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Flaminia

Flaminia · Iconographie numismatique · LesDioscures Flaminia Gens plébéienne · Du flamen au portrait de César · Iconographie numismatique · République romaine · IIe–Ier s. av. J.-C. Nature Plébéienne · tardive Étymologie De flamen · serviteur de flamine Représentants L. Flaminius Chilo · 2 magistrats homonymes Monnaies 3 deniers · 1117FL · 1555JU · 1556FL La gens Flaminia était une famille plébéienne de Rome. Pendant les cinq premiers siècles de l’histoire de la cité, aucun membre de la gens Flaminia n’est mentionné par les sources. Autrefois, on a cru que les Flaminii n’étaient qu’une branche de la gens Quinctia ; mais cette opinion est née d’une confusion entre les Flaminii et les Flaminini, ces derniers appartenant en effet aux anciens patriciens de la gens Quinctia. Le nom Flaminius est évidemment un dérivé de flamen — le prêtre attaché à une divinité particulière — et semble avoir désigné à l’origine un serviteur de flamen, selon le témoignage de Paul Diacre dans son épitomé de Festus. Cette origine sacerdotale modeste contraste avec l’illustration éclatante que la gens connut à partir du IIIe siècle av. J.-C. avec le consul C. Flaminius Nepos, bâtisseur de la via Flaminia et vaincu de Trasimène (217 av. J.-C.). Numismatiquement, la gens est représentée par deux magistrats monétaires homonymes séparés de soixante-cinq ans — Lucius Flaminius Chilo en 109–108 av. J.-C., puis un autre Lucius Flaminius Chilo en 43 av. J.-C. Ce dernier appartient à la prestigieuse série des triumvirs monétaires de l’année 43, peu après l’assassinat de César : il signe l’un des tout premiers deniers portant le portrait posthume de Jules César ceint de la couronne de laurier (1555JU), pièce capitale dans l’histoire du portrait monétaire romain. « Le nom Flaminius est évidemment un dérivé de flamen, et semble avoir désigné à l’origine un serviteur de flamen. » — Paul Diacre, épitomé de Festus, De Significatu Verborum · William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography ✦ Identité de la gens & contexte historique 🏛️ Flaminia · Du flamen républicain à la déification de César — soixante-cinq ans d’écart La gens Flaminia traverse la République romaine sans jamais atteindre les fastes des grandes familles patriciennes, mais en jalonnant son histoire de figures décisives. Au IIIe siècle, C. Flaminius Nepos — consul en 223 puis 217 av. J.-C. — fait construire la grande via Flaminia reliant Rome à Ariminum (Rimini), promulgue la lex Flaminia sur la distribution de l’ager Gallicus, puis périt à Trasimène face à Hannibal, lors d’un des plus grands désastres de l’histoire militaire romaine. Aux IIe et Ier siècles, la gens fournit deux monétaires successifs portant tous deux le nom de Lucius Flaminius Chilo. Le premier, en 109–108 av. J.-C., frappe un denier classique au type de Roma et de Victoria en bige. Le second, en 43 av. J.-C., opère dans le contexte explosif de la guerre civile post-césarienne : sous l’autorité du triumvirat naissant, il signe l’un des tout premiers portraits de César divinisé sur le métal — étape majeure de la révolution iconographique qui mène du denier républicain anonyme au portrait impérial. ✦ Magistrat monétaire — République (IIe s. av. J.-C.) 01 Lucius Flaminius Chilo 109 – 108 av. J.-C. 🛡️ Légende : L. FLAMINI // CILO · 1 émission · RRC 302/1 · 1117FL (denier) · Atelier de Rome Ce magistrat fit émettre un denier (1117FL). La légende apposée à cette monnaie est « L. FLAMINI // CILO » — Lucius Flaminius Chilo, fils de Lucius. La forme orthographique CILO (pour Chilo, du grec χεῖλος, « la lèvre ») est l’une des graphies latines archaïques avant la standardisation augustéenne. L’avers porte la tête casquée de Roma à droite, accompagnée d’un X (marque de valeur du denier) ou d’un symbole de contrôle ; l’iconographie reprend le type classique du denier républicain depuis le IIe siècle. Le revers représente Victoria conduisant un bige au galop à droite, brandissant une couronne ou un fouet ; à l’exergue, la légende L. FLAMINI CILO. La typologie inscrit ce denier dans la longue série des bigati anonymes que la gens reprend simplement en y apposant son nom — pratique courante des monétaires des années 110–100 av. J.-C., avant l’explosion iconographique de la fin du IIe siècle. Cliquez sur la monnaie pour afficher le détail. ✦ Magistrat monétaire — République tardive (43 av. J.-C.) 02 Lucius Flaminius Chilo · IIII vir A. P. F. 43 av. J.-C. ⚔️ Légende : L. FLAMINIVS · 2 émissions · RRC 485 · 1555JU (César divus) & 1556FL · Atelier de Rome Ce magistrat fit émettre deux deniers (1555JU) et (1556FL), dont un à l’effigie de Jules César. La légende apposée à ces monnaies est « L. FLAMINIVS » (sans le cognomen Chilo, ou parfois suivi de IIII VIR A. P. F.), abréviation de Lucius Flaminius, quattuorvir auro publico feriundo — l’un des quatre magistrats responsables de la frappe de l’or et de l’argent à cette date charnière de l’histoire romaine. Le denier 1555JU (RRC 485/1) est l’une des toutes premières monnaies à porter le portrait posthume de Jules César, ceint de la couronne de laurier — l’imago sacralisée de l’imperator assassiné aux Ides de Mars 44 av. J.-C., dont la divinisation officielle interviendra par décret du Sénat le 1er janvier 42 av. J.-C. (divus Iulius). Au revers figure Vénus Genitrix, ancêtre mythique de la gens Julia, tenant Victoria et un sceptre — programme dynastique direct annonçant la légitimation césarienne d’Octave. Le denier 1556FL (RRC 485/2) présente un programme iconographique distinct : tête de divinité au droit, Victoria couronnant un trophée ou allégorie de la Pax au revers, avec la légende L. FLAMINIVS à l’exergue. Les deux monnaies appartiennent à la même émission de 43 av. J.-C., signées par le même collège de quattuorvirs (avec L. Livineius Regulus, P. Sepullius Macer, C. Vibius Varus). Cliquez sur les monnaies pour afficher le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 03 La gens Flaminia — entre tradition républicaine et invention du portrait IIe – Ier s. av. J.-C. Les trois deniers de la gens

