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L’Égide : De la Protection Divine au Symbole de la Puissance

Egide Dans le vaste arsenal de la mythologie grecque, peu d’objets possèdent une aura aussi intimidante et fascinante que l’Égide. Plus qu’un simple bouclier, elle est l’attribut par excellence de la souveraineté divine, portée par Zeus le foudroyant et sa fille Athéna, la déesse de la sagesse et de la guerre stratégique. Une Origine entre Mythe et Étymologie Le mot « Égide » tire son origine du grec ancien aigis, qui signifie littéralement « peau de chèvre ». Cette racine nous renvoie aux récits de l’enfance de Zeus : La version d’Amalthée : Pour beaucoup, l’Égide aurait été façonnée à partir de la peau de la chèvre Amalthée, celle-là même qui nourrit Zeus alors qu’il était caché dans une grotte de Crète pour échapper à la voracité de son père, Cronos. La forge d’Héphaïstos : D’autres textes suggèrent que c’est le dieu forgeron lui-même qui la forgea pour Zeus, la recouvrant d’écailles d’or pour la rendre indestructible. Denier Cordia – Manius Cordius Rufus L’Attribut de la Terreur et de la Justice Si l’Égide est une protection, elle est avant tout une arme psychologique. Lorsqu’elle est agitée, elle provoque le tonnerre, les tempêtes et sème une terreur panique chez les ennemis. Le tournant iconographique majeur survient avec Athéna. Après la défaite de la Gorgone, la déesse fixe la tête de Méduse au centre de l’Égide. Dès lors, le bouclier ne se contente plus de parer les coups : il pétrifie d’effroi quiconque ose croiser son regard. C’est le passage de la force brute (Zeus) à la stratégie protectrice et implacable (Athéna). L’Égide à travers les âges : Un héritage durable Aujourd’hui, l’objet mythique a quitté l’Olympe pour entrer dans notre langage courant. L’expression « sous l’égide de » signifie être sous la protection, le patronage ou l’autorité d’une personne ou d’une institution. Sur LesDioscures.com, nous aimons voir dans l’Égide le symbole de la transmission : celle d’une force qui ne sert pas seulement à frapper, mais à préserver l’ordre et la civilisation contre le chaos. Note aux lecteurs : Que ce soit dans l’art antique, où elle est représentée comme une chasuble bordée de serpents, ou dans la culture moderne, l’Égide reste le rappel que la véritable puissance s’accompagne toujours d’une volonté de protection.

Le Carnyx : La Voix de Bronze des Guerriers Celtes

Carnyx S’il est un son qui devait glacer le sang des légions romaines traversant les forêts de Gaule, c’est bien celui du carnyx. Cet instrument de musique mythique, à la fois objet d’art et arme de guerre psychologique, incarne à lui seul la puissance et le mystère de la civilisation celte. Qu’est-ce que le Carnyx ? Le carnyx est une trompe de guerre en bronze, utilisée par les Celtes entre le IIIe siècle av. J.-C. et le IIe siècle apr. J.-C. Sa structure est immédiatement reconnaissable : Une verticalité impressionnante : Le tube peut mesurer jusqu’à 3 mètres de haut. Le pavillon animalier : L’extrémité de l’instrument représente généralement une tête de sanglier (symbole de force et de courage) ou, plus rarement, un dragon ou un serpent. La « langue » mobile : Certains modèles possédaient une languette de bronze articulée à l’intérieur de la gueule, qui vibrait lors du souffle, ajoutant un effet visuel et sonore terrifiant. Denier Hostilia – Lucius Hostilius Saserna Un instrument de terreur et de communication Sur le champ de bataille, le carnyx n’était pas là pour jouer de douces mélodies. Il remplissait deux fonctions essentielles : La guerre psychologique : Polybe et Diodore de Sicile décrivent un son « rauque et sauvage », un fracas capable de créer un tumulte indescriptible. Porté verticalement, le son passait par-dessus la tête des combattants pour frapper directement les lignes ennemies. Le signalement tactique : À l’instar du clairon moderne, il permettait de transmettre des ordres simples (charge, repli, pivot) au milieu du chaos du combat. La découverte exceptionnelle de Tintignac Pendant longtemps, le carnyx n’était connu que par des pièces éparses ou des représentations (comme sur le célèbre chaudron de Gundestrup). Tout a changé en 2004 sur le site de Tintignac, en Corrèze. Sept carnyx y ont été découverts dans un dépôt rituel, dont un quasiment complet. Cette découverte majeure a permis aux archéologues et aux acousticiens de reconstituer l’instrument et d’en entendre, pour la première fois depuis deux millénaires, le timbre profond et cuivré. Carnyx trouvé dans le sanctuaire gaulois de Tintignac (Corrèze). Cité des Sciences et de l’Industrie (Paris), « Les Gaulois, une expo renversante »,

