Cossutia

Cossutia · Iconographie numismatique · LesDioscures Cossutia Gens plébéienne équestre · IIe s. av. J.-C. – 44 av. J.-C. · Iconographie numismatique · République romaine Nature Plébéienne · Ordre équestre Membres notables L. Cossutius Sabula · C. Cossutius Maridianus Origine supposée Gaule Cisalpine · Caesena · ou Corinthe Monnaies 4 deniers · 2 magistrats La gens Cossutia était une famille plébéienne de rang équestre à Rome — composée de chevaliers, banquiers et hommes d’affaires (negotiatores) plutôt que de sénateurs. Elle n’a jamais atteint les hautes magistratures curules ni le consulat. D’après Babelon, il est conjecturé, à partir d’une mention de Cicéron des tabulae Cossutianae près de Caesena en Gaule Cisalpine, que les Cossutii sont peut-être originaires de cette région. D’autres éléments iconographiques orientent vers un lien avec Corinthe. La gens est représentée numismatiquement par deux magistrats monétaires séparés d’une génération. Lucius Cossutius Sabula frappe en 74 av. J.-C. un denier aux types grecs de Méduse et Bellérophon sur Pégase — évocateurs d’un Orient hellénisé où les Cossutii étaient peut-être actifs comme negotiatores. Trente ans plus tard, Caius Cossutius Maridianus entre dans l’histoire en devenant l’un des quatre magistrats monétaires de Jules César en 44 av. J.-C., frappant trois deniers parmi les plus chargés de sens politique de toute la numismatique républicaine — dont le fameux denier à la légende cruciforme A.A.A.F.F. « Caius Cossutius Maridianus fit partie du premier collège monétaire composé de quatre membres, institué par Jules César en 44 av. J.-C. — ses monnaies sont parmi les documents les plus chargés de sens de la fin de la République. » — E. Babelon, Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine · M.H. Crawford, Roman Republican Coinage ✦ Origines & identité de la gens ⚖️ Une famille équestre aux connexions grecques et orientales La gens Cossutia illustre le profil des familles équestres qui, sans jamais atteindre le Sénat, jouèrent un rôle essentiel dans l’économie et les finances de la République tardive. Banquiers, négociants et fermiers de l’impôt (publicani), les chevaliers de cet ordre contrôlaient une part considérable des richesses de Rome et de ses provinces. L’iconographie du denier de Lucius Cossutius Sabula — Méduse et Bellérophon, types corinthiens par excellence — suggère un ancrage particulier de la famille dans le monde grec. Babelon envisage même que Sabula ait pu être chargé de fonder ou d’administrer la colonie romaine de Corinthe (établie par César en 46 av. J.-C.), bien qu’il reconnaisse que la datation de la monnaie rende cette hypothèse difficile à maintenir. Les negotiatores romains étaient particulièrement actifs à Corinthe et en Grèce, et les Cossutii pourraient avoir fait partie de ces réseaux marchands. ✦ Magistrat monétaire I — République 01 Lucius Cossutius C. f. Sabula 74 av. J.-C. 🐍 Légende : L. COSSVTI. C. F. · Méduse & Bellérophon · RRC 395/1 Ce magistrat fit émettre un denier (1337CO). La légende « L. COSSVTI. C. F. » — Lucius Cossutius Caii Filius, Lucius Cossutius fils de Caius — identifie le monétaire avec sa filiation. Le cognomen SABVLA figure à l’avers. L’avers porte une tête de Méduse à gauche, coiffée d’un diadème surmonté d’ailes et orné de serpents. Le revers représente Bellérophon chevauchant Pégase s’envolant à droite, avec une marque de contrôle derrière. Ces deux types — Méduse et Pégase-Bellérophon — sont des types monétaires emblématiques de Corinthe, ville dont Pégase était la figure tutélaire. Ce choix iconographique hellénisant, rarissime dans le monnayage républicain, évoque les liens commerciaux et peut-être administratifs de la famille avec la Grèce. Cliquez sur la monnaie pour le détail. ✦ Magistrat monétaire II — Dictature de César 02 Caius Cossutius Maridianus 44 av. J.-C. ⚡ Légende : C·MARIDIANVS · César dictateur · RRC 480/15, 16, 19 Ce magistrat fit émettre trois deniers : (1536CO · RRC 480/15), (1537CO · RRC 480/16) et (1540CO · RRC 480/19). La légende des deux premiers est « C·MARIDIANVS » au revers ; le troisième porte « C COSSVTIVS MARID-IANVS A A A F.F » en croix. Maridianus était l’un des quatre magistrats monétaires (Quattuorviri Monetales) institués par César en 44 av. J.-C. — une innovation : traditionnellement trois (Triumviri), César porta le collège à quatre pour répondre aux besoins financiers de sa campagne parthique. Ses trois collègues étaient L. Aemilius Buca, M. Mettius et P. Sepullius Macer. Ces quatre hommes frappèrent ensemble les monnaies les plus politiquement révolutionnaires de la République : le premier portrait d’un Romain vivant sur une monnaie romaine. Cliquez sur les monnaies pour le détail. ✦ Contexte historique & iconographie 03 Les deniers de César — entre royauté et apothéose Février – Avril 44 av. J.-C. Les trois deniers frappés par Maridianus constituent un témoignage exceptionnel du basculement de Rome vers l’autocratie. Les RRC 480/15 et 480/16 portent à l’avers la tête laurée et voilée de César (Capite Velato) avec la légende CAESAR DICT PERPETVO — César dictateur perpétuel, titre reçu en février 44 av. J.-C. — et au revers Vénus Victrix tenant une Victoriola et s’appuyant sur un bouclier posé sur le globe. Pour la première fois dans l’histoire de Rome, un homme vivant fait figurer son portrait sur une monnaie frappée à Rome — rupture absolue avec la tradition républicaine. Le RRC 480/19, frappé après les Ides de Mars (15 mars 44), porte CAESAR PARENS PATRIAE (César père de la patrie) à l’avers avec bonnet de flamine et lituus, et au revers la légende cruciforme C COSSVTIVS MARIDIANVS A A A F.F — Auro Argento Aere Flando Feriundo (pour fondre et frapper l’or, l’argent et le bronze). Ce revers en croix est une rareté absolue dans le monnayage républicain, et la formule A.A.A.F.F. est l’une des expressions les plus complètes de la fonction monétaire jamais gravée sur une monnaie de la République. 🐴 Pégase corinthien Les types Méduse / Bellérophon de 74 av. J.-C. sont directement empruntés aux monnaies de Corinthe — lien commercial ou administratif de la gens avec la Grèce. 👁️ Premier portrait vivant Les deniers de Maridianus portent le premier portrait d’un Romain vivant sur
Cosconia

Cosconia · Iconographie numismatique · LesDioscures Cosconia Gens plébéienne · Seconde Guerre Punique – IIe s. av. J.-C. · Iconographie numismatique · République romaine Nature Plébéienne Membre notable Marcus Cosconius · Lucius Cosconius Premier magistrat Marcus Cosconius, préteur 135 av. J.-C. Monnaies 1 denier serratus référencé La gens Cosconia était une famille plébéienne à Rome. Les membres de cette gens sont mentionnés pour la première fois dans l’histoire à l’époque de la Seconde Guerre Punique (218–201 av. J.-C.), mais aucun n’a jamais obtenu les honneurs du consulat. Le premier à occuper un poste curule fut Marcus Cosconius, préteur en 135 av. J.-C. — chargé notamment de réprimer les esclaves insurgés en Apulie. La gens ne compte numismatiquement qu’un seul magistrat monétaire connu : Lucius Cosconius, fils de Marcus (M. f.), qui fit frapper en 118 av. J.-C. un denier dentelé (serratus) à la légende L. COS-C-O. M. F. Sa monnaie — la 1068CO — est frappée dans le contexte immédiat de la victoire romaine sur Bituitos, roi des Arvernes (121 av. J.-C.) et de la fondation de Narbo Martius (Narbonne, 118 av. J.-C.), première colonie romaine de Gaule transalpine. Elle constitue avec le denier de M. Aurelius Scaurus (RRC 282/1) les deux émissions de la même série commémorant ces événements. « Ce denier commémore l’effondrement de l’Empire arverne en 121 avant J.-C. et la défaite de Bituitus — l’une des plus belles monnaies de propagande de la République tardive. » — E. Babelon, Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine · M.H. Crawford, Roman Republican Coinage ✦ Origines & identité de la gens 🏛️ Une famille discrète, une monnaie historique La gens Cosconia illustre parfaitement le profil de ces familles plébéiennes de second rang qui, sans jamais atteindre les sommets du pouvoir républicain, jouèrent un rôle actif dans l’administration et l’armée. Présente dès la Seconde Guerre Punique, elle ne perce aux magistratures curules qu’avec Marcus Cosconius, préteur en 135 av. J.-C. — dont la mission en Apulie contre une révolte d’esclaves préfigure les grandes guerres serviles qui déchireront la Sicile quelques années plus tard. C’est son fils, Lucius Cosconius M. f., qui donna à la gens sa seule présence numismatique connue, avec un denier dentelé émis en 118 av. J.-C. — la même année que le denier de M. Aurelius Scaurus commémorant Narbo et Bituitos (RRC 282/1). Les deux monnaies forment la même série RRC 282, frappées conjointement ou successivement pour commémorer la victoire sur les Arvernes et l’établissement de la province de Gaule transalpine. ✦ Magistrat monétaire — République 01 Lucius Cosconius M. f. 118 av. J.-C. ⚔️ Légende : L. COS-C-O. M. F. · Denier serratus · RRC 282/2 Ce magistrat fit émettre un denier dentelé (1068CO). La légende « L. COS-C-O. M. F. » — Lucius Cosconius, fils de Marcus — identifie le monétaire en faisant clairement mention de sa filiation paternelle, pratique répandue à cette époque pour distinguer les membres d’une même gens. Le denier est dit serratus (dentelé) en raison de la tranche crénelée de son flan, caractéristique des émissions de cette période destinées à prévenir les contrefaçons par plaquage. L’avers porte la tête casquée de Roma à droite, avec la marque de valeur X derrière. Le revers représente Bituitos, roi des Arvernes, debout dans un bige galopant à droite, brandissant une enseigne et tenant bouclier et carnyx — instrument de guerre gaulois à pavillon en tête d’animal. La légende de l’exergue est L. COS-C-O. Cette scène commémore la défaite de Bituitos en 121 av. J.-C. par Cn. Domitius Ahenobarbus et Q. Fabius Maximus Allobrogicus, qui mit fin à l’hégémonie arverne sur la Gaule du Sud et ouvrit la voie à la création de la Provincia Gallia Transalpina. Cliquez sur la monnaie pour afficher le détail. ✦ Contexte historique & iconographie 02 Bituitos & la conquête de la Gaule transalpine 121 – 118 av. J.-C. La défaite de Bituitos des Arvernes en 121 av. J.-C. est l’un des moments fondateurs de la présence romaine en Gaule. Chef d’une coalition gauloise qui aurait rassemblé, selon les sources antiques, jusqu’à 180 000 hommes, Bituitos fut écrasé sur les bords du Rhône par les légions de Cn. Domitius Ahenobarbus et de Q. Fabius Maximus — ce dernier recevant pour sa victoire le surnom d’Allobrogicus. Bituitos fut capturé et exhibé à Rome lors d’un triomphe, puis retenu prisonnier en Albanum jusqu’à sa mort. Le denier de Cosconius appartient à la même série commémorative que celui de M. Aurelius Scaurus (RRC 282/1), frappé la même année à Narbo Martius. Les deux émissions célèbrent conjointement la victoire militaire et la fondation coloniale — véritable programme de propagande territoriale mis en monnaie. Narbo Martius, fondée en 118 av. J.-C. par L. Licinius Crassus et Cn. Domitius Ahenobarbus, fut la première colonie latine au-delà des Alpes et le point de départ d’une présence romaine durable en Gaule méridionale. La représentation de Bituitos en bige — guerrier gaulois dans son char de combat, armé du carnyx et du bouclier — constitue l’une des rares images de chef gaulois sur le monnayage républicain, et l’une des plus expressives de l’iconographie de la victoire étrangère dans la numismatique romaine. 🪙 Denier serratus Flan à tranche dentelée — technique anti-contrefaçon caractéristique des émissions de 118 av. J.-C. pour prévenir le plaquage sur bronze. ⚔️ Bituitos en bige Représentation rarissime d’un chef gaulois sur le monnayage républicain — Bituitos au carnyx, bouclier et enseigne dans son char de guerre. 🏛️ Narbo Martius Émission liée à la fondation de Narbonne en 118 av. J.-C. — première colonie romaine en Gaule transalpine, porte d’entrée vers l’Espagne. 📜 Filiation gravée La légende L. COS-C-O. M. F. mentionne la filiation (fils de Marcus) — pratique permettant de distinguer les branches d’une même gens sur la monnaie. 🏅 Série RRC 282 Co-émission avec le denier de M. Aurelius Scaurus (RRC 282/1) — les deux deniers forment un programme commémoratif unique de la victoire arverne. 🎺 Le carnyx Instrument de guerre gaulois à pavillon en gueule d’animal, emblème de la
Cornuficia

Cornuficia · Iconographie numismatique · LesDioscures Cornuficia Gens plébéienne · origine de Rhegium · Iconographie numismatique · République romaine · 44–42 av. J.-C. Nature Plébéienne · Rhegium Magistrat Q. Cornuficius · Augur · Imperator Province Africa Vetus (Proconsulaire) · 44–42 av. J.-C. Monnaies 2 aureii + 3 deniers · RRC 509 La gens Cornuficia était une famille plébéienne de Rome dont le nom n’apparaît pas dans les fastes de la République avant le dernier siècle. Selon Cicéron, la famille était originaire de Rhegium (Reggio di Calabria). Le premier personnage connu est un Cornuficius qui fut scriba de Verrès pendant sa préture (74 av. J.-C.) ; un Q. Cornuficius fut préteur en 66 av. J.-C. et brigue le consulat en même temps que Cicéron en 64 av. J.-C. C’est le fils de ce préteur, Quintus Cornuficius le Jeune, qui est le véritable protagoniste de l’histoire numismatique de la gens — et l’une des figures les plus fascinantes de la fin de la République. Questeur en 48 av. J.-C., envoyé comme propréteur en Illyrie par César qu’il soumet avec succès, il reçoit à son retour la dignité d’augure. Cicéron, également augure, le traite de collega (46 av. J.-C.) et l’on sait qu’il était ami de Catulle. Nommé gouverneur de l’Africa Vetus (province proconsulaire), il refuse de céder son commandement aux triumvirs après les Ides de mars, tient la province au nom du Sénat jusqu’à sa défaite et sa mort face à Titus Sextius en 42 av. J.-C. Ses cinq monnaies — deux aureii et trois deniers — forment l’une des séries provinciales les plus remarquables de la numismatique républicaine tardive : une iconographie africaine intense (Jupiter Ammon, Africa à la peau d’éléphant, Cérès-Tanit) et un revers identique sur toutes, portant la scène du couronnement de Cornuficius par Junon Sospita. « La tête de Jupiter Ammon rappelle que le culte de Jupiter Ammon était fort en honneur dans la province de l’Ancienne Afrique. La présence de Junon Lanuvina ne s’explique guère qu’en supposant que Q. Cornuficius était né à Lanuvium, où était le principal sanctuaire de cette déesse. » — Ernest Babelon, Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine, notice Cornuficia · Cicéron, Lettres à Atticus ✦ Quintus Cornuficius — le dernier défenseur républicain d’Afrique 🦁 Africa Vetus, 44–42 av. J.-C. — résistance ultime face aux triumvirs En 44 av. J.-C., l’année des Ides de mars, Quintus Cornuficius est gouverneur de l’Africa Vetus (la province de Carthage, distincte de la Numidie). Tandis que Brutus et Cassius fuient vers l’Orient pour y lever des armées, Cornuficius choisit une autre voie : tenir l’Afrique au nom du Sénat. Il refuse de remettre sa province à Titus Sextius, gouverneur de l’Africa Nova (Numidie) et partisan des triumvirs. Ses légions l’ont salué imperator après ses premiers succès militaires. Les cinq monnaies de la série sont frappées en Africa Vetus entre 44 et 42 av. J.-C. pour payer les troupes et affirmer la légitimité du gouverneur rebelle. L’iconographie est entièrement africaine : Jupiter Ammon (dieu libyen honoré dans la province), Africa personnifiée à la peau d’éléphant, Cérès-Tanit (divinité punique assimilée à Cérès). Le revers unique sur toutes les monnaies — Cornuficius couronné par Junon Sospita — est un manifeste politique : l’augure légitime reçoit l’approbation divine devant ses soldats. Vaincu par Titus Sextius en 42 av. J.-C., Cornuficius résiste jusqu’à la mort. La rareté extrême de ses monnaies s’explique par leur probable fonte après la victoire des triumvirs — une damnatio memoriae monétaire. ✦ Magistrat monétaire — Quintus Cornuficius · 44–42 av. J.-C. 01 Quintus Cornuficius · Augur & Imperator 44–42 av. J.-C. · Africa Vetus 🦁 Légende : Q. CORNVFICI. AVGVR. IMP · 2 aureii + 3 deniers · RRC 509/1–4 · Revers unique Ce magistrat fit émettre deux aureii (1660CO · RRC 509/1 et 1662CO · RRC 509/3) et trois deniers (1661CO · RRC 509/2, 1663CO · RRC 509/4 et 1664CO · RRC 509/5). La légende des revers est « Q. CORNVFICI. AVGVR. IMP » — Quintus Cornuficius, augure, imperator. Le double titre est significatif : augur revendique la légitimité religieuse (l’augure interprète la volonté des dieux), imperator affirme la légitimité militaire (acclamation par les soldats après une victoire). Le revers est rigoureusement identique sur les cinq monnaies : Cornuficius debout à gauche, voilé, tenant le lituus (bâton augural recourbé) de la main droite, couronné par Junon Sospita debout à droite — déesse armée d’une lance et d’un bouclier, portant une peau de chèvre et ayant un corbeau sur l’épaule. Babelon relie la présence de Junon Sospita à une possible origine de Cornuficius à Lanuvium (Latium), siège du principal sanctuaire de cette déesse. Les avers varient selon les monnaies : Jupiter Ammon à gauche (1660CO, 1661CO), Africa drapée portant une peau d’éléphant avec deux lances (1662CO, 1663CO), et Cérès-Tanit (1664CO). Ces trois personnifications africaines constituent un programme cohérent de légitimation provinciale. Cliquez sur les monnaies pour le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 02 La gens Cornuficia — un magistrat, cinq monnaies, une province 44–42 av. J.-C. La gens Cornuficia est l’une des rares familles romaines dont toute la numismatique se concentre sur un seul personnage, une seule période et un seul lieu. Les cinq monnaies de Quintus Cornuficius forment un ensemble iconographiquement cohérent et historiquement chargé, frappé dans l’urgence d’une résistance militaire vouée à l’échec. La présence de Jupiter Ammon mérite une explication : Babelon suggère un jeu sur le nom Cornuficius — les cornes de Jupiter Ammon étant un attribut caractéristique de la divinité libyenne dont le nom Ammon (*« caché »* en libyen) résonne peut-être avec le cognomen. Plus directement, Jupiter Ammon était la divinité tutélaire de la Libye et de l’Afrique septentrionale — son effigie sur les monnaies du gouverneur affirme la possession spirituelle de la province. La rareté extrême de ces cinq monnaies — toutes avec des indices de rareté très élevés — reflète deux causes : la brièveté de l’émission (deux à trois ans au maximum) et la probable fonte des exemplaires après la victoire de
Cornelia

Cornelia · Iconographie numismatique · LesDioscures Cornelia Gens patricienne · 485 av. J.-C. – époque augustéenne · Iconographie numismatique · République romaine Nature Patricienne · gens maior Premier consul Servius Cornelius Maluginensis · 485 av. J.-C. Branches principales Scipiones · Sullae · Lentuli · Cinnae · Cethegi · Blasiones Monnaies 19 magistrats · ~60 types · 211 av. J.-C. – 5 av. J.-C. La gens Cornelia était l’une des plus grandes maisons patriciennes de Rome. Pendant plus de sept cents ans, des premières décennies de la République au IIIe siècle apr. J.-C., les Cornelii ont produit des hommes d’État et des généraux plus éminents que toute autre gens. Au moins soixante-quinze consuls sous la République étaient membres de cette famille, à commencer par Servius Cornelius Maluginensis en 485 av. J.-C. Avec les Aemilii, Claudii, Fabii, Manlii et Valerii, les Cornelii comptaient parmi les gentes maiores — les familles les plus importantes et les plus puissantes de Rome, qui pendant des siècles ont dominé les magistratures républicaines. Toutes les branches principales étaient patriciennes, mais il existait aussi des Cornelii plébéiens, dont certains au moins étaient des affranchis. L’origine des Cornelii se perd dans l’histoire. Le nomen Cornelius peut être formé à partir d’un hypothétique cognomen Corneus — « corné », ayant une peau épaisse ou calleuse — dont le diminutif Corneolus atteste l’existence ancienne. Cette étymologie implique une origine latine, et aucune tradition contraire ne subsiste. Numismatiquement, la gens est représentée par 19 magistrats monétaires couvrant la période de 211 av. J.-C. — les premières années du denier — à 5 av. J.-C., sous Auguste. « Les Cornelii ont produit des hommes d’État et des généraux plus éminents que toute autre gens : au moins soixante-quinze consuls républicains — sans compter les proconsuls, dictateurs, censeurs et pontifes. » — William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology · Chase, p. 124 ✦ Branches & figures majeures 🏛️ Scipiones · Sullae · Lentuli — trois siècles de premières familles La gens Cornelia se distingue par la multiplicité et la gloire de ses branches. Les Scipiones dominent le IIIe et le IIe siècle — Scipion l’Africain vainqueur d’Hannibal à Zama (202 av. J.-C.), Scipion Émilien destructeur de Carthage (146 av. J.-C.) et de Numance (133 av. J.-C.). Les Sullae marquent la fin de la République : Lucius Cornelius Sulla (138–78 av. J.-C.), dictateur, réformateur et fondateur du régime syllanien, est le personnage le plus déterminant de son époque. Son fils Faustus Cornelius Sulla (88–46 av. J.-C.) perpétue le nom dans la numismatique de 56 av. J.-C. Les Lentuli traversent deux siècles — consuls, censeurs, proconsuls — jusqu’à Spinther, qui émet des monnaies aux côtés de Brutus et Cassius en 43–42 av. J.-C. Sur le plan numismatique, la gens Cornelia offre l’une des séries les plus longues et les plus variées du monnayage républicain : 211 av. J.-C. (Sardaigne, émission en marge des guerres puniques) jusqu’aux 5 av. J.-C. (quadrans de Sisenna sous Auguste). Entre ces deux bornes, les guerres civiles, la dictature de Sulla, et les grandes crises républicaines se lisent toutes dans les légendes et les types des Cornelii monétaires. ✦ Magistrats monétaires — République (211–41 av. J.-C.) 01L. Cornelius Lentulus211 av. J.-C. · Sardaigne 🏺 Légende : C · 1 quinaire + 5 bronzes · RRC 68 · Atelier de Sardaigne Ce magistrat fit émettre un quinaire (240CO), un as (241CO), un semis (242CO), un triens (243CO), un quadrans (244CO) et un sextans (245CO). La légende est « C ». Cette émission exceptionnelle est frappée en Sardaigne en 211 av. J.-C. — l’année même de l’introduction du denier à Rome. Ces pièces sont parmi les premières monnaies republicaines à lettre unique. Le contexte est celui de la Deuxième Guerre Punique à son apogée : Hannibal est encore en Italie, Capoue vient de se rendre à Rome (211 av. J.-C.). Fiches 240COQuinaireLégende C. Sardaigne, 211.→ 241COAsLégende C. Sardaigne, 211.→ 242COSemisLégende C.→ 243COTriensLégende C.→ 244COQuadransLégende C.→ 245COSextansLégende C.→ 02L. Cornelius Cinna169–158 av. J.-C. 🏺 Légende : CINA · 5 bronzes · As, Semis, Triens, Quadrans, Sextans Ce magistrat fit émettre un as (692CO), un semis (693CO), un triens (694CO), un quadrans (695CO) et un sextans (696CO). La légende est « CINA » — orthographe archaïque du cognomen Cinna. Série entièrement en bronze, sans denier. L’ancêtre de ce Cinna sera peut-être le même cognomen que Lucius Cornelius Cinna (†84 av. J.-C.), consul et principal adversaire de Sulla dans les guerres civiles — bien que le lien familial direct ne soit pas attesté. 692COAs · CINA169–158 av. J.-C.→ 693COSemis · CINA→ 694COTriens · CINA→ 695COQuadrans · CINA→ 696COSextans · CINA→ 03P. Cornelius Blasio169–158 av. J.-C. 🏺 Légende : P.BLAS · 5 bronzes Ce magistrat fit émettre un as (752CO), un semis (753CO), un triens (754CO), un quadrans (755CO) et un sextans (756CO). La légende est « P.BLAS ». Publius Cornelius Blasio émet en même temps que L. Cornelius Cinna — leurs séries de bronze coexistent dans la même période de frappe intensive du IIe siècle av. J.-C. 752COAs · P.BLAS169–158 av. J.-C.→ 753COSemis→ 754COTriens→ 755COQuadrans→ 756COSextans→ 04Publius Cornelius Sulla151 av. J.-C. 🪙 Légende : P.SVLA · 1 denier + 5 bronzes · RRC 205 Ce magistrat fit émettre un denier (834CO), un as (835CO), un semis (836CO), un triens (837CO), un quadrans (838CO) et une once (839CO). La légende est « P.SVLA ». Ce Publius Cornelius Sulla — orthographe ancienne du cognomen Sulla avec un seul L — est un prédécesseur du célèbre dictateur. Son émission est complète avec denier, bronzes et once. 834CO · RRC 205/1Denier · P.SVLA151 av. J.-C.→ 835COAs→ 836COSemis→ 837COTriens→ 838COQuadrans→ 839COOnce→ 05P. Cornélius Cetegus115–114 av. J.-C. 🪙 Légende : CETEGVS · 1 denier · RRC 290/1 Ce magistrat fit émettre un denier (1085CO). La légende est « CETEGVS ». Publius Cornelius Cethegus appartient à la branche des Cornelii Cethegi. L’année 115–114 av. J.-C. est contemporaine des débuts de la Guerre jugurthine (111 av. J.-C.), dans une période de pression croissante sur les ressources militaires romaines. 1085CO ·
Cordia

Cordia · Iconographie numismatique · LesDioscures Cordia Gens romaine · Ier s. av. J.-C. · Iconographie numismatique · République romaine — atelier du Pont Nature Gens romaine Membre unique Manius Cordius Rufus · préteur · proconsul · triumvir monétaire Origine Tusculum · inscription de Borghesi Monnaies 6 types · 3 deniers · 1 quinaire · 2 sesterces Manius Cordius Rufus fut triumvir monétaire vers l’an 705 de Rome (49 av. J.-C.) ou peu après. C’est le seul membre de la famille Cordia qui soit connu — et il faut éviter de confondre ses monnaies avec celles de Mucius Cordus. Cavedoni pense avec raison que Manius Cordius Rufus fut monétaire de Pompée en Orient, en raison de la ressemblance frappante de ses monnaies avec les types des médailles du Pont : l’égide de Minerve reproduit des types de bronze d’Amisus, de Chabacta, de Comana et d’autres villes pontiques ; la chouette se voit sur les pièces d’argent d’Amisus ; l’aigle aux ailes éployées se rencontre aussi sur des bronzes de la même ville. Ces rapprochements donnent la certitude que Manius Cordius Rufus frappa monnaie dans le Pont, peut-être même dans l’atelier d’Amisus. Cela est vrai au moins pour les pièces reproduisant les types autonomes des villes pontiques ; quant à celles qui font allusion aux souvenirs de la gens Cordia, elles ont peut-être été frappées à Rome même ou en Italie, avant la fuite des Pompéiens. Malheureusement, ce monétaire n’est cité dans aucun auteur antique. Une inscription de Tusculum publiée par Borghesi mentionne un Manius Cordius Rufus fils d’un autre Manius, portant les titres de praetor, proconsul, aedilis lusirando monti sacra — probablement le monétaire lui-même, l’inscription datant des dernières années de la République. On peut croire en outre, d’après cette inscription, que la gens Cordia était originaire de Tusculum : le type des Dioscures qui se trouve sur les pièces est identique à celui des deniers de Man. Fonteius et des pièces d’or de L. Sulpicius Rufus où l’on lit Tusculum — les têtes de Castor et Pollux faisant allusion au culte de ces divinités particulièrement honorées dans cette cité. « Ces rapprochements nous donnent la certitude que Manius Cordius Rufus frappa monnaie dans le Pont, peut-être même dans l’atelier d’Amisus. » — Ernest Babelon, Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine ✦ Origines & iconographie pontique 🗺️ Tusculum — une inscription, une identité, un culte des Dioscures L’inscription de Tusculum publiée par Borghesi est le seul document épigraphique permettant d’identifier Man. Cordius Rufus. Elle lui attribue les titres de praetor et proconsul — charges qui confirment une carrière sénatoriale aboutie. La localisation à Tusculum (auj. Frascati, dans les Castelli Romani) éclaire l’iconographie du monétaire : les têtes de Castor et Pollux présentes sur plusieurs de ses deniers ne sont pas un simple ornement, mais un rappel du culte des Dioscures spécifiquement lié à Tusculum, patrie également des gentes Fonteia et Sulpicia dont les monnaies portent le même type. Cette convergence iconographique entre plusieurs familles tuscultaines est l’un des exemples les plus remarquables de la propagande onomastique et topographique dans la numismatique républicaine : le type monétaire devient la signature d’une origine locale partagée. ✦ Types pontiques — identification des ateliers 🦅 Aigle aux ailes éployées Amisus · Pont Type de bronze caractéristique d’Amisus — présent sur les sesterces de Man. Cordius Rufus, preuve d’une frappe orientale. 🦉 Chouette Amisus · Pont Type des pièces d’argent d’Amisus — repris sur certains deniers de la série Cordia pour ancrer l’émission dans le Pont. 🛡️ Égide de Minerve Amisus · Chabacta · Comana Type commun aux bronzes de plusieurs villes du Pont — signe le plus fort d’une frappe dans l’atelier d’Amisus ou proche. ⚡ Dioscures Tusculum · Italie Types propres à la gens Cordia et à ses congénères tuscultaines (Fonteia, Sulpicia) — émis peut-être à Rome avant la fuite des Pompéiens. ✦ Magistrat monétaire — République 01 Manius Cordius Rufus 46 av. J.-C. 🏛 Légende : MN. CORDIVS · 3 Deniers · 1 Quinaire · 2 Sesterces · Atelier du Pont (Amisus ?) Manius Cordius Rufus fit émettre trois deniers (1469CO), (1470CO), (1471CO), un quinaire (1472CO) et deux sesterces (1473CO), (1474CO). La légende MN. CORDIVS identifie le magistrat. Cette série remarquable, frappée dans ou près de l’atelier d’Amisus dans le Pont — ou partiellement à Rome avant la fuite pompéienne — mêle des types locaux pontiques (aigle, chouette, égide) à des références tuscultaines (Dioscures). Cliquez sur une monnaie pour afficher le détail. ✦ Contexte historique & iconographie 02 La gens Cordia — un monétaire de Pompée en Orient 49 – 46 av. J.-C. La série de Manius Cordius Rufus est l’une des émissions républicaines les plus géographiquement singulières : frappée en Orient, dans le Pont, au service de la cause pompéienne, elle témoigne de la réalité des ateliers itinérants mis en place par les partisans de Pompée pour financer leurs armées après la rupture avec César. L’identification des types pontiques par Cavedoni puis Babelon a permis de localiser avec quasi-certitude l’atelier principal à Amisus, important port du Pont-Euxin (mer Noire). La coexistence sur les mêmes séries de types locaux pontiques et de types tuscultains (les Dioscures) reflète la dualité de la production : une partie frappée en Orient avec les poinçons locaux disponibles, une autre peut-être émise en Italie avant la fuite des Pompéiens. Cette hybridation iconographique fait des monnaies de la gens Cordia un document exceptionnel sur la logistique monétaire des guerres civiles. 🗺️ Tusculum Origine de la gens — confirmée par une inscription de Borghesi et par le type des Dioscures, divinités tutélaires tuscultaines. ⚓ Amisus · Pont Atelier probable principal — aigle, chouette, égide identiques aux types monétaires de cette ville du Pont-Euxin. 🏹 Monétaire de Pompée Man. Cordius Rufus frappe en Orient au service de la cause pompéienne — émission itinérante de guerre civile. 🪙 6 types · MN. CORDIVS 3 deniers · 1 quinaire · 2 sesterces · série couvrant plusieurs dénominations en argent et bronze. 🌟 Dioscures tuscultains Types partagés avec
Coponia

Coponia · Iconographie numismatique · LesDioscures Coponia Gens plébéienne · Ier s. av. J.-C. · Iconographie numismatique · République romaine Nature Gens plébéienne Membre notable C. Coponius · préteur 49 av. J.-C. · partisan de Pompée Origine Tivoli (Tibur) · inscription épigraphique attestée Monnaies 1 type référencé · Denier partagé avec Q. Sicinius La gens Coponia était une famille plébéienne à Rome. Les Coponii étaient une famille importante de la cité au premier siècle avant J.-C., bien que leur ascension politique fût tardive et leur représentation numismatique très limitée. Les Coponii sont originaires de Tivoli (l’antique Tibur), où une inscription portant leur nom a été retrouvée — précieuse attestation épigraphique d’une famille dont les sources littéraires parlent peu. Le membre le plus célèbre de cette gens est Gaius Coponius, préteur en 49 av. J.-C. et partisan résolu de Pompée lors de la guerre civile contre César. Bien que proscrit par les triumvirs en 43 av. J.-C. — lors des grandes proscriptions qui suivirent l’assassinat de César — il fut par la suite gracié et finit par être considéré comme un membre très respecté du Sénat. Sa trajectoire illustre parfaitement la capacité de l’aristocratie sénatoriale à survivre aux bouleversements politiques en jouant sur la réconciliation. Un seul magistrat monétaire est attesté pour la gens Coponia : Caius Coponius lui-même, qui émit en 49 av. J.-C. un denier en commun avec Quintus Sicinius — émission rare de deux noms associés sur un même flan. « Bien que proscrit par les triumvirs en 43 av. J.-C., Gaius Coponius fut par la suite gracié et devint un membre très respecté du Sénat romain. » — William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology ✦ Origines & identité de la gens 🏙️ Tivoli — une origine municipale bien documentée La localisation d’origine des Coponii à Tivoli (Tibur), à une trentaine de kilomètres à l’est de Rome, est attestée par une inscription épigraphique portant le nom de la famille. Cette donnée, précieuse pour l’histoire locale, inscrit les Coponii dans le mouvement des élites municipales du Latium qui accédèrent à Rome et aux charges républicaines au cours du Ier siècle av. J.-C., à la faveur des transformations sociales consécutives à la Guerre Sociale (91–87 av. J.-C.). Le parcours de Gaius Coponius est représentatif de cette trajectoire : préteur à Rome en 49, partisan de Pompée dans la guerre civile, proscrit en 43 après l’assassinat de César, puis gracié et réintégré au Sénat. Sa survie politique témoigne des possibilités de réconciliation offertes par le nouveau régime augustéen aux anciens adversaires capables de se rallier à l’ordre nouveau. 🏛 Émission partagée — C. Coponius & Q. Sicinius · 49 av. J.-C. Le denier de 49 av. J.-C. porte les noms de deux magistrats monétaires associés — pratique attestée dans les émissions républicaines tardives lorsque deux magistrats se partageaient la responsabilité d’une même série : C. Coponius Q. Sicinius La fiche principale de cette monnaie est classée dans la gens Sicinia (1424SI), Caius Coponius y apparaissant comme co-magistrat. ✦ Magistrat monétaire — République 01 Caius Coponius · avec Quintus Sicinius 49 av. J.-C. 🏛 Légende : C. COPONIVS · Q SICINIVS · Denier partagé Caius Coponius fit émettre un denier en commun avec Quintus Sicinius (1424SI). Les légendes C. COPONIVS et Q SICINIVS identifient les deux magistrats associés. Ce denier de 49 av. J.-C. est l’unique monnaie connue de la gens Coponia. Frappé l’année même où César franchit le Rubicon, il s’inscrit dans l’un des contextes politiques les plus dramatiques de toute la République — la rupture définitive entre César et le Sénat pompéien dont Coponius était un représentant. Cliquez sur la monnaie pour afficher le détail. ✦ Contexte historique & iconographie 02 La gens Coponia — de Tivoli au Rubicon Ier s. av. J.-C. L’unique émission de la gens Coponia est datée de 49 av. J.-C. — l’année du franchissement du Rubicon par César, qui déclencha la guerre civile contre Pompée. Caius Coponius, préteur cette même année, était un pompéien convaincu. Sa participation au collège monétaire républicain s’inscrit dans les derniers mois d’un régime sénatorial qui allait être profondément transformé par la dictature césarienne puis le Principat d’Auguste. La pratique de l’émission partagée entre deux magistrats — ici Coponius et Sicinius — était relativement courante dans les années finales de la République, témoignant d’un système monétaire encore collectif où la responsabilité de la frappe pouvait être exercée conjointement. Cette monnaie est ainsi classée à la fois dans la gens Coponia et dans la gens Sicinia, à laquelle appartient la fiche principale (1424SI). 🏙️ Tivoli Origine épigraphique — inscription portant le nom Coponius retrouvée à Tibur (Tivoli), à 30 km de Rome. ⚖️ Préteur · 49 C. Coponius, préteur en 49 av. J.-C. — année du franchissement du Rubicon, magistrature exercée dans le camp pompéien. 🏹 Pompéien Partisan résolu de Pompée lors de la guerre civile contre César — proscrit en 43, puis gracié et réintégré au Sénat. 🤝 Émission partagée Denier co-signé avec Q. Sicinius — pratique attestée à la fin de la République, fiche principale classée en gens Sicinia (1424SI). 🪙 1 type Unique émission de la gens Coponia · 49 av. J.-C. · Denier d’argent · légendes C. COPONIVS & Q SICINIVS. 🌿 Survie politique Gracié après la proscription de 43 av. J.-C. — exemple de résilience sénatoriale dans la transition vers le régime augustéen. ✦ Fiches numismatiques liées 1424SI Denier · C. Coponius & Q. Sicinius Denier d’argent partagé — légendes C. COPONIVS & Q SICINIVS. 49 av. J.-C. · Fiche classée en gens Sicinia. → Voir la fiche 📚Notes & Références Sources antiques + César, Bellum Civile — contexte général du déclenchement de la guerre civile en 49 av. J.-C., année de l’émission de C. Coponius. Appien, Bellum Civile, IV — récit des grandes proscriptions de 43 av. J.-C. dans lesquelles Gaius Coponius figura avant d’être gracié. Sources modernes + Smith, W., Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology — notice Coponia (source principale de cet article). Crawford, M. H., Roman
Considia

Considia · Iconographie numismatique · LesDioscures Considia Gens plébéienne · Ve s. – Ier s. av. J.-C. · Iconographie numismatique · République romaine Nature Gens plébéienne Membres notables C. Considius Nonianus · C. Considius Paetus Période Ve s. av. J.-C. – 46 av. J.-C. Monnaies 8 types référencés La gens Considia était une famille plébéienne à Rome. Les Considii prirent de l’importance au dernier siècle de la République et sous le début de l’Empire, mais aucun d’entre eux n’évolua plus haut que le prétoire. C’est une ancienne famille, apparue pour la première fois au début du Ve siècle avant J.-C. — elle disparut cependant rapidement dans l’obscurité, dont elle ne réémergea pas avant près de quatre siècles. Les principaux cognomina des Considii étaient Gallus, Longus, Nonianus et Paetus. Gallus peut désigner un Gaulois ou un coq. Longus implique que le porteur était grand ou « de longue haleine », bien que le nom ait également pu être accordé ironiquement à un petit homme. Nonianus implique une connexion avec la gens Nonia, sans qu’il soit possible de déterminer si les deux frères qui le portaient furent adoptés de cette famille ou en descendaient par la lignée maternelle. Paetus se traduit par « strabisme » ou « myope ». Deux magistrats monétaires sont attestés : Caius Considius Nonianus (57 av. J.-C.) avec un denier, et Caius Considius Paetus (46 av. J.-C.) avec une série remarquablement complète de sept monnaies — quatre deniers, deux quinaires et un sesterce. « Les Considii prirent de l’importance au dernier siècle de la République, mais aucun d’eux n’évolua plus haut que le prétoire. » — William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology ✦ Origines & cognomina de la gens 📜 Une gens ancienne, quatre siècles d’obscurité, un retour tardif L’histoire des Considii illustre un phénomène bien connu de la prosopographie romaine : des familles plébéiennes d’origine ancienne qui, après une longue période d’effacement, reparaissent dans les sources à la faveur des bouleversements politiques et sociaux des dernières décennies de la République. Les Considii réapparaissent ainsi dans les collèges monétaires en 57 av. J.-C., puis en 46 av. J.-C., deux dates qui correspondent aux années les plus tourmentées des guerres civiles césariennes. La richesse onomastique de la gens est particulièrement intéressante : quatre cognomina distincts (Gallus, Longus, Nonianus, Paetus), dont certains révèlent des liens d’adoption ou d’alliance avec d’autres gentes — notamment la gens Nonia pour le cognomen Nonianus. Cette diversité témoigne d’une famille qui, si elle ne parvint pas au consulat, n’en était pas moins bien insérée dans les réseaux de l’aristocratie sénatoriale tardive. Gallus gallus = coq / Gaulois Désigne un coq ou un Gaulois — l’un des cognomina les plus répandus de Rome, souvent lié à une origine ethnique ou à un trait physique. Longus longus = grand, long Implique une grande taille — ou peut avoir été attribué ironiquement à un homme de petite stature, selon la tradition des surnoms paradoxaux. Nonianus Nonia + -ianus Connexion avec la gens Nonia — adoption ou descendance maternelle, sans qu’il soit possible de trancher avec certitude. Paetus paetus = qui louche Strabisme ou myopie — cognomen physique descriptif, parmi les plus courants de l’aristocratie romaine (cf. Paetus Thrasea). ✦ Magistrats monétaires — République 01 Caius Considius Nonianus 57 av. J.-C. 🏛 Légende : C·CONSIDI · Denier Caius Considius Nonianus fit émettre un denier (1393CO). La légende C·CONSIDI identifie ce magistrat — le cognomen Nonianus étant absent de la légende, seul le prénom et le nomen gentilice figurent. Ce denier de 57 av. J.-C. est la première émission connue de la gens Considia, contemporaine des grandes tensions politiques qui précèdent la guerre civile entre César et Pompée. Cliquez sur la monnaie pour afficher le détail. 02 Caius Considius Paetus 46 av. J.-C. 🏛 Légende : C. CONSIDIVS · 4 Deniers · 2 Quinaires · 1 Sesterce Caius Considius Paetus fit émettre une série remarquablement complète : quatre deniers (1483CO), (1484CO), (1485CO), (1486CO), deux quinaires (1487CO), (1488CO) et un sesterce (1489CO). La légende C. CONSIDIVS identifie le magistrat. Cette émission de 46 av. J.-C. — l’année de la victoire décisive de César à Thapsus contre les Pompeiens — est l’une des plus riches de la gens Considia par la variété de ses dénominations. Cliquez sur une monnaie pour afficher le détail. ✦ Contexte historique & iconographie 03 La gens Considia — entre résurgence tardive et guerres civiles 57 – 46 av. J.-C. Les deux émissions de la gens Considia s’inscrivent dans l’une des périodes les plus tumultueuses de l’histoire romaine. Le denier de 57 av. J.-C. (C. Considius Nonianus) est contemporain de l’apogée politique de Cicéron et des premières tensions du premier triumvirat. La série de 46 av. J.-C. (C. Considius Paetus) est quant à elle frappée dans l’année même de la victoire de Thapsus — tournant décisif de la guerre civile — sous la dictature de Jules César. La présence de quinaires et d’un sesterce aux côtés des deniers dans l’émission de 46 av. J.-C. est caractéristique des magistrats monétaires de cette période qui cherchaient à couvrir l’ensemble du spectre des dénominations républicaines — tendance qui s’accentuera encore sous le Principat d’Auguste. 🕰️ 4 siècles d’oubli Apparue au Ve s. av. J.-C., la gens disparaît des sources pendant près de 400 ans avant de reparaître sous la République tardive. ⚖️ Prétoire — plafond Aucun Considius n’atteignit le consulat — la famille resta au rang prétorien, influente sans être au sommet de la hiérarchie sénatoriale. 🪙 8 types · 2 magistrats 57 av. J.-C. : 1 denier · 46 av. J.-C. : 4 deniers + 2 quinaires + 1 sesterce — série parmi les plus complètes de la période césarienne. ⚔️ Thapsus · 46 av. J.-C. La série de C. Considius Paetus est frappée l’année de la victoire décisive de César — contexte d’une exceptionnelle intensité politique. 🔗 Gens Nonia Le cognomen Nonianus révèle un lien d’alliance ou d’adoption avec la gens Nonia — trace d’un réseau familial étendu. 👁️ Paetus — le myope Cognomen
Coelia

Coelia · Iconographie numismatique · LesDioscures Coelia Gens plébéienne · IIe s. – Ier s. av. J.-C. · Iconographie numismatique · République romaine Nature Gens plébéienne Membres notables L. Coelius · C. Coelius Caldus (cos. 94) · C. Coelius Caldus (51) Période 189 av. J.-C. – 51 av. J.-C. Monnaies 5 types référencés La gens Coelia, parfois écrite Coilia, était une famille plébéienne à Rome. Les Coelii sont souvent confondus avec les Caelii, certains individus apparaissant sous le nom Caelius dans les manuscrits, alors qu’ils figurent comme Coelius ou Coilius sur les monnaies elles-mêmes. Cette confusion orthographique, fréquente dans les sources antiques, a longtemps rendu délicate l’identification précise des membres de la gens. Le premier de ces gentes qui obtint le consulat fut Gaius Coelius Caldus, en 94 av. J.-C. Le seul cognomen régulier de la gens sous la République était Caldus, dérivé du latin calidus, signifiant « chaud » ou « téméraire » — qualificatif évocateur pour un homme politique de la fin de la République. Ce même cognomen a d’ailleurs donné naissance au gentilicium Calidius, illustrant les glissements lexicaux propres à la nomenclature romaine. Trois magistrats monétaires sont attestés : Lucius Coelius (189–180 av. J.-C.), Caius Coelius Caldus (104 av. J.-C.) et Caius Coelius Caldus (51 av. J.-C.), ce dernier portant le même nom que le consul de 94, dont il était probablement le petit-fils. « Le seul cognomen régulier de la gens Coelia sous la République était Caldus, dérivé du latin calidus — chaud, téméraire. » — William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology ✦ Origines & identité de la gens 📜 Coelii ou Caelii ? — une question d’orthographe et d’identité La confusion entre Coelii et Caelii illustre une difficulté récurrente de la prosopographie romaine : les manuscrits médiévaux, copiant des textes antiques, harmonisaient parfois des graphies distinctes. La numismatique joue ici un rôle décisif — les monnaies, frappées du vivant des magistrats, portent la vraie orthographe : COEL, COIL ou C. COEL. CALDVS, distincte du CAEL des Caelii. Le cognomen Caldus (calidus = chaud, ardent, impétueux) est particulièrement révélateur du caractère que les Romains attribuaient à cette branche. Gaius Coelius Caldus, consul en 94 av. J.-C., est la figure la plus illustre de la gens — et son cognomen a été transmis à son descendant monétaire de 51 av. J.-C., qui frappe des deniers portant explicitement C. COEL. CALDVS. ✦ Magistrats monétaires — République 01 Lucius Coelius 189 – 180 av. J.-C. 🏛 Légende : L. COIL · Denier Lucius Coelius fit émettre un denier (622CO). La légende L. COIL identifie ce magistrat — forme abrégée de Lucius Coilius, orthographe alternative de Coelius attestée sur les monnaies. Ce denier, frappé entre 189 et 180 av. J.-C., appartient à la période d’expansion du denier républicain après la réforme monétaire de 211 av. J.-C. Cliquez sur la monnaie pour afficher le détail. 02 Caius Coelius Caldus 104 av. J.-C. 🏛 Légende : CALD · Deux deniers Caius Coelius Caldus fit émettre deux deniers assez semblables (1149CO) et (1150CO). La légende CALD identifie le magistrat par son cognomen seul — forme abrégée habituelle pour cette période. Ces émissions de 104 av. J.-C. sont frappées dix ans avant le consulat de Gaius Coelius Caldus (94 av. J.-C.), par ce qui était peut-être le même homme à un stade antérieur de sa carrière, ou un proche parent. Cliquez sur une monnaie pour afficher le détail. 03 Caius Coelius Caldus 51 av. J.-C. 🏛 Légende : C. COEL. CALDVS · Deux deniers Un second Caius Coelius Caldus — probablement petit-fils du consul de 94 av. J.-C. — fit émettre deux deniers (1416CO) et (1417CO). La légende complète C. COEL. CALDVS identifie sans ambiguïté ce magistrat. Ces deniers de 51 av. J.-C. sont frappés à la veille de la guerre civile entre César et Pompée — contexte politique tendu que reflète parfois l’iconographie des émissions de cette période. Cliquez sur une monnaie pour afficher le détail. ✦ Contexte historique & iconographie 04 La gens Coelia — un siècle et demi de présence monétaire IIe s. – Ier s. av. J.-C. Les émissions de la gens Coelia s’étendent sur près d’un siècle et demi — de 189 av. J.-C. à 51 av. J.-C. — témoignant d’une présence continue dans les collèges monétaires républicains. Trois magistrats distincts, deux portant le même nom (C. Coelius Caldus), illustrent la pratique romaine de transmission des cognomina d’une génération à l’autre comme marqueur identitaire et mémoriel. L’iconographie des deniers Coelia suit les types classiques de la production républicaine : tête de Roma casquée à l’avers, Dioscures ou autres types de victoire au revers — avec, pour les émissions de 51 av. J.-C., des éléments propres à l’iconographie tardive annonçant les transformations de la période triumvirale. 🔥 Caldus Cognomen unique de la gens — du latin calidus, « chaud, téméraire » · a donné naissance au gentilicium Calidius. 📜 Coelii vs Caelii Confusion orthographique ancienne — la numismatique (COEL / COIL) tranche en faveur d’une gens distincte des Caelii. 🏛️ Consul 94 av. J.-C. C. Coelius Caldus — premier consul de la gens, référence généalogique pour les magistrats monétaires ultérieurs. 🪙 5 types 3 magistrats · 189–51 av. J.-C. · 5 deniers d’argent · légendes L. COIL, CALD, C. COEL. CALDVS. ⏳ Longévité ~140 ans de présence aux collèges monétaires — de la phase médio-républicaine aux dernières années de la République. 👨👦 Transmission Même cognomen transmis sur deux générations de magistrats monétaires — pratique romaine de mémoire onomastique. ✦ Fiches numismatiques liées Lucius Coelius — 189–180 av. J.-C. 622CO Denier · Lucius Coelius Denier d’argent — légende L. COIL. 189–180 av. J.-C. → Voir la fiche Caius Coelius Caldus — 104 av. J.-C. 1149CO Denier · C. Coelius Caldus Denier d’argent — légende CALD. 104 av. J.-C. → Voir la fiche 1150CO Denier · C. Coelius Caldus Denier d’argent — légende CALD. Variante. 104 av. J.-C. → Voir la fiche Caius Coelius Caldus — 51 av. J.-C. 1416CO Denier · C. Coelius Caldus Denier d’argent
Cluvia

Cluvia · Iconographie numismatique · LesDioscures Cluvia Gens plébéienne campanienne · IIe s. av. J.-C. – époque de César · Iconographie numismatique · République romaine Nature Plébéienne · origine campanienne Première mention Faucula Cluvia · courtisane · Capoue · 2e Guerre Punique Cognomina Saxula · Rufus Monnaies 3 magistrats · 11 types · dont le bronze de César La gens Cluvia était une famille plébéienne d’origine campanienne de la Rome antique, connue de la République tardive et des premiers temps impériaux. La première mention de la famille dans les sources historiques remonte à la Deuxième Guerre Punique : Faucula Cluvia, courtisane à Capoue, est mentionnée par Tite-Live (XXVI, 33-34) comme ayant été favorable aux Romains — une mention singulière qui ancre les Cluvii dans le monde des relations entre Rome et la Campanie au tournant du IIe siècle av. J.-C. Le premier membre de la gens à se faire remarquer dans les institutions romaines fut Gaius Cluvius Saxula, préteur en 175 et 173 av. J.-C. Les Cluvii ne semblent pas avoir été divisés en branches distinctes. Leurs cognomina sont Saxula (diminutif de saxa, « rocher ») et Rufus (generalement donné aux personnes aux cheveux roux). Numismatiquement, la gens est représentée par trois magistrats couvrant la période de 169 à 45 av. J.-C. Le plus remarquable est Caius Clovius, praefectus de César en 45 av. J.-C., qui émet un bronze exceptionnel portant à l’avers le buste de Victoria et au revers Minerve marchant avec trophée, javelots et serpent — véritable manifeste de propagande politique césarienne, frappé en Espagne après la victoire de Munda. « C. Clovius fut peut-être un des préfets de la flotte de César. C’est après l’expédition qui se termina par la bataille de Munda que C. Clovius fut nommé gouverneur de la Gaule Cisalpine. En 29 av. J.-C., C. Clovius fut consul suffectus. » — Ernest Babelon, Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine, notice Cluvia (Clovia 11) · Cicéron, Lettres ✦ Origine campanienne & le bronze de César ⚔️ Victoria · Minerve · Serpent — une médaille de propagande frappée après Munda (45 av. J.-C.) Le bronze 1518JU est bien plus qu’une monnaie ordinaire. En 45 av. J.-C., César vient de remporter la bataille de Munda en Espagne — victoire finale sur les fils de Pompée, mettant fin à la guerre civile. À son retour, il est nommé Dictateur pour la troisième fois (DIC TER sur l’avers). Le bronze est frappé par Caius Clovius, non pas en qualité de triumvir monétaire élu mais de praefectus — officier directement nommé par César, chargé de payer les vétérans. L’iconographie est un programme politique : la Victoria à l’avers légitime le pouvoir de César par la victoire militaire. Le revers avec Minerve portant trophée, six javelots et un bouclier à tête de Méduse, avec à ses pieds un serpent, exprime la sagesse stratégique de César et la défaite de la discorde civile. La monnaie a été frappée en Espagne (type espagnol, Babelon), probablement à Cordoue ou dans un atelier mobile accompagnant l’armée — et non à Rome comme on l’avait longtemps cru. ✦ Magistrats monétaires — République 01 C. Cluvius Saxula 169–158 av. J.-C. 🏺 Légende : C.S(AX) · 5 bronzes · As, Semis, Triens, Quadrans, Sextans · RRC 173 Ce magistrat fit émettre un as (671CL), un semis (672CL), un triens (673CL), un quadrans (674CL) et un sextans (675CL). La légende est « C.S(AX) » — abréviation de Caius Saxula. Série entièrement en bronze, sans denier d’argent — caractéristique de certaines émissions de cette période de transition. Le cognomen Saxula — diminutif de saxa, « petits rochers » — est l’emblème distinctif de cette branche des Cluvii. Cliquez sur la monnaie pour le détail. 02 Cluvius Saxula 169–158 av. J.-C. 🏺 Légende : S(AX) · 5 bronzes · As, Semis, Triens, Quadrans, Sextans · RRC 173 Ce magistrat fit émettre un as (702CL), un semis (703CL), un triens (704CL), un quadrans (705CL) et un sextans (706CL). La légende est « S(AX) » — sans prénom, uniquement le cognomen. Cette seconde série, contemporaine de la première, se distingue par l’absence du praenomen C(aius). Il pourrait s’agir du même magistrat avec une variation d’abréviation, ou d’un second Cluvius Saxula (frère ou collègue) émettant simultanément. Cliquez sur la monnaie pour le détail. 03 Caius Clovius · Praefectus de César 45 av. J.-C. ⚔️ Légende : CAES DIC·TER · C. CLOVI. PRAEF · 1 bronze · RRC 476/1 · Après Munda · Espagne Ce magistrat fit émettre sous l’autorité de César un bronze (1518JU). La légende de l’avers est « CAES DIC·TER » — Caesar Dictator Tertium — et celle du revers « C. CLOVI. PRAEF. » — Caius Clovius, praefectus. Contrairement aux monétaires républicains ordinaires (triumviri monetales élus), Caius Clovius est un officier nommé directement par César, chargé de superviser les émissions pour payer les vétérans. L’émission est frappée en Espagne après la victoire de Munda — Babelon identifie son type comme espagnol, confirmant une frappe mobile hors de Rome. Après cette campagne, Clovius fut nommé gouverneur de la Gaule Cisalpine. En 29 av. J.-C., sous Auguste, il devient consul suffect — consécration tardive d’une famille restée au cœur du pouvoir après la mort de César. La variante 1518JUb porte une étoile derrière la tête de Victoria (possible allusion au Sidus Iulium, l’étoile de César). British Museum, 15,33 g. Rareté 9. Cliquez sur la monnaie pour le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 04 La gens Cluvia — de Capoue à César IIe s. av. J.-C. – 29 av. J.-C. La gens Cluvia illustre parfaitement la trajectoire des familles campaniennes intégrées progressivement dans l’aristocratie romaine. L’origine à Capoue — grande cité campanienne qui avait trahi Rome pour Hannibal — est notable : après la reconquête de Capoue en 211 av. J.-C., ses élites furent progressivement réintégrées dans les structures romaines, et les Cluvii en sont un exemple. De la courtisane Faucula Cluvia favorable aux Romains pendant la guerre au praefectus césarien Caius Clovius, la famille trace un arc
Cloulia

Cloulia · Iconographie numismatique · LesDioscures Cloulia Gens patricienne · origines albaines · Iconographie numismatique · République romaine Nature Patricienne (orig. Alba) Orthographes Cloelia · Cluilia · Clouilia Héroïne Clélie · traversée du Tibre · ~508 av. J.-C. Monnaies 1 denier + 1 quinaire · 2 T. Cloulius distincts La gens Cloelia, à l’origine Cluilia et parfois écrite Clouilia ou Cloulia, était une famille patricienne de Rome d’une très grande ancienneté. Le premier des Cloelii à détenir le consulat fut Quintus Cloelius Siculus en 498 av. J.-C. La gens a été importante tout au long de la période de la République. Les Cluilii faisaient partie des nobles familles d’Alba la Longue, où ils succédèrent à la maison royale des Silvii. Selon la tradition transmise par Tite-Live (I, 3-5, 22), le dernier roi d’Alba, après Numitor, était Gaius Cluilius — ancêtre éponyme de la gens, qui aurait régné avant la destruction d’Alba par Rome sous Tullus Hostilius. Cette origine royale albanaise conférait aux Cloelii un prestige particulier dans l’aristocratie romaine. La figure la plus célèbre des origines de la gens est Clélie (Cloelia), héroïne semi-légendaire du début de la République (vers 508 av. J.-C.) qui, donnée en otage aux Étrusques de Porsenna, s’échappa en traversant le Tibre à la nage avec un groupe de jeunes Romaines. Sa statue équestre sur la Voie Sacrée fut l’une des premières effigies de femme érigées à Rome. Numismatiquement, la gens est représentée par deux magistrats monétaires du même nom — Titus Cloulius — que Mommsen a distingués grâce à l’examen du trésor de La Riccia. « Mommsen a démontré, par l’examen du dépôt de La Riccia, qu’il fallait admettre deux monétaires du nom de T. Cloulius. On remarquera d’ailleurs que le nom n’est pas écrit de la même manière sur les pièces de ces deux personnages. » — Ernest Babelon, Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine, notice Cloulia · Mommsen, Geschichte des römischen Münzwesens ✦ Alba la Longue, Clélie & les origines royales 🏊 Clélie traversant le Tibre & le carnyx de Marius — deux faces d’une gens millénaire La gens Cloulia se distingue par la profondeur de son ancrage dans l’histoire la plus archaïque de Rome. Son origine albanaise — elle descend des rois d’Alba avant Romulus — en fait l’une des familles romaines les plus anciennement documentées. L’héroïne Clélie, dont la traversée du Tibre à la nage fut célébrée par une statue équestre sur la Voie Sacrée, est l’une des rares femmes à avoir reçu cet honneur dans la Rome républicaine. Tite-Live et Plutarque l’évoquent comme symbole du courage et de la fidélité à Rome. Côté numismatique, la gens offre un contraste fascinant. Le denier de T. Clœlius (128 av. J.-C.) est sobre et classique — Roma, Victoria en bige, épi de blé. Le quinaire de Titus Cloulius (98 av. J.-C.) est nettement plus chargé politiquement : Victoria couronnant un trophée d’armes avec un captif assis et derrière lui un carnyx — la trompe de guerre gauloise. Ce programme iconographique renvoie presque certainement aux victoires de Caius Marius contre les Teutons (102 av. J.-C.) et les Cimbres (101 av. J.-C.), plaçant Titus Cloulius clairement dans le camp des partisans de Marius. ✦ Magistrats monétaires — République 01 T. Clœlius 128 av. J.-C. 🌾 Légende : T. CLOVLI · 1 denier · RRC 260/1 · Roma / Victoria + épi de blé Ce magistrat fit émettre un denier (1009CL). La légende est « T. CLOVLI ». Mommsen a démontré, grâce au trésor de La Riccia, qu’il s’agit d’un monétaire distinct du Titus Cloulius de 98 av. J.-C. La différence s’observe aussi dans l’orthographe : T. CLOVLI ici, contre T. CLO(VL)I plus tard. L’avers porte la tête casquée de Roma à droite avec la légende ROMA et une couronne de laurier derrière la tête — détail inhabituel. Le revers montre Victoria dans un bige galopant à droite, avec à droite un épi de blé — symbole peut-être lié à la fonction des monétaires de surveiller l’approvisionnement en grain (Annona), ou plus simplement à la prospérité agricole. British Museum, 3,82 g. Rareté 4. Cliquez sur la monnaie pour le détail. 02 Titus Cloulius 98 av. J.-C. 🎺 Légende : T. CLO(VL)I · Q · 1 quinaire · RRC 332/1 · Carnyx · Allusion à Marius · 3 variantes Ce magistrat fit émettre un quinaire (1169CL). La légende est « T. CLO(VL)I // Q ». Babelon précise que le Q doit s’interpréter comme quinarius (indication de la dénomination) et non comme quaestor — interprétation ancienne abandonnée. Ce Titus Cloulius était originaire de Terracine et fut tué par ses propres fils peu avant 80 av. J.-C. — fait divers rapporté par Cicéron et Valère Maxime. L’avers porte la tête laurée de Jupiter à droite avec une marque de contrôle variable (derrière, sous le menton ou devant la tête selon les variantes). Le revers représente Victoria debout à gauche couronnant de la main droite un trophée d’armes, tenant une palme ; à ses pieds, un captif assis tourné à gauche, derrière lui un carnyx — la trompe de guerre des Gaulois et Germains. Ce programme iconographique est une référence presque certaine aux victoires de Caius Marius sur les Teutons (102) et les Cimbres (101 av. J.-C.). Le quinaire existe en trois variantes selon la position de la marque de contrôle. British Museum, 1,85 g. Rareté 4. Cliquez sur la monnaie pour le détail. ✦ Caractéristiques & curiosités 03 La gens Cloulia — deux T. Cloulius & une gens royale IVe s. av. J.-C. – Ier s. av. J.-C. La distinction entre les deux T. Cloulius est l’un des cas les plus instructifs de la méthode numismatique appliquée par Mommsen. En l’absence de sources littéraires identifiant clairement les deux hommes, c’est l’analyse du trésor de La Riccia — découvert en 1873 près de Bénévent — qui a permis de les séparer : le trésor contenait 50 deniers au nom de T. Cloulius mais aucun quinaire de ce nom, confirmant que les deux dénominations appartiennent à