Farsuleia

Farsuleia · Iconographie numismatique · LesDioscures Farsuleia Gens plébéienne · Libertas & le togatus · Iconographie numismatique · République romaine · Ier s. av. J.-C. Nature Plébéienne · obscure Représentant L. Farsuleius Mensor Cognomen Mensor · l’arpenteur Monnaies 2 émissions · 1332FA & 1333FA · Deniers La gens Farsuleia était une obscure famille plébéienne de la Rome antique, connue principalement par des monnaies et des inscriptions datant des dernières décennies de la République et de l’époque impériale. Aucun de ses membres ne parvint aux magistratures supérieures de l’État romain — ni consulat, ni préture, ni édilité curule. Le seul représentant connu par la numismatique est Lucius Farsuleius Mensor, magistrat monétaire en 75 av. J.-C., dont le cognomen Mensor — « l’arpenteur » — évoque une origine familiale liée à l’arpentage ou aux mesures, métier modeste qui contraste avec la dignité républicaine de la charge de triumvir monetalis. Numismatiquement, la gens est représentée par deux deniers très semblables (1332FA et 1333FA · RRC 392/1a et 392/1b), portant la même légende L. FARSVLEI. L’iconographie en est remarquable : Libertas diadémée à l’avers — référence politique forte à l’époque post-syllanienne — et au revers une scène énigmatique d’un guerrier en bige aidant un togatus à monter, sujet de débat depuis Babelon et Mommsen. « La gens Farsuleia était une obscure famille plébéienne de Rome, connue principalement par les monnaies et les inscriptions. Aucun de ses membres ne détenait aucune des magistratures supérieures de l’État romain. » — William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology ✦ Identité de la gens & contexte historique 🏛️ Farsuleia · Libertas après Sylla — un monétaire dans la Rome post-syllanienne L’émission de L. Farsuleius Mensor est datée de 75 av. J.-C., période charnière de l’histoire républicaine : Sylla est mort en 78, sa constitution est en train d’être démantelée pièce par pièce sous la pression des tribuns de la plèbe et des optimates modérés, et la guerre sertorienne fait rage en Espagne tandis que se profile la révolte de Spartacus (73 av. J.-C.). C’est dans ce climat de réveil populaire que le type de Libertas au droit prend tout son sens politique. Le bonnet phrygien (pileus) accompagnant la tête de Libertas — symbole de l’affranchissement — fonctionne comme une référence visuelle directe aux libertés républicaines restaurées, voire à la citoyenneté étendue aux Italiens à l’issue de la guerre Sociale. Le cognomen Mensor ouvre une piste interprétative complémentaire : peut-être faut-il y lire un clin d’œil aux arpenteurs chargés de redistribuer les terres aux nouveaux citoyens italiens, mesure éminemment populaire des années 80–70 av. J.-C. ✦ Magistrat monétaire — République 01 Lucius Farsuleius Mensor 75 av. J.-C. 🗽 Légende : L. FARSVLEI · MENSOR · 2 variantes · RRC 392/1a & 392/1b · Atelier de Rome Ce magistrat fit émettre deux deniers (1332FA) et (1333FA) assez semblables, distingués par des marques de contrôle ou des variantes de gravure. La légende apposée à ces monnaies est « L. FARSVLEI », suivie du cognomen MENSOR, abréviation du prénom Lucius, du nom de gens Farsuleius et du surnom Mensor (l’arpenteur). L’avers porte la tête diadémée de Libertas à droite, accompagnée d’un bonnet phrygien (pileus) derrière le cou et du chiffre S. C. (Senatus Consulto) devant le portrait, mention indiquant que l’émission a été autorisée par décret du Sénat — précision rare et politiquement chargée dans le contexte post-syllanien. Le revers représente une scène énigmatique : un guerrier conduisant un bige, tendant la main pour aider un personnage togatus à monter dans le char ; sous les chevaux, un scorpion sert de marque de contrôle. L’interprétation du revers a divisé les commentateurs. Babelon y voyait une allusion à l’extension de la citoyenneté aux Italiens — le guerrier (Rome ou un général) accueillant le togatus (le citoyen nouvellement intégré). Mommsen privilégiait une lecture religieuse, liée à la pompa des magistrats. Le cognomen Mensor et la mention S. C. renvoient à un acte officiel : peut-être l’élévation à un statut civique, peut-être la confirmation d’une mesure d’apurement foncier. Cliquez sur les monnaies pour afficher le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 02 La gens Farsuleia — Libertas, citoyenneté italienne & énigme du togatus 75 av. J.-C. Les deux deniers 1332FA et 1333FA forment une émission unique, divisée en variantes selon les marques de contrôle (chiffres, lettres ou symboles placés sous les chevaux ou dans les champs). Crawford les regroupe sous la référence RRC 392/1, avec les sous-types a et b. La grande analogie typologique des deux variantes — légende, types d’avers et de revers identiques — atteste qu’il s’agit bien d’une émission unique, étalée sur plusieurs séries de coins. Le motif de la Libertas pileata n’apparaît qu’épisodiquement dans le monnayage républicain ; ses occurrences sont presque toujours politiquement signifiantes — qu’il s’agisse des deniers de Brutus après l’assassinat de César ou, plus modestement, des émissions revendiquant l’héritage populaire post-syllanien. La mention S. C. au droit, par ailleurs, indique une émission extraordinaire ordonnée par le Sénat — peut-être pour financer un besoin militaire (la campagne sertorienne) ou une distribution civique. 🗽 Libertas diadémée Tête de Libertas à l’avers, accompagnée du pileus (bonnet phrygien) — symbole de l’affranchissement et des libertés républicaines, à forte résonance politique en 75 av. J.-C. 🛡️ Guerrier & togatus Scène de revers énigmatique : un guerrier conduisant un bige tend la main à un togatus pour l’aider à monter — interprétée comme l’accueil du nouveau citoyen italien. 📜 S. C. — Senatus Consulto Mention « S. C. » devant la tête de Libertas — l’émission a été autorisée par décret sénatorial, marquant son caractère extraordinaire. 📏 Mensor · l’arpenteur Le cognomen « Mensor » signifie l’arpenteur ou le mesureur — peut-être une allusion familiale à l’arpentage agraire, métier lié à la redistribution des terres aux nouveaux citoyens. 🦂 Scorpion · marque de contrôle Sous les chevaux du bige figure un scorpion — l’une des nombreuses marques de contrôle distinguant les variantes (1332FA / 1333FA, RRC 392/1a et 392/1b). 🏛️ Post-Sylla & citoyenneté Émission frappée dans la décennie suivant

Fannia

Fannia · Iconographie numismatique · LesDioscures Fannia Gens plébéienne · IIe s. av. J.-C. – 86 av. J.-C. · Iconographie numismatique · République romaine Nature Plébéienne Membres notables C. Fannius Strabo · Marcus Fannius Cognomines Strabo Monnaies 4 types · 2 magistrats La gens Fannia était une famille plébéienne à Rome. Aucun membre de cette gens n’est mentionné dans l’histoire romaine avant le IIe siècle av. J.-C., et le premier qui obtint le consulat fut Gaius Fannius Strabo, en 161 av. J.-C. Le seul cognomen attesté sous la République est Strabo ; d’autres Fannii sont mentionnés sans cognomen. La gens est représentée numismatiquement par deux magistrats monétaires du nom de Marcus Fannius. Le premier, Marcus Fannius C. f., frappe en 123 av. J.-C. un denier, un semis et un quadrans — contemporain des grandes agitations des réformes gracchiennes. Selon Babelon, ce Marcus pourrait être le père du consul Caius Fannius (122 av. J.-C.), qui fut d’abord partisan de Caius Gracchus avant de s’y opposer depuis le consulat. Le second, un Marcus Fannius homonyme, frappe en 86 av. J.-C. un denier remarquable en sa qualité d’édile de la plèbe — co-émission avec Lucius Critonius représentant les deux magistrats assis côte à côte sur leur subsellium. « Le denier de Marcus Fannius est l’un des premiers sur lesquels le nom de Rome a été inscrit du côté de la tête, au lieu de l’être au revers — innovation typographique qui marque un tournant dans la numismatique républicaine. » — E. Babelon, Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine · W. Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology ✦ Origines & identité de la gens 🏛️ Une gens plébéienne entre Gracques et Sylla La gens Fannia émerge dans l’histoire romaine au IIe siècle av. J.-C., une époque de profondes transformations sociales et politiques. Le consul Gaius Fannius Strabo (161 av. J.-C.) en est le premier représentant connu à ce rang. Son successeur le plus illustre, Caius Fannius (consul 122 av. J.-C.), présente une trajectoire caractéristique de cette période : d’abord allié de Caius Gracchus, il se retourna contre lui une fois au consulat — témoignage des tensions qui traversaient les élites plébéiennes face au mouvement réformateur. Les deux Marcus Fannius monétaires témoignent de la présence durable de la gens dans les institutions romaines, sur plus de trente-cinq ans. Le second Marcus Fannius, édile de la plèbe en 86 av. J.-C., accéda ensuite à la préture en 80 av. J.-C. — carrière classique de l’aristocratie plébéienne de la fin de la République, dans le contexte tumultueux de la domination de Cinna et des premières guerres civiles. ✦ Magistrat monétaire I — Époque des Gracques 01 Marcus Fannius C. f. 123 av. J.-C. 🏆 Légende : M. F(AN). C. F. · Denier, Semis & Quadrans · RRC 275/1–3 Ce magistrat fit émettre un denier (1055FA), un semis (1056FA) et un quadrans (1057FA). La légende « M. F(AN). C. F. » — Marcus Fannius Caii Filius, Marcus Fannius fils de Caius — identifie le monétaire avec sa filiation. Babelon note que ce denier est l’un des premiers à porter la mention ROMA du côté de la tête (à l’avers), innovation typographique notable. Le denier (1055FA) porte à l’avers la tête casquée de Roma à droite avec la marque de valeur X, et au revers Victoria dans un quadrige galopant à droite, tenant une couronne et les rênes. L’émission est contemporaine des réformes de Caius Gracchus — la Victoire en quadrige pourrait refléter un message politique concerté avec ses collègues Q. Minucius Rufus et C. Porcius Cato, dont les monnaies présentent le même type. Le semis (1056FA) porte Jupiter lauré à l’avers et la proue de navire au revers, selon le schéma classique des bronzes républicains. Cliquez sur les monnaies pour le détail. ✦ Magistrat monétaire II — Édile de la plèbe 02 Marcus Fannius & Lucius Critonius — Édiles de la plèbe 86 av. J.-C. 🌾 Légende : M. FAN. L. CRT · Cérès & les deux édiles · RRC 351/1 Ce magistrat fit émettre un denier (1264FA) avec son collègue Lucius Critonius. La légende est « PA // M. FAN. L. CRT » — Publico Argento (argent public) // Marcus Fannius, Lucius Critonius. Les deux hommes exerçaient la fonction d’Édiles de la Plèbe (Aediles Plebis), indiquée par la légende AED. PL à l’avers. L’avers porte le buste drapé de Cérès à droite, coiffée d’une couronne d’épis — déesse des céréales, patronne des édiles chargés de la cura annonae (surveillance de l’approvisionnement en blé de Rome). Le revers représente les deux édiles assis côte à côte sur leur banc (subsellium), vêtus de la toge, avec un épi de blé dans le champ à droite — scène unique et hautement symbolique, image directe de la fonction civique des deux magistrats. La légende P. A. (Publico Argento) rappelle que l’émission est faite au nom de l’État. Cette monnaie est frappée sous le consulat de Lucius Cornelius Cinna, peu après la mort de Marius. Marcus Fannius accédera ensuite à la préture en 80 av. J.-C. Cliquez sur la monnaie pour le détail. ✦ Contexte historique & iconographie 03 De la Victoire gracchienne aux édiles de Cinna 123 – 86 av. J.-C. Les deux émissions de la gens Fannia forment un diptyque saisissant de l’histoire républicaine. Le denier de 123 av. J.-C. s’inscrit dans le contexte des réformes de Caius Gracchus, dont les retombées politiques allaient déchirer Rome pendant une décennie. La Victoria en quadrige, type quasi-identique chez plusieurs monétaires de la même année, suggère une frappe concertée aux enjeux symboliques forts dans une période d’agitation. Le denier de 86 av. J.-C., frappé par les deux édiles assis sur leur subsellium, est quant à lui un témoignage rare de l’autoreprésentation des magistrats sur le monnayage républicain — les scènes de magistrats en exercice sont rarissimes. L’association de Cérès et de l’épi de blé avec les édiles rappelle que ces derniers étaient les garants de l’approvisionnement alimentaire de Rome, fonction cruciale dans un contexte de

