1544ME – Quinaire Mettia – Marcus Mettius

1544ME – Quinaire Mettia – Marcus Mettius Avers : Anépigraphe Tête de Junon Sospita à droite portant une peau de chèvre. Serpent derrière le buste. Revers : M METTI (Marcus Mettius) Victoria (la Victoire) pilotant une bige à droite. British Museum 1.6g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gens : Mettia Références : RRC 480/23 – B.1 (Mettia) – Syd.1058 Ce quinaire s’inscrit dans l’une des périodes les plus tendues et les plus denses de l’histoire de Rome : les mois précédant et suivant l’assassinat de Jules César. 1. Le Symbolisme de l’Avers : Junon Sospita La représentation de Junon Sospita (« la Salvatrice ») est riche en significations : Identité Familiale : Pour le magistrat Marcus Mettius, c’est une affirmation de ses origines. Junon Sospita est la divinité tutélaire de Lanuvium. En l’affichant, il célèbre son prestige familial et ses racines religieuses. Protection et Salut : Le terme Sospita évoque la protection. Dans le contexte de 44 av. J.-C., où les tensions civiles sont extrêmes, invoquer une divinité protectrice n’est jamais neutre. Elle symbolise la préservation de l’État. L’attribut du Serpent : Le serpent accompagnant Junon fait référence aux rites de Lanuvium, où des jeunes filles devaient nourrir un serpent sacré dans une grotte pour prouver leur pureté et garantir la fertilité des terres. 2. Le Symbolisme du Revers : La Victoire et le Bige La Victoire sur un char (bige) est un motif classique, mais il prend une dimension particulière sous César : Légitimation du Pouvoir : En 44 av. J.-C., César est au sommet de sa gloire après ses victoires dans les guerres civiles. La Victoire sur la monnaie de son fidèle lieutenant Mettius célèbre les triomphes passés et la « paix » imposée par les armes. Dynamisme et Rapidité : Le mouvement galopant du bige souligne l’autorité triomphante de Rome. 3. Le Contexte Historique : L’année de la Rupture L’émission 480/23 appartient au collège des Quattuorviri monetales (un collège de quatre magistrats exceptionnellement créé par César pour augmenter la masse monétaire). Le Financement Militaire : Les quinaires, valant un demi-denier, étaient souvent utilisés pour la paye des soldats (le stipendium). Cette frappe massive de 44 av. J.-C. servait probablement à financer les préparatifs de la grande campagne que César projetait contre les Parthes. Transition Numismatique : Ce quinaire est l’un des derniers à suivre les codes « républicains » classiques (divinités au droit) juste avant que Marcus Mettius ne frappe les premiers deniers montrant le visage de César de son vivant — une rupture radicale avec la tradition qui sera l’un des griefs des conjurés pour l’assassinat des Ides de Mars. Le saviez-vous ? La rareté de cette pièce s’explique par le fait que les quinaires étaient moins produits que les deniers et circulaient souvent jusqu’à l’usure complète ou étaient refondus lors des réformes monétaires impériales. Marcus Mettius est un personnage fascinant dont la carrière illustre parfaitement le passage de la fidélité militaire à la haute administration sous Jules César. 1. Un compagnon d’armes fidèle Marcus Mettius apparaît pour la première fois dans l’histoire en 58 av. J.-C. César, dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules (Livre I, 47), mentionne l’avoir choisi pour une mission diplomatique périlleuse. L’ambassade auprès d’Arioviste : César envoie Mettius comme médiateur auprès du chef germain Arioviste. Le choix n’est pas anodin : Mettius était lié à Arioviste par les liens de l’hospitalité. La captivité : Malgré son statut de diplomate, Arioviste le fait jeter aux fers. César raconte l’avoir secouru personnellement après sa victoire, affirmant que le plaisir de retrouver son ami sain et sauf était presque égal à celui de la victoire elle-même. 2. Le Magistrat Monétaire de l’an 44 En 44 av. J.-C., Mettius est nommé l’un des quattuorviri monetales (collège de quatre magistrats chargés de la frappe des monnaies). Cette année est cruciale car César a augmenté le nombre de monétaires de trois à quatre pour intensifier la production de numéraire. Le Collège des Monétaires : Il partageait cette fonction avec L. Aemilius Buca, P. Sepullius Macer et C. Cossutius Maridianus. Rôle de Propagande : En tant que partisan dévoué, Mettius a utilisé son mandat pour ancrer l’image de César dans l’esprit des Romains. Son denier est historiquement fondamental car il a été frappé avant le 15 mars, participant à la sacralisation du vivant de César. 3. Origines et Identité : La Gens Mettia Le nom de Mettius est associé à une ancienne lignée latine et sabine. Origine géographique : L’iconographie de ses pièces (notamment Junon Sospita) confirme que les Mettii étaient originaires de Lanuvium, une ville célèbre pour son sanctuaire dédié à cette déesse. Le Serpent de Junon : Sur d’autres types de monnaies qu’il a supervisés (comme le quinaire RRC 480/28), on voit une jeune fille nourrissant un serpent, une référence directe aux rites de virginité pratiqués à Lanuvium. En résumé, Marcus Mettius est l’exemple type de l’homme nouveau (homo novus) dont l’ascension sociale a été portée par le génie de César. Son nom reste gravé dans l’histoire principalement grâce à ces deniers qui ont, malgré eux, précipité la chute du dictateur en affichant son visage comme celui d’un roi. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Le nom de Mettius est déjà illustre chez les Sabins et les Latins. Citons, par exemple, Mettius Fuffetius, dictateur d’Albe la Longue, au temps du roi Tullus Hostilius, avec lequel fut réglé le combat des Horaces et des Curiaces et qui prit parti pour Fidènes et Veies contre Rome. Mettius Geminus commandait la cavalerie de Tusculum dans la guerre entre Rome et les cités latines confédérées en 414 (340 av. J.-C.). P. Mettius, partisan de Saturninus et de Glaucia, tua C. Memmius, un des candidats au consulat en 654 (100 av. J.-C.). Enfin, M. Mettius, lieutenant de Jules César, est celui qui fit frapper les monnaies qui suivent, en 710 (44 av. J.-C.). Envoyé par César, pendant la guerre des Gaules, comme ambassadeur, auprès d’Arioviste, le chef de la confédération germanique, il fut retenu prisonnier par le barbare; mais César, après sa victoire, le fit
1527JU – Denier César – Lucius Aemilius Buca

1527JU – Denier César – Lucius Aemilius Buca Avers : CAESAR. IM P M (Caesar Imperator, Pontifex Maximus) Tête laurée de César tournée à droite, un croissant entre le P et le M. Revers : L. AEMILIVS BVCA (Lucius Aemilius Buca) Vénus se tient debout à gauche et tient une Victoire et un sceptre. Bibliothèque nationale de France 4.06g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gens : Aemilia et Julia Références : RRC 480/4 – B.34 (Julia) – Syd.1060 Ce denier, frappé par Lucius Aemilius Buca au début de l’an 44 av. J.-C., est bien plus qu’une simple pièce de monnaie : c’est un manifeste politique et religieux. 1. Le Portrait du Vivant : Un Tabou Brisé L’élément le plus révolutionnaire de cette pièce est l’effigie de Jules César lui-même. Contexte : Traditionnellement, les Romains ne représentaient que des ancêtres illustres ou des divinités. En plaçant son propre portrait sur le denier, César adopte les codes des rois hellénistiques. Message : C’est l’affirmation d’un pouvoir personnel et absolu. Cet acte a été perçu par ses opposants comme un signe de tyrannie, précipitant le complot des Ides de Mars. 2. Le Symbolisme du Croissant (Avers) Derrière la tête laurée de César, un croissant de lune sépare les lettres de sa titulature religieuse (P M pour Pontifex Maximus). Réforme du Calendrier : Le croissant rappelle son rôle de Grand Pontife, garant du temps. En 46 av. J.