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1479CA – Denier Carisia – Titus Carisius

1479CA – Denier Carisia – Titus Carisius Avers : S.C (Senatus Consulto, avec l’accord du Sénat) Buste de Victoria (la Victoire) à droite. Revers : T. CARISI (Titus Carisius) Victoria (la Victoire) dans un quadrige galopant à droite, tenant une couronne de la main droite et les rênes de la main gauche. Bibliothèque nationale de France 3.71g INDICE DE RARETE : 4 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Carisia Références : RRC 464/5 – B.3 (Carisia) – Syd.985 Ce denier, frappé sous l’autorité du monétaire Titus Carisius en 46 av. J.-C., est une pièce maîtresse pour comprendre la transition de la République romaine vers le pouvoir personnel de Jules César. Voici une analyse approfondie de sa symbolique et du climat historique de sa création. 1. Un contexte de triomphe et de transition L’année 46 av. J.-C. est une année charnière. Jules César vient de remporter la bataille de Thapsus contre les partisans de Pompée en Afrique. À son retour à Rome, il célèbre un quadruple triomphe (Gaule, Égypte, Pont et Afrique). Le financement de la paix : Cette émission massive était destinée à financer les dépenses colossales liées aux jeux, aux distributions de blé et surtout aux primes de démobilisation des vétérans des légions césariennes. Le rôle du monétaire : Titus Carisius était un proche de César. En utilisant son droit de frappe, il ne cherche pas à glorifier sa propre lignée (comme c’était la coutume républicaine), mais à servir l’image du Dictateur. 2. Une symbolique dédiée à la Victoire Contrairement à d’autres types de la même série montrant les outils de frappe ou la déesse Moneta, ce type est entièrement saturé par la figure de Victoria. Le buste de la Victoire (Avers) : Son apparition au droit de la pièce remplace les divinités traditionnelles (comme Rome ou Apollon). C’est un message direct : la légitimité du pouvoir en place ne repose plus sur la tradition ancestrale, mais sur le succès militaire constant. Le Quadrige au galop (Revers) : Le char à quatre chevaux est l’emblème même de la cérémonie du triomphe. En montrant la Victoire tenant une couronne de lauriers dans son char, Carisius souligne que la victoire n’est pas seulement un événement passé, mais un état permanent associé au camp césarien. La mention S·C (Senatus Consulto) : Bien que César contrôle Rome, la mention « par décret du Sénat » est maintenue. C’est une subtilité politique : elle donne une apparence de légalité républicaine à une monnaie qui sert pourtant les intérêts d’un seul homme. 3. Synthèse de la propagande monétaire Ce denier fonctionne comme un tract politique circulant de main en main : Symbole Signification Politique Double Victoire Omniprésence et invincibilité de la cause césarienne. Vitesse du Quadrige Dynamisme et rapidité d’exécution du pouvoir. Richesse du métal Garantie de la solvabilité de l’État après les guerres civiles. Note numismatique : Ce type est souvent trouvé avec des marques de banquiers, prouvant sa large circulation et son acceptation dans les échanges commerciaux de la fin de la République. L’identité exacte de Titus Carisius reste en partie mystérieuse, car il appartient à une famille (gens Carisia) qui n’apparaît dans l’histoire de Rome qu’à la toute fin de la République. Voici ce que l’on sait sur ce magistrat influent : 1. Son rôle de Triumvir Monétaire En 46 av. J.-C., Titus Carisius occupe la fonction de III VIR AAAFF (Triumvir Auro Argento Aere Flando Feriundo), c’est-à-dire l’un des trois magistrats chargés de la fonte et de la frappe des monnaies d’or, d’argent et de bronze. Il partage ce collège monétaire avec Manius Cordus Rufus et Caius Considius Paetus. Son mandat coïncide avec le retour triomphal de Jules César à Rome après ses victoires en Afrique (bataille de Thapsus). 2. Un fervent partisan de Jules César Titus Carisius n’est pas un simple fonctionnaire ; son monnayage montre qu’il est un allié politique dévoué à César. À travers ses émissions (comme le denier à la Sibylle ou celui à la Victoire), il participe activement à la construction du culte de la personnalité de César. Il utilise la monnaie comme un outil de propagande pour célébrer le quadruple triomphe de César (Gaule, Égypte, Pont et Afrique). 3. Hypothèses biographiques Le peu d’informations biographiques à son sujet provient de croisements épigraphiques et historiques : Origines possibles : Une inscription trouvée à Avignon suggère qu’un certain T. Carisius aurait été préteur des Volques (un peuple gaulois). Cela pourrait indiquer que sa famille avait des liens avec la Gaule transalpine, peut-être grâce à la clientèle de César. Confusion historique : Les auteurs anciens (et certains historiens modernes) le confondent souvent avec son fils (ou parent proche), Publius Carisius. Ce dernier fut légat d’Auguste en Espagne et fonda la ville d’Emerita Augusta (Mérida) après avoir vaincu les Astures en 25 av. J.-C. Curiosité : Exemplaire avec T.CARSI. comme légende au revers Bibliothèque nationale de France 3.78g Bibliothèque nationale de France 3.78g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Les Carisii n’avaient pas de cognomen, et leur famille n’apparaît dans l’histoire que vers la fin de la République. Les deux seuls membres connus ont frappé monnaie : c’est T. Carisius et P. Carisius, personnages qui ont souvent été confondus par les historiens. T. Carisius. Monétaire vers l’an 706 (48 av. J.-C.) Ce personnage fut monétaire sous Jules César; on ne sait à peu près rien de son histoire, et les auteurs anciens l’ont souvent confondu avec son fils P. Carisius, chargé plus tard de faire la guerre en Espagne. Toutefois, une inscription de l’époque de la République, trouvée à Avignon et conservée au musée de cette ville porte : T. CARISIVS. T. F, PR. VOLCAR. DAT. Ce T. Carisius, préteur des Volkes, est probablement notre monétaire.Sur ses médailles, nombreuses et intéressantes, il prend quelquefois le titre de triumvir monetalis, avec la mention senatus consulto. Sur le n. 1, on voit la tête de Junon Moneta, déesse dans le temple de laquelle était établi l’atelier monétaire de Rome; au revers, sont gravés les emblèmes de la charge de monétaire : le coin, les tenailles, l’enclume

