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Amphinomos

[TITRE] · Iconographie numismatique · LesDioscures Amphinomos Piété filiale · Catane · Iconographie numismatique républicaine Nature Personnage légendaire Origine Grecque · Sicilienne Attributs Piété filiale · Parent sur les épaules Période 108–107 av. J.-C. Monnaies RRC 308/1 · 1 type recensé Dans L’Odyssée, Amphinomos (en grec Ἀμφίνομος, signifiant « qui paît tout autour ») est l’un des prétendants de Pénélope, l’épouse d’Ulysse. Il est prince de Dulichium, fils du roi Nisos, et se distingue parmi les prétendants par son comportement relativement correct et son bon sens. Il tente à deux reprises de dissuader les autres prétendants de comploter pour tuer Télémaque, le fils d’Ulysse, ce qui montre une certaine conscience morale. Ulysse lui-même, déguisé en mendiant, l’avertit de quitter le palais et d’abandonner la cause des prétendants, pressentant le désastre à venir. Cependant, Athéna s’assure qu’Amphinomos reste, scellant ainsi son destin. Lors de l’affrontement final, il est tué par Télémaque d’un coup de lance. Dans la mythologie sicilienne, Amphinomos et Anapias sont deux frères associés à la ville de Catane. Lors d’une éruption du mont Etna, ils sauvèrent leurs parents en les portant sur leurs épaules pour les mettre à l’abri des coulées de lave. Leur piété filiale et leur courage furent célébrés, et cette histoire devint un symbole de dévouement familial. Certaines versions disent que les flammes s’écartèrent miraculeusement pour les laisser passer. « Les deux frères reçurent pour cette action le titre de Pius — Pieux. » — Pausanias, Description de la Grèce, X, 28, 4 ✦ Les frères catanéens 01 Amphinomos & Anapias — Les fils pieux de Catane Mythologie sicilienne Selon la tradition locale, lors d’une violente éruption de l’Etna, Amphinomos porta son père sur ses épaules tandis que son frère Anapias portait leur mère. Leur geste, comparable à celui d’Énée sauvant son père Anchise lors de la chute de Troie, incarna pour les Romains le concept de pietas dans sa forme la plus pure : le devoir envers sa famille. Ce mythe était particulièrement vivace à Catane, ville natale des frères, où ils furent célébrés comme des héros. Les Romains, sensibles à cette vertu cardinale, reprirent naturellement ce thème dans leur iconographie monétaire. 🔥 L’éruption de l’Etna Cadre dramatique du mythe — les flammes qui s’écartent devant les frères pieux selon certaines versions. 🏛️ Pietas Vertu romaine fondamentale : le devoir envers les dieux, la patrie et la famille. Les deux frères en incarnent l’aspect familial. ⚓ Lien avec Énée Le geste d’Amphinomos fait écho à Énée portant Anchise hors de Troie — archétype romain de la piété filiale. 🌋 Catane Ville sicilienne au pied de l’Etna, patrie des frères et de la gens Herennia, dont les ancêtres y faisaient du commerce. ✦ Représentation numismatique 🏛️ Seule représentation républicaine de ce type RRC 308/1Rome · 108–107 av. J.-C. Le denier de Marcus Herennius est la seule monnaie républicaine romaine à représenter Amphinomos. Le choix de ce type est directement lié aux origines catanéennes de la gens Herennia : les ancêtres du monétaire étaient établis à Catane pour y faire le commerce avec l’Afrique, et le mythe des frères pieux était particulièrement vivace dans cette ville. Marcus Herennius deviendra consul de la République romaine en 93 av. J.-C. — soixante-dix ans plus tard, Sextus Pompée reprendra la même iconographie pour rappeler la mémoire de son père Pompée le Grand. 02 Denier Herennia · Marcus Herennius 108–107 av. J.-C. 🏃 Amphinomos courant, portant son père sur les épaules British Museum~3,87 g · Ar 🏛 Légendes & description Avers PIETAS Tête diadémée de la Piété (Pietas) à droite, le diadème orné. Une marque de contrôle apparaît soit sous le menton à l’avers, soit dans le champ au revers selon les variantes. Revers M · HERENNI Amphinomos nu, courant à droite, portant son père âgé sur ses épaules. Marque de contrôle dans le champ à droite. Légende verticale derrière le personnage. La composition est saisissante : l’avers, avec la tête de Pietas, annonce directement le thème du revers. La vertu est personnifiée, puis illustrée par un acte concret — Amphinomos sauvant son père. Crawford (RRC 308/1) dénombre environ 120 coins d’avers et 150 coins de revers pour ce type. Il existe deux variantes : la lettre de contrôle peut se trouver soit sous le menton à l’avers, soit dans le champ à droite au revers. Ce denier est considéré comme plus rare que les catalogues ne le laissent supposer. Références : Crawford RRC 308/1a-b · Sydenham 567a · RSC Herennia 1 · RCV 185  ·  ↗ Voir la fiche sur LesDioscures ✦ La gens Herennia & le monétaire 03 Marcus Herennius — Monétaire et consul 108–93 av. J.-C. La gens Herennia est une famille plébéienne d’origine samnite qui s’établit en Campanie, puis rayonna vers la Sicile. On trouve un Herennius sénateur de Nola et un Marcus Herennius décurion de Pompéi. Une branche s’expatria pour le commerce : Herennius Siculus, installé à Leptis, faisait le commerce entre l’Afrique et la Sicile — un lien direct avec Catane, patrie d’Amphinomos. Le monétaire Marcus Herennius, qui frappa ce denier vers 108–107 av. J.-C., est vraisemblablement le même personnage qui fut consul en 93 av. J.-C. Pline mentionne ce consulat comme remarquable par la quantité de silphium apportée à Rome cette année-là. En choisissant Amphinomos pour son type monétaire, il rendit hommage aux racines catanéennes de sa famille tout en célébrant la vertu de pietas. ⚡ Postérité iconographique Soixante-dix ans après ce denier, en 42 av. J.-C., Sextus Pompée reprit la même iconographie — un fils portant son père sur ses épaules — pour commémorer la mémoire de Pompée le Grand son père. La pietas filii devint ainsi un outil de propagande politique puissant, directement hérité du type de Marcus Herennius. ✦ Fiches numismatiques liées RRC 308/1 Denier Herennia · Marcus Herennius Amphinomos courant à droite, portant son père sur les épaules. Avers : tête diadémée de Pietas. 108–107 av. J.-C. → Voir la fiche RRC 511/2 Denier Sextus Pompée · Sextus Pompeius Magnus Frappé en Sicile vers 42 av. J.-C. Revers

