le poète Horace adresse l’une de ses épîtres (Épîtres, I, 15) à un certain Numonius Vala. Il s’agit très probablement du monétaire lui-même ou de son fils. Horace l’interroge sur le climat et les ressources de Salerne et de Velia, ce qui suggère que la famille possédait des domaines en Italie du Sud et appartenait au cercle intellectuel et social de l’époque. Une fin tragique pour la lignée ? Un certain Numonius Vala, possible descendant du monétaire, est mentionné par l’historien Velleius Paterculus. Il fut légat de Varus lors de la désastreuse bataille de la forêt de Teutoburg (9 apr. J.-C.). Il aurait tenté de s’enfuir avec la cavalerie avant d’être rattrapé et tué par les Germains. La Restitution de Trajan : Preuve de l’importance historique et de la rareté de son monnayage, l’empereur Trajan a fait refrapper (restituer) le denier de Vaala plus d’un siècle plus tard, honorant ainsi l’exploit du vallum. Synthèse « Caius Numonius Vaala incarne l’ascension des familles plébéiennes qui, par la bravoure militaire (le vallum) et l’opportunisme politique lors des guerres civiles, ont cherché à se hisser au sommet de l’État romain. Son monnayage reste l’un des témoignages les plus audacieux de l’usage du portrait féminin à des fins de propagande partisane avant l’avènement du Principat. » Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon On connaît quelques membres de la famille Numonia, mais seulement à la fin de la république ou au commencement de l’empire. Les médailles portent le nom de

1517JU – Quinaire d’Or César – Lucius Munatius Plancus

1517JU – Quinaire d’Or César – Lucius Munatius Plancus Avers : C·CAES DIC·TER (Caius Cæsar Dictator tertium, Caius César dictateur pour la troisième fois) Buste de Victoria à droite. Revers : L·PLANC PRAEF·VRB (Lucius Plancus Præfectus Urbis, Lucius Plancus préfet de la Ville) Vase à une anse tourné à gauche. British Museum 4.08g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 45 avant J.C. Matière : Or Gentes : Julia et Munatia Références : RRC 475/2 – B.3 (Munatia) – Syd.1019a Le quinaire d’or est une dénomination assez rare. Cette pièce est frappée par Lucius Munatius Plancus, un fidèle lieutenant de César, alors que ce dernier est au sommet de son pouvoir. Le titre DIC TER (Dictator Tertio) permet de dater précisément l’émission de l’année 45 av. J.-C., juste avant qu’il ne reçoive le titre de dictateur à vie en 44. Le poids moyen de cet exemplaire est d’environ 4,00 grammes (la moitié d’un aureus standard de l’époque qui pesait environ 8g). Détail numismatique : Il existe des exemplaires conservés au British Museum, à la Bibliothèque nationale de France (BNF) et dans la collection nationale des Pays-Bas. 1. Contexte Historique : L’absence du Dictateur En 45 av. J.-C., Jules César est en Espagne pour mener sa dernière grande campagne militaire contre les fils de Pompée (bataille de Munda). En son absence, il confie la gestion de Rome à des hommes de confiance. L’autorité de frappe : La monnaie est émise par L. Munatius Plancus, nommé Praefectus Urbi (Préfet de la Ville). C’est un rôle de vice-roi temporaire. Plancus est un personnage fascinant : fidèle de César, il fondera plus tard la ville de Lyon (Lugdunum) et sera celui qui proposera le titre d’« Augustus » pour Octave en 27 av. J.-C. La standardisation de l’or : Avant César, l’or (aureus) était rarement frappé de manière régulière. César utilise le butin immense de ses guerres (notamment les Gaules) pour faire de l’aureus une dénomination standard afin de payer ses légions et d’impressionner l’économie romaine. 2. Symbolisme de l’Avers : La Victoire (C·CAES DIC·TER) L’image : Le buste ailé et drapé de la Victoire. La signification : Ce n’est pas seulement une célébration des succès passés. En 45 av. J.-C., César célèbre son quadruple triomphe. La Victoire ici personnifie la légitimité de son pouvoir : il est dictateur non pas par la force brute, mais parce que les dieux lui ont accordé la victoire. La titulature : La légende indique DIC·TER (Dictator Tertium). C’est un marqueur temporel précis. César en est à sa troisième dictature, s’approchant du titre de « Dictateur à vie » qu’il recevra peu avant sa mort. 3. Symbolisme du Revers : La Piété (L·PLANC / PRAEF·VRB) L’image : Un pichet sacrificiel (ou capis). La signification : Ce symbole est lié à la Pietas (la piété). Il rappelle que César est le Pontifex Maximus (Grand Pontife), le chef suprême de la religion romaine depuis 63 av. J.-C. Le message politique est subtil : bien que César détienne un pouvoir militaire et civil sans précédent, il respecte scrupuleusement les rites ancestraux. Le pichet symbolise le maintien de la Pax Deorum (la paix avec les dieux). L’affirmation de Plancus : En inscrivant son propre nom et son titre de préfet, Plancus lie son destin et sa loyauté à ceux de César, tout en affirmant la continuité administrative de l’État en l’absence du chef. Le monétaire de ce quinaire d’or est Lucius Munatius Plancus, l’une des figures politiques les plus fascinantes et opportunistes de la fin de la République romaine. 1. Son rôle de monétaire : Praefectus Urbi Contrairement aux magistrats monétaires habituels (IIIvir AAAFF), Plancus signe cette monnaie en tant que Préfet de la Ville (Praefectus Urbi). Il a été nommé à ce poste par Jules César en 45 av. J.-C. Pendant que César était en Espagne pour combattre les fils de Pompée à Munda, Plancus gérait l’administration de Rome. C’est dans ce cadre exceptionnel qu’il a été autorisé à frapper de l’or (l’aureus) au nom du Dictateur. 2. Un « Survivant » Politique La carrière de Plancus est marquée par une habileté rare à changer de camp au moment opportun pour préserver son influence : Fidèle de César : Il fut son lieutenant pendant la Guerre des Gaules et la Guerre Civile. Transition après les Ides de Mars : Après l’assassinat de César en 44 av. J.-C., il tente d’abord de rester neutre, puis rejoint le camp de Marc Antoine. Le ralliement à Octave : Sentant le vent tourner avant la bataille d’Actium, il trahit Antoine pour rejoindre Octave (futur Auguste). C’est d’ailleurs Plancus qui proposera officiellement au Sénat de décerner le titre d’« Augustus » à Octave en 27 av. J.-C. 3. Fondateur de Lyon (Lugdunum) Pour les francophones, Plancus est surtout célèbre pour un acte réalisé peu après cette émission monétaire : En 43 av. J.-C., alors qu’il est gouverneur de la Gaule Chevelue, il fonde la colonie de Lugdunum (l’actuelle ville de Lyon). Il fonde également la colonie d’Augusta Raurica (près de Bâle). 4. Son Mausolée Fait rare pour un personnage de cette époque, son tombeau est toujours debout. Son immense mausolée circulaire se trouve au sommet du mont Orlando à Gaète (Italie). L’inscription funéraire y rappelle fièrement ses exploits : ses triomphes, son consulat (42 av. J.-C.), sa censure (22 av. J.-C.) et, bien sûr, la fondation de Lyon. Mausolée de Plancus à Gaète Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La gens Munatia, originaire de Tibur, est connue à partir du second siècle avant l’ère chrétienne. On cite, à cette époque, C. Munatius, chargé d’une mission dans la Gaule cisalpine et la Ligurie, en 581 (173 av. J.-C.). Le seul nom qu’on rencontre sur les médailles, est celui de L. Munatius Plancus, ami et lieutenant de Jules César et de Marc Antoine. Plancus fit la guerre des Gaules, comme légat de Jules César, en 700-701 (54-53 av. J.-C.); dans les années suivantes, on le trouve successivement en Espagne et en Afrique. Enfin, il fut préfet de Rome en 708-709 (46-45 av. J.-C.), chargé de l’administration de la ville, pendant que César séjourna en Espagne pour combattre les débris du parti pompéien. C’est en qualité de praefectus Urbis, que Plancus frappa les monnaies qui portent son nom associé

