1806PI – Quinaire Octave – Lucius Pinarius Scarpus

1806PI – Quinaire Octave – Lucius Pinarius Scarpus Avers : SCARPVS / IMP (Scarpus Imperator) Main droite ouverte. Revers : CAESARI / DIVI F (Caesari / Divi Filio) Victoria (la Victoire) debout sur un globe, tenant une couronne de la main droite. sous le quadrige. British Museum 1.86g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Cyrène Datation : 31 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Pinaria et Julia Référence : RRC 546/8 Le Symbole de la Transition Actienne Ce quinaire, frappé en 31 av. J.-C. en Cyrénaïque, est l’un des témoignages numismatiques les plus fascinants de la fin de la République. Il illustre le basculement géopolitique majeur qui suit la bataille d’Actium. 1. Contexte Historique : Le ralliement de Scarpus L. Pinarius Scarpus, petit-neveu de Jules César (par sa sœur Julia Maior), était initialement un partisan dévoué de Marc Antoine. Gouverneur de Cyrénaïque avec quatre légions sous ses ordres, il est chargé de protéger les arrières d’Antoine pendant que ce dernier affronte Octave en Grèce. Cependant, après le désastre d’Actium (2 septembre 31 av. J.-C.), Scarpus refuse d’accueillir Antoine en fuite. Comprenant que le vent a tourné, il massacre les envoyés d’Antoine et livre ses troupes à Cornelius Gallus, le lieutenant d’Octave. Ce quinaire est frappé immédiatement après cette défection pour sceller son allégeance au nouveau maître de Rome. 2. Analyse du Symbolisme Le choix iconographique de cette pièce n’est pas fortuit ; il s’agit d’un message politique fort de réconciliation et de soumission impériale. Avers : La Main Droite Ouverte (Fides) Iconographie : Une main droite ouverte, paume vers l’avant. Symbolisme : Dans la culture romaine, la main droite est le siège de la Fides (la bonne foi, la loyauté). Interprétation : Pour Scarpus, ce symbole est une preuve de sa nouvelle loyauté envers Octave. C’est également un « type parlant » : selon Ernest Babelon, le nom Scarpus pourrait être rapproché du verbe carpere (saisir, prendre à pleine main). En présentant cette main ouverte, Scarpus manifeste son désir de paix et de coopération après les années de guerre civile. Revers : La Victoire sur le Globe Iconographie : La Victoire (Victoria) debout sur un globe, tenant une couronne de laurier et une palme. Légende : CAESARI DIVI F (À César, fils du divin). Symbolisme : Le globe représente l’Oikouméné (le monde habité). La Victoire sur le globe signifie que le triomphe d’Octave n’est pas seulement une victoire militaire locale, mais une domination universelle et cosmique. Interprétation : C’est l’un des premiers usages de ce motif qui deviendra un standard de l’iconographie impériale d’Auguste. Scarpus reconnaît officiellement Octave comme le seul héritier légitime de César et le pacificateur du monde. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Pinarius Scarpus. Imperator, de 723 à 727 (31 à 27 av. J.-C.) L. Pinarius Scarpus était un des lieutenants de Marc Antoine en Afrique où ses monnaies ont été frappées. Avant la bataille d’Actium, il commandait en Cyrénaïque avec quatre légions ; c’est à cette époque, c’est-à-dire en 723 (31 av. J.-C.), qu’ont été émises les médailles qui sont au type de Jupiter Ammon. Après Actium, Marc Antoine se réfugia en Afrique, mais Scarpus voyant la cause de son maître désespérée, refusa de lui donner un asile ; au prix de cette trahison, Scarpus conquit les faveurs d’Octave. Il réunit les troupes qui étaient sous ses ordres à celles que commandait Cornelius Gallus, lieutenant du vainqueur, et il resta gouverneur de la Libye. C’est à cette époque, c’est-à-dire entre les années 724 à 727 (30 à 27av. J.-C.), qu’il fit frapper dans sa province lés monnaies qui portent le nom d’Octave. La main ouverte est le symbole parlant du nom de Scarpus, rapproché du grec.. C’est par un rapprochement du même genre qu’on voit un poing fermé (balio) sur un petit bronze de C. Allius Balas Une main ouverte, comme sur les monnaies de L.Pinarius Scarpus, est le type des monnaies de bronze de Carthago nova en Espagne.
