1454AN – Denier Antia – Caius Antius Restio – RRC 455/2

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1383AE – Denier Lépide – Marcus Æmilius Lepidus – RRC 419/1d

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1382AE – Denier Lépide – Marcus Æmilius Lepidus – RRC 419/1c

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1381AE – Denier Lépide – Marcus Æmilius Lepidus – RRC 419/1b

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Nerio

Nerio · Parèdre de Mars · Force vitale sabine · Iconographie numismatique · LesDioscures Nerio Parèdre de Mars · Force vitale guerrière · *Ner- — vigueur · Divinité sabine archaïque · Iconographie numismatique Origine Sabine · italique archaïque Étymologie *ner- · force · vigueur Rôle Parèdre / épouse de Mars · Force guerrière Source principale Aulu-Gelle · Nuits attiques XIII, 23 Monnaie RRC 232/1 · Denier Gellia Nerio est l’une des divinités les plus énigmatiques et les moins documentées du panthéon romain — et pourtant l’une des plus révélatrices sur la strate la plus ancienne de la religion italique. Son nom, dérivé de la racine indo-européenne *ner- (force, vigueur, virilité), traduit son essence même : elle est la force vitale qui anime le guerrier, l’énergie brute qui permet au soldat d’agir. Divinité d’origine sabine, elle fut intégrée très tôt dans le culte de Mars comme sa parèdre — compagne divine et complément féminin du dieu de la guerre. Là où Mars incarne la fonction guerrière dans son organisation institutionnelle — les campagnes militaires, les légions, les triomphes — Nerio en est l’aspect intérieur et vital : la virtus avant qu’elle ne devienne un concept abstrait, le courage incarné dans le corps du guerrier, la vaillance comme force physique et morale. Sa présence aux côtés de Mars dans le denier Gellia (RRC 232/1, 138 av. J.-C.) — l’une des rares monnaies à la nommer explicitement par l’imagerie — en fait une pièce d’une valeur documentaire exceptionnelle pour l’histoire des religions romaines. « On invoque Mars et Nerio ensemble dans la formule archaïque, car il n’est pas de courage guerrier sans la force vitale qui l’anime — et cette force, c’est Nerio. » — D’après Aulu-Gelle, Nuits attiques, XIII, 23 — sur l’invocation conjointe de Mars et Nerio dans les rituels sabins ✦ Représentations remarquables R1 Mars de Todi — Bronze étrusco-ombrien, fin Ve s. av. J.-C. ~400–390 av. J.-C. · Bronze · Musée Grégorien Étrusque, Musées du Vatican (inv. 13886) Mars de Todi · Bronze étrusco-ombrien · ~400 av. J.-C. · Musée Grégorien Étrusque, Vatican · CC BY-SA Cette statue de bronze grandeur nature — découverte en 1835 à Todi (antique Tuder), enterrée entre des dalles de travertin peut-être après avoir été frappée par la foudre — est l’une des œuvres les plus précieuses de toute la sculpture italique. Elle représente un guerrier en cuirasse faisant une libation, dans un style influencé par Phidias et Polyclète. La dédicace en langue ombrienne gravée sur la cuirasse — Ahal Trutitis dunum dede (Ahal Trutitis a donné ceci en offrande) — rattache l’œuvre à l’univers ombrien, précisément le territoire où le culte de Mars et de Nerio était le plus vivant. Cette statue est le témoin direct du monde religieux dans lequel Nerio évoluait. La région de Todi (Ombrie) est géographiquement et culturellement sabine — le terreau même où Nerio fut vénérée avant son intégration à Rome. Le guerrier de Todi incarne cette force vitale archaïque que Nerio personnifiait : non un dieu lointain et institutionnel, mais une énergie intime, physique, sacrée — celle qui fait tenir le soldat debout sous les coups. R2 Arès Borghèse — Copie romaine d’un original grec du Ve s. av. J.-C. Ier–IIe s. ap. J.-C. · Marbre · Musée du Louvre, Paris (Ma 866) Arès Borghèse · Copie romaine d’un original du Ve s. av. J.-C. · Musée du Louvre (Ma 866) · CC BY-SA L’Arès Borghèse est une copie romaine du Ier–IIe siècle ap. J.-C. d’un original grec en bronze attribué à Alcamène, élève de Phidias, datant du dernier quart du Ve siècle av. J.