1341CR – Denier Serratus Creperia – Quintus Creperius Rucus

1341CR – Denier Serratus Creperia – Quintus Creperius Rucus Avers : Anépigraphe Buste drapé d’Amphitrite à droite, vu de trois quarts en arrière, les cheveux longs tombant sur la nuque et le dos; de chaque côté du buste, une marque de contrôle. Revers : Q.CREPEREI ROCVS (Quintus Crepereius Rocus) Neptune nu jusqu’à la ceinture dans un bige de chevaux marins voguant à gauche, brandissant un trident transversal de la main droite et tenant les rênes de son char marin ; au-dessus, dans le champ, marque de contrôle. Bibliothèque nationale de France 3.91g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 72 avant J.C. Matière : Argent Gens : Creperia Références : RRC 399/1a – B.1 (Creperia) – Syd.796 Le monétaire Q. Crepereius M.f. Rocus (Quintus Crepereius Rocus, fils de Marcus) est un personnage dont l’existence est surtout connue grâce à sa production monétaire en 72 av. J.-C. Voici les informations principales sur lui et sa famille, la gens Crepereia : 1. La Gens Crepereia (Famille) Statut: La gens Crepereia était une famille plébéienne de rang équestre (Ordre équestre), et non pas sénatorial, bien que ses membres aient pu exercer des magistratures. Caractère: Cicéron mentionne la discipline stricte des Crepereii, suggérant qu’ils étaient réputés pour leur rigueur morale. Connexions Familiales: Q. Crepereius M.f. Rocus était vraisemblablement le frère de Marcus Crepereius, qui fut désigné comme tribun militaire pour 69 av. J.-C. et fut l’un des juges dans l’affaire de Verrès, mentionnée par Cicéron. 2. Le Monétaire (Q. Crepereius M.f. Rocus) Période d’activité: Il a émis des monnaies en 72 av. J.-C. en tant que tresvir monetalis (un des trois magistrats monétaires), la charge qui lui permettait d’apposer son nom sur le monnayage. Les Thèmes Monétaires: Les types (dessins) qu’il a choisis sont très significatifs : Avers: Buste d’Amphitrite (ou de Salacia, l’équivalent romain), déesse de la mer et épouse de Neptune. Revers: Neptune sur son char tiré par des hippocampes. Hypothèses sur les Types: Le choix de ces divinités marines (Neptune et Amphitrite/Salacia) suggère une connexion familiale avec la mer ou les affaires navales. Certains spécialistes, comme Michael Crawford, pensent que le monétaire et sa famille étaient probablement liés aux negotiatores (hommes d’affaires romains) actifs dans la Grèce de l’Est et peut-être à Corinthe, d’où la forte influence grecque dans les types monétaires. Les Marques de Contrôle: Ses deniers dentelés sont notables pour leur système de marques de contrôle très élaboré. Elles consistent en une lettre de l’alphabet latin associée à un symbole marin (dauphin, crabe, poulpe, etc.), permettant d’identifier les paires de coins utilisées pour la frappe. En résumé, Q. Crepereius M.f. Rocus est un représentant de l’ordre équestre dont la monnaie de 72 av. J.-C. est une source précieuse sur ses possibles origines orientales et son statut social au sein de la République romaine tardive. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Cette famille,d’ordre équestre, était célèbre par l’austérité de ses membres. Cicéron mentionne un Marcus Crepereius, tribun militaire désigné et sénateur, qui en 684 (70 av. J.-C.),fut l’un des juges de Verres. C’était probablement le père de Q. Crepereius Rocus, monétaire que ses pièces désignent comme fils de Marcus. Cavedoni classe ses deniers entre 690 et 698 (64 et 56 av. J.-C.) ; cette date est confirmée par l’examen des trouvailles. Les types marins des deniers de Q. Crepercius Rocus permettent de croire que ce personnage y rappelle quelque exploit maritime de ses ancêtres, ou qu’il a fait frapper monnaie pendant qu’il remplissait quelque importante fonction sur la flotte romaine. Au droit, on voit le buste d’Amphitrite, et au revers, une divinité imberbe qui est peut-être Neptune, père de cette déesse, sur un char traîné par deux hippocampes. Le type du revers se trouve identique sur des monnaies de Corinthe, et rien ne s’oppose à ce que les monnaies de Q. Crepereius Rocus aient été frappéesà Corinthe ; on ne peut cependant admettre que ce personnage fût duumvir coloniæ deducendae, chargé de l’établissement de la colonie romaine à Corinthe en 708 (46 av. J.-C.) avec L. Cossutius Sabula. La composition des dépôts ne permet pas de faire descendre à cette date les monnaies de Q. Crepereius Rocus. Les symboles qu’on trouve dans le champ des pièces se rapportent tous à la mer ou à la navigation. Lieux de découverte (19 exemplaires)
1329EG – Denier Serratus Egnatia – Caius Egnatius Maxsumus