Pénates

Pénates · Dieux gardiens du foyer romain · DEI PENATES · Iconographie numéralement · LesDioscures Pénates Dieux gardiens du foyer · Penates · Penus · Pénates publics · Lavinium & Troie · Iconographie numéralement NatureDieux domestiques · divinités du foyer Étymologiepenus · le garde-manger CultePrivé (familial) & public (Dei Penates Publici) Origine légendaireTroie · Énée · Lavinium · Rome MonnaiesRRC 455/2 · RRC 312/1 · RRC 307/1 Les Pénates — Di Penates, les dieux du garde-manger — sont parmi les divinités les plus anciennes et les plus intimement romaines. Leur nom dérive du latin penus : la réserve de nourriture, l’endroit le plus reculé et le mieux protégé de la demeure, là où sont stockées les provisions qui assurent la survie de la famille. Les Pénates sont les gardiens de cette prospérité quotidienne, de la cohésion familiale, de la continuité de la lignée. Contrairement aux Lares (liés au lieu physique), les Pénates suivent la famille : si elle déménage, elle emporte ses Pénates. Divinités profondément enracinées dans la religion archaïque romaine, les Pénates connurent une transformation capitale à partir du IIIe siècle av. J.-C. : du culte privé, ils passèrent au culte public sous la forme des Di Penates Publici, gardiens de l’État romain tout entier. La légende d’Énée — qui emporta les Pénates de Troie en flammes pour les déposer à Lavinium, première étape de la fondation de Rome — donna à ces divinités domestiques une dimension épique et nationale. Sur les monnaies républicaines, leurs bustes accolés sont l’un des types iconographiques les plus chargés de sens : DEI PENATES ou D.P.P., les dieux de Rome gravés dans l’argent. « Il lui enjoignit de porter ses dieux Pénates et ses Lares, et d’en faire son voyage jusqu’au pays d’Italie, auquel les destins d’un grand empire étaient réservés. » — Virgile, Énéide, II, 293–295 — Hector apparaissant en songe à Énée pour lui ordonner d’emporter les Pénates de Troie ✦ Représentations remarquables R1 Fresque du lararium de la Casa dei Vettii — Pompéi Ier s. ap. J.-C. · Fresque · Casa dei Vettii (VI, 15, 1), Pompéi Fresque du lararium · Casa dei Vettii · Pompéi · Ier s. ap. J.-C. · Genius flanqué de deux Lares · CC BY-SA Cette fresque, l’une des plus belles représentations du culte domestique romain, provient du lararium de la Casa dei Vettii à Pompéi — la maison de deux riches affranchis, Aulus Vettius Restitutus et Aulus Vettius Conviva. Elle montre au centre le Genius du paterfamilias, revêtu d’une toge avec le chef voilé, tenant une patère et une corne d’abondance, flanqué de deux Lares en tenue de danseur. En bas, le serpent domestique — agathodaimon — rampe vers une offrande sur l’autel. Le lararium était la niche sacrée au cœur de chaque maison romaine où étaient honorés les Lares, les Pénates et le Genius familial. Les Pénates, bien que distincts des Lares dans la théologie romaine, étaient souvent vénérés au même endroit et représentés par des statuettes placées dans cette niche. Cette fresque illustre parfaitement l’univers religieux domestique dans lequel les Pénates occupaient une place centrale : la piété quotidienne, les offrandes familières (encens, vin, nourriture), la continuité du foyer sous la protection des dieux. R2 Statuette de Pénate — Musée de Sainte-Ménehould Époque romaine · Bronze · Musée de Sainte-Ménehould Statuette de Pénate · Bronze · Époque romaine · Musée de Sainte-Ménehould · CC BY-SA Cette statuette de Pénate en bronze illustre la réalité matérielle du culte domestique romain : les Pénates étaient représentés par de petites figurines (statuettes en bronze, en terre cuite ou en argile) conservées dans le lararium de la maison. Leur forme pouvait varier considérablement selon la dévotion du propriétaire — les Pénates pouvaient emprunter l’apparence de Jupiter, de Vesta, ou des Dioscures (Castor et Pollux), avec lesquels ils étaient fréquemment assimilés dans la tradition iconographique républicaine. La découverte de statuettes de ce type dans toutes les provinces de l’Empire témoigne de la diffusion extraordinaire du culte des Pénates avec la romanisation. En Gaule, en Hispanie, en Bretagne, partout où les légions romaines ou les marchands s’installaient, ils emportaient leurs Pénates — exactement comme Énée avait transporté les siens de Troie. Ce n’est pas un hasard si l’expression regagner ses pénates (rentrer chez soi) est passée dans la langue française moderne : les Pénates sont l’une des rares divinités antiques à avoir survécu dans le langage courant. ✦ Nature, culte & origine troyenne 01 Les Pénates — Du garde-manger familial aux dieux de l’État romain Religion romaine archaïque · Di Penates privés & publics · Temple de la Vélia 🏠 Gardiens du foyer Les Pénates protègent les provisions (penus), la cohésion familiale et la prospérité de la maison. Ils suivent la famille : contrairement aux Lares (liés au lieu), les Pénates déménagent avec elle. 🔥 Culte au lararium Vénérés dans la niche sacrée de la maison (lararium), au cœur du penetrale (l’appartement le plus intérieur). Offrandes quotidiennes : encens, vin, nourriture, guirlandes de coquelicots et d’ail. 🌟 Assimilation aux Dioscures Les Pénates publics furent assimilés à Castor et Pollux — leurs représentations iconographiques (deux jeunes hommes debout, tenant une lance) se confondent. Sur les monnaies : D.P.P. (Dei Penates Publici). ⛵ Pénates d’Énée & Troie Selon Virgile et la tradition romaine, Énée emporta les Pénates troyens lors de la chute de Troie et les déposa à Lavinium. Ces Pénates troyens devinrent les Pénates du peuple romain, conservés dans le temple de Vesta. 🏛️ Temple de la Vélia Sur la Vélia, colline entre le Palatin et l’Esquilin, un temple abritait les Pénates publics — deux statues de jeunes gens assis tenant une lance. Auguste restaura le sanctuaire, attesté sur le monument d’Ancyre. La singularité théologique des Pénates est leur plasticité iconographique : à la différence de la plupart des dieux romains, les Pénates n’ont pas de forme fixe. Cicéron et Servius rappellent que chaque Romain pouvait choisir ses propres Pénates personnels parmi les divinités majeures — Jupiter, Vesta, les Jumeaux divins, ou même ses propres ancêtres. Cette liberté reflète leur