274AN – Victoriat Anonyme

274AN – Victoriat Anonyme Avers : Anépigraphe Tête laurée de Jupiter à droite. Revers : ROMA Victoire debout à droite couronnant un trophée, au milieu, au milieu un épi de blé pointé vers le haut. British Museum 3.61g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Sicile Datation : 211-210 avant J.C. Matière : Argent Gens : Anonyme Références : RRC 72/1 – Syd. 194 Lieux de découverte (6 exemplaires) Enregistrer Enregistrer Enregistrer Enregistrer Enregistrer Émis pour la première fois aux alentours de 211 avant J.C., le denier a été frappé avec un poids de quatre scrupules (un scrupule équivaut à environ 1,12 gramme). Cependant, Rome reconnaissait le besoin persistant de créer d’autres pièces de monnaie selon l’ancienne norme didrachme / drachme (probablement pour l’achat de fournitures auprès d’autres villes ou pour le commerce ou la corruption pure et simple de villes et de l’aristocratie de la Grande Grèce et / ou le paiement d’alliés des villes desservies par l’armée romaine). Par conséquent, à peu près au même moment, Rome créa une deuxième pièce, appelée victoriat , frappée avec un poids de trois coups scrupules. A l’époque de la frappe du victoriat, le commerce très actif de Rome avec les villes de l’Adriatique était principalement alimenté par les drachmes d’Apollonie et de Dyrrachium dont le type est une vache allaitant son veau. Le victoriat présente au droit la tête de Jupiter et au revers Victoire couronnant un trophée. Alors que le denier et ses fractions étaient en argent de qualité (atteignant souvent 98% de finesse), le victoriat était une monnaie dégradée tout au long de sa production entre 211 et 170 avant J.C. Il représentait en moyenne environ 70% d’argent (mais avec des variations considérables) et, contrairement au denier, ne portait aucune indication de valeur. Ainsi, intrinsèquement, un victoriat valait environ un demi denier (75% x 70% = environ 50%). Mais si l’on ne savait pas qu’il était abaissé et jugé simplement en fonction du poids, on aurait alors pensé que cela valait 3/4 du denier (3 scrupules contre 4 scrupules). Dans les différents trésors monétaires, les victoriats ne se retrouvent presque jamais mélangés avec des deniers, mais plutôt seuls. Cela indique que sa nature dégradée était bien connue dans le monde romain. D’autre part, les victoriats ont été fabriqués pendant quarante ans, alors Rome a dû avoir le sentiment qu’ils ont eu un certain succès.
