Fulvia

Fulvia · Iconographie numismatique · LesDioscures Fulvia Gens plébéienne · De Tusculum aux triomphes de Numidie · Iconographie numismatique · République romaine · IIe s. av. J.-C. NaturePlébéienne · Tusculum ÉtymologieFoulvia (forme archaïque) CognominesBambalio · Centumalus · Curvus · Flaccus · Nobilior · Paetinus Monnaies1 émission · 1 magistrat · denier (collège de III viri) La gens Fulvia, à l’origine Foulvia, était l’une des familles plébéiennes les plus illustres de Rome. À la fin du IVe siècle av. J.-C., les Fulvii avaient rejoint la nobilitas grâce au patronage des Fabii, qui soutinrent la candidature réussie de Lucius Fulvius Curvus au consulat de 322 av. J.-C. La gens fut longtemps active en politique et acquit une solide réputation pour la qualité de ses chefs militaires. Selon Cicéron, les Fulvii étaient originaires de Tusculum, bien que certains membres soient restés dans leur lieu d’origine, puisque des Fulvii y sont attestés aussi tard qu’à l’époque de Cicéron lui-même. La gens revendiquait un sacre reçu d’Hercule après l’accomplissement de ses douze travaux — tradition mythique qui rattachait la famille au plus prestigieux des héros romains. Les Fulvii portèrent de nombreux cognomines : Bambalio, Centumalus, Curvus, Flaccus, Gillo, Nacca, Nobilior, Paetinus, Veratius. Parmi les membres les plus célèbres figurent M. Fulvius Nobilior (consul en 189 av. J.-C., conquérant de l’Étolie et protecteur du poète Ennius) et, à l’époque tardive de la République, la fameuse Fulvia, épouse successive de Clodius, Curion et Marc Antoine. Un seul magistrat monétaire est connu : Cnaeus Fulvius, qui frappa un denier vers 117–116 av. J.-C. au sein d’un collège de trois monétaires comprenant M. Calidius et Q. Caecilius Metellus (le futur Numidicus). « La gens Fulvia était une des plus illustres tribus plébéiennes de Rome. D’après Cicéron et Pline, son berceau était la ville de Tusculum. » — Babelon, Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine ✦ Contexte historique & identité 🏛️ Fulvia · Tusculum, Hercule & un collège de tresviri monetales Le denier de Cn. Fulvius est remarquable non par l’originalité de son type — il reprend les types canoniques Roma / Victoria en bige — mais par le collège de trois monétaires qui l’a produit. Les tresviri monetales de 117–116 av. J.-C. comptaient en effet le futur Q. Caecilius Metellus Numidicus, l’un des personnages les plus importants de la fin du IIe siècle : consul en 109, vainqueur de Jugurtha en Numidie, censeur en 102, et chef de file des Optimates contre Marius. La fonction de tresvir monetalis constituait typiquement la première étape du cursus honorum pour les jeunes aristocrates. Dans ce collège, Metellus était promis aux plus hautes destinées, tandis que M. Calidius et Cn. Fulvius restèrent relativement obscurs — leurs noms sont principalement préservés par cette émission monétaire. Babelon, notant que le prénom Cnaeus est courant chez les Centumalii, suggère que ce monétaire appartenait à cette branche des Fulvii. Le nom de la gens est inscrit sur les deniers tantôt simplement F., tantôt FOVL ou FVL — cette dernière graphie attestant la forme archaïque Foulvia. ✦ Magistrat monétaire — République 01 Cnaeus Fulvius 117 – 116 av. J.-C. 🏛️ Légende : C(N F)O(VL) M. C(AL.) Q. (ME)T · 1 émission · RRC 284/1b · 1075FU (denier) · Atelier de Rome · Collège : Cn. Fulvius, M. Calidius, Q. Metellus Ce magistrat fit émettre un denier (1075FU) au sein d’un collège de tresviri monetales avec M. Calidius et Q. Caecilius Metellus (le futur Numidicus). La légende apposée à cette monnaie est « C(N F)O(VL) M. C(AL.) Q. (ME)T », combinant les noms abrégés des trois magistrats. L’avers présente la tête casquée de Roma à droite, coiffée du casque ailé, avec sous le menton la marque de valeur XVI en monogramme (seize as = un denier). Le revers représente la Victoire conduisant un bige (char à deux chevaux) galopant à droite, tenant une couronne de laurier de la main droite et les rênes de la gauche. Ce type Roma/Victoria en bige est l’un des plus courants du monnayage républicain de la fin du IIe siècle, et ne comporte pas de référence iconographique spécifique à la gens Fulvia. L’intérêt de cette émission réside principalement dans la composition du collège monétaire et dans la graphie archaïque du nom Foulvius. Cliquez sur la monnaie pour afficher le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 02 La gens Fulvia — Tusculum, Hercule & les cognomines IVe – Ier s. av. J.-C. Bien que la gens Fulvia ne soit représentée dans le monnayage que par une seule émission au type canonique, c’est l’une des familles plébéiennes les plus importantes de l’histoire romaine. Leur origine tusculane, partagée avec d’autres grandes gentes (Fonteia, Porcia, Juventia), et leur filiation mythique à Hercule en font une famille de premier rang. 🏛️ Tusculum Cité latine du Latium, berceau de la gens selon Cicéron et Pline. Les Fulvii y sont attestés sur plusieurs siècles — Tusculum produisit aussi les Fonteii, les Porcii et les Juventii. ⚔️ Hercule Les Fulvii revendiquaient un sacre reçu d’Hercule après ses douze travaux — filiation mythique prestigieuse rattachant la gens au plus grand héros du monde gréco-romain. 👑 Roma casquée Tête casquée de Roma à l’avers du denier — type canonique du monnayage républicain depuis le IIIe siècle. Le casque ailé est le modèle standard de la période. 🏇 Victoria en bige La Victoire conduisant un char à deux chevaux au revers — type omniprésent de la fin du IIe siècle, célébrant la puissance militaire de Rome. 🔢 XVI · marque de valeur Monogramme XVI sous le menton de Roma — indique la valeur du denier à 16 as, réforme tarifaire intervenue vers 141 av. J.-C. (auparavant X = 10 as). 📜 Tresviri monetales Collège de trois magistrats (Cn. Fulvius, M. Calidius, Q. Metellus) responsables de la frappe — première étape du cursus honorum pour les jeunes aristocrates. ✦ Fiches numismatiques liées 1075FU · RRC 284/1bDenier · Cn. Fulvius, M. Calidius, Q. Metellus · 117–116 av. J.-C.Roma casquée / Victoire en bige. Légende CN.FO(VL) M.CAL. Q.MET. Collège de tresviri monetales —
Fufia

Fufia · Iconographie numismatique · LesDioscures Fufia Gens plébéienne · Honos, Virtus & la Concordia italique · Iconographie numismatique · République romaine · Ier s. av. J.-C. NaturePlébéienne · Campanie OrigineCalès · Calenus CognominesCalenus Monnaies1 émission · 1 magistrat · denier serratus La gens Fufia était une famille plébéienne de Rome. Elle ne semble pas avoir été d’une grande antiquité et n’apparaît dans l’histoire que vers le début du Ier siècle av. J.-C. Le seul magistrat monétaire connu de cette gens est Quintus Fufius Calenus, qui émit un denier dentelé (serratus) vers 70 av. J.-C. Cette gens a souvent été confondue — tant dans les manuscrits anciens que par les savants modernes — avec une prétendue gens Fusia, qui n’existait pas en tant que telle pendant la dernière période de la République : ce nom n’est en réalité que la forme archaïque de Furia. Les Fufii n’apparaissent dans l’histoire qu’au VIIe siècle de la Ville (Ier s. av. J.-C.). Le cognomen Calenus, porté par la branche la plus connue de la famille, dérive probablement de la ville de Calès en Campanie. Il n’est pas improbable que l’ensemble des Fufii soient originaires de cette région. Le personnage le plus illustre de la gens est Q. Fufius Calenus, consul en 47 av. J.-C., fidèle césarien puis partisan d’Antoine, qui mourut en 40 av. J.