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670MA – Semis Matia

670MA – Semis Matia Avers : Anépigraphe Tête laurée de Saturne à droite ; derrière, marque de valeur S. Revers : (MA) // ROMA  (Matienus. Rome) Proue de navire à droite ; devant, marque de valeur S. Vatican Museums 11.9g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Incertain Datation : 199-170 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Matia Référence : RRC 172/3 

Marcus Caedicius : La Voix Oubliée qui Annonça la Catastrophe de Rome (390 av. J-C)

Marcus Caedicius : La Voix Oubliée qui Annonça la Catastrophe de Rome (390 av. J-C) L’histoire de la Rome antique est jalonnée d’exploits héroïques et de signes divins. Mais peu d’épisodes sont aussi traumatisants et symboliques que le Sac de Rome par les Gaulois Sénons en 390 av. J.-C. Parmi les récits qui entourent cette déroute, celui de Marcus Caedicius, un simple citoyen, se distingue : il est celui qui a transmis l’avertissement divin, rejeté, mais finalement prophétique. Le Contexte : Une Rome Sûre d’Elle Au début du IVe siècle av. J.-C., Rome venait de vaincre sa rivale, Véies, et se sentait en pleine expansion. C’est dans ce climat d’orgueil et d’insouciance qu’est apparue la menace gauloise. La ville, alors mal préparée, était sur le point de subir l’une des plus grandes humiliations de son histoire. Selon l’historien Tite-Live, les dieux, dans leur clémence, ne laissèrent pas la cité sans avertissement. L’Avertissement Surnaturel de la Via Nova L’événement qui fit entrer Marcus Caedicius dans la légende se déroula dans le silence de la nuit, sur la Via Nova (Nouvelle Voie), une rue qui passait au pied du Palatin, près du temple de Vesta. Marcus Caedicius était un simple membre de la plèbe — un homme du peuple. Une nuit, alors qu’il rentrait chez lui, il entendit distinctement une voix plus forte que nature, qui lui était directement adressée. Cette voix céleste lui délivra un message glaçant : « Marcus Caedicius, va dire aux magistrats que les Gaulois arrivent. » Caedicius, bien que terrifié, rapporta fidèlement l’avertissement aux tribuns militaires à pouvoir consulaire (les magistrats de l’époque). L’Erreur Fatale des Magistrats L’avertissement du plébéien fut malheureusement ignoré par l’élite. Les magistrats, soit par orgueil, soit parce que Caedicius n’était pas un homme de haut rang, le rejetèrent, jugeant que le message était trop vague, qu’il s’agissait d’une hallucination, ou simplement qu’il ne venait d’aucune source officielle et établie (comme l’interprétation des auspices). L’historien Tite-Live souligna ce mépris : le message fut négligé « à cause de la basse extraction de celui qui le rapportait ». Quelques jours plus tard, en 390 av. J.-C., l’armée romaine fut écrasée à la bataille de l’Allia. La route de Rome était ouverte, et les Gaulois, menés par Brennus, prirent et pillèrent la ville, incendiant la quasi-totalité de celle-ci, à l’exception du Capitole. Buste de Brennus provenant de la figure de proue du cuirassé Brennus (XIXe siècle), Musée national de la Marine. La Réhabilitation et la Légende Ce n’est qu’après le sac que l’avertissement de Caedicius fut réévalué. La voix inconnue fut officiellement reconnue comme un avertissement divin et Marcus Caedicius fut réhabilité. Les Romains se reprochèrent amèrement d’avoir dédaigné le signe céleste par orgueil social. Pour apaiser les dieux et honorer la véracité de son témoignage, un petit autel fut dédié en l’honneur de la Voix (Aius Locutius) à l’endroit exact où Caedicius avait entendu le message, faisant de lui le porteur d’une vérité sacrée. Son histoire est souvent mise en opposition avec celle des oies du Capitole. Denier Anonyme 194-190 avant J.C. Le Lien Numismatique : L’Allusion à la Chouette (Noctua) L’héritage de Marcus Caedicius pourrait avoir été perpétué, non seulement par l’autel, mais aussi par la monnaie, grâce à un jeu de mots ou un surnom. La gens Caedicia (famille Caedicius) a porté le cognomen (surnom) de Noctua, qui signifie chouette en latin. Certains numismates, comme Grueber, suggèrent que ce surnom est directement lié à l’épisode de l’avertissement. La chouette, animal nocturne, est un symbole de veille et de sagesse, faisant écho à l’avertissement divin reçu par Marcus Caedicius pendant la nuit. Le cognomen Noctua est notamment porté par Quintus Caedicius Noctua, consul en 289 av. J.-C. Plus tard, entre 194 et 190 av. J.-C. (période de ce denier), un monétaire de la famille, nommé Caecidius Noctua, a pu frapper des deniers qui portent le symbole de la chouette sur leur revers.  Ainsi, la chouette, souvent vue comme le symbole de la sagesse ou de Minerve, devient pour les Caedicii un rappel de l’avertissement manqué, transmis par leur ancêtre Marcus Caedicius, qui aurait dû sauver Rome de la destruction.