Fabia

Fabia · Iconographie numismatique · LesDioscures Fabia Gens patricienne · l’une des plus anciennes de Rome · Ve s. – Ier s. av. J.-C. · Iconographie numismatique Nature Gens patricienne · très ancienne Membres notables Q. Fabius Maximus · N. Fabius Pictor · Q. Fabius Labeo · C. Fabius Hadrianus · L. Fabius Hispaniensis Consulats 45 consulats sous la République · 7 consulats successifs (485–479) Monnaies 14 types · 6 magistrats · 127–80 av. J.-C. La gens Fabia était l’une des plus anciennes familles patriciennes de Rome. Elle joua un rôle de premier plan dans l’histoire peu de temps après l’établissement de la République : trois frères furent investis de sept consulats successifs, de 485 à 479 av. J.-C., cimentant ainsi la grande renommée de la famille. Au total, les Fabii reçurent 45 consulats durant la République. La maison tire son plus grand éclat du courage patriotique et du destin tragique des 306 Fabii lors de la bataille de la Cremera, en 477 av. J.-C. — mais les Fabii n’étaient pas distingués comme des guerriers seuls : plusieurs membres de la gens étaient également importants dans l’histoire de la littérature et des arts romains. Selon la légende, les Fabii auraient revendiqué la descendance d’Hercule, qui avait visité l’Italie une génération avant la guerre de Troie, et d’Évandre, son hôte — les plaçant dans la même tradition que les Pinarii et Potitii. Une autre légende ancienne déclare qu’à la fondation de Rome, les disciples de Romulus et de Remus s’appelaient respectivement les Quinctilii et les Fabii, offrant des sacrifices dans la grotte du Lupercal au pied du mont Palatin. Le nomen des Fabii serait à l’origine Fovius, Favius ou Fodius — Pline a déclaré qu’il était dérivé de la faba, un haricot, légume que les Fabii auraient cultivé pour la première fois. Une explication plus fantaisiste dérive le nom de fovea, fossés, que les ancêtres des Fabii auraient utilisés pour capturer des loups. Six magistrats monétaires sont attestés entre 127 et 80 av. J.-C. « La maison Fabia tire son plus grand éclat du courage patriotique et du destin tragique des 306 Fabii lors de la bataille de la Cremera, 477 av. J.-C. » — Tite-Live, Ab Urbe Condita, II, 42 · William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology ✦ Origines légendaires & identité de la gens 🦁 Hercule, Évandre & la Cremera — une gens au destin exceptionnel La généalogie fabienne est l’une des plus ambitieuses de l’aristocratie romaine : descendre d’Hercule — héros à mi-chemin entre dieux et hommes — et d’Évandre, roi arcadien fondateur du Palatin avant même Rome, donnait à la gens Fabia une antiquité mythique que peu de familles pouvaient égaler. Ce lien avec Hercule rattachait les Fabii aux Pinarii et aux Potitii, gardiens des rites herculéens de Rome. Mais la gloire des Fabii ne fut pas seulement mythique — elle fut tragique. En 477 av. J.-C., les 306 Fabii, formant une armée privée de la gens, furent anéantis dans une embuscade sur les rives de la Cremera par les Véiens. Cet événement, commémoré chaque année le 18 juillet (dies Cremerensis), devint l’un des épisodes fondateurs de la mémoire collective romaine — une tragédie transformée en leçon de virtus et de fidélité à la République. Du côté onomastique, la connexion des Fabii aux Luperques — prêtres de la fête du Lupercal — est particulièrement intéressante : deux collèges luperques portaient les noms des Fabii et des Quinctilii, liés à Remus et Romulus. Ce lien sacerdotal, très ancien, ancrait la gens Fabia au cœur des origines fondatrices de Rome. ✦ Les six magistrats monétaires — légendes Q. MAX Q. Fabius Maximus 127 av. J.-C. N. FABI N. Fabius Pictor 126 av. J.-C. Q. FABI Q. Fabius Labeo 124 av. J.-C. C. FABI C. Fabius Hadrianus 102 av. J.-C. L FABI L F HISP L. Fabius Hispaniensis 82–81 av. J.-C. Q. MAX Q. Fabius Maximus 82–80 av. J.-C. ✦ Magistrats monétaires — République 01 Quintus Fabius Maximus 127 av. J.-C. 🏛 Légende : Q. MAX · Denier · Semis · Quadrans Ce magistrat fit émettre un denier (1028FA), un semis (1029FA) et un quadrans (1030FA). La légende Q. MAX identifie Quintus Fabius Maximus. Cliquez sur une monnaie pour afficher le détail. 02 Numerius Fabius Pictor 126 av. J.-C. 🏛 Légende : N. FABI · Denier Ce magistrat fit émettre un denier (1039FA). La légende N. FABI identifie Numerius Fabius Pictor — le cognomen Pictor (peintre) fut attribué à un ancêtre pour son talent artistique, le même surnom que portait le premier historien romain connu, Fabius Pictor. Cliquez sur la monnaie pour afficher le détail. 03 Quintus Fabius Labeo 124 av. J.-C. 🏛 Légende : Q. FABI · Denier · Quadrans Ce magistrat fit émettre un denier (1050FA) et un quadrans (1051FA). La légende Q. FABI identifie Quintus Fabius Labeo. Le cognomen Labeo fait référence aux grosses lèvres (labium) — l’un des nombreux surnoms physiques de l’aristocratie romaine. Cliquez sur une monnaie pour afficher le détail. 04 Caius Fabius Hadrianus 102 av. J.-C. 🏛 Légende : C. FABI · 2 Deniers · As Ce magistrat fit émettre deux deniers (1154FA), (1155FA) et un as (1156FA). La légende C. FABI identifie Caius Fabius Hadrianus. Le cognomen Hadrianus suggère une origine ou un lien avec la ville d’Hadria (Italie centrale). Cliquez sur une monnaie pour afficher le détail. 05 Lucius Fabius Hispaniensis 82 – 81 av. J.-C. ⚔️ Légende : L FABI L F HISP · 3 Deniers · Émission sullanienne Ce magistrat fit émettre trois deniers (1290AN), (1291AN) et (1292AN). La légende L FABI L F HISP (Lucius Fabius, fils de Lucius, Hispaniensis) identifie ce magistrat. Le cognomen Hispaniensis désigne un homme lié à l’Hispanie — émission itinérante frappée dans le nord de l’Italie lors de la marche de Sylla sur Rome. Cliquez sur une monnaie pour afficher le détail. 06 Quintus Fabius Maximus 82 – 80 av. J.-C. 🏛 Légende : Q. MAX · Denier Ce magistrat fit émettre un denier (1299FA). La légende Q.