1329EG – Denier Serratus Egnatia – Caius Egnatius Maxsumus Avers : MAXSVMVS Buste diadémé et drapé de Vénus à droite, portant boucles d’oreille et collier; derrière, un petit buste de Cupidon sur l’épaule. Revers : C. EGNATIVS CN. / F. / CN. N (Caius Egnatius Cnæi Filius Cnæi Nepos, Caius Egnatius fils de Cneius petit-fils de Cneius) Libertas (la Liberté) dans un bige au pas à gauche, tenant les rênes de la main droite et un sceptre transversal de la main gauche. Victoria (La victoire) volante couronnant Libertas. British Museum 3.82g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 75 avant J.C. Matière : Argent Gens : Egnatia Références : RRC 391/1a – B.1 (Egnatia) – Syd.786 👤 Caius Egnatius Maximus (vers 75 av. J.-C.) Fonction Monétaire : Il était l’un des triumviri monetales (triumvirs monétaires) en 75 av. J.-C., la fonction qui lui donnait le droit de frapper monnaie à Rome. Identité : L’inscription sur la pièce, C·EGNATIVS·CN·F / CN·N (Caius Egnatius, Gnaei filius, Gnaei nepos), indique qu’il était Caius Egnatius, fils et petit-fils d’un Gnaeus Egnatius. L’ajout de MAXSVMVS sur l’avers est le cognomen (surnom) de sa famille. Carrière : Sa frappe de monnaie est une étape au début de la carrière politique romaine (cursus honorum). La rareté des sources écrites pour cette période rend souvent difficile de reconstituer le reste de la carrière de ces individus, mais on trouve des mentions. 📜 Connexions Historiques et Famille La gens Egnatia était une famille d’origine samnite (une région d’Italie centrale) qui s’est installée à Rome. Ascendance Samnite : La famille semble avoir joué un rôle important dans la politique samnite avant de s’intégrer à l’aristocratie romaine. Postérité (Selon certaines sources) : Il est possible que C. Egnatius Maximus ait fait partie de l’entourage de M. Licinius Crassus. Certaines sources l’associent à l’expédition de Crassus contre les Parthes et au désastre de Carrhes en 53 av. J.-C., où il se serait échappé avec 300 cavaliers. L’historien Appien mentionne un Egnatius et son fils qui furent inclus dans les proscriptions de 43 av. J.-C. (les purges politiques menées par le Second Triumvirat) et exécutés. Il est possible, mais non certain, qu’il s’agisse de C. Egnatius Maximus et de son fils. 🪙 Le Message sur la Monnaie Les types monétaires qu’il a choisis (Venus, Cupidon, et Libertas) sont souvent des allusions aux valeurs familiales ou aux affiliations politiques : L’association de Libertas (la Liberté) avec la coiffure des affranchis (pileus) peut faire référence à un rôle joué par un ancêtre dans l’établissement ou la défense d’un lieu associé à la Liberté, comme l’Atrium Libertatis. L’utilisation de Venus et de son surnom MAXSVMVS (Maximus) est une façon pour lui de glorifier sa lignée. En résumé, C. Egnatius Maximus est principalement connu grâce à la monnaie qu’il a frappée en 75 av. J.-C., qui lui a permis de laisser sa marque dans l’histoire, avant de vraisemblablement poursuivre une carrière politique courante pour un noble romain de l’époque. Variante avec chiffre de contrôle à l’avers sous le buste de Vénus. Référence : RRC 391/1b Bibliothèque nationale de France 3.89g Bibliothèque nationale de France 3.89g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La gens Egnatia était originaire du Samnium, probablement même de la ville de Teanum. Gellius Egnatius commandait les Samnites pendant les grandes guerres que le Samnium soutint contre Rome, au troisième siècle avant notre ère’. Marius Egnatius fut aussi un des principaux chefs des alliés italiens dans la guerre Sociale qui prit fin en 665 (89 av. J.-C.). Fixée à Rome à la suite de tous ces événements, la gens Egnatia y obtint d’être admise au Sénat, et c’est un de ses principaux représentants, C. Egnatius Maximus,qui frappa les monnaies décrites plus bas; ce personnage accompagna M. Licinius Crassus dans son expédition contre les Parthes, et après le grand désastre de Carrhae en 701 (53 av. J.-C.), il s’échappa avec trois cents cavaliers. Appien le signale comme ayant été compris avec son fils dans la proscription de l’an 711 (43 av. J.-C.). C’est vers l’an 685 (69 av. J.-C.) qu’il exerça la charge de triumvir monétaire. Les types des médailles de C. Egnatius Maximus ont résisté jusqu’icià une interprétation satisfaisante. Le denier n. 1 indique par sa dentelure qu’il était destiné au commerce avec les peuples barbares. Le type de la Liberté, au revers, peut faire croire que l’un des ancêtres du monétaire contribua à la construction d’un atrium Libertatis. Sur le n. 2, l’association de la déesse Rome et de Vénus fait songer au temple qui fut plus tard élevé, sous le règne de l’empereur Hadrien, à Rome et à Vénus, Romae et Veneri, et dont on voit encore les débris près de l’arc de triomphe de Titus. Ainsi donc, depuis longtemps déjà, quand on bâtit ce temple, Rome et Vénus avaient été associées dans un même culte qui rappelait d’ailleurs l’origine troyenne de Rome. Sur le denier n. 3, on voit, comme l’a remarqué Cavedoni, le temple de Jupiter et de la Liberté, appelé aedes Joins Libertatis. En somme, nous trouvons sur les monnaies de C. Egnatius Maximus, Vénus et Cupidon, la Liberté, la déesse Rome et Jupiter, divinités bien caractérisées parleurs attributs, mais rien ne nous apprend pour quels motifs le monétaire choisit ces types. La forme Maxsumus pour Maximus est un archaïsme qui nous porte à croire que les types qui accompagnent cette légende se rapportent à un Egnatius Maxsumus, ancêtre plus ou moins éloigné du monétaire qui portait le même nom. Lieux de découverte (23 exemplaires)
1317PA – Denier Serratus Papia – Lucius Papius