Cupidon

Cupidon · Dieu de l’Amour · Iconographie numismatique · LesDioscures Cupidon Éros · Dieu de l’Amour · Iconographie numismatique · République romaine Nature Dieu · Fils de Vénus Équivalent grec Éros Attributs Arc · Flèches · Ailes · Bandeau Filiation Vénus & Mars Sur les monnaies Ier s. av. J.-C. · Gens Julia Cupidon — du latin cupido, « désir » — est la divinité romaine de l’amour, directement inspirée d’Éros dans la mythologie grecque. Fils de Vénus et de Mars, il incarne l’union paradoxale de l’amour et de la guerre : une force à la fois tendre et irrésistible, douce et destructrice. Cette filiation en fait un personnage d’une complexité souvent sous-estimée, loin du simple chérubin de la Saint-Valentin. Dans l’art romain, il est représenté sous deux formes selon les périodes et les contextes : chérubin joufflu et ailé, tenant arc et flèches, ou jeune homme séduisant d’une beauté troublante. Ses deux types de flèches résument sa double nature — les flèches dorées qui enflamment l’amour, les flèches de plomb qui suscitent l’indifférence ou l’aversion. Sur les monnaies républicaines, Cupidon apparaît principalement en compagnie de sa mère Vénus, au service de la propagande dynastique des grandes gentes romaines qui revendiquaient une ascendance divine — au premier rang desquelles la gens Julia, qui en faisait l’emblème de son lien à Énée et, par lui, aux dieux de Rome. Omnia vincit Amor, et nos cedamus Amori. « L’Amour triomphe de tout, soumettons-nous à l’Amour. » — Virgile, Bucoliques, X, 69 ✦ Origines & Identité 01 D’Éros à Cupidon · La romanisation du désir VIIIe s. av. J.-C. → Ier s. av. J.-C. Chez Hésiode (Théogonie), Éros est une puissance cosmique primordiale, née du Chaos avant même les dieux olympiens — force motrice de toute génération et de tout ordre dans l’univers. Cette dimension philosophique et abstraite disparaît progressivement dans la tradition hellénistique et romaine, où Éros-Cupidon devient un personnage espiègle et anthropomorphe, fils de Vénus, doté d’une psychologie presque enfantine. La romanisation du mythe accentue encore ce glissement : Cupidon est plus concret, plus lié à la vie quotidienne et aux enjeux politiques. Son nom latin — Cupido — est une personnification directe du désir, sans la profondeur cosmogonique grecque. En revanche, il gagne en polyvalence : il peut être utilisé par les magistrats monétaires pour exprimer des affiliations dynastiques, des revendications de légitimité divine ou de simples jeux iconographiques. 02 Antéros · Le frère oublié Mythologie grecque & romaine Cupidon a un frère dans certaines versions du mythe : Antéros, dieu de l’amour réciproque — ou selon d’autres interprétations, de la vengeance contre ceux qui ne rendent pas l’amour qu’on leur porte. Là où Cupidon déclenche la passion, Antéros en garantit la réciprocité et l’équilibre. Les deux frères sont souvent représentés en opposition ou en jeu, symbolisant les deux faces de toute relation amoureuse. Antéros apparaît rarement sur les monnaies romaines, mais sa figure est bien attestée dans la sculpture et la glyptique hellénistiques, notamment dans des scènes de lutte légère avec Cupidon — une psychomachie amoureuse qui illustre la tension entre passion et raison, entre désir unilatéral et amour partagé. ✦ Grands mythes 03 Cupidon & Psyché · L’âme cherchant l’amour divin Apulée, L’Âne d’or · IIe s. apr. J.-C. Sarcophage Mattei~220 apr. J.-C. · Rome Le mythe de Cupidon et Psyché est la narration mythologique la plus développée autour de Cupidon. Vénus, jalouse de la beauté mortelle de Psyché, ordonne à son fils de la rendre amoureuse d’un monstre. Mais Cupidon, en la voyant, tombe lui-même éperdument amoureux et l’emmène dans un palais enchanté — où il la visite chaque nuit sous le couvert de l’obscurité, lui interdisant de voir son visage. Poussée par la curiosité — et par ses sœurs jalouses — Psyché lève sa lampe sur le visage endormi de son amant. La goutte d’huile brûlante réveille Cupidon qui s’enfuit, blessé. S’ensuit une série d’épreuves terribles imposées par Vénus, que Psyché accomplit l’une après l’autre. Finalement, Jupiter accorde l’immortalité à Psyché, et les amants sont réunis pour l’éternité. Ce mythe, transmis par Apulée dans L’Âne d’or (IIe s. apr. J.-C.), est une allégorie puissante : Psyché signifie « âme » en grec — c’est l’âme humaine qui, après avoir défié la tentation du doute et traversé la souffrance, parvient à l’union avec l’amour divin. Le sarcophage Mattei (vers 220 apr. J.-C., Musée de la Civilisation romaine) en donne une illustration sculptée d’une extraordinaire vitalité narrative. 04 Apollon & Daphné · La vengeance de l’archer Ovide, Métamorphoses, I Apollon, fier de ses exploits d’archer, se moque un jour de Cupidon et de son petit arc. La vengeance est foudroyante : Cupidon frappe Apollon d’une flèche dorée qui l’enflamme d’amour pour la nymphe Daphné, et touche Daphné d’une flèche de plomb qui la rend indifférente à tout amour. Apollon poursuit Daphné éperdument ; celle-ci implore son père, le dieu-fleuve Pénée, qui la transforme en laurier au moment précis où Apollon la saisit. Ce mythe illustre avec éclat le pouvoir absolu de Cupidon sur les dieux eux-mêmes — même le plus rationnel, le plus lumineux des Olympiens ne résiste pas à ses flèches. Il montre aussi la cruauté froide qui se cache derrière le visage d’enfant : Cupidon n’est pas l’amour bienveillant, il est l’amour comme puissance incontrôlable. 05 Didon & Énée · Cupidon au service des dieux Virgile, Énéide, I Dans l’Énéide, Cupidon joue un rôle d’une importance politique considérable. Vénus, soucieuse de protéger son fils Énée à Carthage, envoie Cupidon déguisé en Ascagne (fils d’Énée) pour qu’il enflamme le cœur de Didon d’une passion irrésistible. La reine de Carthage, frappée par les flèches invisibles du dieu, tombe amoureuse d’Énée au cours du banquet. Cette intervention divine scelle la tragédie à venir : Énée, rappelé par les dieux à sa mission fondatrice, abandonne Didon qui se donne la mort. L’amour que Cupidon a allumé devient la cause directe de la haine éternelle entre Carthage et Rome. Dans ce récit virgilien — écrit à la gloire d’Auguste et