1478CA – Denier Carisia – Titus Carisius

1478CA – Denier Carisia – Titus Carisius Avers : Anépigraphe Buste de Victoria (la Victoire) à droite. Revers : T. CARISI (Titus Carisius) Victoria (la Victoire) dans un quadrige galopant à droite, tenant une couronne de la main droite et les rênes de la main gauche. British Museum 4.12g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Carisia Références : RRC 464/4 – B.2 (Carisia) – Syd.986 Ce denier, frappé par Titus Carisius en 46 av. J.-C., est une pièce maîtresse pour comprendre la transition de la République romaine vers le pouvoir personnel de Jules César. Son symbolisme est entièrement tourné vers la célébration de la victoire et la légitimation du nouveau régime. 1. Contexte Historique : L’Année des Triomphes L’année 46 av. J.-C. est une date charnière. Jules César vient de remporter la bataille de Thapsus en Afrique contre les partisans de Pompée et le roi Juba $I^{er}$ de Numidie. À son retour à Rome, il célèbre un quadruple triomphe (Gaule, Égypte, Pont et Afrique). Titus Carisius, en tant que triumvir monetalis (magistrat monétaire), utilise ce denier pour faire écho à ces célébrations. La monnaie n’est plus seulement un outil économique, mais un puissant vecteur de propagande césarienne. 2. Symbolisme de l’Avers : Le buste de la Victoire L’avers présente le buste de la Victoire drapée et ailée. Signification : Elle personnifie le succès militaire de Rome, mais plus spécifiquement celui de César. Lien avec le pouvoir : Contrairement aux anciennes monnaies républicaines qui privilégiaient souvent la déesse Rome casquée, l’omniprésence de la Victoire sur les émissions de 46 av. J.-C. souligne que le destin de l’État est désormais lié à l’invincibilité d’un seul homme. 3. Symbolisme du Revers : La Victoire en Bige Le revers montre la Victoire conduisant un bige (char à deux chevaux), tenant une couronne et les rênes. Le Bige : Le char de course ou de triomphe évoque la rapidité et la faveur divine. La Couronne de Laurier : Symbole ultime du triomphateur. En la tenant à la main, la Victoire semble prête à la déposer sur la tête de celui qui a sauvé la République. L’Exergue (T. CARISI) : Le nom du magistrat garantit la valeur de la pièce, mais sa présence aux côtés de tels symboles associe sa famille (la Gens Carisia) au prestige de César. L’identité exacte de Titus Carisius reste en partie mystérieuse, car il appartient à une famille (gens Carisia) qui n’apparaît dans l’histoire de Rome qu’à la toute fin de la République. Voici ce que l’on sait sur ce magistrat influent : 1. Son rôle de Triumvir Monétaire En 46 av. J.-C., Titus Carisius occupe la fonction de III VIR AAAFF (Triumvir Auro Argento Aere Flando Feriundo), c’est-à-dire l’un des trois magistrats chargés de la fonte et de la frappe des monnaies d’or, d’argent et de bronze. Il partage ce collège monétaire avec Manius Cordus Rufus et Caius Considius Paetus. Son mandat coïncide avec le retour triomphal de Jules César à Rome après ses victoires en Afrique (bataille de Thapsus). 2. Un fervent partisan de Jules César Titus Carisius n’est pas un simple fonctionnaire ; son monnayage montre qu’il est un allié politique dévoué à César. À travers ses émissions (comme le denier à la Sibylle ou celui à la Victoire), il participe activement à la construction du culte de la personnalité de César. Il utilise la monnaie comme un outil de propagande pour célébrer le quadruple triomphe de César (Gaule, Égypte, Pont et Afrique). 3. Hypothèses biographiques Le peu d’informations biographiques à son sujet provient de croisements épigraphiques et historiques : Origines possibles : Une inscription trouvée à Avignon suggère qu’un certain T. Carisius aurait été préteur des Volques (un peuple gaulois). Cela pourrait indiquer que sa famille avait des liens avec la Gaule transalpine, peut-être grâce à la clientèle de César. Confusion historique : Les auteurs anciens (et certains historiens modernes) le confondent souvent avec son fils (ou parent proche), Publius Carisius. Ce dernier fut légat d’Auguste en Espagne et fonda la ville d’Emerita Augusta (Mérida) après avoir vaincu les Astures en 25 av. J.-C. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Les Carisii n’avaient pas de cognomen, et leur famille n’apparaît dans l’histoire que vers la fin de la République. Les deux seuls membres connus ont frappé monnaie : c’est T. Carisius et P. Carisius, personnages qui ont souvent été confondus par les historiens. T. Carisius. Monétaire vers l’an 706 (48 av. J.-C.) Ce personnage fut monétaire sous Jules César; on ne sait à peu près rien de son histoire, et les auteurs anciens l’ont souvent confondu avec son fils P. Carisius, chargé plus tard de faire la guerre en Espagne. Toutefois, une inscription de l’époque de la République, trouvée à Avignon et conservée au musée de cette ville porte : T. CARISIVS. T. F, PR. VOLCAR. DAT. Ce T. Carisius, préteur des Volkes, est probablement notre monétaire.Sur ses médailles, nombreuses et intéressantes, il prend quelquefois le titre de triumvir monetalis, avec la mention senatus consulto. Sur le n. 1, on voit la tête de Junon Moneta, déesse dans le temple de laquelle était établi l’atelier monétaire de Rome; au revers, sont gravés les emblèmes de la charge de monétaire : le coin, les tenailles, l’enclume et le marteau. Le coin monétaire, de forme conique, est entouré d’une couronne de laurier, comme le bonnet de Vulcain qu’on voit sur des monnaies italiotes ou étrusques d’Æsernia, d’Ariminum, de Populonia. Des coins monétaires de l’époque impériale, conservés au Cabinet de France, ont une forme à peu près identique.Le buste de la Victoire, ainsi que son char trainé par deux ou quatre coursiers, font allusion aux triomphes de Jules-César, comme le sceptre, le globe, le sphinx, la corne d’abondance et le gouvernail rappellent sa puissance (V. Julia). Le quinaire n. 6 nous représente la dea Roma assise sur des boucliers, dans une position à peu près analogue à celle qu’elle a au revers du dernier anonyme décrit p. 72, du denier qui porte les trois noms de C.

