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Quintus Fabius Pictor

Quintus Fabius Pictor · Iconographie numismatique · LesDioscures Quintus Fabius Pictor Historien · Préteur · Flamine Quirinal · Iconographie numismatique · République romaine Nature Personnage historique Dates v. 254 – v. 201 av. J.-C. Fonctions Préteur · Flamen Quirinalis Gens Fabia (patricienne) Monnaie RRC 268/1 · 1039FA Quintus Fabius Pictor (vers 254 – vers 201 av. J.-C.) est l’un des personnages les plus singuliers de la Rome républicaine : sénateur, officier, préteur, prêtre — et premier historien de Rome. Membre de la puissante gens Fabia, branche patricienne des Fabii Pictores, il tire son cognomen Pictor (le peintre) de son ancêtre Gaius Fabius Pictor qui décora le temple de Salus sur le Quirinal en 304 av. J.-C. — geste fondateur qui valut à cette branche un surnom mêlant gloire artistique et légère connotation dévalorisante dans une famille dont la vocation était avant tout militaire et politique. Fabius combat à Trasimène en 217 av. J.-C. et, après la catastrophe de Cannes (216 av. J.-C.), est envoyé comme ambassadeur consulter l’oracle d’Apollon à Delphes — mission diplomatique rare qui témoigne du prestige de son nom. Sa postérité littéraire est considérable : il rédige en grec des Annales qui couvrent l’histoire de Rome des origines jusqu’à son époque, inaugurant ainsi une tradition historiographique nationale. Tite-Live le qualifiera de scriptorum antiquissimus — « le plus ancien des historiens ». Dans la numismatique républicaine, Quintus Fabius Pictor n’apparaît pas comme divinité mais comme personnage historique évoqué sur le revers du denier 1039FA (RRC 268/1), frappé en 126 av. J.-C. par son descendant Numerius Fabius Pictor : une représentation exceptionnelle qui cristallise en un seul type l’impossible cumul de ses deux charges, militaire et sacerdotale. « Quintus Fabius Pictor, qui alors était préteur, fut envoyé à Delphes pour y consulter l’oracle. Il arriva au sanctuaire, se couronna de laurier et fit des libations à tous les dieux. » — Tite-Live, Ab Urbe Condita, XXIII, 11 ✦ Représentations remarquables R1 Denier 1039FA — Quintus Fabius Pictor, Flamine-Préteur · British Museum 126 av. J.-C. RRC 268/1b · Numerius Fabius Pictor · 126 av. J.-C. · Argent · British Museum · 3,93 g Le revers de ce denier frappe par son iconographie unique dans toute la numismatique républicaine : on y voit Quintus Fabius Pictor représenté assis à gauche, simultanément casqué et cuirassé (attributs du préteur) et tenant l’apex de la main droite (insigne du Flamine Quirinal). Sur le bouclier ovale derrière lui, l’inscription QVIRIN identifie sans ambiguïté le personnage et sa charge sacerdotale. Cette coexistence visuelle des deux fonctions — le soldat et le prêtre — n’est pas un choix esthétique mais un document historique : elle évoque l’incident célèbre de 189 av. J.-C. où Quintus Fabius Pictor, nommé préteur pour la Sardaigne, se vit interdire par le Grand Pontife P. Licinius de quitter Rome pour rejoindre sa province, en raison de ses obligations de Flamine Quirinal. Une situation canonique du conflit entre ius militiae et ius sacrum. R2 Denier 1039FA — Variante sans marque de contrôle · British Museum 126 av. J.-C. RRC 268/1a · Variante sans lettre de contrôle · British Museum · 3,83 g · Domaine public La variante RRC 268/1a est dépourvue de lettre de contrôle, contrairement au type principal (268/1b) qui inaugure précisément le premier système de contrôle systématique de la numismatique républicaine — une innovation majeure de Numerius Fabius Pictor documentée par Crawford. Le type iconographique est identique : tête casquée de Roma à l’avers, Quintus Fabius Pictor flamine-préteur au revers. La comparaison entre les deux variantes illustre la transition entre une frappe pré-systématique et l’introduction d’un contrôle rigoureux de la production monétaire — chaque combinaison de lettres identifiant un coin ou une équipe d’ouvriers de l’atelier de Rome. ✦ Attributs iconographiques 01 Les emblèmes du Flamine-Préteur Numismatique · Sacerdoce · Magistrature Le type iconographique du denier 1039FA est d’une richesse symbolique exceptionnelle : en un seul personnage, le graveur condense deux sphères normalement incompatibles — la puissance militaire de la magistrature prétorienne et la sainteté inviolable du sacerdoce flaminien. Chaque attribut renvoie à un conflit institutionnel précis dont la mémoire était encore vive un demi-siècle après les faits. ⛑️ Le casque Attribut du préteur, commandant militaire. Le casque sur la tête du Flamine est iconographiquement paradoxal — les flamines ne pouvaient en principe pas porter les armes. 🏛️ L’Apex Bonnet conique de cuir blanc surmonté d’une pointe (apex), coiffe distinctive des flamines. Tenu à la main droite, il identifie Fabius comme Flamen Quirinalis. 🛡️ Le Bouclier QVIRIN Bouclier ovale portant l’inscription QVIRIN — abréviation de Quirinus, le dieu-héros divinisé dont Fabius était le prêtre attitré. Rarissime dans la numismatique. ⚔️ La Lance Attribut militaire du préteur, tenu à la main gauche. En opposition dialectique avec l’apex tenu à droite, la lance rappelle la charge prétorienne que Fabius ne put exercer. 🪑 La posture assise Dignité de la posture assise : Quintus Fabius Pictor est représenté en magistrat siégeant — ni en marche guerrière ni en prière — dans un entre-deux qui incarne sa situation insoluble. 🔤 Marques de contrôle Première série républicaine à utiliser un système de lettres combinées (avers + revers) pour contrôler la frappe. Numerius Fabius Pictor est l’initiateur de cette innovation. ✦ Le denier de Numerius Fabius Pictor ⚡ Un type unique dans toute la numismatique républicaine Le denier RRC 268/1 est remarquable à double titre. D’abord, il constitue l’une des très rares représentations d’un ancêtre nommément identifié au revers d’une monnaie républicaine — la légende N. FABI PICTOR à l’avers désigne le monétaire, tandis que le personnage du revers n’est pas lui mais son ancêtre Quintus. Ensuite, le type iconographique lui-même — le cumul impossible des attributs militaires et sacerdotaux — est sans équivalent dans toute la série républicaine. Crawford (RRC) a estimé l’émission à environ 75 coins de droit, suggérant une production significative. Ce denier appartient à une série plus large comprenant aussi les deniers de Caius Cassius (RRC 266) et de Titus Quinctius Flamininus (RRC 267), toutes trois frappées vers 126 av. J.-C. à Rome.