Subsellium

Subsellium · Banc du Tribun · Tribunat de la Plèbe · LesDioscures Subsellium Banc du Tribun de la Plèbe · Sacrosanctitas · Libertas · Numismatique républicaine Étymologie Sub + Sella · « Sous la chaise » Nature Banc bas sans dossier Porteur symbolique Tribuns de la Plèbe Variante honorifique Bisellium Monnaie citée Denier Lollia · RRC 473/1 Le mobilier de la Rome antique est un miroir fascinant des hiérarchies sociales. Si la Chaise Curule (sella curulis) symbolise l’autorité suprême des magistrats, le subsellium — bien plus modeste — révèle une autre facette de la vie publique romaine : celle de la res publica vu d’en bas. Ce simple banc de bois sans dossier, dont l’étymologie même (sub + sella = « sous la chaise ») dit le rang second, était pourtant l’insigne d’une des magistratures les plus puissantes de la République : le Tribunat de la Plèbe. Sa représentation sur le denier Lollia en fait l’un des symboles numismatiques les plus chargés politiquement de la fin de la République. « L’absence de signes distinctifs du subsellium, loin d’être un manque, était un symbole de la nature spéciale et intouchable des Tribuns — leur sacrosanctitas — et de leur enracinement dans le peuple qu’ils défendaient. » — Christopher Mérat, Subsellium, LesDioscures.com ✦ Définition — Le siège de l’inférieur 01 Sub + Sella — Étymologie révélatrice d’une hiérarchie Droit public romain · Mobilier Subsellium · Banc bas sans dossier Le terme latin subsellium est formé de sub (« sous ») et de sella (« siège, chaise »). Cette étymologie est en elle-même révélatrice : le subsellium est littéralement le siège en dessous de la sella. 🪑 Forme et fonction Siège bas, souvent un banc en bois, caractérisé par l’absence de dossier. Simple, robuste, sans ornement — à l’opposé de la sella curulis en ivoire ou en or. 👥 Collectif Contrairement à la sella individuelle (insigne d’autorité personnelle), le subsellium est un banc collectif — il est le siège des subalternes, de ceux qui siègent ensemble. 📏 Moindre hauteur La hauteur est un marqueur de rang dans le protocole romain — être assis plus bas que son interlocuteur traduit visuellement la hiérarchie sociale et politique. 🌿 Simplicité voulue L’absence de décorum n’est pas un manque mais un choix politique — la frugalité républicaine incarnée dans un meuble, image du citoyen libre avant le magistrat. ✦ Les Tribuns de la Plèbe et leur banc 02 Sacrosanctitas · Intercessio · Forum — La force du banc humble Tribunat de la Plèbe · République romaine C’est dans le cadre du Tribunat de la Plèbe que le subsellium prend tout son sens symbolique. Les Tribuns de la Plèbe — défenseurs du peuple contre les abus du patriciat — devaient conserver une image de simplicité radicale : ⛔ Pas de faisceaux Ni faisceaux des licteurs, ni toge prétexte, ni Chaise Curule — les Tribuns n’avaient aucun des insignes des magistrats curules. Leur force était ailleurs. 🛑 Intercessio Leur droit d’opposition (intercessio) — pouvoir de bloquer n’importe quelle décision du Sénat ou d’un magistrat — était le plus puissant de la Constitution. Aucune sella curulis ne leur était nécessaire pour cela. 🏛️ Au Forum Leur siège officiel était le subsellium placé devant le Sénat sur le Forum, où ils exerçaient leur droit d’intercessio — accessible à tous les citoyens, assis comme le peuple. ✨ Sacrosanctitas La personne du Tribun était sacrée et inviolable — quiconque portait la main sur lui était maudit (sacer). Cette protection divine compensait l’absence de tout insigne matériel de puissance. ⚡ La force dans la faiblesse apparente Le paradoxe du subsellium est celui du Tribunat lui-même : le magistrat le moins orné était aussi le seul qui pouvait paralyser l’État entier d’un seul mot — Veto ! (« Je m’oppose ! »). Cette simplicité ostentatoire était une stratégie politique consciente : le Tribun montrait qu’il n’avait besoin d’aucun insigne extérieur car son pouvoir venait directement du peuple romain, source ultime de toute légitimité républicaine. ✦ Autres usages civiques — Un meuble universel 03 Tribunaux · Sénat · Théâtres · Écoles Vie publique romaine Au-delà de son usage tribunicien, le subsellium était présent dans de nombreux contextes : ⚖️ Les Tribunaux Les juges utilisaient le subsellium lors des procès — marquant leur fonction distincte des magistrats supérieurs qui siégeaient sur la sella curulis. 🏛️ Le Sénat Des bancs étaient installés pour les séances — bien que la noblesse sénatoriale pût disposer de sièges plus confortables selon le rang. 🎭 Les Théâtres Bancs pour les spectateurs des classes inférieures — les chevaliers et sénateurs avaient des places réservées plus proches de la scène et mieux équipées. 📚 Les Écoles Meuble courant dans les lieux d’enseignement — élèves assis sur le subsellium face au maître qui pouvait lui siéger sur un siège plus haut. ✦ Du Subsellium au Bisellium — L’élévation honorifique 04 Bisellium · Miséricordes médiévales — Une forme inépuisable Municipes · Moyen Âge · Héritage Une variante remarquable du subsellium est le bisellium (littéralement « siège à deux places ») — au contraire un siège honorifique. Dans les municipes (villes romaines hors de Rome), il était accordé par décret aux citoyens ayant rendu des services exceptionnels. Celui qui recevait cette distinction était appelé biselliarius, et l’honneur était souvent gravé sur les monuments funéraires. La forme simple du subsellium a également assuré une remarquable pérennité : ⛪ Vocabulaire ecclésiastique À la fin de l’Antiquité, subsellium désigna les stalles des chœurs monastiques — puis la miséricorde (misericord), petite console de bois sous les stalles permettant aux chanoines de s’appuyer debout. 🏙️ Scamnum À la période tardive, subsellium devint plus ou moins interchangeable avec scamnum — terme générique pour désigner un banc de bois simple dans tout contexte civil ou religieux. ✦ Le subsellium dans la numismatique — Denier Lollia 05 Denier Lollia · RRC 473/1 · Marcus Lollius Palicanus 45 av. J.-C. · Rome · Argent · 4,06 g Denier Lollia · RRC 473/1 · M. Lollius Palicanus · 45 av. J.-C. · British Museum · 4,06

Honos et Virtus

Honos et Virtus · Iconographie numismatique · LesDioscures Honos & Virtus Honneur & Vertu · Divinités allégoriques romaines · Iconographie numismatique · République romaine Nature Divinités allégoriques · Numina Honos Couronne de laurier · Rameau Virtus Casque · Lance · Bouclier Temple Porta Capena · Capitole Monnaie RRC 403/1 La formule latine honos et virtus — « honneur et vertu » — résume l’un des idéaux fondateurs de l’éthique romaine. Ces deux notions, loin d’être de simples abstractions, étaient personnifiées comme des divinités à part entière (numina), honorées dans des temples et invoquées lors des campagnes militaires et des cérémonies d’État. Leur relation est indissociable : la virtus — le courage, l’excellence morale, la vaillance — est la condition qui mène à l’honos — l’honneur, la réputation, la gloire acquise par des actions exemplaires. Honos, représenté comme un jeune homme couronné de laurier tenant un rameau d’olivier et parfois une corne d’abondance, incarne le prestige mérité. Virtus, figure guerrière casquée portant lance et bouclier, personnifie la force morale et physique qui rend possible cet honneur. Ensemble, ils forment le diptyque de l’idéal aristocratique et militaire romain : seul mérite l’honneur celui qui a prouvé sa vertu. « Virtus, toutes les capacités et vertus qu’un homme peut posséder, mène à Honos — l’honneur et la réputation qu’un tel homme mérite. » — CoinsWeekly, A Temple for Honos ✦ Représentations remarquables R1 Virtus — Relief de la Bibliothèque de Celsus, Éphèse Vers 150 ap. J.-C. · Kunsthistorisches Museum, Vienne Virtus · Relief de la Bibliothèque de Celsus, Éphèse · Vers 150 ap. J.-C. · Kunsthistorisches Museum, Vienne · Domaine public Ce relief de marbre ornait la façade de la célèbre Bibliothèque de Celsus à Éphèse, l’une des plus grandes bibliothèques de l’Antiquité, construite vers 117–120 ap. J.-C. La façade était décorée de quatre niches abritant des allégories : Sophia (la Sagesse), Arete (l’Excellence/Vertu), Ennoia (la Pensée) et Episteme (le Savoir). Cette figure — identifiée à Virtus dans sa version latine — représente une femme drapée de façon à laisser une épaule nue, posture habituelle des personnifications de la vaillance. Ce relief illustre la permanence iconographique de Virtus dans tout l’Empire romain : de Rome à l’Asie Mineure, les mêmes attributs et la même posture identifient la divinité. La bibliothèque, monument du savoir et de l’arete intellectuelle, associait ainsi la vertu militaire romaine à l’excellence de l’esprit — fidèle à l’idée que l’honos peut couronner autant les armes que les lettres. R2 Honos & Virtus — Illustration numismatique, 1889 XIXe siècle · Dictionary of Roman Coins Honos & Virtus sur aureus romain · Dictionary of Roman Coins, S.W. Stevenson, 1889 · Domaine public Cette gravure tirée du Dictionary of Roman Coins de Seth William Stevenson (1889), ouvrage de référence de la numismatique victorienne, montre les deux divinités telles qu’elles apparaissent sur un aureus romain. On reconnaît Honos à sa couronne de laurier et à son maintien juvénile et élégant, Virtus à son casque militaire et à sa posture guerrière — l’un tourné vers la dignité civique, l’autre vers la vaillance armée. Cette illustration, produite dix-neuf siècles après les premières frappes républicaines montrant le couple, témoigne de la continuité exceptionnelle de cette iconographie. Le type « têtes conjuguées d’Honos et Virtus » — inauguré sur le denier serratus RRC 403/1 en 70 av. J.-C. — fut repris à l’époque impériale sur des émissions jusqu’à Trajan et au-delà, faisant de ce couple l’une des personnifications les plus durables du monnayage romain. ✦ Les deux divinités & leurs attributs 01 Honos & Virtus — Portraits et symbolique République · IIIe – Ier s. av. J.-C. Honos et Virtus formaient un couple inséparable dans la religion et l’idéologie romaines. Leur interdépendance conceptuelle — la vertu produit l’honneur, l’honneur récompense la vertu — se reflète dans leur représentation systématiquement conjointe, tant dans l’architecture sacrée que sur les monnaies. 🌿 Couronne de laurier Attribut d’Honos. Symbole de la victoire et de la gloire méritée, la couronne de laurier désigne celui que Rome reconnaît digne d’honneur. ⚔️ Casque de Virtus Attribut distinctif de Virtus. Il signale la dimension militaire et guerrière de la vertu romaine — le courage au combat comme condition de l’excellence. 🫒 Rameau d’olivier Parfois tenu par Honos. Symbole de paix et de réconciliation — l’honneur véritable n’est pas seulement militaire, il inclut la sagesse de la paix. 🏺 Corne d’abondance Attribut d’Honos dans certaines représentations. La prospérité est la récompense naturelle d’une société fondée sur l’honneur et la vertu. 02 Les Temples d’Honos et Virtus — Histoire et politique IIIe – Ier s. av. J.-C. · Rome Le premier temple dédié à Honos fut érigé vers 234 av. J.-C. par Q. Fabius Maximus Verrucosus après sa victoire sur les Ligures. En 222 av. J.-C., Marcus Claudius Marcellus fit vœu d’un temple double après avoir accompli les spolia opima — le plus grand honneur militaire romain, consistant à tuer de sa propre main le chef ennemi. Marcellus voulut dédier l’ancien temple aux deux divinités pour économiser, mais le Collège des pontifes refusa : une même cella ne pouvait héberger deux divinités différentes car il eût été impossible de savoir à laquelle s’adresser. Il fit donc construire une cella attenante pour Virtus, créant ainsi un temple double à la Porta Capena, consacré par son fils en 205 av. J.-C. Un second temple fut élevé par Caius Marius lors de son cinquième consulat (101 av. J.-C.), financé par le butin pris aux Cimbres et aux Teutons. Son architecte était Caius Mucius — ce qui explique, selon Babelon, pourquoi le monétaire M. Cordus (peut-être un descendant de cette famille) choisit Honos et Virtus pour illustrer sa part du denier RRC 403/1. ✦ Représentation numismatique ⭐ Un denier pour célébrer la réconciliation — Guerre Sociale, 70 av. J.-C. Ce denier serratus est l’un des documents numismatiques les plus éloquents sur la réconciliation entre Rome et l’Italie après la Guerre Sociale (91–87 av. J.-C.). À l’avers, les têtes conjuguées d’Honos et Virtus symbolisent les valeurs qui ont permis cette paix ;