1317PA – Denier Serratus Papia – Lucius Papius Avers : Anépigraphe Tête de Junon Sospita à droite, coiffée de la peau de chèvre; derrière, marque de contrôle. Bordure de perles et de bobines. Revers : L.PAPI (Lucius Papius) Griffon bondissant à droite; en dessous, marque de contrôle. Bordure de perles et de bobines. British Museum 4.2g INDICE DE RARETE : 3 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 79 avant J.C. Matière : Argent Gens : Papia Références : RRC 384/1 – B.1 (Papia) – Syd.773 1. 🏛️ Identité et Origine de la Gens Nom : L. Papius (Lucius Papius). Fonction : Triumvir Monetalis (Un des trois magistrats chargés de la frappe des monnaies). Gens (Famille) : La Gens Papia était une famille plébéienne, probablement originaire de la ville de Lanuvium, située au sud-est de Rome. Lien familial : Il est conjecturé qu’il pourrait être le père de L. Papius Celsus, un autre monétaire qui a frappé des monnaies en 45 av. J.-C. (RRC 472/1), également en utilisant l’iconographie de Junon Sospita, déesse protectrice de Lanuvium. 2. 🔱 Iconographie et Référence à Lanuvium Le denier de L. Papius est fortement marqué par la culture de sa ville d’origine : Avers (Droit) : Tête de Junon Sospita (Junon la Salvatrice), la divinité la plus importante de Lanuvium, coiffée de sa peau de chèvre caractéristique. Revers : Un Griffon bondissant, l’animal sacré associé à Junon Sospita. Thème : En choisissant ces types, L. Papius met en avant son attachement à Lanuvium, renforçant l’idée que les monétaires utilisaient souvent leurs émissions pour célébrer leur lignée ou leur ville. 3. ⚙️ Le Système des Symboles (Control-Marks) La caractéristique la plus remarquable du monnayage de L. Papius est l’utilisation d’un système complexe et vaste de symboles ou marques de contrôle (plus de 200 combinaisons différentes) sur l’avers et le revers. Objectif : Ces marques servaient à identifier les paires de coins (matrices), permettant de réguler la production et de localiser rapidement les responsables en cas de défaut ou de fourrage (frappe sur âme de métal vil). Théories : Les numismates ont beaucoup débattu sur la signification de ces symboles. Une théorie populaire suggère qu’ils représentent des outils, des produits ou des insignes de diverses guildes professionnelles (collegia) de Rome (vignerons, artisans, musiciens, etc.) qui auraient été impliquées dans la frappe de cette importante émission. Cependant, l’historien numismate Michael H. Crawford (RRC) penche plutôt pour une sélection aléatoire d’objets du quotidien. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Papius. Monétaire vers 675 (79 av. J.-C.) Ce magistrat est inconnu historiquement ; c’est conjecturalement qu’on le regarde comme le père de L. Papius Celsus, le monétaire qui va suivre. Le denier décrit ici est très commun et il offre des variétés de symboles extrêmement nombreuses ; il est dentelé et souvent fourré. Ces circonstances sont celles qui caractérisent, comme nous le savons déjà, une abondante émission de numéraire, dans un moment de pressant besoin. Au droit, figure la tête de Junon Sospita, particulièrement adorée à Lanuvium, berceau de la famille du monétaire. On connaît la description que Cicéron nous a laissée des attributs de la grande déesse de Lanuvium ; sa statue est conservée au musée du Vatican. Elle avait la tête couverte d’une peau de chèvre, tenait une haste et un bouclier, et portait des chaussures recourbées (calceoli repandi). Des monnaies de différents monétaires de la république, comme L. Procilius et M. Mettius, la représentent combattant dans un bige. Un serpent qui lui était consacré, habitait une grotte à côté de son temple; tous les ans, une jeune fille était chargée de pénétrer dans la caverne pour porter au monstre sa nourriture. Si elle était vierge, elle sortait saine et sauve; dans le cas contraire elle était dévorée. La Junon guerrière de Lanuvium, dont le culte avait pénétré à Rome de bonne heure, est appelée Junon Sospita, celle qui sauve, qui donne le salut à la vertu, ou Caprolina, à cause de sa peau de chèvre. Son caractère guerrier la fit assimiler à la Junon Marlialis, mère de Mars. Des monuments grecs qui représentent la Junon guerrière, montrent des griffons qui sortent de sa stephanè, pour indiquer son caractère guerrier, le griffon ayant effectivement cette signification. C’est pour cela qu’on voit cet animal au revers du denier de L. Papius, comme attribut de Junon Sospita dont la tête figure au droit des mêmes pièces . Lieux de découverte (501 exemplaires)
1316CL – Denier Serratus Claudia – Tiberius Claudius Nero

1316CL – Denier Serratus Claudia – Tiberius Claudius Nero Avers : S.C (Senatus Consulto, Avec l’accord du sénat) Buste diadémé et drapé de Diane à droite avec l’arc et le carquois sur l’épaule. Revers : TI CLAVD TI F / AP N (Tiberius Claudius Tiberii Filius Appii Nepos, Tibère Claude fils de Tibère petit-fils d’Appius) Victoria (la Victoire) dans un bige galopant à droite, tenant une couronne de la main droite et une longue palme et les rênes de la main gauche; au-dessous du cheval, une marque de contrôle. British Museum 4.08g INDICE DE RARETE : 3 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 79 avant J.C. Matière : Argent Gens : Claudia Références : RRC 383/1 – B.5 (Claudia) – Syd.770 Le monétaire est : Tiberius Claudius Nero (actif entre 79 et 63 av. J.-C. environ). 👤 Le Monétaire et sa Famille Magistrature: Il occupait la fonction de triumvir monetalis (magistrat chargé de la frappe des monnaies) en 79 av. J.-C. Famille: Il est un membre de la très ancienne et influente gens Claudia, une famille patricienne romaine. Postérité Impériale: Il est surtout célèbre pour être le grand-père de l’Empereur Tibère (qui régna de 14 à 37 apr. J.