Curtia

Curtia · Iconographie numismatique · LesDioscures Curtia Gens ancienne · patricienne & plébéienne · origine sabine · Iconographie numismatique · République romaine Nature Patricienne & plébéienne · origine sabine Héros légendaires Mettius Curtius · Marcus Curtius · Lacus Curtius Premier consul C. Curtius Philo · 445 av. J.-C. Monnaies Q. Curtius · 116–115 av. J.-C. · 6 types La gens Curtia était une famille noble ancienne mais mineure à Rome, avec des branches patriciennes et plébéiennes. Le seul membre de la gens investi du consulat sous la République était Gaius Curtius Philo, en 445 av. J.-C. La gens a continué d’exister tout au long de la République et peut-être à l’époque impériale, mais ses membres ont rarement atteint une grande importance. La gens est cependant étroitement liée à l’une des places les plus emblématiques de Rome antique : le Lacus Curtius, mare sacrée au cœur du Forum romain dont le nom est associé à trois légendes différentes toutes liées aux Curtii. L’histoire de Mettius Curtius, chef de guerre sabin dont le cheval s’embourba dans les marais du futur Forum, suggère une origine sabine de la gens — confirmée par le consulat de Curtius Philo en 445 av. J.-C. (à une époque où seuls les patriciens pouvaient consuler). Numismatiquement, la gens est représentée par un seul magistrat monétaire, Quintus Curtius, qui émet en 116–115 av. J.-C. une série complète de six dénominations — denier d’argent et cinq bronzes. « Poursuivi par les Romains, le cheval de Mettius Curtius fut effrayé par les cris et plongea dans les marais, s’embourbant dans les eaux peu profondes. Ce n’est qu’avec beaucoup d’efforts qu’il put se libérer. Par la suite, cette étendue d’eau devint connue sous le nom de Lacus Curtius. » — Tite-Live, Ab Urbe Condita, I, 12 · Denys d’Halicarnasse, Antiquités Romaines ✦ Le Lacus Curtius — trois légendes pour une mare sacrée 🌊 Mettius Curtius · Marcus Curtius · Gaius Curtius Philo — trois histoires pour un nom Le Lacus Curtius — mare ou gouffre sacré au cœur du Forum romain, aujourd’hui réduit à un bas-relief — a reçu dans l’Antiquité trois explications concurrentes, toutes liées aux Curtii : Première légende (Tite-Live, I, 12) : Mettius Curtius, chef de guerre sabin adversaire de Romulus, poursuivit les Romains jusqu’au Forum encore marécageux. Son cheval, effrayé par les cris romains, s’embourba dans les eaux. Ce n’est qu’avec grand peine qu’il parvint à s’en extirper. La mare porta depuis son nom. Cette légende implique une origine sabine des Curtii. Deuxième légende : Le sol du Forum s’étant soudainement ouvert en un gouffre, les haruspices consultés déclarèrent qu’il ne se refermerait que si Rome y jetait sa plus grande force. Le jeune Marcus Curtius, estimant que cette force était le courage militaire, se lança entièrement armé et à cheval dans l’abîme — qui se referma aussitôt sur lui. Sacrifice héroïque dont la mare perpétuait le souvenir. Troisième légende : L’endroit avait été frappé par la foudre, et sur ordre du Sénat, le consul Gaius Curtius Philo (445 av. J.-C.) fit clôturer et sanctuariser le lieu — d’où son nom. Un relief retrouvé en 1553 entre la colonne de Phocas et le temple de Castor et Pollux représenterait le saut de Marcus Curtius. ✦ Magistrat monétaire — République 01 Quintus Curtius 116–115 av. J.-C. 🪙 Légende : Q. CVRT · 1 denier + 5 bronzes · RRC 285 · Série complète Ce magistrat fit émettre un denier (1077CU), un semis (1078CU), un triens (1079CU), un quadrans (1080CU), un sextans (1081CU) et une once (1082CU). La légende est « Q. CVRT » — Quintus Curtius. Le denier porte à l’avers la tête casquée de Roma avec la marque de valeur X, et au revers les Dioscures à cheval galopant à droite — type standard du denier républicain du IIe siècle av. J.-C. La série de bronze comprend les cinq dénominations habituelles avec leurs types standards (Saturne/proue pour le semis, Minerve/proue pour le triens, Hercule/proue pour le quadrans, Mercure/proue pour le sextans, Roma/proue pour la once). L’émission de 116–115 av. J.-C. est contemporaine des premières tensions de la Guerre jugurthine (débuts en 112 av. J.-C.) et de la Guerre des Cimbres et des Teutons (à partir de 113 av. J.-C.). Cliquez sur les monnaies pour le détail. Toutes les fiches de la série 1077CU · RRC 285/1Denier · Q. CVRTRoma / Dioscures. Argent. 116–115 av. J.-C.→ 1078CUSemis · Q. CVRTSaturne / Proue. Bronze.→ 1079CUTriens · Q. CVRTMinerve / Proue. Bronze.→ 1080CUQuadrans · Q. CVRTHercule / Proue. Bronze.→ 1081CUSextans · Q. CVRTMercure / Proue. Bronze.→ 1082CUOnce · Q. CVRTRoma / Proue. Bronze.→ ✦ Caractéristiques & identité de la gens 02 La gens Curtia — d’une mare sacrée à un nom VIIe s. av. J.-C. – IIe s. av. J.-C. La gens Curtia illustre un phénomène fréquent dans l’aristocratie romaine : une famille qui, modeste dans les faits, est associée à un passé mythique ou légendaire glorieux. Les trois légendes du Lacus Curtius — le guerrier sabin, le sacrifié équestre, le consul qui sanctuarise la foudre — ancrent les Curtii dans les origines mêmes de Rome, avant même la fondation de la République. Cette ancienneté légendaire contraste avec leur relative discrétion dans la vie politique républicaine effective. Schmitz et Smith soulignent que la précocité du consulat de Gaius Curtius Philo (445 av. J.-C.) — époque où seuls les patriciens accédaient à cette charge — confirme que la branche principale était patricienne, vraisemblablement d’origine sabine comme le suggère le mythe de Mettius Curtius. La branche plébéienne est attestée plus tardivement (tribuns en 401 et 138 av. J.-C., puis Gaius Curtius Peducaeanus tribun en 57 av. J.-C.). 🏊 Mettius Curtius Chef sabin dont le cheval s’embourba dans les marais du Forum lors de la guerre contre Romulus — première légende du Lacus Curtius, suggérant une origine sabine de la gens. 🐴 Marcus Curtius Héros légendaire qui se sacrifia en sautant armé et à cheval dans un gouffre du Forum pour le refermer — l’une des plus célèbres légendes du sacrifice à Rome.