1266JU – Denier Julia – Lucius Julius Bursio

1266JU – Denier Julia – Lucius Julius Bursio Avers : Anépigraphe Buste drapé d’une divinité ternaire à droite (Véjovis ?) : Genius (Génie), lauré pour Apollon, ailé pour Mercure avec un trident sur l’épaule pour Neptune; derrière une marque de contrôle. Revers : EX A P (Ex Argento Publico / Issu de l’argent public) Victoire dans un quadrige galopant à droite, brandissant une couronne de la main droite et tenant les rênes de la main gauche. British Museum 3.93g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 85 avant J.C. Matière : Argent Gens : Julia Référence : RRC 352/1b – B 6 (Julia) – Syd.729 Le monétaire qui a frappé ce denier est Lucius Julius Bursio (L. IVLI. BVRSIO).   👤 Identité et fonction Nom (Latin) : Lucius Julius Bursio. Fonction : Il était l’un des trois Triumviri Monetales (magistrats monétaires) de la République romaine. Date d’activité : 85 av. J.-C. Famille : Il appartenait à l’illustre Gens Julia (famille Julia), une des plus anciennes familles patriciennes de Rome, et celle de Jules César.   📜 Contexte Historique et Monétaire Connaissance historique : Lucius Julius Bursio est un personnage qui nous est uniquement connu par ses monnaies. Les auteurs de l’époque ne le mentionnent pas, ce qui est assez courant pour les magistrats monétaires. Collègues : L’analogie de son monnayage avec celui de Manius Fonteius, ainsi que la présence de la formule EX A P (Ex Argento Publico – « issu de l’argent public ») sur certaines de leurs pièces, suggèrent qu’ils étaient collègues comme magistrats monétaires. Source de l’argent : Certains historiens, à la suite de Michael H. Crawford, pensent que cette émission exceptionnelle (qui est très vaste et comporte un grand nombre de marques de contrôle différentes) aurait été financée par le legs que le roi Ptolémée X Alexandre avait fait au peuple romain.   🎨 Allusion sur le revers (Avers du denier) Le buste syncrétique que l’on trouve à l’avers du denier (avec les attributs d’Apollon, Mercure et Neptune) est souvent interprété comme étant celui d’Apollon Vejovis (Vejovis). Cette interprétation est renforcée par le fait que la Gens Julia vénérait particulièrement cette divinité depuis la haute antiquité. Datation : 85 avant J.C. Matière : Argent Gens : Julia Référence : RRC 352/1b – B 6 (Julia) – Syd.729 Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ce personnage n’est connu que par ses monnaies, et les auteurs n’en font nulle mention. L’analogie des pièces de L. Julius Bursio avec celles de Manius Fonteius, et la formule ex argento publico qui se trouve à la fois avec le nom de Bursio et avec celui de Fonteius, prouvent que, peu de temps après la promulgation de la loi Papiria, ces deux personnages furent collègues comme magistrats monétaires. Borghesi admet l’opinion qui voit au droit des très nombreuses monnaies de Bursio, une divinité panthée réunissant les attributs d’Apollon, de Mercure et de Neptune. On a supposé, en outre, que cette tête faisait allusion au roi de Thrace, Bursaeus, qui donna l’hospitalité à ces trois dieux et en obtint, en retour, un fils du nom d’Orion. Je crois plutôt qu’il faut reconnaître dans cette tête celle d’Apollon Véjovis, divinité pour laquelle les Julii avaient un culte spécial dès la plus haute antiquité. C’est ce que constate l’inscription suivante très archaïque, découverte en 1845 sur voie Appienne, au sacrarium de la gens Julia : VEDIOVEI. PATREI. GENTILES. IVLIEI Lieux de découverte (17 exemplaires)