Meta

Meta La Meta : l’enjeu crucial des courses de chars romaines Le rugissement de la foule, le tonnerre des sabots, la poussière qui s’élève en nuages… Au cœur de la Rome antique, les courses de chars étaient un spectacle à couper le souffle. Mais au-delà de la vitesse et de l’habileté, chaque course se jouait autour d’un point bien précis, un objet qui était à la fois un repère, un défi et un danger : la meta. Qu’est-ce que la meta ? La meta (au pluriel, les metae) était l’une des deux bornes monumentales placées aux extrémités de la spina, le mur central qui divisait la piste du cirque romain. Ces bornes, souvent de forme conique ou ornementées de statues, marquaient les points de virage obligatoires que les auriges (les conducteurs de chars) devaient négocier à toute vitesse, un après l’autre, pour accomplir les sept tours de la course. Ce n’était pas un simple poteau : chaque méta était un ensemble de trois colonnes, souvent décorées et surmontées d’un cône, symbolisant la nature sacrée de l’événement et son importance dans la structure de la course. Victoriat anonyme La Dernière Prière des martyrs chrétiens Jean-Léon Gérome 1883 Le cœur de la stratégie et du danger Pour un cocher, tourner autour de la meta était l’épreuve la plus difficile et la plus décisive de la course. Le but était de prendre le virage le plus serré possible, au risque de percuter la borne ou les chars adverses. Se coller à la méta permettait de gagner une fraction de seconde cruciale qui pouvait faire la différence entre la victoire et la défaite. Cependant, c’était aussi là que se produisaient les accidents les plus spectaculaires et les plus violents. Les collisions et les bris de chars étaient si fréquents à ces points que la meta est restée le symbole du péril et de la tension extrême qui animaient chaque tour de piste. Une signification durable Le mot latin meta ne désignait pas seulement la borne physique. Il avait aussi un sens figuré, signifiant « objectif », « but », « fin » ou « limite ». Cette double signification a traversé les siècles et se retrouve dans de nombreuses langues. En français, la « méta » désigne aujourd’hui un but à atteindre, une fin de course, un objectif. Ainsi, la meta était bien plus qu’une simple borne de virage. Elle était le point névralgique du spectacle, l’endroit où le destin des coureurs et des équipes se jouait, un symbole de la fin d’un tour et du but à atteindre, qui a laissé une empreinte durable dans notre vocabulaire.

Sidus Iulium

Sidus Iulium « Sidus Iulium » est un terme latin qui signifie « l’étoile de Jules ». Il fait référence à la comète qui est apparue en juillet 44 av. J.-C., peu de temps après l’assassinat de Jules César. L’apparition de cette comète, visible pendant sept jours, fut interprétée par les Romains comme un signe de la déification de César. Ils croyaient que c’était l’âme de César montant vers les cieux et qu’il était devenu un dieu. Voici les points clés concernant le Sidus Iulium : Un signe de divinité : La comète, également connue sous le nom de « Comète de César » ou Caesaris astrum, fut un élément crucial de la campagne politique menée par Octavien (futur empereur Auguste) pour honorer César et renforcer sa propre position en tant qu’héritier. En s’associant à Jules, désormais divinisé, Octavien légitimait son pouvoir et sa connexion divine. Représentation symbolique : Le Sidus Iulium est devenu un symbole proéminent sur les pièces de monnaie et les statues romaines. Une étoile ou une comète était souvent représentée au-dessus de la tête d’une statue du César divinisé (Divus Iulius). Cette représentation visuelle renforçait l’idée de son apothéose. Récits littéraires : La comète fut décrite par de célèbres auteurs romains, comme Pline l’Ancien et le poète Virgile, qui ont souligné sa brillance et sa signification. Impact historique : Le Sidus Iulium a joué un rôle majeur dans le paysage religieux et politique de Rome. Il a fourni une justification puissante et populaire à la déification de César, une décision initialement controversée, mais qui est finalement devenue un élément fondamental du culte impérial sous Auguste. Le Temple du Divin Jules (Templum Divi Iulii) fut construit sur le Forum romain en son honneur, et une statue de lui, ornée d’une étoile, y fut érigée. Denier Auguste

