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1392SE – Denier Servilia – Caius Servilius

1392SE – Denier Servilia – Caius Servilius Avers : FLORAL·PRIMVS (Floralia primus fecit) Tête de Flora avec une couronne de laurier mêlée de fleurs à droite, derrière un lituus. Revers : C·SERVEIL C·F (Caius Serveilius Caii filins) Deux guerriers armés du casque et du bouclier, en face l’un de l’autre et se présentant mutuellement leurs épées. British Museum 4.09g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 57 avant J.C. Matière : Argent Gens : Servilia Références : RRC 423/1 – B.15 (Servilia) – Syd.890 👨‍⚖️ Le Monétaire : C. Servilius C. f. 1. Identité et Fonction Nom Complet : Caius Servilius Cai Filius (Caius Servilius, fils de Caius). Période : Il a exercé la fonction de triumvir monetalis (un des trois magistrats chargés de la frappe des monnaies) vers 57 av. J.-C. Contexte Historique : Son émission se situe dans une période de forte compétition politique et sociale à Rome, juste après le premier Triumvirat (César, Pompée, Crassus) et à l’approche de la Guerre Civile. Les monétaires utilisaient alors leurs pièces pour des messages de propagande familiale. 2. Le Message Familial  Les motifs qu’il choisit pour son denier sont des références claires à l’histoire de sa puissante famille, la Gens Servilia. A. L’Avers (Tête de Flora) Image : Tête de la déesse Flora couronnée de fleurs, avec un lituus (bâton augural) derrière elle. Légende : FLORAL.PRIMVS (le Premier des Floralies). Signification : Il glorifie un ancêtre (souvent appelé C. Servilius) qui aurait : Institué les Ludi Florales (les Jeux de Flora). Occupé la première fois la charge de tribun de la plèbe (ou d’autre magistrature importante). Le lituus sur la monnaie peut aussi rappeler que des membres de la Gens Servilia ont exercé la charge d’augure (prêtre chargé d’interpréter les auspices). B. Le Revers (Deux Soldats) Image : Deux soldats ou guerriers casqués se faisant face avec leurs épées et leurs boucliers. Signification : Cette scène fait allusion à l’exploit d’un ancêtre militaire très célèbre de la famille : Marcus Servilius Pulex Geminus (consul en 202 av. J.-C.). Les historiens romains rapportent que cet aïeul s’était distingué en remportant vingt-trois combats singuliers (duels) lors de la Seconde Guerre Punique et des guerres macédoniennes. La représentation des deux guerriers symbolise la virtus (le courage militaire) de la gens Servilia. 🔍 En Résumé Ce denier est une carte de visite politique. En 57 av. J.-C., Caius Servilius C. f. cherchait à rappeler l’ancienneté, l’influence religieuse (Flora, augure) et le prestige militaire de sa famille pour se positionner favorablement dans le cursus honorum (la carrière des honneurs) romain. Comme c’est souvent le cas pour les monétaires de la République, on connaît surtout ce C. Servilius à travers son monnayage ; il est difficile d’établir avec certitude son parcours politique exact après cette émission. Variante : Les deux guerriers croisent le fer au revers British Museum 3.85g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Serveilius C. f.Monétaire vers 690 (64 av. J.-C.). Aucun personnage du nom de C. Serveilius C. f. n’est mentionné dans l’histoire à l’époque où l’on doit classer le denier suivant. Le lituus ou bâton augurai qui figure au droit indique que le monétaire descendait de M. Servilius C. f. P. n. Pulex Geminus qui remplit, ainsi que nous l’avons dit, les fonctions d’augure et qui transmit le nom d’Augur à ses descendants. Voici comment Mommsen explique la présence de la tête de Flore avec la légende Floralia primus (fecit). « Les deux édiles L. et M. Publicius Malleolus firent célébrer pour la première fois les fêtes de Flore, à l’occasion de l’ouverture de la rue Poblicia et de la construction du temple de Flore en 514 (240 av. J.-C.). Il serait possible que ce type représentât la première célébration régulière de ces jeux convertis en une fête annuelle en 581 (173 av. J.-C.). Nous ignorons le nom des édiles de cette année, et il se pourrait que l’un d’eux fût un fils de C. Servilius, consul en 551 (203 av. J.-C.) et portât le même nom que son père. Notre denier désigne bien C. Servilius C. f. comme le fondateur des fêtes de Flore, puisque le nom qui se trouve sur le revers, si d’un côté, il est destiné à indiquer le monétaire, de l’autre il complète la légende du droit. »Le revers du denier fait allusion à l’un des vingt-trois combats singuliers soutenus par M. Servilius Pulex Geminus, et dont nous avons déjà parlé, à propos de représentations du même genre sur les deniers de C. Serveilius et de M. Servilius C. f. Les deux adversaires paraissent mesurer leurs armes avant de se battre en duel.