-C.). Son fils, également nommé Tiberius Claudius Nero, fut le premier mari de Livie Drusilla (la future épouse de l’Empereur Auguste et mère de Tibère). 📜 Carrière Politique et Militaire Après sa magistrature monétaire, Tiberius Claudius Nero a poursuivi une carrière sénatoriale : Préture: Il a été préteur (un magistrat supérieur) dans les années 60 av. J.-C., avant 63. Légat de Pompée: Il a servi en tant que légat (lieutenant) de Pompée le Grand lors de la guerre contre les pirates ciliciens en 67 av. J.-C. Conjuration de Catilina (63 av. J.-C.): Il est connu pour son rôle lors des délibérations au Sénat sur le sort des conjurés de Catilina. Face à la proposition de mort immédiate de Caton le Jeune, il avait suggéré une approche plus prudente, demandant de reporter la décision tout en maintenant les conjurés sous bonne garde. 🪙 Le Message de la Monnaie Le denier qu’il a frappé fait des allusions à l’histoire de sa famille : Légende au Revers: La longue inscription TI.CLAVD.TI.F. AP.N (Tiberius Claudius Tiberii Filius Appii Nepos) est rare pour l’époque et met en évidence son ascendance : Tiberius Claudius [Nero], fils de Tiberius, petit-fils d’Appius. Le type de Diane: Le buste de Diane est parfois interprété comme une référence aux origines sabines de la gens Claudia, ou simplement comme une référence à un culte familial particulier. Variante : la lettre de contrôle est accompagnée par la lettre A. British Museum 4.08g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ti. Claudius Nero. Monétaire vers 670 (84 av. J.-C.) Ce personnage, fils, comme nous l’apprend son denier, d’un autre Ti. Claudius Nero, et petit-fils d’Appius Claudius Nero préteur en 559 (195 av. J.-C.), fut le père sans doute de Ti. Claudius Nero, et par conséquent le grand-père de l’empereur Tibère. Le cognomen Nero fut porté dans la famille Claudia pour la première fois par Ti. Claudius Nero, un des quatre fils d’Ap. Claudius Caecus, censeur en 442 (312 av. J.-C.). Nero signifie d’après Suétone fortis ac strenuus. Le monétaire Ti. Claudius Nero servit sous les ordres de Pompée dans la flotte romaine pendant la guerre contre les pirates en 687 (67 av. J.-C.). En 691 (63 av. J.-C.) il demanda au Sénat, que les complices de Catilina, qui avaient été arrêtés, fussent épargnés jusqu’à ce que leur chef eût été saisi et exécuté Nous trouvons pour la première fois dans la numismatique de la république romaine, la mention, sur le denier, du grand-père du monétaire. Lieux de découverte (587 exemplaires)
1315NA – Denier Serratus Naevia – Caius Nævius Balbus

1315NA – Denier Serratus Naevia – Caius Nævius Balbus Avers : S.C (Senatus Consulto, avec l’accord du Sénat) Tête diadémée de Vénus à droite. Avec ou sans marque de contrôle devant la tête. Revers : CNÆ B(AL)B (Cneius Naevius Balbus) Victoria (la Victoire) dans un trige galopant à droite, tenant les rênes des deux mains; au-dessus, avec ou sans marque de contrôle. British Museum 3.92g INDICE DE RARETE : 3 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 79 avant J.C. Matière : Argent Gens : Naevia Références : RRC 382/1 – B.6 (Naevia) – Syd.769 🏛️ Qui était C. Naevius Balbus ? Rôle et Date : Il était l’un des trois tresviri monetales (magistrats monétaires) à Rome en 79 avant J.-C., l’année où il a émis ses célèbres deniers dentelés (serrati). Gens (Famille) : Il appartenait à la gens Naevia, une famille d’origine plébéienne et patricienne de Rome. L’ajout du surnom (cognomen) Balbus (qui signifie « le bégue ») indique une branche spécifique de la famille. Contexte Politique : Il est principalement connu pour avoir été un partisan de Sylla (Lucius Cornelius Sulla). Son émission monétaire est fortement liée au contexte de la dictature de Sylla, qui venait de reprendre le contrôle de Rome après les guerres civiles. 💰 L’Émission Monétaire L’émission de C. Naevius Balbus est massive, ce qui corrobore son rôle de soutien à Sylla : Fonds de Guerre : L’inscription S·C (Senatus Consulto – « Par décret du Sénat ») sur l’avers indique que la frappe a été autorisée par un décret spécifique du Sénat. Cette autorisation extraordinaire était probablement destinée à financer les vastes opérations militaires et les besoins de trésorerie de Sylla pour consolider son pouvoir. Symbolisme : Vénus : La tête diadémée de Vénus sur l’avers était une divinité très populaire à Rome, et elle était également la déesse protectrice de Sulla (elle sera plus tard associée à Jules César). Victoire en Trige : Le revers montre la déesse Victoria (la Victoire) conduisant un trige (un char tiré par trois chevaux), un motif rare sur les monnaies républicaines. C’était un symbole de triomphe et de victoire militaire écrasante, un message politique clair en faveur du général triomphant, Sylla. En résumé, C. Naevius Balbus est un exemple typique de magistrat monétaire de la fin de la République, dont la fonction était souvent un tremplin politique et dont les émissions servaient directement les intérêts du parti politique au pouvoir, en l’occurrence celui de Sylla. Variante 1 avec une lettre de contrôle au droit devant la tête de Vénus Références : RRC 382/1a British Museum 3.91g Variante 2 avec un chiffre romain au revers au-dessus des chevaux Références : RRC 382/1b British Museum 3.89g Variante 3 avec une lettre de contrôle au revers au-dessus des chevaux British Museum 3.79g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Naevius Balbus. Monétaire vers 680 (74 av. J.