-C. Il représente le dieu de la guerre quasi-nu, casqué, dans une posture qui allie puissance musculaire et grâce idéalisée — le canon de l’époque classique transposé à la divinité guerrière. Acquis par Napoléon en 1807 dans la collection Borghèse, il est aujourd’hui au Louvre. Cette statue illustre parfaitement le dieu que Nerio accompagnait. Le couple Mars-Nerio répondait à un besoin théologique précis : Mars seul, dans sa monumentalité institutionnelle, ne suffisait pas à capturer la totalité de l’expérience guerrière. Il lui fallait une parèdre qui en soit l’intériorité — la force viscérale, le courage comme élan vital. À l’époque augustéenne, cette relation fut progressivement supplantée par le couple Mars-Vénus (guerre et amour, force et beauté), mais la tradition sabine de l’invocation conjointe Mars-Nerio survécut dans des formules cultuelles archaïques jusqu’à la fin de la République. ✦ Nature, culte & sources 01 Nerio — La force qui donne à Mars son efficacité guerrière Religion sabine archaïque · Rituels martiaux · Tubilustrium · Quinquatrus ⚔️ Parèdre de Mars Compagne divine et complément féminin de Mars. Elle n’est pas la guerre comme institution mais la force vitale qui la rend possible — la vigueur du corps et de l’âme du guerrier. 🌿 Racine *ner- Terme indo-européen signifiant force, vigueur, virilité. On retrouve la même racine dans le grec aner (homme) et dans le sanscrit nara. Nerio personnifie donc la force virile à l’état pur. 🥁 Rituel des Saliens Les Saliens, prêtres dansants de Mars, exécutaient leurs processions en armure lors des fêtes du mois de mars. Nerio était honorée dans ce contexte comme réceptacle de la gloire guerrière. 🏆 Spolia opima Les dépouilles des chefs ennemis tués en combat singulier par un général romain étaient parfois offertes à Nerio — elle recevait la gloire la plus haute, celle conquise corps à corps. Le passage fondamental sur Nerio se trouve chez Aulu-Gelle (Nuits attiques, XIII, 23), qui cite une formule rituelle archaïque invoquant conjointement « Mars et Nerio » — confirmant leur lien cultuel indissociable. Plaute (Truculentus) mentionne Nerio dans un contexte martial, preuve qu’elle était connue dans la culture populaire romaine. Son culte, ancré dans la religion sabine et les traditions pré-républicaines, s’estompa progressivement avec l’hellénisation du panthéon romain et l’assimilation de Mars à Arès — processus qui imposait une parèdre grecque (Aphrodite/Vénus) plutôt qu’une divinité italique archaïque. 02 Nerio dans la pensée de Dumézil — La troisième fonction et la guerre Analyse indo-européenne
Quintus Fabius Pictor

Quintus Fabius Pictor · Iconographie numismatique · LesDioscures Quintus Fabius Pictor Historien · Préteur · Flamine Quirinal · Iconographie numismatique · République romaine Nature Personnage historique Dates v. 254 – v. 201 av. J.-C. Fonctions Préteur · Flamen Quirinalis Gens Fabia (patricienne) Monnaie RRC 268/1 · 1039FA Quintus Fabius Pictor (vers 254 – vers 201 av. J.-C.) est l’un des personnages les plus singuliers de la Rome républicaine : sénateur, officier, préteur, prêtre — et premier historien de Rome. Membre de la puissante gens Fabia, branche patricienne des Fabii Pictores, il tire son cognomen Pictor (le peintre) de son ancêtre Gaius Fabius Pictor qui décora le temple de Salus sur le Quirinal en 304 av. J.-C. — geste fondateur qui valut à cette branche un surnom mêlant gloire artistique et légère connotation dévalorisante dans une famille dont la vocation était avant tout militaire et politique. Fabius combat à Trasimène en 217 av. J.-C. et, après la catastrophe de Cannes (216 av. J.-C.), est envoyé comme ambassadeur consulter l’oracle d’Apollon à Delphes — mission diplomatique rare qui témoigne du prestige de son nom. Sa postérité littéraire est considérable : il rédige en grec des Annales qui couvrent l’histoire de Rome des origines jusqu’à son époque, inaugurant ainsi une tradition historiographique nationale. Tite-Live le qualifiera de scriptorum antiquissimus — « le plus ancien des historiens ». Dans la numismatique républicaine, Quintus Fabius Pictor n’apparaît pas comme divinité mais comme personnage historique évoqué sur le revers du denier 1039FA (RRC 268/1), frappé en 126 av. J.-C. par son descendant Numerius Fabius Pictor : une représentation exceptionnelle qui cristallise en un seul type l’impossible cumul de ses deux charges, militaire et sacerdotale. « Quintus Fabius Pictor, qui alors était préteur, fut envoyé à Delphes pour y consulter l’oracle. Il arriva au sanctuaire, se couronna de laurier et fit des libations à tous les dieux. » — Tite-Live, Ab Urbe Condita, XXIII, 11 ✦ Représentations remarquables R1 Denier 1039FA — Quintus Fabius Pictor, Flamine-Préteur · British Museum 126 av. J.