Europe

Europe · Iconographie numismatique · LesDioscures Europe Princesse phénicienne · L’enlèvement par Zeus · Iconographie numismatique · République romaine Nature Mortelle héroïsée · Princesse Origine Phénicie · Tyr Filiation Fille d’Agénor · Mère de Minos Attributs Taureau blanc · Voile · Crète Monnaie RRC 377/1 Europe, fille d’Agénor roi de Tyr et de Téléphassa, est l’une des figures les plus célèbres de la mythologie grecque. Son mythe — l’enlèvement par Zeus métamorphosé en taureau blanc — traverse toute l’Antiquité, des fragments d’Hésiode aux Métamorphoses d’Ovide, et donne son nom au continent occidental. Princesse phénicienne d’une grande beauté, elle incarne le pont entre l’Orient et l’Occident, entre la civilisation sémitique et le monde grec. Son passage de la côte de Tyr aux rivages crétois n’est pas seulement un enlèvement divin : c’est un acte fondateur. Des fils qu’elle donne à Zeus — Minos, Rhadamanthe et Sarpédon — naissent des dynasties et des lignées qui structurent la géographie mythologique du bassin méditerranéen. Europe et le taureau · Fresque de Pompéi (IX 5, 18-21) · Musée archéologique national de Naples · Domaine public « Elle s’avance, curieuse, vers le taureau qui ne fuit pas ; elle cueille des fleurs pour les offrir à sa bouche blanche comme neige. » — Ovide, Métamorphoses, II, 858–875 ✦ Le mythe de l’enlèvement 01 L’enlèvement — De Tyr à la Crète Mythe fondateur · Hésiode · Ovide Selon le récit le plus répandu, Zeus, épris de la beauté d’Europe, se métamorphose en un magnifique taureau blanc au pelage immaculé et aux cornes en croissant de lune, pour l’approcher sans l’effrayer. Europe et ses compagnes cueillent des fleurs au bord de la mer près de Sidon. Attirée par la douceur et la beauté de l’animal, elle s’approche, le caresse, lui offre des fleurs, puis — prise par une audace irraisonnée — monte sur son dos. Zeus saisit l’occasion : d’un bond, il s’élance vers la mer et traverse les flots en direction de la Crète. Europe, agrippée aux cornes du taureau, laisse flotter son voile dans le vent — geste que les artistes et les graveurs de monnaies reproduiront fidèlement pendant des siècles. Sur l’île, Zeus révèle sa véritable nature. De leur union naissent trois fils : Minos, futur roi de Crète et juge des Enfers ; Rhadamanthe, également juge des morts, réputé pour sa justice inflexible ; et Sarpédon, qui selon certaines versions fonde une dynastie en Lycie. Zeus offre à Europe des présents divins : Laelaps, le chien infaillible qui rattrape toujours sa proie ; un javelot qui ne manque jamais sa cible ; et Talos, l’automate de bronze chargé de surveiller les côtes de la Crète. Europe épouse ensuite Astérion, roi de l’île, qui adopte ses fils et lui assure un statut royal. ✦ Représentations remarquables R1 Cratère à figures rouges d’Assteas — Europe sur le taureau Vers 350–340 av. J.-C. Assteas (peintre pestano) · Europe sur le taureau et monstres marins · Vers 350–340 av. J.-C. · Céramique à figures rouges · Musée archéologique national de Paestum · CC BY-SA 3.0 Ce cratère à figures rouges, attribué au peintre Assteas, l’un des maîtres de la céramique pestane de Grande Grèce, constitue l’une des représentations antiques les plus spectaculaires du mythe. Europe y est figurée assise de face sur le taureau bondissant, les bras largement ouverts, son voile déployé formant un arc au-dessus de sa tête — une composition dynamique qui capte l’instant de l’enlèvement en pleine mer, entouré de monstres marins aux corps serpentins. La vivacité du trait rouge sur fond noir, caractéristique de l’école pestane, et la richesse narrative de la scène — avec ses créatures marines qui escortent le taureau divin — font de ce vase un témoignage de premier ordre sur la réception du mythe d’Europe dans le monde grec d’Italie du Sud au IVe siècle avant notre ère. Ce cratère a eu une histoire mouvementée : saisi illicitement, il fut restitué à l’Italie par le J. Paul Getty Museum en 2005 après une procédure judiciaire. ✦ Symbolisme & attributs iconographiques 02 Les emblèmes d’Europe dans l’art et la numismatique Antiquité · Monnaies · Fresques L’iconographie d’Europe est remarquablement stable à travers les siècles : la scène de l’enlèvement — la jeune femme sur le taureau bondissant, voile déployé — constitue l’image canonique qui se décline des monnaies de Gortyne en Crète jusqu’aux fresques de Pompéi. 🐂 Le Taureau blanc Zeus métamorphosé. Symbole de puissance divine et de fertilité ; son pelage immaculé évoque la pureté céleste. 🌬️ Le Voile flottant Déployé au-dessus de la tête d’Europe dans le vent marin. Attribut distinctif reproduit fidèlement sur le denier RRC 377/1. ⚡ Le Foudre Présent derrière Europe sur le revers du denier Volumnia — rappel discret de l’identité divine du taureau. 🌊 La Mer traversée Le voyage de Phénicie en Crète symbolise le passage entre Orient et Occident, lien fondateur des civilisations méditerranéennes. Sur le denier de L. Volumnius Strabo (RRC 377/1), tous ces éléments convergent en une composition d’une grande efficacité narrative : le taureau bondissant à gauche, Europe assise tenant son voile déployé au-dessus de sa tête, le foudre derrière elle et une feuille de vigne sous le taureau — un programme iconographique qui condense le mythe entier sur un flan d’argent de moins de quatre grammes. ✦ Représentation numismatique ⭐ Un revers exceptionnel — Iconographie rare dans le monnayage républicain Le choix du revers « Europe sur le taureau » est inhabituel dans le monnayage romain républicain de cette époque. Ce type iconographique se retrouve principalement sur les monnaies de Gortyne en Crète, ce qui suggère que L. Volumnius Strabo entretenait une connexion — familiale, politique ou commerciale — avec la Crète ou l’Orient hellénistique. L’indice de rareté de cette pièce est de 8, témoignant de sa relative rareté sur le marché numismatique. Frappé en 81 av. J.-C. sous la dictature de Sylla, ce denier serratus (à bord dentelé) illustre la richesse iconographique que les magistrats monétaires républicains pouvaient mobiliser pour signer leur émission. 03 Denier Serratus Volumnia