1518JU – Bronze César – Caius Clovius

1518JU – Bronze César – Caius Clovius Avers : CAES DIC·TER (Cæsar Dictator tertium, César dictateur pour la troisième fois) Buste de Victoria à droite. Revers : C. CLOVI. PRAEF. (Caius Clovius praefectus) Minerve marchant à gauche, portant un trophée, six javelots et un bouclier orné d’une tète de Méduse; à ses pieds, un serpent. British Museum 15.33g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 45 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gentes : Julia et Cluvia Références : RRC 476/1a – B.11 (Clovia) – Syd.1025 Cette monnaie n’est pas une simple monnaie de circulation ; c’est un outil de communication politique puissant frappé dans un moment de bascule de l’histoire romaine. Voici l’analyse détaillée de son symbolisme et du contexte de sa création : 1. Le Contexte Historique (45 av. J.-C.) Nous sommes en l’an 709 de Rome. Jules César vient de remporter la bataille de Munda en Espagne, mettant fin à la résistance des fils de Pompée. C’est la fin effective de la guerre civile. Le Triomphe de César : À son retour, César est nommé Dictateur pour la troisième fois (DIC TER sur l’avers). Il est au sommet de son pouvoir, un an seulement avant son assassinat. Le Préfet Gaius Clovius : Contrairement aux monnaies habituelles frappées par des « triumvirs monétaires » (de jeunes magistrats), celle-ci est émise par un Préfet (PRAEF). Clovius était un officier de confiance de César, chargé de superviser les émissions monétaires destinées spécifiquement au paiement des vétérans de l’armée césarienne. L’innovation du bronze : C’est l’une des premières fois que le bronze est utilisé pour de grandes dénominations avec un alliage de qualité (orichalque), préfigurant la réforme monétaire d’Auguste. 2. Symbolisme de l’Avers : La Victoire Le buste de la Victoire : Elle ne représente pas seulement une bataille gagnée, mais la légitimité du pouvoir de César. Le fait qu’elle porte parfois une étoile (le Sidus Iulium) souligne la dimension quasi divine que César commence à adopter. Le message politique : En associant son nom (CAESAR) et son titre de dictateur à l’image de la Victoire, il signifie que la paix actuelle n’est due qu’à son génie militaire personnel. 3. Symbolisme du Revers : Minerve et le Serpent Le revers est le plus riche en significations. Il met en scène Minerve, déesse de la sagesse mais aussi de la « guerre juste » et stratégique. Le Trophée et le Bouclier : Minerve porte un trophée d’armes, signe de victoire sur l’ennemi. Son bouclier est orné de la tête de Méduse (le Gorgoneion), symbole de protection terrifiante contre les adversaires de l’État. Le Serpent : C’est l’élément le plus débattu. Interprétation traditionnelle : Le serpent représente le « Mal » ou la discorde civile que Minerve (César) s’apprête à écraser. Interprétation religieuse : Le serpent est souvent associé à Erichthonios ou aux forces de la terre. Ici, il symbolise le renouveau et la protection de Rome sous l’égide de la sagesse (Minerve). La posture : Minerve avance d’un pas décidé. Elle n’est pas statique ; elle « marche » vers l’avenir, pacifiant le monde romain. En résumé Cette monnaie est une médaille de propagande. Elle dit aux Romains et aux soldats : « La guerre est finie, César a triomphé par la sagesse de Minerve, et l’ère de la discorde (le serpent) est désormais sous contrôle. » Le monétaire désigné sur cette pièce est Gaius Clovius (ou Caius Cluvius en latin). Son rôle et son titre sont essentiels pour comprendre la nature « extraordinaire » de cette monnaie. Voici les informations clés sur ce personnage : 1. Son titre : Praefectus (Préfet) Sur le revers de la monnaie, on lit explicitement C. CLOVI PRAEF. Contrairement aux monétaires habituels de la République qui étaient des Triumviri Monetales (des magistrats en début de carrière), Clovius agit en tant que Préfet de César. Un homme de confiance : Ce titre indique qu’il n’a pas été élu par le peuple, mais nommé directement par Jules César. Pouvoir délégué : En tant que Praefectus, il disposait d’une autorité militaire et administrative déléguée pour superviser la frappe de monnaie, souvent dans un contexte d’urgence ou de déplacement des troupes. 