-C., César avait instauré le calendrier julien pour synchroniser l’année civile avec le cycle solaire, s’éloignant de l’ancien calendrier lunaire. Âge d’Or : Selon certaines analyses de LesDioscures.com, le croissant, tout comme l’étoile sur d’autres émissions, pourrait annoncer la naissance d’un nouvel « Âge d’Or » sous l’égide de César. 3. Vénus Victrix et l’Origine Divine (Revers) Le revers montre Vénus Victrix (Vénus Victorieuse) tenant une petite Victoire (Victoriola). Légitimité de la Gens Julia : César affirmait descendre directement de Vénus par Énée. En choisissant cette divinité, il rappelle que ses victoires militaires (Pharsale, Munda) ne sont pas seulement le fruit de son génie, mais d’une volonté divine. Sceptre et Pouvoir : Vénus s’appuie sur un sceptre, symbole de souveraineté. Cela renforce l’idée que le pouvoir de César est héréditaire et sacré, une notion insupportable pour les défenseurs de la République. 4. Contexte de Production Ce denier a été frappé massivement entre janvier et février 44 av. J.-C. (juste avant que César ne prenne le titre de Dictator Perpetuo). Financement militaire : Ces pièces servaient principalement à payer les légions stationnées à Rome et celles préparant la grande expédition contre les Parthes. L. Aemilius Buca : Ce magistrat monétaire était un proche du pouvoir. Son nom au revers authentifie la monnaie, mais il s’efface totalement derrière la figure omniprésente de César. Lucius Aemilius Buca est un personnage clé de la numismatique romaine, bien que sa trace dans les textes historiques soit plus discrète que sur ses monnaies. Il appartient à la prestigieuse gens Aemilia, l’une des familles patriciennes les plus anciennes de Rome. 1. Identité et Origines Fils de monétaire : Lucius est le fils de Marcus Aemilius Scaurus (monétaire en 58 av. J.-C.), un homme politique influent et proche de Sylla. Cela explique pourquoi Lucius utilise le « Songe de Sylla » sur le denier RRC 480/1 : il s’agit d’une référence aux gloires de sa propre famille. Soutien politique : Il est mentionné historiquement en 54 av. J.-C. comme l’un des soutiens (souscripteur) lors du procès de Scaurus, ce qui confirme ses attaches avec l’aristocratie traditionnelle. 2. Rôle en 44 av. J.-C. : Le Quattuorvirat Buca occupe la fonction de Quattuorvir monétaire (IIII. VIR) en 44 av. J.-C. Cette année-là, Jules César modifie le fonctionnement de l’atelier monétaire de Rome : De trois à quatre : Traditionnellement, les magistrats monétaires étaient trois (Triumviri Monetales). César porte leur nombre à quatre pour répondre à ses besoins massifs en numéraire pour ses projets de guerres (notamment contre les Parthes). Un collège de transition : Buca travaille aux côtés d’autres magistrats comme Cossutius Maridianus. Ensemble, ils supervisent le passage historique du portrait divin (Vénus) au portrait du dirigeant vivant (César). 3. Son importance numismatique Buca est considéré comme le plus prolifique et le plus intéressant des quatre magistrats de cette année charnière : Iconographie personnelle : Il est le seul du collège à avoir frappé des monnaies avec un motif purement familial (le Songe de Sylla, RRC 480/1) avant de se plier entièrement à la propagande césarienne. Témoin de l’histoire : Ses émissions permettent de suivre précisément l’évolution des titres de César. On trouve sous son nom des deniers avec les légendes : CAESAR IM P M (César Imperator, Grand Pontife) CAESAR DICT PERPETVO (César Dictateur à vie) — cette dernière légende ayant été l’un des déclencheurs du complot des sénateurs. 4. Disparition Après l’assassinat de Jules César aux Ides de Mars (15 mars 44 av. J.-C.), la trace de Lucius Aemilius Buca disparaît des archives. On suppose qu’il n’a plus exercé de responsabilités monétaires majeures après cette année mouvementée, son nom n’apparaissant plus sur les émissions ultérieures. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Aemilius Buca. Quatuorvir monétaire en 710 (44 av. J. C.) Ce personnage mentionné dans le procès de Scaurus, était le fils du monétaire M. Scaurus, contemporain de Sylla. Il fut quatuorvir monétaire l’année même de la mort de Jules César, en 710 (44 av. J.-C.). L’histoire de L. Aemilius Buca n’est pas autrement connue; les types de ses médailles se rapportent tous à Jules César; on en trouvera l’explication et les dessins à la gens Julia, avec l’histoire du collège monétaire dont L. Buca a fait partie. Lieux de découverte (13 exemplaires)
1513VA – Quinaire Valeria – Lucius Valerius Acisculus

1513VA – Quinaire Valeria – Lucius Valerius Acisculus Avers : Anépigraphe Tête de Victoria à droite. Revers : ACISCVLVS Petite pioche (Acisculus). Le tout dans une couronne de laurier. Bibliothèque nationale de France 1.9g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 45 avant J.C. Matière : Argent Gens : Valeria Références : RRC 474/6 – B.22 (Valeria) – Syd. 1004 Ce quinaire, frappé en 45 av. J.-C. par le monétaire Lucius Valerius Acisculus, est une pièce fascinante qui mêle l’orgueil d’une lignée aristocratique et la propagande politique d’une Rome en pleine transition vers l’Empire. Voici une analyse détaillée de son symbolisme et de son contexte historique. 1. Symbolisme Iconographique : Entre Tradition et Jeu de Mots La particularité des monnaies républicaines réside souvent dans les « armes parlantes » (jeux de mots visuels sur le nom du monétaire) et les références mythologiques de la gens. L’Avers : La Victoire ailée La tête de la Victoire, divinité messagère du triomphe, est ici représentée de profil. En 45 av. J.-C., ce choix n’est pas neutre. Elle symbolise la faveur divine accordée à Rome et, par extension, à son maître du moment, Jules César. Le Revers : L’Acisculus et la Couronne L’Acisculus : Le symbole central est une petite pioche (ou marteau de tailleur de pierre), appelée acisculus en latin. C’est une référence directe au cognomen (surnom) du monétaire, Acisculus. Ce procédé permettait à la famille Valeria de marquer visuellement l’esprit des citoyens. La Couronne de Laurier : Elle entoure l’outil, transformant un simple instrument de travail en un symbole de gloire et de distinction. Lien avec la Gens Valeria : l’ensemble de l’émission de Valerius Acisculus (qui comprend aussi des deniers avec Apollon et Europa) souligne les idées de force, de valeur et de santé (étymologiquement liées au verbe valere). 2. Contexte Historique : L’Année de tous les Triomphes L’année 45 av. J.-C. est une période charnière pour la République romaine, marquée par la fin de la Guerre Civile. Le Triomphe de Munda : En mars 45 av. J.-C., Jules César remporte la bataille décisive de Munda en Espagne contre les fils de Pompée. C’est la fin de la résistance armée contre son pouvoir. À son retour à Rome, il célèbre des triomphes sans précédent. César, Dictateur à vie : Au moment où ce quinaire est frappé, César est au sommet de son pouvoir. Il a été nommé « Dictateur pour dix ans » (puis bientôt à vie). Les monétaires comme Acisculus, bien que magistrats indépendants en apparence, frappent des monnaies qui reflètent cette atmosphère de victoire et de paix retrouvée. Le Quinaire, une monnaie de circonstance : Le quinaire (valant un demi-denier) était souvent frappé en grandes quantités pour les distributions militaires ou les dons lors des triomphes. La présence de la Victoire sur cette petite pièce servait de rappel constant de la réussite militaire du régime césarien. Lucius Valerius Acisculus est un personnage dont la vie publique est indissociable de la fin de la République romaine. Bien que les détails biographiques précis soient rares, son activité en 45 av. J.