Curiatia

Curiatia · Iconographie numismatique · LesDioscures Curiatia Gens patricienne & plébéienne · origine albanaise · Iconographie numismatique · République romaine Nature Patricienne & plébéienne Origine Alba la Longue · transplantée à Rome sous Tullus Hostilius Héros mythiques Les trois Curiatii · combat contre les Horatii · VIIe s. av. J.-C. Monnaies 2 magistrats · 7 types · 142–135 av. J.-C. La gens Curiatia était une famille distinguée de Rome, avec des branches patriciennes et plébéiennes. Ses membres sont mentionnés dans le cadre du règne de Tullus Hostilius, le troisième roi de Rome (VIIe siècle av. J.-C.). Le premier des Curiatii à accéder à un poste important fut Publius Curiatius Fistus Trigeminus, consul en 453 av. J.-C. L’existence d’une gens patricienne de ce nom est attestée par Tite-Live, qui mentionne expressément les Curiatii parmi les nobles familles albanaises transplantées à Rome après la destruction d’Alba. Cette origine albanaise est également indiquée dans la légende des trois Curiatii qui, sous le règne de Tullus Hostilius, combattirent contre les trois frères romains, les Horatii, et furent vaincus par la ruse et la bravoure de l’un d’eux — bien que certains auteurs aient décrit les Curiatii comme Romains et les Horatii comme Albanais. Numismatiquement, la gens est représentée par deux magistrats monétaires du IIe siècle av. J.-C. : Caius Curiatius Trigeminus (142 av. J.-C.) dont le cognomen Trigeminus (« triplés ») rappelle directement le mythe des trois Curiatii, et Caius Curiatius (135 av. J.-C.) qui émet une série complète de sept dénominations. « L’origine d’Alba des Curiatii est indiquée dans l’histoire des trois Curiatii qui combattirent les trois Horatii sous Tullus Hostilius et furent conquis par la ruse et la bravoure de l’un des Horatii. » — Tite-Live, Ab Urbe Condita, I, 24 · Denys d’Halicarnasse, Antiquités Romaines, III, 11 · William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography ✦ Les trois Curiatii & le cognomen Trigeminus ⚔️ Horatii contre Curiatii — le combat légendaire pour la suprématie entre Rome et Alba Selon la tradition transmise par Tite-Live (I, 24-26), sous le règne de Tullus Hostilius (672–640 av. J.-C.), Rome et Alba la Longue étant en guerre, les deux cités décidèrent de régler leur conflit par un combat singulier entre trois champions de chaque camp : les trois frères Horatii pour Rome, les trois frères Curiatii pour Alba. Le combat tourne à l’avantage des Albains — deux Horatii tombent — quand le troisième Horatius, blessé, feint de fuir pour disperser ses adversaires et les tuer l’un après l’autre. Rome l’emporte, Alba se soumet. Le cognomen Trigeminus (« né en même temps que deux autres », triplés) porté par le monétaire de 142 av. J.-C. — Caius Curiatius Trigeminus — est une revendication directe de cette filiation légendaire : il se présente comme le descendant des trois Curiatii albanais. Ce cognomen est l’équivalent numismatique d’une déclaration d’identité dynastique, analogue aux cognomina Scipio, Marcellus ou Sulla des grandes gentes. ✦ Magistrats monétaires — République 01 Caius Curiatius Trigeminus 142 av. J.-C. ⚔️ Légende : C. C(VR) · 1 denier · RRC 211/1 · Cognomen Trigeminus · Roma / Dioscures Ce magistrat fit émettre un denier (901CU). La légende est « C. C(VR) » — Caius Curiatius. Son cognomen Trigeminus — né en même temps que deux autres, triplés — est directement lié à la légende des trois Curiatii qui combattirent les trois Horatii. L’émission de 142 av. J.-C. se place dans la période de l’essor de la propagande familiale sur les deniers républicains — quelques années avant que les allusions historiques et mythologiques deviennent systématiques. Cliquez sur la monnaie pour le détail. 02 Caius Curiatius 135 av. J.-C. 🏺 Légende : C·CVR·F · 1 denier + 1 semis + 1 triens + 1 quadrans + 1 sextans + 1 once · RRC 240 Ce magistrat fit émettre un denier (935CU), un semis (936CU), un triens (937CU), un quadrans (938CU), un sextans et une once (940CU). La légende est « C·CVR·F » — Caius Curiatius, fils de [?]. La série comprend le denier d’argent et cinq dénominations de bronze — série relativement complète pour la période. L’émission de 135 av. J.-C. précède d’une dizaine d’années le premier tribunat de Tiberius Gracchus (133 av. J.-C.). Cliquez sur les monnaies pour le détail. Fiches · Série C·CVR·F · 135 av. J.-C. 935CU · RRC 240/1Denier · C·CVR·FArgent. 135 av. J.-C.→ 936CUSemis · C·CVR·FBronze.→ 937CUTriens · C·CVR·FBronze.→ 938CUQuadrans · C·CVR·FBronze.→ 940CUOnce · C·CVR·FBronze.→ ✦ Caractéristiques & origines de la gens 03 La gens Curiatia — d’Alba à Rome, de la légende à la monnaie VIIe s. av. J.-C. – IIe s. av. J.-C. La gens Curiatia est l’une des rares familles romaines dont l’origine est directement attestée dans une légende fondatrice bien documentée par les sources. Le lien entre les trois Curiatii du mythe — figures albanaises transplantées à Rome après leur défaite face aux Horatii — et les Curiatii historiques des IVe et IIe siècles av. J.-C. est affirmé avec constance dans les sources, bien que son exactitude historique soit discutable. L’existence de branches patriciennes et plébéiennes dans la même gens est un phénomène courant à Rome : Tite-Live note que les Curiatii plébéiens (attestés comme tribuns de la plèbe en 401 et 138 av. J.-C.) pourraient être soit des descendants d’affranchis des Curiatii patriciens, soit des membres de la gens patricienne qui avaient rejoint la plèbe — pratique attestée pour d’autres gentes. 🏔️ Origine albanaise Les Curiatii font partie des nobles familles albanaises transplantées à Rome après la destruction d’Alba sous Tullus Hostilius — parmi les gentes les plus anciennes de Rome. ⚔️ Les trois Curiatii Figures mythiques du duel contre les Horatii sous Tullus Hostilius — vaincus par la ruse du dernier Horatius qui feint de fuir pour les affronter séparément. 👶 Cognomen Trigeminus Trigeminus = « triplés » — le cognomen du monétaire de 142 av. J.-C. revendique explicitement la descendance des trois frères albanais. Référence dynastique inscrite dans le nom. 🏛️ Double branche Patriciens d’origine, les Curiatii ont aussi une branche plébéienne attestée au
Cupiennia

Cupiennia · Iconographie numismatique · LesDioscures Cupiennia Gens plébéienne · Iconographie numismatique · République romaine · IIe s. av. J.-C. Nature Plébéienne · fin de la République Étymologie supposée copia → corne d’abondance (Borghesi) Magistrat signé L. Cupiennus · ~147 av. J.-C. Monnaies 1 denier signé + 2 séries anonymes supposées · 11 types La gens Cupiennia (ou Cuprennia) était une famille plébéienne de Rome dont les membres sont mentionnés vers la fin de la République. Aucun d’eux n’a atteint une grande importance politique. Son seul représentant numismatique clairement identifié est Lucius Cupiennus, monétaire vers 147 av. J.-C. L’intérêt majeur de cette gens réside dans une observation du numismate Borghesi : la corne d’abondance (cornucopia) qui figure derrière la tête de Roma à l’avers du denier de Lucius Cupiennus pourrait être une allusion au nom même du monétaire — Cupiennius ou Copiennius évoquant le latin copia (abondance, richesse). Cette hypothèse de jeu de mots onomastique — pratique connue dans la numismatique républicaine — conduit Borghesi à proposer d’attribuer à un membre inconnu de la gens Cupiennia deux séries de monnaies anonymes qui portent elles aussi une corne d’abondance comme emblème : la série de 207 av. J.-C. (205AN–215AN) et le denier de 179–170 av. J.