-C. alors qu’il commandait les légions antoniennes en Gaule Cisalpine. « Le denier serratus de Q. Fufius Calenus, émis conjointement avec Mucius Cordus, célèbre la réconciliation entre Rome et l’Italie après la Guerre sociale — Honos et Virtus au droit, Italia et Roma se serrant la main au revers. » — D’après Crawford, Roman Republican Coinage, RRC 403/1 ✦ Contexte historique & identité 🏛️ Fufia · Calès, la Guerre sociale & la Concordia italique Le denier de Q. Fufius Calenus est l’un des témoignages numismatiques les plus expressifs de la réconciliation entre Rome et les peuples italiques après la Guerre sociale (91–88 av. J.-C.). Ce conflit dévastateur opposa Rome à ses alliés italiens (socii) qui réclamaient la citoyenneté romaine. La guerre se termina par l’octroi progressif de la citoyenneté à tous les Italiques — la lex Iulia (90 av. J.-C.) puis la lex Plautia Papiria (89 av. J.-C.). Émis vers 70 av. J.-C., le denier serratus de Fufius Calenus et Mucius Cordus (émission conjointe de deux monétaires) célèbre cette Concordia retrouvée : au revers, les figures personnifiées de Roma et d’Italia se serrent la main au-dessus d’un caducée de Mercure, symbole de paix et d’accord. Au droit, les têtes juxtaposées d’Honos et de Virtus incarnent les vertus civiques et militaires qui ont permis cette union. Le type dentelé (serratus), caractéristique de cette période, était destiné à prouver la bonne qualité de l’argent en rendant visible le métal sur toute la tranche. ✦ Magistrat monétaire — République tardive 01 Quintus Fufius Calenus 70 av. J.-C. 🤝 Légende : KALENI / CORDI · 1 émission · RRC 403/1 · 1347FU (denier serratus) · Atelier de Rome · Émission conjointe avec Mucius Cordus Ce magistrat fit émettre un denier dentelé (serratus) (1347FU) en association avec Mucius Cordus. La légende apposée à cette monnaie est « KALENI » (pour Calenus) au droit et « CORDI » (pour Cordus) au revers, ou inversement. L’avers porte les têtes juxtaposées d’Honos (couronné de laurier) et de Virtus (casquée), les deux divinités personnifiant l’honneur civique et la bravoure militaire — un couple divin traditionnellement associé depuis le temple de Marcellus (222 av. J.-C.) à la Porta Capena. Le revers, d’une grande puissance symbolique, représente Italia (debout, vêtue d’une longue robe, tenant une corne d’abondance) et Roma (en tenue militaire, tenant un fasces) qui se serrent la main (dextrarum iunctio) au-dessus d’un caducée posé au sol entre elles. Ce geste de fides et de concordia célèbre explicitement la réconciliation après la Guerre sociale, qui avait vu les Italiques obtenir la pleine citoyenneté romaine. Q. Fufius Calenus est probablement identifiable avec le futur consul de 47 av. J.-C. — un homme politique de premier plan, d’abord tribun de la plèbe (61 av. J.-C.), puis légat de César en Gaule et en Grèce, et enfin partisan d’Antoine. Il mourut en 40 av. J.-C. alors qu’il administrait la Gaule Cisalpine pour le compte d’Antoine. Octave s’empara alors de ses légions. Cliquez sur la monnaie pour afficher le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 02 La gens Fufia — Campanie, Honos, Virtus & Concordia Ier s. av. J.-C. Bien que la gens Fufia ne soit représentée que par une seule émission monétaire, celle-ci est remarquable par la richesse de son programme iconographique. Le denier serratus de 70 av. J.-C. constitue l’un des témoignages les plus directs de la mémoire politique de la Guerre sociale dans le monnayage républicain, et l’un des rares types à figurer explicitement la personnification de l’Italie en tant qu’entité distincte de Rome. 🏛️ Honos & Virtus Les têtes juxtaposées d’Honos (lauré) et Virtus (casquée) au droit — couple divin incarnant l’honneur civique et la bravoure militaire, associé au temple de Marcellus à la Porta Capena. 🤝 Dextrarum iunctio Italia et Roma se serrent la main (dextrarum iunctio) au-dessus d’un caducée — geste de fides et de concordia célébrant la réconciliation après la Guerre sociale. 🇮🇹 Italia personnifiée Rare figuration de l’Italie en tant qu’entité politique distincte — debout, tenant la corne d’abondance, en vis-à-vis de Roma armée du fasces. Type unique dans le monnayage républicain. ⚔️ Guerre sociale Le conflit de 91–88 av. J.-C. entre Rome et ses alliés italiques (socii) pour la citoyenneté. L’octroi du droit de cité par les leges Iulia et Plautia Papiria est commémoré par ce denier. 🔶 Denier serratus Type dentelé (serratus) caractéristique des années 80–60 av. J.-C. — la tranche crantée prouvait la qualité du métal et empêchait le fourrage (enrobage d’un noyau de bronze). 🏘️ Calès · Campanie Le cognomen Calenus dérive de la ville de Calès en Campanie — colonie latine fondée en 334 av. J.-C. L’origine campanienne de la gens explique peut-être la sensibilité au thème de la
Fonteia

Fonteia · Iconographie numismatique · LesDioscures Fonteia Gens plébéienne · De Fontus, fils de Janus, aux Dioscures de Tusculum · Iconographie numismatique · République romaine · IIe–Ier s. av. J.-C. NaturePlébéienne · Tusculum ÉtymologieDe Fontus · fils de Janus CognominesCapito · Balbus · Crassus Monnaies~15 émissions · 4 magistrats · deniers, as, divisionnaires La gens Fonteia était une famille plébéienne de Rome. Ses membres sont mentionnés pour la première fois vers la fin du IIIe siècle av. J.-C. : Titus Fonteius servit comme légat de Publius Cornelius Scipio pendant la Deuxième Guerre Punique. Le premier des Fonteii à obtenir le consulat fut Gaius Fonteius Capito, consul suffect en 33 av. J.-C. Dans son plaidoyer Pro Fonteio, Cicéron précise que les Fonteii étaient originaires de Tusculum, dont le municipe comptait cette famille parmi les plus distinguées. Les Fonteii revendiquaient une descendance de Fontus, fils de Janus — le dieu biface des commencements, des portes et des passages. C’est cette filiation mythique qui explique la tête bifrons figurant sur les monnaies de Caius Fonteius. Cependant, comme Janus est toujours représenté barbu sur les monnaies tardives, Eckhel a soutenu que les deux têtes imberbes du denier de Fonteius renvoient plutôt aux Dioscures — Castor et Pollux — adorés avec des honneurs particuliers à Tusculum, et qui pouvaient être considérés comme les Penates de la gens. Michael Crawford privilégie également cette interprétation dioscurienne. La gens est représentée par quatre magistrats monétaires entre 114 et 55 av. J.-C., totalisant environ quinze émissions. « Les Fonteii sont originaires de Tusculum, dont le municipe comptait cette famille parmi les plus distinguées. Ils revendiquaient la descendance de Fontus, le fils de Janus. » — Cicéron, Pro Fonteio, 14 · William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography ✦ Identité de la gens & contexte historique 🏛️ Fonteia · Tusculum, Janus, les Dioscures — un monnayage familial exceptionnel La gens Fonteia offre l’un des cas les plus riches d’iconographie familiale dans le monnayage républicain. L’identité tusculane, la filiation mythique à Janus par son fils Fontus, et le culte des Dioscures à Tusculum forment un programme visuel cohérent déployé sur quatre émissions entre 114 et 55 av. J.-C. La tête bifrons — qu’elle représente Fontus/Janus ou les Dioscures jumelés — apparaît comme un marqueur identitaire persistant de la gens à travers les générations. Les quatre magistrats (Caius Fonteius en 114–113, deux Manius Fonteius en 108–107 et 85, Publius Fonteius Capito en 55 av. J.-C.) produisent une gamme complète : deniers d’argent, bronzes (as, semis, triens, quadrans, once). Le monnayage de Manius Fonteius en 85 av. J.-C. est particulièrement expressif, avec trois variantes de deniers figurant la fontaine de Véjovis et le bonnet (pileus) des Dioscures. Publius Fonteius Capito en 55 av. J.