Janus

Janus · Iconographie numismatique · LesDioscures Janus Dieu des seuils & des commencements · Ianus Bifrons · Iconographie numismatique · République romaine Nature Divinité romaine · Sans équivalent grec Attributs Deux visages · Clé · Bâton Domaine Seuils · Transitions · Temps Temple Ianus Geminus · Forum Monnaie RRC 281/1 Janus est l’une des divinités les plus originales du panthéon romain — et l’une des rares sans équivalent grec. Son nom dérive probablement du latin ianua (porte) ou ire (aller), soulignant son rôle de gardien de tous les passages : portes, arches, ponts, mais aussi commencements d’années, de guerres, de mariages et de saisons. Représenté avec deux visages barbus regardant simultanément le passé et l’avenir, il incarne le moment liminal — cet instant suspendu où l’on franchit un seuil entre ce qui fut et ce qui sera. Sa place dans la religion romaine était exceptionnelle : Janus était invoqué en premier, avant même Jupiter, car il ouvrait la voie aux autres divinités lors de tout sacrifice. Le mois de janvier (Ianuarius) lui est dédié. Sur les monnaies républicaines, sa tête bifrons ornait traditionnellement les as de bronze — ce qui rend son apparition sur le denier en argent de M. Furius Philus (RRC 281/1) d’autant plus remarquable. « Janus, gardien des voies, ouvre les portes de l’Olympe aux dieux et à leurs actes, premier et dernier de tous les dieux. » — Ovide, Fastes, I, 117–120 ✦ Représentations remarquables R1 Janus Bifrons — Buste romain, Musées du Vatican Art romain · Musées du Vatican, Rome Janus Bifrons · Buste romain · Musées du Vatican, Rome · Domaine public Ce buste conservé aux Musées du Vatican constitue l’une des représentations sculpturales les plus célèbres de Janus. La composition est saisissante : deux visages barbus, dos à dos, formant une tête unique qui regarde simultanément dans deux directions opposées. Ce n’est pas un artifice décoratif — c’est la traduction plastique exacte de la nature du dieu : le seul être qui voit à la fois où il va et d’où il vient. L’iconographie bifrons de Janus est attestée depuis la plus haute Antiquité romaine et ne change pratiquement pas au fil des siècles, ce qui témoigne de la cohérence et de la force du concept qu’elle exprime. Sur les monnaies républicaines — et en particulier sur les as de bronze — la tête bifrons de Janus est l’un des types les plus anciens et les plus constants du monnayage romain, présent depuis les premières émissions du IIIe siècle av. J.-C. R2 L’Arco di Giano — Le seuil de pierre dans Rome moderne IVe siècle ap. J.-C. · Forum Boarium, Rome Arco di Giano (Arc de Janus) · Forum Boarium, Rome · IVe siècle ap. J.-C. · CC BY-SA 3.0 L’Arco di Giano, situé au Forum Boarium (l’ancien marché aux bœufs de Rome), est la plus grande arche romaine quadrifrontale — à quatre faces — encore debout. Malgré son nom traditionnel, il ne fut probablement pas dédié à Janus au sens cultuel ; son appellation reflète plutôt la nature de la structure elle-même : un ianus, c’est-à-dire un passage voûté à entrées multiples, terme que les Romains appliquaient à toute arche ou portique permettant le transit. Ce monument illustre parfaitement comment le nom de Janus est indissociable de l’architecture du passage dans la culture romaine. Le mot latin ianua (porte) et ianus (arche de passage) sont les deux faces — elles-mêmes bifrontes — d’un même concept : le seuil comme lieu sacré. Là où le buste du Vatican représente le dieu comme une abstraction théologique, l’Arco di Giano incarne la divinité dans la pierre même de la ville, transformant chaque passage en acte de dévotion inconsciente envers le maître des transitions. ✦ Attributs & symbolisme 01 Les emblèmes de Janus — La dualité comme essence Religion romaine · République & Empire 🚪 Les Deux Visages Passé et avenir, entrée et sortie, guerre et paix. La dualité n’est pas une contradiction mais la nature même du seuil — qui a toujours deux côtés. 🗝️ La Clé Symbole de l’ouverture et de la fermeture des passages. Janus tient la clé du ciel et de l’année, ouvrant et fermant les cycles du temps. 🏛️ Le Bâton Attribut de l’autorité sur les passages et les chemins. Janus garde les voies comme un berger garde son troupeau. 📅 Janvier Le mois de Janus — Ianuarius — porte son nom. Premier mois de l’année, il est le seuil par excellence du cycle annuel. La particularité de Janus dans le rituel romain est qu’il était invoqué en premier dans toute prière ou sacrifice, avant même Jupiter, car il « ouvrait la voie » aux autres dieux. Cette primauté rituelle reflète sa nature de divinité des commencements : rien ne peut commencer sans franchir un seuil, et tout seuil appartient à Janus. 02 Le Ianus Geminus — Les portes de la guerre et de la paix Forum Romain · République & Empire Le Ianus Geminus — Janus Double — était une petite structure rectangulaire au Forum Romain avec deux portes opposées. Sa symbolique était d’une puissance exceptionnelle : les portes restaient ouvertes en temps de guerre, permettant le passage des armées, et étaient fermées en temps de paix. La fermeture était un événement si rare qu’elle constituait une annonce politique majeure. Selon la tradition, les portes ne furent fermées que trois fois entre la fondation de Rome et le règne d’Auguste : sous Numa Pompilius, après la première guerre punique, et sous Auguste lui-même — ce dernier les fermant à plusieurs reprises pour célébrer la Pax Romana. Cette propagande de la paix augustéenne s’appuyait directement sur le symbolisme janusien : fermer les portes de Janus, c’était déclarer que Rome n’était plus en guerre avec le monde entier. ✦ Représentation numismatique ⭐ Janus sur un denier — Une innovation iconographique majeure La tête bifrons de Janus ornait traditionnellement les as de bronze — la monnaie de base du peuple romain — depuis les premières émissions du IIIe siècle av. J.-C. Son