-C. en tant que magistrat monétaire nous livre des informations cruciales sur son rang et ses attaches. Comme le soulignent les études de LesDioscures.com, ce monétaire appartient à l’une des familles les plus prestigieuses de Rome : la gens Valeria. 1. Identité et Carrière Magistrat monétaire (Triumvir Monetalis) : En 45 av. J.-C., il fait partie du collège des trois magistrats responsables de la frappe de la monnaie. C’était une étape clé du cursus honorum pour les jeunes aristocrates. Tribun de la Plèbe : Certaines sources, notamment le British Museum, mentionnent qu’il aurait exercé la fonction de tribun de la plèbe, bien que la date exacte reste incertaine (probablement peu après son mandat monétaire). Partisan de César : Son activité se déroule sous la dictature de Jules César. Frapper monnaie à cette époque nécessitait une proximité, ou du moins une absence d’opposition, avec le nouveau pouvoir en place. 2. Le nom « Acisculus » : Un outil et un symbole Le surnom (cognomen) Acisculus est ce qui rend ce monétaire célèbre chez les numismates. Étymologie : En latin, l’acisculus est un petit marteau de tailleur de pierre ou une petite pioche. Le « Type Parlant » : Fidèle à la tradition romaine, il utilise cet objet sur ses pièces comme une signature visuelle. C’est un moyen d’affirmer son identité familiale de manière ludique et mémorable. 3. Un représentant de la Gens Valeria En tant que membre de la gens Valeria, Lucius s’inscrit dans une lignée qui se prétendait d’origine sabine, remontant aux premiers jours de la République avec Valerius Publicola. Prestige : Sa famille jouissait de privilèges uniques à Rome, comme le droit d’ouvrir les portes de leur maison vers la rue (sur la Velia) ou d’avoir une place réservée au Cirque. Religion : Par ses choix iconographiques (Apollon Soranus, Diane), il réaffirme le rôle de sa famille en tant que gardienne de cultes anciens et spécifiques, renforçant ainsi sa légitimité politique par la piété religieuse. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Tous les types des monnaies de L. Valerius Acisculus se rattachent à l’origine mythologique de la famille Valeria et se résument dans les idées de force et de valeur, unies à celles de santé et de salut qu’on retrouvait étymologiquement dans le mot valere.
1505LO – Quinaire Lollia – Marcus Lollius Palicanus

1505LO – Quinaire Lollia – Marcus Lollius Palicanus Avers : FELICITATIS Tête de Libertas (la Liberté) laurée à droite. Revers : PALIKANVS Victoria galopant sur un bige à droite. Bibliothèque nationale de France 2.08g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 45 avant J.C. Matière : Argent Gens : Lollia Références : RRC 473/3 – B.3 (Lollia)- Syd.962 Ce quinaire, frappé en 45 av. J.-C. par Marcus Lollius Palicanus, est une monnaie chargée de messages politiques et familiaux. Ce type monétaire s’inscrit dans une série plus large (incluant les deniers 473/1 et 473/2) qui sert de manifeste à la faction des Populares (le parti du peuple) à la fin de la République. Voici l’analyse du symbolisme et du contexte historique de cette pièce : 1. Symbolisme de l’Avers : Felicitas (ou Libertas) Le buste représenté est accompagné de la légende FELICITATIS. La Félicité (Felicitas) : Elle incarne la « bonne fortune » ou la prospérité de l’État. En 45 av. J.-C., après les ravages de la guerre civile entre César et Pompée, ce symbole annonce une ère de paix et de bonheur retrouvés sous l’égide de Jules César. Lien avec la Liberté : Certaines analyses (notamment sur LesDioscures.com) soulignent la ressemblance stylistique avec la tête de Libertas (la Liberté) présente sur les deniers du même monnayeur. Cela suggère que la prospérité (Felicitas) est vue comme le fruit de la liberté restaurée. 2. Symbolisme du Revers : La Victoire en bige La légende indique PALIKANVS, le nom du magistrat monétaire. La Victoire (Victoria) : Elle est représentée sur un char à deux chevaux (bige) au galop. Ce motif classique célèbre les triomphes militaires de Rome. Propagande Césarienne : L’année 45 av. J.-C. est celle de la bataille de Munda, l’ultime victoire de César sur les fils de Pompée. La monnaie célèbre donc la victoire finale du camp césarien, auquel la famille des Lollii était rattachée. 3. Le Contexte Historique : Une revanche politique Le monnayeur Marcus Lollius Palicanus utilise ces frappes pour réhabiliter la mémoire de son père, M. Lollius Palicanus (tribun en 71 av. J.-C.). La défense de la Plèbe : Le père était un partisan acharné de Pompée et un défenseur des droits des tribuns de la plèbe, dont les pouvoirs avaient été réduits par la dictature de Sylla. L’affront de 67 av. J.-C. : Bien que favori du peuple pour le consulat, sa candidature avait été illégalement rejetée par le consul conservateur Pison. En frappant monnaie en 45 av. J.-C. sous l’autorité de César, le fils affirme la légitimité de sa lignée et la victoire définitive des idées démocratiques sur l’ancienne oligarchie sénatoriale. Transition vers l’Empire : Cette pièce illustre la transition où les grandes familles romaines utilisent la monnaie non plus seulement pour l’État, mais pour leur propre promotion politique, un usage qui deviendra systématique sous l’Empire. Le monétaire Marcus Lollius Palicanus (ou Palikanus) appartient à la gens Lollia, une famille d’origine plébéienne (peut-être samnite) qui a marqué la fin de la République romaine par son attachement aux droits populaires. Voici les informations clés sur ce personnage et sa lignée : 1. Identité du monétaire (45 av. J.-C.) Le monétaire de cet émission est identifié comme le fils du célèbre tribun de la plèbe du même nom. À cette époque (45 av. J.-C.), la fonction de monétaire (tresvir monetalis) était souvent occupée par de jeunes hommes issus de familles sénatoriales, servant de tremplin pour leur future carrière politique (cursus honorum). 2. L’héritage de son père (M. Lollius Palicanus, Tribun en 71 av. J.-C.) La majeure partie du message de la monnaie rend hommage à l’action politique de son père. Ce dernier était un personnage central de la politique « populaire » : Défenseur de la plèbe : Il fut l’un des principaux artisans du rétablissement des pouvoirs des tribuns de la plèbe, qui avaient été drastiquement réduits par la dictature de Sylla. Orateur et opposant : Décrit par les sources (comme Valère Maxime ou Cicéron) comme un orateur fougueux, il fut un farouche opposant aux Optimates (la faction conservatrice du Sénat). Échec au consulat : En 67 av. J.-C., il brigua le consulat, mais le consul en charge des élections, Pison, refusa de proclamer son nom bien qu’il ait reçu les suffrages, le jugeant « indigne » en raison de son passé séditieux. 3. Carrière possible du monétaire Certains historiens et numismates (comme Crawford ou Babelon) suggèrent que ce monétaire pourrait être le même Marcus Lollius qui devint consul en 21 av. J.-C. sous Auguste : Proche d’Auguste : Si cette identification est correcte, il aurait été un fidèle de l’empereur, premier gouverneur de la Galatie et plus tard précepteur de Caius César (le petit-fils d’Auguste). La Clades Lolliana : Ce Marcus Lollius est resté célèbre pour une défaite militaire en Gaule contre les Germains en 16 av. J.-C., où il perdit l’aigle de la Vème Légion. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Les Lollii n ‘apparaissent pas dans l ‘histoire de Rome avant le dernier siècle de la république. On les croit d’origine samnite parce qu ‘un Samnite du nom de Lollius est mentionné dans la guerre contre Pyrrhus, roi d ‘Epire, en 485 (269 av. J.-C.). Le seul cognomen qu’on rencontre chez les Lollii est Palicanus; il fut porté pour la première fois par M. Lollius Palicanus ou Palikanus, tribun du peuple en 683 (71 av. J.-C.). Orateur médiocre, mais ardent défenseur de la classe plébéienne contre Sylla, il parvint à rendre aux tribuns du peuple leur ancienne puissance et fut un des principaux accusateurs de Verrès le souvenir de son dévouement à la cause populaire a été conservé sur les médailles. La famille Lollia n’a fourni qu’un seul monétaire, dont le prénom est inconnu. C’était certainement un descendant du fameux tribun, puisque les monnaies sont frappées en son honneur. Ces monnaies qui datent de 709 (4, av. J.-C.) environ, peuvent être attribuées à M. Lollius M. f., probablement fils de Palicanus. et qui devint consul en 733 (21 av. J.-C.). Cinq ans plus tard, nous trouvons ce personnage comme légat en Gaule; il combattit
