Bonus Eventus

Bonus Eventus · Iconographie numismatique · LesDioscures Bonus Eventus Bon Succès · Allégorie divine · Iconographie numismatique · République & Empire romains Nature Allégorie · Personnification Origine Romaine (racines grecques) Attributs Patère · Épis · Pavots Période République – IIIe s. ap. J.-C. Monnaies Galba · Vespasien · Antonin · Sévère Bonus Eventus — littéralement « le Bon Succès » — est l’une des grandes personnifications divines de la religion romaine. Varron, dans son encyclopédique Rerum rusticarum, le compte parmi les douze divinités tutélaires de l’agriculture, aux côtés de Cérès, Liber ou encore Lympha. Dans ce contexte originel, Bonus Eventus incarne la promesse d’une récolte heureuse, la bénédiction attendue au terme des travaux des champs. Au fil des siècles, son domaine s’élargit considérablement. Sous l’Empire romain, Bonus Eventus devient une abstraction universelle de la réussite et de la prospérité — non plus seulement agricole, mais politique, militaire, commerciale. Il rejoint ainsi la longue liste des virtutes et personificationes que les empereurs font frapper sur leur monnaie pour affirmer leur légitimité et les bienfaits de leur règne. Des émissions pour Galba, Vespasien, Titus, Antonin le Pieux et Septime Sévère témoignent de cette longévité iconographique. « Bonus Eventus est représenté nu, tenant une patère et des épis — comme si toute réussite naissait de la terre et revenait aux dieux. » — D’après Pline l’Ancien, Naturalis Historia, XXXIV ✦ Origines et culte 01 De la divinité agricole à l’allégorie impériale IIIe s. av. J.-C. – IIIe s. ap. J.-C. Les origines de Bonus Eventus plongent dans la religion agraire archaïque. Varron le cite comme l’un des gardiens des champs aux côtés de Lympha, déesse de l’eau d’irrigation — couple symbolique de la pluie et du succès de la culture. Dans ce contexte, son nom ne désigne pas encore une abstraction générale, mais la concrétisation divine d’un bon résultat : une récolte sauvée, un troupeau préservé, une terre généreuse. La transition vers une signification plus large est progressive. À Rome, les grandes abstractions — Felicitas, Spes, Pax, Bonus Eventus — deviennent des instruments politiques dès la fin de la République. Les magistrats monétaires, puis les empereurs, les convoquent sur leurs émissions pour diffuser un message de prospérité et de bon gouvernement. Bonus Eventus incarne alors tout ce qu’un règne heureux est censé apporter : victoires, abondance, entreprises couronnées de succès. Son temple à Rome se trouvait sur le Champ de Mars, à proximité des thermes d’Agrippa — emplacement symboliquement fort, à la croisée des zones consacrées aux activités civiques et militaires de la cité. Plan du Champ de Mars central · Rome antique · Le temple de Bonus Eventus se trouvait à proximité des thermes d’Agrippa (zone centrale) · Wikimedia Commons · domaine public ✦ Attributs iconographiques 02 Les emblèmes de Bonus Eventus Monnaies · Gemmes · Sculptures Sur les monnaies et les gemmes qui nous sont parvenues, Bonus Eventus présente une iconographie remarquablement stable. Il est représenté comme un homme nu debout, la jambe légèrement fléchie dans la pose relâchée du contrapposto grec, la tête tournée vers la patère qu’il tient dans sa main tendue — geste rituel de libation, offrant le succès aux dieux en retour de leur faveur. Parfois une chlamyde lui couvre le dos, ou un himation drapé encadre son torse sans cacher sa nudité athlétique. 🏺 Patère Coupe rituelle de libation, tenue dans la main tendue. Geste d’offrande aux dieux, symbole de piété et de reconnaissance pour le succès accordé. 🌾 Épis de blé Rappel de la fonction agraire originelle du dieu. Héritage direct du Bonus Eventus de Varron, gardien des récoltes et de la fertilité des champs. 🌺 Pavots Associés à Déméter/Cérès et aux mystères d’Éleusis. Leur présence conjointement aux épis évoque une filiation avec les cultes agraires grecs et l’espoir du renouveau. 🏛️ Nudité héroïque Convention grecque reprise par Rome pour les personnifications divines. Elle signale la nature divine et idéale du personnage, hors du temps et de la contingence humaine. La combinaison pavots + épis est caractéristique et distingue Bonus Eventus d’autres personnifications proches. Pline l’Ancien souligne que ces attributs, portés par le bronze d’Euphranor conservé à Rome, évoquaient irrésistiblement les divinités liées aux Mystères d’Éleusis — Déméter avant tout — et poussèrent certains antiquaires à identifier la statue originelle comme un Triptolème, héros de la culture du blé. Intaille romaine · Bonus Eventus à la chlamyde, tenant épis et patère · BNF, dép. Monnaies, médailles et antiques, inv. 58.1738 · Chabouillet, Catalogue général, 1858 ✦ Les statues grecques rebaptisées 03 Euphranor, Praxitèle et l’invention d’une iconographie IVe s. av. J.-C. – Ier s. ap. J.-C. Pline l’Ancien, dans son traité sur la sculpture (Naturalis Historia, XXXIV), décrit deux statues célèbres de Bonus Eventus conservées à Rome — avec la précision notable qu’il s’agissait en réalité de statues grecques rebaptisées, détournées de leur sens originel pour servir le culte romain d’une abstraction. La première était un bronze d’Euphranor, grand sculpteur et peintre athénien du IVe siècle avant J.-C., placé entre une Athéna sous le Capitole et la Léto du temple de la Concorde. Ce bronze tenait des coquelicots et des céréales — attributs qui firent débattre les savants modernes sur l’identité originelle du sujet : Triptolème ? Un héros éleusinien ? La question reste ouverte, mais l’iconographie passa directement aux monnaies romaines. La seconde était un marbre de Praxitèle, l’un des plus grands sculpteurs grecs, placé dans le temple de la triade capitoline aux côtés d’une Fortuna. L’historien de l’art Adolf Furtwängler y vit une représentation originelle d’Agathodémon — le bon démon grec, génie tutélaire de la prospérité — dont la Fortuna serait la traduction latine de la Tyché grecque. Cette association Bonus Eventus / Fortuna se retrouve d’ailleurs sur plusieurs monnaies impériales, les deux personnifications apparaissant en couple symbolique sur avers et revers. ✦ Représentation numismatique républicaine ⚡ Principale émission républicaine — Denier Scribonia RRC 416/1Denier Le Denier Scribonia, émis par Lucius Scribonius Libo vers 62 av. J.-C., constitue l’une des représentations républicaines les plus significatives de Bonus Eventus. Le choix de cette
Mercure

Mercure · Dieu du Commerce et des Voyageurs · LesDioscures Mercure Dieu du Commerce & des Voyageurs · Mythologie romaine · Iconographie numismatique Nature Dieu olympien Domaine Commerce · Voyages · Messages Famille Jupiter & Maïa Équivalent grec Hermès Sources Ovide · Virgile · Horace Mercure (Mercurius en latin) est l’une des figures les plus actives du panthéon romain, héritier direct du grec Hermès mais profondément réinterprété à la lumière des valeurs romaines. Son nom est indissociable du latin merx — la marchandise — et de mercator, le marchand, soulignant d’emblée sa vocation première : protéger les échanges, les routes et la prospérité économique de l’Vrbs. Fils de Jupiter, roi des dieux, et de Maïa, la plus discrète des Pléiades, Mercure naît doué d’une intelligence vive et d’une agilité sans égale. Messager entre les sphères céleste, terrestre et infernale, il incarne la mobilité dans toutes ses formes — celle des corps sur les routes, celle des mots dans la négociation, celle des âmes vers l’au-delà. Dans la numismatique républicaine romaine, Mercure est l’une des divinités les plus représentées, identifiable à son pétase ailé, son caducée et sa bourse. Son image frappe aussi bien des deniers de grande circulation que des séries d’apparat, témoignant de l’importance symbolique du commerce dans la Rome républicaine. « Mercure, éloquent petit-fils d’Atlas, qui as façonné le langage sauvage des hommes jeunes, messager des dieux du ciel. » — Horace, Odes, I, 10 · 23 av. J.