Bituitos

Bituitos · Iconographie numismatique · LesDioscures Bituitos Roi des Arvernes · IIe siècle av. J.-C. · Iconographie numismatique · République romaine Nature Personnage historique Origine Gauloise · Arvernes Période † ap. 121 av. J.-C. Contexte Guerre romaine · 121 av. J.-C. Monnaies 1 type républicain Bituitos (ou Bituitus) était le roi des Arvernes, puissante tribu gauloise établie dans l’actuelle Auvergne. Fils de Luern, il hérita d’un royaume à l’apogée de sa puissance au milieu du IIe siècle avant J.-C. Son nom celtique, dérivé de bitu, pourrait signifier « monde » — un titre évocateur pour un souverain qui se présentait comme le maître de la Gaule méridionale. En 121 av. J.-C., Bituitos forma une grande coalition avec les Allobroges pour s’opposer à l’expansion romaine dans la vallée du Rhône. À la tête d’une armée estimée par les sources antiques à quelque 200 000 hommes, il affronta les légions des généraux Gnaeus Domitius Ahenobarbus et Quintus Fabius Maximus Allobrogicus lors de la bataille du Confluent, près de la jonction du Rhône et de l’Isère. Malgré sa supériorité numérique, il fut écrasé. Capturé — peut-être par ruse selon Strabon — il fut exhibé à Rome lors du triomphe de Domitius, puis assigné à résidence à Alba Fucens, où il finit ses jours loin de sa Gaule natale. « Il traversa le Rhône sur un pont de bateaux, avec une armée si nombreuse que les Romains en furent frappés d’étonnement. » — Florus, Epitoma de Tito Livio, I, 37 ✦ Contexte historique 01 Les Arvernes face à Rome — 125–121 av. J.-C. Gaule méridionale La puissance des Arvernes au IIe siècle s’étendait bien au-delà du Massif central. Le père de Bituitos, Luern, était célèbre dans toute la Gaule pour ses largesses ostentatoires — il dispersait de l’or et de l’argent à la foule depuis son char, selon les témoignages antiques. Cette richesse reposait sur le contrôle des routes commerciales reliant la Méditerranée aux régions de l’intérieur. Rome, après avoir établi sa domination sur Massalia (Marseille) et ses alliés, intervint dans la région à partir de 125 av. J.-C. Le consul Marcus Fulvius Flaccus attaqua d’abord les Salyens, puis la pression romaine s’étendit vers les Allobroges, voisins et alliés des Arvernes. Bituitos, qui avait succédé à Luern, tenta une médiation, puis choisit la voie des armes. La défaite de 121 av. J.-C. ne fut pas seulement celle d’un roi : elle ouvrit la voie à la création de la Provincia Gallia Transalpina, future Provence romaine, et marqua le début d’un long processus d’intégration de la Gaule dans l’orbite de Rome — processus qui culminerait un siècle plus tard avec les conquêtes de César. ✦ Représentation numismatique ⚡ Unique représentation républicaine de Bituitos RRC 334/1Denier Serratus Bituitos est l’un des rares souverains gaulois à avoir été représenté sur une monnaie de la République romaine. Sa figure apparaît sur le denier serratus émis par le magistrat monétaire Lucius Pomponius Molo, vers 97 av. J.-C., soit une génération après sa capture. Ce choix iconographique est hautement significatif : commémorer un ennemi vaincu sur le numéraire romain procédait d’une volonté de glorifier la victoire de Domitius Ahenobarbus et de Fabius Maximus, ancêtres présumés de la gens Pomponia au sein de la mémoire triomphale romaine. Bituitos incarne ici la figure du rex captivus, archétype du barbare soumis qui légitime la domination romaine. 02 Denier Serratus Pomponia · Lucius Pomponius Molo vers 97 av. J.-C. 👑 Portrait de Bituitos — roi arverne capturé RRC 334/1c. 3,90 gr 🏛 Légendes & description Avers BITUITO Buste de Bituitos à droite, en tenue de guerrier gaulois, avec torque au cou — insigne de noblesse et de royauté celtique. Revers L·POMP·MOLO (ou variantes) Guerrier gaulois combattant à cheval, brandissant un carnyx (trompette de guerre). Référence explicite au contexte de la victoire sur les Arvernes. Le bord serratus — dentelé — de cette émission est caractéristique d’une série de deniers du Ier siècle avant J.-C. destinés à lutter contre les contrefaçons : la tranche dentée était difficile à reproduire et attestait la teneur en argent du flan. Ce procédé technique confère à la monnaie un aspect reconnaissable immédiatement. L’iconographie du carnyx au revers est particulièrement évocatrice : cet instrument à vent en bronze en forme de tête d’animal, emblème de la guerre gauloise, fonctionnait comme un trophée symbolique sur le métal romain. Représenter Bituitos à l’avers et la cavalerie gauloise au revers revenait à raconter, en deux faces, le récit de la conquête et de la soumission. ✦ Attributs iconographiques 03 Les emblèmes de Bituitos dans la numismatique Monnaies · Toreutique · Archéologie La représentation de Bituitos sur le denier Pomponia mobilise plusieurs attributs visuels directement empruntés à l’univers visuel gaulois, reconnaissables pour le public romain comme des marqueurs de l’alteritas barbare. 🔱 Torque Collier métallique rigide, insigne de la noblesse et de la royauté celtique. Son port identifie Bituitos comme un roi, non comme un simple guerrier. 🎺 Carnyx Trompette de guerre gauloise en bronze en forme de tête d’animal. Présent au revers, il évoque à la fois la puissance militaire arverne et sa défaite. 🐎 Cavalerie La cavalerie gauloise, redoutée dans tout le monde méditerranéen, est l’emblème de la noblesse guerrière arverne représentée au revers du denier. ⚔️ Bouclier oblong Le scutum gaulois, de forme ovale ou hexagonale, marque l’appartenance ethnique du guerrier et contraste avec l’armement romain sur les représentations de triomphes. Carnyx de Tintignac · Sanctuaire gaulois de Naves, Corrèze · Ier s. av. J.-C. · Bronze · Claude Valette — Wikimedia Commons, CC-BY-SA 3.0 Ces attributs, portés par un ennemi vaincu et non par un dieu ou un héros romain, constituent une captivatio iconographique : Bituitos est à jamais figé dans le métal comme le trophée vivant de la victoire de Rome sur la Gaule méridionale. ✦ La captivité et le destin du roi 04 De la Gaule à Alba Fucens — un roi en exil 121–? av. J.-C. Après la bataille du Confluent, Bituitos ne fut pas exécuté — sort pourtant commun pour les chefs vaincus dans l’Antiquité.