Vulcain

Vulcain · Dieu du Feu et de la Forge · Iconographie numismatique · LesDioscures Vulcain Dieu du Feu et de la Forge · Vulcanus · Iconographie numismatique · République romaine Nature Divinité olympienne Équivalent grec Héphaïstos Attributs Marteau · Tenailles · Enclume Domaine Feu · Forge · Volcans Fête Volcanalia · 23 août Vulcain · Dieu du Feu et de la Forge · Iconographie numismatique romaine Vulcain (Vulcanus en latin) est le dieu romain du feu, des volcans, de la forge et le patron des forgerons. Équivalent du dieu grec Héphaïstos, il incarne à la fois le feu bienfaisant, source des industries humaines, et le feu destructeur qu’il peut maîtriser ou déchaîner — surnommé mitis (le doux) ou quietus (le tranquille) pour sa capacité à éteindre les incendies. Fils de Jupiter et de Junon, il est souvent décrit comme difforme et boiteux, rejeté à la naissance par sa mère ou précipité de l’Olympe par Jupiter, tombant sur l’île de Lemnos ou dans la mer, où il est recueilli par les nymphes Thétis et Eurynomé. Sa forge est située sous l’Etna ou dans les îles Éoliennes — notamment Vulcano, dont il a donné le nom au terme « volcan » —, où il fabrique armes, bijoux et foudres pour Jupiter, aidé des Cyclopes. Dans la numismatique républicaine, Vulcain est reconnaissable à ses attributs artisanaux : le marteau (malleus), les tenailles (forceps), l’enclume, et son costume d’ouvrier — l’exomide (tunique courte laissant l’épaule droite nue) et le pileus (bonnet conique). Figure complexe, à la fois créateur et destructeur, Vulcain est vénéré pour sa maîtrise du feu et craint pour sa puissance souterraine. « Là, sous l’Etna, les Cyclopes forgent dans leur antre une foudre pour le père des dieux — masse terrible dont ils ont déjà poli trois rayons de grêle aiguë, trois de nuée pluvieuse, trois de feu rouge et de vent ailé du sud. » — Virgile, Énéide, VIII, 424–427 — La forge de Vulcain sous l’Etna ✦ Représentations remarquables R1 Statuette de Vulcanus — Musée des Beaux-Arts de Lyon Ier siècle apr. J.-C. Statuette de Vulcanus · Bronze romain · Ier siècle apr. J.-C. · Musée des Beaux-Arts de Lyon, inv. A1981 · Domaine public Cette statuette en bronze illustre parfaitement l’iconographie canonique de Vulcain dans la plastique romaine : le dieu est représenté debout, vêtu de l’exomide, l’épaule droite nue, coiffé du pileus conique caractéristique des artisans et des travailleurs libres. La posture ramassée et la musculature prononcée traduisent l’effort du forgeron, tandis que la légère inflexion du corps rappelle la claudication légendaire du dieu. Ce type statuaire, répandu dans tout l’Empire du Ier au IIIe siècle, était probablement destiné à orner un laraire domestique ou un atelier artisanal. Il témoigne de la popularité du culte de Vulcain auprès des artisans et des travailleurs du métal, qui voyaient en lui leur protecteur naturel. R2 Denier Serratus Aurelia — Lucius Aurelius Cotta · RRC 314/1 105 av. J.-C. Denier Serratus Aurelia · Lucius Aurelius Cotta · RRC 314/1 · 105 av. J.-C. · Argent · Voir la fiche → Ce denier serratus frappé par Lucius Aurelius Cotta est l’une des rares émissions républicaines à représenter explicitement Vulcain. La dentelure du flan (serrata), caractéristique de certaines émissions de la fin du IIe siècle, donne son nom à la série. L’iconographie du revers met en scène le dieu forgeron dans son élément naturel, marteau en main, incarnant la puissance créatrice du feu au service de Rome. Le choix de Vulcain par la gens Aurelia n’est pas anodin : il s’inscrit dans une stratégie de légitimation familiale par la référence aux forces élémentaires de la nature et à la toute-puissance artisanale divine, dans une période de forte tension sociale précédant la guerre sociale. ✦ Attributs iconographiques 01 Les emblèmes de Vulcain Monnaies · Sculptures · Reliefs Vulcain possède un répertoire d’attributs immédiatement lisible, hérité d’Héphaïstos mais adapté aux représentations du monde du travail romain. Ces symboles le distinguent nettement des autres divinités olympiennes et soulignent son caractère unique parmi les dieux — celui qui travaille de ses mains. 🔨 Marteau Malleus — outil principal du forgeron, symbole de la puissance créatrice et de la maîtrise du métal en fusion. 🔧 Tenailles Forceps — pour saisir le métal incandescent. Attribut quasi systématique dans la statuaire et les monnaies. ⚙️ Enclume Surface sur laquelle le métal est battu. Représentée sur certains reliefs aux côtés de Vulcain en plein labeur. 👕 Exomide Tunique courte d’ouvrier laissant l’épaule droite nue, insigne du travail manuel, qui distingue Vulcain de tous les autres dieux. 🎩 Pileus Bonnet conique des artisans et des affranchis. Emblème de son statut d’artisan divin, humble et puissant à la fois. 🌋 Volcan / Forge L’Etna ou les îles Éoliennes servent de forge cosmique. Vulcano lui doit son nom — et par extension, tous les volcans du monde. Sur les deniers républicains, Vulcain apparaît rarement en portrait — son iconographie s’exprime davantage par ses outils et ses œuvres : boucliers, armes, foudres. Sa présence numismatique, plus discrète que celle de Jupiter ou de Roma, n’en est que plus significative lorsqu’elle est convoquée. ✦ Mythes, culte et fêtes 02 Les grands mythes de Vulcain Tradition grecque et romaine Naissance et rejet : Né laid et difforme, Junon le précipite de l’Olympe par honte. Recueilli par Thétis et Eurynomé, il apprend la forge dans une grotte sous-marine et crée des bijoux d’une beauté prodigieuse. Une autre version attribue sa chute à Jupiter, furieux de son soutien à Junon lors d’une querelle divine — ce qui lui vaut sa claudication permanente. Vengeance contre Junon : Pour punir sa mère, Vulcain lui offre un trône d’or piégé qui l’immobilise. Il ne la libère qu’en échange de la main de Vénus, la déesse de la beauté — mariage paradoxal entre le dieu le plus laid et la déesse la plus belle de l’Olympe. Le piège contre Mars et Vénus : Trompé par Vénus avec Mars, Vulcain forge un filet métallique invisible et les capture en flagrant délit, exposant