-C. (631AN). « On trouve au droit du denier de Lucius Cupiennus une copia (corne d’abondance) derrière la tête. Borghesi y reconnaît, avec vraisemblance, une allusion au nom de Cupiennius ou Copiennius. Par la même raison on pourrait proposer de donner à un membre de la famille Cupiennia les pièces sans nom de monétaire qui portent une corne d’abondance pour symbole. » — Borghesi, Œuvres complètes, t. I · cité par Ernest Babelon, notice Cupiennia ✦ La corne d’abondance — emblème, jeu de mots & attribution hypothétique 🌽 Copia → Cupiennius — la numismatique comme jeu de mots onomastique La pratique des jeux de mots sur les noms de famille (allusions onomastiques) est bien attestée dans le monnayage républicain : les Calpurnii utilisent la calumba (colombe), les Fonteii la fons (source), les Numerii le chiffre. Borghesi applique ce principe à Cupiennius en rapprochant le nomen du latin copia (abondance, richesse) — d’où l’emblème de la corne d’abondance sur le denier de L. Cupiennus. Si l’hypothèse est correcte, ce serait un exemple d’emblème dynastique transmis sur plusieurs générations et deux siècles d’intervalle — de 207 à 147 av. J.-C. Il faut cependant noter que l’attribution des séries anonymes à la Cupiennia reste une hypothèse non vérifiée — aucun document indépendant ne la confirme. La méthode des trésors n’a pas permis de la corroborer ou de l’infirmer. C’est la seule raison de leur présence sur cette page : l’emblème commun et la proposition de Borghesi. ✦ Magistrat monétaire signé 01 Lucius Cupiennus ~147 av. J.-C. 🌽 Légende : L. C(VP) · 1 denier · RRC 218/1 · Corne d’abondance derrière Roma Ce magistrat fit émettre un denier (890CU). La légende est « L. C(VP) » — abréviation de Lucius Cupiennus (ou Cuprennius selon les variantes de translittération). Ce denier est l’unique monnaie signée par un membre de la gens Cupiennia. L’avers porte la tête casquée de Roma à droite avec la marque de valeur X, et derrière la tête, une corne d’abondance — emblème distinctif que Borghesi interprète comme un jeu sur le nomen du monétaire (Cupiennius/Copiennius ≈ copia). Le revers présente les Dioscures à cheval galopant à droite, avec les étoiles caractéristiques, et la légende L.C(VP) ainsi que ROMA dans l’exergue. Cliquez sur la monnaie pour le détail. ✦ Séries anonymes supposées Cupiennia (Borghesi) 02 Série à la corne d’abondance · Anonyme ~207 av. J.-C. 🌽 Emblème supposé Cupiennia · 9 monnaies · 205AN–215AN · Victoriat, denier, as, semis, triens, quadrans, sextans, once, semuncia Cette série anonyme comprend un victoriat (205AN), un denier (206AN), un as (207AN), un semis (208AN), un triens (209AN), un quadrans (211AN), un sextans (213AN), une once (214AN) et une semuncia (215AN). Ces monnaies sont sans nom de monétaire (anépigraphes) mais portent la corne d’abondance comme emblème de contrôle. Borghesi propose de les attribuer à un membre inconnu et antérieur de la gens Cupiennia. Cette série de 207 av. J.-C. est contemporaine de la fin de la Deuxième Guerre Punique — émission de grande série dans un contexte de frappe intensive. Fiches · Série 207 av. J.-C. 205ANVictoriatCorne d’abondance. ~207 av. J.-C.→ 206ANDenier anonymeCorne d’abondance. ~207 av. J.-C.→ 207ANAs anonymeCorne d’abondance.→ 208ANSemis anonymeCorne d’abondance.→ 209ANTriens anonymeCorne d’abondance.→ 211ANQuadrans anonymeCorne d’abondance.→ 213ANSextans anonymeCorne d’abondance.→ 214ANOnce anonymeCorne d’abondance.→ 215ANSemuncia anonymeCorne d’abondance.→ 03 Denier à la corne d’abondance · Anonyme ~179–170 av. J.-C. 🌽 Emblème supposé Cupiennia · 1 denier · 631AN · Corne d’abondance · Attribution Borghesi Ce denier anonyme (631AN) porte la corne d’abondance comme emblème sans nom de monétaire. Borghesi le propose également pour la gens Cupiennia, en complétant la série de l’emblème entre la série de 207 av. J.-C. et le denier signé de L. Cupiennus de 147 av. J.-C. Cette pièce intermédiaire, si l’attribution est juste, atteste la continuité de l’emblème sur trois générations de la gens. Fiche · Denier 179–170 av. J.-C. 631ANDenier anonyme · corne d’abondanceAttribution hypothétique Cupiennia (Borghesi). ~179–170 av. J.-C.→ Voir la fiche ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 04 La gens Cupiennia — copia comme programme iconographique dynastique ~207 – 147 av. J.-C. Si l’hypothèse de Borghesi est correcte, la gens Cupiennia offre l’un des exemples les plus anciens d’un emblème familial transmis sur trois générations dans la numismatique républicaine — de 207 à 147 av. J.-C., soit soixante ans. La corne d’abondance passerait d’un emblème de contrôle sur des séries anépigraphes à un choix iconographique délibéré chez L. Cupiennus, où elle occupe une position prominente derrière Roma. Cependant, la prudence s’impose : la corne d’abondance est un symbole générique de la Fortune et de la prospérité, utilisé par de nombreuses familles et ateliers sans lien avec la gens Cupiennia. L’attribution de Borghesi reste vraisemblable selon ses propres termes — mais non démontrée. La numismatique républicaine connaît de nombreux cas d’attributions à des gentes fondées uniquement
Critonia

Critonia · Iconographie numismatique · LesDioscures Critonia Gens plébéienne · Iconographie numismatique · République romaine · ~86 av. J.-C. Nature Plébéienne · peu documentée Magistrat L. Critonius · aedilis plebis Co-émission M. Fannius · aedilis plebis Monnaie 1 denier · 1264CR · RRC 351/1 · Cérès & deux édiles La gens Critonia était une famille plébéienne de Rome, presque totalement inconnue des sources littéraires. Elle est principalement connue d’un seul individu, Lucius Critonius, qui fut l’un des premiers aediles cerealis après l’institution de ce bureau par Jules César en 44 av. J.-C. Critonius avait appartenu au parti de César, mais s’était opposé au fait de devoir payer pour honorer sa mémoire lors des Céréalia, suite au meurtre de César le 15 mars 44 av. J.-C. — attitude courageuse ou pragmatique selon les interprétations, rapportée par Appien. Le denier 1264CR, co-émis avec Marcus Fannius, porte la mention aediles plebei (AED·PL) ainsi que l’indication P·A — publico argento (avec l’argent public) — ce qui conduit les anciens numismatistes à attribuer cette monnaie à l’édile de 44 av. J.-C. Mais Cavedoni et Mommsen ont démontré par l’examen des trésors numismatiques que ce denier remonte à ~86 av. J.-C. Le Lucius Critonius édile de 44 av. J.-C. serait donc le fils du Lucius Critonius monétaire, et Marcus Fannius le monétaire serait l’ancêtre du Marcus Fannius préteur de 80 av. J.-C. « On peut comparer au denier des édiles Fannius et Critonius celui des questeurs Pison et Cépion : sur l’un et l’autre, deux magistrats sont assis côte à côte, avec des épis qui rappellent leurs fonctions liées à l’approvisionnement en blé. » — Ernest Babelon, Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine, notice Critonia · comparaison avec RRC 330/1 (Piso–Caepio) ✦ Un denier d’édiles — blé, argent public & question de datation 🌾 Cérès · deux édiles · publico argento — un programme iconographique lié à l’Annona Le denier 1264CR est l’un des rares deniers républicains émis explicitement par des édiles plébéiens plutôt que par les triumvirs monétaires ordinaires. La mention AED·PL (aediles plebis) à l’avers, l’image de Cérès (déesse du blé, patronne des édiles plébéiens et des Céréalia), et la scène des deux édiles assis côte à côte avec des épis au revers forment un programme iconographique cohérent lié à l’Annona — la supervision de l’approvisionnement en grain de Rome. La mention P·A (publico argento — avec l’argent public) est particulièrement rare et précieuse : elle indique que cette émission a été financée sur les fonds publics, par décision du Sénat ou des magistrats, et non sur les fonds propres de la magistrature. Babelon compare ce type à celui des questeurs Pison et Cépion (100 av. J.-C.) — autre émission à deux magistrats assis avec des épis. La lex Papiria de 89 av. J.-C. encadrant la formule publico argento confirme que l’émission est antérieure à ~82 av. J.-C., corroborant la datation de Mommsen. ✦ Magistrat monétaire — République 01 Lucius Critonius & Marcus Fannius · Aediles Plebis ~86 av. J.-C. 