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Augure

Augure · Iconographie numismatique · LesDioscures Augure Prêtre divinateur · Interprète des signes divins · République & Empire romains Nature Prêtre · Magistrat religieux Collège Jusqu’à 16 membres Attributs Lituus · Templum Pratique Auspicia Période VIIIe s. – IVe s. ap. J.-C. Les augures étaient des figures centrales dans la religion et la politique de la Rome antique, intégrés au collège des augures, une institution prestigieuse qui pouvait compter jusqu’à 16 membres sous l’Empire. Leur rôle consistait à pratiquer l’auspicia, l’art d’interpréter les signes divins pour approuver ou désapprouver des entreprises publiques ou privées. Loin d’être de simples devins, les augures étaient des personnages politiques de premier plan, dont l’autorité pouvait infléchir le cours des batailles, des élections et des décisions du Sénat. Leur fonction illustre à merveille l’interpénétration profonde de la religion et de la gouvernance dans la civilisation romaine. Augure tenant le lituus · Source : mythologica.fr « Les augures ne prédisent pas l’avenir — ils interrogent la volonté des dieux pour légitimer l’action humaine. » — Cicéron, De Divinatione, I ✦ Les types de signes auspiciaux 01 L’Auspicia — Catégories de signes divins De la République à l’Empire L’interprétation des signes divins reposait sur une classification rigoureuse. Chaque catégorie d’auspicia obéissait à des règles codifiées transmises au sein du collège. 🦅 Auspicia ex avibus Observation des oiseaux — vol, chant, comportement. Un vol à droite était souvent favorable, à gauche défavorable. ⚡ Auspicia ex caelo Signes célestes — éclairs, tonnerre. Un éclair à gauche pouvait être positif selon le rituel concerné. 🐔 Auspicia ex tripudiis Comportement des poulets sacrés. S’ils mangeaient avidement, bon présage ; s’ils refusaient, mauvais signe. 🐴 Auspicia ex quadripedibus Signes tirés d’animaux à quatre pattes. Moins fréquents, réservés à des contextes rituels particuliers. Ces catégories n’étaient pas de simples observations empiriques : elles constituaient un langage divin codifié que seuls les augures étaient habilités à déchiffrer officiellement. Toute erreur rituelle pouvait invalider une décision politique ou militaire entière. ✦ Rituels & instruments de l’augure 🏛 Le Lituus — Bâton sacré de l’augure Denier Marc Antoinelituus augural Les augures utilisaient un bâton recourbé appelé lituus pour délimiter un espace sacré nommé templum, à l’intérieur duquel ils observaient les signes. Ce geste rituel de délimitation — l’inauguratio — était indispensable à la validité de toute prise d’auspices. Le lituus est devenu l’un des attributs les plus reconnaissables de la charge augurale, fréquemment représenté sur les monnaies républicaines et impériales comme symbole du pouvoir religieux de son détenteur. Sa forme courbée est encore un symbole religieux dans certaines traditions, notamment la crosse episcopale chrétienne. 02 Le Templum — Espace sacré de l’observation Pratique augurale républicaine Avant toute prise d’auspices, l’augure devait consacrer un espace en traçant avec son lituus les limites d’un templum — un carré ou un rectangle orienté selon les points cardinaux. Cet espace sacré définissait le champ d’observation légitime. Les règles étaient strictement codifiées : toute interruption du rituel, tout présage ignoré, tout signe survenu en dehors du templum pouvait invalider l’ensemble de la cérémonie. Un général pouvait ainsi reporter une campagne militaire si les auspices se révélaient défavorables — ou si l’augure de service le déclarait. ✦ Pouvoir politique des augures 03 L’Obnuntiatio — Arme politique des augures République romaine · Ve – Ier s. av. J.