Caius Marius

Caius Marius · Iconographie numismatique · LesDioscures Caius Marius Septuple consul · Sauveur de Rome · Réformateur militaire · Iconographie numismatique · République romaine NaturePersonnage historique GensMaria AttributsCérès · Colon · Aigle légionnaire Période157 – 86 av. J.-C. MonnaiesRRC 326 · 378 Caius Marius — né vers 157 av. J.-C. à Cereatae, près d’Arpinum — est l’une des figures les plus puissantes et les plus controversées de la République romaine tardive. Issu d’une famille plébéienne sans antécédent sénatorial, cet homo novus — « homme nouveau » — s’élève par le seul mérite de ses armes jusqu’aux plus hautes fonctions de la cité. Il sera consul à sept reprises, un record absolu dans l’histoire romaine, et transformera en profondeur l’armée de Rome en l’ouvrant aux prolétaires sans propriété. Dans la numismatique républicaine, Marius n’apparaît pas en tant que portrait de son vivant — la tradition républicaine interdit les effigies de vivants sur les monnaies. C’est sa gens Maria, à travers les frappes de C. Marius C.f. Capito, qui perpétue son nom sur le métal. Ces deniers serrati frappés en 81 av. J.-C., sous la dictature de Sylla, constituent l’unique monnayage républicain lié directement à la famille du grand Marius — un témoignage numismatique poignant d’une lignée vaincue mais jamais oubliée. Portrait dit de Caius Marius · Marbre · Copie augustéenne d’un original du IIe s. av. J.-C. · Glyptothèque de Munich, inv. 319 · Wikimedia Commons · Domaine public « Il mérita le surnom de troisième fondateur de Rome, après Romulus et Camille. » — Plutarque, Vie de Marius, XXVII — en référence à la victoire sur les Cimbres et les Teutons ✦ Origines et ascension 01 L’homo novus d’Arpinum — naissance d’un destin vers 157 – 107 av. J.-C. Caius Marius naît vers 157 av. J.-C. dans une famille plébéienne de Cereatae, bourgade des monts Herniques proche d’Arpinum — la même ville natale que Cicéron, avec qui il partage la condition d’homo novus. Ses parents, selon Plutarque, sont des gens modestes vivant du travail de leurs mains. Aucun ancêtre de la famille Maria n’a exercé de magistrature sénatoriale, ce qui fait de la montée en puissance de Caius l’une des ascensions sociales les plus spectaculaires de toute la République. Marius forge sa réputation dans l’armée. Il s’illustre dès 133 av. J.-C. au siège de Numance sous les ordres de Scipion Émilien, qui remarque son courage. Élu tribun de la plèbe en 119, il manifeste d’emblée son indépendance en s’opposant aux deux consuls en exercice. Il grimpe ensuite les échelons — questure, édilité, préture, gouvernement de l’Hispania Ulterior — avant de forger son destin en Afrique aux côtés de Quintus Caecilius Metellus dans la guerre contre Jugurtha. C’est là, après avoir obtenu un congé arraché à son supérieur malgré les résistances, qu’il se fait élire consul en 107 av. J.-C. — son premier, et le début d’un règne sans équivalent. ✦ La réforme marianique 02 Révolution dans les légions — l’armée ouverte aux prolétaires 107 av. J.-C. La transformation la plus durable opérée par Marius est militaire. Face aux difficultés de recrutement pour la guerre de Jugurtha, il prend une décision révolutionnaire : ouvrir l’enrôlement aux capite censi, les citoyens sans propriété classés au simple titre du nombre de leurs têtes. Cette rupture avec la tradition de l’armée-milice de citoyens propriétaires transforme durablement Rome. La réforme marianique instaure une armée professionnelle et loyale à son général plutôt qu’aux institutions : uniformisation de l’équipement, normalisation de l’entraînement, adoption du système de cohortes en remplacement des manipules, et surtout création d’un lien personnel entre le soldat et son chef — qui lui promet terres et butin à l’issue du service. C’est ce lien qui rendra possibles les guerres civiles à venir : les légions de Marius, puis celles de Sylla, de Pompée et de César, seront d’abord loyales à leur général, et ensuite seulement à Rome. L’aigle d’argent — aquila — est adopté comme enseigne unique de chaque légion sous Marius, symbole de cohésion et d’honneur collectif. Sa perte au combat constitue désormais la honte suprême pour toute légion. ✦ Guerres victorieuses 03 Jugurtha, les Cimbres, les Teutons — le sauveur de Rome 107 – 101 av. J.-C. En 105 av. J.-C., sous le commandement de Marius, son lieutenant Sylla supervise la capture de Jugurtha, roi de Numidie livré par son beau-père Bocchus. Le 1er janvier 104, Jugurtha marche chargé de fers devant le char triomphal de Marius avant d’être étranglé au Tullianum. La guerre de Numidie est close — mais une menace bien plus grave s’est déjà profilée au nord. Les Cimbres et les Teutons, peuples germaniques en migration massive, ont infligé aux armées romaines une série de défaites catastrophiques, culminant avec le désastre d’Arausio (Orange) en 105, où deux armées consulaires sont anéanties. La panique s’empare de Rome, qui réélit Marius consul en son absence — fait exceptionnel. Concentrant ses forces, il bat séparément les Teutons à Aquae Sextiae (Aix-en-Provence, 102 av. J.-C.) et les Cimbres à Vercellae (101 av. J.-C.), conjointement avec le consul Catulus. Rome est sauvée d’une invasion barbare comparable à celle des Gaulois en 390. Ces victoires valent à Marius le titre populaire de « troisième fondateur de Rome », après Romulus et Camille. Il est alors au sommet de sa gloire, ayant exercé le consulat cinq fois consécutives de 104 à 100 — record absolu dans l’histoire de la République. ✦ Attributs iconographiques 04 Les emblèmes du monnayage de la gens Maria Monnaies · Deniers serrati · 81 av. J.-C. Le monnayage lié à Marius ne porte pas son portrait — la tradition républicaine interdit les effigies de vivants, et Marius meurt en 86 av. J.-C. sans avoir fait frapper son image. C’est son fils adoptif, C. Marius C.f. Capito, magistrat monétaire en 81 av. J.-C., qui frappe sous son nom en choisissant des types lourds de sens politique dans le contexte de la dictature syllanienne : 🌾CérèsDéesse de l’agriculture et de l’annone — sa présence à l’avers rappelle l’importance des distributions frumentaires et les

Fontaine de Juturne

La fontaine de Juturne (en latin : lacus Iuturnae) est une fontaine de Rome construite sur une source ou un puits sur le Forum Romain. La fontaine est associée à un autel dédié à la nymphe Juturne. Le nom de Lacus Iuturnae se rapporte aussi bien à la source qu’à l’autel qui se dresse tout près. La fontaine se tient dans le coin sud du Forum Romain, au pied du Palatin, entre le temple de Castor et celui de Vesta. Avant la construction du premier aqueduc, la source de Juturne est une des plus anciennes et importantes de Rome. Il est dit que l’eau de la fontaine possède des propriétés curatives. Les plus vieux et les infirmes viennent déposer des offrandes près de la fontaine pour s’assurer la bénédiction de Juturne pour la guérison de leur maladie. Selon la légende, l’autel marque le lieu où, en 495 av. J.-C., les jumeaux Castor et Pollux ont fait une halte afin de laisser leurs chevaux s’abreuver alors qu’il passe par Rome pour annoncer la victoire romaine à la bataille du lac Régille. Un temple qui leur est dédié, le temple de Castor et Pollux, est construit tout près. Toujours selon la légende, la divinité elle-même serait apparue au-dessus de la source après la victoire des Romains à Pydna en 168 av. J.-C. « BronJutarna » par Original uploader was Michiel1972 at nl.wikipedia — Transferred from nl.wikipedia. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons.