-C. ✦ Origine & identité 01 Naissance de Mercure — fils de Jupiter et de Maïa Mythologie romaine · Tradition héritée d’Hermès Mercure naît de l’union secrète de Jupiter et de Maïa, fille d’Atlas et la plus réservée des sept Pléiades. Leur union se noue dans l’obscurité d’une grotte du mont Cyllène, en Arcadie, à l’abri des regards de Junon. De cette naissance clandestine, Mercure tire une nature double : la majesté divine héritée de Jupiter, et la discrétion, la ruse et l’habileté manuelle léguées par Maïa. Dès sa naissance, le jeune dieu se révèle d’une précocité prodigieuse. Quittant ses langes, il s’échappe de la grotte maternelle et, avant la fin du jour, accomplit son premier exploit : voler le bétail sacré d’Apollon. Cet épisode fondateur — repris des mythes grecs d’Hermès — établit Mercure comme un dieu de l’ingéniosité, du mouvement et des frontières que les dieux eux-mêmes peinent à surveiller. À Rome, son nom latin Mercurius ancre sa personnalité dans la réalité économique de la cité. Moins trickster que son homologue grec, le Mercure romain est avant tout un protecteur pragmatique : garant des contrats, des marchés, de la bonne foi dans les transactions — autant de valeurs que la République romaine érige en vertus civiques. 02 Hermès & Mercure — similitudes et divergences Interpretatio romana · Ve–IIe s. av. J.-C. Mercure · Statuette du temple du Puy-de-Dôme · Musée Bargoin Le processus d’interpretatio romana — par lequel Rome assimile les divinités étrangères en leur trouvant un équivalent dans son panthéon — conduit à identifier Mercure à l’Hermès grec avec une précision remarquable. Les deux dieux partagent la même généalogie (fils de Zeus/Jupiter et de Maïa), les mêmes attributs (caducée, sandales ailées, chapeau à bords) et la même fonction de messager divin. Pourtant, le glissement est réel. Hermès est un dieu aux multiples facettes, parfois inquiétant, associé aux carrefours nocturnes, aux voleurs et aux passages entre les mondes. Mercure, lui, se définit d’abord par son utilité sociale : il est le patron des marchands, des artisans, des orateurs et des voyageurs — toutes activités qui supposent une circulation fluide des hommes, des biens et des mots dans l’espace de la cité et au-delà. ✦ Attributs iconographiques 03 Les emblèmes de Mercure Sculpture · Monnaies · Mosaïques · Fresques Mercure est l’une des divinités romaines les plus aisément reconnaissables grâce à un ensemble d’attributs stables et cohérents, transmis de la tradition hellénique et pleinement adoptés par l’iconographie romaine. Son aspect est invariablement celui d’un jeune homme athlétique, alerte, en mouvement. 🪄 Caducée Bâton ailé entouré de deux serpents entrelacés. Symbole de paix, de négociation et d’échanges. Attribut central de Mercure dans toute l’iconographie antique. 👟 Talaria Sandales ailées attachées aux chevilles. Elles lui confèrent une vitesse prodigieuse et symbolisent sa fonction de messager traversant les espaces sans entrave. 🎩 Pétase ailé Chapeau à larges bords orné d’ailes. Attribut du voyageur et du messager, il distingue Mercure dans les représentations numismatiques et sculpturales. 👛 Bourse (marsupium) Souvent tenu en main droite, le sac de monnaies symbolise la richesse, le commerce prospère et la protection que Mercure accorde aux marchands. 🐓 Coq & bélier Animaux qui lui sont sacrés. Le coq annonce le jour des marchés ; le bélier évoque la fécondité commerciale et les sacrifices en son honneur lors de la Mercuralia. Dans la numismatique républicaine, Mercure est représenté de profil, la tête coiffée du pétase ailé, parfois avec le caducée en arrière-plan ou la bourse en main. Ces éléments permettent une identification immédiate sur des monnaies dont le module ne dépasse guère 18 à 20 mm. ✦ Rôles & fonctions 04 Messager des dieux — entre Olympe, Terre et Enfers Tradition grecque et romaine La fonction première de Mercure est celle de messager divin (nuntius deorum). C’est lui que Jupiter délègue pour porter ses ordres aux mortels, aux héros et aux autres divinités. Il traverse sans effort les frontières qui séparent les trois royaumes — le ciel de Jupiter, la terre des hommes, les Enfers de Pluton — grâce à ses sandales et à son caducée qui lui ouvrent tous les passages. Cette fonction de médiateur entre les mondes lui confère également le rôle de psychopompe — guide des âmes des défunts vers l’au-delà. Mercure escorte les morts depuis le monde des vivants jusqu’aux rives du Styx, où Charon les prend en charge. Cette mission funèbre, loin de contredire son caractère vif et commercial, souligne sa nature de passeur universel : il se meut entre tous les états de l’existence. Dans l’Énéide de Virgile, c’est Mercure que Jupiter
Ancus Marcius

[TITRE] · Iconographie numismatique · LesDioscures Ancus Marcius 4e roi de Rome · 642–617 av. J.-C. · Iconographie numismatique républicaine Nature Roi légendaire de Rome Règne 642–617 av. J.-C. Attributs Lituus · Diadème Monnaies RRC 425/1 · 1 type recensé Période frappe 56 av. J.-C. Ancus Marcius, quatrième roi légendaire de Rome (règne traditionnel : 642–617 av. J.-C.), occupe une place unique dans la tradition romaine. Il incarne un pont entre la piété religieuse de son grand-père Numa Pompilius et l’ambition militaire de son prédécesseur Tullus Hostilius. Fils de Numa Marcius, un proche de Numa Pompilius, il hérita d’une réputation de droiture et de modération. Ses exploits sont rapportés par Tite-Live et Denys d’Halicarnasse, qui en font un modèle d’équilibre entre guerre et paix, force et piété — même si, comme pour les autres rois de Rome, les récits mêlent histoire et mythologie. Ancus Marcius · Gravure par Guillaume Rouillé (1518?–1589) · Wikimedia Commons « Ancus Marcius réunit en lui les vertus de Numa et la vaillance de Romulus. » — Tite-Live, Ab Urbe Condita, I, 32 ✦ Conquêtes & Expansion 01 Campagnes militaires & fondation d’Ostie 642–617 av. J.-C. Marcius mena plusieurs campagnes militaires contre les tribus latines et sabines voisines qui menaçaient la stabilité de Rome. Il adopta une approche stratégique : avant de déclarer la guerre, il respectait les rituels religieux, notamment l’envoi des fetiales — prêtres chargés de négocier ou de déclarer officiellement les hostilités. Ces victoires permirent d’agrandir le territoire romain. L’une de ses réalisations majeures fut la conquête de la côte tyrrhénienne, où il fonda Ostie, à l’embouchure du Tibre. Ce port devint crucial pour le commerce et la défense maritime de Rome, renforçant son influence économique. Il déplaça également les populations vaincues vers Rome, notamment sur la colline de l’Aventin, intégrant ces nouveaux citoyens tout en consolidant la démographie de la ville. ⚔️ Campagnes latines Victoires sur les tribus latines et sabines, extension du territoire romain vers la côte tyrrhénienne. ⚓ Fondation d’Ostie Premier port de Rome à l’embouchure du Tibre — clé du commerce maritime et de la défense côtière. 🏛️ Fetiales Prêtres chargés de ritualiser les déclarations de guerre — Ancus respectait scrupuleusement ces formes religieuses avant toute hostilité. 