1501PA – Quinaire Papia – Lucius Papius Celsus

1501PA – Quinaire Papia – Lucius Papius Celsus Avers : Anépigraphe Buste de Victoria à droite. Revers : L PAPIVS / CELSVS (Lucius Papius Celsus) Femme et serpent se faisant face. British Museum 2.01g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 45 avant J.C. Matière : Argent Gens : Papia Références : RRC 472/3 – B.4 (Papia) – Syd.966 Ce quinaire de Lucius Papius Celsus est une monnaie riche en symbolisme, mêlant les origines familiales du magistrat monétaire à la propagande politique de l’époque de Jules César (45 av. J.-C.). 1. Le Symbolisme de l’Avers : La Victoire L’avers présente le buste de Victoria (la Victoire). Propagande Césarienne : En 45 av. J.-C., Rome est sous la dictature de Jules César. Cette année marque sa victoire définitive à la bataille de Munda en Espagne contre les fils de Pompée. La présence de la Victoire sur cette monnaie célèbre les triomphes de César, stabilisant son pouvoir absolu. Identification possible : Certains numismates, comme Cavedoni, ont suggéré que les traits de la Victoire sur les monnaies de cette période pourraient s’inspirer de Calpurnia, l’épouse de César, renforçant ainsi le lien entre la divinité et la famille du dictateur. 2. Le Symbolisme du Revers : Le Rituel de Lanuvium Le revers montre une jeune fille nourrissant un serpent. Cette scène n’est pas une simple allégorie de la santé (Salus), mais une référence directe aux racines du monétaire, la gens Papia, originaire de Lanuvium. Le Mythe de la Grotte : À Lanuvium se trouvait un sanctuaire célèbre dédié à Junon Sospita (Junon la Protectrice). Chaque année, un rituel crucial avait lieu : une jeune fille vierge devait descendre dans une grotte pour offrir un gâteau d’orge à un serpent sacré. Le Test de Virginité : Si le serpent acceptait la nourriture, la virginité de la jeune fille était prouvée et l’année s’annonçait fertile. Si le serpent refusait, c’était un présage de famine et de malheur pour la cité. Lien avec Junon Sospita : Bien que Junon n’apparaisse pas directement sur ce quinaire (elle figure sur le denier RRC 472/1 du même monétaire), le serpent est son attribut principal à Lanuvium. 3. Contexte Historique : La Gens Papia et Rome Identité Familiale : Les monétaires de la République utilisaient souvent les monnaies pour glorifier l’histoire de leur famille ou de leur ville d’origine. En représentant ce rite local, Lucius Papius Celsus souligne l’importance religieuse et l’ancienneté de sa lignée. Légende de la fondation : Selon Denys d’Halicarnasse, la ville de Lanuvium fut fondée par Énée. D’autres monnaies de Papius Celsus illustrent d’ailleurs la légende de la louve et de l’aigle attisant un feu, un autre épisode lié à la fondation mythique de cette cité. Le monétaire Lucius Papius Celsus est une figure qui, bien que peu documentée par les textes historiques classiques, a laissé une trace indélébile à travers sa production monétaire de l’année 45 av. J.-C. Identité et Origines Gens Papia : Il appartient à la gens Papia, une famille d’origine plébéienne issue de la cité antique de Lanuvium (une ville de la Ligue Latine célèbre pour son temple de Junon Sospita). Filiation probable : Il est très certainement le fils de Lucius Papius, qui fut lui-même monétaire vers 79 av. J.-C. (auteur du denier dentelé RRC 384/1). Cette continuité familiale explique l’utilisation récurrente des symboles de Lanuvium sur leurs monnaies respectives. Le surnom « Celsus » : Son cognomen, Celsus, signifie littéralement « élevé » ou « grand », ce qui, à l’origine, désignait probablement un ancêtre de grande taille. Carrière et Titre III VIR (Triumvir Monétaire) : Comme l’indique la légende de ses pièces (CELSVS III VIR), il occupait la fonction de triumvir monetalis (membre d’un collège de trois magistrats chargés de la frappe des monnaies). C’était souvent une première étape prestigieuse dans le cursus honorum pour les jeunes aristocrates romains. Datation (45 av. J.-C.) : Sa magistrature se déroule durant une période charnière, sous la dictature de Jules César, juste après la bataille de Munda. Pourquoi est-il important ? L. Papius Celsus illustre parfaitement la manière dont les monétaires romains utilisaient leur charge pour promouvoir leur identité régionale (ici Lanuvium) tout en s’adaptant au climat politique de leur temps (le culte de la victoire césarienne). Ses monnaies sont parmi les plus riches en détails mythologiques de la fin de la République. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Papius Celsus. Monétaire vers 709 (45 av. J.-C.) Ce monétaire est aussi inconnu que le précédent dont il était peut-être le fils; mais les types de ses médailles sont très intéressants. La louve et l’aigle occupés à attiser le feu se rapportent à la fondation légendaire de Lanuvium, telle qu’elle est racontée par Denys d’Halicarnasse. Tandis qu’Enée, après sa fuite de Troie et son abordage sur les côtes d’Italie, était occupé à bâtir Lanuvium, on vit tout à coup le feu prendre à la forêt voisine. Une louve apportait dans sa gueule des morceaux de bois sec qu’elle jetait dans le brasier, tandis qu’un aigle agitait ses ailes pour activer la flamme. Mais survint maître renard qui plongeant sa queue dans la rivière voisine, s’approcha du foyer qu’il se mit à arroser de son mieux pour éteindre l’incendie et en arrêter les envahissements. On lutta longtemps et l’on fit de part et d’autre des efforts prodigieux; à la fin, le renard fut obligé de céder et il se retira tout confus de devant l’aigle et le loup, fiers de leur triomphe. Enée réfléchit sur ce prodige, et il prédit à ses compagnons que la nouvelle colonie qu’ils fondaient serait illustre, mais qu’elle aurait fort à lutter contre la jalousie de ses voisins qui s’opposeraient de toutes leurs forces à son développement; pourtant, elle finirait par triompher de toutes les rivalités. En souvenir de ce mémorable événement, les habitants de Lanuvium élevèrent, au forum de leur ville, des statues de bronze au loup et à l’aigle qui avaient ainsi fait présager leur destinée future :Ab agro rava decurrens lupa Lanuviodit Horace. Telle est la légende que rappellent les médailles; c’est aussi à Lanuvium que se rapporte la tête de Junon
1488CO – Quinaire Considia _ Caius Considius Pætus