-C. signe un denier à l’effigie de Concordia et, en association avec Titus Didius, un denier à la Villa Publica. ✦ Magistrats monétaires — République 01 Caius Fonteius 114 – 113 av. J.-C. 🏛️ Légende : C FO(NT) · 6 émissions · RRC 290 · Denier, as, semis, triens, quadrans, once · Atelier de Rome Ce magistrat fit émettre un denier (1091FO), un as (1092FO), un semis (1093FO), un triens (1094FO), un quadrans (1095FO) et une once (1096FO). La légende apposée à ces monnaies est « C FO(NT) ». L’avers du denier porte la fameuse tête bifrons imberbe — Fontus/Janus ou les Dioscures jumelés selon les interprétations — qui constitue le marqueur iconographique de toute la gens. Le revers présente une galère avec la légende C. FONT et ROMA. L’émission est remarquable par son ampleur : six dénominations complètes, du denier d’argent à l’once de bronze, couvrant la totalité du système monétaire républicain. Cliquez sur les monnaies pour afficher le détail. 02 Manius Fonteius 108 – 107 av. J.-C. 🛡️ Légende : (MN) FO(NTE)I · 1 émission · RRC 307/1 · 1123FO (denier) · Atelier de Rome Ce magistrat fit émettre un denier (1123FO). La légende apposée à cette monnaie est « (MN) FO(NTE)I », abréviation du prénom Manius et du nom de gens Fonteius. Le denier reprend les types familiaux avec la tête des Dioscures coiffés du pileus, et au revers un type lié au culte tusculan. Cliquez sur la monnaie pour afficher le détail. 03 Manius Fonteius 85 av. J.-C. ⚡ Légende : MN. FONTEI · 4 émissions · RRC 353 · 1268FO, 1269FO, 1270FO (deniers) & 1271FO (as) · Atelier de Rome Ce magistrat fit émettre trois deniers assez semblables (1268FO), (1269FO), (1270FO) et un as (1271FO). La légende apposée à ces monnaies est « MN. FONTEI ». C’est l’émission la plus expressive de la gens. L’avers porte la tête laurée d’Apollon Véjovis (la forme archaïque et chthonienne d’Apollon, dont le culte était lié à Tusculum), avec un foudre derrière la tête et un monogramme de contrôle. Le revers représente un infant (Fontus ?) chevauchant un bouc, avec les deux bonnets (pilei) des Dioscures de part et d’autre, un thyrse (ou sceptre) et la légende MN. FONTEI C. F. Les trois variantes se distinguent par les marques de contrôle. Cliquez sur les monnaies pour afficher le détail. 04 Publius Fonteius Capito 55 av. J.-C. 🏛️ Légende : P. FONTEIVS CAPITO III VIR / MN – FONT · 2 émissions · RRC 429 · 1405FO & 1406DI · Atelier de Rome Ce magistrat fit émettre deux deniers : (1405FO) et (1406DI), ce dernier en association avec Titus Didius. La légende apposée à ces monnaies est « MN – FONT » ou « P. FONTEIVS CAPITO III VIR ». Le denier 1405FO porte au droit la tête casquée de Mars ou de Concordia diadémée (selon les variantes), et au revers un guerrier combattant un ennemi gaulois à cheval — scène qui commémore les exploits militaires d’un ancêtre Fonteius en Gaule Transalpine. Le denier 1406DI, signé conjointement avec T. Didius, présente au revers la Villa Publica de Rome, siège du recensement — allusion à la carrière de censeur de T. Didius père. Cette émission conjointe de deux monétaires est inhabituelle et témoigne d’une alliance politique ou amicale entre
Flavia

Flavia · Iconographie numismatique · LesDioscures Flavia Gens plébéienne · De Flavus le blond à la pourpre impériale · Iconographie numismatique · République & Empire · IVe s. av. J.-C. – Ier s. ap. J.-C. Nature Plébéienne · illustre sous l’Empire Étymologie De flavus · doré, blond Cognomines Fimbria · Gallus · Lucanus · Pusio · Hemicillus Monnaies 1 denier · 1646JU · C. Flavius Hemicillus La gens Flavia était une famille plébéienne de la Rome antique. Ses membres sont mentionnés pour la première fois au cours des trois derniers siècles de la République. Le premier des Flavii à se faire remarquer fut Marcus Flavius, tribun de la plèbe en 327 et 323 av. J.-C. ; cependant, aucun Flavius n’atteignit le consulat avant Gaius Flavius Fimbria en 104 av. J.-C. La gens devint illustre au cours du premier siècle ap. J.-C., lorsque la famille des Flavii Sabini revendiqua la dignité impériale. Le nomen Flavius est d’origine latine, dérivé du cognomen Flavus, signifiant « doré » ou « brun doré ». Il faisait probablement référence aux cheveux blonds possédés par un des premiers membres de la famille. Les Flavii républicains revendiquaient une ascendance sabine, et furent peut-être apparentés aux Flavii qui vécurent à Reate (Rieti, en Sabine) au Ier siècle ap. J.-C. — dont descend l’empereur Vespasien. Les Flavii républicains portèrent les cognomines de Fimbria (la frange), Gallus (la Gaule, ou le coq), Lucanus (la Lucanie), Pusio (le petit garçon) et Hemicillus. Numismatiquement, la gens est représentée par un unique magistrat monétaire : Caius Flavius Hemicillus, qui frappa en 43–42 av. J.-C. un denier exceptionnel — au nom de Brutus, tyrannicide et chef du parti républicain — dans les derniers soubresauts de la guerre civile. « Le nomen Flavius est d’origine latine, dérivé de Flavus, signifiant « doré » ou « brun doré » — il faisait probablement référence aux cheveux blonds possédés par un des premiers membres de la famille. » — George Davis Chase, The Origin of Roman Praenomina · Cassell’s Latin & English Dictionary, s. v. flavus ✦ Identité de la gens & contexte historique 🏛️ Flavia · Des origines sabines à la pourpre impériale L’histoire de la gens Flavia embrasse un arc considérable : d’une famille plébéienne obscure, active dès le IVe siècle av. J.-C. avec le tribun Marcus Flavius, jusqu’à la dynastie des Flaviens qui régna sur l’Empire romain de 69 à 96 ap. J.-C. Entre ces deux extrêmes, la gens produit un consul notable — C. Flavius Fimbria (104 av. J.-C.) — et, beaucoup plus tard, un magistrat monétaire partisan de Brutus durant les guerres civiles de 43–42 av. J.-C. Les Flavii revendiquaient une origine sabine, enracinée dans les montagnes de l’Italie centrale, autour de Reate (actuelle Rieti). C’est de cette même région que sortirent, un siècle plus tard, les Flavii Sabini — une branche qui fit fortune dans la collecte d’impôts en Asie et dont le fils, Titus Flavius Vespasianus, monta sur le trône en 69 ap. J.-C. après l’année des quatre empereurs. Les trois Flaviens — Vespasien, Titus et Domitien — stabilisèrent l’Empire après la chute de Néron et laissèrent une empreinte architecturale durable avec le Colisée (amphithéâtre Flavien). ✦ La dynastie flavienne — 69 à 96 ap. J.-C. Vespasien T. Flavius Vespasianus 69 – 79 AP. J.-C. Titus T. Flavius Vespasianus 79 – 81 AP. J.-C. Domitien T. Flavius Domitianus 81 – 96 AP. J.-C. Trois empereurs issus de la gens Flavia — les Flavii Sabini de Reate — stabilisèrent l’Empire après l’année des quatre empereurs et laissèrent en héritage le Colisée (amphithéâtre Flavien, inauguré en 80 ap. J.-C.). ✦ Magistrat monétaire — République tardive 01 Caius Flavius Hemicillus 43 – 42 av. J.-C. ⚔️ Légende : C FLAV HEMIC · 1 émission · RRC 504/1 · 1646JU (denier) · Atelier itinérant de Brutus Ce magistrat fit émettre un denier (1646JU). La légende apposée à cette monnaie est « C FLAV HEMIC », abréviation du prénom Caius, du nom de gens Flavius et du cognomen Hemicillus. Ce denier s’inscrit dans le monnayage de campagne de Marcus Junius Brutus, le tyrannicide par excellence, qui après l’assassinat de César aux Ides de Mars 44 av. J.-C. et la formation du second triumvirat (Octave, Antoine, Lépide), se retira en Orient pour lever des troupes et constituer une armée républicaine. C. Flavius Hemicillus, en tant que monétaire attaché au camp de Brutus, fit frapper ce denier probablement dans un atelier itinérant (Grèce ou Macédoine), entre 43 et 42 av. J.-C. — avant la bataille décisive de Philippes (octobre 42 av. J.