1546SE – Quinaire Sepullia – Publius Sepullius Macer

1546SE – Quinaire Sepullia – Publius Sepullius Macer Avers : Anépigraphe Buste de Victoria à droite. Revers : P·SEPVLLIVS MACER Fortune debout à gauche, tenant un gouvernail de la main droite et une corne d’abondance de la gauche. Münzkabinett Berlin 1.51g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gens : Sepullia Références : RRC 480/25 – B.9 (Sepullia) Le symbolisme de ce quinaire s’inscrit dans une période de transition extrême : les premières semaines de l’année 44 av. J.-C., juste avant ou au moment de l’assassinat de Jules César. À travers les figures de Victoria et Fortuna, le magistrat monétaire P. Sepullius Macer ne se contente pas d’illustrer des divinités ; il diffuse un programme politique lié à la légitimité du pouvoir. 1. Le Symbolisme des Divinités Victoria (Avers) : La Victoire est le fondement de l’autorité de César. À cette époque, le Sénat lui a accordé le droit de porter les ornements triomphaux en permanence. La présence de la Victoire sur une petite dénomination comme le quinaire suggère que le succès militaire est désormais une caractéristique intrinsèque de l’État romain sous la direction de César. Fortuna (Revers) : La Fortune, représentée avec un gouvernail et une corne d’abondance, symbolise le guidage de l’État. Le Gouvernail : Indique la capacité de diriger le destin de Rome (le « vaisseau » de l’État). La Corne d’abondance (Cornucopia) : Promet la prospérité économique découlant de la paix civile retrouvée. 2. Le Contexte Historique : L’Année de la Rupture (44 av. J.-C.) Le monnayage de P. Sepullius Macer est historiquement crucial pour plusieurs raisons : Le Collège des Quattuorviri : Habituellement, Rome comptait trois magistrats monétaires (tresviri). En 44 av. J.-C., César porte ce nombre à quatre, signe de ses réformes administratives et de la nécessité d’une production monétaire massive pour financer ses campagnes prévues contre les Parthes. Le Portrait du Vivant : Macer est surtout connu pour avoir été l’un des premiers à frapper des deniers avec le portrait de César de son vivant (RRC 480/6 et suivants). Le quinaire 480/25, bien que plus rare et sans portrait, appartient à cette même vague d’émissions qui visait à diviniser la figure du dictateur. La Transition Républicaine : Ce quinaire est l’un des derniers témoins de la « liberté » monétaire républicaine avant que les guerres civiles entre Octave et Marc Antoine ne transforment définitivement la monnaie en outil de propagande impériale personnalisée. Le magistrat monétaire responsable de l’émission de cette monnaie est Publius Sepullius Macer. C’est un personnage clé de la numismatique romaine, bien que sa biographie historique soit paradoxalement très mince en dehors de ses monnaies. Voici les informations essentielles sur ce monétaire : 1. Identité et Statut Nom complet : Publius Sepullius Macer. Fonction : Il fait partie du collège des quatuorviri monétaires (IIIIvir AAAFF) de l’année 44 av. J.-C. Origine : La famille Sepullia est d’origine plébéienne, possiblement originaire de Padoue (Patavium). En dehors de Macer, cette famille est quasiment inconnue dans les fastes consulaires. Le Collège de 44 av. J.-C. : Jules César a augmenté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre (quatuorviri) pour faire face au besoin massif de numéraire avant sa campagne prévue contre les Parthes. Macer a travaillé aux côtés de L. Aemilius Buca, C. Cossutius Maridianus et L. Flaminius Chilo. 2. Un rôle de transition historique P. Sepullius Macer a eu le destin singulier d’être en fonction pendant et après l’assassinat de César (15 mars 44 av. J.-C.). Son monnayage se divise en trois phases révélatrices : Avant les Ides de Mars (Janvier – Février 44) : Il frappe les deniers à la légende CAESAR IMP (comme le RRC 480/5) puis CAESAR DICT PERPETVO. Ce sont les premières monnaies montrant un dictateur vivant. Immédiatement après la mort de César (Mars – Avril 44) : Macer continue de frapper des monnaies, mais le portrait de César apparaît désormais voilé (indiquant son statut de Pontifex Maximus ou son caractère sacré posthume) avec la légende PARENS PATRIAE (Père de la Patrie). Sous l’influence de Marc Antoine : Plus tard dans l’année, il frappe des types représentant Marc Antoine avec une barbe de deuil, montrant son ralliement au camp césarien après le meurtre du dictateur. 3. Types monétaires notables Outre le denier à l’étoile (480/5), P. Sepullius Macer a signé : Le type « Clementia Caesaris » (RRC 480/21) : Représentant un temple dédié à la clémence de César, une vertu que le dictateur mettait en avant pour se distinguer de la cruauté de Sylla. Le type du Desultor (RRC 480/20) : Un cavalier sautant d’un cheval à l’autre, une référence possible à des jeux célébrés par César. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Sepullia n’est connue que par deux représentants : l’un est le monétaire P. Sepullius Macer sur lequel on n’a pas d’autres renseignements historiques que ceux que nous fournissent les médailles ; l’autre est l’orateur Sepullius Bassus mentionné par Sénèque. P. Sepullius Macer frappa monnaie en 710 (44 av. J.-C.), avant la mort de César, et il resta en charge après le meurtre du dictateur. Il remplaça, comme magistrat monétaire, M. Mettius, avant les ides de Mars de l’an 710, et ses collègues furent L. Aemilius Buca, C. Cossutius Maridianus et L. Flaminius Chilo. Nous avons donné quelques détails sur ce collège, à la famille Julia. Tous les types numismatiques qui figurent sur les monnaies de P. Sepullius Macer se rapportent à Jules César ou à Marc Antoine. Les monnaies au nom de Jules César qui sont antérieures à sa mort lui donnent les titres d’imperalor et de dictator perpetuo (n. 1 à 5); celles qui sont postérieures aux ides de Mars 710, portent la tête de Jules César voilée, avec les légendes : parais patriae ou clementia Caesans (n. 6 et 7). Le n. 8 montre la tête de Marc Antoine barbue en signe du deuil de la mort du dictateur, et le type du revers rappelle, comme celui du n. 7, les jeux de desultores dont nous avons parlé ailleurs. Les pièces n. 9 et suivantes ont été frappées avant cette dernière; on voit, sur les quinaires, le buste de Calpurnia, femme de Jules César, avec les attributs de