Sibylle

Sibylle · Iconographie numismatique · LesDioscures Sibylle Prophétesse d’Apollon · Oracles sibyllins · Iconographie numismatique · République romaine Nature Figure mythique Origine Grecque · Romaine Attributs Livres · Rameau · Trépied Période VIIIe s. – Ier s. av. J.-C. Culte lié Apollon · Cybèle Dans la mythologie grecque et romaine, une sibylle est une prophétesse inspirée par le dieu Apollon, dotée du don de divination. Contrairement à la Pythie de Delphes, attachée à un sanctuaire et répondant aux questions posées, les sibylles sont des figures indépendantes, souvent itinérantes, qui délivrent des oracles énigmatiques — dits sibyllins — à la première personne. Leur nom dérive du grec Sibylla (prophétesse), bien que l’étymologie reste incertaine. Apparues dès le VIIIe siècle av. J.-C. en Asie Mineure, initialement liées à la déesse Cybèle avant d’être assimilées à Apollon, les sibylles forment un ensemble de figures prophétiques disséminées à travers tout le monde méditerranéen. À Rome, leur héritage prend une forme concrète et institutionnelle avec les célèbres Livres sibyllins, textes sacrés consultés par le Sénat dans les moments de crise. « Je vis de mes propres yeux la Sibylle de Cumes suspendue dans une ampoule, et quand les enfants lui demandaient : que veux-tu ? elle répondait : je veux mourir. » — Pétrone, Satyricon, Épigramme de T.S. Eliot, The Waste Land ✦ Représentations remarquables R1 La Sibylle de Cumes — Andrea del Castagno v. 1449–1451 · Peinture murale florentine La Sibylle de Cumes · Andrea del Castagno · v. 1449–1451 · Fresque transférée sur panneau · Galerie des Offices, Florence · Domaine public Cette fresque, initialement peinte pour la Villa Carducci à Legnaia (Florence) avant d’être transférée aux Offices, représente la Sibylle de Cumes comme une femme majestueuse, debout, vêtue d’un ample manteau aux teintes chaudes. Le peintre florentin Andrea del Castagno lui confère une prestance monumentale qui tranche avec les représentations de vieillesse déclinante souvent associées à cette figure. Elle tient dans ses mains les livres prophétiques, attribut essentiel qui renvoie directement à la tradition des Livres sibyllins de Rome. L’œuvre s’inscrit dans la série des Uomini e Donne famosi (Hommes et Femmes illustres) commandée pour décorer la villa, aux côtés de figures héroïques antiques et contemporaines. R2 La Sibylle de Cumes — Michel-Ange, Chapelle Sixtine 1508–1512 · Fresque Renaissance La Sibylle de Cumes · Michel-Ange · 1508–1512 · Fresque · Chapelle Sixtine, Vatican · Domaine public Dans les fresques du plafond de la Chapelle Sixtine, Michel-Ange représente cinq sibylles aux côtés de sept prophètes de l’Ancien Testament. La Sibylle de Cumes y apparaît comme une figure colossale, musclée, d’une vieillesse puissante et sévère — elle tourne les pages d’un grand livre ouvert, concentrée sur sa lecture prophétique. Ce traitement contredit délibérément les canons féminins de la beauté Renaissance : Michel-Ange la peint massive, presque masculine, pour souligner la force de la prophétie divine qui la traverse. Cette représentation reflète l’intégration des sibylles dans la théologie chrétienne médiévale et renaissante, où elles étaient perçues comme des prophétesses gentiles ayant annoncé la venue du Christ. ✦ Attributs iconographiques 03 Les emblèmes de la Sibylle Monnaies · Fresques · Sculptures L’iconographie sibylline est remarquablement stable à travers les siècles : quelques attributs récurrents permettent d’identifier immédiatement la prophétesse, qu’elle figure sur une monnaie républicaine, une fresque Renaissance ou une sculpture baroque. 📜 Livres sibyllins Rouleaux ou codex prophétiques — attribut principal, référence directe aux neuf livres vendus à Tarquin. 🔱 Trépied d’Apollon Symbole de son inspiration divine et de son lien avec le sanctuaire apollinien de Delphes ou Cumes. 🌿 Rameau de laurier Plante sacrée d’Apollon, portée par la sibylle en signe d’investiture prophétique. 👁️ Regard extatique Représentée les yeux révulsés ou tournés vers le ciel, en état de transe prophétique. ⏳ Vieillesse surnaturelle Longévité extrême : selon Ovide, la sibylle de Cumes vécut mille ans par grâce d’Apollon, mais oublia de demander la jeunesse. 🏛️ Grotte ou antre La sibylle de Cumes rendait ses oracles depuis l’antre des Champs Phlégréens, décrit par Virgile dans l’Énéide. Sur les monnaies républicaines, la sibylle est généralement représentée voilée, de profil, avec un ou plusieurs livres (rotuli) tenus à la main. Sa présence numismatique est directement liée aux grandes familles romaines qui revendiquaient une connexion avec les oracles sibyllins ou le culte apollinien. ✦ Représentation numismatique ⚡ Le denier Manlia — seule émission républicaine à la Sibylle Le denier émis par Lucius Manlius Torquatus (RRC 295/1, vers 113–112 av. J.-C.) constitue l’une des représentations les plus emblématiques de la Sibylle dans la numismatique républicaine. Son revers illustre directement la légende de la vente des Livres sibyllins à Tarquin le Superbe. La gens Manlia se réclamait d’un lien ancestral avec les gardiens officiels des Livres sibyllins (decemviri sacris faciundis), ce qui explique ce choix iconographique fort, affirmant à la fois la piété et la légitimité de la famille. 04 Denier Manlia · Lucius Manlius Torquatus 113–112 av. J.-C. 🏛 Portrait voilé · Sibylle à l’avers Denier Manlia · Lucius Manlius Torquatus · RRC 295/1 · Argent · Rome · 113–112 av. J.-C. 🏛 Légendes & description Avers — · Tête voilée à droite Tête voilée de la Sibylle à droite, parfois identifiée à Roma — figure prophétique aux traits sévères, coiffée d’un voile de tissu lourd. Revers L · TORQVAT Le magistrat monétaire L. Torquatus debout face à la Sibylle assise, lui remettant les Livres sibyllins — scène directement tirée de la légende de Tarquin. À l’exergue : symbole de contrôle. Ce denier est remarquable par sa narration iconographique : le revers met en scène l’épisode légendaire où la sibylle de Cumes, après avoir brûlé six des neuf livres prophétiques devant le refus de Tarquin, finit par vendre les trois derniers au même prix que les neuf initiaux. La gens Manlia revendiquait par cette image sa participation historique à la garde de ces textes sacrés. La présence de la Sibylle sur cette monnaie est un acte de propagande aristocratique autant que de piété : elle ancre la famille dans la grande histoire religieuse de Rome et affirme son