-C. Les augures détenaient un pouvoir considérable : ils pouvaient bloquer des décisions en déclarant des auspices défavorables, pratique connue sous le nom d’obnuntiatio. Cette prérogative en faisait des acteurs incontournables dans les luttes de pouvoir de la République. Cicéron, lui-même augure, soulignait l’importance politique de ce rôle dans son ouvrage De Divinatione. En 63 av. J.-C., il usa de son autorité augurale pour influencer des débats politiques dans le contexte de la conjuration de Catilina. L’appartenance au collège des augures était ainsi un atout politique majeur pour les grandes familles de la République. Sous l’Empire, l’influence des augures devint progressivement plus symbolique que réelle : les empereurs contrôlaient les interprétations et concentraient en leur personne les pouvoirs religieux et civils. Auguste lui-même cumula la charge d’augure avec celle de pontifex maximus. ✦ Exemples historiques notables 04 Romulus & Rémus — La fondation de Rome 753 av. J.-C. (tradition) Selon la tradition mythique, c’est par la consultation des augures que fut tranchée la querelle entre Romulus et Rémus sur le choix de l’emplacement de la nouvelle cité. Chacun des deux frères occupa une colline distincte et attendit les signes du ciel. Rémus vit six vautours ; Romulus en aperçut douze. Le nombre plus élevé désigna Romulus comme fondateur légitime de Rome. Cet épisode fondateur ancre l’auspicium au cœur même de l’identité romaine : la cité est née d’un signe divin, et son gouvernement ne peut se passer de l’approbation des dieux. 05 Cicéron augure — Entre foi et scepticisme 63 av. J.-C. 🏛 Augure · Orateur · Consul Cicéron représente la figure emblématique de l’augure à la charnière entre croyance sincère et instrumentalisation politique. Dans son De Divinatione, il exprime un scepticisme philosophique sur la valeur prédictive des auspices, tout en défendant leur utilité civique et politique. Pour lui, même si les augures ne prédisent pas l’avenir avec certitude, leur institution maintient l’ordre social, légitime l’autorité et préserve les fondements religieux de la République. Cette tension entre raison et tradition est caractéristique de la pensée romaine tardive face à ses propres institutions religieuses. ✦ Symbolisme & héritage 06 L’Héritage du mot « Augure » De l’Antiquité à nos jours Le terme « augure » est entré dans la langue française comme synonyme de présage ou d’omen, témoignant de l’empreinte durable de cette institution sur la culture occidentale. Lorsque l’on dit « de bon augure » ou « de mauvais augure », on perpétue sans le savoir le vocabulaire religieux de la Rome antique. Le lituus, bâton courbé des augures, a trouvé une postérité remarquable : sa forme a été reprise dans la crosse des évêques chrétiens, créant ainsi un pont symbolique entre la religion romaine et le christianisme institutionnel. Ce glissement illustre comment les structures

Octave Auguste

Octave puis Auguste · Caius Octavius Thurinus · Premier Princeps · LesDioscures Octave puis Auguste Caius Octavius Thurinus · 63 av. J.-C. – 14 ap. J.-C. · Premier Princeps · Fondateur du Principat · Iconographie numismatique Naissance 23 sept. 63 av. J.-C. · Rome Mort 19 août 14 ap. J.-C. · Nola Titre Princeps · Auguste (27 av. J.-C.) Règne 27 av. J.-C. – 14 ap. J.-C. (41 ans) Monnaie Aureus CAESAR / AVGVSTVS Auguste — né Caius Octavius Thurinus le 23 septembre 63 av. J.-C. à Rome — est l’une des figures les plus déterminantes de l’histoire universelle. Neveu de Jules César, adopté par lui à titre posthume, il prit le nom de Caius Julius Caesar Octavianus à dix-neuf ans et entreprit de venger son père adoptif. En trente ans de manœuvres politiques et militaires d’une maîtrise sans égale, il mit fin à un siècle de guerres civiles, réforma l’État romain de fond en comble et fonda le Principat — ce régime hybride qu’il présenta comme une République restaurée mais qui était en réalité le premier Empire romain. Ce qui rend Auguste exceptionnel parmi les conquérants et les hommes d’État, c’est sa capacité à transformer la victoire militaire en légitimité durable. Là où César avait semblé trop roi, Auguste sut jouer le rôle du premier citoyen (Princeps) tout en concentrant tous les pouvoirs réels. Son règne de quarante et un ans — le plus long de l’histoire impériale romaine — vit naître la Pax Romana, l’essor de Virgile, d’Horace et d’Ovide, la construction de l’Ara Pacis et du Forum d’Auguste. Quand il mourut à Nola le 19 août 14 ap. J.