1450LI – Quinaire Licinia – Aulus Licinius Nerva

1450LI – Quinaire Licinia – Aulus Licinius Nerva Avers : NERVA Tête casquée de Roma à droite. Revers : A. LICINI (Aulus Licinius) Victoire marchant à droite, tenant palme et une couronne. Bibliothèque nationale de France 1.83g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 47 avant J.C. Matière : Argent Gens : Licinia Références : RRC 454/3 – B.25 (Licinia) – Syd.956a Ce quinaire, frappé en 47 av. J.-C. par le magistrat Aulus Licinius Nerva, s’inscrit dans une période charnière de l’histoire romaine : la fin de la guerre civile entre Jules César et les partisans de Pompée. Voici l’analyse détaillée de son symbolisme et de son contexte historique. 1. Contexte Historique : L’ordre césarien En 47 av. J.-C., Rome est sous la dictature de Jules César. Ce quinaire est émis à un moment où César, après sa victoire à Pharsale (48 av. J.-C.) et son séjour en Égypte, s’apprête à affronter les derniers républicains en Afrique (bataille de Thapsus). L’autorité émettrice : Aulus Licinius Nerva était un triumvir monetalis (magistrat monétaire). À cette époque, ces postes étaient souvent confiés à de jeunes partisans de César pour assurer le financement de l’effort de guerre et diffuser la propagande du dictateur. Fonction de la monnaie : Le quinaire (demi-denier) était une dénomination particulièrement utilisée pour la solde des troupes. Sa forte production cette année-là témoigne des besoins financiers massifs pour maintenir les légions césariennes. 2. Symbolisme de l’Avers : Minerva (Minerve) La tête de Minerve portant un casque corinthien est riche de sens : La Sagesse dans la Guerre : Contrairement à Mars (guerre brute), Minerve représente la stratégie, la discipline et l’intelligence militaire. Pour César, cela souligne que ses victoires ne sont pas dues au hasard, mais à son génie tactique. Légitimité de la Ville : Minerve est une divinité protectrice de Rome. Son image sur la monnaie réaffirme que le camp de César est le véritable garant des institutions et de la protection de l’Urbs. 3. Symbolisme du Revers : Victoria (La Victoire) Le revers montre la Victoire marchant, tenant une couronne et une palme. Le message politique : En 47 av. J.-C., ce type est un message clair de triomphe imminent. La Victoire ne vole pas, elle « marche », signifiant que le succès est déjà ancré dans la réalité terrestre. La Couronne et la Palme : Ce sont les attributs classiques du triomphateur. La palme symbolise la longévité de la victoire, tandis que la couronne de laurier est un honneur que César recevait alors de façon quasi permanente. Lien avec la Gens Licinia : Le nom A. LICINIV (Aulus Licinius) lie le prestige de la famille du monétaire aux succès de César. Comme je l’indique souvent, les monétaires utilisaient ces émissions pour rappeler les exploits de leurs ancêtres tout en servant le pouvoir en place. Le monétaire responsable de l’émission de ce quinaire est Aulus Licinius Nerva. Bien que sa biographie précise soit moins documentée que celle des grandes figures comme César ou Pompée, nous pouvons dresser son portrait à travers ses fonctions et son appartenance familiale. 1. Son Rôle : Triumvir Monetalis En 47 av. J.-C., Aulus Licinius Nerva occupe la fonction de triumvir monétaire (tresviri monetales). Ce poste était généralement la première étape du cursus honorum (la carrière des honneurs) pour les jeunes aristocrates romains. Il était responsable, avec deux collègues, de la surveillance de la frappe des monnaies à l’atelier de Rome. C’est à ce titre que son nom A·LICINIVS et son titre III·VIR apparaissent sur le revers de la pièce. 2. Son Allégeance Politique Aulus Licinius Nerva appartient au camp de Jules César. Soutien Césarien : Sa nomination en 47 av. J.-C. intervient alors que César est dictateur. Le choix de Fides (la Fidélité) sur ses pièces est un signe fort de son adhésion à la cause césarienne dans un climat de guerre civile. Carrière ultérieure : Il est identifié par les historiens comme le questeur de Decimus Junius Brutus (l’un des lieutenants de César, qui participera plus tard au complot contre lui). Cela confirme qu’il faisait partie du cercle restreint des officiers et magistrats entourant l’état-major césarien. 3. Son Origine Familiale : La Gens Licinia Il appartient à la gens Licinia, l’une des familles plébéiennes les plus illustres et les plus puissantes de Rome. Une lignée de prestige : Les Licinii ont produit des figures majeures comme le triumvir Crassus ou le général Lucullus. L’héritage des Nervae : Sa branche familiale, les Licinii Nervae, s’est distinguée par ses succès militaires. Comme mentionné précédemment, il utilise sa monnaie pour célébrer son ancêtre, le préteur de 142 av. J.-C., rappelant ainsi que sa famille a toujours été un pilier de la force militaire romaine. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon A. Licinius Nerva. Triumvir monétaire de 705 à 709 (49-45 av. J.-C.) On connaît plusieurs personnages ayant porté le nom de Aulus Licinius Nerva; le premier fut tribun du peuple en 576 (178 av. J.-C.), puis préteur en Espagne, en 588 (166 av. J.-C.) ; un autre, probablement fils du précédent, fut préteur en 611 (143 av. J.-C.) et l’année suivante gouverneur de la Macédoine. Le monétaire dont nous nous entretenons ici, descendait sans doute de ces personnages, mais il n’est pas connu historiquement, à moins que ce ne soit un certain Licinius Nerva, mentionné sans son prénom, et qui fut questeur de Decimus Brutus pendant la guerre de Modène. La même obscurité règne sur l’interprétation des types monétaires de ce magistrat. Nous ne connaissons pas les motifs qui l’ont poussé à représenter sur ses deniers la tête de la déesse de la Bonne Foi, à qui Numa fit, le premier, bâtir un temple. Peut-être un des ancêtres de A. Nerva fut-il prêtre de cette divinité qu’on appelle fides publica du temps des empereurs et qu’on représente sur les monnaies impériales, tenant une patère et une corne d’abondance.On a proposé de reconnaître dans le type du revers des deniers, le préteur A. Licinius Nerva qui, pendant sa préture en Macédoine, en 612 (142 av. J.-C.), battit Andriscus qui avait entrepris de restaurer le trône

1797AN – Denier Marc Antoine – Decimus Turullius

1797AN – Denier Marc Antoine – Decimus Turullius Avers : M ANTONIVS AVG IMP IIII COS TERT III VIR R R P C (Marcus Antonius Augustus Imperator quartum Consul tertium triumvir Rei Publicae Constituandæ, Marc Antoine auguste imperator pour la quatrième fois, consul pour la troisième fois triumvir pour la restauration de la République) Tête nue de Marc Antoine à droite. Revers : D (TVR) (Decimus Turullius) Dans une couronne de laurier, Victoire tenant de la main droite une couronne liée par des filets et une branche de palmier de la gauche. British Museum 3.81g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Incertain Datation : 31 avant J.C. Matière : Argent Gens : Antonia Référence : RRC 545/1 – B.146 (Antonia) – CRR.1211 Le Denier de l’Ultime Confrontation  Ce denier n’est pas une simple pièce de monnaie ; c’est un manifeste politique et militaire frappé dans l’urgence des préparatifs de la bataille d’Actium (31 av. J.-C.). Alors que Marc Antoine rassemble ses forces en Grèce pour affronter Octave, cette émission rare témoigne de sa stratégie de légitimation. 1. Analyse Symbolique : La Rhétorique de la Victoire Annoncée L’Avers : Le Portrait d’un Chef de Guerre Incontesté Le Portrait Nu : Marc Antoine est représenté avec une tête nue, tourné vers la droite. Contrairement à ses émissions antérieures où il pouvait apparaître avec une barbe de deuil (barba misera) pour César, il se présente ici comme un dirigeant serein et accompli. La Légende IMP IIII : Antoine revendique ici sa quatrième acclamation comme Imperator. En l’absence de grande victoire récente, ce titre est une véritable prophétie de propagande : il projette l’image d’un général invincible avant même que le premier coup ne soit porté contre Octave. Le Titre AVG (Augure) : En rappelant sa fonction sacerdotale, Antoine affirme que les dieux sont de son côté, un contrepoint nécessaire aux accusations d’Octave le décrivant comme « sous le charme » de Cléopâtre. Le Revers : L’Espoir de la Victoire Finale La Victoire (Victoria) : Elle est représentée debout, tenant une couronne de laurier et une palme. C’est le symbole universel du triomphe romain. Placer la Victoire au revers au moment même où la flotte se rassemble à Patras souligne que l’issue de la guerre civile ne peut être, selon Antoine, que sa propre victoire. La Signature de D. TVRVLLIVS : La présence du nom de Decimus Turullius est historiquement fascinante. Turullius était l’un des assassins de Jules César (les conjurés des Ides de Mars). Sa présence auprès d’Antoine démontre que ce dernier avait réussi à rallier les derniers républicains, qui voyaient en lui un moindre mal par rapport à l’autoritarisme croissant d’Octave. 2. Contexte Historique : Les Derniers Jours de la République Frappé vers 31 av. J.-C., ce denier circule dans les camps militaires de Grèce. Contrairement aux « deniers légionnaires » classiques (RRC 544), cette série est beaucoup plus confidentielle. Le Financement de la Guerre : La monnaie sert principalement à payer les troupes et les mercenaires. La qualité du métal et la précision de la gravure (certains exemplaires portent même la signature du graveur « P ») montrent qu’Antoine disposait encore de ressources financières considérables, supérieures à celles d’Octave à cette période. Un Destin Tragique : Après la défaite d’Actium, Decimus Turullius fut capturé et exécuté par Octave. Ce denier reste l’un des derniers témoignages de l’alliance paradoxale entre le lieutenant de César et l’un de ses assassins. Note Numismatique : Ce denier est considéré comme l’un des plus rares de la fin de la République. Sa rareté s’explique par le fait qu’après sa victoire, Octave a probablement fait fondre une grande partie des émissions d’Antoine pour effacer la mémoire de son rival (Damnatio memoriae). Decimus Turullius : L’Assassin de César au service d’Antoine Le monétaire identifié par le monogramme D. TVR (ou le nom complet sur certains exemplaires) est Decimus Turullius. Sa présence sur cette monnaie est l’un des aspects les plus fascinants de l’émission, car elle incarne la complexité des alliances politiques de l’époque. Un parcours entre trahison et conviction Un « Idicide » : Decimus Turullius est historiquement connu pour avoir été l’un des conjurés des Ides de Mars qui assassinèrent Jules César en 44 av. J.-C. Du camp républicain à Marc Antoine : Après la mort de César, il rejoint d’abord la cause des Républicains (Brutus et Cassius). Après leur défaite à Philippes (42 av. J.-C.), il s’enfuit et finit par se rallier à Marc Antoine. Pour Turullius et d’autres républicains radicaux, Antoine représentait alors un rempart contre l’ascension d’Octave, jugé encore plus dangereux pour les libertés sénatoriales. Le rôle de Préfet : Au moment de la frappe du RRC 545/1 (v. 31 av. J.-C.), Turullius occupe un poste d’officier supérieur (vraisemblablement préfet) dans l’état-major d’Antoine. Il est chargé de superviser la production monétaire pour financer les préparatifs d’Actium. Un sacrilège fatal L’histoire de Turullius est marquée par un acte qui causera sa perte. Pour construire la flotte de Marc Antoine en Grèce, il fit abattre les arbres du bois sacré d’Asclépios à Cos. Après la défaite d’Antoine à Actium, Turullius fut capturé par Octave. Ce dernier, dans un geste de propagande religieuse, le fit exécuter précisément sur l’île de Cos, affirmant ainsi venger le dieu Asclépios (tout en éliminant l’un des derniers assassins de son père adoptif). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Lieux de découverte (2 exemplaires)