-C. RRC 268/1b · Numerius Fabius Pictor · 126 av. J.-C. · Argent · British Museum · 3,93 g Le revers de ce denier frappe par son iconographie unique dans toute la numismatique républicaine : on y voit Quintus Fabius Pictor représenté assis à gauche, simultanément casqué et cuirassé (attributs du préteur) et tenant l’apex de la main droite (insigne du Flamine Quirinal). Sur le bouclier ovale derrière lui, l’inscription QVIRIN identifie sans ambiguïté le personnage et sa charge sacerdotale. Cette coexistence visuelle des deux fonctions — le soldat et le prêtre — n’est pas un choix esthétique mais un document historique : elle évoque l’incident célèbre de 189 av. J.-C. où Quintus Fabius Pictor, nommé préteur pour la Sardaigne, se vit interdire par le Grand Pontife P. Licinius de quitter Rome pour rejoindre sa province, en raison de ses obligations de Flamine Quirinal. Une situation canonique du conflit entre ius militiae et ius sacrum. R2 Denier 1039FA — Variante sans marque de contrôle · British Museum 126 av. J.-C. RRC 268/1a · Variante sans lettre de contrôle · British Museum · 3,83 g · Domaine public La variante RRC 268/1a est dépourvue de lettre de contrôle, contrairement au type principal (268/1b) qui inaugure précisément le premier système de contrôle systématique de la numismatique républicaine — une innovation majeure de Numerius Fabius Pictor documentée par Crawford. Le type iconographique est identique : tête casquée de Roma à l’avers, Quintus Fabius Pictor flamine-préteur au revers. La comparaison entre les deux variantes illustre la transition entre une frappe pré-systématique et l’introduction d’un contrôle rigoureux de la production monétaire — chaque combinaison de lettres identifiant un coin ou une équipe d’ouvriers de l’atelier de Rome. ✦ Attributs iconographiques 01 Les emblèmes du Flamine-Préteur Numismatique · Sacerdoce · Magistrature Le type iconographique du denier 1039FA est d’une richesse symbolique exceptionnelle : en un seul personnage, le graveur condense deux sphères normalement incompatibles — la puissance militaire de la magistrature prétorienne et la sainteté inviolable du sacerdoce flaminien. Chaque attribut renvoie à un conflit institutionnel précis dont la mémoire était encore vive un demi-siècle après les faits. ⛑️ Le casque Attribut du préteur, commandant militaire. Le casque sur la tête du Flamine est iconographiquement paradoxal — les flamines ne pouvaient en principe pas porter les armes. 🏛️ L’Apex Bonnet conique de cuir blanc surmonté d’une pointe (apex), coiffe distinctive des flamines. Tenu à la main droite, il identifie Fabius comme Flamen Quirinalis. 🛡️ Le Bouclier QVIRIN Bouclier ovale portant l’inscription QVIRIN — abréviation de Quirinus, le dieu-héros divinisé dont Fabius était le prêtre attitré. Rarissime dans la numismatique. ⚔️ La Lance Attribut militaire du préteur, tenu à la main gauche. En opposition dialectique avec l’apex tenu à droite, la lance rappelle la charge prétorienne que Fabius ne put exercer. 🪑 La posture assise Dignité de la posture assise : Quintus Fabius Pictor est représenté en magistrat siégeant — ni en marche guerrière ni en prière — dans un entre-deux qui incarne sa situation insoluble. 🔤 Marques de contrôle Première série républicaine à utiliser un système de lettres combinées (avers + revers) pour contrôler la frappe. Numerius Fabius Pictor est l’initiateur de cette innovation. ✦ Le denier de Numerius Fabius Pictor ⚡ Un type unique dans toute la numismatique républicaine Le denier RRC 268/1 est remarquable à double titre. D’abord, il constitue l’une des très rares représentations d’un ancêtre nommément identifié au revers d’une monnaie républicaine — la légende N. FABI PICTOR à l’avers désigne le monétaire, tandis que le personnage du revers n’est pas lui mais son ancêtre Quintus. Ensuite, le type iconographique lui-même — le cumul impossible des attributs militaires et sacerdotaux — est sans équivalent dans toute la série républicaine. Crawford (RRC) a estimé l’émission à environ 75 coins de droit, suggérant une production significative. Ce denier appartient à une série plus large comprenant aussi les deniers de Caius Cassius (RRC 266) et de Titus Quinctius Flamininus (RRC 267), toutes trois frappées vers 126 av. J.-C. à Rome.