🌾 Légende : L. CRT · AED·PL · P·A · 1 denier · RRC 351/1 · Co-émission Fannius · Argent public Ce magistrat fit émettre avec Marcus Fannius un denier (1264CR). La légende est « L. CRT » (pour Lucius Critonius) et « M. FAN » (pour Marcus Fannius) sur le revers, avec la mention commune « AED·PL » (aediles plebis) et « P·A » (publico argento). L’émission est co-signée par les deux édiles plébéiens, chacun identifié sur la monnaie. L’avers porte la tête de Cérès à droite, drapée, avec la légende AED·PL — Cérès est la divinité tutélaire des édiles plébéiens, qui supervisent les Céréalia (fête de Cérès) et l’approvisionnement en grain. Le revers représente les deux édiles assis côte à côte sur leurs sièges (subsellia), avec des épis de blé à côté d’eux — scène unique dans le monnayage républicain représentant les magistrats émetteurs eux-mêmes dans l’exercice de leurs fonctions. La légende P·A · M·FAN · L·CRI dans l’exergue identifie les deux magistrats et la source du financement. Cliquez sur la monnaie pour le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 02 La gens Critonia — deux générations, une seule monnaie ~86 – 44 av. J.-C. La question de datation du denier Critonius–Fannius est un cas d’école de méthode numismatique. Les anciens commentateurs, frappés par la concordance entre le type édilitaire du denier (deux édiles plébéiens avec Cérès et des épis) et l’identité de l’édile de 44 av. J.-C., avaient conclu à une émission tardive. Mais la méthode des trésors (die study) a tranché en faveur d’une datation haute (~86 av. J.-C.) : le denier se trouve dans des trésors enfouis bien avant 44 av. J.-C. (Montecodruzzo, enfoui vers 81 av. J.-C. ; Frascarolo, entre 72 et 68 av. J.-C.). De plus, la formule publico argento est caractéristique des émissions des années 100–82 av. J.-C. Ce cas illustre un principe fondamental de la numismatique républicaine : l’iconographie ne suffit pas à dater une émission. Le type édilitaire de ce denier est une référence à la fonction des émetteurs (aediles plebei) et non un document contemporain des événements de 44 av. J.-C. La coïncidence entre le nom du monétaire et celui de l’édile de César est réelle — il s’agit très probablement de père et fils du même nom. 🌾 Cérès & les édiles Cérès est la déesse patronne des édiles plébéiens qui supervisent les Céréalia et l’Annona — son image à l’avers affirme la fonction des émetteurs. 🪑 Deux édiles assis La scène des deux magistrats assis côte à côte sur leurs sièges avec des épis est unique dans le monnayage républicain — les monétaires se représentent eux-mêmes en exercice. 💰 P·A = publico argento La mention publico argento indique que l’émission est financée sur les fonds publics — formule rare liée à la lex Papiria de 89 av. J.-C., confirmant la datation haute. 🔍 Cavedoni & Mommsen La méthode des trésors a corrigé l’attribution ancienne à 44 av. J.-C. — le denier remonte à ~86 av. J.-C.,
Crepusia

Crepusia · Iconographie numismatique · LesDioscures Crepusia Gens plébéienne · quasi-inconnue de l’histoire · Iconographie numismatique · République romaine · 82 av. J.-C. Nature Plébéienne · peu documentée Magistrat P. Crepusius · ~82 av. J.-C. Triumvirat P. Crepusius · L. Marcius Censorinus · C. Mamilius Limetanus Monnaies 3 deniers · 1284CR + 2 co-émissions La gens Crepusia est presque totalement inconnue de l’histoire en dehors de la numismatique. Son seul représentant documenté est Publius Crepusius, monétaire vers 82 av. J.-C. (an 670 ab Urbe condita), qui forme avec Lucius Marcius Censorinus et Caius Mamilius Limetanus un triumvirat monétaire dont les membres sont tous également peu connus des sources littéraires. Ce triumvirat frappe en 82 av. J.-C. — année charnière de la dictature de Sulla, au cœur des guerres civiles et des proscriptions. La composition des trésors numismatiques a permis de fixer approximativement cette date. Les trois magistrats émettent chacun un ou plusieurs deniers propres tout en partageant des co-émissions : les deniers 1282MA et 1283MA (Vénus drapée) portent les légendes de Crepusius et de Censorinus, signalant une émission commune. Babelon avoue ne pouvoir expliquer l’iconographie propre à Crepusius : « le cavalier du revers fait sans doute allusion à quelque trait de bravoure d’un ancêtre du monétaire ». Cette honnêteté du commentateur classique souligne l’une des grandes lacunes de la prosopographie républicaine — la plupart des magistrats monétaires nous sont connus uniquement par leurs monnaies. « Les Crepusii sont à peu près inconnus dans l’histoire en dehors de la numismatique. Le cavalier du revers fait sans doute allusion à quelque trait de bravoure d’un ancêtre du monétaire. » — Ernest Babelon, Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine, notice Crepusia ✦ 82 av. J.-C. — trois inconnus sous la dictature de Sulla 🏇 Apollon · cavalier · Vénus · Ulysse — trois programmes iconographiques pour un seul triumvirat L’émission de 82 av. J.-C. est l’une des plus complexes de la numismatique républicaine tardive par la multiplicité de ses types. Les trois monétaires partagent certaines émissions et en ont d’autres en propre. Le denier 1284CR est le type propre de P. Crepusius : Apollon lauré à l’avers (avec sceptre et marques de contrôle abondantes) et cavalier galopant à droite brandissant une lance au revers, avec un numéro de contrôle pouvant aller jusqu’à CCCCLXXXXV (495). La prolifération des marques de contrôle dans cette émission — lettres, symboles, chiffres — témoigne d’une frappe d’urgence en grande série pour financer les armées syllaniennes. Les co-émissions 1282MA et 1283MA avec L. Marcius Censorinus portent Vénus drapée à l’avers et au revers — ce qui a conduit certains à y voir une allusion à Vénus Félix, protectrice de Sulla, bien que Crawford rejette cette interprétation. Le troisième monétaire, C. Mamilius Limetanus, émet en propre un denier serratus avec Ulysse reconnu par son chien Argos — référence à l’origine latine de la gens Mamilia depuis Mamilia fondée par l’arrière-petit-fils d’Ulysse et de Circé. ✦ Magistrat monétaire — République 01 Publius Crepusius 82 av. J.-C. 🏇 Légende : P. CREPVSI · 3 deniers (1284CR + 2 co-émissions) · RRC 361/1 · Apollon / Cavalier · Contrôles multiples Ce magistrat fit émettre, seul ou en co-émission, trois deniers : le denier propre (1284CR · RRC 361/1) et deux co-émissions avec L. Marcius Censorinus (1282MA · RRC 360/1a et 1283MA · RRC 360/1b). La légende est « P. CREPVSI » dans l’exergue du denier propre. Le denier propre 1284CR est remarquable par son système de contrôle exceptionnel. L’avers porte la tête laurée d’Apollon à droite avec un sceptre derrière la tête et une double marque de contrôle : une lettre de l’alphabet latin devant le menton, et parfois un second symbole (aile, branche, ciste, clef, corbeau, corne d’abondance, crochet, croissant, épi, étoile, feuille de lierre, fleur, foudre, grappe de raisin, hache, lézard, pavot, pourpre, oiseau volant…). Le revers montre un cavalier galopant à droite, brandissant une javeline, avec dans le coin supérieur gauche un nombre de contrôle qui peut varier de I à CCCCLXXXXV (495) selon la variante — attestant une émission de masse. La légende P·CREPVSI figure dans l’exergue. Cliquez sur les monnaies pour le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 02 La gens Crepusia — l’anonymat comme destin 82 av. J.-C. La gens Crepusia illustre le paradoxe de la numismatique républicaine : des centaines d’exemplaires de ses monnaies circulent depuis 2 100 ans dans les collections du monde entier, mais leur émetteur reste une figure fantomatique dont on ne sait rien d’autre que son nom gravé sur l’exergue. P. Crepusius n’est attesté dans aucune source littéraire — ni dans les discours de Cicéron, ni dans Tite-Live, ni dans Salluste. Sa seule trace dans l’histoire est cette série de deniers. Le choix d’Apollon à l’avers, divinité associée à la prophétie, à la lumière et aux arts, est classique dans le monnayage républicain de cette période — mais n’est pas iconographiquement lié à un programme familial identifiable. Le cavalier brandissant une javeline du revers est plus intrigant : Babelon y voit l’allusion à un exploit militaire ancestral. Ce motif du cavalier guerrier apparaît sur plusieurs émissions de la même période, dans le contexte des guerres civiles où la cavalerie légère joue un rôle décisif. La densité exceptionnelle des marques de contrôle — jusqu’à 495 numéros distincts et des dizaines de symboles — est l’indice d’une émission massive, probablement liée aux besoins financiers de la dictature de Sulla, dont la réforme monétaire (et la fonte du trésor de Capitole) alimentait les ateliers en métal. 🏛️ Triumvirat de 82 P. Crepusius · L. Marcius Censorinus · C. Mamilius Limetanus — trois monétaires peu connus émettant en co-opération pendant la dictature syllanique. 🔢 Jusqu’à 495 variantes Le numéro de contrôle au revers peut atteindre CCCCLXXXXV (495) — émission de masse attestant une frappe intensive pour les besoins militaires de Sulla. 🏇 Cavalier ancestral Le cavalier brandissant une javeline évoque selon Babelon un exploit militaire d’un ancêtre de P. Crepusius — mais aucune source ne l’atteste. 🌹 Vénus des co-émissions