2. Identité et Carrière Gaius Clovius appartenait à la gens Cluvia, une famille d’origine campanienne (de la région de Naples) qui s’est ralliée à la cause de César. Gouverneur potentiel : Certains historiens (et des catalogues comme Inumis) suggèrent qu’il aurait pu être préfet de la Gaule Cisalpine (nord de l’Italie) ou chargé de l’administration de l’Italie du Nord entre 46 et 45 av. J.-C. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’atelier de frappe est souvent situé à Milan (Mediolanum) ou dans une unité mobile accompagnant l’armée. Consul de remplacement : Il est très probablement le même Gaius Cluvius qui deviendra Consul suffect en 29 av. J.-C. sous Auguste, prouvant que sa famille a su rester au cœur du pouvoir après la mort de César. 3. Son rôle monétaire spécifique Clovius n’est pas un graveur, mais le responsable politique de l’émission. Son rôle était de garantir : La qualité de l’alliage : L’utilisation de l’orichalque (laiton) était une innovation technique majeure pour l’époque. La diffusion du message : Il a veillé à ce que les titres de César (DIC TER) et l’iconographie de la Victoire et de Minerve soient parfaitement exécutés pour impressionner les vétérans et les citoyens. Variante : avec étoile derrière la tête de la Victoire. Références : RRC 476/1b – B.11 (Clovia) – Syd.1026 British Museum 14.98g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. CloviusPraefectus, en 708-709 (46-45 av. J. C.) Caius Clovius a signé, en qualité de praefectus, des monnaies de bronze sur lesquelles il donne à César le titre de dictator tertio ; ces pièces sont donc des années 708 ou 709. Leur type est espagnol, et comme c’est en cette année 708 que César partit en Espagne pour faire la guerre aux fils de Pompée, il est permis de croire que C. Clovius fut un des lieutenants du dictateur pendant cette guerre. Il fut
1451LI – Sesterce Licinia – Aulus Licinius Nerva

1451LI – Sesterce Licinia – Aulus Licinius Nerva Avers : NERVA Tête laurée d’Apollon à droite. Revers : A. LICINI (Aulus Licinius) Victoire marchant à droite, tenant palme et une couronne. Bibliothèque nationale de France 0.95g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 47 avant J.C. Matière : Argent Gens : Licinia Références : RRC 454/4 – B.26 (Licinia) – Syd.957 Symbolisme : L’harmonie et la victoire Cette monnaie est un condensé de la propagande césarienne de l’époque, utilisant des archétypes divins pour légitimer le pouvoir en place. Apollon (Avers) : Apollon est le dieu de la lumière, de la prophétie, mais aussi de l’ordre et de l’harmonie. En 47 av. J.-C., après le chaos des premières années de guerre civile, l’image d’Apollon suggère un retour à l’équilibre. C’est aussi une divinité protectrice très appréciée par les cercles intellectuels et politiques proches de César. La Victoire (Revers) : La Victoire tenant la palme et la couronne est un message direct. Elle ne symbolise pas une bataille précise, mais la capacité de la faction de César (représentée ici par le magistrat Nerva) à triompher de ses ennemis et à apporter la paix par la force des armes. Contexte Historique : L’année 47 av. J.-C. Le contexte de cette frappe est celui d’une République en pleine mutation, où l’argent sert d’outil de ralliement. Le retour de la monnaie de division : Le sesterce en argent avait été délaissé pendant des décennies. Sa réapparition sous César (série 454) répond à un besoin pragmatique : les soldats et les citoyens ont besoin de menue monnaie pour la vie quotidienne, car l’inflation et les besoins militaires ont raréfié le numéraire. La fidélité de la Gens Licinia : Aulus Licinius Nerva, le magistrat, appartient à une famille qui soutient César. En frappant cette monnaie à Rome pendant que César est en campagne (notamment en Égypte et en Orient), il affirme la continuité de l’État et la stabilité du gouvernement césarien à Rome. Prélude au changement : Cette pièce précède de peu les célèbres émissions de 44 av. J.