-C.) Ce monétaire est inconnu dans l’histoire. Il est peut-être un descendant de L. Naevius Balbus que nous avons cité plus haut, et qui vivait environ un siècle auparavant. Remarquons que le char de la Victoire est conduit par trois chevaux. Borghesi cite à ce sujet le témoignage de Denys d’Halicarnasse, qui raconte que les Romains avaient emprunté aux Grecs l’usage de se servir parfois dans les combats, de chars attelés de trois chevaux. La dentelure des bords et les lettres S. C., ainsi que l’abondance des marques d’atelier, sont des signes certains d’un monnayage de nécessité fait dans un pressant besoin d’argent, sous l’autorité du Sénat. Nous sommes au temps de la guerre de Sertorius en Espagne, époque où, nous l’avons constaté souvent, le numéraire fut si abondant. Lieux de découverte (851 exemplaires)
1313PO – Denier Serratus Poblicia – Caius Poblicius

1313PO – Denier Serratus Poblicia – Caius Poblicius Avers : ROMA Buste casqué et drapé de Rome à droite; le casque est orné d’une tête de griffon et de deux épis; au-dessus du casque, une marque de contrôle. Revers : C. POBLICI Q. F (Caius Poblicius Quinti Filius, Caius Poblicius fils de Quintus) Hercule debout à droite, tourné à gauche, étranglant le lion de Némée; à ses pieds, sa massue; devant un arc dans un carquois; dans le champ à gauche, une marque de contrôle. British Museum 3.82g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 80 avant J.C. Matière : Argent Gens : Poblicia Références : RRC 380/1 – B.9 (Poblicia) – Syd.768 👤 Le Monétaire : C. Publicius Q.f. Nom Complet (sur la monnaie) : C. POBLICI $cdot$ Q $cdot$ F C. (Gaius) : Prénom (Praenomen) POBLICI (Publicius) : Nom de famille (Nomen gentilicium) Q $cdot$ F (Quinti Filius) : Fils de Quintus Fonction : Triumvir Monetalis (ou monétaire). C’est l’un des trois magistrats chargés de la frappe des monnaies à Rome cette année-là. Date d’activité : 80 av. J.-C. 🏛️ Contexte Politique de l’Époque L’année 80 av. J.-C. est une période de troubles intenses et de transition à Rome, marquée par la dictature de Sylla (Lucius Cornelius Sulla). Rôle du monétaire : Bien que les monétaires aient traditionnellement la liberté de choisir les types monétaires, à cette époque, Sylla exerce une influence majeure. Les choix iconographiques (comme Hercule étrangler le Lion de Némée sur cette pièce) peuvent avoir une signification liée au contexte de guerre civile et de la victoire de Sylla. Hercule, avec ses épreuves, était une figure populaire symbolisant la force et la purification. Famille Publicia (Gens Publicia) : La gens Publicia (parfois écrite Poblicia ou Publilia) était une famille plébéienne de la République romaine. Bien que des membres de cette gens aient eu des rôles au début de la République (notamment un tribun de la plèbe au Ve siècle av. J.-C.), à la fin de la République, ils se distinguent principalement par des fonctions financières comme celle de magistrat monétaire ou de questeur. Le nom Publicius dérive de l’adjectif latin publicus, signifiant « du peuple » ou « au peuple ». 🔎 Autres Publicii Connus de l’Époque Il est difficile de retracer le reste de la carrière de ce C. Publicius Q.f. spécifiquement. Cependant, on sait qu’un certain Lucius Publicius, marchand d’esclaves et ami de Sextus Naevius, est mentionné par Cicéron autour de 81 av. J.-C. Il est possible qu’il appartienne à la même famille, voire qu’il soit un parent du monétaire, illustrant la présence de cette famille dans le milieu des negotiatores (hommes d’affaires) à la fin de la République. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Poblicius Q. f. Monétaire vers l’an 675 (79 av. J.-C.) On ne connaît pas ce magistrat; il était sans doute, comme l’indiquent les monnaies, le fils de Q. Publicius qui fut préteur en 688 (66 av J.-C.). Peut-être aussi, est-ce le personnage du nom de Publicius qui est mentionné par Cicéron comme l’un des complices de Catilina . Le type des monnaies est intéressant; le casque de la déesse Rome est digne de remarque par sa forme originale et peu commune; il n’est pas sans analogie avec le casque des divinités qui figurent sur les deniers de L. Aquillius Florus, de L. Axsius Naso, de Q. Lutatius Cerco, de A. Manlius, de Ti. Veturius et de quelques autres encore. Le type du revers qui représente Hercule étouffant le lion de Némée, était le type dés monnaies de certaines villes de l’Italie méridionale comme Suessa et Héraclée ; on le rencontre aussi plus tard sur les monnaies impériales. Lieux de découverte (235 exemplaires)
1312PR – Denier Serratus Procilia – Lucius Procilius