Philippe V de Macédoine

Philippe V de Macédoine · La phalàngue contre les légions · Cynoscéphales · LesDioscures Philippe V de Macédoine 238–179 av. J.-C. · Roi de Macédoine · Cynoscéphales 197 · Le dernier Antigonide face à Rome · Iconographie numéralement Naissance238 av. J.-C. Règne221–179 av. J.-C. Défaite décisiveCynoscéphales · 197 av. J.-C. FilsPersée · vaincu à Pydna (168) Monnaie principaleRRC 293/1 · Denier Marcia Philippe V de Macédoine (238–179 av. J.-C.) est l’une des figures les plus tragiques de l’hellénisme tardif : un roi ambitieux, stratège de talent, qui crut pouvoir s’allier à Hannibal contre Rome en 215 av. J.-C. et se retrouva vingt ans plus tard écrasé par les légions de Flamininus à Cynoscéphales, contraint de regarder le consul romain proclamer la liberté des Grecs — une humiliation sans précédent. Fils de Démétrius II et père de Persée, il régna trente-deux ans sur une Macédoine qui, sous son règne, perdit définitivement le leadership du monde grec au profit de Rome. Son nom survit dans la numismatique républicaine grâce à l’un des deniers les plus remarquables de toute la collection : le denier Marcia (RRC 293/1) de Lucius Marcius Philippus, frappé vers 112–113 av. J.-C., qui porte à l’avers le portrait de Philippe V — premier et dernier portrait d’un roi étranger sur une monnaie romaine républicaine. Ce choix iconographique exceptionnel reflète le lien personnel de la gens Marcia avec le roi macédonien : un ancêtre des Marcii avait conclu avec lui un traité d’hospitalité personnel (paternum hospitium). La Macédoine de Philippe s’inscrit dans la transition entre l’héritage d’Alexandre et la domination romaine. « Flamininus fit annoncer dans le stade que le Sénat romain et Flamininus, le général en chef des Romains, déclaraient libres, sans garnison, sans tribut, soumis à leurs lois ancestrales, les Corinthiens, les Locriens, les Phocidiens, les Eubéens, les Achéens de Phthiotide, les Magnètes, les Thessaliens et les Pérrèbes. » — Plutarque, Vie de Flamininus, X — la proclamation de la liberté des Grecs aux Jeux isthmiques de 196 av. J.-C., après la défaite de Philippe V à Cynoscéphales ✦ Représentations remarquables R1 Buste hellénistique, probablement Philippe V de Macédoine ~200 av. J.-C. · Alliage de cuivre · Collection privée Buste hellénistique, probablement Philippe V · Alliage de cuivre · ~200 av. J.-C. · CC BY-SA Ce buste en alliage de cuivre, daté d’environ 200 av. J.-C. et attribué à Philippe V de Macédoine, illustre l’iconographie royale hellénistique à son apogée. Les traits sont ceux d’un homme d’âge mûr, marqués par les campagnes militaires : mâchoire volontaire, regard déterminé, coiffure bouclée dans la tradition alexandrine. L’alliage de cuivre témoigne d’un contexte de fabrication provinciale — peut-être macédonien ou grec du Nord — contemporain du règne. Ce portrait contraste de manière saisissante avec la représentation que le monétaire romain Lucius Marcius Philippus donna du roi sur son denier (RRC 293/1) : là, Philippe V porte le casque royal macédonien orné de cornes de bouc — attribut distinctif des rois Antigonides, également présent sur les monnaies macédoniennes. Les deux portraits partagent la même ambition : saisir la majesté royale hellénistique dans les conventions iconographiques de leur époque respective. R2 Didrachme de Philippe V — Tête diadémée / Massue dans couronne de chêne 184–179 av. J.-C. · Argent · Atelier de Pella · Münchner Stadtmuseum Didrachme de Philippe V · Pella 184–179 av. J.-C. · Argent · Tête diadémée / massue dans couronne de chêne · Münchner Stadtmuseum · CC BY-SA Ce didrachme d’argent, frappé à Pella entre 184 et 179 av. J.-C. — donc dans les dernières années du règne de Philippe V, après sa défaite à Cynoscéphales — montre le portrait diadémé du roi à droite. Le revers porte la massue d’Héraclès dans une couronne de chêne avec la légende BASILEOS FILIPPOU : la continuité avec l’iconographie des premiers Antigonides est revendiquée jusqu’au bout, même sur un roi humilié. Ce didrachme macédonien illustre parfaitement le contexte du denier romain RRC 293/1 : d’un côté le monnayage d’un roi défait, préservant dans l’argent sa majesté formelle malgré la tutelle romaine ; de l’autre, le denier romain qui célèbre ce même roi comme un titre de gloire familiale, preuve que la romanisation de l’Orient hellénistique passait aussi par une appropriation de son prestige monarchique. La massue héracléenne macédonienne répond aux cornes de bouc du portrait romain : deux langages iconographiques pour un même souverain. ✦ Chronologie — Philippe V, la Macédoine et Rome — Du sommet de la puissance antigonide au vassal de Rome 221–179 av. J.-C. 221 av. J.-C. Avènement — Héritier d’Antigone Doson Philippe V monte sur le trône de Macédoine à la mort d’Antigone Doson, son tuteur. Il a 17 ans. Fils de Démétrius II (239–229 av. J.-C.), il hérite d’un royaume puissant, d’une phalange aguerrie et d’une position hégémonique sur la Grèce. La Ligue de Corinthe lui garantit le titre de stratège autokrator. 215 av. J.-C. Alliance avec Hannibal — La faute stratégique Après la défaite romaine de Cannes (216), Philippe V conclut un traité d’alliance avec Hannibal Barca : il attaquera l’Italie par la mer si Rome est suffisamment affaiblie. C’est l’erreur de calcul de sa carrière. Rome, occupée à lutter pour sa survie, prend acte — et n’oubliera jamais. La Première guerre macédonienne (214–205) se conclut au mieux par le statu quo du traité de Phénique (205). 202–200 av. J.-C. Expansion en Orient — Le pacte avec Antiochos III Philippe s’allie avec Antiochos III de Syrie pour partager les possessions lagides en Égypte et en Asie Mineure. Il s’empare de plusieurs îles de l’Égée et menace Pergame et Rhodes. Ces deux cités font appel à Rome. Rome, libérée de Carthage par la paix de Zama (202), accepte le prétexte : la Deuxième guerre macédonienne commence en 200 av. J.-C. 197 av. J.-C. Cynoscéphales — La phalangue brisée Le consul Titus Quinctius Flamininus rencontre Philippe V en Thessalie, dans les collines ondulées de Cynoscéphales (les « têtes de chien »). La phalange macédonienne, imbattable en terrain plat, se désorganise sur ce relief accidenté. Les légions romaines plus flexibles enfoncent les

Lares

Lares · Iconographie numismatique · LesDioscures Lares Divinités protectrices du foyer · Lares familiares · Lares praestites · Iconographie numismatique · République romaine Nature Divinités protectrices romaines Domaine Foyer · Famille · Carrefours · État Culte Lararium · Offrandes quotidiennes Filiation légendaire Lara & Mercure Monnaie RRC 298/1 Les Lares occupent une place unique dans la religion romaine : ce ne sont pas des dieux olympiens abstraits, mais des présences divines immédiates, liées à des lieux précis — foyer, champs, carrefours, routes, cité. Leur culte est le plus intime et le plus quotidien de toute la religion romaine. Chaque matin, dans chaque maison romaine, on leur offrait fleurs, vin, encens ou nourriture devant le lararium. Esclaves, affranchis et hommes libres participaient ensemble à ce rituel qui symbolisait l’unité de la domus. Représentés comme de jeunes hommes dansant en tunique courte, tenant une coupe ou un rhyton (corne à boire), les Lares incarnent la pietas romaine dans sa forme la plus concrète : le respect envers les ancêtres, la continuité de la famille, la protection du lieu habité. Leur omniprésence — des statuettes de bronze aux fresques des lararia pompéiens — témoigne de leur place centrale dans la vie quotidienne des Romains de toutes conditions. « Ô Lares du foyer, daignez préserver notre maison ; je vous rends grâce par ces humbles offrandes que vous méritez, fidèles gardiens de notre seuil. » — D’après Tibulle, Élégies, I, 10, 15–18 ✦ Représentations remarquables R1 Lare de bronze — Ier siècle ap. J.-C., Museo Arqueológico Nacional, Madrid Ier siècle ap. J.-C. · MAN, inv. 2943, Madrid Lare romain en bronze · Ier siècle ap. J.-C. · Museo Arqueológico Nacional, Madrid, inv. 2943 · Domaine public Cette statuette en bronze du Ier siècle ap. J.-C. illustre parfaitement l’iconographie canonique des Lares : un jeune homme debout, vêtu d’une tunique courte retroussée par le mouvement, la jambe légèrement fléchie dans une posture de danse. Il tient de l’une de ses mains une patère ou une situla (seau à libations) — attributs du rituel de la libation, acte central du culte domestique. De telles statuettes étaient placées dans le lararium de la maison — une petite niche murale ou une armoire sacrée — et recevaient des offrandes quotidiennes. Leur format modeste (quelques dizaines de centimètres de hauteur) reflète leur rôle intime : ce ne sont pas des dieux de sanctuaire ou de forum, mais des protecteurs du seuil et du foyer, présences familières au cœur de la vie privée. R2 Fresque des Lares et des serpents — Pompéi, Musée archéologique de Naples Ier siècle av. J.-C. – Ier siècle ap. J.-C. · Musée archéologique national, Naples Fresque des Lares et des serpents · Pompéi · Musée archéologique national de Naples · CC BY-SA Cette fresque pompéienne est l’une des représentations les plus complètes et les plus éloquentes du culte des Lares. Les deux Lares dansent symétriquement, vêtus de tuniques courtes, versant du vin de rhyton (cornes à boire) dans des situlae (seaux à libations). Au centre, le Genius du pater familias — l’esprit protecteur du chef de famille — accomplit une libation, voilé et tenant une patère. En bas, un couple de serpents s’approche d’un autel chargé d’offrandes : l’agathodemon, serpent bénéfique symbole de la prospérité et de la fertilité du foyer. Cette composition illustre à la fois la dimension rituelle du culte — la libation, le sacrifice, l’encens — et sa dimension cosmologique : les Lares ne sont pas seuls, ils font partie d’un ensemble de forces protectrices qui veillent sur la maison. Le serpent, loin d’être maléfique dans ce contexte, est un gardien bienveillant de la prospérité familiale, identifié parfois au Genius lui-même. ✦ Types de Lares & pratiques cultuelles 01 Les quatre grands types de Lares Religion romaine · République & Empire 🏠 Lares familiares Protecteurs du foyer domestique, honorés dans le lararium. Chaque famille leur offrait quotidiennement fleurs, vin, encens et nourriture. ✖️ Lares compitales Divinités des carrefours (compita), vénérées lors des Compitalia. Leurs sanctuaires à l’angle des rues étaient entretenus par les habitants du quartier. 🏛️ Lares praestites Gardiens de la cité de Rome elle-même — les Lares de l’État romain. Sur le denier Caesia, ce sont eux qui sont représentés. 🛤️ Lares viales Protecteurs des voyageurs et des routes. Leurs petits sanctuaires jalonnaient les voies importantes pour la protection des marchands et des armées en marche. Le culte domestique des Lares était l’acte religieux le plus constant de la vie romaine — bien plus régulier que la participation aux grands festivals publics. À chaque calendes, ides et nones du mois, mais aussi à l’occasion de naissances, mariages, décès et retours de voyage, la famille se réunissait devant le lararium pour honorer ses protecteurs. Esclaves et affranchis participaient au même culte, les Lares symbolisant l’unité spirituelle de toute la maisonnée au-delà des distinctions de statut social. 02 Origines des Lares — De Lara à Mercure, des ancêtres aux gardiens Mythologie & religion archaïque romaine L’origine des Lares est l’une des questions les plus débattues de la religion romaine. Trois théories principales s’affrontent : ils seraient les esprits des ancêtres défunts (manes) attachés au lieu où ils vécurent ; des divinités agraires primitives liées à la fertilité de la terre familiale ; ou encore des esprits protecteurs d’un lieu géographique précis, indépendamment de toute filiation humaine. La légende la plus populaire les fait naître de l’union de Mercure et de la nymphe Lara (ou Larunda). Jupiter, irrité de la trop grande loquacité de Lara qui avait trahi ses amours, lui fit couper la langue avant de l’envoyer aux Enfers — mais Mercure, chargé de l’y conduire, en tomba amoureux. Les jumeaux nés de cette union, les Lares, héritèrent du silence de leur mère (ils ne parlent pas) et de la mobilité de leur père (ils gardent les routes et les carrefours). ✦ Représentation numismatique 🐕 Le chien gardien entre deux Lares — Un programme iconographique unique Le denier RRC 298/1 est l’unique émission de L. Caesius — et sa rareté (indice