1469PO – Quinaire Porcia – Marcus Porcius Cato Uticensis

1469PO – Quinaire Porcia – Marcus Porcius Cato Uticensis Avers : M. C(AT)O PRO. PR (Marcus Cato Proprætor, Marcus Caton propréteur) Tête de Bacchus (Liber) à droite avec une couronne de vigne, les cheveux longs tombant sur la nuque. Revers : VICTRIX Victoria (la Victoire) assise à droite, les ailes déployées, tenant une patère de la main droite. British Museum 1.81g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Afrique Datation : 47-46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Porcia Références : RRC 462/2 – B.11 (Porcia)– Syd.1054a Ce quinaire n’est pas une simple pièce de monnaie ; c’est un outil de propagande politique frappé dans l’urgence des derniers instants de la République romaine. Voici une analyse approfondie de son symbolisme et du contexte dramatique de sa création. 1. Le Symbolisme iconographique Caton le Jeune utilise l’imagerie pour réaffirmer les valeurs de la faction des Optimates (les conservateurs) face à la montée du pouvoir personnel de Jules César. L’Avers : Liber (Bacchus) et la Liberté Le choix de Liber, dieu de la croissance et de la liberté, est un jeu de mots visuel. À cette époque, Liber est souvent assimilé à Libertas. En plaçant Liber sur sa monnaie, Caton se positionne comme le gardien de la Libertas républicaine contre la Dominatio (la tyrannie) de César. Le Revers : Victoire Victrix (La Victoire victorieuse) La représentation de la Victoire assise tenant une patera (vase sacrificiel) est un rappel direct d’une monnaie frappée par son ancêtre en 89 av. J.-C. Le message : Caton invoque la légitimité de sa lignée et l’espoir d’une victoire finale sanctionnée par les dieux, malgré une situation militaire désespérée. 2. Contexte Historique : L’ultime résistance (47-46 av. J.-C.) Ce quinaire est frappé en Afrique du Nord (Utique), après la défaite de Pompée à Pharsale. L’exil africain : Caton, ayant refusé de se soumettre, rejoint les forces républicaines en Afrique pour organiser une armée avec Metellus Scipion et le roi numide Juba Ier. La mention PRO PR : La légende M·CATO·PRO·PR indique son titre de Pro Praetore. Cela souligne qu’il agit au nom de la loi et du Sénat légitime, par opposition à César qu’il considère comme un usurpateur. La tragédie d’Utique : La production de cette monnaie cesse brutalement après la bataille de Thapsus (février 46 av. J.-C.). Voyant la cause perdue, Caton choisit de se donner la mort à Utique plutôt que d’accepter la clémence de César. Ce geste fera de lui le « martyr de la République ». 3. Importance Numismatique Cette monnaie est essentielle pour les historiens car elle témoigne de la continuité républicaine. En utilisant un type monétaire « familial » (celui de son ancêtre), Caton cherche à prouver que le passé de Rome est de son côté. Le monétaire responsable de cet émission est l’une des figures les plus emblématiques et inflexibles de l’histoire romaine : Marcus Porcius Cato, plus connu sous le nom de Caton d’Utique (ou Caton le Jeune). Voici les informations clés sur ce magistrat et son rôle particulier lors de cette émission. Le Monétaire : Marcus Porcius Cato (95-46 av. J.-C.) Bien que Caton ait exercé la fonction de questeur en 65 av. J.-C. (où il s’était déjà distingué par une gestion rigoureuse et honnête des finances publiques), il frappe cette monnaie avec le titre de Propréteur (PRO PR). 1. Un profil hors norme Stoïcien rigoureux : Caton était célèbre pour son austérité, son refus de la corruption et son adhésion stricte aux principes de la philosophie stoïcienne. Adversaire acharné de César : Il considérait Jules César comme une menace existentielle pour la Constitution républicaine. Il a passé sa carrière à s’opposer aux ambitions du futur dictateur. Lignage prestigieux : Il est l’arrière-petit-fils de Caton l’Ancien (le Censeur). En frappant le quinaire RRC 462/2, il imite volontairement le type monétaire créé par son ancêtre en 89 av. J.-C., affirmant ainsi que sa lutte s’inscrit dans la pure tradition familiale et romaine. 2. Pourquoi a-t-il frappé monnaie en Afrique ? Après la défaite de Pompée à Pharsale, Caton prend le commandement d’une partie des troupes républicaines et se replie sur Utique (en actuelle Tunisie). Rôle financier et logistique : Bien qu’il ait refusé le commandement militaire suprême (le laissant à Metellus Scipion, de rang consulaire), Caton s’est chargé de la défense d’Utique et de l’approvisionnement des troupes. Nécessité de guerre : La frappe du RRC 462/2 (quinaires et deniers) servait principalement à payer les soldats de l’armée républicaine et à financer la résistance contre César. 3. La mention « PRO PR » (Pro Praetore) Contrairement aux monétaires habituels de l’atelier de Rome (Tresviri Monetales), Caton signe ici en tant que magistrat en exercice dans une province. Cette mention est capitale : elle revendique la légalité de son autorité. Pour lui, le véritable État romain (le Sénat) se trouvait à Utique, et non à Rome sous l’occupation césarienne. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon M. Porcius Cato. Propréteur, de 706 à 708 (48-46 av. J.-C.) Il s’agit ici de Caton d’Utique, arrière petit-fils de Caton l’Ancien et fils du monétaire du même nom dont nous avons plus haut étudié le monnayage. Il naquit en 659 (95 av. J.-C.), servit dans la guerre contre Spartacus en 682 (72 av. J.-C.), et cinq ans plus tard, fut envoyé en Macédoine comme tribun militaire. Nommé ensuite questeur, il fit rendre gorge aux agents de Sylla qui s’étaient enrichis au pouvoir, puis, sur l’invitation du roi Déjotare, il partit en Asie: Pompée le reçut à Ephèse avec de grands honneurs. Rentré à Rome, il prêta son concours à Cicéron pour démasquer la conspiration de Catilina, en 691 (63 av. J.-C.). César qui redoutait l’influence de Caton à Rome, le fit envoyer en Chypre avec la mission de substituer dans l’île la domination romaine à celle de l’Egypte. Ami de la liberté avant tout, Caton se montra l’adversaire des triumvirs César, Pompée et Crassus, et son ardeur à défendre L. Domitius Ahenobarbus, le rival de Pompée et de Crassus au consulat de l’an de 699

1468PO – Denier Porcia – Marcus Porcius Cato Uticensis

1468PO – Denier Porcia – Marcus Porcius Cato Uticensis Avers : M. CATO PRO. PR / RO(MA) (Marcus Cato Proprætor / Roma, Marcus Caton propréteur / Rome) Buste d’une femme drapée à droite. Revers : VIC(TR)IX (Victorieuse) Victoria (la Victoire) assise à droite, les ailes déployées, tenant une patère de la main droite. British Museum 3.88g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Afrique Datation : 47-46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Porcia Références : RRC 462/1a – B.10 (Porcia) – Syd.1053 Ce denier, frappé par Caton d’Utique (Cato Minor) en Afrique du Nord vers 47-46 av. J.-C., est un chef-d’œuvre de propagande politique et de piété familiale. À une époque où Jules César s’apprête à instaurer un pouvoir personnel, cette monnaie crie l’attachement aux valeurs républicaines traditionnelles. Voici l’analyse du symbolisme et du contexte historique de cette émission : 1. Le symbolisme des types (Avers et Revers) Le choix des images n’est pas une simple décoration ; c’est un message politique clair adressé tant aux soldats qu’aux citoyens romains. L’Avers (Buste de femme – Roma ou Libertas) : Le buste est généralement identifié comme Roma ou Libertas. Dans le contexte de la guerre civile contre César, la figure de la Liberté est cruciale : Caton se présente comme le dernier rempart contre la tyrannie. L’inscription ROMA M•CATO•PRO•PR souligne sa légitimité. Contrairement à César, Caton agit en tant que Propréteur, un magistrat officiel de la République, affirmant que le véritable gouvernement se trouve avec lui en Afrique, et non à Rome sous occupation césarienne. Le Revers (La Victoire assise – VICTRIX) : La Victoire (Victoria) : Elle est représentée assise, tenant une patère (coupe sacrificielle) et une palme. Ce type iconographique est une référence directe à un ancêtre de Caton, M. Porcius Cato, qui avait frappé un denier similaire en 89 av. J.-C. (RRC 343/1). Le message de légitimité : En reprenant le type de son ancêtre, Caton affirme la continuité de la Gens Porcia au service de l’État. La mention VICTRIX (Victorieuse) est un cri de ralliement optimiste (et presque désespéré) avant la confrontation finale. La piété religieuse : La patère symbolise le sacrifice et la reconnaissance envers les dieux, suggérant que la cause républicaine est juste et divinement soutenue. 2. Le Contexte Historique : L’ultime résistance Cette monnaie est frappée dans les mois précédant la chute de la République « optimat » (le parti sénatorial). Le refuge africain : Après la défaite de Pompée à Pharsale (48 av. J.-C.), les survivants républicains se regroupent à Utique (en Tunisie actuelle). Caton y organise la logistique et finance l’effort de guerre grâce à cette émission monétaire. Le choc des idéologies : Face à la clementia (clémence) de César, que Caton considérait comme une insulte (car seul un maître peut pardonner à ses sujets), ce denier réaffirme la Dignitas et l’indépendance du Sénat. La fin d’un monde : Peu après l’émission de ces pièces, les troupes républicaines sont écrasées à la bataille de Thapsus (avril 46 av. J.-C.). Fidèle à ses principes stoïciens, Caton refuse de survivre à la liberté de Rome et se donne la mort à Utique, devenant ainsi « Caton d’Utique », le martyr éternel de la République. 3. Importance Numismatique Ce denier est l’une des dernières monnaies purement « républicaines » de l’histoire romaine.  L’identité du monétaire derrière ce denier est indissociable de l’une des figures les plus héroïques et tragiques de l’histoire romaine : Marcus Porcius Cato, dit Caton d’Utique (ou Caton le Jeune, 95-46 av. J.-C.). Contrairement aux monétaires habituels de Rome qui étaient souvent de jeunes hommes au début de leur carrière (triumviri monetales), Caton frappe cette monnaie à la fin de sa vie, dans un contexte de guerre civile totale. 1. Qui était le monétaire ? Caton le Jeune est l’arrière-petit-fils de Caton l’Ancien (le Censeur). Il a hérité de son ancêtre une austérité légendaire, un respect inflexible pour les traditions (mos majorum) et une haine profonde pour l’ambition personnelle, incarnée à ses yeux par Jules César. Son titre sur la pièce : L’inscription PRO•PR signifie Pro-Praetor (Propréteur). C’est un titre officiel qui lui donne l’autorité légale de commander des troupes et de battre monnaie pour les payer. Son rôle en Afrique : Après la défaite républicaine à Pharsale, il refuse de se rendre. Il organise la défense de l’Afrique du Nord depuis la ville d’Utique. Il ne cherche pas le pouvoir pour lui-même : il refuse le commandement suprême au profit de Metellus Scipion (un consul), restant fidèle à la hiérarchie légale de la République. 2. Pourquoi a-t-il frappé cette monnaie ? Cette émission n’est pas une simple monnaie de circulation, mais une monnaie militaire. Le besoin financier : Il devait payer les soldats des légions républicaines et les auxiliaires numides. La propagande : En frappant son nom et les symboles de la Liberté et de la Victoire, il affirme que la « vraie » Rome n’est pas celle de César, mais celle qui se trouve à Utique. 3. La filiation numismatique Caton d’Utique a fait un choix délibéré de gravure pour honorer son père. Son propre père, également nommé Marcus Porcius Cato, avait été monétaire en 89 av. J.-C. et avait frappé un quinaire (RRC 343/2) avec des types presque identiques (tête de Liber et Victoire assise). En reprenant ces types 40 ans plus tard pour ce denier, Caton d’Utique envoie un message de stabilité et de tradition : il se place dans une lignée de défenseurs de l’État qui ne change pas, face au monde instable et révolutionnaire de César. En résumé : Le « Monétaire Stoïcien » Le monétaire de ce denier n’est pas un fonctionnaire, c’est un chef de guerre par nécessité et un philosophe stoïcien par conviction. Cette pièce est le dernier témoin métallique de son combat. Variante 1 : Victoria tenant une couronne de laurier de la main droite au revers. Références : RRC 462/1b – Syd.1053a British Museum 3.66g Variante 2 : Victoria tenant une patère de la main droite au revers et légende de l’avers M. CATO PRO. PR. Références : RRC 462/1c – Syd.1052 British Museum 3.89g Pour voir d’autres exemplaires