Janus

Janus · Iconographie numismatique · LesDioscures Janus Dieu des seuils & des commencements · Ianus Bifrons · Iconographie numismatique · République romaine Nature Divinité romaine · Sans équivalent grec Attributs Deux visages · Clé · Bâton Domaine Seuils · Transitions · Temps Temple Ianus Geminus · Forum Monnaie RRC 281/1 Janus est l’une des divinités les plus originales du panthéon romain — et l’une des rares sans équivalent grec. Son nom dérive probablement du latin ianua (porte) ou ire (aller), soulignant son rôle de gardien de tous les passages : portes, arches, ponts, mais aussi commencements d’années, de guerres, de mariages et de saisons. Représenté avec deux visages barbus regardant simultanément le passé et l’avenir, il incarne le moment liminal — cet instant suspendu où l’on franchit un seuil entre ce qui fut et ce qui sera. Sa place dans la religion romaine était exceptionnelle : Janus était invoqué en premier, avant même Jupiter, car il ouvrait la voie aux autres divinités lors de tout sacrifice. Le mois de janvier (Ianuarius) lui est dédié. Sur les monnaies républicaines, sa tête bifrons ornait traditionnellement les as de bronze — ce qui rend son apparition sur le denier en argent de M. Furius Philus (RRC 281/1) d’autant plus remarquable. « Janus, gardien des voies, ouvre les portes de l’Olympe aux dieux et à leurs actes, premier et dernier de tous les dieux. » — Ovide, Fastes, I, 117–120 ✦ Représentations remarquables R1 Janus Bifrons — Buste romain, Musées du Vatican Art romain · Musées du Vatican, Rome Janus Bifrons · Buste romain · Musées du Vatican, Rome · Domaine public Ce buste conservé aux Musées du Vatican constitue l’une des représentations sculpturales les plus célèbres de Janus. La composition est saisissante : deux visages barbus, dos à dos, formant une tête unique qui regarde simultanément dans deux directions opposées. Ce n’est pas un artifice décoratif — c’est la traduction plastique exacte de la nature du dieu : le seul être qui voit à la fois où il va et d’où il vient. L’iconographie bifrons de Janus est attestée depuis la plus haute Antiquité romaine et ne change pratiquement pas au fil des siècles, ce qui témoigne de la cohérence et de la force du concept qu’elle exprime. Sur les monnaies républicaines — et en particulier sur les as de bronze — la tête bifrons de Janus est l’un des types les plus anciens et les plus constants du monnayage romain, présent depuis les premières émissions du IIIe siècle av. J.-C. R2 L’Arco di Giano — Le seuil de pierre dans Rome moderne IVe siècle ap. J.-C. · Forum Boarium, Rome Arco di Giano (Arc de Janus) · Forum Boarium, Rome · IVe siècle ap. J.-C. · CC BY-SA 3.0 L’Arco di Giano, situé au Forum Boarium (l’ancien marché aux bœufs de Rome), est la plus grande arche romaine quadrifrontale — à quatre faces — encore debout. Malgré son nom traditionnel, il ne fut probablement pas dédié à Janus au sens cultuel ; son appellation reflète plutôt la nature de la structure elle-même : un ianus, c’est-à-dire un passage voûté à entrées multiples, terme que les Romains appliquaient à toute arche ou portique permettant le transit. Ce monument illustre parfaitement comment le nom de Janus est indissociable de l’architecture du passage dans la culture romaine. Le mot latin ianua (porte) et ianus (arche de passage) sont les deux faces — elles-mêmes bifrontes — d’un même concept : le seuil comme lieu sacré. Là où le buste du Vatican représente le dieu comme une abstraction théologique, l’Arco di Giano incarne la divinité dans la pierre même de la ville, transformant chaque passage en acte de dévotion inconsciente envers le maître des transitions. ✦ Attributs & symbolisme 01 Les emblèmes de Janus — La dualité comme essence Religion romaine · République & Empire 🚪 Les Deux Visages Passé et avenir, entrée et sortie, guerre et paix. La dualité n’est pas une contradiction mais la nature même du seuil — qui a toujours deux côtés. 🗝️ La Clé Symbole de l’ouverture et de la fermeture des passages. Janus tient la clé du ciel et de l’année, ouvrant et fermant les cycles du temps. 🏛️ Le Bâton Attribut de l’autorité sur les passages et les chemins. Janus garde les voies comme un berger garde son troupeau. 📅 Janvier Le mois de Janus — Ianuarius — porte son nom. Premier mois de l’année, il est le seuil par excellence du cycle annuel. La particularité de Janus dans le rituel romain est qu’il était invoqué en premier dans toute prière ou sacrifice, avant même Jupiter, car il « ouvrait la voie » aux autres dieux. Cette primauté rituelle reflète sa nature de divinité des commencements : rien ne peut commencer sans franchir un seuil, et tout seuil appartient à Janus. 