1488CO – Quinaire Considia _ Caius Considius Pætus Avers : PAETI Tête diadémée de Vénus à droite. Revers : C. CONSIDIVS (Caii Considii) Victoria (la Victoire) marchant à droite et portant un trophée. British Museum 1.82g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Considia Références : RRC 465/7 – B.8 (Considia) – Syd.996a Ce quinaire de Caius Considius Paetus s’inscrit dans un contexte politique et militaire d’une intensité rare. Voici l’analyse de son symbolisme et du cadre historique de sa création : 1. Contexte Historique : L’apogée de César (46 av. J.-C.) L’année 46 av. J.-C. est marquée par le triomphe absolu de Jules César. Après avoir écrasé les partisans de Pompée à la bataille de Thapsus (en Afrique), César revient à Rome. Il n’est plus seulement un général en campagne, mais le maître civil de la République, nommé dictateur pour dix ans. Caius Considius Paetus frappe cette monnaie en tant que monétaire (magistrat responsable de l’atelier de Rome). Bien que sa famille (la gens Considia) ne soit pas de la plus haute noblesse, il utilise cette charge pour affirmer la loyauté de l’administration monétaire envers le nouvel ordre césarien, tout en respectant les formes républicaines. 2. Analyse du Symbolisme Le choix des motifs sur ce quinaire est un message de légitimité et de célébration : L’Avers : La tête de Pallas/Minerve Signification : Minerve est la déesse de la sagesse, mais aussi de la guerre juste et stratégique. Sa présence souligne que la victoire obtenue n’est pas seulement le fruit de la force brute, mais d’une supériorité intellectuelle et d’une protection divine. Lien avec César : César se revendiquait souvent de la protection de divinités guerrières. Pallas symbolise ici la paix retrouvée grâce à une conduite militaire éclairée. Le Revers : La Victoire (Victoria) avec couronne et palme Signification : C’est le symbole par excellence du triomphe militaire romain. La couronne de lauriers est destinée au vainqueur, et la palme représente la gloire durable. Message politique : En 46 av. J.-C., Rome célèbre quatre triomphes consécutifs de César (Gaule, Égypte, Pont, Afrique). Ce quinaire, par sa petite taille et sa circulation rapide, servait de support de propagande « de poche » pour rappeler aux citoyens que la guerre civile touchait à sa fin par la victoire de la faction césarienne. Le monétaire C. Considius Paetus (Caius Considius Paetus) est une figure fascinante de la fin de la République, dont l’histoire personnelle illustre parfaitement la politique de clémence de Jules César. 1. Identité et Origines C. Considius Paetus est identifié par les historiens (notamment Borghesi) comme le fils de Caius Considius Longus. Son père (Considius Longus) : C’était un fervent partisan de Pompée et propréteur en Afrique. Il a farouchement résisté à César, refusant même de lire ses messages de paix. Après la défaite de Thapsus en 46 av. J.-C., Longus a tenté de s’enfuir avec ses trésors mais a été assassiné par ses propres gardes numides. Le pardon de César : Le jeune Paetus se trouvait avec son père en Afrique lors de cette campagne. Contrairement à son père, il a été épargné par César après la victoire de ce dernier. 2. Sa fonction de Monétaire Paetus est nommé Triumvir Monetalis (membre du collège des trois magistrats chargés de la frappe des monnaies) en 46 av. J.-C., l’année même de la mort de son père et de sa soumission à César. Un acte d’allégeance : La frappe du denier RRC 465/1 est souvent perçue comme un geste de réconciliation. En célébrant les nouveaux honneurs de César (la chaise curule), Paetus montre publiquement sa loyauté envers celui qui lui a laissé la vie sauve. Ses collègues : Il a exercé cette fonction aux côtés de Titus Carisius et Manlius Cordius Rufus, qui ont également frappé des monnaies riches en symbolisme césarien cette année-là. 3. Liens avec Apollonie d’Illyrie Une hypothèse intéressante, soutenue par l’analyse des styles monétaires, suggère que Paetus aurait pu commencer à frapper monnaie à Apollonie d’Illyrie avant de le faire à Rome. C’est ce qui expliquerait la présence fréquente de la tête d’Apollon sur ses pièces (Avers du 465/1), Apollon étant la divinité tutélaire de cette ville. Cela placerait Paetus au cœur des zones de conflit de la guerre civile avant qu’il ne rejoigne le camp des vaincus en Afrique, puis celui des ralliés à Rome. Variante : légende PAETI à l’avers et au revers C·CONSIDI Référence : RRC 465/7b British Museum 2.13g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Considius Paetus. Monétaire en 705 (49 av. J.-C.) Borghesi a reconnu dans ce monétaire le personnage désigné ainsi par Hirtius : C. Considius filiusi, qui était le fils de C. Considius Longus, propréteur en Afrique et partisan de Pompée. Le monétaire se déclara aussi, comme son père, l’adversaire de César, mais après la bataille de Thapsus en 707 (47 av. J.-C.), il fit sa soumission et obtint son pardon avec le gouvernement d’Hadrumète. Ses monnaies ont été frappées en 705 (49 av. J.-C.) à Apollonie d’Illyrie. Cicéron nous parle des pièces d’argent qu’on fit frapper dans cette ville à cette époque de détresse; C. Considius fuyait avec les partisans de Pompée. Le buste de Pallas et le quadrige de la Victoire, ainsi que la Victoire portant un trophée, expriment évidemment les voeux et les espérances des Pompéiens; la tête de Vénus Erycine fait allusion aux souvenirs de la famille Considia que nous avons signalés plus haut; la chaise curule nous indique que C. Considius Paetus était probablement édile curule à l’époque où il fit frapper monnaie. Quant à la tête laurée à l’aspect féminin qui figure sur les deniers n° 2, 3 et 4, dans laquelle Eckhel a voulu reconnaître Vénus, et d’autres la Liberté, elle est la même divinité que celle qui est figurée sur les deniers de Q. Pomponius Musa et de P. Clodius Turrinus. Borghesi a prouvé que c’était la tête d’Apollon, telle qu’on la voit plus tard sur des monnaies de l’empereur Domitien frappées à Apollonie, le lieu même où C. Considius Paetus a fabriqué ses médailles, et c’est par Apollo que doit être interprétée la lettre
1487CO – Quinaire Considia – Caius Considius Pætus

1487CO – Quinaire Considia – Caius Considius Pætus Avers : PAETVS Tête diadémée de Vénus à droite. Revers : C. CONSIDIVS (Caii Considii) Victoria (la Victoire) marchant à gauche et portant un trophée. British Museum 1.5g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Considia Références : RRC 465/6 – B.9 (Considia) Ce quinaire de Caius Considius Paetus s’inscrit dans un contexte politique et militaire d’une intensité rare. Voici l’analyse de son symbolisme et du cadre historique de sa création : 1. Contexte Historique : L’apogée de César (46 av. J.-C.) L’année 46 av. J.-C. est marquée par le triomphe absolu de Jules César. Après avoir écrasé les partisans de Pompée à la bataille de Thapsus (en Afrique), César revient à Rome. Il n’est plus seulement un général en campagne, mais le maître civil de la République, nommé dictateur pour dix ans. Caius Considius Paetus frappe cette monnaie en tant que monétaire (magistrat responsable de l’atelier de Rome). Bien que sa famille (la gens Considia) ne soit pas de la plus haute noblesse, il utilise cette charge pour affirmer la loyauté de l’administration monétaire envers le nouvel ordre césarien, tout en respectant les formes républicaines. 2. Analyse du Symbolisme Le choix des motifs sur ce quinaire est un message de légitimité et de célébration : L’Avers : La tête de Pallas/Minerve Signification : Minerve est la déesse de la sagesse, mais aussi de la guerre juste et stratégique. Sa présence souligne que la victoire obtenue n’est pas seulement le fruit de la force brute, mais d’une supériorité intellectuelle et d’une protection divine. Lien avec César : César se revendiquait souvent de la protection de divinités guerrières. Pallas symbolise ici la paix retrouvée grâce à une conduite militaire éclairée. Le Revers : La Victoire (Victoria) avec couronne et palme Signification : C’est le symbole par excellence du triomphe militaire romain. La couronne de lauriers est destinée au vainqueur, et la palme représente la gloire durable. Message politique : En 46 av. J.