Eppia

Eppia · Iconographie numismatique · LesDioscures Eppia Gens plébéienne · M. Eppius, légat de Metellus Scipion · Iconographie numismatique · République romaine · Ier s. av. J.-C. Nature Plébéienne · peu connue Représentant Marcus Eppius · sénateur, légat pompéien Atelier Afrique · camp de Metellus Scipion Monnaies 2 émissions · 1407EP (denier) · 1522EP (as) La gens Eppia était une famille plébéienne de Rome, principalement connue par un seul individu : Marcus Eppius, sénateur romain qui prit une part active en faveur de Pompée au déclenchement de la guerre civile en 49 av. J.-C. Il fut l’un des légats de Quintus Metellus Scipion durant la guerre d’Afrique, et fut gracié par César, avec beaucoup d’autres de son parti, après la bataille de Thapsus (46 av. J.-C.). Par la suite, M. Eppius semble s’être rendu en Espagne et avoir repris la guerre sous Sextus Pompée, en 46 et 45 av. J.-C. — ce qui explique l’attribution traditionnelle d’un second bronze (l’as 1522EP) au cercle des derniers fidèles pompéiens. Numismatiquement, la gens est représentée par deux émissions portant la légende EPPIVS : un denier frappé en Afrique au camp de Metellus Scipion (1407EP · RRC 461) et un as attribué au monnayage de Sextus Pompée en Espagne (1522EP). Toute l’iconographie de la gens s’inscrit dans le drame final de la République : la guerre civile entre César et le parti pompéien. « Marcus Eppius, sénateur, prit une part active en faveur de Pompée au déclenchement de la guerre civile en 49 av. J.-C. Légat de Q. Metellus Scipion en Afrique, il fut gracié par César après la bataille de Thapsus. » — William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology · Cicéron, Ad Familiares VIII, 8 ✦ Identité de la gens & contexte historique 🏛️ Eppia · La guerre d’Afrique & le dernier sursaut pompéien (49–45 av. J.-C.) La carrière de Marcus Eppius est inséparable de la guerre civile qui opposa César aux derniers défenseurs de la République sénatoriale. Sénateur dès avant 49 av. J.-C., il est mentionné par Cicéron dans la correspondance avec Atticus à la veille du déclenchement du conflit. Après Pharsale (48 av. J.-C.) et la mort de Pompée, le parti pompéien se replie en Afrique autour de Q. Metellus Scipion, allié au roi numide Juba Ier. C’est dans ce camp africain qu’Eppius exerce ses fonctions de légat et fait frapper le denier 1407EP (RRC 461), partie d’un vaste monnayage de campagne destiné à solder les troupes pompéiennes. Après l’écrasement de Thapsus (avril 46 av. J.-C.), il est gracié par César — destin partagé par nombre de pompéiens repentants. Mais il semble avoir rejoint ensuite Sextus Pompée en Espagne pour le dernier acte de la résistance républicaine (46–45 av. J.-C.), jusqu’à Munda. ✦ Magistrat monétaire — République 01 Marcus Eppius 47 – 46 av. J.-C. 🏛️ Légende : EPPIVS · 2 émissions · 1407EP (denier) & 1522EP (as) · Afrique & Espagne pompéiennes Ce magistrat fit émettre un denier (1407EP) et un as (1522EP). La légende apposée à ces monnaies est « EPPIVS », abréviation du nom de gens Eppius, sans praenomen ni filiation — usage caractéristique des monnayages de campagne militaire, où l’autorité morale du commandement remplace la formule sénatoriale traditionnelle. Le denier 1407EP appartient au grand monnayage frappé en Afrique au nom de Q. Metellus Scipion, imperator du parti pompéien. Au droit figure la tête laurée d’Africa coiffée de la dépouille d’éléphant (allusion à la province) ; au revers, Hercule debout de face avec massue et lion de Némée — type lié à la gens Cornelia de Scipion. La légende EPPIVS LEG. F. C. (Eppius Legatus Fieri Curavit) désigne Marcus Eppius comme légat ayant fait frapper la monnaie au nom de l’imperator. L’as 1522EP, attribué au monnayage de Sextus Pompée en Espagne, prolonge l’engagement d’Eppius dans le dernier sursaut républicain avant Munda (45 av. J.-C.). Cliquez sur les monnaies pour afficher le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 02 La gens Eppia — monnayages de guerre civile entre Afrique & Espagne 47 – 45 av. J.-C. Les deux monnaies signées EPPIVS appartiennent à la catégorie particulière des monnayages de campagne du parti pompéien après Pharsale. Loin de l’atelier de Rome — désormais aux mains de César — ces frappes circulaient dans les camps militaires d’Afrique puis d’Espagne, servant à payer les soldes et à porter l’iconographie politique de la résistance républicaine. Le denier d’Afrique adopte le programme iconographique du parti scipionien : Africa au droit (revendication territoriale), Hercule au revers (référence aux Scipions, descendants mythiques d’Hercule via les Cornelii). L’absence d’un praenomen sur la légende EPPIVS et la mention LEG. F. C. traduisent une hiérarchie : Eppius frappe pour Scipion, non en son nom propre. Cette syntaxe légendaire est typique des émissions d’imperatores en campagne. 🐘 Africa & éléphant Tête d’Africa coiffée de la dépouille d’éléphant au droit du denier — type emblématique du monnayage scipionien en Afrique, revendiquant l’héritage de Scipion l’Africain. 🦁 Hercule & lion de Némée Au revers du denier 1407EP : Hercule debout de face, massue à la main et peau du lion de Némée — référence aux origines mythiques de la gens Cornelia Scipio. ⚔️ Camp d’Afrique Frappe itinérante au camp de Q. Metellus Scipion entre 47 et 46 av. J.-C., destinée à solder les troupes pompéiennes avant la bataille décisive de Thapsus. 📜 LEG. F. C. Formule Legatus Fieri Curavit — « le légat a fait frapper ». Eppius signe en subordonné de l’imperator Scipion, syntaxe typique des monnayages de guerre civile. 🏝️ Sextus Pompée · Espagne L’as 1522EP est rattaché au monnayage de Sextus Pompée en Espagne (46–45 av. J.-C.), prolongement du combat pompéien après Thapsus et avant Munda. 🕊️ Gracié par César Après Thapsus, M. Eppius bénéficie de la clementia Caesaris — il est l’un de ces sénateurs pompéiens pardonnés que César s’efforça de rallier à son régime. ✦ Fiches numismatiques liées 1407EP · RRC 461 · Babelon Eppia 1 Denier · M. Eppius · Q. Metellus Scipion · 47–46 av. J.-C. Avers : tête laurée