02 Le Ianus Geminus — Les portes de la guerre et de la paix Forum Romain · République & Empire Le Ianus Geminus — Janus Double — était une petite structure rectangulaire au Forum Romain avec deux portes opposées. Sa symbolique était d’une puissance exceptionnelle : les portes restaient ouvertes en temps de guerre, permettant le passage des armées, et étaient fermées en temps de paix. La fermeture était un événement si rare qu’elle constituait une annonce politique majeure. Selon la tradition, les portes ne furent fermées que trois fois entre la fondation de Rome et le règne d’Auguste : sous Numa Pompilius, après la première guerre punique, et sous Auguste lui-même — ce dernier les fermant à plusieurs reprises pour célébrer la Pax Romana. Cette propagande de la paix augustéenne s’appuyait directement sur le symbolisme janusien : fermer les portes de Janus, c’était déclarer que Rome n’était plus en guerre avec le monde entier. ✦ Représentation numismatique ⭐ Janus sur un denier — Une innovation iconographique majeure La tête bifrons de Janus ornait traditionnellement les as de bronze — la monnaie de base du peuple romain — depuis les premières émissions du IIIe siècle av. J.-C. Son
Bituitos

Bituitos · Iconographie numismatique · LesDioscures Bituitos Roi des Arvernes · IIe siècle av. J.-C. · Iconographie numismatique · République romaine Nature Personnage historique Origine Gauloise · Arvernes Période † ap. 121 av. J.-C. Contexte Guerre romaine · 121 av. J.-C. Monnaies 1 type républicain Bituitos (ou Bituitus) était le roi des Arvernes, puissante tribu gauloise établie dans l’actuelle Auvergne. Fils de Luern, il hérita d’un royaume à l’apogée de sa puissance au milieu du IIe siècle avant J.-C. Son nom celtique, dérivé de bitu, pourrait signifier « monde » — un titre évocateur pour un souverain qui se présentait comme le maître de la Gaule méridionale. En 121 av. J.-C., Bituitos forma une grande coalition avec les Allobroges pour s’opposer à l’expansion romaine dans la vallée du Rhône. À la tête d’une armée estimée par les sources antiques à quelque 200 000 hommes, il affronta les légions des généraux Gnaeus Domitius Ahenobarbus et Quintus Fabius Maximus Allobrogicus lors de la bataille du Confluent, près de la jonction du Rhône et de l’Isère. Malgré sa supériorité numérique, il fut écrasé. Capturé — peut-être par ruse selon Strabon — il fut exhibé à Rome lors du triomphe de Domitius, puis assigné à résidence à Alba Fucens, où il finit ses jours loin de sa Gaule natale. « Il traversa le Rhône sur un pont de bateaux, avec une armée si nombreuse que les Romains en furent frappés d’étonnement. » — Florus, Epitoma de Tito Livio, I, 37 ✦ Contexte historique 01 Les Arvernes face à Rome — 125–121 av. J.-C. Gaule méridionale La puissance des Arvernes au IIe siècle s’étendait bien au-delà du Massif central. Le père de Bituitos, Luern, était célèbre dans toute la Gaule pour ses largesses ostentatoires — il dispersait de l’or et de l’argent à la foule depuis son char, selon les témoignages antiques. Cette richesse reposait sur le contrôle des routes commerciales reliant la Méditerranée aux régions de l’intérieur. Rome, après avoir établi sa domination sur Massalia (Marseille) et ses alliés, intervint dans la région à partir de 125 av. J.-C. Le consul Marcus Fulvius Flaccus attaqua d’abord les Salyens, puis la pression romaine s’étendit vers les Allobroges, voisins et alliés des Arvernes. Bituitos, qui avait succédé à Luern, tenta une médiation, puis choisit la voie des armes. La défaite de 121 av. J.-C. ne fut pas seulement celle d’un roi : elle ouvrit la voie à la création de la Provincia Gallia Transalpina, future Provence romaine, et marqua le début d’un long processus d’intégration de la Gaule dans l’orbite de Rome — processus qui culminerait un siècle plus tard avec les conquêtes de César. ✦ Représentation numismatique ⚡ Unique représentation républicaine de Bituitos RRC 334/1Denier Serratus Bituitos est l’un des rares souverains gaulois à avoir été représenté sur une monnaie de la République romaine. Sa figure apparaît sur le denier serratus émis par le magistrat monétaire Lucius Pomponius Molo, vers 97 av. J.-C., soit une génération après sa capture. Ce choix iconographique est hautement significatif : commémorer un ennemi vaincu sur le numéraire romain procédait d’une volonté de glorifier la victoire de Domitius Ahenobarbus et de Fabius Maximus, ancêtres présumés de la gens Pomponia au sein de la mémoire triomphale romaine. Bituitos incarne ici la figure du rex captivus, archétype du barbare soumis qui légitime la domination romaine. 02 Denier Serratus Pomponia · Lucius Pomponius Molo vers 97 av. J.-C. 👑 Portrait de Bituitos — roi arverne capturé RRC 334/1c. 3,90 gr 🏛 Légendes & description Avers BITUITO Buste de Bituitos à droite, en tenue de guerrier gaulois, avec torque au cou — insigne de noblesse et de royauté celtique. Revers L·POMP·MOLO (ou variantes) Guerrier gaulois combattant à cheval, brandissant un carnyx (trompette de guerre). Référence explicite au contexte de la victoire sur les Arvernes. Le bord serratus — dentelé — de cette émission est caractéristique d’une série de deniers du Ier siècle avant J.