-C.), où le parti républicain fut écrasé et Brutus se donna la mort. L’iconographie du denier porte la marque de la propagande républicaine : au droit, tête laurée d’Apollon (divinité tutélaire de Brutus et symbole de la lumière contre la tyrannie) ; au revers, un trophée d’armes flanqué de captifs ou d’attributs militaires, avec la légende BRVTVS IMP (Brutus Imperator) et C FLAV HEMIC LEG PRO PR — désignant Hemicillus comme legatus pro praetore (légat propréteur) au service de Brutus. Cliquez sur la monnaie pour afficher le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 02 La gens Flavia — étymologie, cognomines & le denier de Brutus IVe s. av. J.-C. – Ier s. ap. J.-C. Le denier 1646JU appartient au monnayage de campagne de Brutus, vaste ensemble frappé en Orient entre 43 et 42 av. J.-C. pour financer la guerre contre les triumvirs. Ce monnayage comprend quelques-unes des monnaies les plus célèbres de l’Antiquité — au premier rang desquelles le fameux denier aux Ides de Mars (EID MAR, RRC 508/3), avec le pileus entre deux poignards. Le denier d’Hemicillus, s’il n’atteint pas cette célébrité, participe du même programme iconographique républicain et constitue l’unique témoignage numismatique de la gens Flavia sous la République. Les cognomines républicains de la gens offrent un panorama linguistique riche : Fimbria (la frange ou bordure d’un vêtement) désigne la seule famille distincte au sein des Flavii ; Gallus (la Gaule, ou le coq) et Lucanus (la Lucanie) appartiennent à la classe des surnoms géographiques ; Pusio
Flaminia

Flaminia · Iconographie numismatique · LesDioscures Flaminia Gens plébéienne · Du flamen au portrait de César · Iconographie numismatique · République romaine · IIe–Ier s. av. J.-C. Nature Plébéienne · tardive Étymologie De flamen · serviteur de flamine Représentants L. Flaminius Chilo · 2 magistrats homonymes Monnaies 3 deniers · 1117FL · 1555JU · 1556FL La gens Flaminia était une famille plébéienne de Rome. Pendant les cinq premiers siècles de l’histoire de la cité, aucun membre de la gens Flaminia n’est mentionné par les sources. Autrefois, on a cru que les Flaminii n’étaient qu’une branche de la gens Quinctia ; mais cette opinion est née d’une confusion entre les Flaminii et les Flaminini, ces derniers appartenant en effet aux anciens patriciens de la gens Quinctia. Le nom Flaminius est évidemment un dérivé de flamen — le prêtre attaché à une divinité particulière — et semble avoir désigné à l’origine un serviteur de flamen, selon le témoignage de Paul Diacre dans son épitomé de Festus. Cette origine sacerdotale modeste contraste avec l’illustration éclatante que la gens connut à partir du IIIe siècle av. J.-C. avec le consul C. Flaminius Nepos, bâtisseur de la via Flaminia et vaincu de Trasimène (217 av. J.-C.). Numismatiquement, la gens est représentée par deux magistrats monétaires homonymes séparés de soixante-cinq ans — Lucius Flaminius Chilo en 109–108 av. J.-C., puis un autre Lucius Flaminius Chilo en 43 av. J.-C. Ce dernier appartient à la prestigieuse série des triumvirs monétaires de l’année 43, peu après l’assassinat de César : il signe l’un des tout premiers deniers portant le portrait posthume de Jules César ceint de la couronne de laurier (1555JU), pièce capitale dans l’histoire du portrait monétaire romain. « Le nom Flaminius est évidemment un dérivé de flamen, et semble avoir désigné à l’origine un serviteur de flamen. » — Paul Diacre, épitomé de Festus, De Significatu Verborum · William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography ✦ Identité de la gens & contexte historique 🏛️ Flaminia · Du flamen républicain à la déification de César — soixante-cinq ans d’écart La gens Flaminia traverse la République romaine sans jamais atteindre les fastes des grandes familles patriciennes, mais en jalonnant son histoire de figures décisives. Au IIIe siècle, C. Flaminius Nepos — consul en 223 puis 217 av. J.-C. — fait construire la grande via Flaminia reliant Rome à Ariminum (Rimini), promulgue la lex Flaminia sur la distribution de l’ager Gallicus, puis périt à Trasimène face à Hannibal, lors d’un des plus grands désastres de l’histoire militaire romaine. Aux IIe et Ier siècles, la gens fournit deux monétaires successifs portant tous deux le nom de Lucius Flaminius Chilo. Le premier, en 109–108 av. J.-C., frappe un denier classique au type de Roma et de Victoria en bige. Le second, en 43 av. J.-C., opère dans le contexte explosif de la guerre civile post-césarienne : sous l’autorité du triumvirat naissant, il signe l’un des tout premiers portraits de César divinisé sur le métal — étape majeure de la révolution iconographique qui mène du denier républicain anonyme au portrait impérial. ✦ Magistrat monétaire — République (IIe s. av. J.-C.) 01 Lucius Flaminius Chilo 109 – 108 av. J.-C. 🛡️ Légende : L. FLAMINI // CILO · 1 émission · RRC 302/1 · 1117FL (denier) · Atelier de Rome Ce magistrat fit émettre un denier (1117FL). La légende apposée à cette monnaie est « L. FLAMINI // CILO » — Lucius Flaminius Chilo, fils de Lucius. La forme orthographique CILO (pour Chilo, du grec χεῖλος, « la lèvre ») est l’une des graphies latines archaïques avant la standardisation augustéenne. L’avers porte la tête casquée de Roma à droite, accompagnée d’un X (marque de valeur du denier) ou d’un symbole de contrôle ; l’iconographie reprend le type classique du denier républicain depuis le IIe siècle. Le revers représente Victoria conduisant un bige au galop à droite, brandissant une couronne ou un fouet ; à l’exergue, la légende L. FLAMINI CILO. La typologie inscrit ce denier dans la longue série des bigati anonymes que la gens reprend simplement en y apposant son nom — pratique courante des monétaires des années 110–100 av. J.-C., avant l’explosion iconographique de la fin du IIe siècle. Cliquez sur la monnaie pour afficher le détail. ✦ Magistrat monétaire — République tardive (43 av. J.-C.) 02 Lucius Flaminius Chilo · IIII vir A. P. F. 43 av. J.-C. ⚔️ Légende : L. FLAMINIVS · 2 émissions · RRC 485 · 1555JU (César divus) & 1556FL · Atelier de Rome Ce magistrat fit émettre deux deniers (1555JU) et (1556FL), dont un à l’effigie de Jules César. La légende apposée à ces monnaies est « L. FLAMINIVS » (sans le cognomen Chilo, ou parfois suivi de IIII VIR A. P. F.), abréviation de Lucius Flaminius, quattuorvir auro publico feriundo — l’un des quatre magistrats responsables de la frappe de l’or et de l’argent à cette date charnière de l’histoire romaine. Le denier 1555JU (RRC 485/1) est l’une des toutes premières monnaies à porter le portrait posthume de Jules César, ceint de la couronne de laurier — l’imago sacralisée de l’imperator assassiné aux Ides de Mars 44 av. J.-C., dont la divinisation officielle interviendra par décret du Sénat le 1er janvier 42 av. J.-C. (divus Iulius). Au revers figure Vénus Genitrix, ancêtre mythique de la gens Julia, tenant Victoria et un sceptre — programme dynastique direct annonçant la légitimation césarienne d’Octave. Le denier 1556FL (RRC 485/2) présente un programme iconographique distinct : tête de divinité au droit, Victoria couronnant un trophée ou allégorie de la Pax au revers, avec la légende L. FLAMINIVS à l’exergue. Les deux monnaies appartiennent à la même émission de 43 av. J.-C., signées par le même collège de quattuorvirs (avec L. Livineius Regulus, P. Sepullius Macer, C. Vibius Varus). Cliquez sur les monnaies pour afficher le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 03 La gens Flaminia — entre tradition républicaine et invention du portrait IIe – Ier s. av. J.-C. Les trois deniers de la gens
Farsuleia