Priape

Priape · Iconographie numismatique · LesDioscures Priape Dieu de la fertilité & des jardins · Mutinus Titinus · Iconographie numismatique · République romaine Nature Divinité agraire Origine Grecque · Lampsaque Parenté Dionysos & Aphrodite Attributs Phallus · Faucille · Fruits Monnaies RRC 341/1 · 341/2 Priape est avant tout une divinité agraire, protectrice des jardins, des vergers, des vignes et des troupeaux. Fils de Dionysos et d’Aphrodite selon la tradition la plus répandue, il naît à Lampsaque, sur l’Hellespont, en Asie Mineure — ville qui demeurera le principal foyer de son culte avant que celui-ci ne se répande vers la Grèce, puis vers Rome. Sa marque distinctive : un phallus démesuré, signe à la fois de fertilité et de puissance protectrice, qui fait de lui une figure à la fois sacrée et comique dans le panthéon gréco-romain. Dans la tradition romaine, Priape est assimilé à Mutinus Titinus (ou Mutunus Tutunus), une divinité italique archaïque dont le nom évoque les mêmes réalités. Cette équivalence est attestée par Festus, qui rapporte que le dieu possédait à Rome un temple sur la Vélia où les matrones venaient sacrifier revêtues de robes prétextes, et où les jeunes mariées offraient symboliquement le tribut de leur virginité — rite nuptial de propitiation de la fécondité. Sur les monnaies républicaines, Priape / Mutinus Titinus apparaît notamment sur les émissions de la gens Titia, dans un jeu de type parlant liant le nom du dieu à celui du magistrat monétaire. « Mutinus Titinus est l’équivalent romain de Priape, dieu de la procréation, dont le culte reflète la fécondité sacrée sur laquelle reposait la vie agraire de Rome. » — Festus, De verborum significatione, d’après Verrius Flaccus ✦ Représentations remarquables R1 Statuette de jardin — Priape ithyphallique tenant une corne d’abondance Époque romaine · Ier – IIe siècle ap. J.-C. Priape pesant son phallus · Fresque de la Maison des Vettii, Pompéi · Ier s. ap. J.-C. · Musée archéologique national de Naples · Domaine public L’iconographie la plus caractéristique de Priape dans le monde romain est celle de l’homme barbu au phallus démesuré, souvent représenté soulevant sa tunique pour révéler son attribut, ou pesant celui-ci avec une balance — image à la fois grotesque et sacrée. Sur les fresques de Pompéi, notamment la célèbre peinture de la Maison des Vettii, Priape est représenté en protecteur du foyer, son phallus mis en balance avec un sac d’or, symbole de richesse et de prospérité. Dans les jardins romains, les statuettes de Priape en bois de figuier peint en rouge étaient omniprésentes : figures à la fois épouvanteuses pour les voleurs et propitiatoires pour la récolte. Le caractère apotropaïque du phallus surdimensionné en faisait le gardien naturel des espaces cultivés. R2 Pégase sur les monnaies de Lampsaque — La double empreinte du culte priapique IVe – IIIe siècle av. J.-C. Lampsaque, berceau du culte de Priape sur l’Hellespont, frappait des monnaies dont le Pégase constituait le type caractéristique. Ce lien entre le cheval ailé et le dieu de la fertilité n’était pas fortuit : Pégase figurait aussi sur les deniers républicains romains de Quintus Titius — le même magistrat qui choisit la tête de Mutinus Titinus (Priape) à l’avers. Babelon notait que cette analogie s’expliquait non par une imitation servile, mais par une communauté de culte entre Rome et Lampsaque, qui produisait naturellement des figures semblables pour les mêmes divinités. Le Cabinet des Médailles de Paris conserve un buste de marbre à double tête — forme comparable à Janus — dont l’une représente Bacchus imberbe couronné de lierre et l’autre le dieu priapique Mutinus Titinus, ailé, à la barbe cunéiforme. Cette association de Bacchus et de Priape traduit leurs liens cultuels profonds : tous deux présidents à la fécondité de la vigne et aux mystères dionysiaques. ✦ Attributs iconographiques 01 Les emblèmes de Priape / Mutinus Titinus Sculpture · Peinture · Numismatique L’iconographie de Priape est l’une des plus cohérentes et reconnaissables du panthéon gréco-romain. Ses attributs combinent fécondité rurale et puissance apotropaïque — la capacité d’éloigner le mal et de protéger l’espace sacré des jardins et des demeures. 🌾 Phallus ithyphallique Attribut central et signe de reconnaissance immédiat, à la fois symbole de fécondité et talisman apotropaïque. 🌿 Corne d’abondance Débordant de fleurs et de fruits — productions des jardins dont il est le protecteur attitré. 🗡️ Faucille / Bâton Outil agricole symbolisant son rôle de gardien des récoltes, parfois arme contre les voleurs de jardins. 🎩 Bonnet phrygien Coiffe d’origine orientale rappelant ses racines mysiennnes et son caractère de dieu venu d’Asie Mineure. 👑 Diadème ailé Attribut spécifique de Mutinus Titinus sur les deniers de Quintus Titius — barbe cunéiforme et ailerons caractéristiques. 🐴 Pégase (revers) Associé à Lampsaque, berceau du culte. Présent sur les monnaies de Quintus Titius en référence à la communauté cultuelle entre Rome et Lampsaque. Sur les monnaies républicaines, Priape est représenté sous sa forme romaine Mutinus Titinus : tête barbue coiffée d’un diadème ailé, à droite, sans légende. Ce type parlant fait écho au nom de famille Titius, selon la pratique courante des magistrats monétaires romains qui jouaient sur des similitudes sonores entre leurs cognomina et les divinités représentées. ✦ Représentations numismatiques républicaines ⚡ Seule représentation républicaine identifiée de Priape / Mutinus Titinus L’effigie de Mutinus Titinus (Priape) n’apparaît que sur les émissions de Quintus Titius, vers 90 av. J.-C. — un cas unique dans tout le monnayage de la République romaine. Ce choix iconographique n’est pas anodin : le nom du dieu (Mutinus Titinus) offrait une résonance évidente avec le nomen du monétaire, suivant la tradition des types parlants. Le chef gaulois Tatinos des Rutènes copiera fidèlement cette tête sur son bronze, reconnaissant dans cette image une puissance divine à s’approprier. M. Crawford a recensé pour ce type une estimation de 252 coins de droit et 280 coins de revers, témoignant d’une émission significative. Le denier servira de modèle direct au bronze TATINOS des Rutènes (LT. 4383), dont le revers inspirera également le bronze carnute TASGIITIOS (LT. 6295). 02 Denier Titia —

Silène

Silène · Iconographie numismatique · LesDioscures Silène Satyre · Compagnon de Dionysos · Iconographie numismatique · République romaine Nature Satyre / Demi-dieu Origine Grecque · Σειληνός Attributs Outre de vin · Âne · Thyrse Culte Dionysiaque · Ier s. av. J.-C. Monnaies Denier Vibia · RRC 449 Dans la mythologie grecque, Silène (ou Silenus, Σειληνός en grec) est une figure associée au vin, à l’ivresse et à la sagesse rustique. Il est généralement représenté comme un satyre âgé, jovial, chauve, barbu et bedonnant, souvent ivre et chevauchant un âne. Silène est un compagnon proche de Dionysos, le dieu du vin, de la fête et de l’extase, et est parfois décrit comme son précepteur ou père adoptif. Chef des satyres — ces créatures mi-humaines, mi-chèvres connues pour leur amour de la musique, de la danse et de la débauche —, Silène incarne l’esprit de l’indulgence tout en possédant une sagesse profonde, souvent révélée lorsqu’il est ivre. Cette dualité en fait un personnage complexe, mêlant sottise et perspicacité, et l’un des personnages les plus représentatifs du thiase dionysiaque. « Le meilleur sort pour les humains est de ne pas naître du tout, et le second meilleur est de mourir vite. » — Silène à Midas, rapporté par Aristote, Eudème ou De l’âme, fr. 44 Ross ✦ Représentations remarquables R1 Silène portant Dionysos enfant — Musées du Vatican Époque impériale · copie d’après Lysippe Silène portant Dionysos enfant · Copie d’un original de l’école de Lysippe · Marbre · Musées du Vatican, Rome · Domaine public Ce groupe sculptural en marbre blanc présente Silène dans son rôle de nourricier et de père adoptif de Dionysos. Le vieux satyre, reconnaissable à sa corpulence généreuse, son crâne dégarni et sa barbe hirsute, tient dans ses bras l’enfant-dieu avec une tendresse inattendue. La composition illustre parfaitement la dualité du personnage : grotesque dans son apparence, mais profondément attaché à la figure divine qu’il a élevée. Considérée comme une copie d’un original de l’école de Lysippe (IVe siècle av. J.-C.), cette œuvre témoigne du traitement naturaliste et psychologique que les sculpteurs grecs accordaient aux personnages du thiase dionysiaque. Elle influence directement l’iconographie monétaire républicaine qui représentera Silène comme une figure bienveillante et protectrice. R2 Denier Vibia — Caius Vibius Pansa · Silène sur l’avers 90 av. J.-C. Denier Vibia · Caius Vibius Pansa · RRC 342/5 · Argent · 90 av. J.-C. · Collection particulière Ce denier émis par Caius Vibius Pansa vers 90 av. J.-C. constitue l’une des rares représentations de Silène dans la numismatique républicaine romaine. L’avers présente la tête masquée du vieux satyre, trait distinctif qui le relie directement aux représentations théâtrales et aux processions dionysiaques. Le masque — attribut autant cultuel que dramatique — souligne le rôle de Silène comme figure liminale entre le monde humain et le monde divin. Le choix de ce type iconographique par la gens Vibia traduit l’influence croissante des cultes à mystères dionysiaques dans la société romaine de la fin du IIe siècle av. J.-C. Par contraste avec la sculpture du Vatican, qui privilégie la douceur du nourricier, la monnaie met en avant l’aspect masqué, rituel et mystérieux du personnage — deux facettes complémentaires d’une même figure mythologique complexe. ✦ Attributs iconographiques 01 Les emblèmes de Silène Sculptures · Vases · Monnaies Les attributs de Silène sont parmi les plus reconnaissables de l’iconographie dionysiaque. Ils condensent à la fois son caractère jovial, son rôle de sage ivre et son appartenance irréductible au cortège du dieu du vin. On les retrouve aussi bien dans la grande sculpture que sur les vases attiques, les fresques campanienne et — plus rarement — sur le monnayage républicain. 🍷 Outre de vin Attribut principal, symbole de l’ivresse perpétuelle et de son appartenance au thiase. Silène tient ou chevauche l’outre (askos). 🫏 L’âne Monture habituelle de Silène, trop ivre pour marcher. L’âne est aussi associé aux rites dionysiaques et à la fécondité rustique. 🎭 Masque Attribut cultuel et dramatique. Présent sur les monnaies, il relie Silène au théâtre satyrique et aux mystères dionysiaques. 🌿 Couronne de lierre Partagée avec Dionysos, la couronne de lierre (kissos) symbolise l’immortalité bachique et l’extase rituelle. 👴 Calvitie & bedaine Traits physiques distinctifs : chauve, barbu, obèse. Ces caractéristiques burlesques contrastent avec la sagesse prophétique qu’on lui prête. 🪈 Flûte double Chef des satyres, Silène est parfois représenté jouant de l’aulos, symbole de l’ivresse musicale propre au thiase. Dans la numismatique républicaine, seul le masque et parfois la couronne de lierre sont représentés, en raison des contraintes formelles du monnayage. La tête masquée du denier Vibia reste la représentation la plus directe de Silène dans tout le corpus républicain connu. ✦ Représentations numismatiques ⚡ Rareté iconographique dans le monnayage républicain Silène est une figure exceptionnellement rare dans la numismatique républicaine romaine. Contrairement à d’autres divinités grecques abondamment représentées, le vieux satyre n’apparaît que de manière très limitée, principalement à travers son masque sur les deniers de la gens Vibia. Cette rareté contraste avec l’omniprésence de Silène dans l’art grec (vases, sculptures, fresques), et témoigne d’une sélectivité propre à l’iconographie monétaire romaine. L’émission du denier Vibia coïncide avec une période de forte influence des cultes dionysiaques à Rome, quelques décennies après la répression des Bacchanales de 186 av. J.-C. par le Sénat. Le choix de ce type monétaire prend dès lors une résonance particulière dans le contexte religieux de la fin de la République. 02 Denier Vibia · Caius Vibius Pansa · Silène masqué 90 av. J.-C. 🎭 Tête de Silène masquée · Buste de face légèrement tourné RRC 342/5 · Denier · Argent · Émission de Caius Vibius Pansa · 90 av. J.-C. 🏛 Légendes & description Avers PANSA Tête de Silène masquée à droite, couronné de lierre ; légende PANSA derrière. Revers C · VIBIVS · C · F Cérès dans un bige rapide à droite, tenant une torche ; en dessous, épis de blé et légende C · VIBIVS · C · F. Ce denier émis par Caius Vibius Pansa présente à l’avers une tête de