-C. destinés à lutter contre les contrefaçons : la tranche dentée était difficile à reproduire et attestait la teneur en argent du flan. Ce procédé technique confère à la monnaie un aspect reconnaissable immédiatement. L’iconographie du carnyx au revers est particulièrement évocatrice : cet instrument à vent en bronze en forme de tête d’animal, emblème de la guerre gauloise, fonctionnait comme un trophée symbolique sur le métal romain. Représenter Bituitos à l’avers et la cavalerie gauloise au revers revenait à raconter, en deux faces, le récit de la conquête et de la soumission. ✦ Attributs iconographiques 03 Les emblèmes de Bituitos dans la numismatique Monnaies · Toreutique · Archéologie La représentation de Bituitos sur le denier Pomponia mobilise plusieurs attributs visuels directement empruntés à l’univers visuel gaulois, reconnaissables pour le public romain comme des marqueurs de l’alteritas barbare. 🔱 Torque Collier métallique rigide, insigne de la noblesse et de la royauté celtique. Son port identifie Bituitos comme un roi, non comme un simple guerrier. 🎺 Carnyx Trompette de guerre gauloise en bronze en forme de tête d’animal. Présent au revers, il évoque à la fois la puissance militaire arverne et sa défaite. 🐎 Cavalerie La cavalerie gauloise, redoutée dans tout le monde méditerranéen, est l’emblème de la noblesse guerrière arverne représentée au revers du denier. ⚔️ Bouclier oblong Le scutum gaulois, de forme ovale ou hexagonale, marque l’appartenance ethnique du guerrier et contraste avec l’armement romain sur les représentations de triomphes. Carnyx de Tintignac · Sanctuaire gaulois de Naves, Corrèze · Ier s. av. J.-C. · Bronze · Claude Valette — Wikimedia Commons, CC-BY-SA 3.0 Ces attributs, portés par un ennemi vaincu et non par un dieu ou un héros romain, constituent une captivatio iconographique : Bituitos est à jamais figé dans le métal comme le trophée vivant de la victoire de Rome sur la Gaule méridionale. ✦ La captivité et le destin du roi 04 De la Gaule à Alba Fucens — un roi en exil 121–? av. J.-C. Après la bataille du Confluent, Bituitos ne fut pas exécuté — sort pourtant commun pour les chefs vaincus dans l’Antiquité.
Philippe V de Macédoine

Philippe V de Macédoine · La phalàngue contre les légions · Cynoscéphales · LesDioscures Philippe V de Macédoine 238–179 av. J.-C. · Roi de Macédoine · Cynoscéphales 197 · Le dernier Antigonide face à Rome · Iconographie numéralement Naissance238 av. J.-C. Règne221–179 av. J.-C. Défaite décisiveCynoscéphales · 197 av. J.-C. FilsPersée · vaincu à Pydna (168) Monnaie principaleRRC 293/1 · Denier Marcia Philippe V de Macédoine (238–179 av. J.-C.) est l’une des figures les plus tragiques de l’hellénisme tardif : un roi ambitieux, stratège de talent, qui crut pouvoir s’allier à Hannibal contre Rome en 215 av. J.-C. et se retrouva vingt ans plus tard écrasé par les légions de Flamininus à Cynoscéphales, contraint de regarder le consul romain proclamer la liberté des Grecs — une humiliation sans précédent. Fils de Démétrius II et père de Persée, il régna trente-deux ans sur une Macédoine qui, sous son règne, perdit définitivement le leadership du monde grec au profit de Rome. Son nom survit dans la numismatique républicaine grâce à l’un des deniers les plus remarquables de toute la collection : le denier Marcia (RRC 293/1) de Lucius Marcius Philippus, frappé vers 112–113 av. J.-C., qui porte à l’avers le portrait de Philippe V — premier et dernier portrait d’un roi étranger sur une monnaie romaine républicaine. Ce choix iconographique exceptionnel reflète le lien personnel de la gens Marcia avec le roi macédonien : un ancêtre des Marcii avait conclu avec lui un traité d’hospitalité personnel (paternum hospitium). La Macédoine de Philippe s’inscrit dans la transition entre l’héritage d’Alexandre et la domination romaine. « Flamininus fit annoncer dans le stade que le Sénat romain et Flamininus, le général en chef des Romains, déclaraient libres, sans garnison, sans tribut, soumis à leurs lois ancestrales, les Corinthiens, les Locriens, les Phocidiens, les Eubéens, les Achéens de Phthiotide, les Magnètes, les Thessaliens et les Pérrèbes. » — Plutarque, Vie de Flamininus, X — la proclamation de la liberté des Grecs aux Jeux isthmiques de 196 av. J.-C., après la défaite de Philippe V à Cynoscéphales ✦ Représentations remarquables R1 Buste hellénistique, probablement Philippe V de Macédoine ~200 av. J.-C. · Alliage de cuivre · Collection privée Buste hellénistique, probablement Philippe V · Alliage de cuivre · ~200 av. J.-C. · CC BY-SA Ce buste en alliage de cuivre, daté d’environ 200 av. J.