Anguipède

[TITRE] · Iconographie numismatique · LesDioscures Anguipède Créature mythologique · Jambes de serpent · Iconographie numismatique républicaine Nature Créature mythologique Origine Greco-romaine · Gauloise Attributs Jambes de serpent · Foudre Monnaies RRC 474/4 · 1 type recensé Période frappe 45 av. J.-C. Un anguipède est une créature mythologique dont les membres inférieurs se terminent en forme de serpents. Le terme vient du latin anguis (« serpent ») et pes (« pied »), signifiant littéralement « aux pieds de serpent ». Cette figure hybride traverse les cultures antiques — grecque, romaine, gauloise — et symbolise tantôt le chaos primordial, tantôt la puissance tellurique, tantôt les forces du mal vaincues par l’ordre divin. Dans la numismatique républicaine romaine, l’anguipède fait une apparition remarquable sur le denier Valeria de 45 av. J.-C. — l’une des rares monnaies à représenter explicitement une scène de gigantomachie. Géant anguipède · Statuette romaine en bronze · fin IIe siècle apr. J.-C. · Getty Villa (inv. 92.AB.11) · Domaine public « Le géant Valens, le type de la puissance, de la force et de la valeur, est représenté dans la mythologie comme luttant contre les dieux : il tient la foudre comme Jupiter. » — Ernest Babelon, Description historique des monnaies de la République romaine ✦ La Gigantomachie grecque 01 Les Géants anguipèdes dans l’art grec À partir du IVe siècle av. J.-C. Autel de PergameIIe s. av. J.-C. Dans la tradition gréco-romaine, les anguipèdes sont associés aux Géants de la Gigantomachie — le combat mythique opposant les dieux de l’Olympe aux Géants nés de Gaïa. À partir de ca. 380 av. J.-C., les Géants sont conventionnellement représentés avec des jambes de serpent dans l’art grec. L’exemple le plus célèbre est la Grande Frise de l’Autel de Pergame (IIe s. av. J.-C., aujourd’hui au Pergamonmuseum de Berlin), où Athéna, Zeus et les autres dieux terrassent des Géants anguipèdes dans une composition d’une violence expressionniste saisissante. Typhon, le monstre primordial né de Gaïa et du Tartare, est lui aussi souvent représenté avec des jambes serpentines. Ces représentations symbolisent le triomphe de l’ordre olympien sur le chaos des forces primordiales — une lecture politique autant que cosmologique. ✦ Le Cavalier à l’Anguipède — tradition gallo-romaine 02 Jupiter / Taranis terrassant l’Anguipède Gaule romaine · Ier–IIIe s. apr. J.-C. Cavalier à l’anguipèdeMetz · Musée de la Cour d’Or Dans la Gaule romaine, l’anguipède connaît une fortune iconographique exceptionnelle avec le motif du cavalier à l’anguipède : un dieu équestre — assimilé à Jupiter ou au dieu gaulois Taranis — piétine sous les sabots de son cheval un géant difforme dont les membres inférieurs s’achèvent en serpents. Ces groupes sculpturaux, placés au sommet de colonnes dites colonnes de Jupiter, sont caractéristiques de la Gaule rhénane et du nord-est de la France. On en recense plus de 160 exemplaires entre la Meuse et le Rhin. Les sites majeurs incluent Grand (Vosges), Metz, le Donon et Arlon (Belgique). ⚡ Jupiter / Taranis Dieu céleste et de l’orage — la foudre est son arme contre les forces chthoniennes représentées par l’anguipède. 🐍 Jambes serpentines Symbolisent le lien avec la terre (chthonien) et les forces primordiales du chaos — opposées à l’ordre céleste. 🏛️ Colonnes de Jupiter Monuments cultuels placés près de sources et de thermes — 160+ exemplaires recensés en Gaule rhénane. 🌍 Diffusion géographique De la Gaule jusqu’au Gandhara (nord-ouest Pakistan), en passant par la gigantomachie de Pergame. ✦ Abrasax — l’anguipède des amulettes magiques 03 Abrasax — tête de coq, jambes de serpent Amulettes gréco-romaines · IIe–IVe s. apr. J.-C. AbrasaxGemme magique Dans les cultes gnostiques et magiques de l’Antiquité tardive, Abrasax (ou Abraxas) est l’anguipède par excellence : une entité mystique représentée avec une tête de coq, un corps humain et des jambes serpentiformes, brandissant un bouclier et un fouet. Son nom, dont les lettres grecques totalisent 365 en valeur numérique, le lie au cycle solaire annuel. Ces figures sont fréquentes sur les gemmes magiques — pierres gravées servant d’amulettes — et témoignent d’un syncrétisme entre éléments égyptiens, grecs, juifs et persans. L’inscription IAŌ (forme du tétragramme divin) apparaît fréquemment sous la figure. Abrasax symbolise ainsi une dualité cosmique : à la fois protecteur et force primordiale, pont entre les mondes céleste et chthonien. ✦ Représentation numismatique 🏛️ Monnaie rarissime — Indice de rareté 10 RRC 474/4British Museum · 4,17 g Le denier frappé en 45 av. J.-C. par Lucius Valerius Acisculus est classé avec un indice de rareté de 10 sur 10 — le plus élevé possible. Contrairement aux autres émissions du même monétaire (Europa, Sibylle), le type au géant anguipède a été produit en quantités très limitées, suggérant une émission spéciale ou commémorative. Le géant du revers est identifié par Babelon comme Valens — nom qui partage la même étymologie que Valerius (valere : être fort). C’est une manière pour le monétaire de s’approprier une ascendance divine tout en évoquant la victoire de l’ordre cosmique sur le chaos, en pleine guerre civile romaine. 04 Denier Valeria · Lucius Valerius Acisculus 45 av. J.-C. · Rome ⚡ Jupiter foudroyant le géant Valens · Type parlant ACISCVLVS British Museum · 4,17 g ↗ Fiche 🏛 Légendes & description Avers ACISCVLVS Tête de Jupiter à droite dans une couronne de laurier ; derrière la tête, une petite pioche (acisculus) — type parlant sur le cognomen du monétaire. Jeu de mots visuel typique de la République tardive. Revers L · VALERIVS Géant anguipède de face, prenant de la main droite l’éclair de Jupiter qui a frappé son flanc, la main gauche levée à l’agonie. Scène de Gigantomachie — le géant Valens terrassé par la foudre divine. L’année 45 av. J.-C. est celle de la bataille de Munda, où César écrase les derniers pompéiens. Le géant foudroyé peut représenter les ennemis de la République enfin vaincus — Jupiter (assimilé à César dans la propagande de l’époque) rétablissant la paix universelle. Selon Babelon, le géant Valens est le père d’Esculape dans une tradition mythologique : Coronis allait donner naissance à Esculape quand Apollon, furieux de