-C. Elle montre une phase de transition où l’on utilise encore des dieux (Apollon) avant d’oser placer le portrait d’un homme vivant sur les monnaies, un tabou que César brisera trois ans plus tard. Le monétaire responsable de l’émission de ce denier est Aulus Licinius Nerva. Bien que sa biographie précise soit moins documentée que celle des grandes figures comme César ou Pompée, nous pouvons dresser son portrait à travers ses fonctions et son appartenance familiale. 1. Son Rôle : Triumvir Monetalis En 47 av. J.-C., Aulus Licinius Nerva occupe la fonction de triumvir monétaire (tresviri monetales). Ce poste était généralement la première étape du cursus honorum (la carrière des honneurs) pour les jeunes aristocrates romains. Il était responsable, avec deux collègues, de la surveillance de la frappe des monnaies à l’atelier de Rome. C’est à ce titre que son nom A·LICINIVS et son titre III·VIR apparaissent sur le revers de la pièce. 2. Son Allégeance Politique Aulus Licinius Nerva appartient au camp de Jules César. Soutien Césarien : Sa nomination en 47 av. J.-C. intervient alors que César est dictateur. Le choix de Fides (la Fidélité) sur ses pièces est un signe fort de son adhésion à la cause césarienne dans un climat de guerre civile. Carrière ultérieure : Il est identifié par les historiens comme le questeur de Decimus Junius Brutus (l’un des lieutenants de César, qui participera plus tard au complot contre lui). Cela confirme qu’il faisait partie du cercle restreint des officiers et magistrats entourant l’état-major césarien. 3. Son Origine Familiale : La Gens Licinia Il appartient à la gens Licinia, l’une des familles plébéiennes les plus illustres et les plus puissantes de Rome. Une lignée de prestige : Les Licinii ont produit des figures majeures comme le triumvir Crassus ou le général Lucullus. L’héritage des Nervae : Sa branche familiale, les Licinii Nervae, s’est distinguée par ses succès militaires. Comme mentionné précédemment, il utilise sa monnaie pour célébrer son ancêtre, le préteur de 142 av. J.-C., rappelant ainsi que sa famille a toujours été un pilier de la force militaire romaine. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon A. Licinius Nerva. Triumvir monétaire de 705 à 709 (49-45 av. J.-C.) On connaît plusieurs personnages ayant porté le nom de Aulus Licinius Nerva; le premier fut tribun du peuple en 576 (178 av. J.-C.), puis préteur en Espagne, en 588 (166 av. J.-C.) ; un autre, probablement fils du précédent, fut préteur en 611 (143 av. J.-C.) et l’année suivante gouverneur de la Macédoine. Le monétaire dont nous nous entretenons ici, descendait sans doute de ces personnages, mais il n’est pas connu historiquement, à moins que ce ne soit un certain Licinius Nerva, mentionné sans son prénom, et qui fut questeur de Decimus Brutus pendant la guerre de Modène. La même obscurité règne sur l’interprétation des types monétaires de ce magistrat. Nous ne connaissons pas les motifs qui l’ont poussé à représenter sur ses deniers la tête de la déesse de la Bonne Foi, à qui Numa fit, le premier, bâtir un temple. Peut-être un des ancêtres de A. Nerva fut-il prêtre de cette divinité qu’on appelle fides publica du temps des empereurs et qu’on représente sur les monnaies impériales, tenant une patère et une corne d’abondance.On a proposé de reconnaître dans le type du revers des deniers, le préteur A. Licinius Nerva qui, pendant sa préture en Macédoine, en 612 (142 av. J.-C.), battit Andriscus qui avait entrepris de restaurer le trône de Persée. Les médailles représenteraient Nerva lui-même à cheval et traînant par les cheveux le malheureux roi de Macédoine. On voit au revers du sesterce un cavalier en course, comme sur les monnaies des Calpumii Pisones. C’est une allusion aux ludi Apoliinares institués par P. Licinius Varus, préteur en 546 (208 av. J.-C.)