-C., il dit à son entourage qu’il avait trouvé Rome de brique et l’avait laissée de marbre. « Il a bien joué la comédie de la vie. Applaudissez ! » — Auguste sur son lit de mort, à ses amis — Suétone, Vie d’Auguste, 99 — les derniers mots d’un homme qui avait fait de sa vie une mise en scène politique ✦ Représentations remarquables R1 Buste Bevilacqua d’Auguste — Glyptothèque de Munich Époque augustéenne · Marbre · Couronne civique (corona civica) · Glyptothèque de Munich (inv. 317) Buste Bevilacqua d’Auguste · Couronne civique · Époque augustéenne · Glyptothèque de Munich (inv. 317) · CC BY-SA Ce buste exceptionnel — dit « Bevilacqua » du nom de la collection vénitienne qui le posséda avant son entrée à la Glyptothèque de Munich — représente Auguste portant la couronne civique (corona civica), une couronne de chêne symbolisant la grâce accordée à un citoyen romain qui avait sauvé la vie d’un concitoyen. Auguste reçut cet honneur du Sénat pour avoir, selon la propagande officielle, « sauvé la vie des citoyens romains » en mettant fin aux guerres civiles. La confrontation de ce portrait avec les types monétaires est révélatrice. Les aureus d’Auguste montrent un profil juvénile, idéalisé, clairement inspiré des portraits d’Alexandre le Grand — une revendication de prestige universel. Ce buste traduit la même intention politique : un homme encore jeune (ou représenté tel), au regard déterminé, dont l’autorité transparaît dans la sérénité du visage plutôt que dans la puissance brute. C’est exactement le message du Principat. R2 L’Ara Pacis Augustae — L’Autel de la Paix Augustéenne 13–9 av. J.-C. · Marbre · Champ de Mars · Rome · Musée de l’Ara Pacis Ara Pacis Augustae · 13–9 av. J.-C. · Marbre · Champ de Mars, Rome · CC BY 4.0 L’Ara Pacis Augustae — l’Autel de la Paix Augustéenne — est peut-être le monument le plus éloquent du programme politique et artistique d’Auguste. Voté par le Sénat en 13 av. J.-C. pour commémorer le retour d’Auguste après ses campagnes en Hispanie et en Gaule, consacré en 9 av. J.-C., il combine en un seul monument la célébration de la paix, la légitimation dynastique et la propagande religieuse la plus sophistiquée de l’Antiquité. Les reliefs des parois extérieures représentent la procession d’Auguste et de sa famille se rendant au sacrifice — une scène qui mêle délibérément le politique et le sacré, le père de la patrie (Pater Patriae) et le chef de famille, l’immortel et le mortel. Le panneau de Tellus (ou Italia) symbolise la prospérité et la fertilité sous la protection divine de la paix augustéenne. Ce monument résume mieux qu’aucun autre la méthode d’Auguste : transformer le pouvoir en liturgie. ✦ Chronologie · 63 av. J.-C. – 14 ap. J.-C. — D’Octave à Auguste — Naissance d’un Empire 63 av. J.-C. – 14 ap. J.-C. 23 septembre 63 av. J.-C. Naissance à Rome Né Caius Octavius Thurinus dans une famille équestre de Vélitrae (Latium). Son père, Caius Octavius, était préteur ; sa mère, Atia Balba Caesonia, était la nièce de Jules César. Cette connexion familiale avec César allait tout changer. Élevé à Rome dans la maison de sa grand-mère Julia, sœur de César, il fit preuve très tôt d’une intelligence et d’une santé fragile qui le rendraient méfiant toute sa vie. 44 av. J.-C. (mars–mai) Assassinat de César — L’adoption posthume Le 15 mars 44 av. J.