Amphinomos

[TITRE] · Iconographie numismatique · LesDioscures Amphinomos Piété filiale · Catane · Iconographie numismatique républicaine Nature Personnage légendaire Origine Grecque · Sicilienne Attributs Piété filiale · Parent sur les épaules Période 108–107 av. J.-C. Monnaies RRC 308/1 · 1 type recensé Dans L’Odyssée, Amphinomos (en grec Ἀμφίνομος, signifiant « qui paît tout autour ») est l’un des prétendants de Pénélope, l’épouse d’Ulysse. Il est prince de Dulichium, fils du roi Nisos, et se distingue parmi les prétendants par son comportement relativement correct et son bon sens. Il tente à deux reprises de dissuader les autres prétendants de comploter pour tuer Télémaque, le fils d’Ulysse, ce qui montre une certaine conscience morale. Ulysse lui-même, déguisé en mendiant, l’avertit de quitter le palais et d’abandonner la cause des prétendants, pressentant le désastre à venir. Cependant, Athéna s’assure qu’Amphinomos reste, scellant ainsi son destin. Lors de l’affrontement final, il est tué par Télémaque d’un coup de lance. Dans la mythologie sicilienne, Amphinomos et Anapias sont deux frères associés à la ville de Catane. Lors d’une éruption du mont Etna, ils sauvèrent leurs parents en les portant sur leurs épaules pour les mettre à l’abri des coulées de lave. Leur piété filiale et leur courage furent célébrés, et cette histoire devint un symbole de dévouement familial. Certaines versions disent que les flammes s’écartèrent miraculeusement pour les laisser passer. « Les deux frères reçurent pour cette action le titre de Pius — Pieux. » — Pausanias, Description de la Grèce, X, 28, 4 ✦ Les frères catanéens 01 Amphinomos & Anapias — Les fils pieux de Catane Mythologie sicilienne Selon la tradition locale, lors d’une violente éruption de l’Etna, Amphinomos porta son père sur ses épaules tandis que son frère Anapias portait leur mère. Leur geste, comparable à celui d’Énée sauvant son père Anchise lors de la chute de Troie, incarna pour les Romains le concept de pietas dans sa forme la plus pure : le devoir envers sa famille. Ce mythe était particulièrement vivace à Catane, ville natale des frères, où ils furent célébrés comme des héros. Les Romains, sensibles à cette vertu cardinale, reprirent naturellement ce thème dans leur iconographie monétaire. 🔥 L’éruption de l’Etna Cadre dramatique du mythe — les flammes qui s’écartent devant les frères pieux selon certaines versions. 🏛️ Pietas Vertu romaine fondamentale : le devoir envers les dieux, la patrie et la famille. Les deux frères en incarnent l’aspect familial. ⚓ Lien avec Énée Le geste d’Amphinomos fait écho à Énée portant Anchise hors de Troie — archétype romain de la piété filiale. 🌋 Catane Ville sicilienne au pied de l’Etna, patrie des frères et de la gens Herennia, dont les ancêtres y faisaient du commerce. ✦ Représentation numismatique 🏛️ Seule représentation républicaine de ce type RRC 308/1Rome · 108–107 av. J.-C. Le denier de Marcus Herennius est la seule monnaie républicaine romaine à représenter Amphinomos. Le choix de ce type est directement lié aux origines catanéennes de la gens Herennia : les ancêtres du monétaire étaient établis à Catane pour y faire le commerce avec l’Afrique, et le mythe des frères pieux était particulièrement vivace dans cette ville. Marcus Herennius deviendra consul de la République romaine en 93 av. J.-C. — soixante-dix ans plus tard, Sextus Pompée reprendra la même iconographie pour rappeler la mémoire de son père Pompée le Grand. 02 Denier Herennia · Marcus Herennius 108–107 av. J.-C. 🏃 Amphinomos courant, portant son père sur les épaules British Museum~3,87 g · Ar 🏛 Légendes & description Avers PIETAS Tête diadémée de la Piété (Pietas) à droite, le diadème orné. Une marque de contrôle apparaît soit sous le menton à l’avers, soit dans le champ au revers selon les variantes. Revers M · HERENNI Amphinomos nu, courant à droite, portant son père âgé sur ses épaules. Marque de contrôle dans le champ à droite. Légende verticale derrière le personnage. La composition est saisissante : l’avers, avec la tête de Pietas, annonce directement le thème du revers. La vertu est personnifiée, puis illustrée par un acte concret — Amphinomos sauvant son père. Crawford (RRC 308/1) dénombre environ 120 coins d’avers et 150 coins de revers pour ce type. Il existe deux variantes : la lettre de contrôle peut se trouver soit sous le menton à l’avers, soit dans le champ à droite au revers. Ce denier est considéré comme plus rare que les catalogues ne le laissent supposer. Références : Crawford RRC 308/1a-b · Sydenham 567a · RSC Herennia 1 · RCV 185  ·  ↗ Voir la fiche sur LesDioscures ✦ La gens Herennia & le monétaire 03 Marcus Herennius — Monétaire et consul 108–93 av. J.-C. La gens Herennia est une famille plébéienne d’origine samnite qui s’établit en Campanie, puis rayonna vers la Sicile. On trouve un Herennius sénateur de Nola et un Marcus Herennius décurion de Pompéi. Une branche s’expatria pour le commerce : Herennius Siculus, installé à Leptis, faisait le commerce entre l’Afrique et la Sicile — un lien direct avec Catane, patrie d’Amphinomos. Le monétaire Marcus Herennius, qui frappa ce denier vers 108–107 av. J.-C., est vraisemblablement le même personnage qui fut consul en 93 av. J.-C. Pline mentionne ce consulat comme remarquable par la quantité de silphium apportée à Rome cette année-là. En choisissant Amphinomos pour son type monétaire, il rendit hommage aux racines catanéennes de sa famille tout en célébrant la vertu de pietas. ⚡ Postérité iconographique Soixante-dix ans après ce denier, en 42 av. J.-C., Sextus Pompée reprit la même iconographie — un fils portant son père sur ses épaules — pour commémorer la mémoire de Pompée le Grand son père. La pietas filii devint ainsi un outil de propagande politique puissant, directement hérité du type de Marcus Herennius. ✦ Fiches numismatiques liées RRC 308/1 Denier Herennia · Marcus Herennius Amphinomos courant à droite, portant son père sur les épaules. Avers : tête diadémée de Pietas. 108–107 av. J.-C. → Voir la fiche RRC 511/2 Denier Sextus Pompée · Sextus Pompeius Magnus Frappé en Sicile vers 42 av. J.-C. Revers