1582AE – Aureus Lépide – Publius Clodius

1582AE – Aureus Lépide – Publius Clodius Avers : M·LEPIDVS·III·VIR·R·P·C  Tête de Lépide à gauche. Revers : P. CLODIVS M. F. IIII VIR A. P. F. (Publius Clodius Marci filins, quatuorvir auro publico feriundo) Personnage féminin (Fortune) debout de face, tenant dans sa main droite un sceptre et de la gauche une corne d’abondance; à ses pieds une cuirasse. Münzkabinett Berlin 8g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Antonia et Aemilia Référence : RRC 494/4 Cet aureus est une monnaie d’une importance capitale pour comprendre la propagande du Second Triumvirat. Frappée à Rome en 42 av. J.-C. sous l’autorité du monétaire Publius Clodius, elle s’inscrit dans un contexte de guerre civile et de légitimation du pouvoir après l’assassinat de Jules César. 1. Contexte Historique : L’An 42 av. J.-C. Cette année est marquée par la consolidation du pouvoir de l’alliance entre Octave, Marc Antoine et Lépide. La Lex Titia (43 av. J.-C.) : Cette loi officialise le triumvirat, donnant aux trois hommes des pouvoirs dictatoriaux pour « restaurer la République » (Rei Publicae Constituendae). La Campagne de Philippes : Alors que Marc Antoine et Octave s’apprêtent à affronter les républicains (Brutus et Cassius) en Grèce, Lépide reste à Rome pour assurer la garde de la ville. C’est durant ce séjour que son effigie est frappée sur l’or de l’État. Le Collège des Monétaires : Le monnayage est géré par un collège de quatre magistrats (quattuorviri), dont Publius Clodius M. f. (fils de Marcus). 2. Symbolisme de l’Avers : Lépide et le Titre de Triumvir L’avers présente le portrait de Marcus Aemilius Lepidus. C’est une innovation majeure : sous la République, les monnaies portaient rarement le visage de vivants avant Jules César. Le Portrait : Lépide est représenté tête nue, avec une austérité qui rappelle les valeurs romaines traditionnelles. La Légende M·LEPIDVS·III·VIR·R·P·C : Elle affirme son titre officiel de Triumvir. Cela sert de rappel aux citoyens que le pouvoir n’est plus aux mains du Sénat seul, mais de trois chefs suprêmes. Le Pontificat : Lépide avait succédé à César comme Pontifex Maximus. Bien que non explicitement illustré ici par des instruments sacerdotaux, sa simple présence sur la monnaie d’or assoit sa prééminence religieuse et politique. 3. Symbolisme du Revers : Fortuna et la Victoire Militaire Le revers, avec sa figure féminine (généralement identifiée comme Fortuna), porte un message de stabilité. La Corne d’Abondance (Cornucopia) : Symbole de la prospérité que les Triumvirs promettent de ramener après les privations des guerres civiles. Le Sceptre : Représente l’autorité et la domination de Rome sur le monde connu. La Cuirasse au sol : C’est l’élément le plus symbolique. Elle évoque la victoire militaire déjà acquise ou imminente, et la protection de l’État par la force des armes. La Légende P·CLODIVS·M·F·IIII·VIR·A·P·F : Elle identifie le magistrat responsable de la frappe. Le sigle A·P·F (Auro Publico Feriundo) souligne que l’or utilisé provient du Trésor Public, une manière de dire que l’émission est légale et non le fruit d’une confiscation arbitraire. Synthèse Cette monnaie est un outil de communication politique. Elle vise à présenter Lépide non pas comme un tyran, mais comme un garant de la paix, de l’abondance et du droit, tout en préparant l’opinion publique au choc militaire final contre les assassins de César. Le monétaire responsable de l’émission de cet aureus est Publius Clodius, fils de Marcus (P. CLODIVS M. F.). Malgré la rareté exceptionnelle de ses monnaies d’or, l’identité précise de ce magistrat reste un sujet de débat passionnant parmi les historiens et numismates. Voici les points clés à retenir sur ce personnage et ses fonctions : 1. Son Titre Spécifique : Quattuorvir Contrairement à la majorité des monétaires romains qui étaient des triumviri (collège de trois), Publius Clodius appartient à un collège de quatre magistrats en 42 av. J.-C. : les Quattuorviri. La légende IIII·VIR·A·P·F : Ce titre abrège Quattuorvir Auro Publico Feriundo, soit « l’un des quatre hommes chargés de la frappe de l’or public ». Ses collègues : Il travaillait aux côtés de L. Mussidius Longus, C. Vibius Varus et L. Livineius Regulus. Ensemble, ils ont frappé une série de monnaies prestigieuses pour les trois membres du Triumvirat (Antoine, Octave et Lépide). 2. Hypothèses d’Identité Ce personnage est « historiquement peu connu » en dehors de ses monnaies, ce qui a mené à plusieurs théories : P. Clodius Turrinus : L’hypothèse la plus répandue (soutenue par Borghesi et Babelon) l’identifie à un célèbre rhéteur de l’époque mentionné par Sénèque le Père. Selon cette thèse, son père Marcus aurait été ruiné par les guerres civiles en Espagne avant que Publius ne retrouve la fortune grâce à son talent oratoire et son soutien à la cause césarienne. L’énigme de la filiation : Il ne doit pas être confondu avec le célèbre et turbulent Publius Clodius Pulcher (l’ennemi de Cicéron mort en 52 av. J.-C.), car notre monétaire précise bien être le fils de Marcus (M. F.), alors que Pulcher était le fils d’un Appius. Certains suggèrent toutefois qu’il pourrait être un parent éloigné ou un « homonyme » cherchant à profiter du prestige du nom. 3. Son Rôle Politique Publius Clodius n’était pas un simple technicien de la monnaie, mais un officier de haut rang chargé de financer l’effort de guerre des Triumvirs. Production diversifiée : En plus de l’or de Lépide, il a frappé des monnaies pour Marc Antoine, Octave et des séries posthumes pour Jules César. Syncrétisme et Religion : Ses types monétaires (Apollon, Diane, le Soleil, Fortuna) montrent un intérêt marqué pour les cultes solaires et lunaires, souvent associés à l’idée d’un « Nouvel Âge » ou d’une ère de paix après le chaos, une thématique centrale de la propagande triumvirale. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon P. Clodius Turrinus. Monétaire en 711 (43 av. J.-C.) Publius Clodius, fils de Marcus Clodius, fut magistrat monétaire en 711 (43 av. J.-C.). On connaît un P. Clodius qui vivait à cette époque, mais il ne saurait