-C., Jules César est assassiné aux Ides de Mars. Octave, 18 ans, est alors en campagne militaire à Apollonie (Illyrie). En découvrant le testament de César, il apprend qu’il est adopté et hérite des trois quarts de sa fortune. Il rentre à Rome et prend le nom de Caius Julius Caesar Octavianus. Cicéron, qui le sous-estime, le surnomme « le jeune homme » — une erreur fatale. 43 av. J.-C. (novembre) Second Triumvirat — Les proscriptions Après une brève alliance avec le Sénat contre Marc Antoine, puis retournement, Octave forme le Second Triumvirat avec Marc Antoine et Lépide (lex Titia, novembre 43 av. J.-C.). Suit une vague de proscriptions : des milliers d’opposants sont condamnés à mort, dont Cicéron — dont la tête et les mains sont exposées aux Rostres. Octave, à 20 ans, est déjà l’un des hommes les plus dangereux de Rome. 42 av. J.-C. Bataille de Philippes — Victoire sur les Républicains À Philippes (Macédoine), les triumvirs affrontent Brutus

Marcus Iunus Silanus

Marcus Iunus Silanus · Consul 25 av. J.-C. · Gens Junia · LesDioscures Marcus Iunus Silanus Consul 25 av. J.-C. · Gens Junia · Demi-frère de Brutus · Légat de César · Principat d’Auguste Père Decimus Junius Silanus (cos. 62) Mère Servilia Caepionis · amante de César Demi-frère Marcus Junius Brutus Magistrature Consul 25 av. J.-C. · Co-consul d’Auguste Monnaie familiale RRC 337/1 · Decimus Junius Silanus (père) Marcus Iunus Silanus est l’une de ces figures de la romanité qui traversent l’histoire sans y laisser de traces spectaculaires — mais dont la vie concentre en quelques connexions familiales les grands drames de la fin de la République. Fils de Decimus Junius Silanus (consul en 62 av. J.-C.) et de Servilia Caepionis — l’une des femmes les plus intelligentes et les mieux connectées de Rome, amante de Jules César — il est le demi-frère de Marcus Junius Brutus, l’assassin de César. Ce positionnement généalogique l’inscrit au cœur des tensions qui déchirèrent Rome entre 44 et 31 av. J.-C. Sa carrière illustre le type du sénateur qui survécut à la transition républicaine en s’adaptant avec discrétion au nouveau régime. Légat sous César en 53 av. J.-C., soutien initial de Lépide après l’assassinat, il trouva finalement sa place dans le système augustéen : son consulat de 25 av. J.-C. — aux côtés d’Auguste lui-même — marque l’apogée d’une carrière fondée sur la loyauté, la prudence et l’adaptation. Les Junii Silani, élevés au rang patricien par Auguste, demeureront une famille de premier plan sous les Julio-Claudiens. « Servilia était la femme la plus influente de Rome, et Brutus son enfant chéri. Entre César, Brutus et Silanus se jouait, dans cette maison, le destin de la République. » — D’après Ronald Syme, The Roman Revolution (1939) — sur les réseaux familiaux autour de Servilia ✦ Représentations remarquables R1 Auguste de Prima Porta — Le co-consul de 25 av. J.-C. Ier siècle ap. J.-C. (copie d’un original en bronze, ~20 av. J.-C.) · Musées du Vatican Auguste de Prima Porta · Ier s. ap. J.-C. · Musées du Vatican · CC BY-SA Cette statue colossale — découverte en 1863 dans la Villa de Livie à Prima Porta — est le portrait officiel le plus célèbre d’Auguste. Elle représente l’empereur en général cuirassé, le bras levé dans un geste de commandement, avec Éros sur un dauphin à ses pieds (allusion à sa descendance divine par Vénus). La cuirasse illustre le retour des enseignes parthiques en 20 av. J.-C. — événement célébré comme une victoire diplomatique. C’est avec cet homme — Octavien devenu Auguste — que Marcus Iunus Silanus partagea le consulat en 25 av. J.-C. Sous le Principat, le consulat ordinaire restait la magistrature suprême, mais sa portée réelle était devenue symbolique : Auguste la confiait à des fidèles pour les honorer et renforcer leur loyauté. Le choix de Silanus pour cette co-magistrature témoigne de la confiance que lui accordait le Princeps — un homme issu de la famille même de Brutus, recyclé en pilier discret du régime impérial. R2 Jules César — Buste Chiaramonti (Musées du Vatican) Époque augustéenne (copie d’un original ~44 av. J.