-C. et attribué à Philippe V de Macédoine, illustre l’iconographie royale hellénistique à son apogée. Les traits sont ceux d’un homme d’âge mûr, marqués par les campagnes militaires : mâchoire volontaire, regard déterminé, coiffure bouclée dans la tradition alexandrine. L’alliage de cuivre témoigne d’un contexte de fabrication provinciale — peut-être macédonien ou grec du Nord — contemporain du règne. Ce portrait contraste de manière saisissante avec la représentation que le monétaire romain Lucius Marcius Philippus donna du roi sur son denier (RRC 293/1) : là, Philippe V porte le casque royal macédonien orné de cornes de bouc — attribut distinctif des rois Antigonides, également présent sur les monnaies macédoniennes. Les deux portraits partagent la même ambition : saisir la majesté royale hellénistique dans les conventions iconographiques de leur époque respective. R2 Didrachme de Philippe V — Tête diadémée / Massue dans couronne de chêne 184–179 av. J.-C. · Argent · Atelier de Pella · Münchner Stadtmuseum Didrachme de Philippe V · Pella 184–179 av. J.-C. · Argent · Tête diadémée / massue dans couronne de chêne · Münchner Stadtmuseum · CC BY-SA Ce didrachme d’argent, frappé à Pella entre 184 et 179 av. J.-C. — donc dans les dernières années du règne de Philippe V, après sa défaite à Cynoscéphales — montre le portrait diadémé du roi à droite. Le revers porte la massue d’Héraclès dans une couronne de chêne avec la légende BASILEOS FILIPPOU : la continuité avec l’iconographie des premiers Antigonides est revendiquée jusqu’au bout, même sur un roi humilié. Ce didrachme macédonien illustre parfaitement le contexte du denier romain RRC 293/1 : d’un côté le monnayage d’un roi défait, préservant dans l’argent sa majesté formelle malgré la tutelle romaine ; de l’autre, le denier romain qui célèbre ce même roi comme un titre de gloire familiale, preuve que la romanisation de l’Orient hellénistique passait aussi par une appropriation de son prestige monarchique. La massue héracléenne macédonienne répond aux cornes de bouc du portrait romain : deux langages iconographiques pour un même souverain. ✦ Chronologie — Philippe V, la Macédoine et Rome — Du sommet de la puissance antigonide au vassal de Rome 221–179 av. J.-C. 221 av. J.-C. Avènement — Héritier d’Antigone Doson Philippe V monte sur le trône de Macédoine à la mort d’Antigone Doson, son tuteur. Il a 17 ans. Fils de Démétrius II (239–229 av. J.-C.), il hérite d’un royaume puissant, d’une phalange aguerrie et d’une position hégémonique sur la Grèce. La Ligue de Corinthe lui garantit le titre de stratège autokrator. 215 av. J.-C. Alliance avec Hannibal — La faute stratégique Après la défaite romaine de Cannes (216), Philippe V conclut un traité d’alliance avec Hannibal Barca : il attaquera l’Italie par la mer si Rome est suffisamment affaiblie. C’est l’erreur de calcul de sa carrière. Rome, occupée à lutter pour sa survie, prend acte — et n’oubliera jamais. La Première guerre macédonienne (214–205) se conclut au mieux par le statu quo du traité de Phénique (205). 202–200 av. J.-C. Expansion en Orient — Le pacte avec Antiochos III Philippe s’allie avec Antiochos III de Syrie pour partager les possessions lagides en Égypte et en Asie Mineure. Il s’empare de plusieurs îles de l’Égée et menace Pergame et Rhodes. Ces deux cités font appel à Rome. Rome, libérée de Carthage par la paix de Zama (202), accepte le prétexte : la Deuxième guerre macédonienne commence en 200 av. J.-C. 197 av. J.-C. Cynoscéphales — La phalangue brisée Le consul Titus Quinctius Flamininus rencontre Philippe V en Thessalie, dans les collines ondulées de Cynoscéphales (les « têtes de chien »). La phalange macédonienne, imbattable en terrain plat, se désorganise sur ce relief accidenté. Les légions romaines plus flexibles enfoncent les
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Lares · Iconographie numismatique · LesDioscures Lares Divinités protectrices du foyer · Lares familiares · Lares praestites · Iconographie numismatique · République romaine Nature Divinités protectrices romaines Domaine Foyer · Famille · Carrefours · État Culte Lararium · Offrandes quotidiennes Filiation légendaire Lara & Mercure Monnaie RRC 298/1 Les Lares occupent une place unique dans la religion romaine : ce ne sont pas des dieux olympiens abstraits, mais des présences divines immédiates, liées à des lieux précis — foyer, champs, carrefours, routes, cité. Leur culte est le plus intime et le plus quotidien de toute la religion romaine. Chaque matin, dans chaque maison romaine, on leur offrait fleurs, vin, encens ou nourriture devant le lararium. Esclaves, affranchis et hommes libres participaient ensemble à ce rituel qui symbolisait l’unité de la domus. Représentés comme de jeunes hommes dansant en tunique courte, tenant une coupe ou un rhyton (corne à boire), les Lares incarnent la pietas romaine dans sa forme la plus concrète : le respect envers les ancêtres, la continuité de la famille, la protection du lieu habité. Leur omniprésence — des statuettes de bronze aux fresques des lararia pompéiens — témoigne de leur place centrale dans la vie quotidienne des Romains de toutes conditions. « Ô Lares du foyer, daignez préserver notre maison ; je vous rends grâce par ces humbles offrandes que vous méritez, fidèles gardiens de notre seuil. » — D’après Tibulle, Élégies, I, 10, 15–18 ✦ Représentations remarquables R1 Lare de bronze — Ier siècle ap. J.