Clipeus Virtutis

Corona Civica – Dupliquer – [#188848] Un Clipeus Virtutis (qui signifie « bouclier de la vertu » en latin) était un bouclier en or décerné par le Sénat romain à Auguste, le premier empereur romain, en 27 av. J.-C. Ce bouclier était un symbole des vertus qu’il était censé posséder : Virtus (courage ou valeur) Clementia (clémence ou miséricorde) Justitia (justice) Pietas (piété ou sens du devoir) Le Clipeus Virtutis fut placé dans la Curie Julia, le siège du Sénat romain, en tant qu’honneur public. Cet acte faisait partie du processus par lequel le Sénat a officiellement reconnu l’autorité d’Auguste et son rôle dans le rétablissement de la paix et de la stabilité de la République romaine. Il symbolisait sa position unique de chef dont le pouvoir était enraciné dans ces qualités morales, plutôt que dans la seule force militaire. Aureus Auguste

Corona Civica

Corona Civica La corona civica (couronne civique) était une décoration militaire d’une grande distinction dans la Rome antique. Il s’agissait d’une couronne de feuilles de chêne décernée à un citoyen romain qui avait sauvé la vie d’un autre citoyen romain au combat. Voici les points essentiels concernant la corona civica : Aureus Auguste Les critères d’attribution : Pour recevoir la corona civica, un soldat devait remplir des conditions très spécifiques. Il devait sauver la vie d’un camarade citoyen, tuer l’adversaire de cet ennemi lors d’un combat au corps à corps, et tenir la position sur laquelle l’acte avait eu lieu le même jour. Un point crucial était que le citoyen sauvé devait confirmer personnellement l’acte de bravoure. Symbolisme : Le chêne était un arbre sacré pour Jupiter, le dieu principal des Romains, et il symbolisait également la force et la résistance. La couronne de feuilles de chêne représentait la valeur accordée à la vie d’un citoyen romain et le devoir d’un soldat de protéger ses camarades. Privilèges : La corona civica s’accompagnait de privilèges considérables. Le récipiendaire était exempté de tous les devoirs publics, une exemption qui s’étendait à son père et à son grand-père paternel. Il était également autorisé à porter la couronne lors de tous les événements publics et se voyait attribuer une place spéciale à côté des sénateurs. Importance historique : La corona civica était une part essentielle de la culture romaine, car elle mettait en lumière le lien entre la valeur individuelle et le devoir civique. C’était une manière de reconnaître et de récompenser les actes désintéressés qui bénéficiaient à la communauté. Le plus célèbre récipiendaire de la corona civica fut le premier empereur romain, Auguste, qui reçut cet honneur pour avoir mis fin aux guerres civiles qui avaient déchiré la République. La couronne devint un symbole de son autorité et de son rôle de « sauveur » du peuple romain.

Le Temple de Mars Ultor

Le Temple de Mars Ultor Le Temple de Mars Ultor (en latin : Templum Martis Ultoris), ou Temple de Mars le Vengeur, est un temple romain situé dans le forum d’Auguste à Rome. Il fut construit pour commémorer la victoire d’Auguste à la bataille de Philippes en 42 av. J.-C., où il vengea l’assassinat de son père adoptif, Jules César. Construction et Inauguration Vœu d’Auguste : Auguste fit le vœu de construire un temple dédié à Mars Vengeur avant la bataille de Philippes. Inauguration : Le temple fut finalement inauguré en 2 av. J.-C., bien que les travaux n’aient pas été totalement terminés. Emplacement : Il se dresse au fond du forum d’Auguste et est adossé à un grand mur en tuf de 30 mètres de haut, qui séparait le forum des quartiers d’habitation voisins et servait également de coupe-feu. Aureus Auguste Ruine du temple Rôle et Signification Le temple de Mars Ultor n’était pas un simple monument. Il jouait un rôle central dans la vie politique et militaire romaine : Centre militaire : Le Sénat s’y réunissait pour prendre les décisions liées à la guerre et pour ratifier les triomphes. Cérémonies d’État : Il servait de lieu pour de nombreuses cérémonies officielles, notamment celles de l’entrée dans l’âge adulte pour les jeunes Romains qui y recevaient leur toge. Symbole de la vengeance et de la paix : Le temple glorifiait la vengeance d’Auguste et le nouvel ordre qu’il avait instauré. Il contenait notamment les enseignes légionnaires récupérées des Parthes, un événement diplomatique majeur pour Rome. Statues et décorations : À l’intérieur de la cella (la pièce principale), se trouvaient des statues de Mars, Vénus (ancêtre mythique de la famille d’Auguste) et du Divin Jules. Architecture Le temple a été conçu sur un plan octostyle (huit colonnes en façade) et périptère sine postico (des colonnes sur les côtés, mais pas à l’arrière). Il était construit sur une plate-forme surélevée en opus caementicium recouverte de marbre. Il ne reste aujourd’hui que trois colonnes corinthiennes, qui témoignent de la grandeur de l’édifice. Les colonnes, d’une hauteur d’environ 17,7 mètres, étaient faites de marbre de Carrare.