🏙️ Aventin Peuplement de la colline de l’Aventin par les populations vaincues déplacées à Rome — politique d’assimilation démographique. ✦ Infrastructures & Legs civique 02 Pons Sublicius · Prison Mamertine · Janicule Urbanisation de Rome Ancus Marcius est célèbre pour ses contributions à l’urbanisation de Rome. Il fit construire le Pons Sublicius, un pont en bois sur le Tibre, qui facilita les échanges commerciaux et militaires entre les deux rives. Ce pont, maintenu selon des rituels religieux stricts, symbolisait le mélange de pragmatisme et de spiritualité de son règne. Il est également crédité de la construction de la prison Mamertine (Carcer Tullianum), un cachot destiné aux prisonniers de haut rang — comme les chefs ennemis. Cet édifice reflétait une volonté d’établir un système de justice, même rudimentaire. En outre, il fortifia le Janicule, colline stratégique à l’ouest du Tibre, pour protéger Rome des invasions. ⚡ Le Pons Sublicius Premier pont de Rome sur le Tibre, le Pons Sublicius était entièrement construit en bois sans clou ni métal — tradition religieuse qui le rendait facilement démontable pour protéger Rome en cas d’invasion. Sa maintenance était confiée aux Pontifices (dont le titre vient de pons — pont — et facere — construire). ✦ Héritage religieux 03 Piété, codification des rites et figure semi-légendaire Tradition et mythe Fidèle à l’héritage de Numa, Marcius mit un point d’honneur à respecter et codifier les pratiques religieuses. Il renforça le rôle des fetiales et veilla à ce que les déclarations de guerre et les traités soient sanctifiés par des rituels, donnant une légitimité divine aux actions de Rome. Il aurait également restauré les institutions religieuses établies par son grand-père. Comme pour les autres rois de Rome, les récits sur Ancus Marcius mêlent histoire et mythologie. Certains historiens modernes suggèrent que des détails, comme la fondation d’Ostie, pourraient être anachroniques, car les preuves archéologiques d’une ville portuaire aussi précoce sont minces. Marcius mourut après environ 25 ans de règne, laissant le trône à Lucius Tarquinius Priscus. ✦ Représentation numismatique 🏛️ Denier Marcia — propagande familiale de L. Marcius Philippus RRC 425/1British Museum · 3,93 g Le denier frappé en 56 av. J.-C. par le consul Lucius Marcius Philippus est un acte de propagande familiale typique de la République tardive. L’avers porte le portrait d’Ancus Marcius, ancêtre mythique de la gens Marcia. Le revers célèbre l’Aqua Marcia, l’aqueduc construit par Quintus Marcius Rex en 144 av. J.-C. — le plus pur et le plus long des grands aqueducs romains. Ce Lucius Marcius Philippus est aussi le beau-père d’Auguste : il avait épousé Atia Balba Caesonia, nièce de Jules César et mère du futur emperor Octave. 04 Denier Marcia · Lucius Marcius Philippus 56 av. J.-C. · Rome 👑 Ancus Marcius diadémé · Statue équestre sur l’Aqua Marcia British Museum · 3,93 g ↗ Fiche 🏛 Légendes & description Avers ANCVS Tête diadémée du roi Ancus Marcius à droite ; derrière la tête, un lituus (bâton augural recourbé), insigne du pouvoir religieux. Revers PHILIPPVS · AQVA(MARC) Statue équestre posée à droite sur un aqueduc à cinq arches (Aqua Marcia) ; sous les pattes du cheval, une fleur — l’arum Martialis, allusion phonétique au nom de Mars selon Babelon. La gens Marcia prétendait descendre directement d’Ancus Marcius. En choisissant ce portrait à l’avers et l’aqueduc au revers, Lucius Marcius Philippus affirmait deux choses : la noblesse ancestrale de sa famille et ses mérites civiques à travers l’œuvre hydraulique de Quintus Marcius Rex. La fleur sous le cheval est une allusion phonétique savante : l’arum Martialis dont les parfums séduisirent Junon et la rendirent mère de Mars. Références : Crawford RRC 425/1 · Babelon Marcia 28 · Sydenham 919 · ↗ Fiche LesDioscures · ↗ CRRO · ↗ British Museum ✦ Fiche numismatique liée RRC 425/1 Denier Marcia · Lucius Marcius Philippus
Quirinus

Quirinus · Iconographie numismatique · LesDioscures Quirinus Dieu de la triade précapitoline · Romulus divinisé · Flamen Quirinalis · Iconographie numismatique Nature Divinité romaine archaïque Triade Jupiter · Mars · Quirinus Attribut Lance (curis) · Couronne de laurier Fête Quirinalia · 17 février Assimilation Romulus divinisé Quirinus est l’une des divinités les plus anciennes et les plus énigmatiques du panthéon romain. Troisième membre de la triade précapitoline — aux côtés de Jupiter et Mars — il incarne une fonction fondamentale que les Romains eux-mêmes avaient en partie oubliée à l’époque républicaine, au point de l’identifier progressivement à Romulus divinisé, le fondateur mythique de la cité. Son nom se prête à plusieurs étymologies contradictoires que les Anciens débattaient déjà : dérivé de curis, mot sabin désignant la lance, ce qui en ferait un dieu-guerrier analogue à Mars ; issu de Cures, capitale de la Sabine, signalant son origine sabine ; ou encore rattaché à co-virium (assemblée d’hommes) ou à curia, rattachant le dieu à l’organisation civique et tribale du peuple romain. Chaque étymologie dessine un Quirinus différent — guerrier, sabin, civique ou communautaire — et aucune ne s’impose définitivement. Dans la numismatique républicaine, Quirinus présente la singularité d’être presque absent des représentations figurées — exceptionnelle rareté pour une divinité de premier rang. Son visage n’est attesté que sur les deniers de la gens Memmia (RRC 427/2, 56 av. J.-C.), où il est identifié par la légende QVIRINVS à l’avers, et son nom apparaît sur les monnaies de la gens Fabia qui lui rendait des sacrifices sur le Quirinal. Ce quasi-silence iconographique témoigne de l’archaïsme du culte et de la disparition progressive de sa singularité. « Romulus disparut dans l’orage. Un citoyen digne de foi déclara qu’il l’avait vu en songe lui dire qu’il désirait être adoré sous le nom de Quirinus. Alors, le peuple se calma et se mit à l’adorer comme protecteur de la cité. » — Tite-Live, Ab Urbe Condita, I, 16 ✦ Représentations numismatiques R1 Denier 1401ME — Quirinus · Gens Memmia · British Museum 56 av. J.-C. 🏛 Tête laurée de Quirinus · Cérès assise au revers RRC 427/2 · B.9 (Memmia) · Syd. 921 · Argent · 56 av. J.-C. · British Museum · 3,97 g 🏛 Légendes & description Avers QVIRINVS / C · MEMMI · C · F Tête laurée de Quirinus (Romulus divinisé) à droite, barbu, d’âge mûr — comme un Romulus vieilli. La légende QVIRINVS au-dessus identifie sans ambiguïté la divinité ; C. MEMMI. C. F. (Caius Memmius fils de Caius) désigne le monétaire. Revers MEMMIVS · AED · CERIALIA · PREIMVS · FECIT Cérès assise à gauche, les cheveux longs, drapée, tenant une torche de la main gauche et trois épis de la main droite ; à ses pieds, un serpent. La légende rappelle qu’un ancêtre Memmius fut le premier édile à instituer les jeux des Cerialia à Rome (vers 211 av. J.-C.). Ce denier est l’une des très rares représentations figurées de Quirinus dans toute la numismatique romaine. Frappé en 56 av. J.-C. sous la magistrature du triumvir monétaire Caius Memmius, fils de Caius, il constitue un document iconographique d’une valeur exceptionnelle. Crawford (RRC) estime la production à environ 39 coins de droit et 43 coins de revers — une émission de taille modeste, cohérente avec la relative rareté de ces pièces dans le commerce numismatique contemporain (indice de rareté 7 sur 10+). La représentation de Quirinus est caractéristique : barbu, lauré, d’âge mûr — l’image d’un Romulus ayant traversé le temps de la divinisation et non plus le jeune fondateur guerrier. Cette iconographie sobre souligne la dimension civique et protectrice du dieu plutôt que sa dimension martiale. R2 Denier 1400ME — Cérès et Trophée · Gens Memmia · pendant du 427/2 56 av. J.-C. RRC 427/1 · B.8 (Memmia) · Syd. 920 · Pendant du denier à Quirinus · 56 av. J.