-C., Museo Arqueológico Nacional, Madrid Ier siècle ap. J.-C. · MAN, inv. 2943, Madrid Lare romain en bronze · Ier siècle ap. J.-C. · Museo Arqueológico Nacional, Madrid, inv. 2943 · Domaine public Cette statuette en bronze du Ier siècle ap. J.-C. illustre parfaitement l’iconographie canonique des Lares : un jeune homme debout, vêtu d’une tunique courte retroussée par le mouvement, la jambe légèrement fléchie dans une posture de danse. Il tient de l’une de ses mains une patère ou une situla (seau à libations) — attributs du rituel de la libation, acte central du culte domestique. De telles statuettes étaient placées dans le lararium de la maison — une petite niche murale ou une armoire sacrée — et recevaient des offrandes quotidiennes. Leur format modeste (quelques dizaines de centimètres de hauteur) reflète leur rôle intime : ce ne sont pas des dieux de sanctuaire ou de forum, mais des protecteurs du seuil et du foyer, présences familières au cœur de la vie privée. R2 Fresque des Lares et des serpents — Pompéi, Musée archéologique de Naples Ier siècle av. J.-C. – Ier siècle ap. J.-C. · Musée archéologique national, Naples Fresque des Lares et des serpents · Pompéi · Musée archéologique national de Naples · CC BY-SA Cette fresque pompéienne est l’une des représentations les plus complètes et les plus éloquentes du culte des Lares. Les deux Lares dansent symétriquement, vêtus de tuniques courtes, versant du vin de rhyton (cornes à boire) dans des situlae (seaux à libations). Au centre, le Genius du pater familias — l’esprit protecteur du chef de famille — accomplit une libation, voilé et tenant une patère. En bas, un couple de serpents s’approche d’un autel chargé d’offrandes : l’agathodemon, serpent bénéfique symbole de la prospérité et de la fertilité du foyer. Cette composition illustre à la fois la dimension rituelle du culte — la libation, le sacrifice, l’encens — et sa dimension cosmologique : les Lares ne sont pas seuls, ils font partie d’un ensemble de forces protectrices qui veillent sur la maison. Le serpent, loin d’être maléfique dans ce contexte, est un gardien bienveillant de la prospérité familiale, identifié parfois au Genius lui-même. ✦ Types de Lares & pratiques cultuelles 01 Les quatre grands types de Lares Religion romaine · République & Empire 🏠 Lares familiares Protecteurs du foyer domestique, honorés dans le lararium. Chaque famille leur offrait quotidiennement fleurs, vin, encens et nourriture. ✖️ Lares compitales Divinités des carrefours (compita), vénérées lors des Compitalia. Leurs sanctuaires à l’angle des rues étaient entretenus par les habitants du quartier. 🏛️ Lares praestites Gardiens de la cité de Rome elle-même — les Lares de l’État romain. Sur le denier Caesia, ce sont eux qui sont représentés. 🛤️ Lares viales Protecteurs des voyageurs et des routes. Leurs petits sanctuaires jalonnaient les voies importantes pour la protection des marchands et des armées en marche. Le culte domestique des Lares était l’acte religieux le plus constant de la vie romaine — bien plus régulier que la participation aux grands festivals publics. À chaque calendes, ides et nones du mois, mais aussi à l’occasion de naissances, mariages, décès et retours de voyage, la famille se réunissait devant le lararium pour honorer ses protecteurs. Esclaves et affranchis participaient au même culte, les Lares symbolisant l’unité spirituelle de toute la maisonnée au-delà des distinctions de statut social. 02 Origines des Lares — De Lara à Mercure, des ancêtres aux gardiens Mythologie & religion archaïque romaine L’origine des Lares est l’une des questions les plus débattues de la religion romaine. Trois théories principales s’affrontent : ils seraient les esprits des ancêtres défunts (manes) attachés au lieu où ils vécurent ; des divinités agraires primitives liées à la fertilité de la terre familiale ; ou encore des esprits protecteurs d’un lieu géographique précis, indépendamment de toute filiation humaine. La légende la plus populaire les fait naître de l’union de Mercure et de la nymphe Lara (ou Larunda). Jupiter, irrité de la trop grande loquacité de Lara qui avait trahi ses amours, lui fit couper la langue avant de l’envoyer aux Enfers — mais Mercure, chargé de l’y conduire, en tomba amoureux. Les jumeaux nés de cette union, les Lares, héritèrent du silence de leur mère (ils ne parlent pas) et de la mobilité de leur père (ils gardent les routes et les carrefours). ✦ Représentation numismatique 🐕 Le chien gardien entre deux Lares — Un programme iconographique unique Le denier RRC 298/1 est l’unique émission de L. Caesius — et sa rareté (indice