1623AE – Aureus Lepide et Octave – Marcus Æmilius Lepidus

1623AE – Aureus Lepide et Octave – Marcus Æmilius Lepidus Avers : LEPIDVS·PO(NT)·(MA)X – III·V·R·P·C (Lepidus Pontifex Maximus, Triumvir Reipublicae Constituendae) Buste de Lepide à droite. Revers : CAESAR·I(MP)·III· – VIR·R·P·C (Caesar Imperator, Triumvir Reipublicae Constituendae) Buste d’Octave à droite. INDICE DE RARETE : 10+ (Il semblerait qu’il n’y ait eu qu’un seul exemplaire connu, fut dérobé au Cabinet des médailles de la BnF en 1831 et pourrait avoir été fondu.) 1 10+ ATELIER : Italie Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Aemilia et Julia Références : RRC 495/1 – B.34 (Aemilia) Le symbolisme et le contexte historique de cet aureus s’inscrivent dans l’une des périodes les plus instables et fascinantes de l’histoire romaine : les prémices de la fin de la République après l’assassinat de Jules César. 1. Le Contexte : L’Union des Héritiers de César (42 av. J.-C.) En 42 av. J.-C., Rome est en pleine guerre civile. Le Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide) a été légalement instauré par la Lex Titia pour venger César et réorganiser l’État. La Campagne de Philippes : Cette monnaie est frappée alors que les triumvirs se préparent à affronter les « Libérateurs » (Brutus et Cassius) en Grèce. L’or est alors nécessaire pour payer les légions et assurer leur loyauté. La hiérarchie interne : Bien qu’Antoine soit le leader militaire dominant à ce moment, l’association de Lépide et d’Octave sur cet aureus montre une volonté d’afficher un front uni et une légitimité partagée. 2. Le Symbolisme de l’Avers : Lépide et l’Autorité Religieuse Le portrait de Marcus Aemilius Lepidus n’est pas seulement celui d’un chef de guerre. Le titre de Pontifex Maximus : La légende souligne sa fonction de Grand Pontife. En s’appropriant cette charge (occupée par César jusqu’à sa mort), Lépide se place comme le garant de la Pax Deorum (la paix des dieux). C’est un symbole de continuité et de piété. Légitimité Aristocratique : Lépide représente la vieille noblesse romaine ralliée à la cause césarienne, apportant une caution de respectabilité au triumvirat. 3. Le Symbolisme du Revers : Octave et l’Héritage du Nom Le portrait du jeune Octave (le futur Auguste) porte un message très différent, axé sur la filiation. Le nom « CAESAR » : À cette époque, Octave insiste systématiquement sur son nom d’adoption. Pour les soldats, il est le fils du « Dieu Jules ». Sa présence sur la monnaie rappelle que le sang de César commande les troupes. Le titre d’Imperator : Contrairement à Lépide qui met en avant sa dignité religieuse, Octave met en avant son commandement militaire, affirmant sa montée en puissance malgré sa jeunesse. 4. Un outil de légitimation mutuelle : « III VIR R P C » L’élément le plus important du symbolisme politique ici est l’abréviation commune aux deux faces : III VIR R P C (Triumviri Rei Publicae Constituendae). Légalisation du pouvoir : Ce titre indique qu’ils ne sont pas des tyrans, mais des magistrats nommés pour « restituer la République ». Parité apparente : En plaçant leurs visages dos à dos (avers/revers), ils signalent aux armées et au peuple qu’ils agissent d’un commun accord. C’est une image de stabilité destinée à rassurer une Rome épuisée par les proscriptions et les guerres. 5. Pourquoi l’or ? L’usage de l’aureus (monnaie d’or) est hautement symbolique. Sous la République, Rome frappait rarement de l’or, sauf en période de crise extrême ou de grandes conquêtes. Frapper cet aureus est un acte de souveraineté : les triumvirs s’approprient le droit de battre monnaie dans le métal le plus précieux pour affirmer que le destin de l’Empire est désormais entre leurs mains. En résumé, cet aureus est un « manifeste politique en métal ». Il tente de fusionner la tradition religieuse (Lépide) et la ferveur révolutionnaire césarienne (Octave) sous une bannière légale pour justifier la guerre à venir contre les assassins de César. Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ces médailles (33 à 35) sur lesquelles Lépide, Marc Antoine et Octave prennent le titre de triumviri reipublicæ constituendæ, ont été frappées à l’occasion de la constitution même du triumvirat le 27 novembre 711. Lépide, imperator et triumvir. Les monnaies que nous décrivons ici, se rapportent à la période comprise entre la mort de César, aux ides de Mars 710, et la première rupture du triumvirat de Marc Antoine, Octave et Lépide en 712 (42 av. J.-C.). On peut les partager en deux séries : celles sur lesquelles Lépide figure soit avec Marc Antoine, soit avec Octave, sans nom de magistrat monétaire, et celles sur lesquelles le nom de Lépide est accompagné du nom de l’un des magistrats qui ont formé le collège monétaire de l ‘an 711 (43 av. J.-C.). Les premiers portent des emblèmes qui rappellent la dignité de pontifex maximus dont Lépide venait d être investi à la mort de César. Les secondes n’ont présenté, jusqu’ici, que trois noms de monétaires, bien que le collège de l ‘an 711 fût composé de quatre membres. Ce sont : L. Livineius Regulus, L. Mussidius Longus et C. Vibius Varus. On n’a pas de monnaie de Lépide avec le nom de P. Clodius. Les médailles de Lépide frappées par les magistrats que nous venons de citer sont en or et fort rares. Aucune des monnaies de Lépide n’est postérieure à l’an 711 ou au commencement de 712, moment où il passa en Afrique, à la suite de difficultés survenues entre les membres du triumvirat.

1547AE – Sesterce Aemilia – Lucius Aemilius Buca

1547AE – Sesterce Aemilia – Lucius Aemilius Buca Avers : Anépigraphe Tête de Luna surmontée d’un croissant, à droite. Revers : L·AEMILIVS·BVCA Etoile à six rayons. Bibliothèque nationale de France 0.81g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gens : Aemilia Références : RRC 480/26 – B.19 (Aemilia) – Syd.1066 L’analyse de ce sesterce est particulièrement riche, car elle touche aux fondements religieux et dynastiques que Jules César a tenté d’instaurer juste avant sa mort. 1. Le Symbolisme : L’Ordre Cosmique et la Divinité Contrairement aux images de guerre, ce sesterce utilise un langage astral pour légitimer le pouvoir de César. Luna (Avers) : La déesse de la lune représente ici la pérennité et le cycle éternel. Dans la symbolique romaine, Luna est souvent liée à l’éternité de l’Empire (Aeternitas Imperii). Son apparition sur une monnaie de 44 av. J.-C. est aussi un rappel subtil de la réforme du calendrier julien : César a mis de l’ordre dans le temps lui-même, un acte quasi divin. L’Étoile à six rayons (Revers) : C’est l’élément le plus puissant de cette monnaie. Elle préfigure le Sidus Iulium (la comète de César). Bien que la comète soit apparue après sa mort, l’étoile était déjà un symbole de la Gens Iulia, prétendant descendre de Vénus. Placer une étoile au revers d’une monnaie signifie que le régime de César est sous une protection céleste et qu’il apporte une ère nouvelle, un « siècle d’or ». 2. Le Contexte Historique : La « Quattuorviri » de 44 av. J.-C. Cette monnaie est frappée dans un climat d’urgence et de transformation radicale de l’État : L. Aemilius Buca : Il est l’un des quatre magistrats monétaires (Quattuorviri) nommés par César. Son rôle était de saturer le marché monétaire pour financer les immenses dépenses publiques et les préparatifs de la campagne contre les Parthes. La Divinisation de la Dictature : En 44 av. J.-C., le Sénat accorde à César des honneurs sans précédent. L’utilisation de symboles comme Luna et l’Étoile sur une monnaie divisionnaire (le sesterce, utilisé pour les petits échanges quotidiens) permet de diffuser l’idée de la nature quasi divine du dictateur auprès de toutes les couches de la population. Une monnaie de prestige malgré sa taille : Le sesterce en argent est alors une dénomination rare. Le frapper avec une telle iconographie montre que même la « petite monnaie » était utilisée comme un vecteur de propagande complexe. 3. Lien avec la série RRC 480 Cette pièce fait partie d’un ensemble cohérent où l’on retrouve : Le sesterce de Macer avec le caducée (la Paix). Le sesterce de Buca avec l’étoile (la Divinité/L’Éternité). Ensemble, ces pièces racontent une histoire : César a apporté la paix (Caducée) et cette paix est bénie par les dieux et inscrite dans l’éternité (Luna/Étoile). Lucius Aemilius Buca est un personnage clé de la numismatique romaine, bien que sa trace dans les textes historiques soit plus discrète que sur ses monnaies. Il appartient à la prestigieuse gens Aemilia, l’une des familles patriciennes les plus anciennes de Rome. 1. Identité et Origines Fils de monétaire : Lucius est le fils de Marcus Aemilius Scaurus (monétaire en 58 av. J.-C.), un homme politique influent et proche de Sylla. Cela explique pourquoi Lucius utilise le « Songe de Sylla » sur le denier RRC 480/1 : il s’agit d’une référence aux gloires de sa propre famille. Soutien politique : Il est mentionné historiquement en 54 av. J.-C. comme l’un des soutiens (souscripteur) lors du procès de Scaurus, ce qui confirme ses attaches avec l’aristocratie traditionnelle. 2. Rôle en 44 av. J.-C. : Le Quattuorvirat Buca occupe la fonction de Quattuorvir monétaire (IIII. VIR) en 44 av. J.-C. Cette année-là, Jules César modifie le fonctionnement de l’atelier monétaire de Rome : De trois à quatre : Traditionnellement, les magistrats monétaires étaient trois (Triumviri Monetales). César porte leur nombre à quatre pour répondre à ses besoins massifs en numéraire pour ses projets de guerres (notamment contre les Parthes). Un collège de transition : Buca travaille aux côtés d’autres magistrats comme Cossutius Maridianus. Ensemble, ils supervisent le passage historique du portrait divin (Vénus) au portrait du dirigeant vivant (César). 3. Son importance numismatique Buca est considéré comme le plus prolifique et le plus intéressant des quatre magistrats de cette année charnière : Iconographie personnelle : Il est le seul du collège à avoir frappé des monnaies avec un motif purement familial (le Songe de Sylla, RRC 480/1) avant de se plier entièrement à la propagande césarienne. Témoin de l’histoire : Ses émissions permettent de suivre précisément l’évolution des titres de César. On trouve sous son nom des deniers avec les légendes : CAESAR IM P M (César Imperator, Grand Pontife) CAESAR DICT PERPETVO (César Dictateur à vie) — cette dernière légende ayant été l’un des déclencheurs du complot des sénateurs. 4. Disparition Après l’assassinat de Jules César aux Ides de Mars (15 mars 44 av. J.-C.), la trace de Lucius Aemilius Buca disparaît des archives. On suppose qu’il n’a plus exercé de responsabilités monétaires majeures après cette année mouvementée, son nom n’apparaissant plus sur les émissions ultérieures. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Aemilius Buca. Quatuorvir monétaire en 710 (44 av. J. C.) Ce personnage mentionné dans le procès de Scaurus , était le fils du monétaire M. Scaurus, contemporain de Sylla. Il fut quatuorvir monétaire l’année même de la mort de Jules César, en 710 (44 av. J.-C.) . L histoire de L. Aemilius Buca n’est pas autrement connue; les types de ses médailles se rapportent tous à Jules César; on en trouvera l’explication et les dessins à la gens Julia, avec l’histoire du collège monétaire dont L. Buca a fait partie.