-C. Ce denier est le pendant direct du RRC 427/2 : émis la même année par le même monétaire, il partage le programme iconographique général (référence aux ancêtres Memmii et aux jeux de la Céréalia) mais remplace la tête de Quirinus par la tête de Cérès à l’avers, et substitue à Cérès assise un trophée militaire au revers. Ce dernier fait référence aux succès militaires du père du monétaire lors de son gouvernement, dont les détails exacts ne sont pas conservés par les historiens antiques. Ensemble, les deux deniers constituent un diptyque de propagande familiale particulièrement sophistiqué. ⚡ Une iconographie quasi absente de la numismatique romaine Quirinus présente dans la numismatique républicaine un paradoxe saisissant : membre de la triade la plus ancienne de Rome, divinité pourvue d’un flamen majeur et d’un temple sur l’une des sept collines, il n’apparaît sous forme figurée que sur un seul type monétaire dans toute la série républicaine — le denier RRC 427/2. Son nom figure également sur les monnaies de la gens Fabia à travers l’inscription QVIRIN sur le bouclier du denier RRC 268/1 (Quintus Fabius Pictor, 126 av. J.-C.), mais sans portrait. Ce quasi-silence visuel contraste avec l’omniprésence d’autres divinités comme Minerve, Diane ou Mercure, et reflète sans doute l’archaïsme du culte quirinal, dont la signification profonde était déjà obscure aux Romains de l’époque républicaine. ✦ Nature et attributs de Quirinus 01 Les fonctions du dieu · Débat antique et moderne Religion archaïque · Triade précapitoline La nature de Quirinus a fait l’objet d’interprétations contradictoires depuis l’Antiquité elle-même. Les auteurs anciens s’accordent à en faire un dieu guerrier d’origine sabine, en lien avec la lance (curis en sabin). Mais les travaux de Georges Dumézil ont profondément renouvelé cette lecture en proposant de le voir comme le protecteur de la troisième fonction indo-européenne — non pas la souveraineté (Jupiter) ni la guerre (Mars), mais la fécondité et la production, la cité en temps de paix, les citoyens comme corps collectif des Quirites. Cette hypothèse trouve son appui dans le fait que le Flamen Quirinalis intervient dans trois fêtes liées au cycle agricole (25 avril, 21 août, 15 décembre), et dans
Villa Publica

Villa Publica · Campus Martius · République Romaine · LesDioscures Villa Publica Cœur méconnu de la République · Campus Martius · Hors Pomerium · Census · Triomphe · Diplomatie Fondation~435 av. J.-C. EmplacementCampus Martius · Hors Pomerium FonctionsCensus · Triomphe · Diplomatie Restauration notableTitus Didius · ~98 av. J.-C. Monnaie citéeDenier Fonteia/Didia · RRC 429/2a La Rome antique regorge de monuments dont le nom résonne encore aujourd’hui : le Colisée, le Forum, le Panthéon. Pourtant, au sein même du Champ de Mars, se dressait un édifice fondamental pour la vie politique et militaire de la République : la Villa Publica. Moins célèbre que ses voisins, son rôle fut pourtant crucial — bien plus qu’une simple « villa ». Zone tampon entre la ville et le monde extérieur, entre le civil et le militaire, entre Rome et l’étranger, la Villa Publica incarnait un concept essentiel du droit constitutionnel romain : l’espace sanctuarisé hors du Pomerium, où s’exerçaient les fonctions que la limite sacrée de la ville interdisait dans ses murs. « La Villa Publica fut l’un des piliers silencieux de la République — lieu où l’identité civique du census et la gloire militaire du triomphe se rencontraient, que les monuments les plus célèbres ont éclipsé dans la mémoire collective. » — Christopher Mérat, Villa Publica, LesDioscures.com ✦ Un emplacement stratégique — Hors du Pomerium 01 Le Pomerium · L’Imperium militaire · Le Campus Martius ~435 av. J.-C. · Campus Martius sud Villa Publica · Campus Martius · Vue restituée La Villa Publica était située sur la partie la plus au sud du Champ de Mars (Campus Martius), à l’extérieur du Pomerium — la limite sacrée de la ville. Cet emplacement n’était pas un hasard, mais dicté par des impératifs religieux, politiques et militaires fondamentaux. 🚧 Le Pomerium Limite sacrée et constitutionnelle de Rome — un magistrat exerçant l’imperium militaire le perdait dès qu’il franchissait cette frontière invisible mais absolue. ⚔️ L’Armée hors les murs Pour organiser un triomphe, l’armée devait attendre en dehors du Pomerium. La Villa Publica était ce point d’attente — zone de transition constitutionnelle entre la guerre et la paix civile. 🗳️ Le Censeur hors la ville Le censeur chargé de l’enregistrement des citoyens devait opérer hors des limites strictes de la ville pour des raisons cérémonielles et pratiques liées à la nature même du census. 📍 Largo di Torre Argentina Aucune trace visible ne subsiste. L’emplacement est présumé dans la zone de l’actuel Largo di Torre Argentina — invisible sous les strates accumulées de vingt-cinq siècles d’histoire urbaine. ✦ Trois fonctions essentielles — Centre névralgique de la République 02 Census · Triomphe · Diplomatie — Un complexe public polyvalent Ve s. av. J.-C. → fin République La Villa Publica n’était pas une résidence privée mais un complexe public polyvalent, véritable centre névralgique de l’administration républicaine. 📊 Le Census Sa fonction première et la plus importante — tous les cinq ans, le censeur y tenait l’enregistrement solennel des citoyens, de leurs biens, de leurs familles. Fixation des centuries, des impôts et de la moralité publique (cura morum). 🏆 QG du Triomphe Point de rassemblement des généraux victorieux et de leurs troupes avant l’entrée triomphale. L’imperator y résidait en attendant le vote du Sénat — zone de transition entre l’imperium militaire et la vie civile. 🤝 Diplomatie Hébergement des ambassadeurs et délégations étrangères non encore autorisés à franchir le Pomerium — lieu d’accueil officiel avant l’audience du Sénat dans la ville. ⚡ Interface constitutionnelle — Le principe du Pomerium La Villa Publica incarnait un principe constitutionnel fondamental : la séparation entre l’espace militaire et l’espace civil. L’armée ne pouvait entrer dans Rome — la Villa était donc l’interface nécessaire entre l’imperium militaire qui s’arrêtait au Pomerium et les institutions civiles qui fonctionnaient à l’intérieur. Sans ce lieu précis, situé hors de la ville tout en étant étroitement lié à elle, le fonctionnement constitutionnel de la République n’aurait pu s’exercer. ✦ La Villa Publica sur les monnaies — Denier Fonteia/Didia 03 Denier Fonteia/Didia · RRC 429/2a · P. Fonteius Capito 55 av. J.-C. · Rome · Argent · ~3,50 g · Rareté 7 Denier Fonteia/Didia · RRC 429/2a · P. Fonteius Capito · 55 av. J.-C. · ~3,50 g · Rareté 7 🏛 Description du denier · RRC 429/2a Avers P · FONTEIVS · CAPITO · III · VIR · CONCORDIA Buste voilé et diadémé de la Concorde à droite · Publius Fonteius Capito, Triumvir monétaire, Concordia Revers T · DIDI / VIL · PVB / IMP (exergue) Vue de la Villa Publica — bâtiment à deux étages sur colonnade, le premier étage s’ouvrant sur l’extérieur par une série d’arches · Titus Didius Imperator Villam Publicam refecit T · DIDI · IMP · VIL · PVB Titus Didius Imperator Villam Publicam refecit« Titus Didius, Imperator, a restauré la Villa Publica » Ce denier est d’une valeur historique et archéologique exceptionnelle : c’est l’unique représentation figurée de la Villa Publica qui nous soit parvenue. Elle nous permet de visualiser un édifice dont il ne reste aucune trace matérielle — un bâtiment à deux étages sur colonnade, aux arches ouvertes sur l’extérieur, imposant et fonctionnel. La monnaie fut frappée en 55 av. J.-C. par Publius Fonteius Capito pour commémorer la restauration accomplie par Titus Didius — consul en 98 av. J.-C., proconsul en Espagne, qui reçut le titre d’Imperator après ses succès militaires et triompha à Rome. Crawford note que Titus Didius était peut-être le grand-père maternel de Fonteius Capito — ce lien dynastique expliquerait le choix de ce souvenir architectural pour une émission monétaire, dans la tradition des magistrats monétaires républicains perpétuant la gloire ancestrale de leur gens. ✦ Déclin — L’Empire efface la République du Campus Martius 04 Les thermes impériaux, temples et portiques — La Villa engloutie Ier s. av. J.-C. → Empire Fondée en ~435 av. J.-C., reconstruite en 220 av. J.-C., restaurée par Titus Didius vers la fin du Ier siècle av. J.-C., la Villa Publica connut plusieurs vies. Mais son importance diminua considérablement avec la