-C., Rome célèbre quatre triomphes consécutifs de César (Gaule, Égypte, Pont, Afrique). Ce quinaire, par sa petite taille et sa circulation rapide, servait de support de propagande « de poche » pour rappeler aux citoyens que la guerre civile touchait à sa fin par la victoire de la faction césarienne. Le monétaire C. Considius Paetus (Caius Considius Paetus) est une figure fascinante de la fin de la République, dont l’histoire personnelle illustre parfaitement la politique de clémence de Jules César. 1. Identité et Origines C. Considius Paetus est identifié par les historiens (notamment Borghesi) comme le fils de Caius Considius Longus. Son père (Considius Longus) : C’était un fervent partisan de Pompée et propréteur en Afrique. Il a farouchement résisté à César, refusant même de lire ses messages de paix. Après la défaite de Thapsus en 46 av. J.-C., Longus a tenté de s’enfuir avec ses trésors mais a été assassiné par ses propres gardes numides. Le pardon de César : Le jeune Paetus se trouvait avec son père en Afrique lors de cette campagne. Contrairement à son père, il a été épargné par César après la victoire de ce dernier. 2. Sa fonction de Monétaire Paetus est nommé Triumvir Monetalis (membre du collège des trois magistrats chargés de la frappe des monnaies) en 46 av. J.-C., l’année même de la mort de son père et de sa soumission à César. Un acte d’allégeance : La frappe du denier RRC 465/1 est souvent perçue comme un geste de réconciliation. En célébrant les nouveaux honneurs de César (la chaise curule), Paetus montre publiquement sa loyauté envers celui qui lui a laissé la vie sauve. Ses collègues : Il a exercé cette fonction aux côtés de Titus Carisius et Manlius Cordius Rufus, qui ont également frappé des monnaies riches en symbolisme césarien cette année-là. 3. Liens avec Apollonie d’Illyrie Une hypothèse intéressante, soutenue par l’analyse des styles monétaires, suggère que Paetus aurait pu commencer à frapper monnaie à Apollonie d’Illyrie avant de le faire à Rome. C’est ce qui expliquerait la présence fréquente de la tête d’Apollon sur ses pièces (Avers du 465/1), Apollon étant la divinité tutélaire de cette ville. Cela placerait Paetus au cœur des zones de conflit de la guerre civile avant qu’il ne rejoigne le camp des vaincus en Afrique, puis celui des ralliés à Rome. Variante 1 : légende PAETI à l’avers et C·CONSIDIVS au revers. Référence : RRC 465/6b Numismatica Ars Classica 2.15g Variante 2 : Légende PAETI à l’avers et C·CONSIDI au revers. Référence : RRC 465/6d British Museum 2.1g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Considius Paetus. Monétaire en 705 (49 av. J.-C.) Borghesi a reconnu dans ce monétaire le personnage désigné ainsi par Hirtius : C. Considius filiusi, qui était le fils de C. Considius Longus, propréteur en Afrique et partisan de Pompée. Le monétaire se déclara aussi, comme son père, l’adversaire de César, mais après la bataille de Thapsus en 707 (47 av. J.-C.), il fit sa soumission et obtint son pardon avec le gouvernement d’Hadrumète. Ses monnaies ont été frappées en 705 (49 av. J.-C.) à Apollonie d’Illyrie. Cicéron nous parle des pièces d’argent qu’on fit frapper dans cette ville à cette époque de détresse; C. Considius fuyait avec les partisans de Pompée. Le buste de Pallas et le quadrige de la Victoire, ainsi que la Victoire portant un trophée, expriment évidemment les voeux et les espérances des Pompéiens; la tête de Vénus Erycine fait allusion aux souvenirs de la famille Considia que nous avons signalés plus haut; la chaise curule nous indique que C. Considius Paetus était probablement édile curule à l’époque où il fit frapper monnaie. Quant à la tête laurée à l’aspect féminin qui figure sur les deniers n° 2, 3 et 4, dans laquelle Eckhel a voulu reconnaître Vénus, et d’autres la Liberté, elle est la même divinité que celle qui est figurée sur les deniers de Q. Pomponius Musa et de P. Clodius Turrinus. Borghesi a prouvé que c’était la tête d’Apollon, telle qu’on la voit plus tard
1486CO – Denier Considia – Caius Considius Pætus

1486CO – Denier Considia – Caius Considius Pætus Avers : Anépigraphe Buste de Minerve à droite, coiffée du casque corinthien à cimier et à aigrette, avec l’égide sur la poitrine. Revers : C. CONSIDI (Caii Considii) Victoria (la Victoire) dans un quadrige galopant à droite, tenant une couronne de la main droite, une palme et les rênes de la main gauche. British Museum 3.94g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Considia Références : RRC 465/5 – B.5 (Considia) – Syd.994 Ce denier de C. Considius Paetus est une pièce fascinante qui s’inscrit dans une période charnière de l’histoire romaine. En 46 av. J.-C., Rome n’est plus la République équilibrée d’autrefois ; elle est sous le contrôle de Jules César, qui vient de remporter la bataille de Thapsus contre les partisans de Pompée. Voici l’analyse du symbolisme et du contexte historique de cette monnaie. Symbolisme Iconographique Le choix des images sur ce denier n’est pas anodin. Il combine la protection divine de l’État et la célébration du triomphe militaire. L’Avers : Minerve et l’Égide Minerve : Déesse de la sagesse, mais aussi de la guerre stratégique. Contrairement à Mars (la fureur guerrière), Minerve représente la victoire obtenue par l’intelligence et la protection de la cité. L’Égide : Elle porte l’égide, un attribut de protection suprême (souvent partagé avec Jupiter). Cela souligne que la légitimité et la sécurité de Rome sont sous garde divine. Le Revers : La Victoire en Quadrige Le Quadrige : Ce char à quatre chevaux est le symbole par excellence du Triomphe. À cette époque, César célèbre son quadruple triomphe (Gaule, Égypte, Pont et Afrique). La Couronne et la Palme : La Victoire tient ces deux attributs. La couronne de laurier symbolise la gloire et l’honneur, tandis que la palme est le signe de la paix revenue après la victoire. Contexte Historique (46 av. J.-C.) L’année 46 av. J.-C. est une année de consolidation pour Jules César. C’est le moment où il réorganise l’État romain (réforme du calendrier julien, lois somptuaires) tout en récompensant ses vétérans. Le rôle du monétaire (C. Considius Paetus) : Les « monétaires » étaient de jeunes magistrats chargés de la frappe des monnaies. Bien qu’ils aient une certaine liberté dans le choix des motifs, ils devaient s’aligner sur le climat politique. En choisissant la Victoire, Paetus rend hommage aux succès de César sans toutefois tomber dans l’iconographie purement personnelle (comme les pièces montrant les trophées de César lui-même). Une transition politique : Ce denier appartient à la série « impériale-républicaine ». On y trouve encore les codes de la République (divinités traditionnelles, absence du portrait d’un homme vivant), mais le message est clair : la Victoire est désormais le socle du nouveau régime césarien. Lien avec la famille Considia : Les monétaires utilisaient souvent leurs ancêtres pour illustrer les pièces. Ici, le lien est plus subtil. La famille Considia cherchait probablement à affirmer sa loyauté envers le nouveau maître de Rome tout en rappelant ses racines républicaines. Le monétaire C. Considius Paetus (Caius Considius Paetus) est une figure fascinante de la fin de la République, dont l’histoire personnelle illustre parfaitement la politique de clémence de Jules César. 