Crepereia

Crepereia · Iconographie numismatique · LesDioscures Crepereia Gens équestre · origine sabine · Iconographie numismatique · République romaine · ~72 av. J.-C. Nature Plébéienne · ordre équestre Étymologie creper — mot sabin (Varron) Magistrat Q. Crepereius M. f. Rocus · ~72 av. J.-C. Monnaie 1 denier serratus · RRC 399/1 · Amphitrite & Neptune La gens Crepereia était une famille plébéienne de rang équestre dans la Rome antique, célèbre par l’austérité de ses membres selon le témoignage de Cicéron. La famille apparaît dans l’histoire au premier siècle avant J.-C. et ses membres sont attestés jusqu’au premier ou deuxième siècle de notre ère. Varron déclare que le mot creper est d’origine sabine — ce qui donne une origine probable pour cette famille, analogue à d’autres gentes d’origine sabine intégrées progressivement dans la structure civique romaine. Levick et Jameson notent que le gentilicium Crepereius est rare, attesté uniquement en Italie et dans certaines parties de l’Empire romain, devenant relativement commun seulement en Afrique du Nord — où une branche de la gens s’est répandue à partir du premier ou deuxième siècle apr. J.-C., vraisemblablement comme descendants de recrues de la Legio III Augusta. Une autre branche, active au premier siècle avant J.-C., s’est orientée vers l’est dans les provinces de langue grecque, où ses membres ont prospéré comme negotiatores (négociants). C’est dans ce contexte maritime et commercial que s’inscrit l’iconographie exceptionnelle du denier serratus de Quintus Crepereius Rocus — unique monétaire connu de la gens. « Les types marins des deniers de Q. Crepereius Rocus permettent de croire que ce personnage y rappelle quelque exploit maritime de ses ancêtres, ou qu’il a fait frapper monnaie pendant qu’il remplissait quelque importante fonction sur la flotte romaine. » — Ernest Babelon, Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine, notice Crepereia · Cicéron, In Verrem ✦ Identité de la gens & l’iconographie marine 🌊 Amphitrite · Neptune · hippocampes — le denier le plus marin de la République Le denier serratus 1341CR est l’un des plus singuliers du monnayage républicain par la cohérence totale de son programme iconographique marin. Avers, revers et symboles de contrôle parlent tous le même langage aquatique. À l’avers, le buste d’Amphitrite — déesse de la mer, épouse de Neptune — vu de dos à droite, avec à gauche un symbole de contrôle tiré du monde marin (dauphin, tortue, crabe, poisson, poulpe, calmar, limande, éponge, actinie, héron selon les variantes). La lettre de contrôle (A à K) est appariée à l’animal. Au revers, Neptune barbu debout dans un char tiré par deux hippocampes (créatures mi-cheval, mi-poisson), brandissant son trident. Ce type de revers est connu sur des monnaies de Corinthe — ce qui a conduit Babelon à envisager une frappe à Corinthe, bien qu’il exclue que Crepereius Rocus ait pu être duumvir de la colonie fondée en 46 av. J.-C. (trop tardif selon la composition des trésors). La datation de 72 av. J.-C. est confirmée par l’examen des trouvailles numismatiques. ✦ Magistrat monétaire — République 01 Quintus Crepereius M. f. Rocus ~72 av. J.-C. 🌊 Légende : Q. CREPEREI ROCVS · 1 denier serratus · RRC 399/1 · Bord dentelé · Symboles marins Ce magistrat fit émettre un denier dentelé (serratus) (1341CR). La légende est « Q. CREPEREI ROCVS » — une variante porte « Q. CREPER. M. F. » (Quintus Creperius, fils de Marcus) — indiquant explicitement la filiation avec Marcus Crepereius, tribun militaire et sénateur mentionné par Cicéron comme l’un des juges au procès de Verrès en 70 av. J.-C. Le monétaire est donc très vraisemblablement le fils de ce Marcus. Le denier serratus — à bord dentelé — est une pratique anti-contrefaçon des années 110–70 av. J.-C., garantissant l’homogénéité de l’alliage jusqu’au cœur du flan. L’avers porte le buste d’Amphitrite drapée à droite, vue de dos, avec à gauche un symbole de contrôle marin (l’une des dix lettres A–K associée à l’un des dix animaux marins : dauphin, tortue, crabe, poisson, poulpe, calmar, limande, éponge, actinie, héron). Ces dix paires lettre-animal sont autant de variantes distinctes du même type. Le revers montre Neptune debout dans un bige d’hippocampes galopant à droite, brandissant son trident de la main droite, tenant les rênes de la gauche. Légende Q. CREPEREI ROCVS. Ce type de revers est identique à celui connu sur des monnaies de Corinthe. Cliquez sur la monnaie pour le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 02 La gens Crepereia — une famille d’équestres sabins tournée vers la mer Ier s. av. J.-C. – IIe s. apr. J.-C. La gens Crepereia illustre un profil de famille romaine peu commun : d’origine sabine, de rang équestre plutôt que sénatorial, mais avec une présence dans les cercles dirigeants à travers la justice et la magistrature monétaire. Cicéron décrit la stricte discipline des Crepereii, ce qui renforce l’image d’une famille conservatrice attachée aux valeurs traditionnelles — en contraste frappant avec l’iconographie marine exubérante du denier de Rocus. Cette tension entre la réputation d’austérité de la gens et le programme iconographique spectaculaire du denier (buste d’Amphitrite vu de dos — pose rare et gracieuse — Neptune en char d’hippocampes, dix variantes de symboles marins) est l’une des curiosités de la numismatique Crepereia. Babelon l’explique par une fonction maritime du monétaire ou par un souvenir héroïque ancestral. La ressemblance du revers avec les monnaies de Corinthe ouvre une hypothèse géographique intéressante : Crepereius Rocus aurait-il exercé une charge en Grèce ou fait frapper monnaie en Orient, là où sa famille avait des intérêts commerciaux ? ⚓ Origine sabine Le mot creper est d’origine sabine selon Varron — une des nombreuses familles romaines dont le nom trahit l’absorption progressive des peuples italiques dans le système civique. 🏛️ Ordre équestre Les Crepereii sont d’ordre équestre, pas sénatorial — rang intermédiaire entre la plèbe et le Sénat, actif dans les affaires, la finance et les fonctions militaires subalternes. 🌊 Amphitrite de dos Le buste d’Amphitrite vu de dos est une pose rare et élaborée dans le monnayage républicain — témoignage d’une recherche artistique inhabituelle
Cossutia