1588AE – Aureus Lépide – Caius Vibius Varus

1588AE – Aureus Lépide – Caius Vibius Varus Avers : M·LEPIDVS·III·VIR·R·P·C Tête de Lépide à gauche. Revers : C VEIBIVS  VAARVS (Caius Vibius Varus) Mains jointes. Bibliothèque nationale de France 8g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Vibia et Aemilia Références : RRC 494/10 – B.39 (Aemilia) Cet Aureus de Lépide, frappé en 42 av. J.-C., est une monnaie dont le message politique est aussi précieux que son métal. Il intervient à un moment de basculement total pour la République romaine. 1. Le Contexte Historique : L’Union des trois chefs En 42 av. J.-C., Rome est dirigée par le Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide). L’objectif officiel est de « restaurer la République » (Rei Publicae Constituendae), mais la réalité est celle d’une préparation à la guerre civile contre les assassins de César (Brutus et Cassius). Lépide, l’homme de l’arrière : Tandis qu’Octave et Antoine partent vers la Grèce pour la bataille de Philippes, Lépide reste à Rome. Il est chargé de maintenir l’ordre et de protéger les arrières des deux autres. Cet aureus est frappé sous son autorité nominale par le monétaire C. Vibius Varus. Le financement de la guerre : L’or est frappé en masse à cette période non pas pour la circulation courante, mais pour payer les légions. Recevoir un aureus avec le portrait de Lépide garantissait aux soldats que le triumvir resté à Rome assurait la solde et la logistique. 2. Le Symbolisme de la « Dextrarum Iunctio » Le revers montrant deux mains jointes est l’élément le plus fort de cette pièce : La Concorde (Concordia) : Les mains jointes symbolisent l’accord sacré et l’harmonie entre les trois triumvirs. C’est une réponse directe aux rumeurs de dissensions. Le message est simple : « Nous sommes unis, notre alliance est indéfectible. » La Foi Publique (Fides) : Ce geste représente aussi la parole donnée et la loyauté. Pour les troupes, c’est l’assurance que les promesses de terres et de butins faites par les triumvirs seront respectées. Ironie Historique : Ce symbole de fraternité est en contradiction totale avec la réalité de l’époque, marquée par les proscriptions (massacres politiques) et les futures trahisons qui verront Octave évincer Lépide du pouvoir quelques années plus tard. 3. Le Portrait de Lépide : Une Affirmation de Statut L’avers présente la tête nue de Lépide. À cette époque, placer son propre portrait sur une monnaie est encore un acte de rupture avec les traditions républicaines (commencé par Jules César). En s’affichant ainsi, Lépide revendique son statut d’égal de Marc Antoine et d’Octave. La légende III VIR R P C légitime son pouvoir exceptionnel, le plaçant au-dessus des lois ordinaires de la République. Pourquoi cette monnaie est-elle une référence ? Cet Aureus est le témoignage d’une « paix armée » entre les héritiers de César. Pour les collectionneurs et les historiens, c’est l’un des portraits les plus authentiques de Lépide, souvent resté dans l’ombre d’Antoine et d’Auguste. Le monétaire responsable de cette émission est Caius Vibius Varus (parfois orthographié C. Veibius Vaarus sur les monnaies pour souligner une archaïsme de prestige). Il appartient à la Gens Vibia, une famille plébéienne qui, bien que n’étant pas d’origine noble ancienne, a acquis une influence considérable à la fin de la République, notamment grâce à son soutien constant au parti de Jules César. 1. Son rôle au sein du Collège des Monétaires En 42 av. J.-C., Varus fait partie du collège des Quattuorviri monetales (un collège de quatre magistrats exceptionnellement élargi par rapport au triumvirat monétaire habituel). Ses collègues pour cette année cruciale sont : L. Mussidius Longus L. Livineius Regulus P. Clodius Turrinus Ensemble, ils ont supervisé l’une des productions monétaires les plus massives de Rome, destinée presque exclusivement à financer l’effort de guerre des triumvirs (Marc Antoine, Octave et Lépide) avant la confrontation finale à Philippes. 2. Identité et Carrière Historiquement, Caius Vibius Varus reste un personnage dont la vie est peu documentée en dehors de ses monnaies (un cas fréquent pour les monétaires de cette période). Cependant, certains éléments se dégagent : Origines : Il est probablement lié à la branche des Vibii Pansa. Son parent, Caius Vibius Pansa, fut consul en 43 av. J.-C. et mourut en combattant pour la République, ce qui confère à la famille un grand prestige militaire. Une « Signature » Variée : Varus ne s’est pas contenté de frapper pour Lépide. Il a également émis des monnaies avec les bustes de Marc Antoine, d’Octave, et des types purement mythologiques (comme la tête de Bacchus/Liber Pater avec une panthère au revers, un emblème traditionnel de sa famille). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Vibius Varus. Monétaire en 711-712 (43-42 av. J.-C.) Ce magistrat composa un collège monétaire avec L. Livineius Regulus, L. Mussidius Longus et P. Clodius Turrinus. Ses trois collègues prennent le titre de quatuorvir auro publico feriundo; lui seul n’ajoute à son nom aucune qualification. Mommsen plaçait ce collège en 716; le trésor de Pieve-Quinta a démontré qu’il date des années 711 et 712 (43-42 av. J.-C.). Nous ne savons rien de la carrière de C. Vibius Varus qui n’est connu que par les médailles. Outre les monnaies que ses collègues et lui ont fait frapper aux noms de Lépide, de Marc Antoine et d’Octave, chacun d’eux a émis, sous l’autorité du sénat, des aurei et des deniers qui ne portent pas les noms des triumvirs et sont antérieurs à la constitution du triumvirat le 27 novembre 711. Aussi, les types qui figurent sur ces monnaies ont-ils entre eux une grande analogie. Ceux des pièces de C. Vibius Varus font allusion soit aux souvenirs de famille des Vibii, comme le denier n. 24, soit à la puissance romaine, à sa bonne fortune et à ses victoires, types monétaires usuels à la fin de la république.