1227VI – Quadrans Vibia – Caius Vibius Pansa

1227VI – Quadrans Vibia – Caius Vibius Pansa Avers : Anépigraphe Buste ailé de la Victoire à droite. Revers : C. VIBI. (Caius Vibius) Proue de navire à droite, dessous marque de valeur composée de trois globules. British Museum 2.95g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 90 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Vibia Références : RRC 342/9a – B.14 (Vibia) Variante : Sans marque de valeur au revers. Références : RRC 342/9b Bibliothèque nationale de France 2.53g Bibliothèque nationale de France 2.53g C.Vibius C.f. Pansa (Caius Vibius, fils de Caius) était un important monétaire de la République romaine, actif autour de 90 av. J.-C. à Rome. 🏛️ Informations Clés sur le Monétaire Identité : C. Vibius C.f. Pansa (Caius Vibius, fils de Caius, surnommé Pansa). Période : Vers 90 av. J.-C. (pendant la Guerre Sociale). Rôle : Magistrat monétaire (tresviri monetales), responsable de la frappe des monnaies. Famille : Il appartenait à la gens Vibia, une famille plébéienne. Postérité Numismatique : Il est le père (probable) de C. Vibius Pansa Caetronianus, qui fut consul en 43 av. J.-C. et qui frappa également des monnaies (RRC 449) reprenant certains types de son père (comme le masque de Pan). ⚔️ Contexte de Frappe La période durant laquelle C. Vibius C.f. Pansa a frappé monnaie (90 av. J.-C.) correspond à la Guerre Sociale (91-88 av. J.-C.), un conflit majeur opposant Rome à ses alliés italiens. Ses émissions de deniers, qui étaient très importantes en quantité, ont largement servi à financer l’effort de guerre de la République romaine. Les types les plus courants de ses deniers (RRC 342/5) représentent souvent la tête laurée d’Apollon à l’avers et Minerve conduisant un quadrige à l’inverse, commémorant peut-être les premières victoires romaines dans ce conflit. 🖼️ Analyse de l’Iconographie L’élément clé de cette monnaie est l’Avers, qui représente la Victoire : Rupture avec la Tradition du Bronze : L’iconographie du Quadrans anonyme était traditionnellement la tête d’Hercule. En remplaçant Hercule par la Victoire, C. Vibius Pansa s’approprie le type et impose un message politique fort même sur sa petite monnaie divisionnaire. Cohérence de l’Émission : Ce type de Victoire renforce la cohérence idéologique de toute l’émission RRC 342. Les deniers (RRC 342/5, 342/6) présentent Minerve en quadrige, qui est l’incarnation de la force guerrière de Rome ou la dea Roma elle-même, souvent liée à la victoire. L’As (RRC 342/7), comme vous l’avez noté, affichait un triple motif de proue et les bonnets des Dioscures, tous liés à la guerre et à la victoire. Le Quadrans, avec le buste de Victoire elle-même, est la manifestation la plus directe et la plus claire du thème de la victoire militaire, cherchant à affirmer la confiance en l’issue de la Guerre Sociale. En résumé, ce Quadrans, bien que petite monnaie de bronze, participe activement à la propagande de guerre de C. Vibius Pansa en plaçant la Victoire directement sur son avers, un choix iconographique notable. Pour plus de clichés de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Vibius C. j. Pansa. Monétaire vers 664 (90 av. J.-C.) Il est probable que ce magistrat est le père de C. Vibius Pansa C. f. C. n. qui fut consul en 711 (43 av. J.-C.). Le prénom concorde parfaitement avec cette identification, ainsi que le style des médailles. Mais on ne sait rien sur l’histoire de ce monétaire, sinon qu’il fut proscrit par Sylla en 672 (82 av. J.-C.). Il fit partie du même collège monétaire que Q. Titius dont les deniers sont de style semblable.Nous avons fait remarquer ailleurs que Q. Titius copia sur ses pièces de bronze la plupart des types des deniers de C. Vibius Pansa. Ajoutons ici que l’as n. 10 de C. Vibius Pansa porte, au droit, une tête de Janus à barbe pointue, pareille à celle qui figure sur l’as de Q. Titius. Nous n’avons rien à dire de la tête d’Apollon et du quadrige de Pallas identifiée à la dea Roma, qu’on voit sur les cinq premières médailles. Sur le denier n. 6, Cérès ou Déméter, tenant deux torches, est à rapprocher de Diane Lucifera sur un denier de P. Clodius Turrinus ; c’est un type emprunté à la numismatique des villes grecques ou siciliennes, sans que nous connaissions les motifs de ce choix. Le cochon qui accompagne souvent Cérès à la recherche de sa fille Perséphone, rappelle les cochons qui, suivant la légende, bouleversèrent le sol afin de cacher la trace du passage de Perséphone. Les masques bachiques sur les autres deniers, sont des types parlants qui font allusion au cognomen du monétaire.