1312PR – Denier Serratus Procilia – Lucius Procilius Avers : S.C (Senatus Consulto, avec l’accord du Sénat) Tête de Junon Sospita à droite, coiffée de la dépouille de chèvre. Revers : L. PROCILI . F (Lucius Procilius Filius) Junon Sospita dans un bige galopant à droite, coiffée de la peau de chèvre, brandissant une javeline de la main droite et tenant un bouclier et les rênes de la main gauche; un serpent sous le bige. British Museum 4.07g INDICE DE RARETE : 4 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 80 avant J.C. Matière : Argent Gens : Procilia Références : RRC 379/2 – B.2 (Procilia) – Syd. 772 Le monétaire responsable de l’émission de ce cenier est Lucius Procilius (dont le nom complet est inscrit sur la monnaie : L. PROCILI F pour Lucius Procilii Filius, c’est-à-dire Lucius Procilius, fils de Lucius). Voici les informations clés que nous avons à son sujet : Identité et Date Nom : L. Procilius (Lucius Procilius) Fonction : Tresvir Monetalis (membre du collège des trois magistrats monétaires), l’une des premières étapes du cursus honorum (la carrière politique romaine). Date d’émission : 80 av. J.-C. Contexte Politique L’année 80 av. J.-C. est particulièrement significative dans l’histoire romaine. C’est l’année où le dictateur Sylla a officiellement abdiqué son pouvoir et a rétabli les institutions républicaines (bien qu’il ait considérablement réformé la constitution en faveur de l’aristocratie). Le fait que les monnaies de L. Procilius portent la mention S·C (Senatus Consulto, « Par décret du Sénat ») sur l’avers est une possible référence à cette restauration des pouvoirs du Sénat sous l’ère de Sylla. Importance des Types Monétaires Le choix des motifs sur ses monnaies est la principale façon dont L. Procilius a fait la publicité de son nom et de sa famille (gens Procilia) : Avers (Jupiter) et Revers (Junon Sospita) : Ces deux divinités, le père des dieux et la protectrice, soulignent le prestige et les liens familiaux. Junon Sospita : La déesse est particulièrement associée à la ville de Lanuvium, dans le Latium. Le fait que L. Procilius choisisse de la représenter fortement suggère que sa famille était originaire de Lanuvium, ou qu’elle y possédait des liens et des cultes très importants. Possibles Liens Historiques Bien que nous n’ayons pas d’informations très détaillées sur Lucius Procilius le monétaire lui-même, il est possible qu’il soit à identifier avec un certain Lucius Procilius mentionné plus tard dans l’histoire romaine. Sénateur : Il pourrait s’agir du sénateur mentionné par Cicéron dans ses lettres en 56 av. J.-C. Historien : D’autres sources suggèrent qu’il pourrait être l’historien Procilius. Cependant, en l’absence de preuves formelles, ces identifications restent des hypothèses faites par les numismates pour relier le monétaire à une figure historique connue. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Cette famille est peu connue et elle ne compte qu’un monétaire. Les médailles permettent de conjecturer que les Procilii se prétendaient originaires de Lanuvium. Un historien romain du nom de Procilius vivait du temps de Cicéron. Il est cité par Varron et par Pline. Cicéron en parle également; il préfère Dicéarque, comme historien, à Procilius, tandis que son ami Atticus a ce dernier en plus grande estime . L’historien Procilius, dont on ne connaît pas le prénom, est peut-être le monétaire qui fit frapper les deniers décrits plus loin. Cicéron parle ailleurs d’un Procilius qui, tribun du peuple en 698 (56 av. J.-C.), fut accusé par Clodius et condamné à mort en 700 (54 av. J.-C.). Il s’agit probablement du même personnage.Quoiqu’il en soit, les deniers furent frappés vers 675 (79 av. J.-C.), comme le prouvent les trouvailles. Le type de Junon Sospita ou Junon Lanuvienne qu’ils représentent, s’explique parfaitement si l’on admet que la gens Procilia était originaire de Lanuvium où cette divinité était particulièrement adorée; nous avons donné ailleurs quelques détails sur son culte et les serpents qui lui étaient consacrés . Lieux de découverte (315 exemplaires)
1309MA – Denier Serratus Maria – Caius Marius Capito

1309MA – Denier Serratus Maria – Caius Marius Capito Avers : C. MARI C.F CAPIT (Caius Marius Caii Filius Capito duodecimo, Caius Marius fils de Caius Capito) Buste de Cérès drapé à droite, coiffée d’une couronne d’épis. A la suite de la légende, marque de contrôle. Revers : Anépigraphe Agriculteur conduisant une paire de bœufs sous le joug à gauche, tirant l’araire; au-dessus, marque de contrôle semblable à celui du revers. British Museum 3.92g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 81 avant J.C. Matière : Argent Gens : Maria Références : RRC 378/1a – B.7 (Maria) – Syd.744a C. Marius C.f. Capito, le monétaire qui a émis ce denier en 81 av. J.-C., est un personnage important bien que l’on ait peu d’informations précises sur sa vie en dehors de ses monnaies. Voici les détails clés sur ce magistrat monétaire : 👤 Identification et Contexte Nom Complet : Caius Marius Caius Filius Capito (Gaius Marius, fils de Gaius, Capito). Gens : Il appartenait à la gens Maria (famille Maria), une famille plébéienne (roturière) célèbre. Ne pas Confondre : Il est important de noter qu’il n’était pas le célèbre général et septuple consul Caius Marius (rival de Sylla), ni le fils adoptif de celui-ci. Il appartient à une autre branche de la famille Maria, celle des Capito. Fonction : Il était l’un des tresviri monetales (triumvirs monétaires), les trois magistrats responsables de la frappe des monnaies à Rome. Période : Son activité a eu lieu en 81 av. J.-C., une période de l’histoire romaine marquée par la dictature de Sylla après les guerres civiles. 