Séléné ou Luna

Séléné · Luna · Iconographie numismatique · LesDioscures Séléné · Luna Déesse de la Lune · Iconographie numismatique · République romaine Nature Divinité lunaire Origine Grecque · Romaine Attributs Croissant · Bige · Torche · Voile étoilé Famille Sœur de Sol & Aurora Monnaies RRC 303/1 · Aquillia Dans la mythologie romaine, Luna est la déesse personnifiant la Lune, associée à sa lumière, ses phases et son influence mystique sur le monde. Représentée comme une femme d’une grande beauté, elle porte une couronne ornée d’un croissant lunaire et traverse le ciel nocturne dans un char d’argent — une biga — tiré par des chevaux ou des bœufs blancs. Sœur de Sol et d’Aurora, elle joue un rôle fondamental dans l’ordre cosmique, marquant le rythme des nuits et des saisons. Son nom latin, luna, est à l’origine de termes comme « lunaire » ou « lunatique ». Son équivalent grec, Séléné, partage les mêmes attributs : le croissant frontal, le char nocturne, et la passion pour le beau berger Endymion endormi sur le mont Latmos — mythe que l’art romain reprendra abondamment sur les sarcophages. Cette double identité gréco-romaine confère à la déesse une richesse iconographique exceptionnelle, que l’on retrouve aussi bien dans la grande sculpture que sur le petit flan des deniers républicains. « Luna, tu qui illumines par ta lumière les ténèbres silencieuses, toi l’ornement du ciel, réponds à mes vœux. » — Tibulle, Élégies, III, 4 ✦ Représentations remarquables R1 Sarcophage de Séléné et Endymion — Metropolitan Museum of Art IIe – IIIe siècle apr. J.-C. Séléné et Endymion · Sarcophage romain en marbre · IIe–IIIe s. apr. J.-C. · Metropolitan Museum of Art, New York · Domaine public Ce remarquable sarcophage romain illustre le mythe le plus célèbre associé à Séléné : sa descente nocturne auprès d’Endymion, le beau berger condamné à un sommeil éternel sur le mont Latmos, que la déesse visitait chaque nuit pour contempler sa beauté. La composition en frise met en scène Séléné menant son char parmi des figures allégoriques, tandis qu’Endymion gît paisiblement entouré d’Éros et de personnages de sa suite. Ce type iconographique, extrêmement répandu dans la sculpture funéraire romaine des IIe et IIIe siècles, exprimait une idée de l’immortalité par l’amour divin. La déesse lunaire incarnait la promesse d’un passage doux vers l’au-delà. La pièce est conservée sous la référence 47.100.4ab au Metropolitan Museum of Art de New York. R2 Denier Aquillia — Luna dans sa bige · RRC 303/1 109–108 av. J.-C. Denier Aquillia · RRC 303/1 · Argent · 109–108 av. J.-C. · British Museum · 3,88 g Ce denier frappé par Manius Aquillius en 109–108 av. J.-C. offre la représentation numismatique la plus éloquente de Luna dans le monnayage républicain. Le revers figure la déesse dans une bige galopant à droite, entourée d’un croissant de lune et de trois étoiles au-dessus, avec une étoile supplémentaire sous l’attelage — formant ainsi un véritable tableau céleste en miniature. Associée à l’avers où Sol rayonne de sa tête radiée, cette pièce propose une vision complète du cycle cosmique jour-nuit. Le choix de ces types sidéraux par Aquillius est probablement une allusion aux divinités astres particulièrement vénérées en Orient, région où sa famille s’était illustrée militairement. ✦ Attributs iconographiques 01 Les emblèmes de Luna · Séléné Monnaies · Sculptures · Mosaïques L’iconographie de Luna est stable et reconnaissable à travers toute la production artistique antique. Qu’il s’agisse d’une monnaie républicaine ou d’un relief de sarcophage impérial, ses attributs forment un vocabulaire visuel codifié que le regardeur antique identifiait immédiatement. 🌙 Croissant de lune Porté en diadème frontal ou tenu en main — son attribut le plus distinctif, présent de la céramique grecque aux monnaies romaines. 🐎 Bige nocturne Char à deux chevaux (ou bœufs) blancs traversant le ciel. Sur les monnaies, représenté au galop vers la droite. 🔦 Torche Parfois brandissée pour éclairer la nuit, symbolisant la lumière lunaire qui guide les voyageurs et les rites nocturnes. ⭐ Étoiles Présentes sur le denier Aquillia (trois au-dessus, une en dessous), elles situent Luna dans son cadre céleste et cosmique. 👗 Voile étoilé Billowing cape ou velificans déployée au vent — attribut de la course céleste, commun à Luna, Sol et Aurora. 🌊 Influence sur les marées Pouvoir symbolique sur les eaux, la fertilité et les cycles féminins — fondement de son culte agricole et rituel. Dans la numismatique républicaine, ces attributs sont condensés en quelques éléments distinctifs : le croissant, les étoiles, et la bige lancée au galop. Le denier RRC 303/1 d’Aquillius en est le témoignage le plus complet et le plus réussi. ✦ Représentation numismatique 🌙 Le couple Sol / Luna — Un diptique cosmique unique Le denier RRC 303/1 de Manius Aquillius est remarquable en ce qu’il met en regard, sur les deux faces d’une même pièce, les divinités du Soleil et de la Lune : Sol radié à l’avers, Luna en bige au revers. Ce diptique cosmique est rare dans la numismatique républicaine et témoigne d’une intention iconographique délibérée. Selon Babelon, les emblèmes sidéraux choisis par Aquillius rappellent l’Orient, où le culte des astres était particulièrement développé — une région où sa famille s’était distinguée militairement. D’autres y voient un jeu sur le nom d’Aquila (l’Aigle), constellation voisine de la Lune dans le ciel antique. 02 Denier Aquillia · Luna dans sa bige · Gens Aquillia 109–108 av. J.-C. 🌙 Luna en bige galopant à droite — croissant et trois étoiles RRC 303/1 · Denier · Argent · Atelier Rome · 109–108 av. J.-C. · British Museum · 3,88 g 🏛 Légendes & description Avers Anépigraphe — marque de valeur X Tête radiée de Sol (le Soleil) à droite, marque de valeur X sous le menton. Le dieu solaire est représenté de profil avec ses rayons caractéristiques. Revers MN · AQVIL // ROMA Luna dans une bige galopant à droite. Un croissant de lune et trois étoiles au-dessus de l’attelage, une étoile sous le bige. La légende identifie le magistrat monétaire Manius Aquillius et l’atelier de Rome.