Pénates

Pénates · Dieux gardiens du foyer romain · DEI PENATES · Iconographie numéralement · LesDioscures Pénates Dieux gardiens du foyer · Penates · Penus · Pénates publics · Lavinium & Troie · Iconographie numéralement NatureDieux domestiques · divinités du foyer Étymologiepenus · le garde-manger CultePrivé (familial) & public (Dei Penates Publici) Origine légendaireTroie · Énée · Lavinium · Rome MonnaiesRRC 455/2 · RRC 312/1 · RRC 307/1 Les Pénates — Di Penates, les dieux du garde-manger — sont parmi les divinités les plus anciennes et les plus intimement romaines. Leur nom dérive du latin penus : la réserve de nourriture, l’endroit le plus reculé et le mieux protégé de la demeure, là où sont stockées les provisions qui assurent la survie de la famille. Les Pénates sont les gardiens de cette prospérité quotidienne, de la cohésion familiale, de la continuité de la lignée. Contrairement aux Lares (liés au lieu physique), les Pénates suivent la famille : si elle déménage, elle emporte ses Pénates. Divinités profondément enracinées dans la religion archaïque romaine, les Pénates connurent une transformation capitale à partir du IIIe siècle av. J.-C. : du culte privé, ils passèrent au culte public sous la forme des Di Penates Publici, gardiens de l’État romain tout entier. La légende d’Énée — qui emporta les Pénates de Troie en flammes pour les déposer à Lavinium, première étape de la fondation de Rome — donna à ces divinités domestiques une dimension épique et nationale. Sur les monnaies républicaines, leurs bustes accolés sont l’un des types iconographiques les plus chargés de sens : DEI PENATES ou D.P.P., les dieux de Rome gravés dans l’argent. « Il lui enjoignit de porter ses dieux Pénates et ses Lares, et d’en faire son voyage jusqu’au pays d’Italie, auquel les destins d’un grand empire étaient réservés. » — Virgile, Énéide, II, 293–295 — Hector apparaissant en songe à Énée pour lui ordonner d’emporter les Pénates de Troie ✦ Représentations remarquables R1 Fresque du lararium de la Casa dei Vettii — Pompéi Ier s. ap. J.-C. · Fresque · Casa dei Vettii (VI, 15, 1), Pompéi Fresque du lararium · Casa dei Vettii · Pompéi · Ier s. ap. J.-C. · Genius flanqué de deux Lares · CC BY-SA Cette fresque, l’une des plus belles représentations du culte domestique romain, provient du lararium de la Casa dei Vettii à Pompéi — la maison de deux riches affranchis, Aulus Vettius Restitutus et Aulus Vettius Conviva. Elle montre au centre le Genius du paterfamilias, revêtu d’une toge avec le chef voilé, tenant une patère et une corne d’abondance, flanqué de deux Lares en tenue de danseur. En bas, le serpent domestique — agathodaimon — rampe vers une offrande sur l’autel. Le lararium était la niche sacrée au cœur de chaque maison romaine où étaient honorés les Lares, les Pénates et le Genius familial. Les Pénates, bien que distincts des Lares dans la théologie romaine, étaient souvent vénérés au même endroit et représentés par des statuettes placées dans cette niche. Cette fresque illustre parfaitement l’univers religieux domestique dans lequel les Pénates occupaient une place centrale : la piété quotidienne, les offrandes familières (encens, vin, nourriture), la continuité du foyer sous la protection des dieux. R2 Statuette de Pénate — Musée de Sainte-Ménehould Époque romaine · Bronze · Musée de Sainte-Ménehould Statuette de Pénate · Bronze · Époque romaine · Musée de Sainte-Ménehould · CC BY-SA Cette statuette de Pénate en bronze illustre la réalité matérielle du culte domestique romain : les Pénates étaient représentés par de petites figurines (statuettes en bronze, en terre cuite ou en argile) conservées dans le lararium de la maison. Leur forme pouvait varier considérablement selon la dévotion du propriétaire — les Pénates pouvaient emprunter l’apparence de Jupiter, de Vesta, ou des Dioscures (Castor et Pollux), avec lesquels ils étaient fréquemment assimilés dans la tradition iconographique républicaine. La découverte de statuettes de ce type dans toutes les provinces de l’Empire témoigne de la diffusion extraordinaire du culte des Pénates avec la romanisation. En Gaule, en Hispanie, en Bretagne, partout où les légions romaines ou les marchands s’installaient, ils emportaient leurs Pénates — exactement comme Énée avait transporté les siens de Troie. Ce n’est pas un hasard si l’expression regagner ses pénates (rentrer chez soi) est passée dans la langue française moderne : les Pénates sont l’une des rares divinités antiques à avoir survécu dans le langage courant. ✦ Nature, culte & origine troyenne 01 Les Pénates — Du garde-manger familial aux dieux de l’État romain Religion romaine archaïque · Di Penates privés & publics · Temple de la Vélia 🏠 Gardiens du foyer Les Pénates protègent les provisions (penus), la cohésion familiale et la prospérité de la maison. Ils suivent la famille : contrairement aux Lares (liés au lieu), les Pénates déménagent avec elle. 🔥 Culte au lararium Vénérés dans la niche sacrée de la maison (lararium), au cœur du penetrale (l’appartement le plus intérieur). Offrandes quotidiennes : encens, vin, nourriture, guirlandes de coquelicots et d’ail. 🌟 Assimilation aux Dioscures Les Pénates publics furent assimilés à Castor et Pollux — leurs représentations iconographiques (deux jeunes hommes debout, tenant une lance) se confondent. Sur les monnaies : D.P.P. (Dei Penates Publici). ⛵ Pénates d’Énée & Troie Selon Virgile et la tradition romaine, Énée emporta les Pénates troyens lors de la chute de Troie et les déposa à Lavinium. Ces Pénates troyens devinrent les Pénates du peuple romain, conservés dans le temple de Vesta. 🏛️ Temple de la Vélia Sur la Vélia, colline entre le Palatin et l’Esquilin, un temple abritait les Pénates publics — deux statues de jeunes gens assis tenant une lance. Auguste restaura le sanctuaire, attesté sur le monument d’Ancyre. La singularité théologique des Pénates est leur plasticité iconographique : à la différence de la plupart des dieux romains, les Pénates n’ont pas de forme fixe. Cicéron et Servius rappellent que chaque Romain pouvait choisir ses propres Pénates personnels parmi les divinités majeures — Jupiter, Vesta, les Jumeaux divins, ou même ses propres ancêtres. Cette liberté reflète leur