1802PI – Denier Octave – Lucius Pinarius Scarpus

1802PI – Denier Octave – Lucius Pinarius Scarpus Avers : AVGVR PONTIF (Augur Pontifex) Tête barbue et cornue de Jupiter Ammon à droite. Revers : IMP CAESAR DIVI F (Imperator Caesar, Divi Filius) Victoria (la Victoire) debout sur un globe et tournée à droite, tenant une couronne de la main droite et une palme de la main gauche. British Museum 3.31g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Cyrène Datation : 31 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Julia et Pinaria Références : RRC 546/4 – B.141 (Julia) – CRR.1281 1. Un Contexte de Transfuge : Le Choix de Scarpus En 31 av. J.-C., Lucius Pinarius Scarpus commande quatre légions en Cyrénaïque pour le compte de Marc Antoine. Après la défaite de ce dernier à Actium (2 septembre 31), Antoine tente de se replier vers l’Afrique, mais Scarpus refuse de le recevoir, fait exécuter ses envoyés et livre ses troupes à Octave. Le denier RRC 546/4 est l’expression numismatique de ce ralliement. Scarpus utilise le même atelier et des motifs similaires à ses émissions précédentes pour Antoine, mais il y appose désormais le nom d’Octave. 2. Analyse du Symbolisme L’Avers : Jupiter Ammon (Le Maître de l’Afrique) L’effigie de Jupiter Ammon (tête d’homme avec cornes de bélier) est un choix pragmatique et symbolique fort : Ancrage Local : C’est la divinité tutélaire de la Cyrénaïque (siège de l’oracle d’Ammon à Siwa). Lien avec Alexandre le Grand : En utilisant Ammon, Octave s’inscrit dans la lignée des conquérants du monde. Titlature Religieuse : Les légendes AVGVR et PONTIF soulignent les fonctions sacerdotales d’Octave, renforçant l’image d’un chef investi d’une mission divine et respectueux des traditions romaines, contrairement à l’image « orientalisée » d’Antoine. Le Revers : La Victoire sur le Globe La représentation de Victoria sur un globe est le message politique central de l’après-Actium : La Domination Universelle : Le globe signifie que la victoire d’Octave n’est pas seulement une victoire civile, mais une prise de possession du monde entier (oikumene). La Paix par la Victoire : La couronne et la palme célèbrent la fin des guerres civiles. Légende IMP CAESAR DIVI F : Cette inscription est cruciale. Elle rappelle qu’Octave est le fils du divin Jules César, légitimant son pouvoir par l’hérédité divine. Lucius Pinarius Scarpus : Un opportuniste au service de l’Histoire Lucius Pinarius Scarpus appartient à l’une des familles les plus anciennes et prestigieuses de Rome, la gens Pinaria, dont l’origine remonterait à l’époque pré-républicaine (ils étaient, avec les Potitii, les gardiens héréditaires du culte d’Hercule). Un héritier de Jules César Le lien de Scarpus avec le pouvoir suprême commence par le sang. Il est le petit-neveu de Jules César (petit-fils de Julia Maior, la sœur aînée du dictateur). À la mort de César en 44 av. J.-C., Scarpus est désigné comme l’un de ses héritiers : il reçoit un huitième de la fortune du dictateur (tout comme Quintus Pedius), tandis qu’Octave hérite des trois quarts. Signe de pragmatisme précoce, il cède rapidement sa part d’héritage à Octave pour soutenir les ambitions politiques de son cousin. Le Lieutenant de Marc Antoine Malgré ce lien familial avec Octave, la carrière de Scarpus prend un tournant différent. Il rejoint le camp de Marc Antoine et devient l’un de ses officiers les plus fiables en Orient. En 31 av. J.-C., il est nommé Gouverneur (proconsul) de Cyrénaïque (actuelle Libye). Il y commande une force stratégique de quatre légions, censées protéger le flanc occidental de l’Égypte et servir de réserve militaire en cas de repli d’Antoine. C’est durant cette période qu’il fait frapper le denier RRC 546/1. La trahison d’Actium : Le « faiseur de rois » Le rôle historique majeur de Scarpus se joue après la défaite de Marc Antoine à la bataille d’Actium (septembre 31 av. J.-C.). Antoine, fuyant vers l’Égypte, dépêche des messagers à Scarpus pour appeler ses quatre légions à l’aide. Scarpus, réalisant que le vent a tourné, refuse de recevoir les émissaires et les fait exécuter. Il livre ses troupes à Gaius Cornelius Gallus, le général d’Octave qui arrivait par l’ouest. Ce ralliement prive Antoine de son dernier espoir militaire et précipite sa chute finale à Alexandrie. Un cas unique dans la numismatique Scarpus est l’un des rares personnages à avoir émis des monnaies sous son propre nom pour les deux rivaux à quelques mois d’intervalle : Sous Antoine (RRC 546/1-3) : Les légendes célèbrent le triumvir (M ANTO COS III IMP IIII). Sous Octave (RRC 546/4-8) : Après son changement d’allégeance, il utilise des types similaires (la main ouverte, la victoire) mais remplace le nom d’Antoine par celui de César le Jeune (IMP CAESARI). Nota : Le surnom Scarpus pourrait dériver du verbe carpere (saisir, prendre), ce qui expliquerait la présence fréquente d’une main ouverte sur ses revers, fonctionnant comme un « type parlant » symbolisant à la fois son nom et sa loyauté (ou sa reddition). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Pinarius Scarpus. Imperator, de 723 à 727 (31 à 27 av. J.-C.) L. Pinarius Scarpus était un des lieutenants de Marc Antoine en Afrique où ses monnaies ont été frappées. Avant la bataille d’Actium, il commandait en Cyrénaïque avec quatre légions ; c’est à cette époque, c’est-à-dire en 723 (31 av. J.-C.), qu’ont été émises les médailles qui sont au type de Jupiter Ammon. Après Actium, Marc Antoine se réfugia en Afrique, mais Scarpus voyant la cause de son maître désespérée, refusa de lui donner un asile ; au prix de cette trahison, Scarpus conquit les faveurs d’Octave. Il réunit les troupes qui étaient sous ses ordres à celles que commandait Cornelius Gallus, lieutenant du vainqueur, et il resta gouverneur de la Libye. C’est à cette époque, c’est-à-dire entre les années 724 à 727 (30 à 27av. J.-C.), qu’il fit frapper dans sa province lés monnaies qui portent le nom d’Octave. La main ouverte est le symbole parlant du nom de Scarpus, rapproché du grec.. C’est par un rapprochement du même genre qu’on voit un poing fermé (balio) sur un petit bronze de C. Allius Balas Une main ouverte, comme sur les monnaies de L.Pinarius Scarpus, est le type des monnaies de