Cybèle

Cybèle · Grande Mère des Dieux · Iconographie numismatique · LesDioscures Cybèle Kybèle · Grande Mère des Dieux · Iconographie numismatique · République romaine Nature Déesse · Magna Mater Origine Phrygie · Anatolie Attributs Lion · Couronne tourelée · Tympanon Amant Attis Sur les monnaies IIe–Ier s. av. J.-C. Cybèle — ou Kybèle — est la grande déesse phrygienne de la fertilité, de la nature sauvage et des montagnes. Originaire d’Anatolie, elle était vénérée comme la Magna Mater, la « Grande Mère » des dieux et des hommes, puissance primordiale antérieure à l’Olympe. Associée aux grottes, aux lions et aux remparts des cités, elle incarne à la fois la fécondité de la terre et la force protectrice qui entoure les villes. Son culte pénètre en Grèce dès le VIe siècle av. J.-C., puis atteint Rome en 204 av. J.-C., pendant la deuxième guerre punique, à la suite d’un oracle sibyllin promettant que la « Grande Mère » chasserait Hannibal d’Italie. La pierre noire de Pessinus, symbole anicônique de la déesse, fut solennellement transportée jusqu’à Rome — épisode fondateur de son culte officiel. Elle devint ainsi protectrice de l’État romain, honorée sur le Palatin jusqu’à la fin de l’Empire. Sur les monnaies républicaines, Cybèle apparaît principalement sous la forme de son buste voilé et tourelé — la couronne en forme de remparts signifiant sa tutelle sur les cités. Elle est présente sur plusieurs émissions qui revendiquent un lien dynastique ou symbolique avec la déesse, comme le denier de la gens Fabia, où son image sert d’emblème de légitimité et de piété. Dindymène mère des dieux, que le Ida aux grands pins, les lions attelés, et les cymbales d’airain accompagnent toujours. — Pindare, fragment en l’honneur de Cybèle ✦ Mythologie & Origines 01 Cybèle & Attis · Le mythe de la mort et du retour Ovide, Fastes, IV Le mythe central de Cybèle est celui de son amour pour Attis, un beau jeune homme phrygien qu’elle choisit comme prêtre et amant, lui imposant un vœu de chasteté. Attis, ayant rompu ce vœu en s’épris d’une nymphe, fut frappé de folie par la déesse. Dans son délire, il s’autocastra au pied d’un pin et mourut de ses blessures. Cybèle, saisie de douleur, obtint de Zeus que le corps d’Attis ne se corrompît pas — et que ses cheveux continuassent de croître, symbole d’une vie suspendue entre mort et renaissance. Ce cycle de mort et de résurrection d’Attis — célébré chaque printemps lors des fêtes de Cybèle — fut interprété comme une allégorie du cycle végétal : la végétation qui meurt en hiver et renaît au printemps. Les prêtres de Cybèle, les Galli, s’émasculaient eux-mêmes en souvenir d’Attis lors de cérémonies extatiques marquées par la musique frénétique des tympanons et des cymbales. 02 L’arrivée à Rome · 204 av. J.-C. · La pierre noire de Pessinus Tite-Live, Ab Urbe Condita, XXIX En 205 av. J.-C., les livres sibyllins consultés par le Sénat romain promirent que si la Mère des dieux était amenée de Phrygie à Rome, Hannibal serait vaincu et chassé d’Italie. Une ambassade fut envoyée à Pessinonte, en Phrygie, pour y chercher la pierre noire sacrée — lapis niger — qui incarnait la présence de Cybèle. La pierre fut accueillie à Ostie en 204 av. J.-C. par le meilleur des citoyens romains, et portée en procession jusqu’au Palatin. Cet épisode fondateur scella l’adoption officielle de Cybèle dans le panthéon romain. La déesse reçut le titre de Magna Mater Idaea et un temple sur le Palatin — au cœur même de la colline où, selon la tradition, Romulus avait fondé Rome. Son culte extatique, d’abord réservé aux prêtres étrangers, finit par s’ouvrir aux citoyens romains sous l’Empire. 03 Cybèle & Énée · La déesse protectrice de Troie Virgile, Énéide, IX–X Dans l’Énéide, Cybèle joue un rôle discret mais capital. Les pins du mont Ida — sa montagne sacrée — furent abattus pour construire la flotte d’Énée. La déesse, attachée à ces arbres, obtint de Jupiter qu’ils ne puissent être détruits par le feu : lorsque les Rutules tentèrent d’incendier les navires troyens, Cybèle les transforma en nymphes marines. Ce miracle exprime la protection divine de Cybèle sur la mission fondatrice d’Énée — et par lui, sur Rome elle-même. Cette tradition liait Cybèle à la double origine troyenne et divine de Rome, et explique en partie pourquoi son culte fut si rapidement adopté par les Romains : la Grande Mère phrygienne était, en quelque sorte, déjà romaine par son lien à Troie et à la geste d’Énée. ✦ Attributs & Iconographie 🦁 Lion Animal sacré de Cybèle, qui trône sur un char tiré par deux lions — symbole de sa maîtrise sur la nature sauvage. 🏰 Couronne tourelée Couronne en forme de remparts de cité — Cybèle protège les villes comme une muraille divine. Attribut distinctif sur les monnaies. 🥁 Tympanon Tambourin utilisé lors des rites extatiques en son honneur. La musique frénétique accompagne les processions des Galli. 🗝️ Clé Cybèle détient les clés de la terre — elle ouvre et ferme la fécondité du sol selon les saisons. 🌾 Épis de blé Symbole de fertilité et d’abondance — Cybèle nourrit la terre et garantit les récoltes. 🏔️ Montagnes Déesse des hauteurs et des grottes, Cybèle réside sur le mont Ida et le Dindyme — lieux de ses mystères. ✦ Cybèle sur les monnaies romaines 04 Denier Fabia · Buste de Cybèle à l’avers RRC 322/1b · ~102 av. J.-C. · Caius Fabius Hadrianus RRC 322/1b · ~102 av. J.-C.Denier Fabia · C. Fabius Hadrianus Le denier de Caius Fabius Hadrianus (RRC 322/1b, vers 102 av. J.-C.) est l’une des représentations les plus remarquables de Cybèle dans la numismatique républicaine. L’avers porte le buste voilé, tourelé et drapé de Cybèle — couronnée de remparts, signe de sa tutelle sur les cités — avec la mention EX · A · PV (Ex Argento Publico), première apparition connue de cette formule sur une monnaie romaine, attestant que le métal provient directement du trésor public. Le revers
Pétase

Pétase · Chapeau d’Hermès · Voyageur Antique · LesDioscures Pétase Chapeau du Voyageur · Hermès / Mercure · Thessalie · Numismatique romaine Nom grec Πέτασος / Petasos Origine Thessalie Matière Feutre · Cuir · Paille Divinité associée Hermès / Mercure Monnaie citée Denier Mamilia · RRC 362/1 Bien plus qu’un simple chapeau, le pétase (πέτασος, petasos en grec ancien) était un marqueur social et un accessoire pratique emblématique de la Grèce antique. Originaire de Thessalie, reconnaissable à ses bords larges et à sa couronne basse, il est indissociable de l’image du voyageur et du messager. Sa plus grande postérité, il la doit à son association avec le dieu Hermès — Mercure chez les Romains — dont les représentations ailées ont fait du pétase un symbole universel de rapidité, de commerce et de communication libre. Sa présence sur le denier Mamilia en fait l’une des illustrations les plus belles de ce motif dans la numismatique républicaine. « L’ensemble chlamyde et pétase est devenu l’archétype de l’équipement de route antique — celui du voyageur libre, non contraint par la cité, mobile sous tous les cieux de la Méditerranée. » — Christopher Mérat, Pétase, LesDioscures.com ✦ Description et usage — Le chapeau pratique de l’Antiquité 01 Couronne basse · Bords larges · Mentonnière Thessalie · Grèce classique Pétase · Chapeau à bords larges · Feutre ou cuir Le pétase se distingue par sa forme caractéristique : une couronne basse couvrant le crâne, associée à de larges bords plats qui offraient une protection efficace contre le soleil ardent ou la pluie. Fabriqué en feutre, en cuir ou en paille, il était conçu pour être à la fois porté et transporté. 