🪙 Le Message de la Monnaie Ses pièces, y compris ce denier, véhiculent des messages thématiques forts : Cérès (Obvers) : La présence de la déesse de l’agriculture, Cérès, avec sa couronne d’épis de blé, est une référence directe à l’approvisionnement en blé (annona), un sujet crucial et politiquement chargé à Rome. Labourage (Revers) : Le motif du laboureur conduisant ses bœufs pour tracer un sillon avec une charrue (araire) est une référence classique à l’agriculture romaine et à ses valeurs traditionnelles. Fondation : Ce motif peut également faire allusion au rite de fondation d’une ville (le sulcus primigenius, le sillon primordial) ou d’une colonie, ce qui pourrait être lié aux tentatives de Sylla de régler le sort des vétérans et des terres à cette époque. S C (Senatus Consulto) : La mention facultative S C (Par décret du Sénat) sur certaines variantes de ce denier rappelle que l’émission monétaire était effectuée sous l’autorité du Sénat, même en période de fortes tensions politiques. En résumé, C. Marius C.f. Capito est principalement connu pour ce denier, qui est un témoignage numismatique clé de l’année 81 av. J.-C. et des thèmes socio-politiques de l’époque, notamment l’importance de l’agriculture et de l’autorité sénatoriale. Variante avec l’ajout de SC (senatus Consulto) et d’une marque de contrôle à l’exergue du revers. Références : RRC 378/1b – B.8 (Maria) British Museum 3.93g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Marius C. f. Capito. Monétaire vers 670 (84 av. J.-C.) Le rival de Sylla, C. Marius, eut un fils adoptif, du même nom que lui, et qui, dans les auteurs, ne porte aucun cognomen. Il est né en l’an 645 (109 av. J.-C.) et il a fort bien pu frapper les monnaies décrites plus bas, qui portent le nom de C. Marius Capilo, fils d’un C. Marius. Il aurait, dans ce cas, rempli les fonctions de monétaire du vivant et sous l’autorité de son père. On sait que, le grand Marius mort, son fils lutta pour la cause plébéienne, et que toute l’Italie se déclara pour lui, tandis que Sylla était occupé à faire la guerre à Mithridate, roi de Pont. En l’an 672 (82 av. J.-C.) il fut du consul, âgé seulement de vingt-sept ans. Mais Sylla, à son retour, lui livra une bataille à Sacriportus, le défit complètement et enfin vint l’assiéger dans Préneste. Le jeune Marius réussit à s ‘échapper, mais c’en fut fait de son parti, et lui-même périt dans la même année.Sur ses monnaies on voit la tête de Cérès et un colon qui conduit des boeufs au labour : c’est le type consacré pour perpétuer le souvenir de la fondation d’une colonie. Il s’agit, sans doute, de la colonie d’Eporedia, fondée par Marius dans la Gaule Cisalpine, au pied des Alpes. Les chiffres qu’on voit sur les trois deniers, offrent cette particularité qu’ils forment trois séries se faisant suite. Ainsi, sur le denier n. 7, on trouve tous les chiffres de 1 à XXIV, sur le n. 8, les chiffres de XXV à XXXII; sur le n. 9, les chiffres de XXXIII à CL. Lieux de découverte (121 exemplaires)
1308VO – Denier Serratus Volumnia – Lucius Volumnius Strabo

1308VO – Denier Serratus Volumnia – Lucius Volumnius Strabo Avers : Anépigraphe Tête laurée de Jupiter à droite, lettre de contrôle derrière la tête. Revers : L·VOL·L·F·STRAB (Lucius Volumnius Lucii Filius Strabo, Lucius Volumnius fils de Luc Strabo) Europe assise à gauche sur Jupiter sous les traits d’un taureau bondissant ; Europe laisse flotter son voile au-dessus de sa tête, derrière elle un foudre et une feuille de vigne sous le taureau. British Museum 3.96g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 81 avant J.C. Matière : Argent Gens : Volumnia Références : RRC 377/1 – B.6 (Volteia) – Syd.743 👤 Le Monétaire : L. Volumnius L.f. Strabo Période d’activité : Il a frappé ce denier en 81 av. J.-C. Contexte Historique : Cette période correspond à la dictature de Sylla, suite aux guerres civiles entre les factions des populares (partisans de Marius) et des optimates (partisans de Sylla). Le monnayage est souvent intense et politiquement chargé à cette époque. Gens (Famille) : L’attribution acceptée par Michael Crawford (RRC 377/1) le place dans la Gens Volumnia, une famille romaine très ancienne, à l’origine patricienne, et connue pour avoir des branches plébéiennes. Note sur le débat : Cette attribution a été longtemps débattue. Certains anciens numismates l’attribuaient à la Gens Volteia en raison de la similitude des lettres VOL ou VLO dans la légende. Crawford a clarifié qu’il s’agissait bien d’un Volumnius. 🔗 Liens Historiques Possibles L’identité exacte de ce L. Volumnius Strabo n’est pas totalement certaine, mais les érudits ont proposé des liens avec d’autres figures historiques : Le Consilium de Pompée Strabon : Il est possible que ce monétaire soit le même L. Volumnius L.f. Ani. qui faisait partie du consilium (conseil militaire) de Cn. Pompeius Strabo (le père de Pompée le Grand) à Asculum, en 89 av. J.-C., pendant la Guerre Sociale. Un Proche de Cicéron : Il pourrait également être le père d’un Strabon mentionné par Cicéron dans ses lettres (ad Atticum XII, 17). Le cognomen (Strabo) signifie « louche » ou « qui louche », une caractéristique physique qui est devenue héréditaire dans certaines familles romaines. 