1292AN – Denier Annia – Caius Annius Luscus

1292AN – Denier Annia – Caius Annius Luscus Avers : C ANNI T F T N PRO COS EX S C (Caius Annius Titus filius Titus nepos Proconsul ex Senatus Consulto, Caius Annius fils de Titus, petit-fils de Titus proconsul par décret du Sénat) Buste de Anna Perenna diadémée et drapée à droite portant des boucles d’oreille et un collier. Le tout est compris dans un collier de perles. Avec ou sans, sous la tête, une marque de contrôle. Revers : L FABI L F HISP (Lucius Fabius Lucius filius Hispaniensis, Lucius Fabius Luc fils de l’espagnol) La Victoire est représentée dans un quadrige galopant à droite brandissant une palme de la main droite et tenant les rênes de la gauche. Avec ou sans marque de contrôle sous les chevaux. British Museum 3.84g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Espagne Datation : 82-81 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Annia et Fabia Références : RRC 366/2 – B.3 (Annia) 🏛️ Magistrats Monétaires (82–81 av. J.-C.) Le monnayage RRC 366 a été émis sous l’autorité du général en chef, C. Annius T. f. T. n., qui a délégué l’autorité de frappe à ses légats/questeurs, dont C. Tarquitius P. f.   1. Caius Annius T. f. T. n. (Caius Annius Luscus) Identité et Rôle: Il est identifié comme Caius Annius Luscus, le général en chef de cette émission. L’inscription PRO COS (Proconsul) indique qu’il détenait un pouvoir militaire suprême (l’imperium) en tant que gouverneur. L’émission a été faite EX S C (par décret du Sénat), confirmant son statut officiel sous la faction de Sylla. Carrière: Annius était un partisan de Sylla et fut nommé proconsul en 82 av. J.-C. pour prendre le commandement en Hispanie (Espagne). Sa mission principale était de combattre Quintus Sertorius, un général populaire qui s’y était réfugié après la défaite de la faction marianne. Contexte de la Frappe: Ce monnayage a été frappé pour financer les coûts de l’armée durant la guerre civile et la campagne contre Sertorius, d’où la frappe hors de Rome (probablement en Italie du Nord ou en Espagne). Symbolique (Avers): La tête féminine est souvent identifiée à Anna Perenna, une divinité associée à la gens Annia (la famille d’Annius), renforçant son prestige. La balance (symbole de justice ou d’égalité monétaire) et le caducée (sur d’autres variantes de RRC 366) sont des symboles du proconsul.   2. Caius Tarquitius P. f. Identité et Rôle: Il était probablement le questeur ou le légat de Caius Annius Luscus. En tant que subordonné, il était chargé de l’administration, y compris la surveillance de la frappe des monnaies pour payer les troupes. Contexte de la Frappe: L’apparition de son nom sur le revers, associé à une Victoire dans un bige, suggère qu’il était directement responsable de l’atelier monétaire qui a produit cette série spécifique (RRC 366/4), très probablement en Espagne. Différence avec les autres variantes: Le denier RRC 366 existe en plusieurs variantes. Par exemple, le type RRC 366/1 mentionne un autre légat, L. Fabi L. f. Hisp. (Lucius Fabius Hispaniensis). Le fait que les deux légats/questeurs (Fabius et Tarquitius) aient leur nom sur le revers montre une délégation d’autorité exceptionnelle de la part d’Annius, typique des frappes militaires en province. En résumé, ce denier témoigne du financement des opérations militaires du parti Syllanien en Hispanie, sous l’autorité du proconsul C. Annius Luscus, et supervisé par son officier C. Tarquitius. Variante 1 avec une lettre de contrôle sous la tête d’Anna Perenna au droit. Références : RRC 366/2a – B.3 (Annia) – Syd.748c British Museum 3.95g Variante 2 avec une lettre de contrôle sous les chevaux au revers. Références : RRC 366/2b – B.3 (Annia) – Syd.748d British Museum 4.01g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Annius Luscus était fils de T. Annius Rufus consul en 626 (128 av. J.-C.), et petit-fils de T. Annius Luscus consul en 601 (153 av. J.-C.) qui lutta contre Tib. Gracchus. Les noms du père et du grand père de Caius Annius se trouvent à la fois mentionnés sur ses monnaies, ce qui est fort rare. L’histoire de C. Annius Luscus est bien connue. Après avoir servi sous Q. Metellus Numidicus, en Afrique, dans la guerre contre Jugurtha, en 647 (107 av. J.-C.) 4, et avoir commandé la garnison de Leptis, il fut envoyé par Sylla en Espagne, vers l’an 672 (82 av. J.-C.), avec le titre de proconsul, pour y combattre Sertorius qui s’était soulevé en faveur de Marius. Il fut victorieux dans les Pyrénées, et c’est à ses succès que font allusion ses médailles, où le revers est occupé par une Victoire dans un quadrige ou dans bige. Ces monnaies ont été frappées en Espagne, pendant que C. Annius était proconsul, par les soins des questeurs respectifs de l’Espagne citérieure et de l’Espagne ultérieure, C. Tarquitius et L.Fabius Hispaniensis. Ces deux noms et la différence de style indiquent que les pièces ont été émises dans l’une et l’autre de ces pro- vinces (v. Fabia et Tarquitia). La tête de femme qui figure au droit des monnaies du proconsul C. Annius,est la même que celle qu’on voit sur les deniers de Petronius Turpilianus. C’est Anna Perenna, dont le nom se rapproche à le fois de celui de la gens Annia et de celui de la gens Petronia. Ovide et Virgile   ont raconté la légende de cette divinité qui passait pour la soeur de Didon. Après la mort de cette dernière, elle s’enfuit de Carthage et passa en Italie où elle fut accueillie par Enée. On faisait dériver son nom d’ ‘Amnis Perennis. Elle présidait à plusieurs sources ; l’une d’elles, le Numicius, se trouvait près de Rome, du côté du pont Milvius, dans la forêt qualifiée ainsi par Martial : Annce pomiferum nemus Perennæ. C’est là qu’on faisait le joyeux pèlerinage rustique décrit par Ovide (Annoe feslum geniale Perennæ), d’où le peuple de Rome revenait titubant : Quum redeunt, titubant, etc… C’est Anna Perenna qui, sous les traits d’une vieille femme, venait de Bovillae apporter des vivres aux plébéiens retirés sur le mont Sacré; aussi sa fête qui se célébrait aux ides de Mars, était-elle des plus populaires. Lieux de découverte