1466CA – Denier Scipion et Crassus – Q. Cæcilius Metellus Pius Scipio

1466CA – Denier Scipion et Crassus – Q. Cæcilius Metellus Pius Scipio Avers : Q. METEL. PIVS/ SCIPIO IMP / GT. – A (Quintus Metellus Pius Scipio Imperator / Genius Tetelaris Africæ, Quintus Metellus pieux Scipion imperator/ Génie tutélaire de l’Afrique) Genius (Génie) de l’Afrique (Sekhet) debout de face avec le masque de lion, tenant l’ankh de la main droite. Revers : P. CRASSVS IVN/ LEG PRO PR (Publius Crassus Iunianus Legatus Pro Prætor, Publius Crassus Junianus légat propréteur) Victoria (la Victoire) debout à gauche, tenant un caducée de la main droite et un petit bouclier rond de la gauche. British Museum 3.84g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Utique Datation : 47-46 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Caecilia et Licinia Références : RRC 460/4 – B.51 (Caecilia) – Syd.1050 Ce denier est une monnaie d’une grande importance historique, frappée dans un contexte d’urgence militaire et de lutte idéologique entre les partisans de la République (les Optimates) et Jules César. Voici une analyse détaillée de son symbolisme et du cadre historique de son émission. 1. Contexte Historique : L’agonie de la République (47-46 av. J.-C.) Après la défaite de Pompée à Pharsale (48 av. J.-C.), les chefs républicains se regroupent en Afrique du Nord pour organiser la résistance. Quintus Caecilius Metellus Pius Scipio, le beau-père de Pompée, prend le commandement suprême des forces pompéiennes. Le lieu d’émission : Ce denier est frappé par un atelier monétaire mobile qui suivait les armées de Scipion, ou à Utique, son quartier général. L’enjeu : Scipion doit payer ses 10 légions et s’assurer le soutien de son allié local, le roi Juba Ier de Numidie. Cette monnaie sert donc à la fois de solde militaire et d’outil de propagande. La fin : Peu de temps après l’émission de cette monnaie, Scipion est vaincu par César à la bataille de Thapsus (février 46 av. J.-C.). Refusant de se rendre, il se donnera la mort en mer, déclarant : « L’imperator se porte bien » (Imperator se bene habet). 2. Symbolisme de l’Avers : L’Autorité Traditionnelle Le droit de la pièce est dominé par la tête de Jupiter, le dieu souverain de Rome. Légitimité religieuse : En plaçant Jupiter sur sa monnaie, Scipion affirme que la cause des Optimates est la seule cause légitime protégée par les dieux, par opposition à César, souvent associé à Vénus. Filiation et Prestige : La légende Q·METEL·PIVS rappelle son adoption par Metellus Pius. Le titre de « Pius » souligne sa piété envers sa lignée et les institutions romaines. 3. Symbolisme du Revers : L’Afrique et la Prospérité Le revers est riche en icônes régionales, marquant l’ancrage de Scipion sur le sol africain. La Tête d’Afrique : Elle porte une dépouille d’éléphant (probablement en référence à la province elle-même ou à la divinité locale). C’est une affirmation de contrôle territorial : Scipion est le maître de l’Afrique. L’Épi de blé et le Lion : L’épi symbolise la richesse agricole de l’Afrique, « grenier de Rome ». Le lion, animal emblématique de la région, renforce l’aspect sauvage et puissant du territoire qu’il commande. L’Impérator : La légende SCIPIO·IMP confirme son statut de général victorieux acclamé par ses troupes. 4. Une Iconographie de « Souveraineté » Contrairement aux monnaies romaines classiques de l’époque qui célèbrent souvent des ancêtres lointains, ce denier est très ancré dans le présent. Scipion utilise des symboles qui parlent aux provinciaux et aux soldats : la puissance de Rome (Jupiter) alliée à la force et aux ressources de l’Afrique. Le monétaire (l’autorité émettrice) de ce denier est Quintus Caecilius Metellus Pius Scipio Nasica, plus connu sous le nom de Metellus Scipion. C’est une figure tragique et centrale de la fin de la République romaine. Voici les points clés pour comprendre qui il était et pourquoi il a frappé cette monnaie : 1. Une double lignée prestigieuse Metellus Scipion est le produit de l’alliance des deux plus grandes familles de Rome : Par naissance : Il appartient à la gens Cornelia (les Scipions). Il est le fils de P. Cornelius Scipio Nasica. Par adoption : Il est adopté par testament par Metellus Pius (consul en 80 av. J.-C.), le chef des conservateurs. Légitimité : Cette double ascendance lui donne un prestige immense. Sur ses monnaies, il utilise le nom de son père adoptif (METEL PIVS) pour souligner sa piété et son appartenance au camp des Optimates (les défenseurs du Sénat). 2. Le gendre de Pompée le Grand Scipion a scellé son alliance politique avec Pompée en lui donnant sa fille, Cornelia Metella, en mariage en 52 av. J.-C. Cette même année, il partage le consulat avec Pompée. Cette union fait de lui le pilier central de la résistance sénatoriale face aux ambitions de Jules César. 3. Un chef de guerre en Afrique Après la défaite de Pompée à Pharsale, Scipion devient le commandant en chef des forces républicaines. Le titre d’Imperator : La légende SCIPIO IMP sur le revers de votre monnaie indique qu’il a été acclamé Imperator par ses troupes, probablement après ses succès partiels en Syrie ou lors de son arrivée en Afrique. Le rôle monétaire : Contrairement aux magistrats monétaires de Rome qui frappaient pour le fonctionnement de la cité, Scipion frappe en tant que chef de guerre. Ce denier est une monnaie de nécessité destinée à payer les légions pour la bataille décisive de Thapsus (46 av. J.-C.). 4. Son caractère et sa fin Les sources antiques (souvent partisanes, comme César) le décrivent comme un homme orgueilleux et parfois cruel dans sa gestion des provinces (notamment en Syrie). Cependant, sa mort est passée à la postérité comme un modèle de stoïcisme : Acculé par la flotte césarienne après la défaite, il se poignarde et répond à ses ennemis qui l’interrogent : « L’imperator se porte bien », avant de sombrer avec son navire. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Q. Caecilius Metellus Puis Scipio. Imperator en 706-708 (40-46 av J.-C.) Q. Caecilius Metellus Pius Scipio était fils de