1108CO – As Cornelia – Cneius Cornelius Blasio

1108CO – As Cornelia – Cneius Cornelius Blasio Avers : ROMA Tête laurée de Janus, au-dessus marque de valeur I. Revers : CN. BLASIO CN. F (Cnaeus Blasio, Cnaei filius) Victoire érigeant un trophée auquel elle fixe un casque avec un marteau qu’elle tient à la main. British Museum 30.66g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 112-111 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Cornelia Références : RRC 296/2 – B.21 (Cornelia) – Syd.562 Le Magistrat Monétaire : Cn. Blasio Cn. f. Nom Complet : Cnaeus Cornelius Blasio, fils de Cnaeus Cn. Cornelius Blasio Cn. f. Période d’Activité : 112-111 av. J.-C. Atelier Monétaire : Rome Contexte et Famille La Gens Cornelia : Cn. Blasio Cn. f. appartient à la prestigieuse gens Cornelia, l’une des familles patriciennes les plus importantes et les plus prolifiques de la République romaine. Les Cornelii ont détenu un nombre record de magistratures (consulats, censures, etc.) tout au long de l’histoire républicaine. Identité Personnelle : Il est le plus souvent identifié simplement comme le monétaire pour cette période. Il n’est pas autrement connu pour une carrière politique ou militaire notable ultérieure, ce qui est parfois le cas pour les monétaires qui n’ont pas atteint les plus hautes fonctions (comme le consulat). Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Cn. Cornelius Blasio. Monétaire vers l’an 655 (99 av. J.-C.) Le cognomen Blasio apparaît dans la gens Cornelia, pour la première fois avec Cn. Cornelius Blasio, fils de Lucius, qui fut consul en 484 (270 av. J.-C.) et une seconde fois en 497 (257 av. J.-C.). Un autre Cn. Cornelius Blasio fut préteur en Sicile en 560 (194 av. J.-C.). Le monétaire doit être un descendant de l’un de ces deux personnages, sans doute le fils ou le petit-fils du dernier ; mais on n’a aucun renseignement historique à son sujet. Ses deniers représentent la tête de Scipion l’Africain l’Ancien, dont on rapporte la mort à l’an 569 (185 av. J.-C.)Le revers du denier, avec Jupiter entre Junon et Pallas, rappelle les statues divines du temple du Çapitole, parce que l’image de Scipion l’Africain l’Ancien était installée dans le temple de Jupiter, en souvenir des entretiens que cet homme illustre avait eus, disait-on, de son vivant avec les dieux. Lieu de découverte (1 exemplaire)
664AN – Victoriat Anonyme

664AN – Victoriat Anonyme Avers : Anépigraphe Tête laurée de Jupiter à droite. Revers : ROMA Victoire debout à droite couronnant un trophée, entre un casque. British Museum 3.21g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 179-170 avant J.C. Matière : Argent Gens : Anonyme Références : RRC 168/1 – Syd.271 Sur le revers, le petit dessin de casque n’est pas un simple ornement, mais une marque de contrôle (ou symbole de série). Durant la République romaine, notamment avant l’apparition des noms de monétaires sur les deniers, les émissions de monnaies étaient distinguées par un système complexe de lettres, chiffres, et symboles. Fonction Administrative : Ce casque (ou tout autre symbole comme une ancre, une proue, une épée, etc.) servait à identifier la série de frappe et le magistrat monétaire (Triumvir Monetalis) responsable de cette émission. Il s’agissait d’un outil de comptabilité et de contrôle de la qualité du monnayage. Les chercheurs se réfèrent d’ailleurs à cette monnaie comme faisant partie de la « série au casque ». Lieux de découverte (2 exemplaires)
661AN – Victoriat Anonyme

661AN – Victoriat Anonyme Avers : Anépigraphe Tête laurée de Jupiter à droite. Revers : ROMA Victoire debout à droite couronnant un trophée. British Museum 2.9g INDICE DE RARETE : 6 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 179-170 avant J.C. Matière : Argent Gens : Anonyme Références : RRC 166/1 – Syd.313 Lieux de découverte (70 exemplaires) Ce Victoriat est un marqueur chronologique : il représente la fin de l’ère du victoriat en tant que monnaie d’argent à bas titre distincte, juste avant qu’elle ne soit remplacée par le quinaire (qui en a conservé le type) dans le système républicain.