Farsuleia · Iconographie numismatique · LesDioscures Farsuleia Gens plébéienne · Libertas & le togatus · Iconographie numismatique · République romaine · Ier s. av. J.-C. Nature Plébéienne · obscure Représentant L. Farsuleius Mensor Cognomen Mensor · l’arpenteur Monnaies 2 émissions · 1332FA & 1333FA · Deniers La gens Farsuleia était une obscure famille plébéienne de la Rome antique, connue principalement par des monnaies et des inscriptions datant des dernières décennies de la République et de l’époque impériale. Aucun de ses membres ne parvint aux magistratures supérieures de l’État romain — ni consulat, ni préture, ni édilité curule. Le seul représentant connu par la numismatique est Lucius Farsuleius Mensor, magistrat monétaire en 75 av. J.-C., dont le cognomen Mensor — « l’arpenteur » — évoque une origine familiale liée à l’arpentage ou aux mesures, métier modeste qui contraste avec la dignité républicaine de la charge de triumvir monetalis. Numismatiquement, la gens est représentée par deux deniers très semblables (1332FA et 1333FA · RRC 392/1a et 392/1b), portant la même légende L. FARSVLEI. L’iconographie en est remarquable : Libertas diadémée à l’avers — référence politique forte à l’époque post-syllanienne — et au revers une scène énigmatique d’un guerrier en bige aidant un togatus à monter, sujet de débat depuis Babelon et Mommsen. « La gens Farsuleia était une obscure famille plébéienne de Rome, connue principalement par les monnaies et les inscriptions. Aucun de ses membres ne détenait aucune des magistratures supérieures de l’État romain. » — William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology ✦ Identité de la gens & contexte historique 🏛️ Farsuleia · Libertas après Sylla — un monétaire dans la Rome post-syllanienne L’émission de L. Farsuleius Mensor est datée de 75 av. J.-C., période charnière de l’histoire républicaine : Sylla est mort en 78, sa constitution est en train d’être démantelée pièce par pièce sous la pression des tribuns de la plèbe et des optimates modérés, et la guerre sertorienne fait rage en Espagne tandis que se profile la révolte de Spartacus (73 av. J.-C.). C’est dans ce climat de réveil populaire que le type de Libertas au droit prend tout son sens politique. Le bonnet phrygien (pileus) accompagnant la tête de Libertas — symbole de l’affranchissement — fonctionne comme une référence visuelle directe aux libertés républicaines restaurées, voire à la citoyenneté étendue aux Italiens à l’issue de la guerre Sociale. Le cognomen Mensor ouvre une piste interprétative complémentaire : peut-être faut-il y lire un clin d’œil aux arpenteurs chargés de redistribuer les terres aux nouveaux citoyens italiens, mesure éminemment populaire des années 80–70 av. J.-C. ✦ Magistrat monétaire — République 01 Lucius Farsuleius Mensor 75 av. J.-C. 🗽 Légende : L. FARSVLEI · MENSOR · 2 variantes · RRC 392/1a & 392/1b · Atelier de Rome Ce magistrat fit émettre deux deniers (1332FA) et (1333FA) assez semblables, distingués par des marques de contrôle ou des variantes de gravure. La légende apposée à ces monnaies est « L. FARSVLEI », suivie du cognomen MENSOR, abréviation du prénom Lucius, du nom de gens Farsuleius et du surnom Mensor (l’arpenteur). L’avers porte la tête diadémée de Libertas à droite, accompagnée d’un bonnet phrygien (pileus) derrière le cou et du chiffre S. C. (Senatus Consulto) devant le portrait, mention indiquant que l’émission a été autorisée par décret du Sénat — précision rare et politiquement chargée dans le contexte post-syllanien. Le revers représente une scène énigmatique : un guerrier conduisant un bige, tendant la main pour aider un personnage togatus à monter dans le char ; sous les chevaux, un scorpion sert de marque de contrôle. L’interprétation du revers a divisé les commentateurs. Babelon y voyait une allusion à l’extension de la citoyenneté aux Italiens — le guerrier (Rome ou un général) accueillant le togatus (le citoyen nouvellement intégré). Mommsen privilégiait une lecture religieuse, liée à la pompa des magistrats. Le cognomen Mensor et la mention S. C. renvoient à un acte officiel : peut-être l’élévation à un statut civique, peut-être la confirmation d’une mesure d’apurement foncier. Cliquez sur les monnaies pour afficher le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 02 La gens Farsuleia — Libertas, citoyenneté italienne & énigme du togatus 75 av. J.-C. Les deux deniers 1332FA et 1333FA forment une émission unique, divisée en variantes selon les marques de contrôle (chiffres, lettres ou symboles placés sous les chevaux ou dans les champs). Crawford les regroupe sous la référence RRC 392/1, avec les sous-types a et b. La grande analogie typologique des deux variantes — légende, types d’avers et de revers identiques — atteste qu’il s’agit bien d’une émission unique, étalée sur plusieurs séries de coins. Le motif de la Libertas pileata n’apparaît qu’épisodiquement dans le monnayage républicain ; ses occurrences sont presque toujours politiquement signifiantes — qu’il s’agisse des deniers de Brutus après l’assassinat de César ou, plus modestement, des émissions revendiquant l’héritage populaire post-syllanien. La mention S. C. au droit, par ailleurs, indique une émission extraordinaire ordonnée par le Sénat — peut-être pour financer un besoin militaire (la campagne sertorienne) ou une distribution civique. 🗽 Libertas diadémée Tête de Libertas à l’avers, accompagnée du pileus (bonnet phrygien) — symbole de l’affranchissement et des libertés républicaines, à forte résonance politique en 75 av. J.-C. 🛡️ Guerrier & togatus Scène de revers énigmatique : un guerrier conduisant un bige tend la main à un togatus pour l’aider à monter — interprétée comme l’accueil du nouveau citoyen italien. 📜 S. C. — Senatus Consulto Mention « S. C. » devant la tête de Libertas — l’émission a été autorisée par décret sénatorial, marquant son caractère extraordinaire. 📏 Mensor · l’arpenteur Le cognomen « Mensor » signifie l’arpenteur ou le mesureur — peut-être une allusion familiale à l’arpentage agraire, métier lié à la redistribution des terres aux nouveaux citoyens. 🦂 Scorpion · marque de contrôle Sous les chevaux du bige figure un scorpion — l’une des nombreuses marques de contrôle distinguant les variantes (1332FA / 1333FA, RRC 392/1a et 392/1b). 🏛️ Post-Sylla & citoyenneté Émission frappée dans la décennie suivant
Fannia

Fannia · Iconographie numismatique · LesDioscures Fannia Gens plébéienne · IIe s. av. J.-C. – 86 av. J.-C. · Iconographie numismatique · République romaine Nature Plébéienne Membres notables C. Fannius Strabo · Marcus Fannius Cognomines Strabo Monnaies 4 types · 2 magistrats La gens Fannia était une famille plébéienne à Rome. Aucun membre de cette gens n’est mentionné dans l’histoire romaine avant le IIe siècle av. J.-C., et le premier qui obtint le consulat fut Gaius Fannius Strabo, en 161 av. J.-C. Le seul cognomen attesté sous la République est Strabo ; d’autres Fannii sont mentionnés sans cognomen. La gens est représentée numismatiquement par deux magistrats monétaires du nom de Marcus Fannius. Le premier, Marcus Fannius C. f., frappe en 123 av. J.-C. un denier, un semis et un quadrans — contemporain des grandes agitations des réformes gracchiennes. Selon Babelon, ce Marcus pourrait être le père du consul Caius Fannius (122 av. J.-C.), qui fut d’abord partisan de Caius Gracchus avant de s’y opposer depuis le consulat. Le second, un Marcus Fannius homonyme, frappe en 86 av. J.