1431HO – Denier Hostilia – Lucius Hostilius Saserna

1431HO – Denier Hostilia – Lucius Hostilius Saserna Avers : Anépigraphe Tête féminine, “Clementia”, (la Clémence) à droite, coiffée d’une couronne de chêne, “corona civica”. Revers : L. HOSTILIVS / SASERNA (Lucius Hostilius Saserna) Victoria (la Victoire) marchant à droite, tenant un trophée de la main gauche et de la main droite, un caducée. British Museum 3.94g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 48 avant J.C. Matière : Argent Gens : Hostilia Références : RRC 448/1a – B.5 (Hostilia) – Syd.951 L’émission de ce denier de Lucius Hostilius Saserna s’inscrit dans l’une des périodes les plus tendues de l’histoire romaine. En 48 av. J.-C., Jules César est en pleine guerre civile contre Pompée. Le symbolisme de cette pièce n’est donc pas seulement décoratif ; c’est un outil de communication politique (propagande) essentiel. Voici l’analyse détaillée du symbolisme et du contexte : 1. Le Symbolisme : La Paix par la Victoire Le message central de cette monnaie est que la guerre menée par César (en Gaule comme contre ses opposants) n’est pas une fin en soi, mais un moyen d’apporter la stabilité à Rome. L’Avers (Clementia ou Pietas) : La tête féminine couronnée de chêne symbolise les vertus césariennes par excellence. La Clementia (Clémence) : C’est le maître-mot de César durant la guerre civile. Contrairement à Sylla qui avait pratiqué des massacres (proscriptions), César pardonne à ses ennemis romains. La Pietas (Piété/Devoir) : Elle souligne le respect de César envers les dieux et la patrie, justifiant son action militaire comme une nécessité pour sauver l’État. Le Revers (La Victoire et le Caducée) : * La Victoire portant un trophée gaulois : Elle rappelle au peuple romain que César est le conquérant de la Gaule. Le trophée (bouclier et carnyx) est un rappel visuel de la richesse et des terres ajoutées à l’Empire. Le Caducée (attribut de Mercure) : C’est le symbole de la négociation, de la diplomatie et de la prospérité commerciale. Son association avec la Victoire signifie : « La victoire militaire de César ramène la paix et la richesse économique. » 2. Le Contexte Historique : Légitimer l’Illégitime En 48 av. J.-C., la situation de César est complexe : Le rappel de la gloire passée : Alors que César combat des citoyens romains (les partisans de Pompée), Saserna utilise les monnaies pour détourner l’attention vers la Guerre des Gaules. En montrant des trophées gaulois, il rappelle que César est un héros national qui a éloigné la menace barbare, et non un simple rebelle franchissant le Rubicon. L’année de Pharsale : Cette monnaie est frappée alors que se prépare la bataille décisive de Pharsale. Il est crucial pour le camp césarien de maintenir la confiance de la population à Rome et de financer les légions. Le contrôle de l’opinion à Rome : En tant que magistrat monétaire, Saserna utilise son droit de frappe pour saturer le marché financier avec une iconographie pro-césarienne, noyant ainsi les arguments des partisans de Pompée. 3. Conclusion Ce denier est une synthèse brillante de la stratégie de César : utiliser ses succès militaires passés (le trophée gaulois) pour justifier son autorité actuelle, tout en promettant aux Romains un avenir fait de pardon (Clementia) et de prospérité (Caducée). Le monétaire Lucius Hostilius Saserna est une figure fascinante de la fin de la République romaine, principalement connue grâce à sa production monétaire de 48 av. J.-C., qui constitue l’un des témoignages visuels les plus marquants de la conquête de la Gaule. Voici les informations clés sur ce personnage et son contexte : 1. Un fidèle de Jules César Lucius Hostilius Saserna appartenait à une branche de la gens Hostilia qui était fermement alliée à Jules César. Sa nomination au poste de triumvir monetalis (magistrat monétaire) en 48 av. J.-C. intervient à un moment critique : César est en pleine guerre civile contre Pompée. Engagement militaire : Il n’était pas seulement un administrateur ; il a activement servi César. Il est mentionné comme ayant participé au siège de Marseille en 49 av. J.-C. Liens familiaux : Il avait deux frères, Caius et Publius Hostilius Saserna, qui ont tous deux servi comme lieutenants (legati) de César lors de la campagne d’Afrique en 46 av. J.-C. 2. Son rôle de communicant (Propagande) À travers ses monnaies, Saserna agit comme un véritable agent de propagande pour César. Alors que César est perçu par certains comme un tyran déclenchant une guerre civile, les monnaies de Saserna rappellent aux Romains les exploits de César en Gaule. Le choix de représenter des symboles gaulois (boucliers, carnyx) et des figures comme la Victoire ou la clémence visait à légitimer le pouvoir de César en le présentant comme le conquérant héroïque et le pacificateur de la République. 3. Après César Après l’assassinat de César en 44 av. J.-C., les sources historiques (notamment Cicéron) indiquent que Lucius Saserna est resté proche des héritiers du parti césarien, devenant un ami de Marc Antoine et du jeune Octave (futur Auguste). Variante : Légende du revers L·HOSTILIVS SASERN Références : RRC 448/1b – Syd.951a Variante quatre fois moins observée. British Museum 3.91g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Hostilius Saserna. Monétaire vers 708 (46av. J.-C.) On trouve mentionnés dans les auteurs plusieurs personnages du nom de Saserna ; mais c’est la numismatique seule qui nous apprend que ce cognomen était commun dans la gens Hostilia. Du temps de Caton et de Varron, vivaient deux écrivains du nom de Saserna, le père et le fils, qui ont écrit sur l’agriculture. Deux autres personnages de ce nom, un Saserna dont on ne connaît pas le prénom, et P. Saserna étaient lieutenants de Jules César pendant la guerre d’Afrique en 708 (46 av. J.-C.). Les monnaies portent le nom de L. Hostilius Saserna, et il est probable qu’il s’agit du frère de P. Saserna dont les historiens taisent le prénom. Cicéron nous apprend qu’il devint ami d’Antoine et d’Octave après la mort de César, auquel il était demeuré toujours très attaché. Les monnaies