1585AE – Aureus Lépide – Lucius Mussidius Longus

1585AE – Aureus Lépide – Lucius Mussidius Longus Avers : M·LEPIDVS·III·VIR·R·P·C Tête de Lépide à gauche. Revers : L·MVSSIDIVS T·F·LONGVS·IIII VIR·A·P·F Mars debout à droite, portant un casque corinthien, tenant une épée de la main gauche et une lance de la droite; le pied gauche sur un bouclier. British Museum 8.02g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Mussidia et Aemilia Références : RRC 494/7b – B.38 (Aemilia) – Syd.1099 Cet Aureus, frappé par le magistrat L. Mussidius Longus, est bien plus qu’une simple unité monétaire ; c’est un outil de légitimation politique et un symbole de la force du Second Triumvirat. Voici l’analyse détaillée de son symbolisme et de son contexte historique : 1. Symbolisme : Mars et la vengeance de César Le revers de cette monnaie, représentant Mars, le dieu de la guerre, est chargé de significations spécifiques à l’année 42 av. J.-C. : L’ancêtre divin : Pour Lépide (dont le portrait figure à l’avers), Mars n’est pas seulement le dieu de la guerre, mais une divinité protectrice liée à la gens Aemilia. En l’affichant, Lépide affirme son lignage et sa noblesse. Mars Ultor (Le Vengeur) : Bien que le temple officiel de Mars Ultor ne soit inauguré que plus tard par Octave, l’image de Mars en armes sur cette pièce symbolise la mission sacrée des Triumvirs : venger l’assassinat de Jules César. L’Iconographie guerrière : Mars est représenté avec un pied sur un bouclier, tenant une lance et un parazonium. Cette posture victorieuse annonce l’issue souhaitée du conflit imminent contre les « Libérateurs » (Brutus et Cassius). 2. Contexte Historique : Rome sous tension (42 av. J.-C.) L’année 42 av. J.-C. est un tournant majeur de la fin de la République romaine. Le partage des rôles : Pendant que Marc Antoine et Octave partent vers la Grèce pour affronter les armées de Brutus et Cassius, Lépide reste à Rome. Il est chargé de maintenir l’ordre en Italie et de protéger le centre du pouvoir. Cette monnaie, frappée à l’atelier de Rome, est donc une affirmation de sa présence et de son autorité en l’absence des deux autres triumvirs. Le rôle du magistrat L. Mussidius Longus : Longus était l’un des quattuorviri monetales (un collège exceptionnel de quatre magistrats au lieu de trois). Son titre complet sur la monnaie, IIII·VIR·A·P·F (Auro Publico Feriundo), indique qu’il était spécifiquement chargé de transformer l’or public en monnaie. Le financement de la guerre : La frappe d’aurei (monnaies d’or) est rare sous la République. Elle répond ici à un besoin urgent : payer les légions. L’or, métal de prestige, servait à fidéliser les officiers et les soldats avant la confrontation décisive de Philippes. 3. Une série coordonnée Il est fascinant de noter que cette pièce fait partie d’une série « cohérente » : Mussidius Longus a frappé des types similaires pour les trois triumvirs (Octave, Marc Antoine et Lépide). Cela visait à projeter une image de Concorde et d’unité totale du Triumvirat face à leurs ennemis, malgré les tensions internes qui commençaient déjà à poindre. Le monétaire responsable de l’émission de cet aureus est Lucius Mussidius Longus. Voici les informations essentielles sur ce magistrat et son rôle particulier dans le système monétaire romain : 1. Son titre : Un collège exceptionnel Contrairement à la règle habituelle de la République romaine où les monnaies étaient frappées par un collège de trois magistrats (Tresviri Monetales), Mussidius Longus fait partie en 42 av. J.-C. d’un collège de quatre magistrats (Quattuorviri). Sa légende sur l’aureus porte l’abréviation IIII·VIR·A·P·F, ce qui signifie Quattuorvir Auro Publico Feriundo (« L’un des quatre magistrats chargés de frapper l’or public »). Cette augmentation du nombre de magistrats témoigne de l’énorme besoin en numéraire (surtout en or) pour financer les guerres civiles du Second Triumvirat. 2. Un « partisan » du Triumvirat Lucius Mussidius Longus n’était pas un simple technicien ; il était un fidèle des Triumvirs (Octave, Marc Antoine et Lépide). En 42 av. J.-C., il frappe une série complète de monnaies honorant chacun des trois chefs : Le type RRC 494/7 (celui que nous avons évoqué) est dédié à Lépide. D’autres types de la même année portent les portraits de Marc Antoine et d’Octave. Cette coordination montre que Longus agissait sous les ordres directs du pouvoir central à Rome pour diffuser l’image de l’unité triumvirale. 3. La Gens Mussidia L’histoire de la gens Mussidia est relativement obscure avant cette période. On considère souvent que Lucius Mussidius Longus est le membre le plus célèbre de cette famille. Sa carrière se situe à la fin de la République, et son nom disparaît des annales après la consolidation du pouvoir impérial par Auguste. 4. Son style et ses autres types célèbres Outre l’aureus de Lépide, il est très connu en numismatique pour ses deniers d’argent représentant le sanctuaire de Venus Cloacina (RRC 494/42). Le choix de ce sanctuaire (situé sur le Forum Romain) montre son intérêt pour les monuments et la topographie de Rome, renforçant l’idée d’un magistrat très impliqué dans la vie politique de la cité alors que les chefs militaires étaient en campagne. Variante : légende du revers différemment disposée. Référence : RRC 494/7a Münzkabinett Wien 8.04g Münzkabinett Wien 8.04g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Mussidia n’est connue que par les monnaies de L. Mussidius Longus, fils de T. Mussidius Longus. On ne sait rien sur la vie de ce personnage qui fut monétaire en 711 et 712 (43-42 av. J.-C.) en même temps que P. Clodius M. f., L. Livineius Regulus et C. Vibius Varus. Outre les monnaies qui n’ont que son nom, L. Mussidius en a fait émettre qui portent les noms : 1° de Jules César, déjà mort quand elles furent frappées ; 2° de Lépide; 3° de Marc Antoine; 4° d’Octave. L. Mussidius Longus prend sur plusieurs médailles le titre de quatuorvir chargé de la fabrication des espèces d’or.La couronne, au revers des deniers n. 1, 2, 3, est la couronne d’épis attachée par des bandelettes de