1291AN – Denier Annia – Caius Annius Luscus

1291AN – Denier Annia – Caius Annius Luscus Avers : C ANNI T F T N PRO COS EX S C (Caius Annius Titus filius Titus nepos Proconsul ex Senatus Consulto, Caius Annius fils de Titus, petit-fils de Titus proconsul par décret du Sénat) Buste de Anna Perenna diadémée et drapée à droite portant des boucles d’oreille et un collier encadrée par un caducée ailé à gauche et une balance à droite. Avec ou sans marque de contrôle derrière la tête. Revers : HISP.Q // L FABI L F (Lucius Fabius Lucius filius Hispaniensis, Lucius Fabius Luc fils de l’espagnol) La Victoire est représentée dans un quadrige galopant à droite brandissant une palme de la main droite et tenant les rênes de la gauche. Avec ou sans marque de contrôle sous les chevaux. British Museum 4.05g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Espagne Datation : 82-81 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Annia et Fabia Références : RRC 366/3 – B.5 (Annia) 🏛️ Magistrats Monétaires (82–81 av. J.-C.) Le monnayage RRC 366 a été émis sous l’autorité du général en chef, C. Annius T. f. T. n., qui a délégué l’autorité de frappe à ses légats/questeurs, dont C. Tarquitius P. f.   1. Caius Annius T. f. T. n. (Caius Annius Luscus) Identité et Rôle: Il est identifié comme Caius Annius Luscus, le général en chef de cette émission. L’inscription PRO COS (Proconsul) indique qu’il détenait un pouvoir militaire suprême (l’imperium) en tant que gouverneur. L’émission a été faite EX S C (par décret du Sénat), confirmant son statut officiel sous la faction de Sylla. Carrière: Annius était un partisan de Sylla et fut nommé proconsul en 82 av. J.-C. pour prendre le commandement en Hispanie (Espagne). Sa mission principale était de combattre Quintus Sertorius, un général populaire qui s’y était réfugié après la défaite de la faction marianne. Contexte de la Frappe: Ce monnayage a été frappé pour financer les coûts de l’armée durant la guerre civile et la campagne contre Sertorius, d’où la frappe hors de Rome (probablement en Italie du Nord ou en Espagne). Symbolique (Avers): La tête féminine est souvent identifiée à Anna Perenna, une divinité associée à la gens Annia (la famille d’Annius), renforçant son prestige. La balance (symbole de justice ou d’égalité monétaire) et le caducée (sur d’autres variantes de RRC 366) sont des symboles du proconsul.   2. Caius Tarquitius P. f. Identité et Rôle: Il était probablement le questeur ou le légat de Caius Annius Luscus. En tant que subordonné, il était chargé de l’administration, y compris la surveillance de la frappe des monnaies pour payer les troupes. Contexte de la Frappe: L’apparition de son nom sur le revers, associé à une Victoire dans un bige, suggère qu’il était directement responsable de l’atelier monétaire qui a produit cette série spécifique (RRC 366/4), très probablement en Espagne. Différence avec les autres variantes: Le denier RRC 366 existe en plusieurs variantes. Par exemple, le type RRC 366/1 mentionne un autre légat, L. Fabi L. f. Hisp. (Lucius Fabius Hispaniensis). Le fait que les deux légats/questeurs (Fabius et Tarquitius) aient leur nom sur le revers montre une délégation d’autorité exceptionnelle de la part d’Annius, typique des frappes militaires en province. En résumé, ce denier témoigne du financement des opérations militaires du parti Syllanien en Hispanie, sous l’autorité du proconsul C. Annius Luscus, et supervisé par son officier C. Tarquitius. Variante 1 avec une lettre de contrôle derrière la tête d’Anna Perenna au droit. Références : RRC 366/3a – B.5a (Annia) – Syd.748f British Museum 3.99g Variante 2 avec une lettre de contrôle sous les chevaux au revers. Références : RRC 366/3b – B.5 (Annia) – Syd.748g British Museum 3.98g Variante 3 avec une lettre de contrôle au-dessus des chevaux + lettre Q en dessous au revers. Référence : RRC 366/3c British Museum 3.88g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Annius Luscus était fils de T. Annius Rufus consul en 626 (128 av. J.-C.), et petit-fils de T. Annius Luscus consul en 601 (153 av. J.-C.) qui lutta contre Tib. Gracchus. Les noms du père et du grand père de Caius Annius se trouvent à la fois mentionnés sur ses monnaies, ce qui est fort rare. L’histoire de C. Annius Luscus est bien connue. Après avoir servi sous Q. Metellus Numidicus, en Afrique, dans la guerre contre Jugurtha, en 647 (107 av. J.-C.) 4, et avoir commandé la garnison de Leptis, il fut envoyé par Sylla en Espagne, vers l’an 672 (82 av. J.-C.), avec le titre de proconsul, pour y combattre Sertorius qui s’était soulevé en faveur de Marius. Il fut victorieux dans les Pyrénées, et c’est à ses succès que font allusion ses médailles, où le revers est occupé par une Victoire dans un quadrige ou dans bige. Ces monnaies ont été frappées en Espagne, pendant que C. Annius était proconsul, par les soins des questeurs respectifs de l’Espagne citérieure et de l’Espagne ultérieure, C. Tarquitius et L.Fabius Hispaniensis. Ces deux noms et la différence de style indiquent que les pièces ont été émises dans l’une et l’autre de ces pro- vinces (v. Fabia et Tarquitia). La tête de femme qui figure au droit des monnaies du proconsul C. Annius,est la même que celle qu’on voit sur les deniers de Petronius Turpilianus. C’est Anna Perenna, dont le nom se rapproche à le fois de celui de la gens Annia et de celui de la gens Petronia. Ovide et Virgile   ont raconté la légende de cette divinité qui passait pour la soeur de Didon. Après la mort de cette dernière, elle s’enfuit de Carthage et passa en Italie où elle fut accueillie par Enée. On faisait dériver son nom d’ ‘Amnis Perennis. Elle présidait à plusieurs sources ; l’une d’elles, le Numicius, se trouvait près de Rome, du côté du pont Milvius, dans la forêt qualifiée ainsi par Martial : Annce pomiferum nemus Perennæ. C’est là qu’on faisait le joyeux pèlerinage rustique décrit par Ovide (Annoe feslum geniale Perennæ), d’où le peuple de Rome revenait titubant : Quum redeunt, titubant, etc… C’est Anna Perenna qui, sous les traits d’une vieille femme, venait de Bovillae apporter