-C. un denier remarquable en sa qualité d’édile de la plèbe — co-émission avec Lucius Critonius représentant les deux magistrats assis côte à côte sur leur subsellium. « Le denier de Marcus Fannius est l’un des premiers sur lesquels le nom de Rome a été inscrit du côté de la tête, au lieu de l’être au revers — innovation typographique qui marque un tournant dans la numismatique républicaine. » — E. Babelon, Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine · W. Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology ✦ Origines & identité de la gens 🏛️ Une gens plébéienne entre Gracques et Sylla La gens Fannia émerge dans l’histoire romaine au IIe siècle av. J.-C., une époque de profondes transformations sociales et politiques. Le consul Gaius Fannius Strabo (161 av. J.-C.) en est le premier représentant connu à ce rang. Son successeur le plus illustre, Caius Fannius (consul 122 av. J.-C.), présente une trajectoire caractéristique de cette période : d’abord allié de Caius Gracchus, il se retourna contre lui une fois au consulat — témoignage des tensions qui traversaient les élites plébéiennes face au mouvement réformateur. Les deux Marcus Fannius monétaires témoignent de la présence durable de la gens dans les institutions romaines, sur plus de trente-cinq ans. Le second Marcus Fannius, édile de la plèbe en 86 av. J.-C., accéda ensuite à la préture en 80 av. J.-C. — carrière classique de l’aristocratie plébéienne de la fin de la République, dans le contexte tumultueux de la domination de Cinna et des premières guerres civiles. ✦ Magistrat monétaire I — Époque des Gracques 01 Marcus Fannius C. f. 123 av. J.-C. 🏆 Légende : M. F(AN). C. F. · Denier, Semis & Quadrans · RRC 275/1–3 Ce magistrat fit émettre un denier (1055FA), un semis (1056FA) et un quadrans (1057FA). La légende « M. F(AN). C. F. » — Marcus Fannius Caii Filius, Marcus Fannius fils de Caius — identifie le monétaire avec sa filiation. Babelon note que ce denier est l’un des premiers à porter la mention ROMA du côté de la tête (à l’avers), innovation typographique notable. Le denier (1055FA) porte à l’avers la tête casquée de Roma à droite avec la marque de valeur X, et au revers Victoria dans un quadrige galopant à droite, tenant une couronne et les rênes. L’émission est contemporaine des réformes de Caius Gracchus — la Victoire en quadrige pourrait refléter un message politique concerté avec ses collègues Q. Minucius Rufus et C. Porcius Cato, dont les monnaies présentent le même type. Le semis (1056FA) porte Jupiter lauré à l’avers et la proue de navire au revers, selon le schéma classique des bronzes républicains. Cliquez sur les monnaies pour le détail. ✦ Magistrat monétaire II — Édile de la plèbe 02 Marcus Fannius & Lucius Critonius — Édiles de la plèbe 86 av. J.-C. 🌾 Légende : M. FAN. L. CRT · Cérès & les deux édiles · RRC 351/1 Ce magistrat fit émettre un denier (1264FA) avec son collègue Lucius Critonius. La légende est « PA // M. FAN. L. CRT » — Publico Argento (argent public) // Marcus Fannius, Lucius Critonius. Les deux hommes exerçaient la fonction d’Édiles de la Plèbe (Aediles Plebis), indiquée par la légende AED. PL à l’avers. L’avers porte le buste drapé de Cérès à droite, coiffée d’une couronne d’épis — déesse des céréales, patronne des édiles chargés de la cura annonae (surveillance de l’approvisionnement en blé de Rome). Le revers représente les deux édiles assis côte à côte sur leur banc (subsellium), vêtus de la toge, avec un épi de blé dans le champ à droite — scène unique et hautement symbolique, image directe de la fonction civique des deux magistrats. La légende P. A. (Publico Argento) rappelle que l’émission est faite au nom de l’État. Cette monnaie est frappée sous le consulat de Lucius Cornelius Cinna, peu après la mort de Marius. Marcus Fannius accédera ensuite à la préture en 80 av. J.-C. Cliquez sur la monnaie pour le détail. ✦ Contexte historique & iconographie 03 De la Victoire gracchienne aux édiles de Cinna 123 – 86 av. J.-C. Les deux émissions de la gens Fannia forment un diptyque saisissant de l’histoire républicaine. Le denier de 123 av. J.-C. s’inscrit dans le contexte des réformes de Caius Gracchus, dont les retombées politiques allaient déchirer Rome pendant une décennie. La Victoria en quadrige, type quasi-identique chez plusieurs monétaires de la même année, suggère une frappe concertée aux enjeux symboliques forts dans une période d’agitation. Le denier de 86 av. J.-C., frappé par les deux édiles assis sur leur subsellium, est quant à lui un témoignage rare de l’autoreprésentation des magistrats sur le monnayage républicain — les scènes de magistrats en exercice sont rarissimes. L’association de Cérès et de l’épi de blé avec les édiles rappelle que ces derniers étaient les garants de l’approvisionnement alimentaire de Rome, fonction cruciale dans un contexte de
Fabia

Fabia · Iconographie numismatique · LesDioscures Fabia Gens patricienne · l’une des plus anciennes de Rome · Ve s. – Ier s. av. J.-C. · Iconographie numismatique Nature Gens patricienne · très ancienne Membres notables Q. Fabius Maximus · N. Fabius Pictor · Q. Fabius Labeo · C. Fabius Hadrianus · L. Fabius Hispaniensis Consulats 45 consulats sous la République · 7 consulats successifs (485–479) Monnaies 14 types · 6 magistrats · 127–80 av. J.-C. La gens Fabia était l’une des plus anciennes familles patriciennes de Rome. Elle joua un rôle de premier plan dans l’histoire peu de temps après l’établissement de la République : trois frères furent investis de sept consulats successifs, de 485 à 479 av. J.-C., cimentant ainsi la grande renommée de la famille. Au total, les Fabii reçurent 45 consulats durant la République. La maison tire son plus grand éclat du courage patriotique et du destin tragique des 306 Fabii lors de la bataille de la Cremera, en 477 av. J.-C. — mais les Fabii n’étaient pas distingués comme des guerriers seuls : plusieurs membres de la gens étaient également importants dans l’histoire de la littérature et des arts romains. Selon la légende, les Fabii auraient revendiqué la descendance d’Hercule, qui avait visité l’Italie une génération avant la guerre de Troie, et d’Évandre, son hôte — les plaçant dans la même tradition que les Pinarii et Potitii. Une autre légende ancienne déclare qu’à la fondation de Rome, les disciples de Romulus et de Remus s’appelaient respectivement les Quinctilii et les Fabii, offrant des sacrifices dans la grotte du Lupercal au pied du mont Palatin. Le nomen des Fabii serait à l’origine Fovius, Favius ou Fodius — Pline a déclaré qu’il était dérivé de la faba, un haricot, légume que les Fabii auraient cultivé pour la première fois. Une explication plus fantaisiste dérive le nom de fovea, fossés, que les ancêtres des Fabii auraient utilisés pour capturer des loups. Six magistrats monétaires sont attestés entre 127 et 80 av. J.-C. « La maison Fabia tire son plus grand éclat du courage patriotique et du destin tragique des 306 Fabii lors de la bataille de la Cremera, 477 av. J.-C. » — Tite-Live, Ab Urbe Condita, II, 42 · William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology ✦ Origines légendaires & identité de la gens 🦁 Hercule, Évandre & la Cremera — une gens au destin exceptionnel La généalogie fabienne est l’une des plus ambitieuses de l’aristocratie romaine : descendre d’Hercule — héros à mi-chemin entre dieux et hommes — et d’Évandre, roi arcadien fondateur du Palatin avant même Rome, donnait à la gens Fabia une antiquité mythique que peu de familles pouvaient égaler. Ce lien avec Hercule rattachait les Fabii aux Pinarii et aux Potitii, gardiens des rites herculéens de Rome. Mais la gloire des Fabii ne fut pas seulement mythique — elle fut tragique. En 477 av. J.