1577AN – Aureus Marc Antoine et Lepide – Marcus Antonius

1577AN – Aureus Marc Antoine et Lepide – Marcus Antonius Avers : M ANTONIVS IMP III VIR R P C (Marcus Antonius Imperator, Triumvir Reipublicae Constituendae) Tête barbue de Marc Antoine à droite, lituus derrière. Revers : M·LEPIDVS·III·VIR·R·P·C Tête de Lépide à droite, aspergillum et simpulum  derrière. British Museum 8.16g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Gaule cisalpine Datation : 43 avant J.C. Matière : Or Gentes : Antonia et Aemilia Références : RRC 492/2 – B.33 (Aemilia) Cet Aureus RRC est un document politique exceptionnel qui cristallise la naissance du Second Triumvirat à la fin de l’année 43 av. J.-C. (accord de Bologne). Voici l’analyse détaillée de son symbolisme et du contexte qui a entouré son émission. 1. Symbolisme : La Légitimité par le Sacré Contrairement aux monnaies de la République classique où les divinités dominaient l’avers, cet aureus place le portrait des chefs de guerre au centre, utilisant des attributs religieux pour justifier leur pouvoir exceptionnel. Le Lituus (Bâton augural) derrière Marc Antoine : Il symbolise son appartenance au collège des Augures. Pour Antoine, ce symbole n’est pas seulement religieux ; il indique sa capacité à interpréter la volonté des dieux, une compétence indispensable pour diriger les armées et prendre des décisions d’État. Le Simpulum (Louche) et l’Aspergillum (Goupillon) derrière Lépide : Ces instruments de sacrifice renvoient à sa fonction de Pontife. Lépide venait de succéder à Jules César comme Pontifex Maximus (Grand Pontife). En affichant ces symboles, il se pose en héritier spirituel du Dictateur et en garant de la Pax Deorum (la paix des dieux). La Barbe de Marc Antoine : Sur de nombreux exemplaires, Antoine est représenté barbu. C’est la barba et pascitur, une barbe de deuil qu’il a juré de porter jusqu’à ce que le meurtre de César soit vengé. C’est un outil de propagande visuelle puissant pour s’attirer la loyauté des vétérans césariens. 2. Contexte Historique : L’Union des Héritiers L’année 43 av. J.-C. est une année charnière. Après les affrontements de la guerre de Modène, les trois chefs césariens — Antoine, Lépide et le jeune Octave — comprennent qu’ils doivent s’unir pour écraser les assassins de César (Brutus et Cassius) et reprendre le contrôle de Rome. La Lex Titia : Ce n’est pas une simple alliance privée (comme le fut le « Premier Triumvirat »). La loi Titia donne aux trois hommes des pouvoirs dictatoriaux pour cinq ans sous le titre officiel de III VIR R.P.C. (Triumviri Rei Publicae Constituendae). Cette mention sur la pièce officialise leur mainmise sur l’État. Une égalité de façade : En frappant des monnaies associant leurs portraits (Antoine/Lépide sur le 492/2, Antoine/Octave sur le 492/1), les triumvirs projettent une image d’unité absolue et de concorde. En réalité, c’est un équilibre précaire où chacun tente d’affirmer sa primauté. Le financement de la guerre : Ces aurei étaient principalement destinés à payer les légions. Le choix de l’or (métal rare et prestigieux) servait à assurer la fidélité des officiers et des troupes avant la campagne décisive qui mènera à la bataille de Philippes en 42 av. J.-C. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ces médailles (33 à 35) sur lesquelles Lépide, Marc Antoine et Octave prennent le titre de triumviri reipublicæ constituendæ, ont été frappées à l’occasion de la constitution même du triumvirat le 27 novembre 711.