Tarpeia

Tarpeia · Iconographie numismatique · LesDioscures Tarpeia Traîtresse ou héroïne · La Roche Tarpéienne · Iconographie numismatique · République romaine Nature Personnage légendaire Époque Fondation de Rome Père Tarpeius · Gardien du Capitole Fin Écrasée sous des boucliers Monnaie RRC 344/2 · 1234TI Tarpeia est l’un des personnages les plus ambigus de la mythologie fondatrice de Rome. Fille de Sempronius Tarpeius (ou Spurius Tarpeius selon les sources), gouverneur de la citadelle capitoline, elle est connue pour avoir ouvert les portes du Capitole aux Sabins du roi Titus Tatius lors du siège qui suivit l’enlèvement des Sabines par les hommes de Romulus. Son histoire, transmise avec des variations sensibles par Tite-Live, Denys d’Halicarnasse, Plutarque et Properce, oscille entre deux pôles : la traîtresse cupide punie par ses complices, et l’héroïne incomprise tentant de sauver Rome par la ruse. La tradition la plus répandue la présente comme ayant exigé des Sabins « ce qu’ils portaient au bras gauche » — entendant leurs bracelets d’or. Les Sabins, furieux de sa trahison, la prirent au mot différemment : ils lui jetèrent leurs boucliers (également portés au bras gauche), l’écrasant sous leur poids. Son corps fut précipité du haut de la falaise capitoline qui porte depuis son nom — la Roche Tarpéienne — devenu le lieu d’exécution des traîtres et grands criminels tout au long de la République. Dans la numismatique républicaine, Tarpeia est représentée sur les deniers de Lucius Titurius Sabinus (RRC 344/2, 89 av. J.-C.) — magistrat dont le cognomen Sabinus revendique explicitement une ascendance sabine, et qui choisit de raconter sur ses monnaies l’épisode fondateur du conflit entre Rome et les Sabins. L’émission intervient pendant la Guerre Sociale et le châtiment de Tarpeia y prend une résonance politique aiguë : un avertissement gravé dans l’argent contre toute tentation de trahison envers Rome. « Elle avait souvent accusé la Lune innocente et dit qu’elle devait aller laver sa chevelure dans le fleuve. » — Properce, Élégies, IV, 4 — sur Tarpeia et la Lune, témoin de sa passion pour Titus Tatius ✦ Représentations remarquables R1 Denier 1234TI — Tarpeia ensevelie sous les boucliers · Münzkabinett Berlin 89 av. J.-C. RRC 344/2a · Lucius Titurius Sabinus · 89 av. J.-C. · Argent · Münzkabinett Berlin · 3,5 g · Indice de rareté : 10+ Ce denier porte au revers la scène la plus dramatique de tout le cycle numismatique sabin : Tarpeia agenouillée de face, les bras levés ou tendus, entre deux soldats sabins qui lui projettent leurs boucliers. Au-dessus de la scène, une étoile posée sur un croissant — la Lune, que Properce fait intervenir comme témoin et complice de la passion de Tarpeia pour Titus Tatius. La représentation de face, frontale et symétrique, est rare dans la numismatique républicaine qui privilégie habituellement le profil : elle confère à la scène une intensité théâtrale exceptionnelle, presque rituelle. Le personnage central — Tarpeia — est immédiatement lisible malgré la miniaturisation imposée par le flan argenté : sa posture d’écrasement progressif, à mi-chemin entre la supplication et la chute, est l’un des tours de force iconographiques de la série Tituria. R2 Denier 1231TI — L’Enlèvement des Sabines · British Museum 89 av. J.-C. RRC 344/1b · L’Enlèvement des Sabines · British Museum · 3,87 g · Domaine public Le denier RRC 344/1 (1231TI) est le pendant iconographique du denier à Tarpeia : il représente deux soldats romains emportant chacun une Sabine dans leurs bras, scène de l’enlèvement fondateur qui déclenche la guerre entre Romains et Sabins. Ensemble, les deux types forment un diptyque narratif complet : l’enlèvement qui provoque la guerre, puis le châtiment de celle qui trahit la citadelle assiégée. Babelon note que l’avers des deux deniers porte la tête du roi sabin Titus Tatius, identifié par le monogramme TA sous le menton — allusion directe au nom du roi ennemi devenu co-dirigeant de Rome après la réconciliation des peuples. La légende SABIN confirme le projet politique du monétaire : revendiquer une origine sabine aussi ancienne et noble que la fondation même de la Ville. ✦ Éléments iconographiques 01 Les symboles du denier Tarpeia Scène · Astres · Personnages L’iconographie du denier 1234TI est d’une densité symbolique remarquable pour un flan de moins de 18 mm. Chaque élément de la composition — la posture frontale, les boucliers, les astres — renvoie à des couches de sens superposées : le récit légendaire, la morale politique, et une connexion astrologique subtile attestée par Properce. 🛡️ Les Boucliers Instruments du châtiment et objet du malentendu : Tarpeia demandait « ce qu’ils portent au bras gauche » (les bracelets), les Sabins lui donnèrent les boucliers portés au même bras. Jeu fatal sur l’ambiguïté du langage. 🌙 Le Croissant et l’Étoile Properce fait intervenir la Lune comme témoin de la passion de Tarpeia pour Tatius. Le croissant au-dessus de la scène relie le châtiment à la nuit et aux forces nocturnes qui ont présidé à la trahison. 🏛️ La Posture frontale Tarpeia agenouillée de face — posture rare dans la numismatique républicaine. Cette frontalité crée un effet de présence et de solennité qui distingue la scène du châtiment de toutes les représentations de profil habituelles. 👑 Tête de Tatius à l’avers Le roi sabin Titus Tatius, identifié par le monogramme TA, orne l’avers des deux deniers Tituria. Ce choix place la série sous le patronage du chef ennemi devenu roi de Rome — fondateur légendaire de la gens Tituria. 🏔️ La Roche Tarpéienne Lieu d’exécution implicite : le destin de Tarpeia inaugure la tradition du supplice sur le saxum Tarpeium, d’où les traîtres étaient précipités tout au long de la République. La monnaie évoque ce lieu sans le représenter. ⚖️ Traîtresse ou héroïne ? L’iconographie ne tranche pas : Tarpeia est représentée dans l’acte de son châtiment, pas de sa trahison. La scène permet au spectateur romain de projeter sa propre lecture — punition méritée ou mort injuste d’une figure ambiguë. ✦ Les deniers Tituria — La série sabine ⚡ Un programme iconographique politique — 89 av. J.-C.,