1177CA – Denier Caecilia – Lucius Cæcilius Metellus

1177CA – Denier Caecilia – Lucius Cæcilius Metellus Avers : L METEL – A. ALB. S. F (Lucius Metellus – Aulus Albinus Servii filius, Lucius Metellus – Aulus Albinus fils de Servius) Tête laurée d’Apollon à droite, avec sous le tête soit une étoile, soit un croissant ou soit ni l’un ni l’autre. Revers : C. MALL // ROMA (Caius Malleolus/ Roma) Rome assise à gauche sur des boucliers, tenant une haste de la main droite et le parazonium de la gauche; couronnée par la Victoire debout derrière elle. British Museum 3.99g INDICE DE RARETE : 4 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 96 avant J.C. Matière : Argent Gens : Caecilia Référence : RRC 335/1 Ce denier a été émis par trois monétaires, ce qui est inhabituel et significatif pour cette période de la République romaine. Les trois monétaires étaient : L. Caecilius Metellus A. Postumius S. f. Albinus C. Publicius Malleolus Voici les informations principales sur chacun d’eux, et sur leurs familles respectives, qui étaient très importantes dans la politique de l’époque (vers 95-92 av. J.-C.).   🏛️ L. Caecilius Metellus Gens (Famille) : Caecilia, l’une des plus puissantes et des plus influentes familles plébéiennes de la République romaine, notamment via sa branche des Metelli. Carrière numismatique : Son nom L METEL figure sur l’avers de la monnaie. Carrière politique ultérieure (probabilité) : Il est très probable qu’il s’agisse du Lucius Caecilius Metellus qui fut Préteur en 71 av. J.-C. et qui s’opposa à Pompée. La charge de monétaire était souvent une étape junior triumvir monetalis avant d’accéder aux magistratures supérieures. Contexte familial : Les Caecilii Metelli étaient d’une influence immense, produisant de nombreux consuls et généraux, comme Q. Caecilius Metellus Numidicus et Q. Caecilius Metellus Pius.   🦅 A. Postumius S. f. Albinus Gens (Famille) : Postumia, une des plus anciennes et nobles familles patriciennes de Rome, avec la branche des Albini étant particulièrement célèbre. Désignation : L’inscription A.ALB.S.F signifie Aulus Albinus, Spurii filius (fils de Spurius). Carrière numismatique : Son nom est sur l’avers. Contexte familial : Les Postumii Albini ont connu une longue période de domination politique, occupant régulièrement les magistratures curules.   🔨 C. Publicius Malleolus Gens (Famille) : Publicia (ou Poblicia), une famille plébéienne d’origine moins prestigieuse que les deux autres, mais qui accède aussi aux magistratures. Cognomen (Surnom) : Son surnom, Malleolus, signifie « petit marteau ». Les monnaies qu’il a émises seul (RRC 335/3) portent un petit marteau sur le casque de Mars, un exemple classique de jeu de mots éponyme en numismatique romaine. Carrière numismatique : Son nom C.MALL figure sur le revers de la monnaie, dans le champ gauche. Carrière politique ultérieure (probabilité) : Il est identifié comme ayant servi plus tard comme Questeur en 80 av. J.-C., indiquant que sa carrière politique s’est poursuivie, même s’il n’aurait peut-être pas dépassé cette magistrature.   🔎 Pourquoi trois monétaires ? L’émission RRC 335 est notable car elle résulte de la collaboration de ces trois individus, représentant chacun de grandes familles. La charge de tresviri monetales (trois monétaires) était le collège responsable de la frappe. Cette série, divisée en sous-types, montre souvent les monétaires émettant seuls ou par paires au sein du même collège, mais ce type est celui qui les nomme tous les trois. Variante 1 : avec aucune marque sous la tête d’Apollon Références : RRC 335/1a – Syd.611 British Museum 3.99g Variante 2 : avec une étoile sous la tête d’Apollon Références : RRC 335/1b – B.45 (Cæcilia) – Syd.611a British Museum 3.93g Variante 3 : avec un croissant sous la tête d’Apollon Références : RRC 335/1c – B.46 (Cæcilia) – Syd.611a British Museum 3.97g Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Lucius Cæcilius Metellus. Ce magistrat monétaire était frère de Q. Metellus Creticus, mais on ignore de qui ces deux personnages descendaient. L. Metellus qui naquit probablement vers l’an 635 (119 av. J.-C.), fut préteur en 683 (71 av. J.-C.); propréteur l’année suivante, il succéda à Verrès dans le gouvernement de la Sicile. Cicéron vante beaucoup son administration réparatrice : il purgea la Sicile des pirates qui en dévastaient les côtes, et donna satisfaction aux plaintes légitimes et aux revendications formulées contre Verrès. L. Metellus devint consul avec Q. Marcius Rex en 686 (68 av. J.-C.), mais il mourut presque aussitôt après-son entrée en charge. – Sur le denier qu’il fit frapper vers 665, son nom est associé à ceux de A. Postumius Albinus et de C. Poblicius Malleolus. Ces pièces ont été copiées, dans les années qui suivirent, par les insurgés italiotes de la guerre Sociale. C’est la déesse Rome assise sur des boucliers, qu’on voit au revers, comme l’indique le mot ROMA qui paraît être une légende explicative du type. Cavedoni a remarqué que ce type est une imitation des monnaies d’Étolie qui ont, au revers, Atalante assise sur des boucliers et appuyée sur une haste; à ses pieds est un carnyx gaulois qui rappelle la défaite des Gaulois sous Antigone Gonatas, roi de Macédoine (276-243 av. J.-C.), après que ces barbares eurent pillé le temple de Delphes. Les monnaies étoliennes dont nous parlons sont à peu près contemporaines de ces événements ; leur imitation romaine n’est pas absolument identique au prototype : le carnyx gaulois a disparu, et en outre, la Victoire qui couronne la déesse assise ne paraît pas sur les pièces étoliennes. Lieux de découverte (289 exemplaires)