406AN – Semuncia Anonyme

406AN – Semuncia Anonyme Avers : T Tête janiforme des Dioscures, derrière la lettre T. Revers : L Deux chevaux (des Dioscures) galopant, à droite ; au-dessus de chaque cheval, une étoile; en exergue la lettre L. SITNAM 2.55g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Luceria Datation : 211-210 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Anonyme Référence : RRC 98A/8 La lettre « L » que l’on trouve sur ces monnaies romaines de cette série est la marque de l’atelier monétaire de Luceria. Cette lettre est une abréviation de la ville de Luceria (aujourd’hui Lucera, en Italie du Sud), où ces pièces ont été frappées durant la deuxième guerre punique. L’utilisation de ces marques d’atelier était courante pour les monnaies émises en dehors de Rome pour financer l’effort de guerre. Le « L » identifiait donc le lieu de production de la pièce.

403AN – Quadrans Anonyme

403AN – Quadrans Anonyme Avers : L Tête de Mercure à droite, au-dessus marque de valeur composée de trois globules posés verticalement, au-dessous lettre L. Revers : T / ROMA Proue de galère à droite (rostre); au-dessous marque de valeur composée de trois globules, à droite la lettre T. SITNAM 9.2g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Luceria Datation : 211-210 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Anonyme Référence : RRC 98A/5 La lettre « L » que l’on trouve sur ces monnaies romaines de cette série est la marque de l’atelier monétaire de Luceria. Cette lettre est une abréviation de la ville de Luceria (aujourd’hui Lucera, en Italie du Sud), où ces pièces ont été frappées durant la deuxième guerre punique. L’utilisation de ces marques d’atelier était courante pour les monnaies émises en dehors de Rome pour financer l’effort de guerre. Le « L » identifiait donc le lieu de production de la pièce. Quant à lettre T est une marque d’atelier, ou « marque de la monnaie », qui permettait d’identifier l’atelier de frappe ou le magistrat monétaire responsable de l’émission.

Dolabella

Caducée – Dupliquer – [#5686] La Dolabella : un outil rituel de l’époque romaine   La dolabella était une petite hache ou hachette romaine, dont la forme était spécifiquement adaptée pour les rites religieux. Contrairement à une hache de travail (la securis), la dolabella était un instrument de cérémonie. Fonction et utilisation : Elle était l’un des instruments les plus importants dans le cadre des sacrifices publics et privés. Son rôle principal était de mettre à mort l’animal sacrifié. Le sacrifice était une cérémonie complexe et hautement ritualisée, et la mise à mort n’était pas un acte de violence brute, mais une étape sacrée du rituel. C’était généralement le rôle du victimarius, un assistant spécialisé, d’utiliser la dolabella ou un couteau de sacrifice (culter) pour accomplir cet acte. Importance symbolique : La dolabella symbolisait l’autorité et la légitimité du rituel. Elle était souvent représentée sur les autels et les monuments funéraires, aux côtés d’autres instruments sacrificiels comme la patera (coupe pour les libations), la simpulum (petite louche) et la praefericulum (cruche). Ces représentations visaient à souligner la pietas (la piété, le respect des dieux) et l’importance du défunt ou de la personne qui avait ordonné le sacrifice. Différence avec la dolabra : Il est important de ne pas confondre la dolabella (hachette de sacrifice) avec la dolabra. La dolabra était un outil polyvalent de l’armée romaine, combinant une hache et une pioche, utilisé principalement par les légionnaires pour la construction des fortifications et des tranchées. Bien que les deux noms soient similaires, leurs fonctions et leurs usages étaient très différents. Denier Anonyme – 209-208 avant J.C. Un nom aussi utilisé pour des personnes et des lieux   Le nom « Dolabella » était également un cognomen (surnom de famille) porté par plusieurs membres d’une branche de la gens (famille) Cornelia à Rome. L’un des plus célèbres fut Publius Cornelius Dolabella, gendre de Cicéron et consul suffect en 44 av. J.-C. De plus, il existe des monuments comme l’Arc de Dolabella et Silanus à Rome, construit par les consuls de l’an 10 de notre ère, qui n’a pas de lien direct avec la hache sacrificielle, mais avec les personnes qui l’ont fait ériger.