👒 Bords larges Caractéristique principale du pétase — protection solaire et contre la pluie. Plus larges que sur tout autre chapeau antique, ils donnaient au porteur une silhouette immédiatement reconnaissable. 🪢 La Mentonnière Lanière permettant de maintenir le chapeau à cheval ou par mauvais temps. Quand le pétase n’était plus utile, il pendait dans le dos — la mentonnière servant de jugulaire. 🧶 Matières variées Feutre (le plus courant, pour les bergers), cuir (pour les soldats), paille (pour les agriculteurs). Le matériau signalait la condition sociale et l’activité du porteur. 👔 La Chlamyde Chlamys — court manteau de laine porté avec le pétase. L’ensemble constitue l’archétype de l’équipement de route antique, du chasseur au voyageur en passant par le soldat. ✦ Le pétase et l’homme libre — Symbolisme social 02 Voyageurs · Chasseurs · Agriculteurs — Le couvre-chef de l’extérieur Vie sociale grecque & romaine L’utilité pratique du pétase en fit rapidement le couvre-chef de prédilection des hommes qui passaient du temps à l’extérieur : 🚶 Le Voyageur Signe de mobilité et de liberté — le pétase était l’insigne de celui qui se déplace, à l’opposé du citoyen sédentaire de la cité, qui portait la tête nue. 🌾 L’Agriculteur Protection solaire pratique dans les champs — le pétase de paille ou de feutre épais était l’équipement standard des travailleurs de la terre en Grèce comme en Italie. 🏹 Le Chasseur Porté avec la chlamyde lors des expéditions de chasse — la silhouette du chasseur grec en pétase et chlamyde est un classique de la céramique à figures rouges. 🏙️ Distinction sociale En Grèce, la tête nue symbolisait l’appartenance civique en ville. Le pétase marquait au contraire la personne en déplacement — ou dont les activités exigeaient de se protéger des éléments. ⚡ Chlamyde et pétase — L’archétype du voyageur antique L’ensemble chlamyde et pétase est devenu l’archétype de l’équipement de route antique. Ces deux vêtements thessaliens — le manteau court et le chapeau à bords larges — formaient un système cohérent pour l’homme en déplacement : protection du corps contre le vent et la pluie (chlamyde), protection de la tête contre le soleil et la chaleur (pétase). Leur association fréquente dans l’iconographie grecque et romaine en a fait un code visuel immédiatement lisible : cet homme est en voyage. ✦ Le Pétase ailé d’Hermès — L’apothéose divine 03 Petasos Alatus — Rapidité et message divin Mythologie grecque & romaine C’est sans doute par son association avec une divinité majeure que le pétase a atteint sa plus grande postérité. Le dieu Hermès (Mercure chez les Romains) — messager des dieux, protecteur des voyageurs, des bergers et des commerçants — est presque toujours représenté portant le pétase ailé (petasos alatus). Ces petites ailes fixées sur les bords du chapeau symbolisent : 💨 La Rapidité Les ailes d’Hermès — sur le pétase mais aussi sur les talons (talaria) — symbolisent sa capacité à se déplacer instantanément entre le monde des dieux et celui des mortels. ✉️ Le Messager Hermès est le seul dieu grec autorisé à circuler librement entre l’Olympe, la Terre et les Enfers — le pétase ailé est la signature visuelle de cette liberté de mouvement absolue. 🗺️ Commerce & Diplomatie Le pétase ailé, associé au caducée, forme l’attribut complet de Mercure : messager commercial et diplomatique, protecteur des échanges pacifiques. Cette iconographie a figé le pétase dans l’imaginaire collectif comme l’emblème du mouvement et de la communication — une association si forte qu’elle a traversé les siècles jusqu’à nos représentations modernes d’Hermès/Mercure. ✦ Le pétase dans la numismatique — Denier Mamilia 04 Denier Serratus Mamilia · RRC 362/1 · Caius Mamilius Limetanus 82 av. J.-C. · Dentelé Denier Serratus Mamilia · RRC 362/1 · C. Mamilius Limetanus · 82 av. J.-C. 🏛 Description du denier · RRC 362/1 Avers Anépigraphe Buste de Mercure drapé à droite, coiffé du pétase ailé · Derrière : un caducée et une marque de contrôle Revers C · MAMIL · LIMETAN Ulysse revenant à Ithaque, reconnu par son chien Argos · Caius Mamilius Limetanus Ce denier serratus (dentelé) offre une composition iconographique d’une remarquable cohérence. L’avers, avec le buste de Mercure coiffé du pétase ailé et le caducée derrière, présente les deux attributs principaux du dieu messager. Le revers évoque la légende d’Ulysse reconnu par son chien Argos — scène tirée de l’Odyssée qui fait allusion à la
Saturne

Saturne · Iconographie numismatique · LesDioscures Saturne Dieu du temps & de l’abondance · Iconographie numismatique · République romaine Nature Divinité Origine Romaine (Cronos grec) Attributs Faux · Harpon · Voile Période IIIe – Ier s. av. J.-C. Monnaies Nombreux types référencés Saturne (Saturnus), assimilé au Titan grec Cronos, occupe une place singulière dans le panthéon romain : à la fois dieu du temps implacable et protecteur des moissons, figure ambivalente d’un Âge d’or révolu et garant de l’ordre agraire, il est l’une des divinités les plus anciennes et les plus vénérées de Rome. Son temple au pied du Capitole abritait l’Aerarium Saturni, le trésor public de la République — lien direct avec la numismatique républicaine, qui le représente régulièrement à l’avers des deniers. Né de l’union d’Uranus et de Gaïa, Saturne renversa son père armé d’une faucille forgée par sa mère, puis régna durant un âge mythique de paix et d’abondance. Averti qu’un de ses fils le détrônerait, il dévora sa propre descendance jusqu’à ce que Jupiter (Zeus caché), secouru par sa mère Ops, parvienne à le bannir dans le Latium. Là, accueilli par le roi Janus, Saturne enseigna aux peuples italiques l’agriculture, la vigne et les lois — faisant de lui un dieu civilisateur autant qu’une figure du destin cyclique. Bas-relief romain représentant Saturne tenant une faucille · IIe s. apr. J.-C. · Musées Capitolins, Rome · Domaine public « Celui qui régnait alors était Saturne, descendu du ciel éthéré. Il rassembla la race des hommes, indomptée et dispersée dans les hautes montagnes, et leur donna des lois. » — Virgile, Énéide, VIII, 319–322 ✦ Représentations remarquables R1 Saturne à la faucille — Sculpture antique romaine Ier – IIe s. apr. J.-C. Les représentations sculptées de Saturne le montrent invariablement sous les traits d’un vieillard barbu et voilé, tenant sa falx (faucille ou grande faux) — attribut qui condense sa double nature : l’instrument de la moisson fertile et l’arme du temps qui tranche toute chose. Dans les bas-reliefs conservés aux musées Capitolins, le dieu apparaît parfois accompagné d’un harpon, signe distinctif repris tel quel sur les monnaies républicaines qui le représentent. La tête est souvent couverte d’un voile, rappelant le mystère archaïque d’une divinité antérieure à l’ordre olympien. Cette iconographie très codifiée est directement reproduite par les graveurs de monnaies républicains : la tête de Saturne à droite, couronnée ou voilée, avec le harpon caractéristique derrière la nuque, devient un type reconnaissable immédiatement associé au trésor public dont il est le gardien tutélaire. R2 Saturne dévorant son fils — Francisco de Goya 1819–1823 Saturne dévorant son fils · Francisco de Goya · 1819–1823 · Huile sur plâtre transposée sur toile · Musée du Prado, Madrid · Domaine public La célèbre peinture noire de Goya traduit la face la plus sombre du mythe : un Saturne démesuré, les yeux écarquillés de terreur et de fureur, dévorant l’un de ses enfants. L’œuvre bascule délibérément du symbole religieux vers l’expression psychologique — la peur du pouvoir de dévorer ce qu’il engendre, l’irrationalité des tyrans, le temps qui consume ses propres créations. Cette réinterprétation romantique contraste radicalement avec l’image monétaire républicaine : là où les graveurs romains représentaient un vieillard serein garant de la légitimité institutionnelle, Goya révèle la violence latente contenue dans le même mythe. Les deux lectures coexistaient déjà dans l’Antiquité, où Saturne était à la fois le père nourricier de l’Âge d’or et le dévoreur impitoyable. ✦ Attributs iconographiques 01 Les emblèmes de Saturne Monnaies · Sculptures · Reliefs L’iconographie de Saturne est remarquablement stable à travers les siècles et les supports. Quelques attributs fondamentaux permettent son identification immédiate, aussi bien dans la grande plastique que sur le minuscule flan d’un denier républicain. 🌾 La Faux / Faucille Attribut premier du dieu. Instrument de la moisson et arme du châtiment d’Uranus — double symbole du cycle naturel et du temps destructeur. 🔱 Le Harpon Variante de la faucille visible sur les monnaies républicaines, placé derrière la tête du dieu. Signe distinctif permettant d’identifier Saturne à l’avers. 🧣 Le Voile Saturne est fréquemment représenté voilé, signe de son archaïsme divin, antérieur à l’Olympe, et de son caractère mystérieux et vénérable. 🌿 Ops, sa parèdre Déesse de la fertilité et de la richesse, Ops accompagne Saturne dans son rôle de protecteur des récoltes et de l’abondance terrestre. 🏛️ L’Aerarium Le trésor public de Rome était conservé dans son temple au Capitole — lien direct entre la divinité et la numismatique officielle de la République. Sur les monnaies républicaines, c’est principalement la tête à droite avec le harpon qui caractérise les représentations de Saturne. Cette composition, sobre et immédiatement reconnaissable, rappelle le caractère institutionnel du dieu : gardien du trésor, garant de la légitimité monétaire de l’État romain. ✦ Culte & Saturnales 02 Le temple, l’Aerarium et les Saturnales Fondation vers 497 av. J.-C. Le temple de Saturne, l’un des plus anciens de Rome, se dressait au pied du Capitole sur le Forum. Il abritait l’Aerarium Saturni, le trésor public — archives financières, réserves de lingots et numéraire de l’État. Ce lien entre la divinité et la richesse collective explique la présence récurrente de Saturne sur les monnaies républicaines : frapper son image, c’est affirmer que l’émission procède du trésor légitime. Les Saturnales, célébrées du 17 au 23 décembre, constituaient la fête la plus populaire du calendrier romain. Les hiérarchies sociales s’y inversaient symboliquement : esclaves et maîtres partageaient la table, des cadeaux s’échangeaient, et la statue de Saturne — dont les pieds étaient habituellement enchaînés, symbolisant son emprisonnement par Jupiter — était libérée de ses liens pour la durée des festivités. Le cri rituel « Io Saturnalia ! » résonnait dans toute la ville, invoquant le retour temporaire à l’abondance égalitaire de l’Âge d’or. ✦ Représentation numismatique principale ⚡ Le « Denier de la Légalité » — Un manifeste politique frappé en argent Le denier Neria (RRC 441/1) est l’une des monnaies républicaines les plus chargées de sens politique. Frappé en 49 av. J.-C., au jour même où César
Salus

Salus · Iconographie numismatique · LesDioscures Salus Déesse de la santé & du salut public · Iconographie numismatique · République romaine Nature Divinité romaine Origine Sabine / Romaine Attributs Serpent · Patère · Sceptre Temple Quirinal · 302 av. J.-C. Équivalent Hygieia (grecque) Salus — dont le nom latin désigne à la fois la santé, le salut et la sécurité — est l’une des divinités les plus polyvalentes du panthéon romain. Elle protège simultanément la santé des individus et le bien-être de l’État, incarnant cette conviction romaine fondamentale que la prospérité collective et la vitalité physique sont deux faces d’un même don divin. Son nom a d’ailleurs traversé les siècles : le français santé, l’espagnol salud, le latin chrétien salus (salut de l’âme) — tous héritent directement de cette déesse. D’origine sabine, Salus fut introduite très tôt dans le panthéon romain, où elle s’installa sur la colline du Quirinal — colline sabine par excellence — dans un temple voué en 311 av. J.-C. par le dictateur Caius Junius Bubulcus Brutus lors des guerres samnites, et dédié en 302 av. J.-C. Son premier grand décorateur fut nul autre que Gaius Fabius Pictor, qui couvrit ses murs de fresques célèbres représentant probablement des scènes de victoire sur les Samnites — geste fondateur qui valut à la branche Pictor de la gens Fabia son illustre cognomen. Dans la numismatique républicaine, Salus apparaît sous deux formes principales : comme buste lauré identifié par la légende SALVTIS, et comme figure debout associée à sa quasi-synonyme Valetudo (la santé corporelle). Le denier de Manius Acilius Glabrio (RRC 442/1, 49 av. J.-C.) offre l’exemple le plus élaboré et le plus chargé de sens de cette dualité dans toute la série républicaine. « Salus Populi Romani suprema lex esto — Que le salut du peuple romain soit la loi suprême. » — Cicéron, De Legibus, III, 3, 8 ✦ Représentations remarquables R1 Denier 1422AC — Salus laurée · Valetudo au serpent · British Museum 49 av. J.-C. RRC 442/1a · Manius Acilius Glabrio · 49 av. J.-C. · Argent · British Museum · 4,29 g Ce denier est le plus explicite de toute la numismatique républicaine pour l’iconographie de Salus. À l’avers, la tête laurée de Salus, identifiée par la légende SALVTIS remontant de bas en haut, présente les traits sereins et dignes qui caractérisent la déesse guérisseuse. Au revers, Valetudo — la Santé corporelle, quasi-synonyme de Salus — est représentée debout à gauche, appuyée sur une colonne et tenant un serpent de la main droite. La coexistence des deux noms — Salus à l’avers, Valetudo au revers — est unique dans la série républicaine. Babelon y voit une allusion directe à la prétention généalogique de la gens Acilia, dont la branche des Glabriones revendiquait d’avoir introduit le premier médecin grec à Rome en 219 av. J.-C. L’émission intervient précisément en 49 av. J.-C., l’année où César franchit le Rubicon — moment de crise maximale où invoquer la santé de l’État n’est pas un choix anodin. R2 Denier Junia RRC 337/3 — Tête de Salus au torque · Decimus Junius Silanus 91 av. J.-C. RRC 337 · Decimus Junius Silanus · 91 av. J.-C. · Tête de Salus au torque La tête de Salus apparaît également, sans légende explicite, sur plusieurs deniers de la gens Junia, notamment chez Decimus Junius Silanus (RRC 337, 91 av. J.-C.). Le détail distinctif est le torque entourant le cou de la déesse — un collier gaulois qui symbolise ici la parenté entre les Junii Silani et les Manlii Torquati. Selon Babelon, cette tête de Salus rappelle le temple que le dictateur C. Junius Bubulcus Brutus — ancêtre de la famille — avait voué à la déesse lors des guerres du Samnium vers 302 av. J.-C. Cette double lecture est caractéristique de la numismatique républicaine tardive : une même iconographie divine renvoie simultanément à une divinité tutélaire et à une mémoire familiale précise. Salus est ici autant un argument électoral qu’un objet de piété. ✦ Attributs iconographiques 01 Les emblèmes de Salus Monnaies · Sculptures · Culte public L’iconographie de Salus est profondément influencée par celle de son équivalente grecque Hygieia, fille d’Asclépios — le dieu grec de la médecine dont Rome adopta le culte sous le nom d’Esculape en 293 av. J.-C., lors d’une terrible épidémie. Le serpent, attribut partagé entre les deux traditions, cristallise à lui seul le symbolisme de la régénération, du cycle vital et de la puissance médicale. 🐍 Le Serpent Attribut central de Salus et de Valetudo : symbole universel de régénération et de médecine. Sur les monnaies, Valetudo le tient souvent enroulé autour de son bras ou se penchant sur un autel pour le nourrir d’une patère. 