Cossutia · Iconographie numismatique · LesDioscures Cossutia Gens plébéienne équestre · IIe s. av. J.-C. – 44 av. J.-C. · Iconographie numismatique · République romaine Nature Plébéienne · Ordre équestre Membres notables L. Cossutius Sabula · C. Cossutius Maridianus Origine supposée Gaule Cisalpine · Caesena · ou Corinthe Monnaies 4 deniers · 2 magistrats La gens Cossutia était une famille plébéienne de rang équestre à Rome — composée de chevaliers, banquiers et hommes d’affaires (negotiatores) plutôt que de sénateurs. Elle n’a jamais atteint les hautes magistratures curules ni le consulat. D’après Babelon, il est conjecturé, à partir d’une mention de Cicéron des tabulae Cossutianae près de Caesena en Gaule Cisalpine, que les Cossutii sont peut-être originaires de cette région. D’autres éléments iconographiques orientent vers un lien avec Corinthe. La gens est représentée numismatiquement par deux magistrats monétaires séparés d’une génération. Lucius Cossutius Sabula frappe en 74 av. J.-C. un denier aux types grecs de Méduse et Bellérophon sur Pégase — évocateurs d’un Orient hellénisé où les Cossutii étaient peut-être actifs comme negotiatores. Trente ans plus tard, Caius Cossutius Maridianus entre dans l’histoire en devenant l’un des quatre magistrats monétaires de Jules César en 44 av. J.-C., frappant trois deniers parmi les plus chargés de sens politique de toute la numismatique républicaine — dont le fameux denier à la légende cruciforme A.A.A.F.F. « Caius Cossutius Maridianus fit partie du premier collège monétaire composé de quatre membres, institué par Jules César en 44 av. J.-C. — ses monnaies sont parmi les documents les plus chargés de sens de la fin de la République. » — E. Babelon, Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine · M.H. Crawford, Roman Republican Coinage ✦ Origines & identité de la gens ⚖️ Une famille équestre aux connexions grecques et orientales La gens Cossutia illustre le profil des familles équestres qui, sans jamais atteindre le Sénat, jouèrent un rôle essentiel dans l’économie et les finances de la République tardive. Banquiers, négociants et fermiers de l’impôt (publicani), les chevaliers de cet ordre contrôlaient une part considérable des richesses de Rome et de ses provinces. L’iconographie du denier de Lucius Cossutius Sabula — Méduse et Bellérophon, types corinthiens par excellence — suggère un ancrage particulier de la famille dans le monde grec. Babelon envisage même que Sabula ait pu être chargé de fonder ou d’administrer la colonie romaine de Corinthe (établie par César en 46 av. J.-C.), bien qu’il reconnaisse que la datation de la monnaie rende cette hypothèse difficile à maintenir. Les negotiatores romains étaient particulièrement actifs à Corinthe et en Grèce, et les Cossutii pourraient avoir fait partie de ces réseaux marchands. ✦ Magistrat monétaire I — République 01 Lucius Cossutius C. f. Sabula 74 av. J.-C. 🐍 Légende : L. COSSVTI. C. F. · Méduse & Bellérophon · RRC 395/1 Ce magistrat fit émettre un denier (1337CO). La légende « L. COSSVTI. C. F. » — Lucius Cossutius Caii Filius, Lucius Cossutius fils de Caius — identifie le monétaire avec sa filiation. Le cognomen SABVLA figure à l’avers. L’avers porte une tête de Méduse à gauche, coiffée d’un diadème surmonté d’ailes et orné de serpents. Le revers représente Bellérophon chevauchant Pégase s’envolant à droite, avec une marque de contrôle derrière. Ces deux types — Méduse et Pégase-Bellérophon — sont des types monétaires emblématiques de Corinthe, ville dont Pégase était la figure tutélaire. Ce choix iconographique hellénisant, rarissime dans le monnayage républicain, évoque les liens commerciaux et peut-être administratifs de la famille avec la Grèce. Cliquez sur la monnaie pour le détail. ✦ Magistrat monétaire II — Dictature de César 02 Caius Cossutius Maridianus 44 av. J.-C. ⚡ Légende : C·MARIDIANVS · César dictateur · RRC 480/15, 16, 19 Ce magistrat fit émettre trois deniers : (1536CO · RRC 480/15), (1537CO · RRC 480/16) et (1540CO · RRC 480/19). La légende des deux premiers est « C·MARIDIANVS » au revers ; le troisième porte « C COSSVTIVS MARID-IANVS A A A F.F » en croix. Maridianus était l’un des quatre magistrats monétaires (Quattuorviri Monetales) institués par César en 44 av. J.-C. — une innovation : traditionnellement trois (Triumviri), César porta le collège à quatre pour répondre aux besoins financiers de sa campagne parthique. Ses trois collègues étaient L. Aemilius Buca, M. Mettius et P. Sepullius Macer. Ces quatre hommes frappèrent ensemble les monnaies les plus politiquement révolutionnaires de la République : le premier portrait d’un Romain vivant sur une monnaie romaine. Cliquez sur les monnaies pour le détail. ✦ Contexte historique & iconographie 03 Les deniers de César — entre royauté et apothéose Février – Avril 44 av. J.-C. Les trois deniers frappés par Maridianus constituent un témoignage exceptionnel du basculement de Rome vers l’autocratie. Les RRC 480/15 et 480/16 portent à l’avers la tête laurée et voilée de César (Capite Velato) avec la légende CAESAR DICT PERPETVO — César dictateur perpétuel, titre reçu en février 44 av. J.-C. — et au revers Vénus Victrix tenant une Victoriola et s’appuyant sur un bouclier posé sur le globe. Pour la première fois dans l’histoire de Rome, un homme vivant fait figurer son portrait sur une monnaie frappée à Rome — rupture absolue avec la tradition républicaine. Le RRC 480/19, frappé après les Ides de Mars (15 mars 44), porte CAESAR PARENS PATRIAE (César père de la patrie) à l’avers avec bonnet de flamine et lituus, et au revers la légende cruciforme C COSSVTIVS MARIDIANVS A A A F.F — Auro Argento Aere Flando Feriundo (pour fondre et frapper l’or, l’argent et le bronze). Ce revers en croix est une rareté absolue dans le monnayage républicain, et la formule A.A.A.F.F. est l’une des expressions les plus complètes de la fonction monétaire jamais gravée sur une monnaie de la République. 🐴 Pégase corinthien Les types Méduse / Bellérophon de 74 av. J.-C. sont directement empruntés aux monnaies de Corinthe — lien commercial ou administratif de la gens avec la Grèce. 👁️ Premier portrait vivant Les deniers de Maridianus portent le premier portrait d’un Romain vivant sur
Cosconia

Cosconia · Iconographie numismatique · LesDioscures Cosconia Gens plébéienne · Seconde Guerre Punique – IIe s. av. J.-C. · Iconographie numismatique · République romaine Nature Plébéienne Membre notable Marcus Cosconius · Lucius Cosconius Premier magistrat Marcus Cosconius, préteur 135 av. J.-C. Monnaies 1 denier serratus référencé La gens Cosconia était une famille plébéienne à Rome. Les membres de cette gens sont mentionnés pour la première fois dans l’histoire à l’époque de la Seconde Guerre Punique (218–201 av. J.-C.), mais aucun n’a jamais obtenu les honneurs du consulat. Le premier à occuper un poste curule fut Marcus Cosconius, préteur en 135 av. J.-C. — chargé notamment de réprimer les esclaves insurgés en Apulie. La gens ne compte numismatiquement qu’un seul magistrat monétaire connu : Lucius Cosconius, fils de Marcus (M. f.), qui fit frapper en 118 av. J.-C. un denier dentelé (serratus) à la légende L. COS-C-O. M. F. Sa monnaie — la 1068CO — est frappée dans le contexte immédiat de la victoire romaine sur Bituitos, roi des Arvernes (121 av. J.-C.) et de la fondation de Narbo Martius (Narbonne, 118 av. J.-C.), première colonie romaine de Gaule transalpine. Elle constitue avec le denier de M. Aurelius Scaurus (RRC 282/1) les deux émissions de la même série commémorant ces événements. « Ce denier commémore l’effondrement de l’Empire arverne en 121 avant J.-C. et la défaite de Bituitus — l’une des plus belles monnaies de propagande de la République tardive. » — E. Babelon, Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine · M.H. Crawford, Roman Republican Coinage ✦ Origines & identité de la gens 🏛️ Une famille discrète, une monnaie historique La gens Cosconia illustre parfaitement le profil de ces familles plébéiennes de second rang qui, sans jamais atteindre les sommets du pouvoir républicain, jouèrent un rôle actif dans l’administration et l’armée. Présente dès la Seconde Guerre Punique, elle ne perce aux magistratures curules qu’avec Marcus Cosconius, préteur en 135 av. J.-C. — dont la mission en Apulie contre une révolte d’esclaves préfigure les grandes guerres serviles qui déchireront la Sicile quelques années plus tard. C’est son fils, Lucius Cosconius M. f., qui donna à la gens sa seule présence numismatique connue, avec un denier dentelé émis en 118 av. J.-C. — la même année que le denier de M. Aurelius Scaurus commémorant Narbo et Bituitos (RRC 282/1). Les deux monnaies forment la même série RRC 282, frappées conjointement ou successivement pour commémorer la victoire sur les Arvernes et l’établissement de la province de Gaule transalpine. ✦ Magistrat monétaire — République 01 Lucius Cosconius M. f. 118 av. J.