-C.) · Musées du Vatican, Musée Chiaramonti Buste Chiaramonti de Jules César · Époque augustéenne · Musées du Vatican · Domaine public Ce buste de Jules César — dit « Chiaramonti Caesar » du nom de la salle vaticane qui l’abrita — est l’un des deux portraits acceptés comme authentiques par la recherche moderne (avec le buste de Tusculum à Turin). César occupe une place centrale dans l’histoire de la famille Silanus : sa liaison avec Servilia Caepionis (mère de Marcus Iunus Silanus) est l’un des épisodes les mieux documentés de la vie politique romaine tardive. Plutarque note que César aimait Servilia plus que toute autre femme, et qu’elle avait sur lui une influence considérable. Cette liaison explique le positionnement ambigu de la famille au moment de l’assassinat de César : Brutus (demi-frère de Marcus Silanus) est le conspirateur qui tua son possible père naturel. Marcus Silanus, quant à lui, choisit la voie opposée — l’adaptation au système césarien puis augustéen — démontrant que la même famille pouvait produire à la fois le plus célèbre des tyrannicides et un serviteur discret du premier Principat. ✦ La famille Junia Silana — Un réseau au cœur de l’histoire 01 Servilia Caepionis — La mère au cœur de tout ~100 – ~42 av. J.-C. 👑 Servilia & César Longue liaison avec Jules César. Selon Plutarque, César lui offrit une perle d’une valeur de 6 millions de sesterces. Sa proximité avec César facilita la carrière de ses fils et gendres. ⚔️ Brutus — son fils chéri Marcus Junius Brutus, né d’un premier mariage. Demi-frère de Marcus Silanus. Principal assassin de César le 15 mars 44 av. J.-C. Mort à Philippes en 42 av. J.-C. 🏛️ Decimus Junius Silanus Second mari de Servilia, consul en 62 av. J.-C. Père de Marcus Iunus Silanus. La gens Junia représenta sur ses deniers (RRC 337) Salus, Silène et Victoria. 🌿 Les Junii Silani sous Auguste Élevés au rang patricien par Auguste. Marcus Iunus Silanus, co-consul en 25 av. J.-C. La famille demeurera influente sous Tibère, Caligula et Néron. Servilia est l’une des rares femmes de la République romaine dont l’influence politique est explicitement reconnue par les sources antiques. Au lendemain de l’assassinat de César, c’est elle qui préside les réunions de famille des conjurés et tente de coordonner une stratégie de survie politique. Elle survit à tous les drames — la mort de Brutus, les proscriptions du Triumvirat — et c’est peut-être cette résilience maternelle qui explique la survie de la branche Silanus dans le nouveau régime augustéen. 02 Légat de César, loyaliste d’Auguste — Une carrière dans l’ombre 53–25 av. J.-C. En 53 av. J.-C., Marcus Iunus Silanus servit comme légat sous Jules César — vraisemblablement lors des campagnes en Gaule ou dans les premières phases des guerres civiles. Ce service militaire le place dans le cercle de confiance direct du dictateur. C’est une position délicate : il

Cléopâtre

Cléopâtre VII · Iconographie numismatique · LesDioscures Cléopâtre VII La dernière reine d’Égypte · Iconographie numismatique · Période hellénistique & romaine Nature Souveraine ptolémaïque Règne 51 – 30 av. J.-C. Titulature Théa Philopator Période Ier s. av. J.-C. Monnaies Tétradrachme · Denier Marc Antoine Dans le panthéon des figures qui ont fasciné Rome, aucune n’a suscité autant de fascination et d’inquiétude que Cléopâtre VII Théa Philopator (69–30 av. J.