Amalthée

Amalthée · Iconographie numismatique · LesDioscures Amalthée Nourrice de Zeus · Iconographie numismatique · République romaine Nature Nymphe / Chèvre divine Origine Grecque · Crète Attributs Corne d’abondance · Chèvre Période IIe – Ier s. av. J.-C. Monnaies 1 type référencé Amalthée (Ἀμάλθεια en grec) est l’une des figures les plus tendres de la mythologie grecque : nourrice du futur roi des dieux, elle incarne à elle seule les thèmes du soin, de la protection et de la récompense divine. Son nom est souvent interprété comme « la douce » ou « celle qui nourrit », reflet exact de son rôle dans les mythes fondateurs de l’Olympe. La tradition antique hésite sur sa nature exacte. Dans la version la plus répandue, Amalthée est une chèvre divine qui allaita Zeus nouveau-né dans une grotte du mont Ida, en Crète, pendant que sa mère Rhéa le cachait à Cronos, son père dévoreur d’enfants. Dans une autre tradition, Amalthée est une nymphe — parfois confondue avec Adrastée ou Ida — qui possédait une chèvre merveilleuse et s’en servait pour nourrir l’enfant divin. Ces deux versions coexistent sans se contredire vraiment, la nymphe et la chèvre étant souvent confondues dans l’imagerie antique. Son héritage le plus durable est la Corne d’abondance (cornucopia), née selon la légende d’une corne qu’Amalthée aurait perdue ou que Zeus lui aurait brisée accidentellement, et à laquelle il aurait conféré le pouvoir de se remplir de tout ce que son possesseur désirait. Ce symbole de prospérité et de fertilité traversa les siècles et s’imposa dans l’iconographie romaine — notamment sur les monnaies républicaines — comme l’une des allégories les plus reconnaissables de l’abondance. Nicolas Poussin — Jupiter enfant nourri par la chèvre Amalthée, vers 1638 · Huile sur toile · Domaine public (Wikimedia Commons) « Elle [Rhéa] confia l’enfant à la Terre et aux nymphes Adrastée et Ida, filles de Mélissée, pour qu’elles le nourrissent du lait de la chèvre Amalthée. » — Apollodore, Bibliothèque, I, 1, 6 ✦ Représentations artistiques 00 Amalthée dans l’art antique et moderne De l’Antiquité au XVIIe siècle Les représentations d’Amalthée dans l’art antique sont rares mais précieuses. Parmi elles, le relief campanien conservé au Ny Carlsberg Glyptotek de Copenhague (inv. T 138) constitue l’un des exemples les plus directs : la chèvre divine y est figurée allaitant le petit Zeus, dans la tradition des reliefs en terre cuite produits en Campanie entre le Ier siècle av. J.-C. et le Ier siècle apr. J.-C. Ces reliefs étaient souvent utilisés comme décoration architecturale ou votive, et témoignent de la diffusion du mythe dans le monde romain. La tradition se poursuit à l’époque moderne. Le tableau de Nicolas Poussin (Jupiter enfant nourri par la chèvre Amalthée, vers 1638, ci-dessus) reprend le schéma narratif antique tout en l’inscrivant dans un paysage arcadien baigné de lumière dorée. Poussin y représente Zeus enfant entouré de nymphes et d’un faune, la chèvre Amalthée au centre de la composition — synthèse de la double tradition héritée des sources antiques. Plus tôt, Gian Lorenzo Bernini, à tout juste seize ans, sculptait dans le marbre la Chèvre Amalthée avec Jupiter enfant et un faune (1609–1615, Galleria Borghese, Rome) — premier chef-d’œuvre du jeune prodige, où la chèvre, l’enfant-dieu et un petit faune forment un groupe plein de vivacité et de tendresse. ✦ Attributs iconographiques 01 Les emblèmes d’Amalthée Monnaies · Sculptures · Mosaïques L’iconographie d’Amalthée est étroitement liée à celle de la cornucopia et à la chèvre, ses deux emblèmes indissociables. Dans la numismatique républicaine romaine, ce sont ces attributs qui permettent de l’identifier, souvent sans représentation directe de la figure mythologique elle-même. 🌾 Corne d’abondance La cornucopia, attribut principal. Débordante de fruits et d’épis, elle symbolise la prospérité infinie accordée par les dieux. Présente sur de nombreux deniers républicains comme allégorie de la Felicitas. 🐐 Chèvre divine Animal nourricier par excellence, la chèvre est l’incarnation même d’Amalthée dans la tradition la plus ancienne. Parfois figurée seule ou avec des chevreaux sur les revers de monnaies associées à la fertilité. ⭐ Constellation Zeus, en hommage à sa nourrice, l’aurait placée parmi les étoiles. Amalthée est associée à la Capella (l’étoile de la Chèvre) et parfois rattachée à l’origine du Capricorne. 🏺 Grotte du mont Ida Lieu de la naissance secrète de Zeus en Crète, la grotte est le cadre du mythe fondateur. Elle inscrit Amalthée dans la géographie sacrée de l’île crétoise, berceau du monde olympien. Dans la numismatique républicaine, la cornucopia est l’attribut le plus directement hérité du mythe d’Amalthée. Elle apparaît tenue par des divinités, des allégories ou figurée seule comme symbole synthétique de l’abondance promise par la puissance romaine. ✦ Représentations numismatiques ⚡ Seule représentation républicaine identifiée d’Amalthée Denier FonteiaRRC 290/1 Dans l’ensemble du monnayage républicain romain, le denier de la gens Fonteia frappé par Manius Fonteius constitue la référence numismatique principale associée à Amalthée. Le revers figure une chèvre — identification traditionnelle à Amalthée — dans une composition sobre qui renvoie directement au mythe de la nourrice de Zeus. Ce choix iconographique n’est pas anodin : la gens Fonteia revendiquait peut-être une filiation symbolique avec les thèmes de la protection divine et de la prospérité, valeurs incarnées par la figure d’Amalthée et sa cornucopia. 02 Denier Fonteia · Manius Fonteius vers 108–107 av. J.-C. 🐐 Chèvre allaitant — figure d’Amalthée RRC 290/13,90 gr env. 🏛 Légendes & description Avers M · FONTEI · C · F Tête casquée de Roma à droite, avec derrière la tête le buste d’un Galate ou Cupido ailé Revers ROMA Jupiter dans un quadrige au galop à droite, tenant un foudre et les rênes ; en dessous, une chèvre à gauche (Amalthée) ; dans le champ, un fulmen (foudre) Le revers de ce denier réunit dans une même composition les deux protagonistes du mythe fondateur : Jupiter (l’équivalent latin de Zeus) triomphant dans son quadrige et, au-dessous, la chèvre Amalthée, rappel discret mais explicite de l’enfance du dieu. Cette mise en scène hiérarchisée — le dieu adulte au-dessus, la nourrice en bas — évoque