🪙 Le Symbole sur la Monnaie Le choix du revers, Europe sur le taureau, est inhabituel pour le monnayage romain de cette époque et renvoie à la mythologie grecque (Jupiter enlevant Europe). Ce type de revers se retrouve également sur les monnaies de Gortyne en Crète. L’utilisation de ce mythe par L. Volumnius Strabo pourrait être une simple référence culturelle, mais elle est plus probablement liée à une connexion familiale, politique, ou commerciale avec la Crète ou l’Orient. information sur le monétaire : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ce personnage est, peut-être, Lucius Volteius mentionné par Cicéron et Festus, mais rien ne le prouve. Il n’est même pas certain, à la grande rigueur, que la médaille que nous lui attribuons,après tous les numismatistes, soit de la famille Volteia, et on serait autorisé à la regarder comme incertaine. En effet, les lettres (VL)O se décomposent en VLO ou VOL, qui permettent de lire Volonius, comme on trouve Floius pour Plovius, etc ; on peut aussi interpréter ce monogramme par Volcatius, Volumnius, Volusius, aussi bien que par Volteius, et le surnom Strabo est commun à un trop grand nombre de familles pour être un guide dans le cas présent. Ce qui nous autorise à croire qu’il s’agit d’un Volteius plutôt que de tout autre, c’est la ressemblance absolue de la tête de Jupiter qui figure au droit du denier ci-dessous, avec celle qu’on voit sur le denier n. 1 de M. Volteius. Lieux de découverte (13 exemplaires)
1301PO – Denier Serratus Postumia – Aulus Postumius Albinus

1301PO – Denier Serratus Postumia – Aulus Postumius Albinus Avers : HISPAN (Hispania, L’Espagne) Tête voilée d’Hispania (l’Espagne) à droite, échevelée. Revers : A. POST. A. F. – S. N./ ALBIN (Aulus Postumius Auli Filius Spuri Nepos Albinus, Aulus Postumius fils d’Aulus Spurius petit-fils d’Albin) Romain debout à gauche, vêtu de la toge (adlocutio), entre un aigle légionnaire et un faisceau. British Museum 3.94g INDICE DE RARETE : 4 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 81 avant J.C. Matière : Argent Gens : Postumia Références : RRC 372/2 – B.8 (Postumia) – Syd.746 👤 Le Monétaire et son Contexte Nom Complet (Probable) : Aulus Postumius Auli filius Spuri nepotis Albinus. Période d’Activité : 81 av. J.-C. Rôle : Il était l’un des tresviri monetales (triumvirs monétaires), les magistrats chargés de la frappe de la monnaie à Rome. Contexte Politique : Sa période de frappe (81 av. J.-C.) coïncide avec la victoire de Sylla sur les Populares (partisans de Marius). Les émissions monétaires de cette époque sont souvent liées aux besoins de la guerre civile et à la reconstruction politique par Sylla. 🏛️ Le Choix des Types Monétaires Référence à l’Espagne (HISPAN) : L’avers de ce denier représente la tête voilée de la personnification de l’Espagne (Hispania). Cela fait allusion à d’anciens succès militaires de sa famille en Espagne, notamment le proconsulat de Lucius Postumius Albinus (consul en 173 av. J.-C.) qui y a mené des campagnes. C’était une pratique courante pour les monétaires de la République de célébrer leurs ancêtres. Symboles d’Autorité : Le revers, représentant une figure togée (souvent interprétée comme le monétaire lui-même ou un ancêtre) entre un aigle légionnaire (aquila) et des faisceaux de licteur avec hache (fasces cum securi), symbolise l’autorité militaire et le commandement (imperium). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon A. Postumius A. f. Sp. n. Albinus. Monétaire vers 680 (74 av. J.-C.) Ce magistrat est le fils du précédent. Il est probablement le même que A. Albinus nommé par Jules César gouverneur de Sicile en 705 (49 av. J.-C.) . C’est tout ce que l’on sait de son histoire. Sur le denier n. 7, le buste de Diane Aventine rappelle, comme nous l’avons dit plus haut, la bataille du lac Régille; le bucrane qui la surmonte est une allusion au sacrifice représenté au revers de la même pièce. Borghesi a reconnu dans ce sacrifice la représentation du taurobole accompli sur le mont Aventin, et d’après lequel, suivant Tite Live , les augures prédirent la domination de Rome sur toutes les villes du Latium ; la tête du taureau fut suspendue dans le temple de Diane. A. Postumius Albinus prit ce type pour revers de ses monnaies, parce que ce fut un de ses ancêtres, Postumius Albus qui, par sa victoire du lac Régille, accomplit l’oracle et décida de la suprématie romaine. On s’explique ainsi comment un grand nombre des monnaies des Poslumii font allusion au culte de Diane Aventine. Les types du denier n. 8 ont été jusqu’ici insuffisamment expliqués. Nous croyons qu’il faut y voir une allusion à quelque exploit de L. Postumius Albinus, qui fut préteur en 574 (180 av. J.-C.), et envoyé en Espagne comme gouverneur. Il demeura deux ans dans ce pays, fit la guerre aux Vaccaei et aux Lusitani, puis revint à Rome, où il obtint les honneurs du triomphe. La figure de l’Espagne qui est au droit du denier rappelle les campagnes de L. Postumius Albinus, et la scène du revers fait allusion à une cérémonie accomplie sans doute dans ces circonstances, mais dont le souvenir est perdu pour nous. L. Postumius Albinus fut consul en 581 (173 av. J.-C.). Cavedoni a expliqué cette scène d’une autre manière; il y voit une allusion aux levées extraordinaires ordonnées pour la guerre d’Espagne en 603 (151 av. J.-C.), par les consuls L. Lucullus et A. Albinus. Lieux de découverte