Vulcain

Vulcain · Dieu du Feu et de la Forge · Iconographie numismatique · LesDioscures Vulcain Dieu du Feu et de la Forge · Vulcanus · Iconographie numismatique · République romaine Nature Divinité olympienne Équivalent grec Héphaïstos Attributs Marteau · Tenailles · Enclume Domaine Feu · Forge · Volcans Fête Volcanalia · 23 août Vulcain · Dieu du Feu et de la Forge · Iconographie numismatique romaine Vulcain (Vulcanus en latin) est le dieu romain du feu, des volcans, de la forge et le patron des forgerons. Équivalent du dieu grec Héphaïstos, il incarne à la fois le feu bienfaisant, source des industries humaines, et le feu destructeur qu’il peut maîtriser ou déchaîner — surnommé mitis (le doux) ou quietus (le tranquille) pour sa capacité à éteindre les incendies. Fils de Jupiter et de Junon, il est souvent décrit comme difforme et boiteux, rejeté à la naissance par sa mère ou précipité de l’Olympe par Jupiter, tombant sur l’île de Lemnos ou dans la mer, où il est recueilli par les nymphes Thétis et Eurynomé. Sa forge est située sous l’Etna ou dans les îles Éoliennes — notamment Vulcano, dont il a donné le nom au terme « volcan » —, où il fabrique armes, bijoux et foudres pour Jupiter, aidé des Cyclopes. Dans la numismatique républicaine, Vulcain est reconnaissable à ses attributs artisanaux : le marteau (malleus), les tenailles (forceps), l’enclume, et son costume d’ouvrier — l’exomide (tunique courte laissant l’épaule droite nue) et le pileus (bonnet conique). Figure complexe, à la fois créateur et destructeur, Vulcain est vénéré pour sa maîtrise du feu et craint pour sa puissance souterraine. « Là, sous l’Etna, les Cyclopes forgent dans leur antre une foudre pour le père des dieux — masse terrible dont ils ont déjà poli trois rayons de grêle aiguë, trois de nuée pluvieuse, trois de feu rouge et de vent ailé du sud. » — Virgile, Énéide, VIII, 424–427 — La forge de Vulcain sous l’Etna ✦ Représentations remarquables R1 Statuette de Vulcanus — Musée des Beaux-Arts de Lyon Ier siècle apr. J.-C. Statuette de Vulcanus · Bronze romain · Ier siècle apr. J.-C. · Musée des Beaux-Arts de Lyon, inv. A1981 · Domaine public Cette statuette en bronze illustre parfaitement l’iconographie canonique de Vulcain dans la plastique romaine : le dieu est représenté debout, vêtu de l’exomide, l’épaule droite nue, coiffé du pileus conique caractéristique des artisans et des travailleurs libres. La posture ramassée et la musculature prononcée traduisent l’effort du forgeron, tandis que la légère inflexion du corps rappelle la claudication légendaire du dieu. Ce type statuaire, répandu dans tout l’Empire du Ier au IIIe siècle, était probablement destiné à orner un laraire domestique ou un atelier artisanal. Il témoigne de la popularité du culte de Vulcain auprès des artisans et des travailleurs du métal, qui voyaient en lui leur protecteur naturel. R2 Denier Serratus Aurelia — Lucius Aurelius Cotta · RRC 314/1 105 av. J.-C. Denier Serratus Aurelia · Lucius Aurelius Cotta · RRC 314/1 · 105 av. J.-C. · Argent · Voir la fiche → Ce denier serratus frappé par Lucius Aurelius Cotta est l’une des rares émissions républicaines à représenter explicitement Vulcain. La dentelure du flan (serrata), caractéristique de certaines émissions de la fin du IIe siècle, donne son nom à la série. L’iconographie du revers met en scène le dieu forgeron dans son élément naturel, marteau en main, incarnant la puissance créatrice du feu au service de Rome. Le choix de Vulcain par la gens Aurelia n’est pas anodin : il s’inscrit dans une stratégie de légitimation familiale par la référence aux forces élémentaires de la nature et à la toute-puissance artisanale divine, dans une période de forte tension sociale précédant la guerre sociale. ✦ Attributs iconographiques 01 Les emblèmes de Vulcain Monnaies · Sculptures · Reliefs Vulcain possède un répertoire d’attributs immédiatement lisible, hérité d’Héphaïstos mais adapté aux représentations du monde du travail romain. Ces symboles le distinguent nettement des autres divinités olympiennes et soulignent son caractère unique parmi les dieux — celui qui travaille de ses mains. 🔨 Marteau Malleus — outil principal du forgeron, symbole de la puissance créatrice et de la maîtrise du métal en fusion. 🔧 Tenailles Forceps — pour saisir le métal incandescent. Attribut quasi systématique dans la statuaire et les monnaies. ⚙️ Enclume Surface sur laquelle le métal est battu. Représentée sur certains reliefs aux côtés de Vulcain en plein labeur. 👕 Exomide Tunique courte d’ouvrier laissant l’épaule droite nue, insigne du travail manuel, qui distingue Vulcain de tous les autres dieux. 🎩 Pileus Bonnet conique des artisans et des affranchis. Emblème de son statut d’artisan divin, humble et puissant à la fois. 🌋 Volcan / Forge L’Etna ou les îles Éoliennes servent de forge cosmique. Vulcano lui doit son nom — et par extension, tous les volcans du monde. Sur les deniers républicains, Vulcain apparaît rarement en portrait — son iconographie s’exprime davantage par ses outils et ses œuvres : boucliers, armes, foudres. Sa présence numismatique, plus discrète que celle de Jupiter ou de Roma, n’en est que plus significative lorsqu’elle est convoquée. ✦ Mythes, culte et fêtes 02 Les grands mythes de Vulcain Tradition grecque et romaine Naissance et rejet : Né laid et difforme, Junon le précipite de l’Olympe par honte. Recueilli par Thétis et Eurynomé, il apprend la forge dans une grotte sous-marine et crée des bijoux d’une beauté prodigieuse. Une autre version attribue sa chute à Jupiter, furieux de son soutien à Junon lors d’une querelle divine — ce qui lui vaut sa claudication permanente. Vengeance contre Junon : Pour punir sa mère, Vulcain lui offre un trône d’or piégé qui l’immobilise. Il ne la libère qu’en échange de la main de Vénus, la déesse de la beauté — mariage paradoxal entre le dieu le plus laid et la déesse la plus belle de l’Olympe. Le piège contre Mars et Vénus : Trompé par Vénus avec Mars, Vulcain forge un filet métallique invisible et les capture en flagrant délit, exposant