-C., les 306 Fabii, formant une armée privée de la gens, furent anéantis dans une embuscade sur les rives de la Cremera par les Véiens. Cet événement, commémoré chaque année le 18 juillet (dies Cremerensis), devint l’un des épisodes fondateurs de la mémoire collective romaine — une tragédie transformée en leçon de virtus et de fidélité à la République. Du côté onomastique, la connexion des Fabii aux Luperques — prêtres de la fête du Lupercal — est particulièrement intéressante : deux collèges luperques portaient les noms des Fabii et des Quinctilii, liés à Remus et Romulus. Ce lien sacerdotal, très ancien, ancrait la gens Fabia au cœur des origines fondatrices de Rome. ✦ Les six magistrats monétaires — légendes Q. MAX Q. Fabius Maximus 127 av. J.-C. N. FABI N. Fabius Pictor 126 av. J.-C. Q. FABI Q. Fabius Labeo 124 av. J.-C. C. FABI C. Fabius Hadrianus 102 av. J.-C. L FABI L F HISP L. Fabius Hispaniensis 82–81 av. J.-C. Q. MAX Q. Fabius Maximus 82–80 av. J.-C. ✦ Magistrats monétaires — République 01 Quintus Fabius Maximus 127 av. J.-C. 🏛 Légende : Q. MAX · Denier · Semis · Quadrans Ce magistrat fit émettre un denier (1028FA), un semis (1029FA) et un quadrans (1030FA). La légende Q. MAX identifie Quintus Fabius Maximus. Cliquez sur une monnaie pour afficher le détail. 02 Numerius Fabius Pictor 126 av. J.-C. 🏛 Légende : N. FABI · Denier Ce magistrat fit émettre un denier (1039FA). La légende N. FABI identifie Numerius Fabius Pictor — le cognomen Pictor (peintre) fut attribué à un ancêtre pour son talent artistique, le même surnom que portait le premier historien romain connu, Fabius Pictor. Cliquez sur la monnaie pour afficher le détail. 03 Quintus Fabius Labeo 124 av. J.-C. 🏛 Légende : Q. FABI · Denier · Quadrans Ce magistrat fit émettre un denier (1050FA) et un quadrans (1051FA). La légende Q. FABI identifie Quintus Fabius Labeo. Le cognomen Labeo fait référence aux grosses lèvres (labium) — l’un des nombreux surnoms physiques de l’aristocratie romaine. Cliquez sur une monnaie pour afficher le détail. 04 Caius Fabius Hadrianus 102 av. J.-C. 🏛 Légende : C. FABI · 2 Deniers · As Ce magistrat fit émettre deux deniers (1154FA), (1155FA) et un as (1156FA). La légende C. FABI identifie Caius Fabius Hadrianus. Le cognomen Hadrianus suggère une origine ou un lien avec la ville d’Hadria (Italie centrale). Cliquez sur une monnaie pour afficher le détail. 05 Lucius Fabius Hispaniensis 82 – 81 av. J.-C. ⚔️ Légende : L FABI L F HISP · 3 Deniers · Émission sullanienne Ce magistrat fit émettre trois deniers (1290AN), (1291AN) et (1292AN). La légende L FABI L F HISP (Lucius Fabius, fils de Lucius, Hispaniensis) identifie ce magistrat. Le cognomen Hispaniensis désigne un homme lié à l’Hispanie — émission itinérante frappée dans le nord de l’Italie lors de la marche de Sylla sur Rome. Cliquez sur une monnaie pour afficher le détail. 06 Quintus Fabius Maximus 82 – 80 av. J.-C. 🏛 Légende : Q. MAX · Denier Ce magistrat fit émettre un denier (1299FA). La légende Q.
Eppia

Eppia · Iconographie numismatique · LesDioscures Eppia Gens plébéienne · M. Eppius, légat de Metellus Scipion · Iconographie numismatique · République romaine · Ier s. av. J.-C. Nature Plébéienne · peu connue Représentant Marcus Eppius · sénateur, légat pompéien Atelier Afrique · camp de Metellus Scipion Monnaies 2 émissions · 1407EP (denier) · 1522EP (as) La gens Eppia était une famille plébéienne de Rome, principalement connue par un seul individu : Marcus Eppius, sénateur romain qui prit une part active en faveur de Pompée au déclenchement de la guerre civile en 49 av. J.-C. Il fut l’un des légats de Quintus Metellus Scipion durant la guerre d’Afrique, et fut gracié par César, avec beaucoup d’autres de son parti, après la bataille de Thapsus (46 av. J.-C.). Par la suite, M. Eppius semble s’être rendu en Espagne et avoir repris la guerre sous Sextus Pompée, en 46 et 45 av. J.-C. — ce qui explique l’attribution traditionnelle d’un second bronze (l’as 1522EP) au cercle des derniers fidèles pompéiens. Numismatiquement, la gens est représentée par deux émissions portant la légende EPPIVS : un denier frappé en Afrique au camp de Metellus Scipion (1407EP · RRC 461) et un as attribué au monnayage de Sextus Pompée en Espagne (1522EP). Toute l’iconographie de la gens s’inscrit dans le drame final de la République : la guerre civile entre César et le parti pompéien. « Marcus Eppius, sénateur, prit une part active en faveur de Pompée au déclenchement de la guerre civile en 49 av. J.-C. Légat de Q. Metellus Scipion en Afrique, il fut gracié par César après la bataille de Thapsus. » — William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology · Cicéron, Ad Familiares VIII, 8 ✦ Identité de la gens & contexte historique 🏛️ Eppia · La guerre d’Afrique & le dernier sursaut pompéien (49–45 av. J.-C.) La carrière de Marcus Eppius est inséparable de la guerre civile qui opposa César aux derniers défenseurs de la République sénatoriale. Sénateur dès avant 49 av. J.-C., il est mentionné par Cicéron dans la correspondance avec Atticus à la veille du déclenchement du conflit. Après Pharsale (48 av. J.-C.) et la mort de Pompée, le parti pompéien se replie en Afrique autour de Q. Metellus Scipion, allié au roi numide Juba Ier. C’est dans ce camp africain qu’Eppius exerce ses fonctions de légat et fait frapper le denier 1407EP (RRC 461), partie d’un vaste monnayage de campagne destiné à solder les troupes pompéiennes. Après l’écrasement de Thapsus (avril 46 av. J.-C.), il est gracié par César — destin partagé par nombre de pompéiens repentants. Mais il semble avoir rejoint ensuite Sextus Pompée en Espagne pour le dernier acte de la résistance républicaine (46–45 av. J.-C.), jusqu’à Munda. ✦ Magistrat monétaire — République 01 Marcus Eppius 47 – 46 av. J.-C. 🏛️ Légende : EPPIVS · 2 émissions · 1407EP (denier) & 1522EP (as) · Afrique & Espagne pompéiennes Ce magistrat fit émettre un denier (1407EP) et un as (1522EP). La légende apposée à ces monnaies est « EPPIVS », abréviation du nom de gens Eppius, sans praenomen ni filiation — usage caractéristique des monnayages de campagne militaire, où l’autorité morale du commandement remplace la formule sénatoriale traditionnelle. Le denier 1407EP appartient au grand monnayage frappé en Afrique au nom de Q. Metellus Scipion, imperator du parti pompéien. Au droit figure la tête laurée d’Africa coiffée de la dépouille d’éléphant (allusion à la province) ; au revers, Hercule debout de face avec massue et lion de Némée — type lié à la gens Cornelia de Scipion. La légende EPPIVS LEG. F. C. (Eppius Legatus Fieri Curavit) désigne Marcus Eppius comme légat ayant fait frapper la monnaie au nom de l’imperator. L’as 1522EP, attribué au monnayage de Sextus Pompée en Espagne, prolonge l’engagement d’Eppius dans le dernier sursaut républicain avant Munda (45 av. J.-C.). Cliquez sur les monnaies pour afficher le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 02 La gens Eppia — monnayages de guerre civile entre Afrique & Espagne 47 – 45 av. J.-C. Les deux monnaies signées EPPIVS appartiennent à la catégorie particulière des monnayages de campagne du parti pompéien après Pharsale. Loin de l’atelier de Rome — désormais aux mains de César — ces frappes circulaient dans les camps militaires d’Afrique puis d’Espagne, servant à payer les soldes et à porter l’iconographie politique de la résistance républicaine. Le denier d’Afrique adopte le programme iconographique du parti scipionien : Africa au droit (revendication territoriale), Hercule au revers (référence aux Scipions, descendants mythiques d’Hercule via les Cornelii). L’absence d’un praenomen sur la légende EPPIVS et la mention LEG. F. C. traduisent une hiérarchie : Eppius frappe pour Scipion, non en son nom propre. Cette syntaxe légendaire est typique des émissions d’imperatores en campagne. 