Egnatuleia

Egnatuleia · Iconographie numismatique · LesDioscures Egnatuleia Gens plébéienne · Apollon & Victoria · Iconographie numismatique · République romaine · Ier s. av. J.-C. Nature Plébéienne · peu connue Représentants C. Egnatuleius · L. Egnatuleius Collège monétaire T. Cloulius · P. Vettius Sabinus Monnaies 1 émission · 1170EG · Quinaire La gens Egnatuleia était une famille plébéienne peu connue de Rome. Seuls deux de ses représentants nous sont parvenus par les sources. L. Egnatuleius, plusieurs fois cité par Cicéron, était questeur en 44 av. J.-C. et commandait la quatrième légion qui déserta le camp de Marc Antoine pour rejoindre l’armée d’Octave — épisode décisif des guerres civiles de la fin de la République. L’autre représentant, C. Egnatuleius, qui vécut à une époque plus ancienne, n’est connu que par le quinaire qui porte son nom, daté par Cavedoni de 97 av. J.-C. (653 de l’ère romaine). Il fit partie d’un collège monétaire avec T. Cloulius et P. Vettius Sabinus, tous trois ayant frappé des quinaires d’une grande analogie typologique et technique — ce qui confirme leur appartenance à la même émission concertée. Numismatiquement, la gens est représentée par une unique émission : le quinaire 1170EG, frappé à Rome vers 97 av. J.-C. La légende C. EG(NAT)(VL)EI C. F. Q. — Caius Egnatuleius, Caii Filius, Quæstor (ou Quinarius selon l’interprétation) — est l’une des rares légendes républicaines à mentionner explicitement la charge de questeur ou la dénomination monétaire. L’iconographie (Apollon / Victoria et trophée avec carnyx) est riche d’allusions aux victoires de Marius sur les Cimbres et les Teutons. « On doit interpréter par quinarius et non par quaestor la lettre Q. qui figure au revers des quinaires de T. Cloulius et de ses collègues. » — Ernest Babelon · Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine ✦ Identité de la gens & contexte historique 🏛️ Egnatuleia · Marius & les quinaires de transition — un collège monétaire à trois magistrats Vers 97 av. J.-C., trois magistrats monétaires — C. Egnatuleius, T. Cloulius et P. Vettius Sabinus — frappèrent ensemble des quinaires d’une remarquable cohérence iconographique et technique. Ces émissions s’inscrivent dans une époque de transition monétaire : le quinaire, dénomination d’argent valant cinq as, reprenait ici la typologie du victoriat disparu depuis près d’un siècle. Crawford a estimé pour la seule émission d’Egnatuleius une production comprise entre un et deux millions de quinaires (625 coins de droit, 781 de revers). C. Egnatuleius est considéré comme un partisan de Marius. Le carnyx (trompette gauloise) figurant au revers — aux pieds du trophée couronné par Victoria — est interprété comme une référence directe aux victoires de Marius sur les Cimbres et les Teutons en 102 et 101 av. J.-C., événements récents lors de la frappe. Ce quinaire est par ailleurs le dernier de ce type frappé pour la période républicaine avant une longue interruption. ✦ Magistrat monétaire — République 01 Caius Egnatuleius ~97 av. J.-C. 🏆 Légende : C. EG(NAT)(VL)EI C. F. Q. · 1 émission · RRC 333/1 · 1170EG (quinaire) · Apollon / Victoria & trophée · Atelier de Rome Ce magistrat fit émettre un quinaire (1170EG). La légende est « C. EG(NAT)(VL)EI C. F. Q. » — Caius Egnatuleius, Caii Filius, Quæstor (Caius Egnatuleius, fils de Caius, questeur), selon l’interprétation traditionnelle ; pour Babelon et Seaby, le Q désigne la dénomination Quinarius plutôt que la charge publique. L’avers porte la tête laurée d’Apollon à droite. Le revers représente Victoria drapée debout à droite, posant un bouclier sur un trophée d’armes, derrière lequel se dressent une longue javeline et un carnyx (trompette gauloise). L’exergue porte ROMA, avec un Q dans le champ supérieur. Ce quinaire reprend la typologique du victoriat disparu depuis près d’un siècle. Le trophée orné d’un casque à cornes de taureau et le carnyx à ses pieds paraissent faire allusion à des succès militaires sur les Gaulois — en l’espèce, les victoires de Marius sur les Cimbres et les Teutons en 102–101 av. J.-C. C. Egnatuleius semble avoir été un partisan de Marius, même si son cursus honorum au-delà de cette frappe nous est inconnu. Cliquez sur la monnaie pour le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 02 La gens Egnatuleia — un quinaire de transition entre le victoriat et la monnaie républicaine tardive ~97 av. J.-C. Le quinaire 1170EG occupe une place singulière dans le corpus républicain : dernier quinaire de son type avant une longue interruption, il réactive délibérément l’iconographie du victoriat (Apollon / Victoria) tout en l’adaptant au contexte contemporain par l’ajout du trophée gaulois et du carnyx. L’émission associée à celles de T. Cloulius (RRC 332/1) et P. Vettius Sabinus (RRC 331/1) forme un triptyque cohérent attribué au même collège monétaire. La question de l’interprétation du Q — questeur ou quinaire — illustre les débats herméneutiques propres à la numismatique républicaine. Babelon, suivi par Seaby, privilégie la lecture Quinarius, rappelant que la lettre Q figure semblablement sur les quinaires des collègues d’Egnatuleius, ce qui plaiderait pour une lecture purement dénominative. La production estimée à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires confirme l’importance économique de cette émission. 🎵 Carnyx · trophée gaulois Trompette de guerre gauloise figurant aux pieds du trophée. Allusion probable aux victoires de Marius sur les Cimbres et les Teutons (102–101 av. J.-C.), récentes au moment de la frappe. 🏆 Victoria & trophée · revers Victoria drapée debout, posant un bouclier sur un trophée orné d’un casque à cornes de taureau. Type issu du victoriat, réactivé après près d’un siècle d’absence dans le monnayage romain. 🌿 Apollon lauré · avers Tête laurée d’Apollon à droite — divinité de la lumière, des arts et de la prophétie, régulièrement associée aux victoires romaines. Type d’avers standard du victoriat et du quinaire de transition. ❓ Q · Questeur ou Quinaire ? La lettre Q figure à l’avers (dans la légende) et au revers (dans le champ). Traditionnellement lue comme Quæstor, Babelon propose d’y lire Quinarius — désignation monétaire confirmée par l’analogie avec les émissions de Cloulius et Sabinus. ⚖️ Collège à trois