-C. ⚔️ Légende : L. COS-C-O. M. F. · Denier serratus · RRC 282/2 Ce magistrat fit émettre un denier dentelé (1068CO). La légende « L. COS-C-O. M. F. » — Lucius Cosconius, fils de Marcus — identifie le monétaire en faisant clairement mention de sa filiation paternelle, pratique répandue à cette époque pour distinguer les membres d’une même gens. Le denier est dit serratus (dentelé) en raison de la tranche crénelée de son flan, caractéristique des émissions de cette période destinées à prévenir les contrefaçons par plaquage. L’avers porte la tête casquée de Roma à droite, avec la marque de valeur X derrière. Le revers représente Bituitos, roi des Arvernes, debout dans un bige galopant à droite, brandissant une enseigne et tenant bouclier et carnyx — instrument de guerre gaulois à pavillon en tête d’animal. La légende de l’exergue est L. COS-C-O. Cette scène commémore la défaite de Bituitos en 121 av. J.-C. par Cn. Domitius Ahenobarbus et Q. Fabius Maximus Allobrogicus, qui mit fin à l’hégémonie arverne sur la Gaule du Sud et ouvrit la voie à la création de la Provincia Gallia Transalpina. Cliquez sur la monnaie pour afficher le détail. ✦ Contexte historique & iconographie 02 Bituitos & la conquête de la Gaule transalpine 121 – 118 av. J.-C. La défaite de Bituitos des Arvernes en 121 av. J.-C. est l’un des moments fondateurs de la présence romaine en Gaule. Chef d’une coalition gauloise qui aurait rassemblé, selon les sources antiques, jusqu’à 180 000 hommes, Bituitos fut écrasé sur les bords du Rhône par les légions de Cn. Domitius Ahenobarbus et de Q. Fabius Maximus — ce dernier recevant pour sa victoire le surnom d’Allobrogicus. Bituitos fut capturé et exhibé à Rome lors d’un triomphe, puis retenu prisonnier en Albanum jusqu’à sa mort. Le denier de Cosconius appartient à la même série commémorative que celui de M. Aurelius Scaurus (RRC 282/1), frappé la même année à Narbo Martius. Les deux émissions célèbrent conjointement la victoire militaire et la fondation coloniale — véritable programme de propagande territoriale mis en monnaie. Narbo Martius, fondée en 118 av. J.-C. par L. Licinius Crassus et Cn. Domitius Ahenobarbus, fut la première colonie latine au-delà des Alpes et le point de départ d’une présence romaine durable en Gaule méridionale. La représentation de Bituitos en bige — guerrier gaulois dans son char de combat, armé du carnyx et du bouclier — constitue l’une des rares images de chef gaulois sur le monnayage républicain, et l’une des plus expressives de l’iconographie de la victoire étrangère dans la numismatique romaine. 🪙 Denier serratus Flan à tranche dentelée — technique anti-contrefaçon caractéristique des émissions de 118 av. J.-C. pour prévenir le plaquage sur bronze. ⚔️ Bituitos en bige Représentation rarissime d’un chef gaulois sur le monnayage républicain — Bituitos au carnyx, bouclier et enseigne dans son char de guerre. 🏛️ Narbo Martius Émission liée à la fondation de Narbonne en 118 av. J.-C. — première colonie romaine en Gaule transalpine, porte d’entrée vers l’Espagne. 📜 Filiation gravée La légende L. COS-C-O. M. F. mentionne la filiation (fils de Marcus) — pratique permettant de distinguer les branches d’une même gens sur la monnaie. 🏅 Série RRC 282 Co-émission avec le denier de M. Aurelius Scaurus (RRC 282/1) — les deux deniers forment un programme commémoratif unique de la victoire arverne. 🎺 Le carnyx Instrument de guerre gaulois à pavillon en gueule d’animal, emblème de la
Cornuficia

Cornuficia · Iconographie numismatique · LesDioscures Cornuficia Gens plébéienne · origine de Rhegium · Iconographie numismatique · République romaine · 44–42 av. J.-C. Nature Plébéienne · Rhegium Magistrat Q. Cornuficius · Augur · Imperator Province Africa Vetus (Proconsulaire) · 44–42 av. J.-C. Monnaies 2 aureii + 3 deniers · RRC 509 La gens Cornuficia était une famille plébéienne de Rome dont le nom n’apparaît pas dans les fastes de la République avant le dernier siècle. Selon Cicéron, la famille était originaire de Rhegium (Reggio di Calabria). Le premier personnage connu est un Cornuficius qui fut scriba de Verrès pendant sa préture (74 av. J.-C.) ; un Q. Cornuficius fut préteur en 66 av. J.-C. et brigue le consulat en même temps que Cicéron en 64 av. J.-C. C’est le fils de ce préteur, Quintus Cornuficius le Jeune, qui est le véritable protagoniste de l’histoire numismatique de la gens — et l’une des figures les plus fascinantes de la fin de la République. Questeur en 48 av. J.-C., envoyé comme propréteur en Illyrie par César qu’il soumet avec succès, il reçoit à son retour la dignité d’augure. Cicéron, également augure, le traite de collega (46 av. J.-C.) et l’on sait qu’il était ami de Catulle. Nommé gouverneur de l’Africa Vetus (province proconsulaire), il refuse de céder son commandement aux triumvirs après les Ides de mars, tient la province au nom du Sénat jusqu’à sa défaite et sa mort face à Titus Sextius en 42 av. J.-C. Ses cinq monnaies — deux aureii et trois deniers — forment l’une des séries provinciales les plus remarquables de la numismatique républicaine tardive : une iconographie africaine intense (Jupiter Ammon, Africa à la peau d’éléphant, Cérès-Tanit) et un revers identique sur toutes, portant la scène du couronnement de Cornuficius par Junon Sospita. « La tête de Jupiter Ammon rappelle que le culte de Jupiter Ammon était fort en honneur dans la province de l’Ancienne Afrique. La présence de Junon Lanuvina ne s’explique guère qu’en supposant que Q. Cornuficius était né à Lanuvium, où était le principal sanctuaire de cette déesse. » — Ernest Babelon, Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine, notice Cornuficia · Cicéron, Lettres à Atticus ✦ Quintus Cornuficius — le dernier défenseur républicain d’Afrique 🦁 Africa Vetus, 44–42 av. J.-C. — résistance ultime face aux triumvirs En 44 av. J.-C., l’année des Ides de mars, Quintus Cornuficius est gouverneur de l’Africa Vetus (la province de Carthage, distincte de la Numidie). Tandis que Brutus et Cassius fuient vers l’Orient pour y lever des armées, Cornuficius choisit une autre voie : tenir l’Afrique au nom du Sénat. Il refuse de remettre sa province à Titus Sextius, gouverneur de l’Africa Nova (Numidie) et partisan des triumvirs. Ses légions l’ont salué imperator après ses premiers succès militaires. Les cinq monnaies de la série sont frappées en Africa Vetus entre 44 et 42 av. J.-C. pour payer les troupes et affirmer la légitimité du gouverneur rebelle. L’iconographie est entièrement africaine : Jupiter Ammon (dieu libyen honoré dans la province), Africa personnifiée à la peau d’éléphant, Cérès-Tanit (divinité punique assimilée à Cérès). Le revers unique sur toutes les monnaies — Cornuficius couronné par Junon Sospita — est un manifeste politique : l’augure légitime reçoit l’approbation divine devant ses soldats. Vaincu par Titus Sextius en 42 av. J.-C., Cornuficius résiste jusqu’à la mort. La rareté extrême de ses monnaies s’explique par leur probable fonte après la victoire des triumvirs — une damnatio memoriae monétaire. ✦ Magistrat monétaire — Quintus Cornuficius · 44–42 av. J.-C. 01 Quintus Cornuficius · Augur & Imperator 44–42 av. J.-C. · Africa Vetus 🦁 Légende : Q. CORNVFICI. AVGVR. IMP · 2 aureii + 3 deniers · RRC 509/1–4 · Revers unique Ce magistrat fit émettre deux aureii (1660CO · RRC 509/1 et 1662CO · RRC 509/3) et trois deniers (1661CO · RRC 509/2, 1663CO · RRC 509/4 et 1664CO · RRC 509/5). La légende des revers est « Q. CORNVFICI. AVGVR. IMP » — Quintus Cornuficius, augure, imperator. Le double titre est significatif : augur revendique la légitimité religieuse (l’augure interprète la volonté des dieux), imperator affirme la légitimité militaire (acclamation par les soldats après une victoire). Le revers est rigoureusement identique sur les cinq monnaies : Cornuficius debout à gauche, voilé, tenant le lituus (bâton augural recourbé) de la main droite, couronné par Junon Sospita debout à droite — déesse armée d’une lance et d’un bouclier, portant une peau de chèvre et ayant un corbeau sur l’épaule. Babelon relie la présence de Junon Sospita à une possible origine de Cornuficius à Lanuvium (Latium), siège du principal sanctuaire de cette déesse. Les avers varient selon les monnaies : Jupiter Ammon à gauche (1660CO, 1661CO), Africa drapée portant une peau d’éléphant avec deux lances (1662CO, 1663CO), et Cérès-Tanit (1664CO). Ces trois personnifications africaines constituent un programme cohérent de légitimation provinciale. Cliquez sur les monnaies pour le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 02 La gens Cornuficia — un magistrat, cinq monnaies, une province 44–42 av. J.