1415VI – Denier Vinicia – L. Vinicius

1415VI – Denier Vinicia – L. Vinicius Avers : CONCORDIAE (Concordiae, A la Concorde) Tête laurée de Concordia à droite. Revers : L.VINICI (Lucius Vinicius) Victoria (la Victoire) portant une branche de palmier et quatre couronnes. British Museum 4.02g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 52 avant J.C. Matière : Argent Gens : Vinicia Références : RRC 436/1 – B.1 (Vinicia) – Syd.930 Le monétaire responsable de l’émission de ce denier est Lucius Vinicius. Voici les informations clés sur ce personnage et son rôle historique : Identité et Origines Nom complet : Lucius Vinicius. Statut social : C’est un homo novus (homme nouveau), ce qui signifie qu’il est le premier de sa famille à accéder aux hautes magistratures romaines. Origine : Sa famille était issue de l’ordre équestre et originaire de la ville de Cales, en Campanie. Carrière Politique Lucius Vinicius a connu une ascension notable, évoluant dans le cercle d’influence des grandes figures de la fin de la République, notamment Jules César : Triumvir Monetalis (v. 52 av. J.-C.) : C’est à ce poste qu’il fait frapper le denier RRC 436/1. Selon les analyses de LesDioscures.com, le choix des motifs (Concorde et les quatre couronnes de la Victoire) témoigne d’une volonté de célébrer l’alliance entre Pompée, César et Crassus tout en honorant les triomphes de Pompée. Tribun de la plèbe (51 av. J.-C.) : Fidèle partisan de César, il utilise son droit de veto durant son mandat pour bloquer un senatus consultum (décret du Sénat) qui visait directement à affaiblir César. Consul suffect (33 av. J.-C.) : Il atteint le sommet de l’État sous le second triumvirat, nommé consul pour remplacer l’un des consuls sortants. Proconsul d’Asie (v. 28-25 av. J.-C.) : Plus tard dans sa carrière, il assure le gouvernement de la riche province d’Asie, confirmant son intégration durable dans la nouvelle élite impériale naissante sous Auguste. Héritage Sa réussite a permis l’établissement d’une lignée durable ; son fils, également nommé Lucius Vinicius, deviendra lui-même consul suffect en l’an 5 av. J.-C. Le message véhiculé par le cette monnaie de Lucius Vinicius est profondément politique et stratégique. En 52 av. J.-C., Rome traverse une crise institutionnelle majeure (émeutes, incendie de la Curie, meurtre de Clodius). Voici l’analyse du message codé sur cette monnaie, tel qu’on peut l’interpréter avec l’appui de sources comme LesDioscures.com : 1. L’appel à la Paix Civile (L’Avers) La présence de Concordia (la Concorde) n’est pas un choix esthétique, mais un cri de ralliement. Le contexte : La République est au bord de l’implosion. Le Sénat vient de nommer Pompée « consul unique » pour rétablir l’ordre. Le message : En affichant la déesse de l’harmonie, le monétaire prône la fin des violences de rue et le retour à l’unité entre les factions politiques (les Optimates et les Populares). 2. La Glorification de Pompée (Le Revers) La Victoire tenant une palme ornée de quatre couronnes est l’élément le plus explicite et le plus rare. L’hommage militaire : Ces couronnes font référence aux trois triomphes de Pompée le Grand (sur trois continents : Afrique, Europe, Asie). La quatrième couronne pourrait symboliser une distinction supplémentaire ou l’espoir d’une nouvelle ère de victoires sous son autorité. L’allégeance politique : Lucius Vinicius, bien que proche de César, rend ici un hommage vibrant à Pompée. À cette époque précise, l’équilibre du pouvoir repose sur la collaboration (certes fragile) entre les chefs. 3. La Légitimité de la « Nouvelle Noblesse » En tant qu’homo novus (homme nouveau), Lucius Vinicius utilise cette monnaie pour : S’ancrer dans la tradition : Il utilise des symboles républicains forts pour prouver sa piété et son respect des institutions. Se placer sous la protection des grands : En célébrant les succès de Pompée (et indirectement de César), il lie sa propre carrière à la réussite des hommes forts du moment. Synthèse du message « La paix et l’ordre (Concordia) ne reviendront que par la reconnaissance des mérites exceptionnels et des victoires (les couronnes) de nos grands généraux. » C’est une monnaie de propagande pour la stabilité, cherchant à rassurer une population romaine épuisée par les troubles civils. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Vinicius. Monétaire vers 696 (58 av. J.-C.) Ce personnage fut tribun du peuple en 703 (51 av. J.-C.) et, en cette qualité, il opposa son veto à un sénatus-consulte dirigé contre Jules César. Il devint consul suffectus en 721 (33 av. J.-C.); on ne connaît pas autrement sa carrière. Les deniers qu’il a fait frapper vers l’an 696 (58 av. J.-C.) portent des types qu’on voit fréquemment à cette époque et dans les années suivantes. Ils sont en l’honneur de la Concorde, qu’on n’invoque jamais tant que durant les guerres civiles; ici, elle se rapporte au triumvirat de Pompée,César et Crassus, conclu en 695 (59 av. J.-C.). Cavedoni, après Vaillant, a reconnu dans les couronnes suspendues à la palme que tient la Victoire les quatre couronnes qui figurent sur un denier, presque contemporain, de Faustus Sylla (Cornelia, 61). Ces couronnes font allusion, comme nous l’avons dit ailleurs, aux succès de Pompée : trois d’entre elles rappellent ses victoires dans les trois parties du monde, et la quatrième est la couronne de laurier en or avec laquelle Pompée fut admis à paraître dans les cérémonies officielles. Lieux de découverte (3 exemplaires)