Caius Marius

Caius Marius · Iconographie numismatique · LesDioscures Caius Marius Septuple consul · Sauveur de Rome · Réformateur militaire · Iconographie numismatique · République romaine NaturePersonnage historique GensMaria AttributsCérès · Colon · Aigle légionnaire Période157 – 86 av. J.-C. MonnaiesRRC 326 · 378 Caius Marius — né vers 157 av. J.-C. à Cereatae, près d’Arpinum — est l’une des figures les plus puissantes et les plus controversées de la République romaine tardive. Issu d’une famille plébéienne sans antécédent sénatorial, cet homo novus — « homme nouveau » — s’élève par le seul mérite de ses armes jusqu’aux plus hautes fonctions de la cité. Il sera consul à sept reprises, un record absolu dans l’histoire romaine, et transformera en profondeur l’armée de Rome en l’ouvrant aux prolétaires sans propriété. Dans la numismatique républicaine, Marius n’apparaît pas en tant que portrait de son vivant — la tradition républicaine interdit les effigies de vivants sur les monnaies. C’est sa gens Maria, à travers les frappes de C. Marius C.f. Capito, qui perpétue son nom sur le métal. Ces deniers serrati frappés en 81 av. J.-C., sous la dictature de Sylla, constituent l’unique monnayage républicain lié directement à la famille du grand Marius — un témoignage numismatique poignant d’une lignée vaincue mais jamais oubliée. Portrait dit de Caius Marius · Marbre · Copie augustéenne d’un original du IIe s. av. J.-C. · Glyptothèque de Munich, inv. 319 · Wikimedia Commons · Domaine public « Il mérita le surnom de troisième fondateur de Rome, après Romulus et Camille. » — Plutarque, Vie de Marius, XXVII — en référence à la victoire sur les Cimbres et les Teutons ✦ Origines et ascension 01 L’homo novus d’Arpinum — naissance d’un destin vers 157 – 107 av. J.-C. Caius Marius naît vers 157 av. J.-C. dans une famille plébéienne de Cereatae, bourgade des monts Herniques proche d’Arpinum — la même ville natale que Cicéron, avec qui il partage la condition d’homo novus. Ses parents, selon Plutarque, sont des gens modestes vivant du travail de leurs mains. Aucun ancêtre de la famille Maria n’a exercé de magistrature sénatoriale, ce qui fait de la montée en puissance de Caius l’une des ascensions sociales les plus spectaculaires de toute la République. Marius forge sa réputation dans l’armée. Il s’illustre dès 133 av. J.-C. au siège de Numance sous les ordres de Scipion Émilien, qui remarque son courage. Élu tribun de la plèbe en 119, il manifeste d’emblée son indépendance en s’opposant aux deux consuls en exercice. Il grimpe ensuite les échelons — questure, édilité, préture, gouvernement de l’Hispania Ulterior — avant de forger son destin en Afrique aux côtés de Quintus Caecilius Metellus dans la guerre contre Jugurtha. C’est là, après avoir obtenu un congé arraché à son supérieur malgré les résistances, qu’il se fait élire consul en 107 av. J.-C. — son premier, et le début d’un règne sans équivalent. ✦ La réforme marianique 02 Révolution dans les légions — l’armée ouverte aux prolétaires 107 av. J.-C. La transformation la plus durable opérée par Marius est militaire. Face aux difficultés de recrutement pour la guerre de Jugurtha, il prend une décision révolutionnaire : ouvrir l’enrôlement aux capite censi, les citoyens sans propriété classés au simple titre du nombre de leurs têtes. Cette rupture avec la tradition de l’armée-milice de citoyens propriétaires transforme durablement Rome. La réforme marianique instaure une armée professionnelle et loyale à son général plutôt qu’aux institutions : uniformisation de l’équipement, normalisation de l’entraînement, adoption du système de cohortes en remplacement des manipules, et surtout création d’un lien personnel entre le soldat et son chef — qui lui promet terres et butin à l’issue du service. C’est ce lien qui rendra possibles les guerres civiles à venir : les légions de Marius, puis celles de Sylla, de Pompée et de César, seront d’abord loyales à leur général, et ensuite seulement à Rome. L’aigle d’argent — aquila — est adopté comme enseigne unique de chaque légion sous Marius, symbole de cohésion et d’honneur collectif. Sa perte au combat constitue désormais la honte suprême pour toute légion. ✦ Guerres victorieuses 03 Jugurtha, les Cimbres, les Teutons — le sauveur de Rome 107 – 101 av. J.-C. En 105 av. J.-C., sous le commandement de Marius, son lieutenant Sylla supervise la capture de Jugurtha, roi de Numidie livré par son beau-père Bocchus. Le 1er janvier 104, Jugurtha marche chargé de fers devant le char triomphal de Marius avant d’être étranglé au Tullianum. La guerre de Numidie est close — mais une menace bien plus grave s’est déjà profilée au nord. Les Cimbres et les Teutons, peuples germaniques en migration massive, ont infligé aux armées romaines une série de défaites catastrophiques, culminant avec le désastre d’Arausio (Orange) en 105, où deux armées consulaires sont anéanties. La panique s’empare de Rome, qui réélit Marius consul en son absence — fait exceptionnel. Concentrant ses forces, il bat séparément les Teutons à Aquae Sextiae (Aix-en-Provence, 102 av. J.-C.) et les Cimbres à Vercellae (101 av. J.-C.), conjointement avec le consul Catulus. Rome est sauvée d’une invasion barbare comparable à celle des Gaulois en 390. Ces victoires valent à Marius le titre populaire de « troisième fondateur de Rome », après Romulus et Camille. Il est alors au sommet de sa gloire, ayant exercé le consulat cinq fois consécutives de 104 à 100 — record absolu dans l’histoire de la République. ✦ Attributs iconographiques 04 Les emblèmes du monnayage de la gens Maria Monnaies · Deniers serrati · 81 av. J.-C. Le monnayage lié à Marius ne porte pas son portrait — la tradition républicaine interdit les effigies de vivants, et Marius meurt en 86 av. J.-C. sans avoir fait frapper son image. C’est son fils adoptif, C. Marius C.f. Capito, magistrat monétaire en 81 av. J.-C., qui frappe sous son nom en choisissant des types lourds de sens politique dans le contexte de la dictature syllanienne : 🌾CérèsDéesse de l’agriculture et de l’annone — sa présence à l’avers rappelle l’importance des distributions frumentaires et les

Fontaine de Juturne

La fontaine de Juturne (en latin : lacus Iuturnae) est une fontaine de Rome construite sur une source ou un puits sur le Forum Romain. La fontaine est associée à un autel dédié à la nymphe Juturne. Le nom de Lacus Iuturnae se rapporte aussi bien à la source qu’à l’autel qui se dresse tout près. La fontaine se tient dans le coin sud du Forum Romain, au pied du Palatin, entre le temple de Castor et celui de Vesta. Avant la construction du premier aqueduc, la source de Juturne est une des plus anciennes et importantes de Rome. Il est dit que l’eau de la fontaine possède des propriétés curatives. Les plus vieux et les infirmes viennent déposer des offrandes près de la fontaine pour s’assurer la bénédiction de Juturne pour la guérison de leur maladie. Selon la légende, l’autel marque le lieu où, en 495 av. J.-C., les jumeaux Castor et Pollux ont fait une halte afin de laisser leurs chevaux s’abreuver alors qu’il passe par Rome pour annoncer la victoire romaine à la bataille du lac Régille. Un temple qui leur est dédié, le temple de Castor et Pollux, est construit tout près. Toujours selon la légende, la divinité elle-même serait apparue au-dessus de la source après la victoire des Romains à Pydna en 168 av. J.-C. « BronJutarna » par Original uploader was Michiel1972 at nl.wikipedia — Transferred from nl.wikipedia. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons.