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Egnatia

Egnatia · Iconographie numismatique · LesDioscures Egnatia Gens plébéienne d’origine samnite · Maxsumus · Iconographie numismatique · République romaine · Ier s. av. J.-C. Nature Plébéienne · rang équestre Origine Samnium · Teanum Cognomina Maxsumus · Celer · Rufus · Veratius Monnaies 3 émissions · 1329EG · 1330EG · 1331EG La gens Egnatia était une famille plébéienne de rang équestre à Rome, d’origine samnite, probablement issue de la ville de Teanum. Ses membres les plus anciennement documentés jouèrent un rôle militaire dans les guerres que le Samnium soutint contre Rome : Gellius Egnatius commandait les Samnites au IIIe siècle av. J.-C., et Marius Egnatius figura parmi les principaux chefs des alliés italiens lors de la guerre Sociale (fin 89 av. J.-C.). À la suite de ces événements, la gens s’installa à Rome, où deux de ses membres furent admis au Sénat. Une branche semble néanmoins être restée à Teanum. Les Egnatii ne paraissent pas avoir été divisés en familles distinctes à l’époque républicaine. Si la plupart ne portaient aucun cognomen, certains sont connus sous les noms de Celer (« rapide »), Maximus (« le plus grand »), Rufus (« roux ») et Veratius. Numismatiquement, la gens est représentée par un seul magistrat monétaire, C. Egnatius Maxsumus, qui frappa trois émissions en 75 av. J.-C. — un denier dentelé (serratus) et deux deniers lisses — toutes de l’atelier de Rome, sous la légende C. EGNATIVS CN. F. CN. N, précisant sa filiation sur deux générations. L’iconographie, riche et variée (Vénus, Libertas, Jupiter, Cupidon, Roma), reste à ce jour d’interprétation discutée. « Les types des médailles de C. Egnatius Maximus ont résisté jusqu’ici à une interprétation satisfaisante. » — Ernest Babelon · Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine ✦ Identité de la gens & contexte historique 🏛️ Egnatia · Samnium & République — une gens d’intégration tardive La gens Egnatia illustre le phénomène d’intégration des élites italiques dans l’aristocratie romaine au lendemain de la guerre Sociale (91–89 av. J.-C.). D’abord enracinés dans le Samnium comme chefs militaires, les Egnatii obtinrent la citoyenneté et l’entrée au Sénat, offrant à C. Egnatius Maxsumus la possibilité d’accéder au triumvirat monétaire vers 75 av. J.-C. — magistrature qui marquait le début du cursus honorum. Sa carrière postérieure, connue par des sources indirectes, le montre accompagnant M. Licinius Crassus lors de l’expédition contre les Parthes, s’échappant du désastre de Carrhes (53 av. J.-C.) avec trois cents cavaliers. Il fut finalement compris avec son fils dans les proscriptions de 43 av. J.-C., exécuté par le Second Triumvirat — fin tragique d’une famille qui avait traversé un siècle de guerres civiles. ✦ Magistrat monétaire — République 01 Caius Egnatius Maxsumus ~75 av. J.-C. 🌿 Légende : C. EGNATIVS CN. F. CN. N · 3 émissions · RRC 391 · 1329EG (serratus) · 1330EG (denier) · 1331EG (denier) · Atelier de Rome Ce magistrat fit émettre un denier dentelé (1329EG) et deux deniers lisses (1330EG, 1331EG). La légende est « C. EGNATIVS CN. F. CN. N » — Caius Egnatius, Cnæi Filius, Cnæi Nepos — indiquant explicitement sa filiation sur deux générations (fils et petit-fils de Gnaeus). Le cognomen MAXSVMVS, forme archaïque de Maximus, figure à l’avers. Cette précision généalogique inhabituelle souligne l’importance que le monétaire accordait à la légitimité de sa lignée. L’iconographie est remarquable par sa richesse et sa diversité : Vénus et Cupidon (1329EG), Libertas, Roma et Cupidon (1330EG), Cupidon et le temple de Jupiter Libertas (1331EG). Cette profusion de divinités liées à la liberté républicaine s’inscrit dans le contexte de l’après-Sylla (~75 av. J.-C.), période où le retour aux valeurs traditionnelles était un thème politique fort. Cliquez sur une monnaie pour le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 02 La gens Egnatia — iconographie de la liberté républicaine 75 av. J.-C. Les trois émissions de C. Egnatius Maxsumus forment un ensemble iconographique cohérent, articulé autour de deux pôles : Vénus/Cupidon (divinités de la séduction et de la fécondité) et Libertas/Jupiter (divinités civiques). Leur association reste débattue, mais plusieurs interprétations ont été proposées : allusion à l’Atrium Libertatis, au retour de la liberté républicaine après la dictature de Sylla, ou encore à un culte familial lié à Vénus. L’émission 1329EG, denier serratus (à bords dentelés), était destinée aux échanges avec les populations non-romaines — la dentelure garantissant que la monnaie n’était pas fourrée. Ce détail technique révèle une fonction commerciale étendue, au-delà du seul usage romain. La forme archaïque MAXSVMVS (plutôt que Maximus) est interprétée par Babelon comme une référence délibérée à un ancêtre illustre portant ce nom. ⚜️ Vénus & Cupidon · 1329EG Buste diadémé de Vénus à droite, Cupidon sur l’épaule. Revers : Libertas dans un bige, couronnée par Victoria. Denier serratus à bords dentelés, destiné au commerce hors de Rome. 🏛️ Roma & Vénus · 1330EG Avers : Libertas au pileus. Revers : Roma et Vénus debout face à face, avec proues de navire de chaque côté. Association évocatrice de l’origine troyenne de Rome, selon Babelon. ⚡ Jupiter Libertas · 1331EG Avers : Cupidon ailé. Revers : Jupiter et Libertas dans un temple distyle — l’aedes Iovis Libertatis. Le type le plus commun des trois (108 exemplaires répertoriés). 🌿 Denier serratus · 1329EG Bords dentelés caractéristiques, garantissant l’authenticité de l’argent pour les échanges avec les peuples non-romains. Usage commercial étendu, indice de rareté 8. 📜 MAXSVMVS · archaïsme Forme archaïque de Maximus, portée à l’avers des trois émissions. Babelon y voit une référence à un ancêtre éponyme, plus ou moins éloigné du monétaire, qui portait ce cognomen. ⚔️ Carrhes & proscriptions C. Egnatius Maxsumus survécut au désastre de Carrhes (53 av. J.-C.) avec 300 cavaliers, avant d’être finalement proscrit et exécuté en 43 av. J.-C. par le Second Triumvirat. ✦ Fiches numismatiques liées 1329EG · RRC 391/1 · Babelon Egnatia 1 Denier serratus · C. Egnatius Maxsumus · ~75 av. J.-C. Avers : MAXSVMVS · Vénus diadémée + Cupidon sur l’épaule. Revers : C. EGNATIVS CN. F. CN. N · Libertas dans un bige couronnée par Victoria. Argent, ~3,82–3,89

Domitia

Domitia · Iconographie numismatique · LesDioscures Domitia Gens plébéienne · Ahenobarbi & Calvini · Iconographie numismatique · République romaine · IIe – Ier s. av. J.-C. Nature Plébéienne · deux branches principales Branches Ahenobarbi · Calvini Praenomen Cnaeus — praenomen dominant · Lucius Monnaies 8 émissions · 598DO · 1010DO · 1076DO · 1696DO · 1697DO · 1699AN · 1700AN · 1726DO La gens Domitia était une famille plébéienne de Rome. Le premier de cette gens à avoir eu un rôle important fut Gnaeus Domitius Calvinus, consul en 332 av. J.-C. Son fils, Gnaeus Domitius Calvinus Maximus, fut consul en 283 av. J.-C. et le premier censeur plébéien. La famille produisit plusieurs généraux distingués, et vers la fin de la République, les Domitii étaient considérés comme l’une des gentes les plus illustres de Rome. À l’époque de la République, on ne rencontre que deux branches de cette gens : les Ahenobarbi et les Calvini. Le cognomen Calvinus est dérivé du latin calvus (« chauve »). Les Ahenobarbi devaient leur surnom à la chevelure rousse caractéristique de la branche : selon la légende, les Dioscures auraient annoncé à l’un de leurs ancêtres la victoire romaine au lac Regillus (498 av. J.-C.) et, pour confirmer leur parole, lui auraient caressé les cheveux noirs qui seraient immédiatement devenus rouges — d’où Ahenobarbus, « barbe de bronze ». Numismatiquement, la gens est représentée par cinq magistrats émettant entre ~189 av. J.-C. et ~39 av. J.-C., tous portant le praenomen Cnaeus à l’exception du dernier. Les légendes varient de CN.DO à CN·DOMITIVS, témoignant de l’évolution des conventions épigraphiques sur deux siècles. La branche des Ahenobarbi est la plus abondamment représentée, culminant avec les émissions de Cn. Domitius Ahenobarbus en 41 av. J.-C., partisan de Marc Antoine, dont un descendant sera l’imperator Néron. « Les Ahenobarbi ont reçu leur cognomen d’une tradition selon laquelle les Dioscures leur auraient caressé la barbe, la changeant aussitôt du noir au roux. » — Suétone · Vie de Néron, I · Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology, vol. I, p. 83 (« Ahenobarbus ») ✦ Identité de la gens & légende des Ahenobarbi 🏛️ Ahenobarbi · Lac Regillus — une gens plébéienne liée aux Dioscures La légende des Ahenobarbi est l’une des rares traditions qui associe directement une famille romaine aux Dioscures — Castor et Pollux — les dieux jumeaux patrons des cavaliers et des armées. Selon Suétone et Plutarque, c’est lors de la bataille du lac Regillus (498 av. J.-C.), victoire décisive des Romains sur les Latins, que l’ancêtre de la famille aurait reçu ce signe divin : cheveux et barbe noirs instantanément transformés en roux flamboyant. Ce surnom, Ahenobarbus — littéralement « barbe de bronze » — fut porté avec fierté par la branche la plus illustre de la gens pendant des siècles. Cn. Domitius Ahenobarbus, consul en 192 av. J.-C., est l’ancêtre des magistrats monétaires républicains. La lignée culmine politiquement avec Cn. Domitius Ahenobarbus (consul 32 av. J.-C.), allié puis transfuge d’Antoine, dont le fils, Lucius Domitius, adopté par Claude, deviendra l’imperator Néron. Les monnaies républicaines de cette branche — de 189 à 41 av. J.-C. — forment un fil continu d’une extraordinaire longévité mémorielle. ✦ Magistrats monétaires — République 01 Cnaeus Domitius Ahenobarbus ~189–180 av. J.-C. 🏟️ Légende : CN.DO · 2 émissions · RRC 147/1 · 598DO (denier) · 599DO (as) · Roma / Dioscures Ce magistrat fit émettre un denier (598DO) et un as (599DO). La légende est « CN.DO » — abréviation de Cnaeus Domitius. L’avers porte la tête casquée de Roma à droite avec la marque de valeur X. Le revers représente les Dioscures à cheval, galopant à droite, cuirassés, coiffés de leur bonnet étoilé (pileus), tenant chacun une javeline — motif classique des deniers républicains de la période. Ce monétaire est fils de Cn. Domitius Ahenobarbus, consul en 192 av. J.-C. Sa propre carrière le conduisit au pontificat dès 172 av. J.-C. puis au consulat suffect en 162 av. J.-C. Cette émission ancienne représente l’entrée de la gens Domitia dans le corpus numismatique, au moment où l’inclusion du nom du magistrat sur la monnaie commençait à se généraliser. Cliquez sur la monnaie pour le détail. 02 Cnaeus Domitius Ahenobarbus ~128 av. J.-C. 🏇 Légende : CN. DOM · 4 émissions · RRC 261/1 · 1010DO (denier) · 1011DO (semis) · 1012DO (triens) · 1013DO (quadrans) · Victoire / Chasseur Ce magistrat fit émettre un denier (1010DO), un semis (1011DO), un triens (1012DO) et un quadrans (1013DO). La légende est « CN. DOM ». L’avers du denier porte la tête casquée de Roma avec un épi derrière la tête et la marque de valeur XVI sous le menton. Le revers est remarquable : la Victoire dans un bige galopant tient une couronne, et en dessous, une scène de vénerie — un chasseur debout brandissant une javeline face à un sanglier l’attaquant. Ce magistrat est généralement identifié à Cn. Domitius Ahenobarbus, consul en 122 av. J.-C. et censeur en 115 av. J.-C. La scène de chasse est exceptionnelle dans le corpus républicain et peut évoquer les jeux ou l’énergie civique du magistrat. L’émission en bronze multiple (semis, triens, quadrans) témoigne d’une activité monétaire étendue. Cliquez sur la monnaie pour le détail. 03 Cnaeus Domitius ~116–115 av. J.-C. ⚡ Légende : CN. DOMI · 1 denier · RRC 285/1 · 1076DO · Roma / Jupiter en quadrige Ce magistrat fit émettre un denier (1076DO). La légende est « CN. DOMI ». L’avers porte la tête casquée de Roma à droite, avec la légende ROMA et la marque de valeur X. Le revers représente Jupiter dans un quadrige au pas à droite, brandissant un foudre de la main droite et une branche de la gauche — l’un des revers les plus solennels du corpus domitien. Ce magistrat est identifié à Cn. Domitius Ahenobarbus, consul en 122 av. J.-C. et censeur en 115 av. J.-C., soit précisément au moment de l’émission. La figure de Jupiter au quadrige, symbole de l’autorité suprême de

Didia

Didia · Iconographie numismatique · LesDioscures Didia Gens plébéienne · homines novi · Iconographie numismatique · République romaine · IIe – Ier s. av. J.-C. Nature Plébéienne · homines novi Étymologie Nomen Didius · forme orthographique Deidius Praenomen Titus — seul praenomen attesté Monnaies 2 deniers · 1105DI · 1406DI · T. DEIDI / T·DIDI·IMP·VIL·PVB La gens Didia — parfois orthographiée Deidia, comme son nom apparaît sur les monnaies — était une famille plébéienne de la Rome antique qui fait son apparition dans l’histoire au cours du dernier siècle de la République. Selon Cicéron, les Didii appartenaient à la catégorie des homines novi : des hommes nouveaux, c’est-à-dire des individus issus de familles sans antécédent sénatorial, qui accédèrent aux hautes magistratures par leur mérite personnel plutôt que par l’héritage d’une longue tradition aristocratique. Titus Didius obtint le consulat en 98 av. J.-C. — dignité que nul autre Didius ne partagera jusqu’à l’époque impériale. Il fut ensuite proconsul en Espagne, où il mena une campagne militaire victorieuse, et reçut en récompense les ornamenta triumphalia. Cette ascension est caractéristique des familles italiques intégrées dans la nobilitas romaine à la fin de la République. Numismatiquement, la gens est représentée par deux magistrats portant tous deux le praenomen Titus : T. Didius (~113–112 av. J.-C., RRC 294/1) et un second homonyme (~55 av. J.-C., RRC 429/2). Les légendes portent respectivement T. DEIDI et T. DIDI — deux graphies du même nomen, témoignant de l’évolution orthographique sur un demi-siècle. « Il s’agissait d’homines novi — Titus Didius obtint le consulat en 98 avant J.-C., dignité qu’aucun autre Didius ne partagera avant l’époque impériale. » — Cicéron · William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology, vol. I, p. 1004 (« Didia Gens ») ✦ Identité de la gens & ascension républicaine 🏛️ Homines Novi · Consulat de 98 av. J.-C. — des nouveaux hommes au sommet de la République L’expression homines novi désignait à Rome les premiers membres d’une famille à atteindre le rang sénatorial ou consulaire. Cicéron lui-même en était un : originaire d’Arpinum, il fut le premier de sa lignée à accéder au consulat. Que les Didii soient qualifiés d’homines novi signifie qu’ils ne bénéficiaient d’aucune ascendance consulaire — leur ascension reposait entièrement sur des qualités militaires et politiques personnelles. Titus Didius, consul en 98 av. J.-C. avec Q. Caecilius Metellus Nepos, incarne cette trajectoire. Sa campagne en Espagne citérieure (~97–93 av. J.-C.) lui valut un triomphe. Il mourut en 89 av. J.-C. pendant la Guerre sociale, commandant des troupes romaines contre les alliés italiques insurgés — fin tragique pour un homme dont la carrière symbolisait précisément l’intégration des élites non romaines. Le denier de ~55 av. J.-C. rappelle cette gloire ancestrale : son descendant-monétaire s’en réclame explicitement sur sa monnaie. ✦ Magistrats monétaires — République 01 Titus Didius ~113–112 av. J.-C. 🏟️ Légende : T. DEIDI · 1 denier · RRC 294/1 · Roma / Deux gladiateurs · Jeux ou Sicile Ce magistrat fit émettre un denier (1105DI). La légende est « T. DEIDI » — abréviation de T(itus) Deidi(us), orthographe archaïsante du nomen. L’avers porte la tête casquée de Roma à droite avec le monogramme RO(MA) et la marque de valeur XVI. Le revers est remarquable : il représente deux gladiateurs (ou soldats) combattant face à face, armés d’un bouclier et d’un fouet pour l’un, d’une épée pour l’autre — scène unique dans le corpus républicain. Deux interprétations coexistent : une allusion aux jeux que le monétaire aurait donnés comme édile curule (théorie de Crawford), ou une référence à Titus Sidius envoyé en Sicile en 138 av. J.-C. pour réprimer une révolte d’esclaves (théorie rejetée par Crawford). Ce monétaire serait à identifier avec le père du consul de 98 av. J.-C. : il fut monétaire vers 112 av. J.-C., puis tribun du peuple en 95 av. J.-C. L’émission précède de peu les turbulences des guerres cimbriques. Cliquez sur la monnaie pour le détail. 02 Titus Didius ~55 av. J.-C. 🏛️ Légende : T. DIDI · IMP · VIL·PVB · 1 denier · RRC 429/2 · Concordia / Villa Publica · Gens Fonteia & Didia Ce second magistrat fit émettre un denier (1406DI) en association avec le monétaire P. Fonteius Capito — denier conjoint des gentes Fonteia et Didia. L’avers porte la légende P.FONTEIVS·CAPITO·III·VIR·CONCORDIA avec le buste voilé et diadémé de la Concorde à droite. Le revers porte T·DIDI·IMP·VIL·PVB (abréviation de Titus Didius Imperator Villam Publicam refecit) et représente une vue de la Villa Publica — le bâtiment du Champ de Mars que l’ancêtre consul T. Didius avait fait restaurer en ~93 av. J.-C. La Villa Publica, située sur le Champ de Mars (Regio IX), servait à la réception des ambassadeurs étrangers et au recensement des citoyens. En frappant ce revers, le monétaire célèbre explicitement la gloria maiorum : l’ancêtre Titus Didius, consul en 98 av. J.-C., proconsul en Espagne, titré Imperator, mort en 89 av. J.-C. pendant la Guerre Sociale, avait rénové ce monument pour la gloire de Rome. Cliquez sur la monnaie pour le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 03 La gens Didia — des nouveaux hommes à la gloire consulaire IIe – Ier s. av. J.-C. La gens Didia offre l’exemple d’une famille qui, partie du statut d’homo novus, accéda en une génération au consulat — sommet de la cursus honorum républicain — et perpétua ce prestige sur le monnayage républicain pendant près de soixante ans. Les deux monétaires Titus Didius illustrent cette continuité mémorielle : le second (~55 av. J.-C.) frappe un revers au trophée pour rappeler la gloire militaire du premier consul Didius (~98 av. J.-C.). L’évolution orthographique du nomen entre les deux émissions — DEIDI (~113 av. J.-C.) puis DIDI (~55 av. J.-C.) — témoigne d’un mouvement général de simplification des nomens latins au cours du Ier siècle av. J.-C., où le e intercalaire disparaît progressivement des graphies officielle. 🆕 Homines novi Famille sans antécédent consulaire. Cicéron les qualifie d’homines novi — leur ascension repose sur le mérite personnel, non sur la

Decimia

Decimia · Iconographie numismatique · LesDioscures Decimia Gens plébéienne · origine samnite · Iconographie numismatique · République romaine · ~150 av. J.-C. Nature Plébéienne · origine samnite (Bovianum) Étymologie Patronyme de Decimus · oscan Dekis Cognomen Flavus — doré, cheveux blonds Monnaie 1 denier · 847DE · FLAVS · ~150 av. J.-C. La gens Decimia était une famille plébéienne à Rome dont les membres sont mentionnés pour la première fois vers la fin du IIIe siècle avant J.-C. Les Decimii semblent avoir été à l’origine une famille samnite de Bovianum — ville du Samnium central (auj. Bojano, Molise) — dont le premier représentant connu est originaire. Les autres membres qui apparaissent dans l’histoire étaient vraisemblablement ses descendants, qui après avoir obtenu la franchise romaine (civitas) s’installèrent à Rome. Le nomen Decimius est un patronyme formé à partir du praenomen Decimus — tradition courante dans la formation des nomens latins et osques. À cet égard, il peut être considéré comme un nom latin, bien que l’ancêtre de la famille fût d’origine samnite. L’équivalent oscan de Decimus est Dekis ou Decius, ce dernier ayant donné naissance à la gens romaine Decia — famille apparentée aux Decimii. Seul cognomen connu : Flavus, signifiant « doré » ou « aux cheveux blonds ». Numismatiquement, la gens n’est représentée que par un seul magistrat, Decimius Flavus, qui émet vers 150 av. J.-C. un unique denier portant à l’avers la tête casquée de Roma et au revers les Dioscures — avec la légende FLAVS (abréviation de son cognomen). « Le nomen Decimius est un patronyme patronymique formé du praenomen Decimus. L’équivalent oscan de Decimus est Dekis ou Decius, qui a donné naissance à la gens romaine Decia — apparentée à la Decimia. » — William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology · George Davis Chase, The Origin of Roman Praenomina, Harvard Studies in Classical Philology, vol. VIII, 1897 ✦ Identité de la gens & intégration samnite 🏔️ Bovianum · Samnium · civitas romana — une famille samnite latinisée La trajectoire des Decimii est caractéristique de l’intégration des élites samnites dans la République romaine après les Guerres samnites (343–290 av. J.-C.) et la lex Iulia de 90 av. J.-C. accordant la citoyenneté romaine aux alliés italiques. Bovianum, capitale de la tribu samnite des Pentri, fut l’une des principales cités du Samnium — elle résista longtemps à Rome et figura parmi les dernières à capituler. Ses élites, une fois intégrées, apportèrent leurs noms oscans latinisés dans les gentes plébéiennes romaines. Le nomen Decimius illustre le mécanisme de latinisation des noms osques : le praenomen oscan Dekis devient le praenomen latin Decimus, dont dérive le nomen Decimius (« descendant de Decimus »). La branche qui prend le nom Decius au lieu de Decimius forme la gens Decia — célèbre notamment pour les trois Decius Mus qui se sacrifièrent pour Rome en 340, 295 et 279 av. J.-C. Les deux gentes partagent donc un même ancêtre onomastique, le praenomen oscan Dekis. ✦ Magistrat monétaire — République 01 Decimius Flavus ~150 av. J.-C. 🌟 Légende : FLAVS · 1 denier · RRC 207/1 · Roma / Dioscures · Cognomen seul Ce magistrat fit émettre un denier (847DE). La légende est « FLAVS » — abréviation de son cognomen Flavus (« doré », aux cheveux blonds). Contrairement à la grande majorité des deniers républicains qui portent le praenomen et le nomen, ce denier n’utilise que le cognomen — choix inhabituel suggérant peut-être que le cognomen suffisait à identifier le monétaire dans son entourage, ou que le nomen Decimius était encore peu connu et moins distinctif que ce surnom personnel. L’avers porte la tête casquée de Roma à droite avec la marque de valeur X. Le revers représente les Dioscures à cheval galopant à droite — type standard du denier républicain du milieu du IIe siècle av. J.-C. L’émission de ~150 av. J.-C. se place dans la période de l’expansion romaine en Méditerranée orientale, de la préparation de la troisième Guerre punique (149–146 av. J.-C.) et des premières inquiétudes grecques. Cliquez sur la monnaie pour le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 02 La gens Decimia — des marges de l’Italie au centre du Forum IIIe – IIe s. av. J.-C. La gens Decimia offre l’exemple d’une famille qui a parcouru la trajectoire complète de l’intégration italique dans la structure civique romaine — du Samnium montagneux à la magistrature monétaire de la Ville — en une ou deux générations. Le denier de Decimius Flavus (~150 av. J.-C.) atteste que les descendants du premier Decimius de Bovianum avaient non seulement obtenu la citoyenneté romaine mais accédé à l’une des magistratures les plus visibles de la République. Le cognomen Flavus (« doré ») est le seul attesté dans la gens. C’est un surnom physique — couleur des cheveux ou de la barbe — courant dans la Rome républicaine, où les surnoms de couleur et de trait physique étaient fréquents (Rufus, Niger, Albus, Calvus). Sa présence seule sur la monnaie, sans praenomen ni nomen, est un choix iconographique inhabituel qui distingue ce denier de la grande majorité des émissions contemporaines. 🏔️ Bovianum · Samnium Capitale des Pentri samnites, l’une des dernières villes à résister à Rome. Les Decimii en sont originaires, intégrés dans la citoyenneté romaine après les guerres samnites. 🔤 Nomen patronymique Decimius = fils de Decimus. Formation par le praenomen — mécanisme courant latinisant les noms oscans (Dekis → Decimus → Decimius). 🏛️ Parenté avec la gens Decia La gens Decia (Decius Mus) partage le même praenomen oscan originel Dekis — cousins onomastiques des Decimii, célèbres pour leurs trois devotiones en 340, 295 et 279 av. J.-C. 🌟 Cognomen seul : FLAVS Rare parmi les deniers républicains : la légende ne porte que le cognomen Flavus (doré) sans praenomen ni nomen — choix inhabituel qui suggère une notoriété personnelle du surnom. 🪙 Seule monnaie de la gens Un seul denier connu pour la gens Decimia — monnaie rare témoignant d’une frappe limitée ou d’une survie difficile des exemplaires. 🏇 Type

Curtia

Curtia · Iconographie numismatique · LesDioscures Curtia Gens ancienne · patricienne & plébéienne · origine sabine · Iconographie numismatique · République romaine Nature Patricienne & plébéienne · origine sabine Héros légendaires Mettius Curtius · Marcus Curtius · Lacus Curtius Premier consul C. Curtius Philo · 445 av. J.-C. Monnaies Q. Curtius · 116–115 av. J.-C. · 6 types La gens Curtia était une famille noble ancienne mais mineure à Rome, avec des branches patriciennes et plébéiennes. Le seul membre de la gens investi du consulat sous la République était Gaius Curtius Philo, en 445 av. J.-C. La gens a continué d’exister tout au long de la République et peut-être à l’époque impériale, mais ses membres ont rarement atteint une grande importance. La gens est cependant étroitement liée à l’une des places les plus emblématiques de Rome antique : le Lacus Curtius, mare sacrée au cœur du Forum romain dont le nom est associé à trois légendes différentes toutes liées aux Curtii. L’histoire de Mettius Curtius, chef de guerre sabin dont le cheval s’embourba dans les marais du futur Forum, suggère une origine sabine de la gens — confirmée par le consulat de Curtius Philo en 445 av. J.-C. (à une époque où seuls les patriciens pouvaient consuler). Numismatiquement, la gens est représentée par un seul magistrat monétaire, Quintus Curtius, qui émet en 116–115 av. J.-C. une série complète de six dénominations — denier d’argent et cinq bronzes. « Poursuivi par les Romains, le cheval de Mettius Curtius fut effrayé par les cris et plongea dans les marais, s’embourbant dans les eaux peu profondes. Ce n’est qu’avec beaucoup d’efforts qu’il put se libérer. Par la suite, cette étendue d’eau devint connue sous le nom de Lacus Curtius. » — Tite-Live, Ab Urbe Condita, I, 12 · Denys d’Halicarnasse, Antiquités Romaines ✦ Le Lacus Curtius — trois légendes pour une mare sacrée 🌊 Mettius Curtius · Marcus Curtius · Gaius Curtius Philo — trois histoires pour un nom Le Lacus Curtius — mare ou gouffre sacré au cœur du Forum romain, aujourd’hui réduit à un bas-relief — a reçu dans l’Antiquité trois explications concurrentes, toutes liées aux Curtii : Première légende (Tite-Live, I, 12) : Mettius Curtius, chef de guerre sabin adversaire de Romulus, poursuivit les Romains jusqu’au Forum encore marécageux. Son cheval, effrayé par les cris romains, s’embourba dans les eaux. Ce n’est qu’avec grand peine qu’il parvint à s’en extirper. La mare porta depuis son nom. Cette légende implique une origine sabine des Curtii. Deuxième légende : Le sol du Forum s’étant soudainement ouvert en un gouffre, les haruspices consultés déclarèrent qu’il ne se refermerait que si Rome y jetait sa plus grande force. Le jeune Marcus Curtius, estimant que cette force était le courage militaire, se lança entièrement armé et à cheval dans l’abîme — qui se referma aussitôt sur lui. Sacrifice héroïque dont la mare perpétuait le souvenir. Troisième légende : L’endroit avait été frappé par la foudre, et sur ordre du Sénat, le consul Gaius Curtius Philo (445 av. J.-C.) fit clôturer et sanctuariser le lieu — d’où son nom. Un relief retrouvé en 1553 entre la colonne de Phocas et le temple de Castor et Pollux représenterait le saut de Marcus Curtius. ✦ Magistrat monétaire — République 01 Quintus Curtius 116–115 av. J.-C. 🪙 Légende : Q. CVRT · 1 denier + 5 bronzes · RRC 285 · Série complète Ce magistrat fit émettre un denier (1077CU), un semis (1078CU), un triens (1079CU), un quadrans (1080CU), un sextans (1081CU) et une once (1082CU). La légende est « Q. CVRT » — Quintus Curtius. Le denier porte à l’avers la tête casquée de Roma avec la marque de valeur X, et au revers les Dioscures à cheval galopant à droite — type standard du denier républicain du IIe siècle av. J.-C. La série de bronze comprend les cinq dénominations habituelles avec leurs types standards (Saturne/proue pour le semis, Minerve/proue pour le triens, Hercule/proue pour le quadrans, Mercure/proue pour le sextans, Roma/proue pour la once). L’émission de 116–115 av. J.-C. est contemporaine des premières tensions de la Guerre jugurthine (débuts en 112 av. J.-C.) et de la Guerre des Cimbres et des Teutons (à partir de 113 av. J.-C.). Cliquez sur les monnaies pour le détail. Toutes les fiches de la série 1077CU · RRC 285/1Denier · Q. CVRTRoma / Dioscures. Argent. 116–115 av. J.-C.→ 1078CUSemis · Q. CVRTSaturne / Proue. Bronze.→ 1079CUTriens · Q. CVRTMinerve / Proue. Bronze.→ 1080CUQuadrans · Q. CVRTHercule / Proue. Bronze.→ 1081CUSextans · Q. CVRTMercure / Proue. Bronze.→ 1082CUOnce · Q. CVRTRoma / Proue. Bronze.→ ✦ Caractéristiques & identité de la gens 02 La gens Curtia — d’une mare sacrée à un nom VIIe s. av. J.-C. – IIe s. av. J.-C. La gens Curtia illustre un phénomène fréquent dans l’aristocratie romaine : une famille qui, modeste dans les faits, est associée à un passé mythique ou légendaire glorieux. Les trois légendes du Lacus Curtius — le guerrier sabin, le sacrifié équestre, le consul qui sanctuarise la foudre — ancrent les Curtii dans les origines mêmes de Rome, avant même la fondation de la République. Cette ancienneté légendaire contraste avec leur relative discrétion dans la vie politique républicaine effective. Schmitz et Smith soulignent que la précocité du consulat de Gaius Curtius Philo (445 av. J.-C.) — époque où seuls les patriciens accédaient à cette charge — confirme que la branche principale était patricienne, vraisemblablement d’origine sabine comme le suggère le mythe de Mettius Curtius. La branche plébéienne est attestée plus tardivement (tribuns en 401 et 138 av. J.-C., puis Gaius Curtius Peducaeanus tribun en 57 av. J.-C.). 🏊 Mettius Curtius Chef sabin dont le cheval s’embourba dans les marais du Forum lors de la guerre contre Romulus — première légende du Lacus Curtius, suggérant une origine sabine de la gens. 🐴 Marcus Curtius Héros légendaire qui se sacrifia en sautant armé et à cheval dans un gouffre du Forum pour le refermer — l’une des plus célèbres légendes du sacrifice à Rome.

Curiatia

Curiatia · Iconographie numismatique · LesDioscures Curiatia Gens patricienne & plébéienne · origine albanaise · Iconographie numismatique · République romaine Nature Patricienne & plébéienne Origine Alba la Longue · transplantée à Rome sous Tullus Hostilius Héros mythiques Les trois Curiatii · combat contre les Horatii · VIIe s. av. J.-C. Monnaies 2 magistrats · 7 types · 142–135 av. J.-C. La gens Curiatia était une famille distinguée de Rome, avec des branches patriciennes et plébéiennes. Ses membres sont mentionnés dans le cadre du règne de Tullus Hostilius, le troisième roi de Rome (VIIe siècle av. J.-C.). Le premier des Curiatii à accéder à un poste important fut Publius Curiatius Fistus Trigeminus, consul en 453 av. J.-C. L’existence d’une gens patricienne de ce nom est attestée par Tite-Live, qui mentionne expressément les Curiatii parmi les nobles familles albanaises transplantées à Rome après la destruction d’Alba. Cette origine albanaise est également indiquée dans la légende des trois Curiatii qui, sous le règne de Tullus Hostilius, combattirent contre les trois frères romains, les Horatii, et furent vaincus par la ruse et la bravoure de l’un d’eux — bien que certains auteurs aient décrit les Curiatii comme Romains et les Horatii comme Albanais. Numismatiquement, la gens est représentée par deux magistrats monétaires du IIe siècle av. J.-C. : Caius Curiatius Trigeminus (142 av. J.-C.) dont le cognomen Trigeminus (« triplés ») rappelle directement le mythe des trois Curiatii, et Caius Curiatius (135 av. J.-C.) qui émet une série complète de sept dénominations. « L’origine d’Alba des Curiatii est indiquée dans l’histoire des trois Curiatii qui combattirent les trois Horatii sous Tullus Hostilius et furent conquis par la ruse et la bravoure de l’un des Horatii. » — Tite-Live, Ab Urbe Condita, I, 24 · Denys d’Halicarnasse, Antiquités Romaines, III, 11 · William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography ✦ Les trois Curiatii & le cognomen Trigeminus ⚔️ Horatii contre Curiatii — le combat légendaire pour la suprématie entre Rome et Alba Selon la tradition transmise par Tite-Live (I, 24-26), sous le règne de Tullus Hostilius (672–640 av. J.-C.), Rome et Alba la Longue étant en guerre, les deux cités décidèrent de régler leur conflit par un combat singulier entre trois champions de chaque camp : les trois frères Horatii pour Rome, les trois frères Curiatii pour Alba. Le combat tourne à l’avantage des Albains — deux Horatii tombent — quand le troisième Horatius, blessé, feint de fuir pour disperser ses adversaires et les tuer l’un après l’autre. Rome l’emporte, Alba se soumet. Le cognomen Trigeminus (« né en même temps que deux autres », triplés) porté par le monétaire de 142 av. J.-C. — Caius Curiatius Trigeminus — est une revendication directe de cette filiation légendaire : il se présente comme le descendant des trois Curiatii albanais. Ce cognomen est l’équivalent numismatique d’une déclaration d’identité dynastique, analogue aux cognomina Scipio, Marcellus ou Sulla des grandes gentes. ✦ Magistrats monétaires — République 01 Caius Curiatius Trigeminus 142 av. J.-C. ⚔️ Légende : C. C(VR) · 1 denier · RRC 211/1 · Cognomen Trigeminus · Roma / Dioscures Ce magistrat fit émettre un denier (901CU). La légende est « C. C(VR) » — Caius Curiatius. Son cognomen Trigeminus — né en même temps que deux autres, triplés — est directement lié à la légende des trois Curiatii qui combattirent les trois Horatii. L’émission de 142 av. J.-C. se place dans la période de l’essor de la propagande familiale sur les deniers républicains — quelques années avant que les allusions historiques et mythologiques deviennent systématiques. Cliquez sur la monnaie pour le détail. 02 Caius Curiatius 135 av. J.-C. 🏺 Légende : C·CVR·F · 1 denier + 1 semis + 1 triens + 1 quadrans + 1 sextans + 1 once · RRC 240 Ce magistrat fit émettre un denier (935CU), un semis (936CU), un triens (937CU), un quadrans (938CU), un sextans et une once (940CU). La légende est « C·CVR·F » — Caius Curiatius, fils de [?]. La série comprend le denier d’argent et cinq dénominations de bronze — série relativement complète pour la période. L’émission de 135 av. J.-C. précède d’une dizaine d’années le premier tribunat de Tiberius Gracchus (133 av. J.-C.). Cliquez sur les monnaies pour le détail. Fiches · Série C·CVR·F · 135 av. J.-C. 935CU · RRC 240/1Denier · C·CVR·FArgent. 135 av. J.-C.→ 936CUSemis · C·CVR·FBronze.→ 937CUTriens · C·CVR·FBronze.→ 938CUQuadrans · C·CVR·FBronze.→ 940CUOnce · C·CVR·FBronze.→ ✦ Caractéristiques & origines de la gens 03 La gens Curiatia — d’Alba à Rome, de la légende à la monnaie VIIe s. av. J.-C. – IIe s. av. J.-C. La gens Curiatia est l’une des rares familles romaines dont l’origine est directement attestée dans une légende fondatrice bien documentée par les sources. Le lien entre les trois Curiatii du mythe — figures albanaises transplantées à Rome après leur défaite face aux Horatii — et les Curiatii historiques des IVe et IIe siècles av. J.-C. est affirmé avec constance dans les sources, bien que son exactitude historique soit discutable. L’existence de branches patriciennes et plébéiennes dans la même gens est un phénomène courant à Rome : Tite-Live note que les Curiatii plébéiens (attestés comme tribuns de la plèbe en 401 et 138 av. J.-C.) pourraient être soit des descendants d’affranchis des Curiatii patriciens, soit des membres de la gens patricienne qui avaient rejoint la plèbe — pratique attestée pour d’autres gentes. 🏔️ Origine albanaise Les Curiatii font partie des nobles familles albanaises transplantées à Rome après la destruction d’Alba sous Tullus Hostilius — parmi les gentes les plus anciennes de Rome. ⚔️ Les trois Curiatii Figures mythiques du duel contre les Horatii sous Tullus Hostilius — vaincus par la ruse du dernier Horatius qui feint de fuir pour les affronter séparément. 👶 Cognomen Trigeminus Trigeminus = « triplés » — le cognomen du monétaire de 142 av. J.-C. revendique explicitement la descendance des trois frères albanais. Référence dynastique inscrite dans le nom. 🏛️ Double branche Patriciens d’origine, les Curiatii ont aussi une branche plébéienne attestée au

Cupiennia

Cupiennia · Iconographie numismatique · LesDioscures Cupiennia Gens plébéienne · Iconographie numismatique · République romaine · IIe s. av. J.-C. Nature Plébéienne · fin de la République Étymologie supposée copia → corne d’abondance (Borghesi) Magistrat signé L. Cupiennus · ~147 av. J.-C. Monnaies 1 denier signé + 2 séries anonymes supposées · 11 types La gens Cupiennia (ou Cuprennia) était une famille plébéienne de Rome dont les membres sont mentionnés vers la fin de la République. Aucun d’eux n’a atteint une grande importance politique. Son seul représentant numismatique clairement identifié est Lucius Cupiennus, monétaire vers 147 av. J.-C. L’intérêt majeur de cette gens réside dans une observation du numismate Borghesi : la corne d’abondance (cornucopia) qui figure derrière la tête de Roma à l’avers du denier de Lucius Cupiennus pourrait être une allusion au nom même du monétaire — Cupiennius ou Copiennius évoquant le latin copia (abondance, richesse). Cette hypothèse de jeu de mots onomastique — pratique connue dans la numismatique républicaine — conduit Borghesi à proposer d’attribuer à un membre inconnu de la gens Cupiennia deux séries de monnaies anonymes qui portent elles aussi une corne d’abondance comme emblème : la série de 207 av. J.-C. (205AN–215AN) et le denier de 179–170 av. J.-C. (631AN). « On trouve au droit du denier de Lucius Cupiennus une copia (corne d’abondance) derrière la tête. Borghesi y reconnaît, avec vraisemblance, une allusion au nom de Cupiennius ou Copiennius. Par la même raison on pourrait proposer de donner à un membre de la famille Cupiennia les pièces sans nom de monétaire qui portent une corne d’abondance pour symbole. » — Borghesi, Œuvres complètes, t. I · cité par Ernest Babelon, notice Cupiennia ✦ La corne d’abondance — emblème, jeu de mots & attribution hypothétique 🌽 Copia → Cupiennius — la numismatique comme jeu de mots onomastique La pratique des jeux de mots sur les noms de famille (allusions onomastiques) est bien attestée dans le monnayage républicain : les Calpurnii utilisent la calumba (colombe), les Fonteii la fons (source), les Numerii le chiffre. Borghesi applique ce principe à Cupiennius en rapprochant le nomen du latin copia (abondance, richesse) — d’où l’emblème de la corne d’abondance sur le denier de L. Cupiennus. Si l’hypothèse est correcte, ce serait un exemple d’emblème dynastique transmis sur plusieurs générations et deux siècles d’intervalle — de 207 à 147 av. J.-C. Il faut cependant noter que l’attribution des séries anonymes à la Cupiennia reste une hypothèse non vérifiée — aucun document indépendant ne la confirme. La méthode des trésors n’a pas permis de la corroborer ou de l’infirmer. C’est la seule raison de leur présence sur cette page : l’emblème commun et la proposition de Borghesi. ✦ Magistrat monétaire signé 01 Lucius Cupiennus ~147 av. J.-C. 🌽 Légende : L. C(VP) · 1 denier · RRC 218/1 · Corne d’abondance derrière Roma Ce magistrat fit émettre un denier (890CU). La légende est « L. C(VP) » — abréviation de Lucius Cupiennus (ou Cuprennius selon les variantes de translittération). Ce denier est l’unique monnaie signée par un membre de la gens Cupiennia. L’avers porte la tête casquée de Roma à droite avec la marque de valeur X, et derrière la tête, une corne d’abondance — emblème distinctif que Borghesi interprète comme un jeu sur le nomen du monétaire (Cupiennius/Copiennius ≈ copia). Le revers présente les Dioscures à cheval galopant à droite, avec les étoiles caractéristiques, et la légende L.C(VP) ainsi que ROMA dans l’exergue. Cliquez sur la monnaie pour le détail. ✦ Séries anonymes supposées Cupiennia (Borghesi) 02 Série à la corne d’abondance · Anonyme ~207 av. J.-C. 🌽 Emblème supposé Cupiennia · 9 monnaies · 205AN–215AN · Victoriat, denier, as, semis, triens, quadrans, sextans, once, semuncia Cette série anonyme comprend un victoriat (205AN), un denier (206AN), un as (207AN), un semis (208AN), un triens (209AN), un quadrans (211AN), un sextans (213AN), une once (214AN) et une semuncia (215AN). Ces monnaies sont sans nom de monétaire (anépigraphes) mais portent la corne d’abondance comme emblème de contrôle. Borghesi propose de les attribuer à un membre inconnu et antérieur de la gens Cupiennia. Cette série de 207 av. J.-C. est contemporaine de la fin de la Deuxième Guerre Punique — émission de grande série dans un contexte de frappe intensive. Fiches · Série 207 av. J.-C. 205ANVictoriatCorne d’abondance. ~207 av. J.-C.→ 206ANDenier anonymeCorne d’abondance. ~207 av. J.-C.→ 207ANAs anonymeCorne d’abondance.→ 208ANSemis anonymeCorne d’abondance.→ 209ANTriens anonymeCorne d’abondance.→ 211ANQuadrans anonymeCorne d’abondance.→ 213ANSextans anonymeCorne d’abondance.→ 214ANOnce anonymeCorne d’abondance.→ 215ANSemuncia anonymeCorne d’abondance.→ 03 Denier à la corne d’abondance · Anonyme ~179–170 av. J.-C. 🌽 Emblème supposé Cupiennia · 1 denier · 631AN · Corne d’abondance · Attribution Borghesi Ce denier anonyme (631AN) porte la corne d’abondance comme emblème sans nom de monétaire. Borghesi le propose également pour la gens Cupiennia, en complétant la série de l’emblème entre la série de 207 av. J.-C. et le denier signé de L. Cupiennus de 147 av. J.-C. Cette pièce intermédiaire, si l’attribution est juste, atteste la continuité de l’emblème sur trois générations de la gens. Fiche · Denier 179–170 av. J.-C. 631ANDenier anonyme · corne d’abondanceAttribution hypothétique Cupiennia (Borghesi). ~179–170 av. J.-C.→ Voir la fiche ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 04 La gens Cupiennia — copia comme programme iconographique dynastique ~207 – 147 av. J.-C. Si l’hypothèse de Borghesi est correcte, la gens Cupiennia offre l’un des exemples les plus anciens d’un emblème familial transmis sur trois générations dans la numismatique républicaine — de 207 à 147 av. J.-C., soit soixante ans. La corne d’abondance passerait d’un emblème de contrôle sur des séries anépigraphes à un choix iconographique délibéré chez L. Cupiennus, où elle occupe une position prominente derrière Roma. Cependant, la prudence s’impose : la corne d’abondance est un symbole générique de la Fortune et de la prospérité, utilisé par de nombreuses familles et ateliers sans lien avec la gens Cupiennia. L’attribution de Borghesi reste vraisemblable selon ses propres termes — mais non démontrée. La numismatique républicaine connaît de nombreux cas d’attributions à des gentes fondées uniquement

Critonia

Critonia · Iconographie numismatique · LesDioscures Critonia Gens plébéienne · Iconographie numismatique · République romaine · ~86 av. J.-C. Nature Plébéienne · peu documentée Magistrat L. Critonius · aedilis plebis Co-émission M. Fannius · aedilis plebis Monnaie 1 denier · 1264CR · RRC 351/1 · Cérès & deux édiles La gens Critonia était une famille plébéienne de Rome, presque totalement inconnue des sources littéraires. Elle est principalement connue d’un seul individu, Lucius Critonius, qui fut l’un des premiers aediles cerealis après l’institution de ce bureau par Jules César en 44 av. J.-C. Critonius avait appartenu au parti de César, mais s’était opposé au fait de devoir payer pour honorer sa mémoire lors des Céréalia, suite au meurtre de César le 15 mars 44 av. J.-C. — attitude courageuse ou pragmatique selon les interprétations, rapportée par Appien. Le denier 1264CR, co-émis avec Marcus Fannius, porte la mention aediles plebei (AED·PL) ainsi que l’indication P·A — publico argento (avec l’argent public) — ce qui conduit les anciens numismatistes à attribuer cette monnaie à l’édile de 44 av. J.-C. Mais Cavedoni et Mommsen ont démontré par l’examen des trésors numismatiques que ce denier remonte à ~86 av. J.-C. Le Lucius Critonius édile de 44 av. J.-C. serait donc le fils du Lucius Critonius monétaire, et Marcus Fannius le monétaire serait l’ancêtre du Marcus Fannius préteur de 80 av. J.-C. « On peut comparer au denier des édiles Fannius et Critonius celui des questeurs Pison et Cépion : sur l’un et l’autre, deux magistrats sont assis côte à côte, avec des épis qui rappellent leurs fonctions liées à l’approvisionnement en blé. » — Ernest Babelon, Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine, notice Critonia · comparaison avec RRC 330/1 (Piso–Caepio) ✦ Un denier d’édiles — blé, argent public & question de datation 🌾 Cérès · deux édiles · publico argento — un programme iconographique lié à l’Annona Le denier 1264CR est l’un des rares deniers républicains émis explicitement par des édiles plébéiens plutôt que par les triumvirs monétaires ordinaires. La mention AED·PL (aediles plebis) à l’avers, l’image de Cérès (déesse du blé, patronne des édiles plébéiens et des Céréalia), et la scène des deux édiles assis côte à côte avec des épis au revers forment un programme iconographique cohérent lié à l’Annona — la supervision de l’approvisionnement en grain de Rome. La mention P·A (publico argento — avec l’argent public) est particulièrement rare et précieuse : elle indique que cette émission a été financée sur les fonds publics, par décision du Sénat ou des magistrats, et non sur les fonds propres de la magistrature. Babelon compare ce type à celui des questeurs Pison et Cépion (100 av. J.-C.) — autre émission à deux magistrats assis avec des épis. La lex Papiria de 89 av. J.-C. encadrant la formule publico argento confirme que l’émission est antérieure à ~82 av. J.-C., corroborant la datation de Mommsen. ✦ Magistrat monétaire — République 01 Lucius Critonius & Marcus Fannius · Aediles Plebis ~86 av. J.-C. 🌾 Légende : L. CRT · AED·PL · P·A · 1 denier · RRC 351/1 · Co-émission Fannius · Argent public Ce magistrat fit émettre avec Marcus Fannius un denier (1264CR). La légende est « L. CRT » (pour Lucius Critonius) et « M. FAN » (pour Marcus Fannius) sur le revers, avec la mention commune « AED·PL » (aediles plebis) et « P·A » (publico argento). L’émission est co-signée par les deux édiles plébéiens, chacun identifié sur la monnaie. L’avers porte la tête de Cérès à droite, drapée, avec la légende AED·PL — Cérès est la divinité tutélaire des édiles plébéiens, qui supervisent les Céréalia (fête de Cérès) et l’approvisionnement en grain. Le revers représente les deux édiles assis côte à côte sur leurs sièges (subsellia), avec des épis de blé à côté d’eux — scène unique dans le monnayage républicain représentant les magistrats émetteurs eux-mêmes dans l’exercice de leurs fonctions. La légende P·A · M·FAN · L·CRI dans l’exergue identifie les deux magistrats et la source du financement. Cliquez sur la monnaie pour le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 02 La gens Critonia — deux générations, une seule monnaie ~86 – 44 av. J.-C. La question de datation du denier Critonius–Fannius est un cas d’école de méthode numismatique. Les anciens commentateurs, frappés par la concordance entre le type édilitaire du denier (deux édiles plébéiens avec Cérès et des épis) et l’identité de l’édile de 44 av. J.-C., avaient conclu à une émission tardive. Mais la méthode des trésors (die study) a tranché en faveur d’une datation haute (~86 av. J.-C.) : le denier se trouve dans des trésors enfouis bien avant 44 av. J.-C. (Montecodruzzo, enfoui vers 81 av. J.-C. ; Frascarolo, entre 72 et 68 av. J.-C.). De plus, la formule publico argento est caractéristique des émissions des années 100–82 av. J.-C. Ce cas illustre un principe fondamental de la numismatique républicaine : l’iconographie ne suffit pas à dater une émission. Le type édilitaire de ce denier est une référence à la fonction des émetteurs (aediles plebei) et non un document contemporain des événements de 44 av. J.-C. La coïncidence entre le nom du monétaire et celui de l’édile de César est réelle — il s’agit très probablement de père et fils du même nom. 🌾 Cérès & les édiles Cérès est la déesse patronne des édiles plébéiens qui supervisent les Céréalia et l’Annona — son image à l’avers affirme la fonction des émetteurs. 🪑 Deux édiles assis La scène des deux magistrats assis côte à côte sur leurs sièges avec des épis est unique dans le monnayage républicain — les monétaires se représentent eux-mêmes en exercice. 💰 P·A = publico argento La mention publico argento indique que l’émission est financée sur les fonds publics — formule rare liée à la lex Papiria de 89 av. J.-C., confirmant la datation haute. 🔍 Cavedoni & Mommsen La méthode des trésors a corrigé l’attribution ancienne à 44 av. J.-C. — le denier remonte à ~86 av. J.-C.,

Crepusia

Crepusia · Iconographie numismatique · LesDioscures Crepusia Gens plébéienne · quasi-inconnue de l’histoire · Iconographie numismatique · République romaine · 82 av. J.-C. Nature Plébéienne · peu documentée Magistrat P. Crepusius · ~82 av. J.-C. Triumvirat P. Crepusius · L. Marcius Censorinus · C. Mamilius Limetanus Monnaies 3 deniers · 1284CR + 2 co-émissions La gens Crepusia est presque totalement inconnue de l’histoire en dehors de la numismatique. Son seul représentant documenté est Publius Crepusius, monétaire vers 82 av. J.-C. (an 670 ab Urbe condita), qui forme avec Lucius Marcius Censorinus et Caius Mamilius Limetanus un triumvirat monétaire dont les membres sont tous également peu connus des sources littéraires. Ce triumvirat frappe en 82 av. J.-C. — année charnière de la dictature de Sulla, au cœur des guerres civiles et des proscriptions. La composition des trésors numismatiques a permis de fixer approximativement cette date. Les trois magistrats émettent chacun un ou plusieurs deniers propres tout en partageant des co-émissions : les deniers 1282MA et 1283MA (Vénus drapée) portent les légendes de Crepusius et de Censorinus, signalant une émission commune. Babelon avoue ne pouvoir expliquer l’iconographie propre à Crepusius : « le cavalier du revers fait sans doute allusion à quelque trait de bravoure d’un ancêtre du monétaire ». Cette honnêteté du commentateur classique souligne l’une des grandes lacunes de la prosopographie républicaine — la plupart des magistrats monétaires nous sont connus uniquement par leurs monnaies. « Les Crepusii sont à peu près inconnus dans l’histoire en dehors de la numismatique. Le cavalier du revers fait sans doute allusion à quelque trait de bravoure d’un ancêtre du monétaire. » — Ernest Babelon, Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine, notice Crepusia ✦ 82 av. J.-C. — trois inconnus sous la dictature de Sulla 🏇 Apollon · cavalier · Vénus · Ulysse — trois programmes iconographiques pour un seul triumvirat L’émission de 82 av. J.-C. est l’une des plus complexes de la numismatique républicaine tardive par la multiplicité de ses types. Les trois monétaires partagent certaines émissions et en ont d’autres en propre. Le denier 1284CR est le type propre de P. Crepusius : Apollon lauré à l’avers (avec sceptre et marques de contrôle abondantes) et cavalier galopant à droite brandissant une lance au revers, avec un numéro de contrôle pouvant aller jusqu’à CCCCLXXXXV (495). La prolifération des marques de contrôle dans cette émission — lettres, symboles, chiffres — témoigne d’une frappe d’urgence en grande série pour financer les armées syllaniennes. Les co-émissions 1282MA et 1283MA avec L. Marcius Censorinus portent Vénus drapée à l’avers et au revers — ce qui a conduit certains à y voir une allusion à Vénus Félix, protectrice de Sulla, bien que Crawford rejette cette interprétation. Le troisième monétaire, C. Mamilius Limetanus, émet en propre un denier serratus avec Ulysse reconnu par son chien Argos — référence à l’origine latine de la gens Mamilia depuis Mamilia fondée par l’arrière-petit-fils d’Ulysse et de Circé. ✦ Magistrat monétaire — République 01 Publius Crepusius 82 av. J.-C. 🏇 Légende : P. CREPVSI · 3 deniers (1284CR + 2 co-émissions) · RRC 361/1 · Apollon / Cavalier · Contrôles multiples Ce magistrat fit émettre, seul ou en co-émission, trois deniers : le denier propre (1284CR · RRC 361/1) et deux co-émissions avec L. Marcius Censorinus (1282MA · RRC 360/1a et 1283MA · RRC 360/1b). La légende est « P. CREPVSI » dans l’exergue du denier propre. Le denier propre 1284CR est remarquable par son système de contrôle exceptionnel. L’avers porte la tête laurée d’Apollon à droite avec un sceptre derrière la tête et une double marque de contrôle : une lettre de l’alphabet latin devant le menton, et parfois un second symbole (aile, branche, ciste, clef, corbeau, corne d’abondance, crochet, croissant, épi, étoile, feuille de lierre, fleur, foudre, grappe de raisin, hache, lézard, pavot, pourpre, oiseau volant…). Le revers montre un cavalier galopant à droite, brandissant une javeline, avec dans le coin supérieur gauche un nombre de contrôle qui peut varier de I à CCCCLXXXXV (495) selon la variante — attestant une émission de masse. La légende P·CREPVSI figure dans l’exergue. Cliquez sur les monnaies pour le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 02 La gens Crepusia — l’anonymat comme destin 82 av. J.-C. La gens Crepusia illustre le paradoxe de la numismatique républicaine : des centaines d’exemplaires de ses monnaies circulent depuis 2 100 ans dans les collections du monde entier, mais leur émetteur reste une figure fantomatique dont on ne sait rien d’autre que son nom gravé sur l’exergue. P. Crepusius n’est attesté dans aucune source littéraire — ni dans les discours de Cicéron, ni dans Tite-Live, ni dans Salluste. Sa seule trace dans l’histoire est cette série de deniers. Le choix d’Apollon à l’avers, divinité associée à la prophétie, à la lumière et aux arts, est classique dans le monnayage républicain de cette période — mais n’est pas iconographiquement lié à un programme familial identifiable. Le cavalier brandissant une javeline du revers est plus intrigant : Babelon y voit l’allusion à un exploit militaire ancestral. Ce motif du cavalier guerrier apparaît sur plusieurs émissions de la même période, dans le contexte des guerres civiles où la cavalerie légère joue un rôle décisif. La densité exceptionnelle des marques de contrôle — jusqu’à 495 numéros distincts et des dizaines de symboles — est l’indice d’une émission massive, probablement liée aux besoins financiers de la dictature de Sulla, dont la réforme monétaire (et la fonte du trésor de Capitole) alimentait les ateliers en métal. 🏛️ Triumvirat de 82 P. Crepusius · L. Marcius Censorinus · C. Mamilius Limetanus — trois monétaires peu connus émettant en co-opération pendant la dictature syllanique. 🔢 Jusqu’à 495 variantes Le numéro de contrôle au revers peut atteindre CCCCLXXXXV (495) — émission de masse attestant une frappe intensive pour les besoins militaires de Sulla. 🏇 Cavalier ancestral Le cavalier brandissant une javeline évoque selon Babelon un exploit militaire d’un ancêtre de P. Crepusius — mais aucune source ne l’atteste. 🌹 Vénus des co-émissions

Crepereia

Crepereia · Iconographie numismatique · LesDioscures Crepereia Gens équestre · origine sabine · Iconographie numismatique · République romaine · ~72 av. J.-C. Nature Plébéienne · ordre équestre Étymologie creper — mot sabin (Varron) Magistrat Q. Crepereius M. f. Rocus · ~72 av. J.-C. Monnaie 1 denier serratus · RRC 399/1 · Amphitrite & Neptune La gens Crepereia était une famille plébéienne de rang équestre dans la Rome antique, célèbre par l’austérité de ses membres selon le témoignage de Cicéron. La famille apparaît dans l’histoire au premier siècle avant J.-C. et ses membres sont attestés jusqu’au premier ou deuxième siècle de notre ère. Varron déclare que le mot creper est d’origine sabine — ce qui donne une origine probable pour cette famille, analogue à d’autres gentes d’origine sabine intégrées progressivement dans la structure civique romaine. Levick et Jameson notent que le gentilicium Crepereius est rare, attesté uniquement en Italie et dans certaines parties de l’Empire romain, devenant relativement commun seulement en Afrique du Nord — où une branche de la gens s’est répandue à partir du premier ou deuxième siècle apr. J.-C., vraisemblablement comme descendants de recrues de la Legio III Augusta. Une autre branche, active au premier siècle avant J.-C., s’est orientée vers l’est dans les provinces de langue grecque, où ses membres ont prospéré comme negotiatores (négociants). C’est dans ce contexte maritime et commercial que s’inscrit l’iconographie exceptionnelle du denier serratus de Quintus Crepereius Rocus — unique monétaire connu de la gens. « Les types marins des deniers de Q. Crepereius Rocus permettent de croire que ce personnage y rappelle quelque exploit maritime de ses ancêtres, ou qu’il a fait frapper monnaie pendant qu’il remplissait quelque importante fonction sur la flotte romaine. » — Ernest Babelon, Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine, notice Crepereia · Cicéron, In Verrem ✦ Identité de la gens & l’iconographie marine 🌊 Amphitrite · Neptune · hippocampes — le denier le plus marin de la République Le denier serratus 1341CR est l’un des plus singuliers du monnayage républicain par la cohérence totale de son programme iconographique marin. Avers, revers et symboles de contrôle parlent tous le même langage aquatique. À l’avers, le buste d’Amphitrite — déesse de la mer, épouse de Neptune — vu de dos à droite, avec à gauche un symbole de contrôle tiré du monde marin (dauphin, tortue, crabe, poisson, poulpe, calmar, limande, éponge, actinie, héron selon les variantes). La lettre de contrôle (A à K) est appariée à l’animal. Au revers, Neptune barbu debout dans un char tiré par deux hippocampes (créatures mi-cheval, mi-poisson), brandissant son trident. Ce type de revers est connu sur des monnaies de Corinthe — ce qui a conduit Babelon à envisager une frappe à Corinthe, bien qu’il exclue que Crepereius Rocus ait pu être duumvir de la colonie fondée en 46 av. J.-C. (trop tardif selon la composition des trésors). La datation de 72 av. J.-C. est confirmée par l’examen des trouvailles numismatiques. ✦ Magistrat monétaire — République 01 Quintus Crepereius M. f. Rocus ~72 av. J.-C. 🌊 Légende : Q. CREPEREI ROCVS · 1 denier serratus · RRC 399/1 · Bord dentelé · Symboles marins Ce magistrat fit émettre un denier dentelé (serratus) (1341CR). La légende est « Q. CREPEREI ROCVS » — une variante porte « Q. CREPER. M. F. » (Quintus Creperius, fils de Marcus) — indiquant explicitement la filiation avec Marcus Crepereius, tribun militaire et sénateur mentionné par Cicéron comme l’un des juges au procès de Verrès en 70 av. J.-C. Le monétaire est donc très vraisemblablement le fils de ce Marcus. Le denier serratus — à bord dentelé — est une pratique anti-contrefaçon des années 110–70 av. J.-C., garantissant l’homogénéité de l’alliage jusqu’au cœur du flan. L’avers porte le buste d’Amphitrite drapée à droite, vue de dos, avec à gauche un symbole de contrôle marin (l’une des dix lettres A–K associée à l’un des dix animaux marins : dauphin, tortue, crabe, poisson, poulpe, calmar, limande, éponge, actinie, héron). Ces dix paires lettre-animal sont autant de variantes distinctes du même type. Le revers montre Neptune debout dans un bige d’hippocampes galopant à droite, brandissant son trident de la main droite, tenant les rênes de la gauche. Légende Q. CREPEREI ROCVS. Ce type de revers est identique à celui connu sur des monnaies de Corinthe. Cliquez sur la monnaie pour le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 02 La gens Crepereia — une famille d’équestres sabins tournée vers la mer Ier s. av. J.-C. – IIe s. apr. J.-C. La gens Crepereia illustre un profil de famille romaine peu commun : d’origine sabine, de rang équestre plutôt que sénatorial, mais avec une présence dans les cercles dirigeants à travers la justice et la magistrature monétaire. Cicéron décrit la stricte discipline des Crepereii, ce qui renforce l’image d’une famille conservatrice attachée aux valeurs traditionnelles — en contraste frappant avec l’iconographie marine exubérante du denier de Rocus. Cette tension entre la réputation d’austérité de la gens et le programme iconographique spectaculaire du denier (buste d’Amphitrite vu de dos — pose rare et gracieuse — Neptune en char d’hippocampes, dix variantes de symboles marins) est l’une des curiosités de la numismatique Crepereia. Babelon l’explique par une fonction maritime du monétaire ou par un souvenir héroïque ancestral. La ressemblance du revers avec les monnaies de Corinthe ouvre une hypothèse géographique intéressante : Crepereius Rocus aurait-il exercé une charge en Grèce ou fait frapper monnaie en Orient, là où sa famille avait des intérêts commerciaux ? ⚓ Origine sabine Le mot creper est d’origine sabine selon Varron — une des nombreuses familles romaines dont le nom trahit l’absorption progressive des peuples italiques dans le système civique. 🏛️ Ordre équestre Les Crepereii sont d’ordre équestre, pas sénatorial — rang intermédiaire entre la plèbe et le Sénat, actif dans les affaires, la finance et les fonctions militaires subalternes. 🌊 Amphitrite de dos Le buste d’Amphitrite vu de dos est une pose rare et élaborée dans le monnayage républicain — témoignage d’une recherche artistique inhabituelle