-C.). Dernière souveraine active de la dynastie ptolémaïque, descendante de Ptolémée I Soter — le général macédonien d’Alexandre le Grand —, elle incarne à elle seule la rencontre entre deux mondes : l’Égypte millénaire des pharaons et la Rome triomphante en pleine guerre civile. Contrairement à l’image de séductrice que lui a léguée la propagande romaine d’Auguste, Cléopâtre fut avant tout une femme d’État d’une intelligence exceptionnelle : polyglotte, parlant au moins neuf langues dont l’égyptien — fait rarissime parmi les Ptolémées, grecs de culture —, grande administratrice, habille diplomate. Sur les monnaies qui lui sont attribuées, c’est ce visage politique et souverain qui s’impose, loin des fantasmes littéraires. Buste supposé de Cléopâtre VII · Altes Museum, Berlin · Domaine public · Wikimedia Commons « Elle possédait une beauté qui n’était pas incomparable, mais son charme était irrésistible et son caractère, joint à l’attrait de sa conversation, exerçait une fascination singulière. » — Plutarque, Vie d’Antoine, XXVII ✦ Cléopâtre sur les monnaies antiques ⚡ Le denier de Marc Antoine — seule monnaie romaine associant Cléopâtre à un chef militaire vivant Le denier de Marc Antoine frappé vers 36–34 av. J.-C. est un document exceptionnel : il associe au droit le portrait de Marcus Antonius et au revers celui de Cléopâtre VII, qualifiée de CLEOPATRAE REGINAE REGVM FILIORVM REGVM — « Cléopâtre, reine des rois et des fils de rois ». Cette légende fait référence aux Donations d’Alexandrie (34 av. J.-C.), par lesquelles Antoine redistribuait les provinces orientales à Cléopâtre et à leurs enfants communs. C’est l’un des rares portraits monétaires authentifiés de la reine — avec les tétradrachmes ptolémaïques frappés en Égypte. Ce type témoigne de la provocation politique délibérée d’Antoine vis-à-vis de Rome et d’Octavien : afficher le visage d’une reine étrangère sur une monnaie romaine constituait une rupture iconographique sans précédent, instrument de la guerre de propagande qui allait mener à Actium. 01 Denier Marc Antoine · Marcus Antonius vers 36–34 av. J.-C. 🏛 Portraits affrontés · Antoine & Cléopâtre Marc Antoine36–34 av. J.-C. 🏛 Légendes & description Avers ANTONIVS · M · F · M · N Portrait lauré de Marc Antoine à droite. La titulature précise sa filiation et rappelle son rang de triumvir. Le portrait montre un visage énergique au nez fort, conforme aux autres représentations connues d’Antoine. Revers CLEOPATRAE REGINAE REGVM FILIORVM REGVM Portrait diadémé de Cléopâtre VII à gauche, avec le nez aquilin caractéristique de ses représentations monétaires. La légende proclame son titre de « reine des rois et des fils de rois », référence directe aux Donations d’Alexandrie. Ce denier est l’un des documents numismatiques les plus précieux pour l’iconographie de Cléopâtre. Son portrait monétaire la montre avec un profil puissant, aux traits prononcés — loin de l’image idéalisée de la tradition artistique ultérieure. Les numismates notent la cohérence de ce profil avec les tétradrachmes ptolémaïques contemporains frappés en Égypte : même nez fort, même menton volontaire, même port du diadème. La frappe de ce denier s’inscrit dans le contexte des Donations d’Alexandrie (34 av. J.-C.), cérémonie au cours de laquelle Antoine redistribuait solennellement les territoires orientaux à Cléopâtre et à leurs enfants. La monnaie en est le prolongement propagandiste : elle diffuse en Occident l’image d’une alliance entre le triumvir romain et la reine d’Égypte, provoquant à Rome une indignation soigneusement orchestrée par Octavien. 02 Tétradrachme ptolémaïque · Portrait souverain 51 – 30 av. J.-C. 🏛 Tête diadémée · Type ptolémaïque 🏛 Légendes & description Avers ΒΑΣΙΛΙΣΣΗΣ ΚΛΕΟΠΑΤΡΑΣ Portrait diadémé de Cléopâtre VII à droite, les cheveux relevés en chignon serré selon la mode ptolémaïque. La légende en grec — « de la reine Cléopâtre » — s’inscrit dans la tradition hellénistique de la dynastie. Revers Aigle ptolémaïque sur foudre Aigle debout sur un foudre, ailes fermées, à gauche. Symbole dynastique ptolémaïque par excellence, hérité de la période lagide. Inscription de la date de règne en lettres grecques. Les tétradrachmes frappés sous le règne de Cléopâtre VII constituent la série la plus abondante de son iconographie monétaire. Frappés en argent dans les ateliers d’Alexandrie, ils diffusent son portrait souverain