1389NO – Denier Nonia – Sextus Nonius Sufenas

1389NO – Denier Nonia – Sextus Nonius Sufenas Avers : S. C – SVFENAS (Senatus Consulto / Sufenas, avec l’accord du Sénat / Sufenas) Tête barbue de Saturne à droite; derrière, tête de harpon et pierre conique. Revers : PR. L. – .V. P. F // SEX.NONI (Sextus Nonius prætor ludos Victoriæ primus fecit, Sextus Nonius a institué les premiers jeux de la Victoire) Rome assise à gauche sur un monceau d’armes, tenant une haste de la main droite, couronnée par la Victoire debout derrière elle, tenant une couronne de la main droite et une palme de la main gauche. British Museum 4.02g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 59 avant J.C. Matière : Argent Gens : Nonia Références : RRC 421/1 – B.1 (Nonia) – Syd.885 👤 M. Nonius Sufenas : Le Monétaire Le monétaire, dont le nom complet est Marcus Nonius Sufenas, était un membre de la gens Nonia, une famille plébéienne qui commença à jouer un rôle important dans la vie politique romaine à la fin de la République. Période d’activité monétaire : 59 av. J.-C. Fonction : Tresviri Monetales (un des trois magistrats chargés de la frappe des monnaies). 🏛️ Carrière Politique Bien que le Denarius RRC 421/1 soit daté de 59 av. J.-C. (lorsqu’il était Monetalis), sa carrière politique est connue par la suite : Questeur : Vraisemblablement en 60 av. J.-C. (ou peu avant). Tribun de la Plèbe (Tribunus Plebis) : En 56 av. J.-C. Il a été un collègue influent, notamment en lien avec l’élection des Consuls Pompée et Crassus. Propréteur en Asie (Propraetor in Asia) : En 50 av. J.-C. Guerre Civile : Durant la guerre civile opposant César à Pompée, M. Nonius Sufenas fut un lieutenant de Pompée et était présent à la Bataille de Pharsale en 48 av. J.-C. Références Familiales sur la Monnaie Le revers de son denier est commémoratif et fait référence à un membre plus ancien et illustre de sa famille : Signification : Sextus Nonius Praetor Ludos Victoriae Primus Fecit (Sextus Nonius, Préteur, fut le premier à célébrer les Jeux de la Victoire). Personnage Commémoré : Sextus Nonius Sufenas, qui était vraisemblablement le père ou un proche parent de Marcus. Ce Sextus Nonius fut préteur en 81 av. J.-C. et institua les Ludi Victoriae Sullanae (Jeux de la Victoire de Sylla) pour commémorer la victoire de Sylla à la Porte Colline en 82 av. J.-C. Ainsi, le denier de Marcus Nonius Sufenas ne servait pas seulement à émettre de l’argent, mais aussi à célébrer l’histoire et l’honneur de sa gens (sa famille) en rappelant un événement marquant de leur passé récent. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon M. Nonius Sufenas. Vers l’an 694 (60 av. J.-C.) Ce magistrat désigné seulement par Sufenas sur ses deniers, est sans doute M. Nonius Sufenas qui fut tribun du peuple en 698 (56 av. J.-C.) avec C. Cato et Procilius. Sufenas et ses collègues abusèrent de leur influence pour faire élire consuls Pompée et Crassus. En l’an 704 (50 av. J.-C.), nous trouvons Sufenas propréteur en Asie, et pendant la guerre civile qui éclata entre César et Pompée, il fut un des lieutenants de ce dernier. Il assistait à la bataille de Pharsale.Le denier qui suit présente, au droit, la tête de Saturne avec senatus consulto, ce qui indique que Sufenas le fit frapper pendant qu’il était questeur urbain, magistrature qu’il dut exercer vers l’an 694 (60 av. J.-C.) Le revers est consacré à honorer la mémoire de Sextus Nonius, ancêtre du monétaire, qui, en qualité de préteur urbain, avait jadis inauguré à Rome les ludil Victoriæ. On a généralement, à la suite d’Eckhel, interprété par ludos votivos, les lettres, L. V., mais Mommsen a démontré que ces jeux votifs étaient aussi anciens que Rome elle-même et que Sex. Nonius ne pouvait les avoir créés, ce préteur ayant exercé sa charge seulement vers 673 (81 av. J.-C.). Il s’agit certainement des ludi Viclorioe Sullanoe, institués en 672 en l’honneur de la victoire de la porte Colline remportée par Sylla . Le préteur Sex. Nonius fut le premier à les faire célébrer; le type de Rome couronnée par la Victoire indique bien qu’il s’agit de ludi Viclorioe plutôt que de ludi volivi. Le collègue du questeur Sufenas paraît avoir été C. Considius Nonianus. Lieux de découverte (141 exemplaires)

1339CO – Denier Cornelia – P. Cornelius Lentulus Spinther

1339CO – Denier Cornelia – P. Cornelius Lentulus Spinther Avers : Q.S.C (Quaestor, Senatus Consulto) Tête nue et barbue d’Hercule à droite. Revers : P LENT P F/ L N (Publius Lentulus, Publii Filius, Lucii Nepos) Le Génie du Peuple Romain assis de face sur une chaise curule, tenant une corne d’abondance et un sceptre, son pied droit posé sur un globe, couronné par la Victoire volant à gauche. British Museum 4.13g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 74 avant J.C. Matière : Argent Gens : Cornelia Références : RRC 397/1 – B.58 (Cornelia) – Syd.791 Le magistrat monétaire qui a fait frapper ce denier est Publius Cornelius Lentulus Spinther. C’était une figure politique et militaire très importante de la fin de la République romaine. Voici un résumé de son parcours : 1. Rôle de Monétaire (74 av. J.-C.) Fonction : Au moment de la frappe du denier RRC 397/1, Lentulus Spinther était Questeur Urbain (quaestor urbanus). Légende Q . S . C : L’inscription Q . S . C (pour Quaestor Senatus Consulto – « Questeur par décret du Sénat ») sur l’avers de la pièce confirme son rôle de questeur lors de l’émission. Symbolisme : La monnaie est célèbre pour représenter le Génie du Peuple Romain (Genius Populi Romani) couronné par la Victoire, un symbole puissant de la souveraineté et de l’hégémonie du peuple romain, qui fait écho à une thématique familiale chez les Cornelii Lentuli. 2. Carrière Politique (Cursus Honorum) Issu de la prestigieuse gens Cornelia, il a gravi les échelons du cursus honorum : Édile Curule (63 av. J.-C.) : Il a activement soutenu Cicéron et a participé à la répression de la conjuration de Catilina. Il s’est également distingué par la somptuosité des Jeux qu’il a organisés. Préteur (60 av. J.-C.) : Il a exercé cette haute magistrature judiciaire. Gouverneur (59 av. J.-C.) : Il a administré la province d’Hispanie Citérieure. Consul (57 av. J.-C.) : C’est le sommet de sa carrière. Durant son consulat, il a joué un rôle clé pour le rappel de Cicéron de son exil. Proconsul de Cilicie (56-53 av. J.-C.) : Il a gouverné cette province et y a remporté des succès militaires qui lui ont valu l’acclamation d’Imperator. Il a également frappé d’autres monnaies provinciales importantes (tétradrachmes cistophoriques) à cette époque. Triomphe : Il a célébré un triomphe en 51 av. J.-C. 3. La Guerre Civile et Fin Malgré son alliance passée avec Jules César (qui l’avait aidé à plusieurs reprises), il a choisi de se ranger du côté de Pompée et du Sénat lorsque la guerre civile a éclaté en 49 av. J.-C. Capturé par César à Corfinium, il a d’abord été gracié. Il a rejoint par la suite Pompée en Grèce et a participé à la bataille de Pharsale (48 av. J.-C.). Après la défaite, il s’est enfui à Rhodes. Il a finalement été capturé par les partisans de César et exécuté vers 47 av. J.-C. P. Cornelius Lentulus Spinther (consul de 57 av. J.-C.) est le père d’un autre P. Cornelius Lentulus Spinther (proquesteur en Asie) qui a frappé des deniers en Orient vers 43-42 av. J.-C. aux côtés de Brutus et Cassius. 📜 Message Historique de ce Denier  Ce denier de la République romaine envoie un double message, à la fois légitimiste et ambitieux, typique de la période suivant la dictature de Sylla. 1. Le Pouvoir Vient du Peuple et du Sénat Le message central se trouve au revers de la pièce : Le Genius Populi Romani : En montrant le Génie du Peuple Romain — l’esprit protecteur et l’incarnation de la souveraineté du peuple — assis sur le trône curule, Lentulus Spinther affirme que l’autorité légitime réside dans le Peuple Romain. C’est un rappel aux valeurs républicaines et une opposition symbolique à toute tentative de pouvoir personnel absolu. L’Approbation Sénatoriale (Q . S . C) : L’inscription Quaestor Senatus Consulto (Questeur par décret du Sénat) sur l’avers insiste sur la légalité et la régularité de l’émission. Elle rappelle que la frappe monétaire se fait sous l’autorité du Sénat, l’organe de gouvernement traditionnel, renforçant l’image d’un magistrat respectueux des institutions. 2. L’Hégémonie Romaine et l’Ambition Personnelle Les détails visuels véhiculent également un message de puissance et d’aspiration : Le Globe : Le Génie a le pied posé sur un globe terrestre, symbolisant la domination universelle et l’hégémonie de Rome, un thème cher à l’aristocratie romaine à cette époque d’expansion. Hercule : La tête barbu d’Hercule sur l’avers est un héros associé à la force, au travail (les douze travaux) et souvent à la royauté. Sa présence peut être vue comme une référence au prestige de la gens Cornelia et à l’énergie que le magistrat met au service de l’État. La Victoire : La figure de la Victoire couronnant le Génie du Peuple Romain est une promesse constante de succès militaire et de prospérité pour l’État. En résumé, ce denier est un acte de propagande politique et familiale qui affirme la légitimité institutionnelle du Sénat et du Peuple Romain tout en glorifiant la puissance de l’État sous la protection des dieux et des héros. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon P. Cornelius Lentulus Spinther. Questeur vers l’an 680 (74 av. J.-C.) Tout concourt à faire admettre avec Cavedoni que le denier décrit ci-dessous a été frappé la même année que ceux du questeur Cn. Cornelius Lentulus Marcellinus dont nous venons de parler. Le style des pièces est le même et l’analogie des types est frappante, puisque celui-ci encore représente le Génie du peuple romain. En outre P. Cornélius Lentulus Spinther qui fit frapper le denier y prend le titre de quaeslor comme le monétaire précédent ; il est donc probable que P. Spinther et Cn. Marcellinus ont rempli cette charge en même temps. Dans tous les cas, P. Spinther fut édile curule en 691 (63 av. J. -C.), l’année même du consulat de Cicéron ; il fut préteur en l’an 694 (60 av. J.-C.). Après