1579AE – Aureus Lépide – Lucius Livineius Regulus

1579AE – Aureus Lépide – Lucius Livineius Regulus Avers : M·LEPIDVS·III·VIR·R·P·C (M. Lepidus, Triumvir Reipublicae Constituendae) Tête nue de Lépide à droite. Revers : L·REGVLVS IIII·VIR·A·P·F (Lucius Livineius Regulus) Vestale Aemilia debout à gauche, dans la main droite un simpulum et un sceptre de la gauche. British Museum 7.98g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Livineia et Aemilia Références : RRC 494/1 – B.36 (Aemilia) – Syd.1105 1. Contexte Historique : L’affirmation du Triumvirat Frappée en 42 av. J.-C. à Rome, cette pièce s’inscrit dans une période de transition brutale. Le Second Triumvirat : Après l’assassinat de César, Lépide s’allie à Marc Antoine et Octave. Ils forment le Second Triumvirat pour « restaurer la République » (en réalité pour éliminer les républicains). Le contrôle de Rome : Tandis qu’Antoine et Octave partent combattre Brutus et Cassius en Grèce, Lépide reste à Rome pour administrer l’Italie. Cette monnaie témoigne de son autorité sur la capitale et sur l’atelier monétaire de Rome. Le titre officiel : La légende souligne son rôle de III VIR R P C (Triumvir Rei Publicae Constituendae), soit « Triumvir pour la réorganisation de la République ». 2. Symbolisme de l’Avers : Le portrait de Lépide Iconographie : Tête nue de Lépide à droite. Signification : C’est une rupture majeure avec la tradition républicaine. Historiquement, on ne représentait pas de personnes vivantes sur les monnaies romaines (réservées aux divinités ou ancêtres). En affichant son propre portrait, Lépide suit l’exemple de Jules César, affirmant un pouvoir personnel quasi monarchique sur les institutions. 3. Symbolisme du Revers : La Vestale Aemilia Le revers montre une figure féminine debout, tenant un simpulum (coupe sacrificielle) et un sceptre. La légende indique L REGVLVS IIII VIR A P F (L. Livineius Regulus, l’un des quatre magistrats monétaires). La Vestale Aemilia : Cette figure représente une ancêtre légendaire de la gens Aemilia (la famille de Lépide). Selon la tradition, alors que le feu sacré de Vesta s’était éteint, la vestale Aemilia le ralluma miraculeusement en jetant son vêtement sur les cendres. Légitimité Familiale et Religieuse : Lépide utilise ce symbole pour rappeler l’ancienneté et la piété de sa lignée. C’est une manière de souligner sa légitimité à occuper la fonction de Pontifex Maximus (Grand Pontife), le chef de la religion romaine, titre qu’il a repris après la mort de César. Continuité : L’usage du sceptre et du simpulum renforce l’idée d’une autorité à la fois civile et religieuse incontestable. En résumé Cet aureus n’est pas une monnaie de la résistance (comme celle de Brutus), mais une monnaie de l’ordre nouveau. Elle symbolise la prise de pouvoir des Triumvirs sur Rome, mêlant l’affirmation d’un pouvoir personnel (portrait) à une légitimité religieuse et familiale traditionnelle (la vestale Aemilia). Le monétaire responsable de cette émission est Lucius Livineius Regulus, une figure clé de l’administration monétaire durant la transition tumultueuse entre la République et l’Empire. Voici les informations essentielles sur ce personnage et son rôle : 1. Identité et Famille Origine : La gens Livineia était une famille plébéienne. Les Reguli étaient une branche spécifique de cette famille (souvent liée par alliance ou adoption à la gens Atilia). Le Père : L. Livineius Regulus était le fils d’un autre Lucius Livineius Regulus, qui fut préteur et un ami proche de Cicéron. Ce père avait également servi comme lieutenant (legatus) de Jules César pendant la guerre en Afrique (46 av. J.-C.). Le Portrait paternel : Sur certains deniers de cette même série (RRC 494), le monétaire fait figurer le portrait de son père avec la légende REGVLVS PR pour honorer sa mémoire et souligner le prestige de sa lignée. 2. Fonctions et Titres Le monétaire porte deux titres distincts selon les émissions de l’année 42 av. J.-C. : IIII·VIR·A·P·F : Abréviation de Quattuorvir Auro Publico Feriundo (Quattuorvir chargé de la frappe de l’or public). Il faisait partie d’un collège de quatre magistrats (au lieu des trois habituels, les triumviri monetales), une extension décidée par Jules César pour gérer l’augmentation de la masse monétaire. PRAEF·VR : Sur certaines pièces, il apparaît comme Praefectus Urbi (Préfet de la Ville). Selon les recherches de T.V. Buttrey (citées par LesDioscures.com), il est probable qu’il ait été nommé à ce poste prestigieux pour assurer le contrôle de Rome et de l’atelier monétaire pendant que les triumvirs étaient absents pour combattre Brutus et Cassius. 3. Son rôle au sein du Collège des Quatre En 42 av. J.-C., Regulus travaille aux côtés de trois autres monétaires : P. Clodius, L. Mussidius Longus et C. Vibius Varus. Toutefois, Regulus semble avoir une position particulière : Le « Primus » du collège : Il est souvent considéré comme le membre dirigeant du groupe. Contrairement à ses collègues, ses émissions d’aurei ne partagent pas les mêmes coins de revers, ce qui suggère qu’il a peut-être commencé la frappe de l’or de manière indépendante ou prioritaire. Un agent de légitimité : Sa mission était de produire des monnaies honorant les trois triumvirs (Antoine, Octave et Lépide) ainsi que le défunt Jules César. En associant son nom (L·REGVLVS) à ces portraits, il liait sa propre carrière et sa famille à la nouvelle autorité suprême de Rome. Pourquoi est-il important ? L. Livineius Regulus est l’un des derniers magistrats « républicains » à apposer son nom sur des monnaies d’or avant que les chefs militaires (comme Antoine ou Octave) ne s’approprient totalement le droit de battre monnaie en leur propre nom, sans l’intermédiaire des magistrats civils. Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Livineia et Aemilia Références : RRC 494/1 – B.36 (Aemilia) – Syd.1105 Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Le gentilicium Livineius n’a été porté que par des Reguli qui eux-mêmes n’étaient qu’une branche de la gens Atilia. On considère comme certain que les deux frères L. Regulus et M. Regulus, que Cicéron cite parmi ses meilleurs amis, étaient des Livineii. On connaît encore un Livineius Regulus qui fut sénateur sous Tibère. Deux membres de la famille Livineia ont frappé monnaie; ils portent l’un et l’autre le nom de L. Livineius Regulus. L. Livineius Regulus. Monétaire en 711-712 (43-42 av. J.-C.) Ce personnage est historiquement inconnu; tout ce que l’on peut dire avec certitude, c’est qu’il