652MA – Victoriat Matiena – Matienus

652MA – Victoriat Matiena – Matienus Avers : Anépigraphe Tête laurée de Jupiter à droite. Revers : (MAT) // ROMA (Matienus. Rome) Victoire debout tournée à droite et couronnant un trophée. British Museum 2.91g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 179-170 avant J.C. Matière : Argent Gens : Matiena Références : RRC 162/1a – B.3 (Matiena)- Syd. 321 Variante : Légende (MT) au revers Référence : RRC 162/1b Department of Numismatics and Monetary History at the University of Vienna 2.21g Department of Numismatics and Monetary History at the University of Vienna 2.21g Le magistrat monétaire (ou triumvir monetalis) qui a émis cette monnaie est connu sous le nom de Matienus. Voici ce que l’on sait à son sujet et sur sa fonction : Titre : Il a exercé la fonction de magistrat monétaire à Rome. À cette époque (179-170 av. J.-C.), ces magistrats étaient chargés de superviser la frappe de la monnaie à la Monnaie de Rome. Période : Ses émissions sont datées par Crawford (RRC) de 179 à 170 av. J.-C., une période où les magistrats commençaient à apposer leur nom ou une abréviation sur les monnaies pour marquer leur autorité sur la production. Le Magistrat Matienus et sa Gens Identité : Le nom Matienus indique qu’il appartenait à la Gens Matiena. Notoriété : En dehors de cette émission monétaire, le magistrat Matienus lui-même est très peu connu par les sources historiques. Gens Matiena : La gens Matiena était une famille plébéienne de Rome. Les premiers membres de cette famille apparaissent dans l’histoire romaine à l’époque de la Seconde Guerre Punique (fin du IIIe siècle av. J.-C.). Lieux de découverte (10 exemplaires)
634AN – Victoriat Anonyme

634AN – Victoriat Anonyme Avers : Anépigraphe Tête laurée de Jupiter à droite. Revers : ROMA Victoire debout à droite couronnant un trophée, entre une mouche. British Museum 2.9g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 179-170 avant J.C. Matière : Argent Gens : Anonyme Références : RRC 159/1 – Syd. 323 Pendant cette période de la République (environ 179-170 avant J.-C.), l’émission des monnaies était un processus complexe géré par les magistrats monétaires (souvent les tresviri monetales). La petite mouche servait à : Identifier l’atelier ou le lot de production : Ces marques permettaient de distinguer les pièces frappées par un même responsable, ou au sein d’un même atelier monétaire, sur une période donnée. Assurer la qualité et la responsabilité : L’usage de ces symboles, lettres ou monogrammes permettait de retracer l’origine d’un lot de monnaies. Si des pièces présentaient un titre d’argent (pureté) insuffisant ou un poids incorrect, le responsable (le magistrat ou l’équipe d’atelier associée à ce symbole) pouvait être identifié et tenu pour responsable. Séparer les émissions : Le RRC 159 est une série d’émissions anonymes (sans le nom du magistrat monétaire). C’est le petit symbole dans le champ (comme la mouche) qui permet de diviser la série en sous-groupes (159/1, 159/2, 159/3, etc.). Lieux de découverte (18 exemplaires)