1329EG – Denier Serratus Egnatia – Caius Egnatius Maxsumus

1329EG – Denier Serratus Egnatia – Caius Egnatius Maxsumus Avers : MAXSVMVS Buste diadémé et drapé de Vénus à droite, portant boucles d’oreille et collier; derrière, un petit buste de Cupidon sur l’épaule. Revers : C. EGNATIVS CN. / F. / CN. N (Caius Egnatius Cnæi Filius Cnæi Nepos, Caius Egnatius fils de Cneius petit-fils de Cneius) Libertas (la Liberté) dans un bige au pas à gauche, tenant les rênes de la main droite et un sceptre transversal de la main gauche. Victoria (La victoire) volante couronnant Libertas. British Museum 3.82g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 75 avant J.C. Matière : Argent Gens : Egnatia Références : RRC 391/1a – B.1 (Egnatia) – Syd.786 👤 Caius Egnatius Maximus (vers 75 av. J.-C.) Fonction Monétaire : Il était l’un des triumviri monetales (triumvirs monétaires) en 75 av. J.-C., la fonction qui lui donnait le droit de frapper monnaie à Rome. Identité : L’inscription sur la pièce, C·EGNATIVS·CN·F / CN·N (Caius Egnatius, Gnaei filius, Gnaei nepos), indique qu’il était Caius Egnatius, fils et petit-fils d’un Gnaeus Egnatius. L’ajout de MAXSVMVS sur l’avers est le cognomen (surnom) de sa famille. Carrière : Sa frappe de monnaie est une étape au début de la carrière politique romaine (cursus honorum). La rareté des sources écrites pour cette période rend souvent difficile de reconstituer le reste de la carrière de ces individus, mais on trouve des mentions. 📜 Connexions Historiques et Famille La gens Egnatia était une famille d’origine samnite (une région d’Italie centrale) qui s’est installée à Rome. Ascendance Samnite : La famille semble avoir joué un rôle important dans la politique samnite avant de s’intégrer à l’aristocratie romaine. Postérité (Selon certaines sources) : Il est possible que C. Egnatius Maximus ait fait partie de l’entourage de M. Licinius Crassus. Certaines sources l’associent à l’expédition de Crassus contre les Parthes et au désastre de Carrhes en 53 av. J.-C., où il se serait échappé avec 300 cavaliers. L’historien Appien mentionne un Egnatius et son fils qui furent inclus dans les proscriptions de 43 av. J.-C. (les purges politiques menées par le Second Triumvirat) et exécutés. Il est possible, mais non certain, qu’il s’agisse de C. Egnatius Maximus et de son fils. 🪙 Le Message sur la Monnaie Les types monétaires qu’il a choisis (Venus, Cupidon, et Libertas) sont souvent des allusions aux valeurs familiales ou aux affiliations politiques : L’association de Libertas (la Liberté) avec la coiffure des affranchis (pileus) peut faire référence à un rôle joué par un ancêtre dans l’établissement ou la défense d’un lieu associé à la Liberté, comme l’Atrium Libertatis. L’utilisation de Venus et de son surnom MAXSVMVS (Maximus) est une façon pour lui de glorifier sa lignée. En résumé, C. Egnatius Maximus est principalement connu grâce à la monnaie qu’il a frappée en 75 av. J.-C., qui lui a permis de laisser sa marque dans l’histoire, avant de vraisemblablement poursuivre une carrière politique courante pour un noble romain de l’époque. Variante avec chiffre de contrôle à l’avers sous le buste de Vénus. Référence : RRC 391/1b Bibliothèque nationale de France 3.89g Bibliothèque nationale de France 3.89g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La gens Egnatia était originaire du Samnium, probablement même de la ville de Teanum. Gellius Egnatius commandait les Samnites pendant les grandes guerres que le Samnium soutint contre Rome, au troisième siècle avant notre ère’. Marius Egnatius fut aussi un des principaux chefs des alliés italiens dans la guerre Sociale qui prit fin en 665 (89 av. J.-C.). Fixée à Rome à la suite de tous ces événements, la gens Egnatia y obtint d’être admise au Sénat, et c’est un de ses principaux représentants, C. Egnatius Maximus,qui frappa les monnaies décrites plus bas; ce personnage accompagna M. Licinius Crassus dans son expédition contre les Parthes, et après le grand désastre de Carrhae en 701 (53 av. J.-C.), il s’échappa avec trois cents cavaliers. Appien le signale comme ayant été compris avec son fils dans la proscription de l’an 711 (43 av. J.-C.). C’est vers l’an 685 (69 av. J.-C.) qu’il exerça la charge de triumvir monétaire. Les types des médailles de C. Egnatius Maximus ont résisté jusqu’icià  une interprétation satisfaisante. Le denier n. 1 indique par sa dentelure qu’il était destiné au commerce avec les peuples barbares. Le type de la Liberté, au revers, peut faire croire que l’un des ancêtres du monétaire contribua à la construction d’un atrium Libertatis. Sur le n. 2, l’association de la déesse Rome et de Vénus fait songer au temple qui fut plus tard élevé, sous le règne de l’empereur Hadrien, à Rome et à Vénus, Romae et Veneri, et dont on voit encore les débris près de l’arc de triomphe de Titus. Ainsi donc, depuis longtemps déjà, quand on bâtit ce temple, Rome et Vénus avaient été associées dans un même culte qui rappelait d’ailleurs l’origine troyenne de Rome. Sur le denier n. 3, on voit, comme l’a remarqué Cavedoni, le temple de Jupiter et de la Liberté, appelé aedes Joins Libertatis. En somme, nous trouvons sur les monnaies de C. Egnatius Maximus, Vénus et Cupidon, la Liberté, la déesse Rome et Jupiter, divinités bien caractérisées parleurs attributs, mais rien ne nous apprend pour quels motifs le monétaire choisit ces types. La forme Maxsumus pour Maximus est un archaïsme qui nous porte à croire que les types qui accompagnent cette légende se rapportent à un Egnatius Maxsumus, ancêtre plus ou moins éloigné du monétaire qui portait le même nom. Lieux de découverte (23 exemplaires)