🏺 La Patère Plat rituel pour les libations. Salus est souvent représentée versant du liquide d’une patère pour nourrir un serpent enroulé autour d’un autel — geste combinant le rite religieux et la guérison. 🌿 La Couronne de laurier Sur les monnaies, la tête de Salus est souvent laurée — couronne associée à Apollon (dieu de la santé et de la lumière) et à la victoire, soulignant la dimension triomphale de la santé publique. 🏛️ La Colonne Valetudo s’appuie sur une colonne dans les représentations numismatiques — symbole de stabilité et de soutien, évoquant l’architecture des temples de guérison où les malades venaient chercher le secours divin. 👑 Le Sceptre / Diadème Signes de l’autorité divine de Salus sur la santé et la prospérité. Dans les représentations impériales plus tardives, elle porte aussi une couronne radiée symbolisant sa puissance sur le destin des hommes. 🪙 La Légende SALVTIS Sur le denier 1422AC, la légende SALVTIS (génitif : « de la Santé ») remonte le long du buste, procédé épigraphique rare qui met la déesse en valeur comme l’objet même de l’invocation. ✦ Salus dans la numismatique républicaine ⚡ Salus et Valetudo — deux noms pour une seule déesse Sur le denier RRC 442/1, Salus et Valetudo apparaissent comme deux facettes complémentaires d’une même puissance divine : Salus désigne la
Numa Pompilius

Numa Pompilius · Iconographie numismatique · LesDioscures Numa Pompilius Deuxième roi de Rome · Législateur & réformateur religieux · VIIIe s. av. J.-C. Nature Personnage semi-légendaire Origine Sabine · Cures Règne 715 – 673 av. J.-C. Attributs Lituus · Laurier · Égérie Sources Tite-Live · Plutarque Numa Pompilius est une figure semi-légendaire de l’histoire romaine, dont l’existence réelle est difficile à confirmer en raison du manque de sources archéologiques ou écrites fiables pour cette période archaïque de Rome. Les récits sur Numa proviennent principalement d’historiens romains postérieurs — Tite-Live et Plutarque — qui écrivaient des siècles plus tard, mêlant faits historiques et mythologie pour glorifier les origines de la Ville Éternelle. Numa serait né à Cures, une ville sabine, et aurait été choisi comme roi après la mort ou l’apothéose de Romulus, le fondateur de Rome. Son élection reflétait un désir d’équilibre entre Romains et Sabins. Contrairement à Romulus, associé à la guerre et à la fondation militaire, Numa est présenté comme un roi pacifique, législateur et réformateur spirituel — l’archétype du roi-philosophe dans la tradition romaine. Numa Pompilius · Portrait imaginaire · Gravure ancienne · Domaine public « Numa ferma les portes du temple de Janus, et durant tout son règne il n’y eut ni guerre ni sédition. » — Tite-Live, Ab Urbe Condita, I, 19 ✦ Représentations remarquables R1 Numa et la nymphe Égérie — Peinture de Jean-Baptiste Wicar XVIIIe – XIXe siècle La tradition iconographique la plus fréquente représente Numa en compagnie de la nymphe Égérie, divinité des sources et des eaux vives, qui lui transmettait ses enseignements divins dans un bois sacré des environs de Rome. Cette scène symbolise la médiation entre le monde des hommes et celui des dieux — fondement de l’autorité religieuse de Numa. Dans ces représentations, Numa est généralement figuré en rex vénérable, revêtu d’attributs sacerdotaux, incliné vers la nymphe dans une attitude de réceptivité spirituelle. L’iconographie insiste sur la légitimité divine de ses réformes : ce n’est pas un roi qui impose ses lois, mais un sage qui les reçoit des dieux. R2 Denier républicain à l’effigie de Numa — Gens Pompeia Vers 97 av. J.-C. Sur le plan numismatique, Numa Pompilius est évoqué notamment par les magistrats de la gens Pompeia, qui revendiquaient une ascendance avec le roi légendaire. Le denier frappé par Cn. Pompeius Strabo vers 97 av. J.-C. illustre cette pratique de légitimation généalogique caractéristique de la République romaine tardive. À l’avers figure une tête laurée présentée comme l’effigie du roi-législateur, tandis que le revers illustre des scènes liées à ses réformes religieuses ou à sa fondation des institutions romaines. Cette utilisation de l’image de Numa sur les monnaies révèle combien son souvenir restait politiquement actif plusieurs siècles après son règne supposé. ✦ Attributs iconographiques 01 Les emblèmes de Numa Pompilius Numismatique · Sculpture · Littérature antique Les attributs associés à Numa dans l’iconographie antique et moderne reflètent son double rôle de roi pacifique et de grand prêtre. Ils se distinguent nettement des symboles guerriers d’un Romulus ou d’un Mars, insistant plutôt sur la piété, la sagesse et la médiation divine. 🌿 Couronne de laurier Emblème de la royauté sacrée et de la paix, associé à Apollon et aux vainqueurs apaisés. 🔱 Lituus Bâton augural courbé, insigne des augures que Numa aurait institués pour interpréter la volonté divine. 🌊 Source d’Égérie La nymphe des eaux vives, conseillère divine de Numa, symbolisée par une source dans les bois sacrés. 🏛️ Temple de Janus fermé Les portes du temple de Janus, fermées pendant tout son règne, symbole d’une paix universelle exceptionnelle. 🔥 Feu sacré de Vesta Le feu perpétuel entretenu par les Vestales, dont l’institution est attribuée à Numa ou du moins organisée par lui. 📅 Calendrier réformé L’ajout des mois de janvier et février, structurant le temps civil et religieux de Rome pour les siècles à venir. Ces attributs traversent toute la tradition iconographique liée à Numa, des monnaies républicaines aux illustrations des éditions humanistes de Plutarque à la Renaissance. Ils traduisent l’image d’un roi dont le pouvoir repose non sur les armes, mais sur la piété et le droit sacré. ✦ Réformes attribuées à Numa ⚡ Le fondateur des institutions religieuses romaines Numa Pompilius est traditionnellement crédité de la création du Pontifex Maximus, du calendrier à douze mois, des collèges sacerdotaux (Fétiaux, Saliens, Vestales) et de la distinction entre dies fasti et dies nefasti. Son règne représente, dans la tradition romaine, la transition d’une communauté guerrière vers une société structurée par les lois et les rites. Même si les historiens modernes reconnaissent le caractère largement mythologique de ces récits, ils soulignent leur rôle fondateur dans la construction de l’identité religieuse et civique romaine. 02 Réformes religieuses — Collèges sacerdotaux & cultes 715 – 673 av. J.-C. (tradition) 🏛 Fondation des institutions sacrées de Rome Numa est crédité de la création du poste de Pontifex Maximus, grand prêtre chargé de superviser les rites religieux et d’interpréter les volontés divines. Ce rôle devint central dans la politique romaine des siècles suivants, jusqu’à être repris par les empereurs eux-mêmes. Il aurait également fondé plusieurs collèges sacerdotaux essentiels : les Fétiaux, responsables des relations internationales et des déclarations de guerre selon des rituels sacrés ; les Saliens, prêtres de Mars effectuant des danses rituelles armées ; et les Vestales, vierges consacrées au maintien du feu sacré de la déesse Vesta. 🏛 Institutions fondées par Numa Pontificat Pontifex Maximus Grand prêtre superviseur des rites — rôle repris ultérieurement par les empereurs romains. Collèges Fétiaux · Saliens · Vestales Trois collèges sacerdotaux structurant les relations diplomatiques, le culte martial et le feu sacré. Cultes Janus · Jupiter · Vesta Formalisation ou introduction du culte de divinités majeures de Rome. Sa relation avec la nymphe Égérie — qui lui transmettait des savoirs divins dans un bois sacré — place Numa dans une tradition de dirigeants inspirés par les dieux, comparable à Moïse recevant les tables de la Loi. Cette connexion divine servait à légitimer ses réformes et à ancrer la religion dans la vie