🐘 Africa & éléphant Tête d’Africa coiffée de la dépouille d’éléphant au droit du denier — type emblématique du monnayage scipionien en Afrique, revendiquant l’héritage de Scipion l’Africain. 🦁 Hercule & lion de Némée Au revers du denier 1407EP : Hercule debout de face, massue à la main et peau du lion de Némée — référence aux origines mythiques de la gens Cornelia Scipio. ⚔️ Camp d’Afrique Frappe itinérante au camp de Q. Metellus Scipion entre 47 et 46 av. J.-C., destinée à solder les troupes pompéiennes avant la bataille décisive de Thapsus. 📜 LEG. F. C. Formule Legatus Fieri Curavit — « le légat a fait frapper ». Eppius signe en subordonné de l’imperator Scipion, syntaxe typique des monnayages de guerre civile. 🏝️ Sextus Pompée · Espagne L’as 1522EP est rattaché au monnayage de Sextus Pompée en Espagne (46–45 av. J.-C.), prolongement du combat pompéien après Thapsus et avant Munda. 🕊️ Gracié par César Après Thapsus, M. Eppius bénéficie de la clementia Caesaris — il est l’un de ces sénateurs pompéiens pardonnés que César s’efforça de rallier à son régime. ✦ Fiches numismatiques liées 1407EP · RRC 461 · Babelon Eppia 1 Denier · M. Eppius · Q. Metellus Scipion · 47–46 av. J.-C. Avers : tête laurée
Egnatuleia

Egnatuleia · Iconographie numismatique · LesDioscures Egnatuleia Gens plébéienne · Apollon & Victoria · Iconographie numismatique · République romaine · Ier s. av. J.-C. Nature Plébéienne · peu connue Représentants C. Egnatuleius · L. Egnatuleius Collège monétaire T. Cloulius · P. Vettius Sabinus Monnaies 1 émission · 1170EG · Quinaire La gens Egnatuleia était une famille plébéienne peu connue de Rome. Seuls deux de ses représentants nous sont parvenus par les sources. L. Egnatuleius, plusieurs fois cité par Cicéron, était questeur en 44 av. J.-C. et commandait la quatrième légion qui déserta le camp de Marc Antoine pour rejoindre l’armée d’Octave — épisode décisif des guerres civiles de la fin de la République. L’autre représentant, C. Egnatuleius, qui vécut à une époque plus ancienne, n’est connu que par le quinaire qui porte son nom, daté par Cavedoni de 97 av. J.-C. (653 de l’ère romaine). Il fit partie d’un collège monétaire avec T. Cloulius et P. Vettius Sabinus, tous trois ayant frappé des quinaires d’une grande analogie typologique et technique — ce qui confirme leur appartenance à la même émission concertée. Numismatiquement, la gens est représentée par une unique émission : le quinaire 1170EG, frappé à Rome vers 97 av. J.-C. La légende C. EG(NAT)(VL)EI C. F. Q. — Caius Egnatuleius, Caii Filius, Quæstor (ou Quinarius selon l’interprétation) — est l’une des rares légendes républicaines à mentionner explicitement la charge de questeur ou la dénomination monétaire. L’iconographie (Apollon / Victoria et trophée avec carnyx) est riche d’allusions aux victoires de Marius sur les Cimbres et les Teutons. « On doit interpréter par quinarius et non par quaestor la lettre Q. qui figure au revers des quinaires de T. Cloulius et de ses collègues. » — Ernest Babelon · Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine ✦ Identité de la gens & contexte historique 🏛️ Egnatuleia · Marius & les quinaires de transition — un collège monétaire à trois magistrats Vers 97 av. J.-C., trois magistrats monétaires — C. Egnatuleius, T. Cloulius et P. Vettius Sabinus — frappèrent ensemble des quinaires d’une remarquable cohérence iconographique et technique. Ces émissions s’inscrivent dans une époque de transition monétaire : le quinaire, dénomination d’argent valant cinq as, reprenait ici la typologie du victoriat disparu depuis près d’un siècle. Crawford a estimé pour la seule émission d’Egnatuleius une production comprise entre un et deux millions de quinaires (625 coins de droit, 781 de revers). C. Egnatuleius est considéré comme un partisan de Marius. Le carnyx (trompette gauloise) figurant au revers — aux pieds du trophée couronné par Victoria — est interprété comme une référence directe aux victoires de Marius sur les Cimbres et les Teutons en 102 et 101 av. J.-C., événements récents lors de la frappe. Ce quinaire est par ailleurs le dernier de ce type frappé pour la période républicaine avant une longue interruption. ✦ Magistrat monétaire — République 01 Caius Egnatuleius ~97 av. J.-C. 🏆 Légende : C. EG(NAT)(VL)EI C. F. Q. · 1 émission · RRC 333/1 · 1170EG (quinaire) · Apollon / Victoria & trophée · Atelier de Rome Ce magistrat fit émettre un quinaire (1170EG). La légende est « C. EG(NAT)(VL)EI C. F. Q. » — Caius Egnatuleius, Caii Filius, Quæstor (Caius Egnatuleius, fils de Caius, questeur), selon l’interprétation traditionnelle ; pour Babelon et Seaby, le Q désigne la dénomination Quinarius plutôt que la charge publique. L’avers porte la tête laurée d’Apollon à droite. Le revers représente Victoria drapée debout à droite, posant un bouclier sur un trophée d’armes, derrière lequel se dressent une longue javeline et un carnyx (trompette gauloise). L’exergue porte ROMA, avec un Q dans le champ supérieur. Ce quinaire reprend la typologique du victoriat disparu depuis près d’un siècle. Le trophée orné d’un casque à cornes de taureau et le carnyx à ses pieds paraissent faire allusion à des succès militaires sur les Gaulois — en l’espèce, les victoires de Marius sur les Cimbres et les Teutons en 102–101 av. J.-C. C. Egnatuleius semble avoir été un partisan de Marius, même si son cursus honorum au-delà de cette frappe nous est inconnu. Cliquez sur la monnaie pour le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 02 La gens Egnatuleia — un quinaire de transition entre le victoriat et la monnaie républicaine tardive ~97 av. J.-C. Le quinaire 1170EG occupe une place singulière dans le corpus républicain : dernier quinaire de son type avant une longue interruption, il réactive délibérément l’iconographie du victoriat (Apollon / Victoria) tout en l’adaptant au contexte contemporain par l’ajout du trophée gaulois et du carnyx. L’émission associée à celles de T. Cloulius (RRC 332/1) et P. Vettius Sabinus (RRC 331/1) forme un triptyque cohérent attribué au même collège monétaire. La question de l’interprétation du Q — questeur ou quinaire — illustre les débats herméneutiques propres à la numismatique républicaine. Babelon, suivi par Seaby, privilégie la lecture Quinarius, rappelant que la lettre Q figure semblablement sur les quinaires des collègues d’Egnatuleius, ce qui plaiderait pour une lecture purement dénominative. La production estimée à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires confirme l’importance économique de cette émission. 🎵 Carnyx · trophée gaulois Trompette de guerre gauloise figurant aux pieds du trophée. Allusion probable aux victoires de Marius sur les Cimbres et les Teutons (102–101 av. J.-C.), récentes au moment de la frappe. 🏆 Victoria & trophée · revers Victoria drapée debout, posant un bouclier sur un trophée orné d’un casque à cornes de taureau. Type issu du victoriat, réactivé après près d’un siècle d’absence dans le monnayage romain. 🌿 Apollon lauré · avers Tête laurée d’Apollon à droite — divinité de la lumière, des arts et de la prophétie, régulièrement associée aux victoires romaines. Type d’avers standard du victoriat et du quinaire de transition. ❓ Q · Questeur ou Quinaire ? La lettre Q figure à l’avers (dans la légende) et au revers (dans le champ). Traditionnellement lue comme Quæstor, Babelon propose d’y lire Quinarius — désignation monétaire confirmée par l’analogie avec les émissions de Cloulius et Sabinus. ⚖️ Collège à trois