1591AE – Aureus Lépide – Lucius Mussidius Longus

1591AE – Aureus Lépide – Lucius Mussidius Longus Avers : M·LEPIDVS·III·VIR·R·P·C Tête de Lépide à gauche. Revers : L · MVSSIDIVS · LONGVS (Lucius Mussidius Longus) Corne d’abondance. British Museum 8.02g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Mussidia et Aemilia Références : RRC 494/13 – B.37 (Aemilia) Cet aureus est une monnaie d’exception frappée à Rome en 42 av. J.-C., une année charnière marquant la consolidation du pouvoir du Second Triumvirat. Voici l’analyse détaillée du contexte et des symboles de cette émission, supervisée par le magistrat monétaire L. Mussidius Longus : Contexte Historique : L’affirmation du Triumvirat Le Temps des Guerres Civiles : Nous sommes deux ans après l’assassinat de Jules César. Rome est dirigée par le Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide). Cette monnaie est frappée alors que les triumvirs se préparent à affronter les républicains (Brutus et Cassius) à la bataille de Philippes. Lépide, le « Troisième Homme » : Bien que souvent éclipsé par ses collègues, Marcus Aemilius Lepidus occupe alors une position centrale. Il reste à Rome pour administrer l’Italie pendant qu’Antoine et Octave partent en campagne. L’émission de cet aureus à son effigie souligne son autorité légale et religieuse (il est Pontifex Maximus). Le financement de la guerre : L’usage de l’or est rare et presque exclusivement réservé aux besoins militaires urgents. Cet aureus servait à payer les légions stationnées en Italie, assurant ainsi leur fidélité au régime triumviral. Symbolisme : Ordre, Abondance et Légitimité Cette pièce est une véritable « profession de foi » politique des triumvirs : Avers (Le Portrait de Lépide) : Le Portrait : Le portrait de Lépide à gauche est entouré de la légende M·LEPIDVS·III·VIR·R·P·C. Signification : C’est l’affirmation d’un pouvoir personnel. Le titre III VIR R P C (Triumvir Rei Publicae Constituendae) indique qu’il a reçu le mandat légal de « restaurer la République ». C’est un paradoxe visuel : utiliser un portrait de type « monarchique » pour proclamer le retour à l’ordre républicain. Revers (La Corne d’Abondance) : Le Type : Une corne d’abondance (cornucopia) ornée d’un ruban (vitta). La légende mentionne le nom du monétaire : L·MVSSIDIVS LONGVS. Signification : La corne d’abondance symbolise la Felicitas (le bonheur public) et l’abondance retrouvée. Le message est simple : après le chaos des guerres, le gouvernement des triumvirs garantit la paix et la fin de la famine (problème récurrent à Rome à cause des blocus). Le ruban souligne le caractère sacré et béni de cette prospérité. Importance Numismatique Cet aureus est l’un des rares témoignages monétaires de l’importance de Lépide avant son éviction progressive par Octave. Il illustre parfaitement comment la monnaie servait de premier média de masse pour diffuser une image de stabilité et de légitimité divine. Lucius Mussidius Longus est un magistrat monétaire romain dont l’activité est documentée uniquement par ses émissions monétaires, principalement en 42 av. J.-C. Il appartient à la gens Mussidia, une famille plébéienne relativement mineure dont les membres n’ont que rarement atteint les plus hautes fonctions de l’État. Voici les points clés à retenir sur ce personnage : 1. Membre d’un Collège Exceptionnel Mussidius Longus faisait partie d’un collège de quatre magistrats (quattuorviri monetales) et non des trois habituels (triumviri), signe de l’augmentation des besoins monétaires durant les guerres civiles. Ses collègues étaient : P. Clodius L. Livineius Regulus C. Vibius Varus Ce groupe a été nommé par le Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine, Lépide) pour financer la campagne contre Brutus et Cassius. 2. Le Titre de « Quatuorvir A.P.F. » Sur certaines de ses monnaies, il porte le titre complet de IIII VIR A.P.F., ce qui signifie Quatuorvir Auro Publico Feriundo (Quatuorvir chargé de la frappe de l’or public). C’est un détail historique crucial : c’est sous ce collège que la frappe de l’or (l’aureus), auparavant sporadique et militaire, commence à être plus régulièrement supervisée par l’atelier de Rome. 3. Un Maître de la Propagande Mussidius Longus se distingue par la variété et la qualité de ses types monétaires. Son rôle était de diffuser l’image des chefs du Triumvirat tout en honorant la mémoire du défunt Jules César. Il a frappé des monnaies pour : Les Triumvirs : Notamment l’aureus de Lépide que nous avons évoqué, mais aussi pour Octave et Marc Antoine. Jules César : Des émissions posthumes honorant le dictateur divinisé. Des types personnels : Il est célèbre pour ses deniers représentant le sanctuaire de Vénus Cloacina (RRC 494/42), un petit temple sur le Forum Romain lié à la purification. 4. Origine et Famille On sait, grâce aux légendes de ses pièces (L. MVSSIDIVS T. F. LONGVS), qu’il était le fils d’un certain Titus Mussidius Longus. Son cognomen « Longus » suggère un ancêtre particulièrement grand. Bien que sa carrière politique après 42 av. J.-C. nous soit inconnue, il est possible qu’il soit l’ancêtre d’un sénateur de l’époque d’Auguste. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Mussidia n’est connue que par les monnaies de L. Mussidius Longus, fils de T. Mussidius Longus. On ne sait rien sur la vie de ce personnage qui fut monétaire en 711 et 712 (43-42 av. J.-C.) en même temps que P. Clodius M. f., L. Livineius Regulus et C. Vibius Varus. Outre les monnaies qui n’ont que son nom, L. Mussidius en a fait émettre qui portent les noms : 1° de Jules César, déjà mort quand elles furent frappées ; 2° de Lépide; 3° de Marc Antoine; 4° d’Octave. L. Mussidius Longus prend sur plusieurs médailles le titre de quatuorvir chargé de la fabrication des espèces d’or.La couronne, au revers des deniers n. 1, 2, 3, est la couronne d’épis attachée par des bandelettes de laine blanche, des frères Arvales. Sur le denier n. 4, on voit la tête caractéristique de Fulvie avec les attributs de la Victoire; nous avons déjà expliqué la présence du portrait de la première femme de Marc Antoine, sur les médailles 2. La tête de la Concorde sur les deniers n° 5 et 6, figure sur

1385AE – Denier Lépide – Marcus Æmilius Lepidus

1385AE – Denier Lépide – Marcus Æmilius Lepidus Avers : ALEXANDREA Tête tourélée d’Alexandrie à droite avec collier et boucle d’oreille. Revers : TVTOR REG / S. C. / PO(NF) MAX // M. LEPIDVS (Marcus Lepidus // Tutor Regis Senatus Consulto Pontifex Maximus, Marc Lépide, tuteur du roi avec l’accord du Sénat grand pontife) Marcus Lepidus, vêtu de la toge debout à droite, couronnant Ptolémée V Épiphanes de la main droite, ce dernier tenant lui-même un sceptre de la main droite. Bibliothèque nationale de France 4.12g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 61 avant J.C. Matière : Argent Gens : Aemilia Références : RRC 419/2 – B.23 (Aemilia)  –  Syd.831  Le Monétaire : Marcus Aemilius Lepidus (Lépide) Détail Information Nom Complet Marcus Aemilius Lepidus Période Monétaire 61 av. J.-C. Début de Carrière L’émission de cette pièce marque le début de son cursus honorum (sa carrière politique) en tant que Triumvir Monetalis (magistrat monétaire). Famille (Gens) Gens Aemilia (l’une des plus anciennes et des plus prestigieuses familles patriciennes de Rome). Père Marcus Aemilius Lepidus (Consul en 78 av. J.-C. et adversaire de Sylla).  Carrière Politique Ultérieure Après avoir été monétaire, sa carrière a culminé dans des fonctions majeures : Partisan de César : Il fut un allié clé de Jules César. Maître de la Cavalerie (Magister Equitum) de César. Consul en 46 av. J.-C. (avec César) et en 42 av. J.-C. Pontifex Maximus (Grand Pontife) à partir de 44 av. J.-C. Membre du Second Triumvirat : En 43 av. J.-C., il forma le Second Triumvirat avec Octave (futur Auguste) et Marc Antoine, partageant le pouvoir et dirigeant la République après l’assassinat de César. Il est célèbre pour être le Triumvir le moins influent, mais il détenait à un moment donné les provinces d’Hispanie et de Gaule Narbonnaise, ainsi que la province d’Afrique. Après une tentative de contestation du pouvoir d’Octave, il fut contraint à l’exil et vécut retiré jusqu’à sa mort vers 13/12 av. J.-C.  Référence à l’Ancêtre sur la Monnaie Le message véhiculé par ce denier de Marcus Aemilius Lepidus (61 av. J.-C.) est un message politique clair, typique de la fin de la République, où les monétaires utilisaient les pièces pour faire la promotion de leur famille. Le message principal est la célébration de la gloire ancestrale pour légitimer la carrière politique de M. Lepidus. Variante : « ALEXSANDREA » comme légende au droit Référence : B.24 (Aemilia) British Museum 3.7g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Les deux médailles suivantes (23 et 24) ont été également frappées en l’honneur du même personnage. Elles rappellent qu’il fut un des trois ambassadeurs envoyés par le Sénat en Egypte, l’an 553 (201 av. J.-C.) pour servir de protecteurs à Ptolémée V Epiphane, pendant la minorité de ce jeune prince. Il s’y fit remarquer par son énergie, et conquit en Egypte une grande influence. C’est lui qui fut à proprement parler, le tuteur du roi d’Egypte, et pour ce motif il est représenté posant la couronne royale sur la tête de Ptolémée. Ces médailles furent frappées vers l’an 693 (61 av. J.-C.) à l’époque où les Romains décidaient du sort de l’Egypte. Lépide était fier de montrer, par ses monnaies, que ses ancêtres avaient jadis contribué les premiers à implanter l’influence romaine sur les bords du Nil. Lieux de découverte (9 exemplaires)