dans tout le bassin méditerranéen oriental. L’aigle au revers ancre la monnaie dans la tradition dynastique ptolémaïque inaugurée par Ptolémée I Soter. Le portrait monétaire de Cléopâtre sur ces tétradrachmes est remarquablement homogène sur toute la durée de son règne : profil à nez fort, lèvres pleines, cou puissant. Certains exemplaires portent la date de l’année de règne, permettant une datation précise. Ces monnaies constituent aujourd’hui l’une des sources les plus directes sur l’apparence physique réelle de la reine, sans les idéalisations de la statuaire. ✦ Les alliances avec Rome 03 Cléopâtre et César — la première alliance 48 – 44 av. J.-C. En 48 av. J.-C., Cléopâtre est chassée d’Égypte par son frère et co-régent Ptolémée XIII. L’arrivée de Jules César à Alexandrie, à la poursuite de Pompée, lui offre une opportunité décisive. La légende de son introduction dans les appartements de César enroulée dans un tapis — probablement une invention tardive — masque une réalité plus prosaïque : une négociation politique menée par une souveraine qui avait parfaitement évalué les rapports de force. L’alliance avec César lui permet de reconquérir son trône après la guerre d’Alexandrie (48–47 av. J.-C.), au cours de laquelle Ptolémée XIII trouve la mort. De cette union naît Ptolémée XV Césarion, dont le nom revendique explicitement la double légitimité — ptolémaïque et césarienne. Cléopâtre tentera jusqu’au bout de faire reconnaître Césarion comme héritier de César, ce qu’Octavien ne pouvait évidemment tolérer. 04 Cléopâtre et Marc Antoine — l’alliance fatale 41 – 30 av. J.-C. Après l’assassinat de César aux Ides de Mars 44

Marc Antoine

Marc Antoine · Général de César, rival d’Octave · LesDioscures Marc Antoine Marcus Antonius · 83–30 av. J.-C. · Général de César · Triumvir · Rival d’Octave · Iconographie numismatique Naissance 14 janvier 83 av. J.-C. · Rome Mort 1er août 30 av. J.-C. · Alexandrie Rôle Triumvir · Consul 44 · Général Gens Antonia (plébéienne) Monnayage RRC 480–545 · 44–31 av. J.-C. Marc Antoine — Marcus Antonius (83–30 av. J.-C.) — est l’acteur le plus complexe de la transition entre la République romaine et l’Empire. Général de génie, orateur hors pair, homme d’excès et de passions, il fut le bras armé de César, le vengeur de son assassinat, l’artisan du Second Triumvirat — et finalement, le perdant d’Actium. Sa vie entière est une trajectoire d’ascension et de chute qui a fasciné Plutarque, Shakespeare, et deux millénaires de lecteurs. Son monnayage — le plus vaste et le plus varié de tout le corpus républicain (RRC 480 à 545, de 44 à 31 av. J.-C.) — est un manifeste politique gravé dans le métal : chaque émission documente une étape de sa stratégie de légitimation, depuis le denier à la barbe de deuil (barba misera) frappé après l’assassinat de César jusqu’au denier légionnaire de la flotte d’Actium. Nulle autre figure de la République n’a utilisé la monnaie avec autant de sophistication rhétorique. « Antoine était grand, intrépide, généreux, mais il se laissait gouverner par ses amis, ses femmes et ses passions. Il était capable du meilleur et du pire. » — D’après Plutarque, Vie d’Antoine — portrait d’un homme aux contradictions romanesques ✦ Représentations remarquables R1 Buste de Marc Antoine — Musées du Vatican Époque romaine · Musées du Vatican Buste de Marc Antoine · Musées du Vatican · Domaine public Ce buste du Vatican est l’une des représentations les plus authentiques de Marc Antoine conservées dans les collections publiques. On y reconnaît les traits caractéristiques que Plutarque décrivait : une mâchoire puissante, un front large, un regard déterminé. Le type iconographique évoque les bustes d’Hercule — une comparaison qu’Antoine cultivait délibérément, revendiquant une descendance héroïque par la gens Antonia. La confrontation de ce buste avec ses portraits monétaires est saisissante : sur les deniers, le profil est net, sévère, souvent accompagné du lituus (insigne augurale) ou d’attributs militaires. La barba misera — la barbe du deuil portée après l’assassinat de César — apparaît sur ses premières émissions (RRC 488/2, 43 av. J.