1. Identité et Origines C. Considius Paetus est identifié par les historiens (notamment Borghesi) comme le fils de Caius Considius Longus. Son père (Considius Longus) : C’était un fervent partisan de Pompée et propréteur en Afrique. Il a farouchement résisté à César, refusant même de lire ses messages de paix. Après la défaite de Thapsus en 46 av. J.-C., Longus a tenté de s’enfuir avec ses trésors mais a été assassiné par ses propres gardes numides. Le pardon de César : Le jeune Paetus se trouvait avec son père en Afrique lors de cette campagne. Contrairement à son père, il a été épargné par César après la victoire de ce dernier. 2. Sa fonction de Monétaire Paetus est nommé Triumvir Monetalis (membre du collège des trois magistrats chargés de la frappe des monnaies) en 46 av. J.-C., l’année même de la mort de son père et de sa soumission à César. Un acte d’allégeance : La frappe du denier RRC 465/1 est souvent perçue comme un geste de réconciliation. En célébrant les nouveaux honneurs de César (la chaise curule), Paetus montre publiquement sa loyauté envers celui qui lui a laissé la vie sauve. Ses collègues : Il a exercé cette fonction aux côtés de Titus Carisius et Manlius Cordius Rufus, qui ont également frappé des monnaies riches en symbolisme césarien cette année-là. 3. Liens avec Apollonie d’Illyrie Une hypothèse intéressante, soutenue par l’analyse des styles monétaires, suggère que Paetus aurait pu commencer à frapper monnaie à Apollonie d’Illyrie avant de le faire à Rome. C’est ce qui expliquerait la présence fréquente de la tête d’Apollon sur ses pièces (Avers du 465/1), Apollon étant la divinité tutélaire de cette ville. Cela placerait Paetus au cœur des zones de conflit de la guerre civile avant qu’il ne rejoigne le camp des vaincus en Afrique, puis celui des ralliés à Rome. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Considius Paetus. Monétaire en 705 (49 av. J.-C.) Borghesi a reconnu dans ce monétaire le personnage désigné ainsi par Hirtius : C. Considius filiusi, qui était le fils de C. Considius Longus, propréteur en Afrique et partisan de Pompée. Le monétaire se déclara aussi, comme son père, l’adversaire de César, mais après la bataille de Thapsus en 707 (47 av. J.-C.), il fit sa soumission et obtint son pardon avec le gouvernement d’Hadrumète. Ses monnaies ont été frappées en 705 (49 av. J.-C.) à Apollonie d’Illyrie. Cicéron nous parle des pièces d’argent qu’on fit frapper dans cette ville à cette époque de détresse; C. Considius fuyait avec les partisans de Pompée. Le buste de Pallas et le quadrige de la Victoire, ainsi que la Victoire portant un trophée, expriment évidemment les voeux et les espérances des Pompéiens; la tête de Vénus Erycine fait allusion aux souvenirs de la famille Considia que nous avons signalés plus haut; la chaise curule nous indique que
1485CO – Denier Considia – Caius Considius Pætus

1485CO – Denier Considia – Caius Considius Pætus Avers : PAETI (Paetus) Tête diadémée et laurée de Vénus à droite. Revers : C. CONSIDI (Caii Considii) Victoria (la Victoire) dans un quadrige galopant à droite, tenant une couronne de la main droite, une palme et les rênes de la main gauche. British Museum 3.75g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Considia Références : RRC 465/3 – B.6 (Considia) – Syd.992 L’étude de ce denier révèle un moment charnière où la communication monétaire passe d’une tradition familiale à une allégeance politique quasi-absolue envers Jules César. Ce denier fait partie d’une émission majeure liée au quadruple triomphe de César à Rome en 46 av. J.-C., après sa victoire décisive à Thapsus. 1. Le Symbolisme des Types Le choix iconographique de C. Considius Paetus ne doit rien au hasard. Bien que monétaire, il utilise des symboles qui fusionnent la gloire de l’État avec celle du dictateur : L’Avers : Vénus (Venus Genetrix) Signification : Vénus est la déesse tutélaire de la Gens Julia. En la plaçant à l’avers, Paetus rappelle l’ascendance divine revendiquée par César (descendant d’Énée, fils de Vénus). Attributs : Elle porte ici un diadème et une couronne de laurier, soulignant son rôle de Venus Victrix (Vénus Victorieuse), celle qui a guidé César vers la victoire lors de la guerre civile. Le Revers : La Victoire en quadrige Signification : Le quadrige est le symbole ultime du triomphe romain. La Victoire (Victoria) tenant une couronne et une palme célèbre non seulement une bataille précise, mais le rétablissement de la Pax Romana sous l’égide de César. Mouvement : Le galop des chevaux vers la gauche (ou la droite selon les variantes de la série 465) exprime le dynamisme et l’irréversibilité des succès césariens. 2. Le Contexte Historique : 46 av. J.-C. Cette année est l’une des plus denses de l’histoire romaine : La Fin de l’Opposition Africaine : Après la bataille de Thapsus, les derniers chefs pompéiens (comme Caton d’Utique) sont vaincus. Le Quadruple Triomphe : César célèbre ses victoires sur la Gaule, l’Égypte, le Pont et l’Afrique. Ce denier servait probablement à financer les largesses distribuées au peuple et à l’armée lors de ces festivités grandioses. Le Ralliement de Paetus : Le monétaire lui-même est un personnage intéressant. Fils de C. Considius Longus (un partisan de Pompée), Paetus a fait sa soumission à César après Thapsus. Frapper ces monnaies à l’effigie de Vénus était pour lui un acte de loyauté manifeste envers son nouveau maître. Le monétaire C. Considius Paetus (Caius Considius Paetus) est une figure fascinante de la fin de la République, dont l’histoire personnelle illustre parfaitement la politique de clémence de Jules César. 1. Identité et Origines C. Considius Paetus est identifié par les historiens (notamment Borghesi) comme le fils de Caius Considius Longus. Son père (Considius Longus) : C’était un fervent partisan de Pompée et propréteur en Afrique. Il a farouchement résisté à César, refusant même de lire ses messages de paix. Après la défaite de Thapsus en 46 av. J.-C., Longus a tenté de s’enfuir avec ses trésors mais a été assassiné par ses propres gardes numides. Le pardon de César : Le jeune Paetus se trouvait avec son père en Afrique lors de cette campagne. Contrairement à son père, il a été épargné par César après la victoire de ce dernier. 2. Sa fonction de Monétaire Paetus est nommé Triumvir Monetalis (membre du collège des trois magistrats chargés de la frappe des monnaies) en 46 av. J.-C., l’année même de la mort de son père et de sa soumission à César. Un acte d’allégeance : La frappe du denier RRC 465/1 est souvent perçue comme un geste de réconciliation. En célébrant les nouveaux honneurs de César (la chaise curule), Paetus montre publiquement sa loyauté envers celui qui lui a laissé la vie sauve. Ses collègues : Il a exercé cette fonction aux côtés de Titus Carisius et Manlius Cordius Rufus, qui ont également frappé des monnaies riches en symbolisme césarien cette année-là. 3. Liens avec Apollonie d’Illyrie Une hypothèse intéressante, soutenue par l’analyse des styles monétaires, suggère que Paetus aurait pu commencer à frapper monnaie à Apollonie d’Illyrie avant de le faire à Rome. C’est ce qui expliquerait la présence fréquente de la tête d’Apollon sur ses pièces (Avers du 465/1), Apollon étant la divinité tutélaire de cette ville. Cela placerait Paetus au cœur des zones de conflit de la guerre civile avant qu’il ne rejoigne le camp des vaincus en Afrique, puis celui des ralliés à Rome. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Considius Paetus. Monétaire en 705 (49 av. J.-C.) Borghesi a reconnu dans ce monétaire le personnage désigné ainsi par Hirtius : C. Considius filiusi, qui était le fils de C. Considius Longus, propréteur en Afrique et partisan de Pompée. Le monétaire se déclara aussi, comme son père, l’adversaire de César, mais après la bataille de Thapsus en 707 (47 av. J.-C.), il fit sa soumission et obtint son pardon avec le gouvernement d’Hadrumète. Ses monnaies ont été frappées en 705 (49 av. J.-C.) à Apollonie d’Illyrie. Cicéron nous parle des pièces d’argent qu’on fit frapper dans cette ville à cette époque de détresse; C. Considius fuyait avec les partisans de Pompée. Le buste de Pallas et le quadrige de la Victoire, ainsi que la Victoire portant un trophée, expriment évidemment les voeux et les espérances des Pompéiens; la tête de Vénus Erycine fait allusion aux souvenirs de la famille Considia que nous avons signalés plus haut; la chaise curule nous indique que C. Considius Paetus était probablement édile curule à l’époque où il fit frapper monnaie. Quant à la tête laurée à l’aspect féminin qui figure sur les deniers n° 2, 3 et 4, dans laquelle Eckhel a voulu reconnaître Vénus, et d’autres la Liberté, elle est la même divinité que celle qui est figurée sur les deniers de Q. Pomponius Musa et de P. Clodius Turrinus. Borghesi a prouvé que c’était la tête d’Apollon, telle qu’on la voit plus
1480CA – Quinaire Carisia – Titus Carisius

1480CA – Quinaire Carisia – Titus Carisius Avers : Anépigraphe Buste de Victoria (la Victoire) à droite, branche de palmier sur l’épaule. Revers : T. CARISI (Titus Carisius) Roma assise à gauche sur un tas de boucliers, le pied sur le casque, tenant un sceptre et une épée. British Museum 1.86g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Carisia Références : RRC 464/6 – B.6 (Carisia) – Syd.987 Ce Quinaire de Titus Carisius n’est pas seulement une pièce de monnaie ; c’est un manifeste politique et militaire frappé au cœur d’une année charnière de l’histoire romaine : 46 av. J.-C. 1. Contexte Historique : L’Année des Quatre Triomphes L’année 46 av. J.-C. marque le retour de Jules César à Rome après sa victoire décisive contre les partisans de Pompée à la bataille de Thapsus (en Afrique). Le Triomphe de César : Rome célèbre cette année-là un quadruple triomphe sans précédent (Gaule, Égypte, Pont et Afrique). Le Rôle du Monétaire : Titus Carisius, en tant que triumvir monetalis, est chargé de frapper la monnaie nécessaire pour payer les troupes et financer les festivités. Ses émissions, dont ce quinaire, servent d’outil de propagande pour légitimer le pouvoir du dictateur. Les Dioscures et la Tradition : Comme le rappelle souvent LesDioscures.com, le nom même de cette période évoque la protection divine de Rome, et le choix des motifs iconographiques sur les petites dénominations comme le quinaire visait à rappeler aux citoyens que la paix retrouvée était le fruit de la victoire militaire. 2. Symbolisme de l’Avers : La Victoire (Victoria) Le buste de la Victoire est le symbole central de cette émission. La Légitimité du Vainqueur : À cette époque, la Victoire n’est pas seulement une allégorie abstraite, mais une divinité qui a choisi son camp. En plaçant la Victoire à l’avers, Carisius affirme que les succès de César sont sanctionnés par les dieux. Le Rameau de Palmier : Souvent présent sur l’épaule de la déesse, il symbolise le triomphe définitif et la fin des hostilités. 3. Symbolisme du Revers : Roma sur les Armes Le revers montre la déesse Roma assise sur un amas d’armes (boucliers, cuirasses). La Paix par la Force : Roma assise sur les dépouilles de l’ennemi signifie que la guerre est terminée parce que les ennemis ont été totalement désarmés. C’est l’image de la Pax Romana naissante. La Domination du Monde : Le sceptre qu’elle tient dans sa main gauche souligne sa souveraineté universelle. Le fait qu’elle repose son pied sur un casque ennemi renforce l’idée de soumission totale des peuples vaincus. Un Message de Stabilité : Après des années de guerres civiles sanglantes, ce type iconographique rassure la population : Rome est de nouveau maîtresse de son destin, et sa puissance est rétablie sur les ruines de ses adversaires. L’identité exacte de Titus Carisius reste en partie mystérieuse, car il appartient à une famille (gens Carisia) qui n’apparaît dans l’histoire de Rome qu’à la toute fin de la République. Voici ce que l’on sait sur ce magistrat influent : 1. Son rôle de Triumvir Monétaire En 46 av. J.-C., Titus Carisius occupe la fonction de III VIR AAAFF (Triumvir Auro Argento Aere Flando Feriundo), c’est-à-dire l’un des trois magistrats chargés de la fonte et de la frappe des monnaies d’or, d’argent et de bronze. Il partage ce collège monétaire avec Manius Cordus Rufus et Caius Considius Paetus. Son mandat coïncide avec le retour triomphal de Jules César à Rome après ses victoires en Afrique (bataille de Thapsus). 2. Un fervent partisan de Jules César Titus Carisius n’est pas un simple fonctionnaire ; son monnayage montre qu’il est un allié politique dévoué à César. À travers ses émissions (comme le denier à la Sibylle ou celui à la Victoire), il participe activement à la construction du culte de la personnalité de César. Il utilise la monnaie comme un outil de propagande pour célébrer le quadruple triomphe de César (Gaule, Égypte, Pont et Afrique). 3. Hypothèses biographiques Le peu d’informations biographiques à son sujet provient de croisements épigraphiques et historiques : Origines possibles : Une inscription trouvée à Avignon suggère qu’un certain T. Carisius aurait été préteur des Volques (un peuple gaulois). Cela pourrait indiquer que sa famille avait des liens avec la Gaule transalpine, peut-être grâce à la clientèle de César. Confusion historique : Les auteurs anciens (et certains historiens modernes) le confondent souvent avec son fils (ou parent proche), Publius Carisius. Ce dernier fut légat d’Auguste en Espagne et fonda la ville d’Emerita Augusta (Mérida) après avoir vaincu les Astures en 25 av. J.-C. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Les Carisii n’avaient pas de cognomen, et leur famille n’apparaît dans l’histoire que vers la fin de la République. Les deux seuls membres connus ont frappé monnaie : c’est T. Carisius et P. Carisius, personnages qui ont souvent été confondus par les historiens. T. Carisius. Monétaire vers l’an 706 (48 av. J.-C.) Ce personnage fut monétaire sous Jules César; on ne sait à peu près rien de son histoire, et les auteurs anciens l’ont souvent confondu avec son fils P. Carisius, chargé plus tard de faire la guerre en Espagne. Toutefois, une inscription de l’époque de la République, trouvée à Avignon et conservée au musée de cette ville porte : T. CARISIVS. T. F, PR. VOLCAR. DAT. Ce T. Carisius, préteur des Volkes, est probablement notre monétaire.Sur ses médailles, nombreuses et intéressantes, il prend quelquefois le titre de triumvir monetalis, avec la mention senatus consulto. Sur le n. 1, on voit la tête de Junon Moneta, déesse dans le temple de laquelle était établi l’atelier monétaire de Rome; au revers, sont gravés les emblèmes de la charge de monétaire : le coin, les tenailles, l’enclume et le marteau. Le coin monétaire, de forme conique, est entouré d’une couronne de laurier, comme le bonnet de Vulcain qu’on voit sur des monnaies italiotes ou étrusques d’Æsernia, d’Ariminum, de Populonia. Des coins monétaires de l’époque impériale, conservés au Cabinet de France, ont une forme à peu