Sylla

Sylla · Iconographie numismatique · LesDioscures Sylla Lucius Cornelius Sulla Felix · Dictateur de Rome · 138 – 78 av. J.-C. · Iconographie numismatique Nature Personnage historique Gens Cornelia · Patricienne Fonctions Général · Consul · Dictateur Surnom Felix · L’Heureux Monnaies RRC 480/1 · Aemilia Lucius Cornelius Sulla Felix (vers 138 – 78 av. J.-C.) est l’un des personnages les plus fascinants et les plus controversés de la fin de la République romaine. Né dans une famille patricienne tombée dans l’obscurité, il gravit les échelons du pouvoir par la seule force de ses victoires militaires et d’une ambition froide, avant de devenir le premier général romain à marcher sur Rome avec son armée et à s’en emparer les armes à la main — ouvrant ainsi une brèche que César et bien d’autres exploiteront après lui. Sur la monnaie, Sylla n’est pas représenté de son vivant : la tradition républicaine n’autorisait pas encore le portrait des vivants. C’est à travers les émissions de ses héritiers politiques et de leurs descendants que son image entre dans la numismatique romaine. Le denier de Lucius Æmilius Buca (RRC 480/1, 44 av. J.-C.), frappé un demi-siècle après sa mort, lui rend hommage via la scène du Songe de Sylla — vision prophétique qui, selon Plutarque, aurait annoncé sa victoire sur les Marianistes. Ce denier est à la fois un acte de dévotion familiale et un instrument de propagande politique dans l’ombre des Ides de Mars. Pseudo-« Sylla » · Copie d’époque augustéenne · Glyptothèque de Munich · Marbre · Domaine public « Il vit en songe Séléné descendre de l’Olympe et lui remettre le foudre de Jupiter, lui disant de frapper ses ennemis. » — Plutarque, Vie de Sylla, 9 ✦ Représentations remarquables R1 Portrait dit de Sylla — Glyptothèque de Munich Époque augustéenne · Copie en marbre La Glyptothèque de Munich conserve un portrait en marbre longtemps identifié comme représentant Sylla — identification aujourd’hui remise en question par les spécialistes, qui y voient peut-être un autre personnage de l’époque républicaine tardive. Qu’elle soit authentique ou non, cette sculpture illustre parfaitement le type iconographique de l’aristocrate romain de la fin de la République : traits creusés, regard intense, traits énergiques qui traduisent une volonté de puissance et une expérience des champs de bataille. L’absence de portrait monétaire contemporain de Sylla est significative : contrairement à César, qui brisera le tabou républicain du portrait des vivants en 44 av. J.-C., Sylla ne fit pas frapper son effigie sur les deniers. Son image est celle d’un homme qui respectait formellement les institutions tout en les tordant à son profit — une ambiguïté qui traverse toute son œuvre politique. R2 Le Songe de Sylla — Denier Aemilia RRC 480/1 44 av. J.-C. · Lucius Æmilius Buca La représentation numismatique la plus célèbre liée à Sylla est la scène du revers du denier RRC 480/1 : on y voit le dictateur couché contre un rocher, recevant la visite de Séléné (la Lune) qui descend d’une montagne, tandis que la déesse Victoire, ailes déployées, assiste à la scène. Cette composition illustre le songe prophétique décrit par Plutarque, dans lequel Séléné remet à Sylla le foudre de Jupiter pour foudroyer ses adversaires — vision qui aurait précédé de quelques heures sa victoire décisive à la Porte Colline en 82 av. J.-C. En choisissant ce motif en 44 av. J.-C., le monétaire Lucius Æmilius Buca — fils d’un proche de Sylla — affirme l’héritage familial sullénien tout en créant un parallèle subtil avec César, nouvel homme providentiel protégé des dieux. Ce denier est ainsi le seul à représenter Sylla dans toute la numismatique républicaine. ✦ Éléments iconographiques liés à Sylla 01 Les symboles de la propagande sullénienne Numismatique · Littérature · Sculpture Sylla a construit autour de lui une mythologie politique fondée sur la protection divine et la chance extraordinaire — d’où son surnom Felix (l’Heureux). Cette propagande se déploie à travers des symboles qui traversent l’iconographie républicaine tardive et les récits de Plutarque et d’Appien. ⚡ Foudre de Jupiter Remis par Séléné dans le rêve prophétique — symbole de la puissance divine accordée à Sylla pour écraser ses ennemis. 🌙 Séléné / Luna Déesse de la Lune, messagère divine dans le songe. Sa descente de l’Olympe confère à Sylla une légitimité surnaturelle. 🏆 Victoria Témoin ailé du songe au revers du denier Aemilia — confirme que la victoire à venir est d’origine divine. 🌟 Felix Son surnom officiel : « l’Heureux ». Sylla revendiquait une chance exceptionnelle comme preuve de la faveur des dieux. 🦁 Vénus (avers) À l’avers du denier Aemilia, Vénus rappelle à la fois l’ancêtre mythique de la gens Julia et la déesse dont Sylla se disait le protégé. 📜 Imperator iterum Titre utilisé sur certaines émissions liées à Sylla — « commandant en chef pour la deuxième fois » — affirmant sa supériorité militaire. L’ensemble de ces symboles construit un portrait de Sylla comme élu des dieux — homme dont les victoires ne s’expliquent pas seulement par le génie militaire, mais par une protection divine singulière. Cette rhétorique sera reprise et amplifiée par César, puis par Auguste. ✦ Représentation numismatique ⚡ Seule représentation de Sylla dans le monnayage républicain — RRC 480/1 Le denier RRC 480/1 de Lucius Æmilius Buca (44 av. J.-C.) est la seule monnaie républicaine à représenter explicitement Sylla — à travers la scène de son songe prophétique. Frappé en janvier-février 44, ce denier précède les émissions au portrait de César (DICT PERPETVO) de quelques semaines seulement. Il marque la charnière entre deux systèmes iconographiques : l’héritage gloriose de la République aristocratique et la propagande dynastique du futur Empire. L’indice de rareté de ce denier sur LesDioscures est 6/10+, pour 71 exemplaires répertoriés au CRRO. Il est frappé en argent à Rome, pesant en moyenne 3,61 g. 02 Denier Aemilia — Vénus & Le Songe de Sylla 44 av. J.-C. 🏛 Sylla couché recevant Séléné · Victoire derrière RRC 480/1 · BnF · 3,61 g 🏛 Légendes & description Avers L · BVCA Tête