-C.), signe d’un homme qui a fait du souvenir de César son principal instrument de légitimation politique. R2 La Bataille d’Actium — Lorenzo Castro (1672) Huile sur toile · 1672 · National Maritime Museum, Greenwich (BHC0251) La Bataille d’Actium · Lorenzo A. Castro · 1672 · National Maritime Museum, Greenwich · Domaine public Cette peinture magistrale de Lorenzo A. Castro (fl. 1664–1700) représente la bataille d’Actium du 2 septembre 31 av. J.-C. — le dénouement naval qui mit fin à la guerre civile entre Octavien et Marc Antoine. La flotte d’Antoine, commandée en co-direction avec Cléopâtre, se heurta à celle d’Octavien dirigée par Agrippa. La représentation baroque traduit la confusion et la puissance de l’engagement : une forêt de mâts, de voiles en feu, de proues brisées, dans la lumière dorée et violente de la mer ionienne. Le contexte immédiat est bien documenté : Antoine avait rassemblé une flotte imposante de trirèmes et de quinquérèmes, en partie financée par les trésors de Cléopâtre. Mais ses troupes terrestres, épuisées et décimées par la maladie dans les marais d’Actium, avaient fait défection en masse. Quand Cléopâtre fit voile vers l’Égypte au milieu de la bataille, Antoine la suivit — abandonnant sa flotte et ses légions. Ce geste, que ses partisans ne lui pardonnèrent jamais, scella le sort de la guerre. Octavien entra à Alexandrie un an plus tard. ✦ Chronologie de Marc Antoine · 83–30 av. J.-C. — De Rome à Alexandrie · Une vie au cœur des guerres civiles 83 av. J.-C. – 30 av. J.-C. 83 av. J.-C. Naissance & jeunesse difficile Né le 14 janvier 83 av. J.-C. dans la gens Antonia plébéienne. Père, Marcus Antonius Creticus, général médiocre mort en Crète ; mère Julia, liée aux Césars. Jeunesse marquée par les dettes, les scandales et les excès — mais aussi une formation rhétorique et militaire soignée sous l’influence de son beau-père Lentulus. 54 av. J.-C. Officier de César en Gaule Rejoint Jules César en Gaule comme officier de cavalerie. Se distingue par son courage physique et son charisme naturel sur les soldats. César lui fait confiance : Antoine devient l’un de ses lieutenants les plus fiables. 49–48 av. J.-C. Guerre civile César / Pompée — Pharsale Pendant la guerre civile, Antoine commande des légions clés. À la bataille de Pharsale (9 août 48 av. J.-C.), où César écrase Pompée, il tient l’aile gauche. Il est nommé magister equitum (maître de cavalerie) — second de César. 44 av. J.-C. (mars) Assassinat de César — L’oraison funèbre Consul aux côtés de César, Antoine prononce une oraison funèbre aux funérailles de César qui galvanise la foule contre les conjurés (les Liberatores). Ce discours — immortalisé par Shakespeare — est l’une des manœuvres politiques les plus efficaces de l’histoire romaine : il transforme un assassinat politique en martyre sacré. Antoine saisit le trésor d’État et les papiers personnels de César. 43 av. J.-C. Second Triumvirat — Proscriptions En novembre, Antoine, Octavien et Lépide forment le Second Triumvirat officialisé par la lex Titia. Ils instaurent des proscriptions massives — des milliers d’opposants sont condamnés à mort, dont Cicéron, principal ennemi d’Antoine. Ses biens sont confisqués, sa tête exposée aux Rostres. 42 av. J.-C. Bataille de Philippes — Victoire sur les Républicains Antoine et Octavien affrontent Brutus et Cassius en Macédoine. Double bataille de Philippes : Antoine vainc et Cassius se suicide ; lors du second affrontement, Brutus est écrasé et se suicide à son tour. Antoine prend en charge les riches provinces orientales — Égypte, Syrie, Asie Mineure — tandis qu’Octavien retourne en Italie gérer les vétérans. 41 av. J.-C. Rencontre