Marsyas

Marsyas · Iconographie numismatique · LesDioscures Marsyas Satyre phrygien · Hubris & châtiment divin · Iconographie numismatique · République romaine Nature Satyre / Demi-dieu Origine Grecque · Phrygienne Attributs Aulos · Outre de peau Mythe Défi à Apollon · Écorché vif Monnaies Denier Marcia · RRC 346/1 Marsyas, dans la mythologie grecque, est un satyre phrygien, figure emblématique d’un mythe tragique centré sur l’hubris — l’orgueil démesuré — et la rivalité artistique face au divin. Sa légende illustre avec une violence saisissante le sort réservé à ceux qui osent défier les dieux sur leur propre terrain. Selon la tradition, Marsyas trouva un aulos, instrument à vent à double anche, abandonné par la déesse Athéna. Celle-ci, après en avoir été l’inventrice, l’avait rejeté : jouer de cet instrument déformait son visage, ce qu’elle jugeait indigne de sa majesté divine. Une variante rapporte qu’Athéna maudit l’instrument, en rendant l’usage dangereux pour quiconque oserait s’en emparer. « Il joua de la flûte avec tant d’art que, grisé par sa propre gloire, il osa défier Apollon lui-même en un concours musical. » — Ovide, Métamorphoses, VI, 382–400 ✦ Représentations remarquables R1 Marsyas supplicié — Musée du Louvre Rome, Ier – IIe siècle ap. J.-C. Marsyas supplicié · Anonyme romain · Ier–IIe s. ap. J.-C. · Marbre · H. 2,56 m · Musée du Louvre, Paris (Ma542) · Collection Borghèse · Domaine public Cette sculpture monumentale représente Marsyas les bras liés au-dessus de la tête, suspendu à un arbre ou à un poteau, dans l’attente du supplice. La tension des muscles, le visage levé vers le ciel et l’abandon du corps traduisent avec une précision anatomique remarquable la détresse du satyre face à son destin inéluctable. Copie d’un original hellénistique, cette œuvre constitue l’une des représentations les plus célèbres du mythe dans l’Antiquité. Elle se retrouvait reproduite sur de nombreux supports — reliefs, gemmes, monnaies — témoignant de la popularité durable de la figure de Marsyas dans le monde romain. R2 Le Supplice de Marsyas — Titien Renaissance, vers 1570–1576 Le Supplice de Marsyas · Titien · vers 1570–1576 · Huile sur toile, 212 × 207 cm · Arcidiecézní muzeum, Kroměříž (Rép. tchèque) · Domaine public Chef-d’œuvre tardif de Titien, cette toile plonge le spectateur au cœur de la scène d’écorchement avec une brutalité assumée. Apollon, représenté sous les traits d’un musicien calme et concentré, procède au supplice avec une sérénité glaçante, pendant que des personnages allégoriques — dont le roi Midas méditatif — assistent à la scène. Là où la sculpture antique privilégiait l’attente et la souffrance contenue, Titien choisit le moment de l’acte lui-même, enveloppé dans une lumière dorée qui confère au châtiment une dimension presque mystique. Le mythe de Marsyas devient ici une méditation sur l’art, la douleur et la transcendance, annonçant les grandes interrogations baroques sur le martyre de l’artiste. ✦ Attributs iconographiques 01 Les emblèmes de Marsyas Sculptures · Monnaies · Reliefs Marsyas est reconnaissable dans l’art antique à un ensemble d’attributs constants qui définissent son identité à la fois comme musicien prodige et comme victime de l’hubris. Ces symboles se retrouvent sur les monnaies républicaines romaines, notamment dans le contexte du forum où une statue de Marsyas — outre levée — symbolisait la liberté des cités. 🎵 Aulos Double flûte à anche, instrument rustique et passionné lié aux cultes dionysiaques. Instrument de sa gloire et de sa perte. 🫧 Outre levée Bras levé tenant une outre de peau. Sur les statues des forums romains, symbole de la liberté accordée aux cités alliées. 🌲 Pin / Platane Arbre auquel Marsyas fut suspendu pour être écorché. Lieu de supplice devenu lieu de mémoire dans la mythologie phrygienne. 🦶 Pieds de bouc Attribut satyresque hérité de sa nature mi-humaine mi-animale, signe de son appartenance au monde sauvage de Dionysos. 💧 Rivière Marsyas Née du sang et des larmes du satyre, cette rivière de Phrygie (affluent du Méandre) perpétue sa mémoire dans le paysage anatolien. Dans la numismatique républicaine romaine, c’est surtout la statue de Marsyas au forum — bras levé — qui est représentée, non le mythe de l’écorchement. Cette image, gravée sur le denier de la gens Marcia, renvoie à une tradition bien ancrée dans la vie publique de Rome. ✦ Représentation numismatique républicaine ⚡ Seule représentation républicaine connue — Le Denier Marcia Le denier frappé par Lucius Marcius Censorinus vers 82 av. J.-C. (RRC 346/1) constitue le seul témoignage numismatique républicain connu mettant en scène Marsyas. Ce choix iconographique n’est pas anodin : la gens Marcia revendiquait une filiation légendaire avec le roi Ancus Marcius, et l’image de Marsyas — statue du forum — était intimement liée à la liberté populaire romaine. La statue de Marsyas représentée sur ces deniers montrait le satyre le bras droit levé tenant une outre, posture symbolisant le droit des cités latines à tenir des marchés libres et, plus largement, la libertas du peuple romain face au pouvoir tyrannique. Cette connotation politique forte explique la présence de cette image sur des monnaies émises à une période de tensions civiles majeures. 02 Denier Marcia · Lucius Marcius Censorinus vers 82 av. J.-C. 🏛 Statue de Marsyas debout — bras levé tenant une outre RRC 346/1~3,90 gr 🏛 Légendes & description Avers Tête d’Apollon laurée à droite Portrait d’Apollon, dieu de la musique, adversaire mythique de Marsyas — présence symboliquement forte face à l’image du satyre au revers. Revers CENSOR · Statue de Marsyas debout à gauche Marsyas nu, bras droit levé tenant une outre, debout sur une colonne. À gauche, une colonne rostrale. Référence directe à la statue du forum romain. Le face-à-face entre Apollon à l’avers et Marsyas au revers reconstitue visuellement l’opposition mythologique des deux protagonistes. Le magistrat monétaire, Lucius Marcius Censorinus, joue sciemment sur cette tension narrative pour renforcer un message politique : la liberté romaine, incarnée par Marsyas, doit triompher de toute domination. Cette pièce est directement consultable sur la fiche LesDioscures consacrée au Denier Marcia. ✦ Le mythe : hubris, musique et châtiment 03 Le défi à Apollon — déroulement