-C. La gens Cornuficia est l’une des rares familles romaines dont toute la numismatique se concentre sur un seul personnage, une seule période et un seul lieu. Les cinq monnaies de Quintus Cornuficius forment un ensemble iconographiquement cohérent et historiquement chargé, frappé dans l’urgence d’une résistance militaire vouée à l’échec. La présence de Jupiter Ammon mérite une explication : Babelon suggère un jeu sur le nom Cornuficius — les cornes de Jupiter Ammon étant un attribut caractéristique de la divinité libyenne dont le nom Ammon (*« caché »* en libyen) résonne peut-être avec le cognomen. Plus directement, Jupiter Ammon était la divinité tutélaire de la Libye et de l’Afrique septentrionale — son effigie sur les monnaies du gouverneur affirme la possession spirituelle de la province. La rareté extrême de ces cinq monnaies — toutes avec des indices de rareté très élevés — reflète deux causes : la brièveté de l’émission (deux à trois ans au maximum) et la probable fonte des exemplaires après la victoire de
Cornelia

Cornelia · Iconographie numismatique · LesDioscures Cornelia Gens patricienne · 485 av. J.-C. – époque augustéenne · Iconographie numismatique · République romaine Nature Patricienne · gens maior Premier consul Servius Cornelius Maluginensis · 485 av. J.-C. Branches principales Scipiones · Sullae · Lentuli · Cinnae · Cethegi · Blasiones Monnaies 19 magistrats · ~60 types · 211 av. J.-C. – 5 av. J.-C. La gens Cornelia était l’une des plus grandes maisons patriciennes de Rome. Pendant plus de sept cents ans, des premières décennies de la République au IIIe siècle apr. J.-C., les Cornelii ont produit des hommes d’État et des généraux plus éminents que toute autre gens. Au moins soixante-quinze consuls sous la République étaient membres de cette famille, à commencer par Servius Cornelius Maluginensis en 485 av. J.-C. Avec les Aemilii, Claudii, Fabii, Manlii et Valerii, les Cornelii comptaient parmi les gentes maiores — les familles les plus importantes et les plus puissantes de Rome, qui pendant des siècles ont dominé les magistratures républicaines. Toutes les branches principales étaient patriciennes, mais il existait aussi des Cornelii plébéiens, dont certains au moins étaient des affranchis. L’origine des Cornelii se perd dans l’histoire. Le nomen Cornelius peut être formé à partir d’un hypothétique cognomen Corneus — « corné », ayant une peau épaisse ou calleuse — dont le diminutif Corneolus atteste l’existence ancienne. Cette étymologie implique une origine latine, et aucune tradition contraire ne subsiste. Numismatiquement, la gens est représentée par 19 magistrats monétaires couvrant la période de 211 av. J.-C. — les premières années du denier — à 5 av. J.-C., sous Auguste. « Les Cornelii ont produit des hommes d’État et des généraux plus éminents que toute autre gens : au moins soixante-quinze consuls républicains — sans compter les proconsuls, dictateurs, censeurs et pontifes. » — William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology · Chase, p. 124 ✦ Branches & figures majeures 🏛️ Scipiones · Sullae · Lentuli — trois siècles de premières familles La gens Cornelia se distingue par la multiplicité et la gloire de ses branches. Les Scipiones dominent le IIIe et le IIe siècle — Scipion l’Africain vainqueur d’Hannibal à Zama (202 av. J.-C.), Scipion Émilien destructeur de Carthage (146 av. J.-C.) et de Numance (133 av. J.-C.). Les Sullae marquent la fin de la République : Lucius Cornelius Sulla (138–78 av. J.-C.), dictateur, réformateur et fondateur du régime syllanien, est le personnage le plus déterminant de son époque. Son fils Faustus Cornelius Sulla (88–46 av. J.-C.) perpétue le nom dans la numismatique de 56 av. J.-C. Les Lentuli traversent deux siècles — consuls, censeurs, proconsuls — jusqu’à Spinther, qui émet des monnaies aux côtés de Brutus et Cassius en 43–42 av. J.-C. Sur le plan numismatique, la gens Cornelia offre l’une des séries les plus longues et les plus variées du monnayage républicain : 211 av. J.-C. (Sardaigne, émission en marge des guerres puniques) jusqu’aux 5 av. J.-C. (quadrans de Sisenna sous Auguste). Entre ces deux bornes, les guerres civiles, la dictature de Sulla, et les grandes crises républicaines se lisent toutes dans les légendes et les types des Cornelii monétaires. ✦ Magistrats monétaires — République (211–41 av. J.-C.) 01L. Cornelius Lentulus211 av. J.-C. · Sardaigne 🏺 Légende : C · 1 quinaire + 5 bronzes · RRC 68 · Atelier de Sardaigne Ce magistrat fit émettre un quinaire (240CO), un as (241CO), un semis (242CO), un triens (243CO), un quadrans (244CO) et un sextans (245CO). La légende est « C ». Cette émission exceptionnelle est frappée en Sardaigne en 211 av. J.-C. — l’année même de l’introduction du denier à Rome. Ces pièces sont parmi les premières monnaies republicaines à lettre unique. Le contexte est celui de la Deuxième Guerre Punique à son apogée : Hannibal est encore en Italie, Capoue vient de se rendre à Rome (211 av. J.-C.). Fiches 240COQuinaireLégende C. Sardaigne, 211.→ 241COAsLégende C. Sardaigne, 211.→ 242COSemisLégende C.→ 243COTriensLégende C.→ 244COQuadransLégende C.→ 245COSextansLégende C.→ 02L. Cornelius Cinna169–158 av. J.-C. 🏺 Légende : CINA · 5 bronzes · As, Semis, Triens, Quadrans, Sextans Ce magistrat fit émettre un as (692CO), un semis (693CO), un triens (694CO), un quadrans (695CO) et un sextans (696CO). La légende est « CINA » — orthographe archaïque du cognomen Cinna. Série entièrement en bronze, sans denier. L’ancêtre de ce Cinna sera peut-être le même cognomen que Lucius Cornelius Cinna (†84 av. J.-C.), consul et principal adversaire de Sulla dans les guerres civiles — bien que le lien familial direct ne soit pas attesté. 692COAs · CINA169–158 av. J.-C.→ 693COSemis · CINA→ 694COTriens · CINA→ 695COQuadrans · CINA→ 696COSextans · CINA→ 03P. Cornelius Blasio169–158 av. J.-C. 🏺 Légende : P.BLAS · 5 bronzes Ce magistrat fit émettre un as (752CO), un semis (753CO), un triens (754CO), un quadrans (755CO) et un sextans (756CO). La légende est « P.BLAS ». Publius Cornelius Blasio émet en même temps que L. Cornelius Cinna — leurs séries de bronze coexistent dans la même période de frappe intensive du IIe siècle av. J.-C. 752COAs · P.BLAS169–158 av. J.-C.→ 753COSemis→ 754COTriens→ 755COQuadrans→ 756COSextans→ 04Publius Cornelius Sulla151 av. J.-C. 🪙 Légende : P.SVLA · 1 denier + 5 bronzes · RRC 205 Ce magistrat fit émettre un denier (834CO), un as (835CO), un semis (836CO), un triens (837CO), un quadrans (838CO) et une once (839CO). La légende est « P.SVLA ». Ce Publius Cornelius Sulla — orthographe ancienne du cognomen Sulla avec un seul L — est un prédécesseur du célèbre dictateur. Son émission est complète avec denier, bronzes et once. 834CO · RRC 205/1Denier · P.SVLA151 av. J.-C.→ 835COAs→ 836COSemis→ 837COTriens→ 838COQuadrans→ 839COOnce→ 05P. Cornélius Cetegus115–114 av. J.-C. 🪙 Légende : CETEGVS · 1 denier · RRC 290/1 Ce magistrat fit émettre un denier (1085CO). La légende est « CETEGVS ». Publius Cornelius Cethegus appartient à la branche des Cornelii Cethegi. L’année 115–114 av. J.-C. est contemporaine des débuts de la Guerre jugurthine (111 av. J.-C.), dans une période de pression croissante sur les ressources militaires romaines. 1085CO ·