Egnatia

Egnatia · Iconographie numismatique · LesDioscures Egnatia Gens plébéienne d’origine samnite · Maxsumus · Iconographie numismatique · République romaine · Ier s. av. J.-C. Nature Plébéienne · rang équestre Origine Samnium · Teanum Cognomina Maxsumus · Celer · Rufus · Veratius Monnaies 3 émissions · 1329EG · 1330EG · 1331EG La gens Egnatia était une famille plébéienne de rang équestre à Rome, d’origine samnite, probablement issue de la ville de Teanum. Ses membres les plus anciennement documentés jouèrent un rôle militaire dans les guerres que le Samnium soutint contre Rome : Gellius Egnatius commandait les Samnites au IIIe siècle av. J.-C., et Marius Egnatius figura parmi les principaux chefs des alliés italiens lors de la guerre Sociale (fin 89 av. J.-C.). À la suite de ces événements, la gens s’installa à Rome, où deux de ses membres furent admis au Sénat. Une branche semble néanmoins être restée à Teanum. Les Egnatii ne paraissent pas avoir été divisés en familles distinctes à l’époque républicaine. Si la plupart ne portaient aucun cognomen, certains sont connus sous les noms de Celer (« rapide »), Maximus (« le plus grand »), Rufus (« roux ») et Veratius. Numismatiquement, la gens est représentée par un seul magistrat monétaire, C. Egnatius Maxsumus, qui frappa trois émissions en 75 av. J.-C. — un denier dentelé (serratus) et deux deniers lisses — toutes de l’atelier de Rome, sous la légende C. EGNATIVS CN. F. CN. N, précisant sa filiation sur deux générations. L’iconographie, riche et variée (Vénus, Libertas, Jupiter, Cupidon, Roma), reste à ce jour d’interprétation discutée. « Les types des médailles de C. Egnatius Maximus ont résisté jusqu’ici à une interprétation satisfaisante. » — Ernest Babelon · Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine ✦ Identité de la gens & contexte historique 🏛️ Egnatia · Samnium & République — une gens d’intégration tardive La gens Egnatia illustre le phénomène d’intégration des élites italiques dans l’aristocratie romaine au lendemain de la guerre Sociale (91–89 av. J.-C.). D’abord enracinés dans le Samnium comme chefs militaires, les Egnatii obtinrent la citoyenneté et l’entrée au Sénat, offrant à C. Egnatius Maxsumus la possibilité d’accéder au triumvirat monétaire vers 75 av. J.-C. — magistrature qui marquait le début du cursus honorum. Sa carrière postérieure, connue par des sources indirectes, le montre accompagnant M. Licinius Crassus lors de l’expédition contre les Parthes, s’échappant du désastre de Carrhes (53 av. J.-C.) avec trois cents cavaliers. Il fut finalement compris avec son fils dans les proscriptions de 43 av. J.-C., exécuté par le Second Triumvirat — fin tragique d’une famille qui avait traversé un siècle de guerres civiles. ✦ Magistrat monétaire — République 01 Caius Egnatius Maxsumus ~75 av. J.-C. 🌿 Légende : C. EGNATIVS CN. F. CN. N · 3 émissions · RRC 391 · 1329EG (serratus) · 1330EG (denier) · 1331EG (denier) · Atelier de Rome Ce magistrat fit émettre un denier dentelé (1329EG) et deux deniers lisses (1330EG, 1331EG). La légende est « C. EGNATIVS CN. F. CN. N » — Caius Egnatius, Cnæi Filius, Cnæi Nepos — indiquant explicitement sa filiation sur deux générations (fils et petit-fils de Gnaeus). Le cognomen MAXSVMVS, forme archaïque de Maximus, figure à l’avers. Cette précision généalogique inhabituelle souligne l’importance que le monétaire accordait à la légitimité de sa lignée. L’iconographie est remarquable par sa richesse et sa diversité : Vénus et Cupidon (1329EG), Libertas, Roma et Cupidon (1330EG), Cupidon et le temple de Jupiter Libertas (1331EG). Cette profusion de divinités liées à la liberté républicaine s’inscrit dans le contexte de l’après-Sylla (~75 av. J.-C.), période où le retour aux valeurs traditionnelles était un thème politique fort. Cliquez sur une monnaie pour le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 02 La gens Egnatia — iconographie de la liberté républicaine 75 av. J.-C. Les trois émissions de C. Egnatius Maxsumus forment un ensemble iconographique cohérent, articulé autour de deux pôles : Vénus/Cupidon (divinités de la séduction et de la fécondité) et Libertas/Jupiter (divinités civiques). Leur association reste débattue, mais plusieurs interprétations ont été proposées : allusion à l’Atrium Libertatis, au retour de la liberté républicaine après la dictature de Sylla, ou encore à un culte familial lié à Vénus. L’émission 1329EG, denier serratus (à bords dentelés), était destinée aux échanges avec les populations non-romaines — la dentelure garantissant que la monnaie n’était pas fourrée. Ce détail technique révèle une fonction commerciale étendue, au-delà du seul usage romain. La forme archaïque MAXSVMVS (plutôt que Maximus) est interprétée par Babelon comme une référence délibérée à un ancêtre illustre portant ce nom. ⚜️ Vénus & Cupidon · 1329EG Buste diadémé de Vénus à droite, Cupidon sur l’épaule. Revers : Libertas dans un bige, couronnée par Victoria. Denier serratus à bords dentelés, destiné au commerce hors de Rome. 🏛️ Roma & Vénus · 1330EG Avers : Libertas au pileus. Revers : Roma et Vénus debout face à face, avec proues de navire de chaque côté. Association évocatrice de l’origine troyenne de Rome, selon Babelon. ⚡ Jupiter Libertas · 1331EG Avers : Cupidon ailé. Revers : Jupiter et Libertas dans un temple distyle — l’aedes Iovis Libertatis. Le type le plus commun des trois (108 exemplaires répertoriés). 🌿 Denier serratus · 1329EG Bords dentelés caractéristiques, garantissant l’authenticité de l’argent pour les échanges avec les peuples non-romains. Usage commercial étendu, indice de rareté 8. 📜 MAXSVMVS · archaïsme Forme archaïque de Maximus, portée à l’avers des trois émissions. Babelon y voit une référence à un ancêtre éponyme, plus ou moins éloigné du monétaire, qui portait ce cognomen. ⚔️ Carrhes & proscriptions C. Egnatius Maxsumus survécut au désastre de Carrhes (53 av. J.-C.) avec 300 cavaliers, avant d’être finalement proscrit et exécuté en 43 av. J.-C. par le Second Triumvirat. ✦ Fiches numismatiques liées 1329EG · RRC 391/1 · Babelon Egnatia 1 Denier serratus · C. Egnatius Maxsumus · ~75 av. J.-C. Avers : MAXSVMVS · Vénus diadémée + Cupidon sur l’épaule. Revers : C. EGNATIVS CN. F. CN. N · Libertas dans un bige couronnée par Victoria. Argent, ~3,82–3,89

Domitia

Domitia · Iconographie numismatique · LesDioscures Domitia Gens plébéienne · Ahenobarbi & Calvini · Iconographie numismatique · République romaine · IIe – Ier s. av. J.-C. Nature Plébéienne · deux branches principales Branches Ahenobarbi · Calvini Praenomen Cnaeus — praenomen dominant · Lucius Monnaies 8 émissions · 598DO · 1010DO · 1076DO · 1696DO · 1697DO · 1699AN · 1700AN · 1726DO La gens Domitia était une famille plébéienne de Rome. Le premier de cette gens à avoir eu un rôle important fut Gnaeus Domitius Calvinus, consul en 332 av. J.-C. Son fils, Gnaeus Domitius Calvinus Maximus, fut consul en 283 av. J.-C. et le premier censeur plébéien. La famille produisit plusieurs généraux distingués, et vers la fin de la République, les Domitii étaient considérés comme l’une des gentes les plus illustres de Rome. À l’époque de la République, on ne rencontre que deux branches de cette gens : les Ahenobarbi et les Calvini. Le cognomen Calvinus est dérivé du latin calvus (« chauve »). Les Ahenobarbi devaient leur surnom à la chevelure rousse caractéristique de la branche : selon la légende, les Dioscures auraient annoncé à l’un de leurs ancêtres la victoire romaine au lac Regillus (498 av. J.-C.) et, pour confirmer leur parole, lui auraient caressé les cheveux noirs qui seraient immédiatement devenus rouges — d’où Ahenobarbus, « barbe de bronze ». Numismatiquement, la gens est représentée par cinq magistrats émettant entre ~189 av. J.-C. et ~39 av. J.-C., tous portant le praenomen Cnaeus à l’exception du dernier. Les légendes varient de CN.DO à CN·DOMITIVS, témoignant de l’évolution des conventions épigraphiques sur deux siècles. La branche des Ahenobarbi est la plus abondamment représentée, culminant avec les émissions de Cn. Domitius Ahenobarbus en 41 av. J.-C., partisan de Marc Antoine, dont un descendant sera l’imperator Néron. « Les Ahenobarbi ont reçu leur cognomen d’une tradition selon laquelle les Dioscures leur auraient caressé la barbe, la changeant aussitôt du noir au roux. » — Suétone · Vie de Néron, I · Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology, vol. I, p. 83 (« Ahenobarbus ») ✦ Identité de la gens & légende des Ahenobarbi 🏛️ Ahenobarbi · Lac Regillus — une gens plébéienne liée aux Dioscures La légende des Ahenobarbi est l’une des rares traditions qui associe directement une famille romaine aux Dioscures — Castor et Pollux — les dieux jumeaux patrons des cavaliers et des armées. Selon Suétone et Plutarque, c’est lors de la bataille du lac Regillus (498 av. J.-C.), victoire décisive des Romains sur les Latins, que l’ancêtre de la famille aurait reçu ce signe divin : cheveux et barbe noirs instantanément transformés en roux flamboyant. Ce surnom, Ahenobarbus — littéralement « barbe de bronze » — fut porté avec fierté par la branche la plus illustre de la gens pendant des siècles. Cn. Domitius Ahenobarbus, consul en 192 av. J.-C., est l’ancêtre des magistrats monétaires républicains. La lignée culmine politiquement avec Cn. Domitius Ahenobarbus (consul 32 av. J.-C.), allié puis transfuge d’Antoine, dont le fils, Lucius Domitius, adopté par Claude, deviendra l’imperator Néron. Les monnaies républicaines de cette branche — de 189 à 41 av. J.-C. — forment un fil continu d’une extraordinaire longévité mémorielle. ✦ Magistrats monétaires — République 01 Cnaeus Domitius Ahenobarbus ~189–180 av. J.-C. 🏟️ Légende : CN.DO · 2 émissions · RRC 147/1 · 598DO (denier) · 599DO (as) · Roma / Dioscures Ce magistrat fit émettre un denier (598DO) et un as (599DO). La légende est « CN.DO » — abréviation de Cnaeus Domitius. L’avers porte la tête casquée de Roma à droite avec la marque de valeur X. Le revers représente les Dioscures à cheval, galopant à droite, cuirassés, coiffés de leur bonnet étoilé (pileus), tenant chacun une javeline — motif classique des deniers républicains de la période. Ce monétaire est fils de Cn. Domitius Ahenobarbus, consul en 192 av. J.-C. Sa propre carrière le conduisit au pontificat dès 172 av. J.-C. puis au consulat suffect en 162 av. J.-C. Cette émission ancienne représente l’entrée de la gens Domitia dans le corpus numismatique, au moment où l’inclusion du nom du magistrat sur la monnaie commençait à se généraliser. Cliquez sur la monnaie pour le détail. 02 Cnaeus Domitius Ahenobarbus ~128 av. J.-C. 🏇 Légende : CN. DOM · 4 émissions · RRC 261/1 · 1010DO (denier) · 1011DO (semis) · 1012DO (triens) · 1013DO (quadrans) · Victoire / Chasseur Ce magistrat fit émettre un denier (1010DO), un semis (1011DO), un triens (1012DO) et un quadrans (1013DO). La légende est « CN. DOM ». L’avers du denier porte la tête casquée de Roma avec un épi derrière la tête et la marque de valeur XVI sous le menton. Le revers est remarquable : la Victoire dans un bige galopant tient une couronne, et en dessous, une scène de vénerie — un chasseur debout brandissant une javeline face à un sanglier l’attaquant. Ce magistrat est généralement identifié à Cn. Domitius Ahenobarbus, consul en 122 av. J.-C. et censeur en 115 av. J.-C. La scène de chasse est exceptionnelle dans le corpus républicain et peut évoquer les jeux ou l’énergie civique du magistrat. L’émission en bronze multiple (semis, triens, quadrans) témoigne d’une activité monétaire étendue. Cliquez sur la monnaie pour le détail. 03 Cnaeus Domitius ~116–115 av. J.-C. ⚡ Légende : CN. DOMI · 1 denier · RRC 285/1 · 1076DO · Roma / Jupiter en quadrige Ce magistrat fit émettre un denier (1076DO). La légende est « CN. DOMI ». L’avers porte la tête casquée de Roma à droite, avec la légende ROMA et la marque de valeur X. Le revers représente Jupiter dans un quadrige au pas à droite, brandissant un foudre de la main droite et une branche de la gauche — l’un des revers les plus solennels du corpus domitien. Ce magistrat est identifié à Cn. Domitius Ahenobarbus, consul en 122 av. J.-C. et censeur en 115 av. J.-C., soit précisément au moment de l’émission. La figure de Jupiter au quadrige, symbole de l’autorité suprême de

Didia

Didia · Iconographie numismatique · LesDioscures Didia Gens plébéienne · homines novi · Iconographie numismatique · République romaine · IIe – Ier s. av. J.-C. Nature Plébéienne · homines novi Étymologie Nomen Didius · forme orthographique Deidius Praenomen Titus — seul praenomen attesté Monnaies 2 deniers · 1105DI · 1406DI · T. DEIDI / T·DIDI·IMP·VIL·PVB La gens Didia — parfois orthographiée Deidia, comme son nom apparaît sur les monnaies — était une famille plébéienne de la Rome antique qui fait son apparition dans l’histoire au cours du dernier siècle de la République. Selon Cicéron, les Didii appartenaient à la catégorie des homines novi : des hommes nouveaux, c’est-à-dire des individus issus de familles sans antécédent sénatorial, qui accédèrent aux hautes magistratures par leur mérite personnel plutôt que par l’héritage d’une longue tradition aristocratique. Titus Didius obtint le consulat en 98 av. J.-C. — dignité que nul autre Didius ne partagera jusqu’à l’époque impériale. Il fut ensuite proconsul en Espagne, où il mena une campagne militaire victorieuse, et reçut en récompense les ornamenta triumphalia. Cette ascension est caractéristique des familles italiques intégrées dans la nobilitas romaine à la fin de la République. Numismatiquement, la gens est représentée par deux magistrats portant tous deux le praenomen Titus : T. Didius (~113–112 av. J.-C., RRC 294/1) et un second homonyme (~55 av. J.-C., RRC 429/2). Les légendes portent respectivement T. DEIDI et T. DIDI — deux graphies du même nomen, témoignant de l’évolution orthographique sur un demi-siècle. « Il s’agissait d’homines novi — Titus Didius obtint le consulat en 98 avant J.-C., dignité qu’aucun autre Didius ne partagera avant l’époque impériale. » — Cicéron · William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology, vol. I, p. 1004 (« Didia Gens ») ✦ Identité de la gens & ascension républicaine 🏛️ Homines Novi · Consulat de 98 av. J.-C. — des nouveaux hommes au sommet de la République L’expression homines novi désignait à Rome les premiers membres d’une famille à atteindre le rang sénatorial ou consulaire. Cicéron lui-même en était un : originaire d’Arpinum, il fut le premier de sa lignée à accéder au consulat. Que les Didii soient qualifiés d’homines novi signifie qu’ils ne bénéficiaient d’aucune ascendance consulaire — leur ascension reposait entièrement sur des qualités militaires et politiques personnelles. Titus Didius, consul en 98 av. J.-C. avec Q. Caecilius Metellus Nepos, incarne cette trajectoire. Sa campagne en Espagne citérieure (~97–93 av. J.-C.) lui valut un triomphe. Il mourut en 89 av. J.-C. pendant la Guerre sociale, commandant des troupes romaines contre les alliés italiques insurgés — fin tragique pour un homme dont la carrière symbolisait précisément l’intégration des élites non romaines. Le denier de ~55 av. J.-C. rappelle cette gloire ancestrale : son descendant-monétaire s’en réclame explicitement sur sa monnaie. ✦ Magistrats monétaires — République 01 Titus Didius ~113–112 av. J.-C. 🏟️ Légende : T. DEIDI · 1 denier · RRC 294/1 · Roma / Deux gladiateurs · Jeux ou Sicile Ce magistrat fit émettre un denier (1105DI). La légende est « T. DEIDI » — abréviation de T(itus) Deidi(us), orthographe archaïsante du nomen. L’avers porte la tête casquée de Roma à droite avec le monogramme RO(MA) et la marque de valeur XVI. Le revers est remarquable : il représente deux gladiateurs (ou soldats) combattant face à face, armés d’un bouclier et d’un fouet pour l’un, d’une épée pour l’autre — scène unique dans le corpus républicain. Deux interprétations coexistent : une allusion aux jeux que le monétaire aurait donnés comme édile curule (théorie de Crawford), ou une référence à Titus Sidius envoyé en Sicile en 138 av. J.-C. pour réprimer une révolte d’esclaves (théorie rejetée par Crawford). Ce monétaire serait à identifier avec le père du consul de 98 av. J.-C. : il fut monétaire vers 112 av. J.-C., puis tribun du peuple en 95 av. J.-C. L’émission précède de peu les turbulences des guerres cimbriques. Cliquez sur la monnaie pour le détail. 02 Titus Didius ~55 av. J.-C. 🏛️ Légende : T. DIDI · IMP · VIL·PVB · 1 denier · RRC 429/2 · Concordia / Villa Publica · Gens Fonteia & Didia Ce second magistrat fit émettre un denier (1406DI) en association avec le monétaire P. Fonteius Capito — denier conjoint des gentes Fonteia et Didia. L’avers porte la légende P.FONTEIVS·CAPITO·III·VIR·CONCORDIA avec le buste voilé et diadémé de la Concorde à droite. Le revers porte T·DIDI·IMP·VIL·PVB (abréviation de Titus Didius Imperator Villam Publicam refecit) et représente une vue de la Villa Publica — le bâtiment du Champ de Mars que l’ancêtre consul T. Didius avait fait restaurer en ~93 av. J.-C. La Villa Publica, située sur le Champ de Mars (Regio IX), servait à la réception des ambassadeurs étrangers et au recensement des citoyens. En frappant ce revers, le monétaire célèbre explicitement la gloria maiorum : l’ancêtre Titus Didius, consul en 98 av. J.-C., proconsul en Espagne, titré Imperator, mort en 89 av. J.-C. pendant la Guerre Sociale, avait rénové ce monument pour la gloire de Rome. Cliquez sur la monnaie pour le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 03 La gens Didia — des nouveaux hommes à la gloire consulaire IIe – Ier s. av. J.-C. La gens Didia offre l’exemple d’une famille qui, partie du statut d’homo novus, accéda en une génération au consulat — sommet de la cursus honorum républicain — et perpétua ce prestige sur le monnayage républicain pendant près de soixante ans. Les deux monétaires Titus Didius illustrent cette continuité mémorielle : le second (~55 av. J.-C.) frappe un revers au trophée pour rappeler la gloire militaire du premier consul Didius (~98 av. J.-C.). L’évolution orthographique du nomen entre les deux émissions — DEIDI (~113 av. J.-C.) puis DIDI (~55 av. J.-C.) — témoigne d’un mouvement général de simplification des nomens latins au cours du Ier siècle av. J.-C., où le e intercalaire disparaît progressivement des graphies officielle. 🆕 Homines novi Famille sans antécédent consulaire. Cicéron les qualifie d’homines novi — leur ascension repose sur le mérite personnel, non sur la

Decimia

Decimia · Iconographie numismatique · LesDioscures Decimia Gens plébéienne · origine samnite · Iconographie numismatique · République romaine · ~150 av. J.-C. Nature Plébéienne · origine samnite (Bovianum) Étymologie Patronyme de Decimus · oscan Dekis Cognomen Flavus — doré, cheveux blonds Monnaie 1 denier · 847DE · FLAVS · ~150 av. J.-C. La gens Decimia était une famille plébéienne à Rome dont les membres sont mentionnés pour la première fois vers la fin du IIIe siècle avant J.-C. Les Decimii semblent avoir été à l’origine une famille samnite de Bovianum — ville du Samnium central (auj. Bojano, Molise) — dont le premier représentant connu est originaire. Les autres membres qui apparaissent dans l’histoire étaient vraisemblablement ses descendants, qui après avoir obtenu la franchise romaine (civitas) s’installèrent à Rome. Le nomen Decimius est un patronyme formé à partir du praenomen Decimus — tradition courante dans la formation des nomens latins et osques. À cet égard, il peut être considéré comme un nom latin, bien que l’ancêtre de la famille fût d’origine samnite. L’équivalent oscan de Decimus est Dekis ou Decius, ce dernier ayant donné naissance à la gens romaine Decia — famille apparentée aux Decimii. Seul cognomen connu : Flavus, signifiant « doré » ou « aux cheveux blonds ». Numismatiquement, la gens n’est représentée que par un seul magistrat, Decimius Flavus, qui émet vers 150 av. J.-C. un unique denier portant à l’avers la tête casquée de Roma et au revers les Dioscures — avec la légende FLAVS (abréviation de son cognomen). « Le nomen Decimius est un patronyme patronymique formé du praenomen Decimus. L’équivalent oscan de Decimus est Dekis ou Decius, qui a donné naissance à la gens romaine Decia — apparentée à la Decimia. » — William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology · George Davis Chase, The Origin of Roman Praenomina, Harvard Studies in Classical Philology, vol. VIII, 1897 ✦ Identité de la gens & intégration samnite 🏔️ Bovianum · Samnium · civitas romana — une famille samnite latinisée La trajectoire des Decimii est caractéristique de l’intégration des élites samnites dans la République romaine après les Guerres samnites (343–290 av. J.-C.) et la lex Iulia de 90 av. J.-C. accordant la citoyenneté romaine aux alliés italiques. Bovianum, capitale de la tribu samnite des Pentri, fut l’une des principales cités du Samnium — elle résista longtemps à Rome et figura parmi les dernières à capituler. Ses élites, une fois intégrées, apportèrent leurs noms oscans latinisés dans les gentes plébéiennes romaines. Le nomen Decimius illustre le mécanisme de latinisation des noms osques : le praenomen oscan Dekis devient le praenomen latin Decimus, dont dérive le nomen Decimius (« descendant de Decimus »). La branche qui prend le nom Decius au lieu de Decimius forme la gens Decia — célèbre notamment pour les trois Decius Mus qui se sacrifièrent pour Rome en 340, 295 et 279 av. J.-C. Les deux gentes partagent donc un même ancêtre onomastique, le praenomen oscan Dekis. ✦ Magistrat monétaire — République 01 Decimius Flavus ~150 av. J.-C. 🌟 Légende : FLAVS · 1 denier · RRC 207/1 · Roma / Dioscures · Cognomen seul Ce magistrat fit émettre un denier (847DE). La légende est « FLAVS » — abréviation de son cognomen Flavus (« doré », aux cheveux blonds). Contrairement à la grande majorité des deniers républicains qui portent le praenomen et le nomen, ce denier n’utilise que le cognomen — choix inhabituel suggérant peut-être que le cognomen suffisait à identifier le monétaire dans son entourage, ou que le nomen Decimius était encore peu connu et moins distinctif que ce surnom personnel. L’avers porte la tête casquée de Roma à droite avec la marque de valeur X. Le revers représente les Dioscures à cheval galopant à droite — type standard du denier républicain du milieu du IIe siècle av. J.-C. L’émission de ~150 av. J.-C. se place dans la période de l’expansion romaine en Méditerranée orientale, de la préparation de la troisième Guerre punique (149–146 av. J.-C.) et des premières inquiétudes grecques. Cliquez sur la monnaie pour le détail. ✦ Caractéristiques & notes numismatiques 02 La gens Decimia — des marges de l’Italie au centre du Forum IIIe – IIe s. av. J.-C. La gens Decimia offre l’exemple d’une famille qui a parcouru la trajectoire complète de l’intégration italique dans la structure civique romaine — du Samnium montagneux à la magistrature monétaire de la Ville — en une ou deux générations. Le denier de Decimius Flavus (~150 av. J.-C.) atteste que les descendants du premier Decimius de Bovianum avaient non seulement obtenu la citoyenneté romaine mais accédé à l’une des magistratures les plus visibles de la République. Le cognomen Flavus (« doré ») est le seul attesté dans la gens. C’est un surnom physique — couleur des cheveux ou de la barbe — courant dans la Rome républicaine, où les surnoms de couleur et de trait physique étaient fréquents (Rufus, Niger, Albus, Calvus). Sa présence seule sur la monnaie, sans praenomen ni nomen, est un choix iconographique inhabituel qui distingue ce denier de la grande majorité des émissions contemporaines. 🏔️ Bovianum · Samnium Capitale des Pentri samnites, l’une des dernières villes à résister à Rome. Les Decimii en sont originaires, intégrés dans la citoyenneté romaine après les guerres samnites. 🔤 Nomen patronymique Decimius = fils de Decimus. Formation par le praenomen — mécanisme courant latinisant les noms oscans (Dekis → Decimus → Decimius). 🏛️ Parenté avec la gens Decia La gens Decia (Decius Mus) partage le même praenomen oscan originel Dekis — cousins onomastiques des Decimii, célèbres pour leurs trois devotiones en 340, 295 et 279 av. J.-C. 🌟 Cognomen seul : FLAVS Rare parmi les deniers républicains : la légende ne porte que le cognomen Flavus (doré) sans praenomen ni nomen — choix inhabituel qui suggère une notoriété personnelle du surnom. 🪙 Seule monnaie de la gens Un seul denier connu pour la gens Decimia — monnaie rare témoignant d’une frappe limitée ou d’une survie difficile des exemplaires. 🏇 Type